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Full text of "Dictionnaire des sciences naturelles, dans lequel on traite méthodiquement des différens êtres de la nature, considérés soit en eux-mêmes, d'après l'état actuel de nos connoissances, soit relativement à l'utilité qu'en peuvent retirer la médecine, l'agriculture, le commerce et les artes. Suivi d'une biographie des plus célèbres naturalistes"

DICTIONNAIRE 



DES 

SCIENCES NATURELLES, 

DANS LEQUEL 
OH Traite méthodiquement ues ujpférehs êtues ue la katuhe, 

COHSIDKRIJS bOlT ES EUX-villES, u'aPrÈS u'iÎTAT ACTLeL DE 
NOS COKAOISSARCLS, SolT RELATITEMEKT A l'uTILITÉ Qu'eN 

:.:uvent ketirer la médecine, l'agriculture, le commerce 
et les arts. 

SUIVI D'UNE BIOGRAPHIE DES PLUS CÉLÈBRES 
NATURALISTES. 



Plusieurs Prolesseurs du Jardin du Roi , et des principales 
Écoles de Paris. 

TOME DIX-NEUFIÈME. 



GLA-GRZ. 




F. G. LEVKA13LT, Éditeur, à STP-^'^^OURG, 

et rue des Fossés M. le Prince, n." 33, à PAT? IS. 

Le Normamt, vue de Seine, N." 8, à PARIS. 




LIBRARY OF 





1685-1056 



DICTIONNAIRE 



DES 



SCIENCES NATURELLES. 



TOME XIX. 



GLA=GRZ. 



Le nombre cT exemplaires prescrit par la loi a été dé- 
posé. Tous les exemplaires sont revêtus de la signature 
de l'éditeur. 




DICTIONNAIRE 



DES 



SCIENCES NATURELLES 



DANS LEQUEL 

QN TRAITE MÉTHODIQUEMENT DES DIFFÉRENS ÊTRE3 DE LA NATURE, 
CONSIDÉRÉS SOIT EN EUX-MÊMES, d'aPRÈS l'bTAT ACTUEL DE 
NOS CONNOISSANCES, SOIT RELATIVEMENT A l'uTILITÉ Qu'eN 
PEUVENT RETIRER LA MÉDECINE, l'aGRICULTURE , LE COMMERCE 
ET LES ARTS. 

SUIVI D'UNE BIOGRAPHIE DES PLUS CÉLÈBRES 
NATURALISTES. 

Ouvrage destiné aux médecins, aux agriculteurs, aux commeroans, 
aux artistes, aux manufacturiers, et à tous ceux qui ont intérêt 
à connoître les productions de la nature, leurs caraclèresgénériques 
et spécifiques, leur lieu natal, leurs propriétés et leurs usages. 

PAR 

Plusieurs Professeurs tlu Jardin du Roi, et des principales 
Ecoles de Paris. 



TOME DIX-NEUVIEME. 




F. G. Levrault, Editeur, à STRASBOURG, 

et rue des Fossés M. le Prince, N.° 33, à PARIS. 

Le Normakt, rue de Seine, N.° 8, à PARIS. 

1821. 



Liste des Auteurs par ordre de Matières. 



Phjsique générale. 
M. LACROIX , membre de l'Académie di 
Sciences et prniesseur au CoUëge de 
France, (L.) 

Chimie. 

M. CMEVREUL, professeur au Collège royal 
de Cbarlemagne. (Cb.) 

Minéralogie et Géologie. 
M. BRONGNIAPxT, membre de l'Académie 

des Sciences, professeur à la Facullé des 

Sciences. (B.) 
M. BROCHANT DE VILLIERS , membre 

de l'Académie des Sciences. ( B. de V. ) 
M. DEFRANCE, membre de plusieurs 

Sociétés savanles. (D. F.) 

Botanique. 
M. DESFONTAINES, membre de l'Académie 

des Sciences. ( Uest.) 
"M. DE JUSSIED, membre de l'Académie des 

Sciences, professeur au Jardin du Roi. (J.) 
M. MIRBEL, membre de l'.Académie des 

Sciences , professeur à la Faculté des 

Sciences. (B. M.) 
M. HENRI CASSINI , membre de la Société 

pbilomatique de Paris. (W. Cass.) 
M. LEMAN, membre de la Société philoma- 

lirjue de Paris. (Lem.) 
M. LOISELEUR DESLONCCHAMPS , 

Docteur en médecine, membre de plusieurs 

Sociétés savanles. (L. D.) 
M. MASSEY. (Miss.) 
M. POIRET, membre de plusieurs Sociétés 

savantes et littéraires , continuateur de 

l'Encyclopédie botanique. (Poik.) 
M. DE TUSSAC, membre de plusieurs 

Sociétés s.-ivanles, auteur de la Flore des 

Antilles. (De T._) 



Zoologie générale , ^natomie et 
Physiologie. 

M. G. CUVIER , membre et secrétaire per- 
pétuel de l'Académie des Sciences, prof, au 
Jardin du Roi, etc. (G. C. ou CV.ou C.) 

Mammifères. 

M. GEOFFROI , membre de l'Académie des 
Sciences, professeur au Jardin du Roi. (G.) 

Oiseaux, 
M. DUMONT , membre de plusieurs Sociétés 
savantes. (Cb. D.) 

Reptiles et Poissons. 

M. DE LACÉPÈDE, membre de l'Académie 

des Sciences, professeur au Jardin du Roi. 

(L. L.) 
M. DUMERIL, membre de l'Académie des 

Sciences, professeur à l'Ecole de médecine. 

(C. D.) 
M. CLOQUET, Docteur en médecine. (H. C.) 

Insectes. 
M. DUMERIL , membre de l'Académie des 

Sciences, professeur i l'École de médecine. 

(G. D.) 

Crustacés. 

M W. E. LEACH, membre de la Société 
royale de Londres, Correspondant du Mu- 
séum d'histoire naturelle de France. 
(W. E. L. ) 

Mollusques , Vers et Zoophytes. 

M. DE CLAINVILLE, professeur i la Faculté 

des Sciences. (De B.) 



M. TURPIN, naluralis 
'exécution des dessins et 
a gravure. 



est chargé de 
la direction de 



MM. DE HUMBOLDT et RAMOND donneront quelques articles sur les objets nouveau» 
qu'ils ont observés dans leurs voyages, on sur les sujets dont ils se sont plus particuliè- 
rement occupés. M. DE CA.NDOLLE nous a fait la même promesse. 

M. F. CUVIER est chargé de la direction générale de l'ouvrage, et il coopérera aux 
rlicles généraux de loologic et à l'histoire des mammifères. (F. C.) 



DICTIONNAIRE 



DES 



SCIENCES NATURELLES. 



GLA 



vjLABRARIA. (Bot.) Ce genre de Linnaeus, examiné plus 
récemment, nous a paru devoir être rapporté à la famille des 
laurinées , et réuni au genre Li tsé , lilsea -. ce que Linnaeus pre- 
noit pour calice ou corolle , doit être considéré comme un 
involucre entourant plusieurs fleurs, et chacun des fascicules 
d'étamines est plutôt une fleur dont Linnaeus n'avoit pas vu 
le calice propre, qui est peut-être très-caduc. (J. ) 

GLABRE {Bot.), dont la superficie est dépourvue de vil- 
losité. ( Mass. ) 

GLACE. (Min..) L'eau, devenue solide par suite de l'abais- 
sement de la température jusqu'au point zéro des thermo- 
mètres , ou au-delà , prend le nom de glace ; dans cet état elle 
a la cassure et l'aspect vitreux, sa transparence est parfaite ; 
elle est incolore dans les petites pièces, et d'un bleu verdâtre 
dans les grandes masses ; les fentes des glaciers présentent 
cette couleur à une certaine profondeur, et elle va toujours 
en augmentant d'intensité à mesure que ces crevasses de- 
viennent plus profondes. La glace , qui n'est que l'eau cristal- 
lisée, est plus légère que l'eau liquide , puisqu'elle nage à sa 
surface. Sa contexture est ordinairement compacte, rarement 
lamelleuse quand elle cristallise seule, mais souvent fibreuse 
quand elle se forme à travers le sabje ou le gravier : on la voit 



GLA 

toujours sous cette forme dans les terrains légers que la gelée 
soulève; je l'ai remarquée ainsi pendant tout un hiver aux 
environs d'Autun, où le sol est composé de sable ou de gra- 
Tier granitique. Elle afiecte toutes les formes des concrétions 
connues en minéralogie, et même, à ce qu'il paroît, celles 
d'un ou deux solides rectilignes. Mais les grands fragmens 
rectangulaires de glace que Saussure rencontra lors de sa 
première ascension au sommet du Mont-Blanc ( §. 1976 et 
i98i),paroissentêtre étrangers aux lois de la cristallisation , et 
tenir à l'effet du retrait ou simplement de la cassure ; il en 
est tout autrement des cristaux en prismes hexaèdres observés 
par MM. Cordier et Hassenfratz. (Voyez Eau , Gaz, Geuje.) 

Non seulement l'eau se consolide périodiquement dans 
toutes les parties septentrionales du globe, mais il est pro- 
bable qu'il en existe des masses, vers l'extrémité des pôles , qui 
n'ont pas changé d'état, depuis que la marche de l'univers est 
telle que nous la voyons aujourd'hui. ( Brard.) 

GLACE. {Chim.) C'est le nom de l'eau qui a pris l'état so- 
lide par abaissement de température. On donne aussi le nom 
de glace à l'espèce de verre dont on fait les miroirs ; ce verre 
est principalement formé de silice, de soude et de chaux. Il 
ne contient pas d'oxide de plomb ; c'est ce qui le distingue du 
verre appelé cristal. (Ch.) 

GLACIALE. {Bot.) Le mesembryanthemum cristallinum , es- 
pèce de ficoïde, est ainsi nommé, parce que la surface de ses 
tiges et de ses feuilles est couverte de petites vésicules trans- 
parentes , ayant la forme de glaçons, qui sont produites par 
la transsudatiou de la sève sous l'épiderme, laquelle est d'au- 
tant plus abondante que l'action du soleil est plus forte (J. ) 

GLACIALES , [Plantes] ( Bot.) , qui végètent au milieu des 
glaciers et des neiges des hautes montagnes ou des pôles ( ra- 
nunculus glacialis ; saxifraga groenlandica , etc. ). (Mass.) 

GLACIÈRES NATURELLES. (Mm.) Quelques grottes ont 
la propriété de conserver la glace pendant l'été ; l'on a même 
remarqué que 1» quantité en augmente sensiblement à l'époque 
des plus grandes chaleurs, de sorte qu'elles en sont continuel- 
lement pourvues. Telle est la glacière naturelle des environs 
de Besançon , située au village delà Beaume, 

Cette espèce de dépôt de glace, qui a été décrit en lO'ôS 



GL4 s 

parl'abbé Boizot, et depuis par Cossigni, Giraud-Chautrans et 
autres, est situé dans le calcaire compact du Jura. Son en- 
trée est large et élevée; sa forme intérieure est ovale, et l'eau 
qui s'y glace continuellement , tombe du sommet de la 
voûte en forme de pluie, et se congèle sur le sol, sur les par- 
rois de cette caverne, en y formant des couches assez épaisses, 
des stalactites qui pendent au plafond , des stalagmites 
qui s'élèvent du sol , et qui, finissant par se joindre, forment 
des espèces de colonnes absolument analogues à celles qu'on 
rencontre dans les grottes d'albâtre, mais qui augmentent en 
été et diminuent en hiver : ce qui semble contraire aux 
lois naturelles qui président ordinairement à l'acte de la con- 
gélation. 

La glace est tellement abondante dans cette caverne qu'en 
1727, les glacières artificielles de Besançon ayant été épuisées , 
on eut recours à celle du village de la Beaume, et que deux 
des grosses stalactites qu'elle renfermait suffirent à l'usage du 
camp de la Saône et à la consommation de la ville et des 
environs. 

On croit assez généralement que la température de l'inté- 
rieur de la terre est constante, et qu'elle se tient stationnaire 
à dix degrés du thermomètre en quatre-vingts parties. Mais les 
observations faites dans les mines et les cavernes par Saus- 
sure, Gensanne , Trebra et MM. d'Aubuisson et Hassenfratz , 
prouvent au contraire qu'une foule de circonstances Ift por- 
tent au-delà ou en-deçà de ce degré tempéré. On trouve 
peu d'accord dans les résultats de ces savans observateurs, si 
ce n'est , cependant , une augmentation sensible et graduelle 
de chaleurs à mesure qu'on s'est porté à de plus grandes pro- 
fondeurs ; mais encore ne peut-on point considérer cette élé- 
vation de température comme parfaitement prouvée et comme 
devant conduire à conclure qu'il existe quelque foyer ardent 
au centre du globe. D'ailleurs ces résultats sont contraires aux 
observations faites par les navigateurs sur la température 
des grandes profondeurs de la mer, et même des lacs, qui di- 
minue constamment à mesure qu'on atteint à des points plus 
éloignés de la surface. Le' travail de Peron sur la mer, et de 
Saussure sur les lacs , sont concluans et presque comparatifs. 
Mon but n'est poi/it de traiter cette question délicate; je me 

i,. 



A GLA 

contenterai d'indiquer quelles sont les causes réfrigérantes 
qui produisent un froid remarquable dans certaines cavernes, 
et qui les mettent en état de conserver l'eau glacée pendant 
toute l'aniaée. Ces causes sont, i.° des jets ou courans d'air 
qui sortent de l'intérieur de la terre par des crevasses, et 
qui sont d'autant plus forts que la température extérieure est 
plus élevée et plus différente de celle des grottes du fond 
desquelles ils s'échappent; 2° l'humidité et surtout l'eau di- 
visée en forme de pluie, qui présente une grande surface à 
l'air et une grande prise àl'évaporation ; 3." une contexture po- 
reuse et fendillée dans le terrain au milieu duquel sont ces 
grottes ; 4.° une latitude telle , que l'eau soit susceptible de se 
congeler en hiver à l'extérieur ; et il paroît que cette der- 
nière condition est de rigueur, puisqu'on trouve bien dansles 
pays chauds des grottes fraîches, comme nous le dirons bien- 
tôt , mais jamais de glacières. On pourroil peut-être ajouter 
une cinquième cause, ce seroit la nature du terrain ou la 
présence de quelques substances salines réfrigérantes; mais il 
n'existe point encore assez de preuves à Tappui pour qu'on 
puisse l'admettre. Pallas prétend bien avoir éprouvé un froid 
particulier dans les cavernes gypseuses. On sait, à la vérité, 
que la solution de quelques sels et du muriate d'ammoniaque 
en particulier abaisse sensiblement la température de l'eau ; 
mais Saussure a observé des grottes réfrigérantes , dans le grès , 
dans la stéatite, dans les matières volcaniques ; notre glacière 
de Besançon est dans le calcaire, et les caves du Monte-Tes- 
taceo , près Rome, sont creusées dans un énorme tas uni- 
quement composé de débris d'amphores , d'urnes et autres 
vases antiques en terre cuite. Il n'y a donc que les quatre 
premières causes qui soient admissibles, savoir: les courans 
d'air et l'humidité, comme conditions essentielles, et la con- 
texture poreuse des roches, jointe à v^e exposition conve- 
nable et à une latitude tempérée, comme causes accessoires 
et favorables , mais non pas indispensables. Il est probable 
qu'il existe encore quelque cause cachée qui a échappé jus- 
qu'à ce jour aux observateurs : car Saussure est bien parvenu 
par des expériences directes à expliquer la basse tempéra- 
ture des caves du Monte-Testaceo, de la grotte d'Ischia, de 
la ville de Cesi en Italie, celle des Cantines ou caves de 



GLA 5 

Chiaveniia dans les Grisons ; mais il n'a point atteint au terme 
de la congélation parfaite, qui caractérise les glacières pro- 
prement dites. En attendant que de nouvelles recherches 
aient complètement expliqué ce phénomène , admettons, 
avec le savant observateur Genevois, que la chaleur de l'été 
ne pénètre la terre à trente pieds que vers le milieu de l'hi- 
ver, et que par conséquent l'époque des chaleurs est celle où 
le froid acquiert le plus d'intensité dans les grottes , ce qui 
rendroit assez bien compte de l'augmentation des glaces dans 
les cavernes pendant les mois de juillet et d'août. (Brard.) 

GLACIERS. ( Min. ) Les glaciers sont des amas de neige 
endurcis qui couvrent les plateaux élevés des plus hautes 
montagnes, ou qui descendent en suivant le fond des vallées 
creuses qui sillonnent leurs revers: c'est même plus particu- 
lièrement à ces derniers que l'on donne le nom de glaciers pro- 
prement dits. Ces espèces de courans glacés sont les prolonge- 
mens, les appendices ou les déversoirs des masses immenses 
de neige qui couvrent éternellement les sommités élevées des 
Andes, des Alpes, des Pyrénées et de toutes les montagnes 
dont l'élévation atteint et surpasse la région des neiges per- 
manentes-, région qui varie de hauteur, comme on le sait, 
à raison de la latitude sous laquelle on l'observe: or, comme 
il ne peut point y avoir de glaciers s'ils ne se rattachent à un 
réservoir, c'est-à-dire à un amas de neige perpétuel, on con- 
çoit qu'ils doivent suivre la même règle que ces neiges. Ainsi 
il peut exister des glaciers, en Laponie , sur des montagnes 
dont la hauteur atteindroit à peine la région des sapins et des 
mélèzes de nos Alpes et de nos Pyrénées ; cette zone des neiges 
perpétuelles sur ces limites d'Espagne et d'Italie , d'où une 
foule de glaciers prennent naissance , répond tout au plus, à 
son tour, à la zone des chênes ou des dernières cultures sur les 
Andes et les montagnes du Mexique, etc. (i) On ne parle 
ici que de la source des glaciers et non de leurs prolongemens ; 
car on verra bientôt qu'ils s'avancent dans les Alpes jusqu'au 
milieu des champs cultivés , et qu'ils tendent à couper les val- 
lées transversales les moins élevées. 

Les glaciers ne sont point formés par de la glace analogue 

(l)Huniboldt, GtOGRAPHIiE PlANIARUM LlflEAMEKTA. 



6 GLA 

à celle qui provient de la congélation ordinaire de l'eau : 
leur masse est composée de la neige qui tombe dans les régions 
élevées pendant neuf mois; car, durant cette portion de Tannée, 
toutes les fois qu'il pleut dans la vallée, il neige sur ia mon- 
tagne. Le soleil desbeauxjoursd'été , les vents chauds , quelques 
grandes averses , ramollissent et fondent la surface de ces 
neiges;, l'eau qui en provient pénètre dans leur intérieur, s'y 
congèle pendant les nuits, et les convertit à la longue en une 
glace spongieuse beaucoup moins dure que la glace commune, 
sur laquelle on peut marcher sans glisser, et dont on peut faci- 
lement entailler la surface. Cette neige, solidifiée par une 
addition d'eau, se durcit encore parle tassement, et surtout 
par la pression incalculable qu'elle éprouve en tout sens ; 
c'est en partie même cette pression qui force les glaciers à 
s'acheminer dans les gorges et dans les vallées qui leur servent 
de lit , et leur marche est d'autant plus accélérée que le plan 
sur lequel ils reposent est plus fortement incliné. 

Les glaciers ont un mouvement de translation qui les porte 
à s'éloigner continuellement de leur source, et à s'avancer 
vers le pied des montagnes. Arrivés dans les parties les plus 
basses, et parvenus quelquefois jusqu'au milieu des terrain3 
cultivés , les glaciers éprouvent une température beaucoup 
plus élevée que celle à laquelle ils étoient exposés vers leurs 
sources ; le soleil est ardent , les nuits sont moins froides , 
les pluies plus fréquentes, et la terre, dont la tempéra- 
ture est toujours supérieure à celle de la congélation agit 
efficacement aussi, et opère la fonte de toutes les parties du 
glacier qui sont en contact avec elle. Il résulte de là que la 
tête des glaciers ou leur partie la plus avancée est placée de 
manière à fondre assez rapidement, puisqu'elle est attaquée 
sur l'une et l'autre face; or, si cette diminution n'étoit pas 
compensée par l'avancement successif de la masse supérieure 
dont l'effort tend constamment cà pousser les glaciers en avant , 
il est évident qu'ils ne tiendroient pas dans une telle position, 
et qu'ils seroient bientôt repoussés dans les régions supérieures 
et glacées. 

Le froid excessif qui règne au sommet des grandes mon- 
tagnes , et les courts intervalles de dégel qui s'y font sentir , 
suffisent pour dégrader et attaquer les roches qui les compo- 



GLA r 

jenf; aussi les glaciers sont-ils couverts des débris de ces grands 
colosses, et nous apportent- ils les échantillons des arêtis et 
des pics inaccessibles qu'ils traversent et qu'ils côtoient. S'il 
pouvoit donc rester encore quelques doutes sur le mouvement 
réel de ces fleuves glacés , ce transport journalier des quartiers 
de granit qui nous sont amenés par eux en deviendroit la 
preuve la plus évidente et la plus incontestable. 

Ces sables ou ces rochers mobiles qui sont portés à la surface 
de la glace, et qui y forment souvent des lignes ou files con- 
tinues et parallèles dont la couleur noirâtre tranche sur celle 
du glacier, ont aidé à déterminer la marche ou la vitesse de 
ces courans glacés. Le Glacier des Bois, par exemple, situé 
au fond de la vallée deChamouni, et plus connu par le surnom, 
de mer -de -glace, est souvent parsemé de belles masses de 
protogines grises dont on a quelquefois assigné la position par 
un alignement jalonné, et qui se sont trouvées quelques jours 
après beaucoup plus bas qu'elles ne l'étoient au moment de 
Tobservation. Ces mêmes corps étrangers ont également con- 
tribué à prouver que les glaciers fondent à leur surface , 
puisque, dans les parties qui sont couvertes par ces pierres, 
la glace est quelquefois de vingt pieds plus élevée que dans 
les portions qui sont exposées à nu aux rayons du soleil 
et à l'action de l'air. Enfin ce sont encore ces mêmes pierres , 
dont le transport est lent mais continuel, qui s'accumulent sur 
l'un et l'autre bord, et qui viennent échouer à l'extrémité 
inférieure des glaciers éVi formant des amas énormes qu'on 
nomme moraines , qui ont appris, à ne pouvoir en douter, que 
certains glaciers avoient séjourné long-temps sur des points 
plus avancés que ceux sur lesquels ils s'arrêtent aujourd'hui; 
qu'ils ne s'étoient point retirés tout à coup, mais en faisant 
des stations plus ou moins longues, et en laissant à chaque 
halte le produit de leurs transports, c'est-à-dire, des accu- 
mulations énormes de déblais. Ce fait est extrêmement facile 
à véritier sur le glacier des bois dont on vient de parler ; 
car Saussure, à qui rien n'échappoit, avoit observé une an- 
cienne moraine bien caractérisée à cinq cents pas plus bas 
que n'est aujourd'hui la tête de cet énorme glacier, et il en 
existe pluiicurs intermédiaires. Besson fit la même remarque 
sur celui d'où s'échappe la source du Rhône. 



8 GLA 

Nous avons eu de nos jours des exemples contraires à la 
retraite des glaciers ; plusieurs se sont avancés beaucoup plus 
loin qu'on ne les avoit jamais vus : les uns se sont arrêtés-, 
d'autres continuent leur marche, et font craindre aux proprié- 
taires des champs voisins, l'envahissement complet de leurs 
héritages. Le glacier des Bossons, le premier qu'on rencontre 
en remontant la vallée de Chamouni, descendoit d'une ma- 
nière inquiétante en 1816, et paroît avoir continué depuis 
cette époque à se porter en avant. Il est un préjugé reçu 
parmi les habitans des Alpes : c'est que les glaciers avancent 
pendant sept ans, et reculent pendant sept autres. Il est bien 
certain qu'ils avancent et qu'ils reculent alternativement, mais 
non pas régulièrement et périodiquement , comme ces bonnes 
gens le prétendent. Leurs empiètemens et leurs retraites dé- 
pendent de la quantité de neige qui tombe sur les montagnes 
d'où ils descendent, et de la chaleur plus ou moins forte et 
plus ou moins prolongée de l'été; car, si pendant plusieurs 
hivers consécutifs il tombe une très-grande quantité de neige, 
ce qui arrive souvent en Suisse , en Valais, en Savoie, et 
que les étés soient courts et peu chauds, ce qui est encore 
assez commun dans ces pays montagneux, il est bien sûr que 
tous les glaciers seront poussés en avant avec plus d'effort, 
et que les causes qui en opèrent la fonte ordinairement dans 
les vallées, ne compenseront point leur avancement, que la 
saison du froid arrivera bientôt, ralentira encore cette fonte, 
et que toutes les chances enfin seVont en faveur de leurs 
progrès ; tandis que , lorsqu'il ne sera tombé qu'une quantité 
médiocre de neige à la source des glaciers , que les étés se 
seront trouvés plus chauds et plus prolongés, le mouvement 
de translation ne sera point aussi fortement secondé par la 
pression des masses supérieures, l'action du soleil et de la 
chaleur souterraixie l'emporteront sur lui , et les glaciers re- 
culeront jusqu'à ce que les causes qui les portent en avant 
soient reproduites de nouveau. 

Ce qui a pu faire méconnoitre , aux habitans même des 
montagnes, la véritable raison de ces mouvemens contraires, 
c'est que l'effet ne suit pas immédiatement la cause, qu'un 
hiver très-abondant en neige ne fera sentir son Influence sur 
l'avancement des glaciers que plusieurs années après qu'il 



GLA 9 

sera passé ; qu'un hiver contraire, par la même raison, n'in- 
fluera pas sur la masse des glaciers qui est en marche, et qui 
se trouve encore sollicitée par le produit des hivers précé- 
dens, etc. 

On a dit que les glaciers ne fondoient que par les points 
qui touchent à la terre; c'est une erreur qui tient à ce que 
l'eau qui est produitepar la fonte extérieure s'infiltre en grande 
partie , à mesure qu'elle se forme , à travers le tissu lâche de 
cette espèce particulière de glace, et atteint promptement la 
partie inférieure en suivant les crevasses dont elle est traver- 
sée dans toute son épaisseur. La différence de hauteur qu'on re- 
marque entre la surface nue et la surface qui est couverte de 
pierres, est la preuve écrite de ce que l'on avance ici; ce qui 
est vrai , c'est que la fonte souterraine n'est point interrompue 
pendant l'hiver, tandis que l'autre doit nécessairement cesser 
pendant cette saison .- aussi les torrens qui s'échappent du 
dessous des glaciers sont-ils beaucoup moins forts en hiver 
qu'en été : et comme la terre recouverte d'une couche énoime 
de glace ne varie pas de température avec les saisons, le vo- 
lume d'eau qui sort des glaciers devroit toujours être le même , 
si la fonte extérieure étoit nulle. Il résulte de l'action de la 
terre sur le dessous de ces amas de glace un intervalle assez 
considérable qui les sépare l'un de l'autre, et qui permet à 
l'eau de couler entre eux; déplus, cet isolement des glaciers 
produit nécessairement des porte-à-faux et des ruptures trans- 
versales qui facilitent la descente des glaciers vers la base des 
montagnes. 

Les glaciers ne peuvent point se former sur les pentes 
excessivement rapides et sur les pics isolés, parce que la neige 
molle ne peut y séjourner assez long-temps pour y acquérir 
quelque consistance; à peine est-elle tombée qu'elle glisse en 
avalanches, et si, parvenue sur des plans moins inclinés ; elle 
peut souvent braver plusieurs étés sans disparoître en entier, 
on ne peut cependant pas confondre ces restes d'avalunches 
avec les glaciers proprement dits, ni même avec ces neiges 
accumulées dans les vallées supérieures, dont on dislingue 
aisément les accroissemens successifs aux couches superposées 
dont se composent ces amas, et qui sont d'autant plus dense» 
qu'elles sont plus anciennement tombées. 



GLA 

L'épaisseur des glaciers est très-variable ; mais elle atteint 
quelquefois plusieurs centaines de pieds, ainsi qu'on s'en est 
assuré en sondant ces grandes crevasses qui les partagent trans- 
versalement , et qui sont produites par les inégalités du sol sur 
lequel ils reposent, par le vide qui les sépare de la terre , ou 
par toutes autres causes accidentelles. Ces crevasses sont vides 
ou remplies d'une eau cristalline et pure ; mais on remarque, 
dans l'un et l'autre cas, que la glace d'une grande épaisseur, 
et surtout vers le fond de ces fissures, est d'un bleu verdâtre 
semblable à certaines eaux limpides et profondes, telles que 
celles de la fontaine de Vaucluse, celles du Rhône à sa sortie 
du lac, etc. 

Les glaciers occupent ordinairement toute la largeur des 
Tallécs qui leur servent de lit; ils se bifurquent quelquefois, 
descendent directement ou en zigzags, et se développent sur 
une étendue de plusieurs lieues. Le Glacier des Bois, que je 
cite plus particulièrement pour exemple , parce qu'il est connu 
dans toute l'Europe sous le nom de Mer-de- glace, a, suivant 
Saussure, plus de cinq lieues de long et une de large. Le Glacier 
des Bossons, qui se fait remarquer par la hauteur de ses pyra- 
mides et par sa blancheur éclatante qui contraste avec les 
pins noirs dont il est bordé, descend directement du Mont- 
Blanc, s'avance au milieu des champs cultivés, se développe 
aussi sur une étendue de plusieurs lieues, et est devenu cé- 
lèbre par les difficultés qu'il oppose à ceux qui entreprennent 
l'ascension du Mont-Blanc. Les glaciers du Grindelwald en 
Suisse , celui du Rhône , et beaucoup d'autres qui sont plus éten- 
dus encore, peuvent être considérés comme les réservoirs ouïes 
sources d'un grand nombre de rivières et de plusieurs fleuves. 

La tête des glaciers, ou l'extrémité la plus éloignée de leur 
source, se termine ordinairement par un talus de glace qui 
n'est poiiit adhérent à la terre, et d'où naît un courant d'eau 
plus ou moins volumineux; quelquefois cette eau sort d'une 
voûte de glace surbaissée dont la largeur est peu considé- 
rable ; tels sont les glaciers du Rhône et d'Argentière: mais de 
toutes ces voûtes la plus digne de fixer l'attention des voya- 
geurs est celle qui termine le Glacier des Bois près Chamouni , 
et d'où s'écoule le torrçut blanchâtre de l'Arveyron, dont le 
sable est aurifère. 



GLA ïi 

Que l'on se figure une profonde caverne dont l'entrée est 
une arcade de glace quia quelquefois cent pieds de hauteur (i), 
et dont la largeur est proportionnée à cette élévation; que 
l'on se représente cette grotte creusée naturellement dans 
une immense épaisseur de glace d'un bleu céleste; que l'on 
place pour corniche et pour entablement à ce singulier édi- 
fice l'un des glaciers les plus gigantesques que l'on connoisse, 
et dont' la surface est hérissée de hautes pyramides de neige 
endurcie ; que l'on encadre cette grande scène par les forêts 
noires du Montanvert et les aiguilles pelées qui s'élancent 
dans les airs en se détachant sur la neige et sur l'azur, et 
l'on n'aura qu'une très-foible idée de l'un des sites les plus 
remarquables de la vallée de Chamouni. 

Cette grotte de l'Arveyron n'existe point en hiver ; elle 
s'écroule même à plusieurs reprises en été, et se renouvelle 
toujours sans le secours de l'art. Il paroit , comme le pensoit 
Saussure, que le torrent qui sort de dessous le glacier ronge les 
bords deson lit; que le milieu de laglace, en cessant d'être sou- 
tenu , commence à tomber, et continue en s'élevant toujours 
insensiblement jusqu'à ce que le plafond ait acquis la forme 
voûtée. Cet effet est analogue à celui des cloches ou desfontis qui 
se forment dans les carrières souterraines. Lorsque ce grand 
monument de glace vient à s'écrouler, les débris suspendent 
le cours de l'Arveyron jusqu'à ce que ses eaux, en s'amas- 
sant dans la grotte , aient acquis assez de force pour se faire 
jour à travers ces singuliers décombres. Il arrive cependant 
quelquefois, mais cela est rare, que le torrent, au lieu de sortir 
par le pied du glacier, est arrêté dans son cours par quelque 
obstacle souterrain , et qu'il est forcé de se précipiter d'assez 
haut en partant du bord droit du glacier. Cette scène extraordi- 
naire, cet assemblage bizarre d'une cascade volumineuse qui 
se précipite à travers des rochers ée glace , eut lieu dans le 
courant de Pété de i8i5, au grand étonnement des habitans 
de toute la vallée de Chamouni. 

Les glaciers qui reposent sur des pentes peu rapides ne sont 
point d'un accès difficile ; plusieurs sont praticables ea été aux 

(i) Bourrit porte la hauteur de celte voûte à 160 pieds. Itikérair*, 
pag. 88. 



GLA 

hommes, aux mulefs et aux chevaux charges; tels sont ceux 
des vallées de Viége et de la Saas en Valais, sur lesquels on 
passe ordinairement dans la bonne saison pour aller en Piémont 
avec des mulets chargés de marchandises (i). Tous les ans on 
fait traverser le grand glacier des Bois par un troupeau de 
vaches qui va manger l'herbe de la montagne qui fait face 
au Montanvert : on a fait remonter le même glacier à des 
moutons pour les conduire en pacage au lieu dit le Courlilon 
jardin qui est une espèce d'île de verdure située au milieu de 
cette mer de glace; cet isolement ne les mit cependant pas à 
Pabri du loup , qui traversa le glacier à son tour, et fit carnage 
de ce troupeau presque entièrement composé de mérinos et 
de métis. 

Les nombreuses crevasses qui traversent les glaciers, et qui 
sont si souvent recouvertes par des voûtes ou des ponts de 
neige , sont assez ordinairement situées dans le même sens et 
dans la même direction. Cependant le danger qu'elles pré- 
sentent aux voyageurs est si éminent que l'on ne se hasarde 
pas sur les glaciers sans avoir pris au préalable toutes les pré- 
cautions qui sont dictées par la prudence et par l'expérience 
des gens du pays : des crampons de fer, de grands bâtons fer- 
rés, des câbles , des échelles, des haches, des crêpes noirs, etc., 
sont les provisions indispensables du voyageur qui veut at- 
teindre les sommets élevés des Alpes en remontant les glaciers 
transversaux , franchissant ceux des vallées longitudinales et 
les plateaux glacés qui leur donnent naissance. Douze à quinze 
guides sont nécessaires à l'ascension du Mont-Blanc ; Saussure 
en avoit dix-huit et un domestique , mais il avoit quelques 
instrumens à porter.Ces hommes courageux et robustes , exer- 
cés dès leur enfance à braver les précipices et les glaciers 
en poursuivant les chamois jusque sur les crêtes les plus escar- 
pées , prennent cependantla sage précaution de s'attacher les 
uns aux autres avec de fortes cordes et à d'assez grandes 
distances, pour que ceux qui suivent ou qui précèdent celui 
qui viendroit à tomber dans une crevasse cachée puissent le 
retenir suspendu sur l'abîme, et lui porter des secours : c'est 
ce qui arriva à l'un des guides que Saussure avoit envoyés à 

(0 Schiner, Description du "Valais , pag. io5. 



GLA. i3 

la découverte de la route à suivre , lors de sa première ascen- 
sion au sommet du Mont-Blanc. 

Les grappes ou crampons de fer s'attachent aux souliers , et 
empêchent de glisser sur les neiges durcies , sur les roches po- 
lies , les gazons secs, etc. 

Les bâtons ferrés servent à sonder la profondeur des neiges, 
à prêter un point d'appui, et à former, en les réunissant les 
uns à côté des autres, desponts volans sur les petites crevasses. 
Les haches sont destinées à tailler des marches sur les gla- 
çons escarpés. 

Les échelles aident à franchir les murs ou les glaces cou- 
pées à pic. 

Enfin, les crêpes noirs préservent la figure, et surtout les 
yeux, de l'action de l'air et de la lumière réfléchie par la sur- 
face brillante des neiges, etc. 

Malgré les dangers, les fatigues et tous les accidens qui 
peuvent arriver dans de pareilles entreprises, il est pourtant 
vrai que deux hommes seuls parvinrent les premiers à la 
cime du Mont-Blanc ; et que, dans ces dernières années, une 
femme de Chamouni suivit les guides, et arriva au sommet 
sans accident ; mais il falloit être né dans le pays , et avoir la 
force du docteur Paccard et celle de Balmat, surnommé Mont- 
Blanc , pour avoir osé s'engager seuls dans un pareil voyage; 
il faut connoître la force et l'agilité des femmes de Chamouni, 
qui passent une grande partie de leur vie dans les chalets, 
pour concevoir la possibilité que l'une d'elles ait été assez 
hardie pour affronter les précipices affreux du glacier qui 
conduit au dernier plateau de la plus haute montagne de 
l'ancien monde , dont la cime est élevée , d'après les dernières 
mesures, de 2460 toises au-dessus du niveau de la mer. 

Quelques accidens déplorables n'ont que trop prouvé la 
circonspection avec laquelle les étrangers doivent s'engager 
sur les glaciers. 

La voûte du Glacier des Bois, en arrêtant par sa chute le 
torrent de l'Arveyron, occasionne bientôt une débâcle si 
épouvantable qu"il faut s'empresser de se mettre hors de 
son atteinte, car l'effet en est beaucoup plus rapide qu'on 
ne pourroit se lïmaginer. Deux personnes ont été victimes 
de ce débordement subit, et plusieurs ont été grièvement 



H GLA 

blessées. D'autres ont tiré un coup de pistolet sous cette même 
voûte , qui n'est jamais très-solide , et elles ont cruellement 
payé cette fatale épreuve. 

Quelques voyageurs ont été blessés d'une manière très-grave 
en s'approchant trop près des rochers que les glaciers trans- 
portent, et qui sont souvent en équilibre sur des pivots de 
glace amincis par l'action du soleil et de l'air. 

Mais, de tous les événemens qui sont arrivés sur les glaciers, 
celui dont on conservera le plus long souvenir , puisqu'il est 
consacré par le monument funèbre du malheureux qui fut 
victime de son imprudence , est l'accident fatal qui coûta 
la vie à F. A. Eschen, âgé de vingt -trois ans, né à Eutin, 
dans l'évêché de Lubeck. Quelques passages de la relation 
qu'en a donnée M. Pictet dans la Bibliothèque Britannique , se 
rattachatit à l'histoire des glaciers , ne seront pas déplacés ici. 
Puisser»t-ils servir d'instruction aux voyageurs qui seroient 
tentés de parcourir les glaciers en méprisant les avis ou l'ex- 
périence de leurs guides! 

M. d'Eymar, préfet de l'ancien département du Léman, vi- 
sitant avec M. Pictet la vallée de Chamouni, apprit en y en- 
trant qu'un jeune étranger s'étoit précipité la veille dans une 
crevasse du glacier qui termine la montagne du Buet , 
que l'on nomme aussi laMortine. Ce glacier, qui diffère, sous 
différens rapports, de ceux qui suivent les pentes et les revers 
des montagnes , appartient, ce me semble , aux glaciers de la 
seconde espèce de M.Saussure, qui ne présentent point un 
aussi grand nombre de crevasses, et qui, en donnant une sorte 
de sécurité, n'en sont souvent que plus dangereux pour ceux 
qui les traversent. A cette triste nouvelle le préfet donne 
ordre à l'homme le plus intelligent et le plus intrépide de 
la vallée , à Marie Defille , d'aller de suite à la recherche du 
malheureux Eschen , ou plutôt d'aller arracher son cadavre 
au gouffre affreux qui l'avoit englouti. 

Deville et ceux qu'il s'étoit adjoints pour remplir la pé- 
nible commission qui lui avoit été donnée, ayant découvert 
après plusieurs heures de recherches sur le glacier un trou 
carré dans la neige, de deux pieds de côté, dont on ne voyoit 
pas le fondj ne doutèrent point que ce ne fût là le lieu où 
l'événement étoit arrivé : il? sondèrent avec une pierre atta- 



GLA li 

chée au bout d'une corde, et reconnurent, à cent et quel- 
ques pieds, la présence d'un corps qui leur parut étranger 
à la glace et à la neige; ils descendirent un crampon de fer, 
qui leur apporta quelques lambeaux de linge, des cheveux, 
un chapeau , ce qui leur donna la certitude que le cadavre 
étoJt arrêté à cette profondeur. L'un des fils de Deville se fît 
attacher à un càble , se fit dévaler dans la crevasse, et par- 
vint jusqu'au point où elle n'avoit plus que huit pouces de 
large, et où il touchoitla tête de l'infortuné avec un bâton de 
cinq pieds de long. Deville père, s'étaut fait descendre le len- 
demain, et s'étant armé d'une hachera manche court, élargit 
le couloir étroit où son fils avoit été arrêté la veille ; parvint, 
après trois heures d'un travail opiniâtre et dans la position 
la plus gênante, à dégager le cadavre qui étoit gelé et forte- 
ment engagé entre les parois de cette crevasse, lui passa une 
corde sous les bras, et réussit à Tamener au jour, au moyen 
d'un càble et d'un tour qu'on avoit fabriqué à la hâte. 

Les dépouilles mortelles de F. A. Eschen furent déposées 
dans une place distinguée, près de laquelle tous les voya- 
,geurs qui vont à Chamouni sont forcés de passer, et qui se 
trouve aussi à l'entrée de la gorge qui conduit au Buet. Un 
cippe en marbre fut élevé par ordre de M. d'Eymar ; des 
inscriptions françoises rappellent la date de l'événement, 
le nom de la victime, le lieu de sa naissance, et celui de sa 
mort. Quelques conseils dictés par la prudence, et appuyés 
de ce triste exemple, sont gravés sur les côtés du monument. 
J'ai connu ce Marie Deville qui fut chargé de cette triste 
expédition ; il m'a confirmé souvent tous les détails qu'on vient 
de lire, en m'assurant que le séjour qu'il avoit été forcé de 
faire dans la glace avoit sensiblement altéré sa santé, et que 
son fils, qui y avoit demeuré moins long-temps que lui, et 
qui étoit jeune et robuste alors, s'en étoit toujours ressenti, 
que ses dents et ses cheveux étoient tombés peu de temps 
après, etc. Deville père étoit un de ces montagnards intelK- 
gens qui se distinguent par des dispositions rares et une faci- 
lité toute particulière pour l'étude. On lui doit le premier 
relief représentant le Mout-Blanc, ses aiguilles et ses glaciers; 
il l'exécuta trigonométriquement sous les yeux d'Exchaquet, 
ancien directeur des mines de Servoi , et le modela ensuite 



i6 gla 

avec beaucoup de précision. Ce premier relief étoit en terre 
cuite , et a servi de modèle aux sculpteurs de Chamouni , qui 
exécutent maintenant ces mêmes reliefs en bois d'arol {pinus 
cembra). Deville, enfin, qui avoit embrassé la révolution avec 
trop de chaleur, ce qui l'avoit détourné de l'étude et de son goût 
pour la science , avoit quelques idées géologiques assez remar- 
quables : en voyageant avec lui, il me les cornniuniquoit , et 
me disoit, en parlant des glaciers, qu'il croyoit bien qu'ils 
avoient eu autrefois une étendue incomparablement plus con- 
sidérable que celle qu'ils ont aujourd'hui ; que c'étoit eux qui 
avoient apporté ces masses de protogine qu'on trouve sur quel- 
ques éminences de la vallée de Chamouni , et il me montroit 
des espèces de sillons parallèles sur quelques roches schis- 
teuses qui étoient , suivant lui , l'effet du frottement des gla- 
ciers et des rochers qu'ils avoient entraînés. 

Plusieurs naturalistes ou géographes suisses ont écrit sur les 
glaciers : tels sont , Merian, Simler, Hottinger, Scheuchzer et 
Gruiier surtout, qui publia un ouvrage ad hoc en trois volumes, 
dont nous avons une traduction françoise , et auquel Saussure 
rend la plus grande justice en parlant lui-même des glaciers 
dans ses Voyages géologiques , §. 5i 9 , et en en traitant d'une 
manière très-détaillée et qui laisse peu de chose à désirer. 

Ayant habité moi-même pendant cinq années consécutives 
cette vallée de Chamouni , si riche en grands effets, et où abou- 
tissent plusieurs glaciers qui descendent du Mont-Blanc ou 
des aiguilles qui l'entourent ; ayant passé cinq hivers au mi- 
lieu des neiges qui s'y accumulent pendant plusieurs mois, et 
dont l'épaisseur varie de quatre à douze pieds, j e me suis trouvé 
à même d'observer par goût et par devoir tout ce qui tient 
aux grands amas de neige , aux avalanches, aux glaciers, aux 
torrens et à tous les phénomènes qui s'y rattachent : je puis 
donc rendre hommage à l'extrême exactitude des observa- 
tions et des descriptions de Saussure, qui sera toujours avec 
MM. Pictet et Deluc , le guide inséparable des naturalistes 
qui parcourront les Alpes , comme l'Itinéraire du respec- 
table Bourrit restera long-temps encore celui des curieux 
qui abondent de toutes parts dans cette délicieuse vallée. 
( Brakd.) 

GLACIES MARIjE. (Mm.) C'est un des nombreux syno- 



GLA 17 

nymcs du mica transparent laminaire, et de la chaux sulfatée 
gypse, que l'on confbndoit autrefois sous la dénomination de 
talc. (Brard.) 

GLADA (Ornith.) , nom suédois du milan, falco milvus ^ 
Linn. ( Ch. D. ) 

GLADIÉ. (Bot.) Voyez Ensiforme. (Mass.) 
GLADIOLUS. (Bot. ) Voyez Glayeul. (L. D.) 
GLADIUS. (Conohyl.) C'est le nom que Klein, Tentam, 
ostracol, , p. 5q, a proposé pour le genre que M. de Lamarck 
a nommé Rostellaire. Voyez ce mot. ( De B. ) 

GLADIUS ( IchlhyoL), mot latin. Voyez Espadon. (H. G.) 
GLtENTE. (Ornith.) On nomme ainsi , en Danemarck, le 
milan , falco milvus , Linn. ( Ch. D. ) 

GLAÏEUL. {Bot.) Voy. Glayeul ( L. D. ) 
GLAIREUX. (Bot.) Ces champignons forment l'une des fa- 
milles établies par Paulefdans le genre Agaricus, Linn. Ils se 
font remarquer parleur surface humide, couverte d'une mu- 
cosité glaireuse, un peu épaisse, qui la rend visqueuse au lou- 
cher ; leurs feuillets rayonnent régulJèitment; ils ne sont point 
malfaisans. On en compte cinq espèces que Paulet désigne ainsi : 
La limace gorge-de- pigeon ; 
Le petit aurore bleu ; 
Le roux glaireux ; 

Le balayeur ou le glaireux grisâtre; 
Et le glaireux rayonné. 

Les trois premières espèces seront mentionnées à leurs ar- 
ticles ; la quatrième est Vagaricus glutinosits , Batsch ; Dec. , 
FI. Fr. ; et, comme nous l'avons déjà dit à l'article Balayeur , 
Vagaricus clypeatus, Linn., est le glaireux grisâtre de Paulet, 
Trait, des Champ., 2, pag. 154, pi. 87, fig. 3. On trouve ce der- 
nier dans les bois de Vi!le d'Avray , près Versailles , et ailleurs. 
Le Glaireux rayonné, Paul., 2 , p. 194 , pi. 87 , fig. 4 ; il 
est de couleur rousse, et ses feuillets sont plus régulièrement 
rayonnes et entremêlés de tiers de feuillets à la même distance. 
Dans sa synonymie des espèces de champignons, Paulet 
établit sous le n.° i56, et sous le nom de champignons glai- 
reux, un groupe qui comprend sept espèces divisées ainsi 
qu'il suit : 

a. A chapeau bombé ou sinueux , d'uu roux flave. 
19. :i 



1. Parioutdemême couleur: agar{cusviscidus,Scop., n* i 52i, 

2. A feuillets bruns : agaricus lubricus, Scopoll. 
h. A chapeau mamelonné. 

1. De couleur pâle : agaricus clfpeatus , Linn., et glutino- 
sus , Batsch. 

2. Gris OU verdissdns,fungus,n.° Sj, etfungus, n.** 6 1, Vaillant, 

3. Jd. à tige en navet: agaricus macrourous, Scop. 

. c. Brun dessus, blanc dessous : /un-o'us esculentus , Mich., 
p. i54, n.° 4. 

d. Rougeàtre ou pourpre , à feuillets roux ou flaves, ag;i- 
ricus viscidus, Linn. , ou purpureus, Schaefl'., tab. 254. (Lem.) 

GLAIS ( Bot. ) , nom vulgaire du glayeul dans quelques 
lieux. (J.) 

GLAISE. (Min.) C'est le nom vulgaire de notre argile figu- 
line, dont les usages sont nombreux et imporlans: c'est elle 
qui sert à la fabrication des briques-, delà poterie commune, 
à la distillation de l'eau-forle , à la préparation du meilleur de 
tous les cimens, à former les enduits ou con-rois qui s'opposent 
auxfiltrations des bassins; c'est elle quisert aux sculpteupspour 
modeler leurs ouvrages; qui reçoit les premiers élans du génie 
de ces artistes; qui, plus ductile que le marbre, obéit à la 
pensée, et conserve, en durcissant , ce premier jet qui disparoît 
toujours dans les ouvrages finis et soignés. La glaise se trouve 
en couches très-puissantes aux environs de Paris : c'est elle 
qui sépare le calcaire coquillier, pierre à bâtir, des bancs de 
craie, dont l'épaisseur est inconnue, et c'est encore elle qui 
retient les difFérens niveaux d'eau qu'on rencontre en traver- 
sant toute sa masse qui est composée de plusieurs lits. Voy. 
Argile figuune. (Brard. ) 

GLAIVANE, Xiphidium. (Bot.) Genre de plantes mono- 
cotylédoaes, à fleurs incomplètes, de la famille des iridées. 
de la triandrie monogynie de Linnœus, offrant pour carac- 
tère essentiel: Une corolle à six pétales, trois intérieurs plus 
petits; point de calice ; trois étamines opposées aux trois pé- 
tales intérieurs ; un ovaire supérieur marqué de trois sil- 
lons , surmonté d'un style et d'un stigmate simple. Le fruit 
est une capsule presque en baie, à trois sillons, à trois 
loges polyspermes ; les semences attachées à un réceptacle 
globuleux. 

I 



GLA 19 

Glaivane bi.H'Je : Xiphidium cctruleum , Aubî. , Guian , pa^. 53 
tab. 11 ; Lauik. ,'^JZ/. gen.^ tab. 36 , pag. 80 ; Ixia xtphidium, 
Loest. , Itin., aog. Plante, découverte par Aublet dans lu 
Guiane, dont la racine est rampante, fibreuse, géniculée : 
elle produit une tige cylindrique de la grosseur du petit doigt, 
haute (i'un pied, légèrement pileuse, un peu plus courte que 
les feuilles. Celles-ci sont alternes, ensiformes, un peu étroites, 
alongees , vaginales à leur base, à nervures longitudinales, 
finement denticulées à leur contour, pileuses vers leurs bords. 
Les fleurs sont disposées en un panicule lâche, terminale; 
chaque fleur soutenue par un pédoncule court, sortant de 
l'aisselle d'une petite écaille , et munie de deux autres vers son 
sommet, un peu au-dessous de la fleur: elle n'a point de calice. 
Sa corolle est bleue, assez petite, composée de six pétales, 
dont trois extérieurs, qui semblent former un calice, sont 
ovales, aigus, verts en dehors, bleus en dedans ;' trois inté- 
rieurs plus petits, plus minces, tout-à-fait bleus; trois éta- 
miues attachées sous Tovaire, un peu plus longues que la co- 
rolle , opposées aux trois pétales intérieurs ; les filamens glabres, 
soutenant des anthères oblongues et jaunâtres ; un ovaire supé- 
rieur, velu, arrondi, marqué de trois sillons; le style trian- 
gulaire; le stigmate un peu épais et trigone. Le fruit consiste 
en une capsule ovale, à trois sillons, divisée intérieurement 
en trois loges, contenant plusieurs semences noires, arron- 
dies. Elle fleurit dans le mois de décembre. 

Glaivat<e ELKTSCHATRE : Xiphidium albidum , Lamk. , III. gen.^ 
n". 61 5; Xiphidium Jloribundum, var. , Swartz , Flor. Ind. 
oacid. , pag. 80; Xiphidium album, Willd., Spec, 248. Cette 
piaille , observée dans l'Amérique méridionale , diffère peu de 
l'espèce précédente, dont elle paroît n'êlre qu'une simple va- 
riété. Ses fleurs sont blanches; les pétales linéaires, lancéolés; 
les feuilles glabres, quelquefois un peu velues, et très-légè- 
ment denticiflées. ( Poir. ) 

GLAIVE. [Ichthfol.) Voyez Espadon. (H. C. ) 

GLAMA ( Mamm. ), un des noms américains du Lama. 
Voyez ce mot. ( F. C. ) 

GLAMMER. f Ornith. ) Ce nom et celui de glammet sont 
donnés à la mouette tachetée ou kutgeghef, larus tridactj- 
lus , Linn, ( Ch. D. ) 

u. 



fio GLA 

GLAND, Glam. (Bot.) Fruit simple, ne s'ouvrant point, 
et accompagné d'une cupule : quelquefois cette cupule n'en 
enveloppe que la base (chêne, noisetier ); quelquefois elle le 
couvre complètement ( châtaignier); dans le zamia , l'if, etc., 
elle est de deux substances, l'une ligneuse intérieure, l'autre 
succulente extérieure, ce qui donne au fruit l'apparence d'un 
drupe. Voyez Calyeion. (Mass.) 

GLAND ( Conchyl. ), nom vulgaire d'une espèce de cône, 
conus glans , Linn. ( De B. ) 

GLAND DE MER {Conchji.) , nom donné, presque dans 
toutes les langues, aux coquilles du genre Balane , à cause 
d'une grossière ressemblance avec le fruit du chêne. (De B. ) 
GLAND DETERRE. (Bot.) Champignon du genre Cla- 
faria, Linn., et de celui nommé Geoglossum , par Persoon , 
et qui n'est qu'un démembrement du premier. Le gland de 
terre appartient à la famille des clavaires- truffons du doc- 
teur Faulet. C'est le clavaria atropurpurea , Batsch , Elem. , 
i. 2 , fig. 48, et le geoglossum alropurpureum , Pers. , Obs. myc, 
a , p. 62 , t. 3 , fig. 5. 11 croît à terre dans Therbc : sa couleur 
est le noir lavé de pourpre -, il a la forme d'une massue 
glabre, sillonnée , quelquefois très ventrue , et rarement di- 
visée. Paulet donne une ligure de ce champignon : Traité 2, 
p. 429, pi. 196 , fig. 1. (Lem.) 

Gland terrestre, ou Gland de terre. [Bot.) On donne aussi 
ce nom à la gesse tubéreuse, lathjTus tuberosus, dont on 
mange la racine. Théophraste la nommoit , suivant Columna , 
arachidna , nom transporté depuis à la pistache de terre, 
autre genre de la même famille. Le ben, moringa, est nommé 
dans (juclques livres glans unguentaria. (J. ) 

GLANDERES. (Ornith.) En Italie, suivant Belon , cette 
dénomination et celle de glandaiez désignent le geai, cort>us 
glandarius , Linn. (Ch. D. ) 

GLANDES, Glandulœ. [Bot.) Organes particuliers de sécré- 
tion ; on en distingue facilement huit espèces : 

, i'. Les glandes miliaires : ce sont les plus nombreuses et les 
plus petites ; elles paroissent sur l'épiderme détacîié de la 
plante , et opposé à la lumière , sous la forme d'une ai re ronde 
ou elliptique, ayant à son centre une ligne, tantôt obscure, 
tantôt transparente. Les glandes miliaires couvrent en gc- 



nëral les parties vertes des végétaux : elles sont pltis multi- 
pliées à la surface inférieure des feuilles qu'à, leur surface 
supérieure ; elles n'existent qu'en petit nombre sur les planus 
étiolées, et ne se montrent que très-rarement sur les pétales. 
les filets des étamines , les pistils, de même que sur les feuilles 
et les tiges développées sous l'eau. Elles sont disposées en sé- 
ries longitudinales sur Tépiderme des feuilles du pin , du sa- 
pin, du mélèze, des graminées, etc.: mais dans la plupart des 
végétaux, elles sont semées sans aucun ordre. Il est permis de 
•oupçonner que les glandes miliaires sont des poils très-courts 
dont le sommet, comprimé latéralement, offre sous la len- 
tille du microscope cette ligne obscure ou transparente que 
beaucoup d'observateurs ont prise pour un pore. 

2.° Les glandes vésiculaires : ce sont des vésicules logée» 
dans le tissu de l'enveloppe herbacée, et remplies d'huile 
essentielle. Elles paroissent comme des poils transparèns sur 
l€s feuilles, les pétales, les étamines et les fruits de l'oranger; 
les feuilles du myrte, celles du cacalia porophjUum, etc. 

^ 3.° Les glandes globulaires : celles-ci sont tout-à-fait sphé- 
riques ; elles n'adlièrcnt à Tépiderme que par un point de 
leur périphérie. Elles forment une poussière brillante sur le 
calice, la corolle, les anthères de beaucoup de labiées. Ce 
sont de toutes les glandes les plus simples , car elles sont évi- 
demment produites chacune par la dilatation d'une seule 
cellule. Les petites vessies alongées en massue , qui gar- 
nissent l'orifice de la corolle du nepeta crispa , et d'une foule 
d'autres plantes, ont beaucoup de rapports avec les glandes 
globulaires. 

4-" Les glandes utriculaires ou ampullaires .- ce sont des 
espèces d'ampoules formées par la dilatation de l'épiderme, 
et remplies d'une fymphe incolore. Telles sont les glandes de 
la glaciale. 

5." Les glandes en mamelon ou papillaires: elles couvrent 
ordinairement la surface inférieure des feuilles des labiées, 
qui ont une odeur piquante. Elles paroissent sous la forme 
de mamelons, et elles sont logées dans des fossettes; ce qui 
fait que M. Kroker les compare, pour l'aspect, aux papilles 
de la langue de Phomme. Elles sont composées de plusieurs 
rangs de cellules placées circulairement. C'est, je pense,» 



G LA 

telle espèce de glande qu"il faut rapporter les uiauieions qui 
hrillenl comme des pointes de diamant, sur les deux surface* 
des feuilles du rhododendrum punclaliim, 

G." Les glandes lenticulaires: elles forment de petites sail- 
lies rondes ou obîongues à la surface des tiges du psoralea 
slandulosa, du plelea trifoliata, et de beaucoup d'autres dico- 
lylédons. Ce sont des lacunes remplies de sucs huileux ou ré- 
sineux, qui ne diffèrent des vaisseaux propres solitaires que 
parce qu'elles sont beaucoup plus petites. 

7.° Les glandes à godet, ou cyathiformes : ce sont des dis- 
ques charnus, creusés d'une fossette à leur centre, et qui 
distillent souvent une liqueur visqueuse. Quelquefois elles 
reposent sur un petit support. Ces glandes sont très-visibles 
au bord des dents inférieures des feuilles de la plupart des 
peupliers et des saules, sur les pétioles du ricin, sur ceux 
des arbres fruitiers à noyau , et sur un grand nombre de légu- 
mineuses arborescentes. Une glande de cette nature est tou- 
jours placée au bas de chaque pétiole du plumhago rosea. 

Q.° Les glandes florales ou nectaires : elles existent dans les 
fleurs, et sécrètent ordinairement des sucs mielleux que ré- 
coltent les abeilles ; elles sont, par leur structure interne, 
heaucoup plus compliquées que les autres, et se rapprochent 
davantage des glandes des animaux. (Voyez au mot Nectaire.) 

La plupart des glandes ne diffèrent des poils que par leurs 
formes. ( Mirbel , Elémens de Physiologie végétale , etc. ) 
( Mass. ) 

GLANDES ARDOISIERS ( Bot.-Chawp.) Petite famille éta- 
Lîie dans les agarics par Paulet ; il y place les agaricus gludi- 
ferus , Batsch , Flor. fung. , lab. 18 , fig. 86 ; atrocjaneus , 
Jialsch , fig. 87 , et cjnophatis ejusd. , tab. 17, fig. 85. Ces 
deux derniers champignons peuvent être des variétés, jeunes 
ou non encore développées, de Vogaricus polj'grammus , Bull., 
Herb., lab. Sg et 18 , fig. H ; son Fung., tab. 222. Ces agarics 
ont le chapeau conique, glandiforme , et une couleur gris- 
ileuàtre ou noirâtre cyrcmpre , comme celle de l'ardoise. 
(Lem.) 

GLANDIOLE, Glandiolus. {Conchyl.) M. Dcnys de Monfort 
nomme ainsi un très-petit corps crétacé, figuré par Soldani , 
T'est., tab. 17, var. 344, r., et en fait un genre de coquilles 



GLA 23 

cloisonnées imivalves, qu'il caractérise d'une manière tranchée. 
Le fait est qu'il est assez difficile de s'en faire une idée bien 
juste; il paroit que c'est une série de petites cupules glandi- 
formes, droites, symétriques, s'emboitant les unes les autres, 
et dont la dernière offre une ouverture dont les bords sont 
sinueux, quoique réguliers. Cette petite coquille, que M.Denys 
de Montfort nomme le glandiole étage, glandiolus gradatus^ a 
une demi-ligne de long; elle est transparente, irisée, et se 
trouve dans la Méditerranée. (De B.) 

GLANDITES. {Foss.) On a donné autrefois ce nom à cer- 
taines pointes d'oursines qui ont la forme d'un gland, ainsi 
qu'aux balanes fossiles. (D. F. ) 

GLANDULARIA. [Bot.) Le vcrhena longijlora ^ ou verbena au- 
hletia, distingué des autres espères par une corolle plus alongée, 
un stigmate divisé en deux lobes, 1 un aigu et l'autre obtus, avoit 
été séparé du genre par Rosier, dans le Journal de Physique, 
sous le nom d'Auhletia ; ensuite l'existence d'un corps glan- 
duleux, dans la bifurcation du stigmate, lui avoit fait donner 
par Gmelin le nom de glandularia adopté par Michaux. Moench 
l'a aussi désigné sous celui de hillardiera ; mais il ne savoit 
}):!S que les caractères indiqués nécessitent la iéparation de 
cette espèce d'avec son genre primitif. ( J.) 

GLANDULIFERA.(Bof.) Voyez Diosma. (J.) 

GLANDULIFERE(£o/.), portant une ou plusieurs glandes. 
Les pétioles du viburnum opulus, du prunier, etc.; les pétales 
de l'épine-vinette, de la renoncule, les filets des étamines de 
la fraxinelle; les anthères du leomirus, cardiaca ; les poils du 
rosa maxima, de la fraxinelle, du cruton penicillatum , etc. y 
sont glandulifères. (Mass.) 

GLANDULTFOLIA. (Bot.) Wendl. , Toit., pi. i, table ]ô. 
Ce genre diffère très-peu des diosma, desquels cependant 
Willdenow l'a séparé ^ mais sous le nom d'AoENANDRA. Voyez 
ce mot au Suppl. du tom. 1.''% pag. 56. ( Poir. ) 

GLANDULITE. (Mm.) Jean Pinkcrtoa, dans ses Remarques 
surlanomenclature des roches, prétend que Saussure donne le 
nom de glandulites aux roches qui contiennent des noyaux 
delà même substance, d'une formation contemporaine, et que 
par conséquent le granilel globuleux de Corse, composé de 
qîi.ifz et de hornblende, de vroit porter ce nom. Nous trou vous 



24 GLA 

dans Saussure (§. 1444), qu'il donne le nom de roches glan- 
duleuses à des trapps qui sont pénétrés de noyaux calcaires 
analogues à ceux du Drac, d'Oberstein ou de Darmstadt , et 
qui deviennent poreux à leur surface par la destruction des 
globules spathiques. (§.1825.) Saussure, en passant au pont de 
Tremola près du Saint-Gothard , observa les tranches verticales 
d'une roche micacée qui renferment des nœuds ou des glandes 
de quarz qui se prolongent quelquefois an point de former des 
couches de quarz pur entre des couches de schistemicacé, et il 
pense que ces glandes ont été déterminées par une plus grande 
facilité ou une plus grande promptitude dans la cristallisation 
de la pierre qui les forme; il les considère , enfin, comme des 
cristaux imparfaits. Les roches globuleuses de Corse, car on 
en connoit plusieurs aujourd'hui , pourroient bien effective- 
ment se rattacher à ce mode de formation. (Brard.) 

GLANEE. {A\^icept.) Voyez, sous le mot Filets, la manière 
de dresser le piège qui porte ce nom, et à l'aide duquel on 
prend des canards, des poules d'eau et d'autres oiseaux aqua- 
tiques. (Ch.D.) 

GLANO (Ichtliyol.) , nom que l'on donne au glanis dans 
}es environs de Constantinople. Voyez Sildre. ( H. C. ) 

GLANS. [Conchj-l.) Belon, Aquat. , pag. 096, dit que les 
anciens donnoient ce nom à la coquille que l'on nomme vul- 
gairement aujourdhvii arche de Noé ; mais c'est évidemment à 
tort, Aristote et Pline n'ayant jamais entendu par là que les 
ialanes. 

C'est encore le nom spécifique d'une espèce de bulime , 
lulimus glans , Brug. (De B.) 

GLANUS. {Mamm.), un des noms que les Grecs donnoient 
à l'hyène. Aristote l'emploie comme celui de hyoaah. (F. C.) 

GLAFHYRE, Glaphjros. (Entom.) M. Latreiïle a donné ce 
nom de genre à une division des hannetons , ou du genre 
Mélolonthe , qui ont les mandibules dentées et la lèvre supé- 
rieure saillante, tels que la mélolonthe maure et la serratule. 
Voyez Mélolonthe. (CD.) 

GLAREANA. {Ornith.) L'oiseau , ainsi nommé dans Aldro- 
rande et dans Gesner se rapporte à l'alouette spipolctte, 
alaiiJa campestris, Linn. (Ch. D. ) 

GLAREOLE. {Ornith.) Cet oiseau a reçu d'abord plusieurs 



GLA .5 

dénominations également impropres. Les uns en ont fait une 
hirondelle marine, à cause de sa queue fourchue, de la 
grande envergure de ses ailes coupées en pointes, et de la na- 
ture de son vol ; les autres , une perdrix de mer, d'après quel- 
que ressemblance dans la forme du bec et dans la gorge, qui 
présente une collerette, Kramer, qui en a vu un grand 
nombre dans de vastes prairies bordant un lac de la Basse- 
Autriche, et qui a vainement tenté de trouver une place con- 
venable pour cette espèce dans un genre connu , lui a donné, 
dans son Elenchus animalium Austriœ inferioris , p. 38 i , le nom 
de pratinco la; mais, comme elle fréquente plutôt k s grèves ou 
rives sablonneuses de la mer que les bords vaseux des marais 
et des ruisseaux, ce nom a été changé en celui de glareola, et 
l'on en a formé un nouveau genre, dont voici les caractères : 
Bec court, robuste, sans échancrure, trés-fendu; la mandibule 
supérieure convexe , un peu comprimée vers la pointe , et 
recourbée sur l'inférieure, qui est droite en dessous et plus 
courte; narines elliptiques et situées obliquement à la base 
du bec 5 cuisses à demi nues ; tarse long, grêle, écussonné; 
l'extérieur des trois doigts de devant uni, par une, courte 
membrane, à celui du milieu, qui est dentelé; pouce plus 
petit, mais posant à terre; ongles étroits et subulés; ailes très- 
longues, et la première rémige surpassant les autres; queue 
composée de douze pennes. 

GLAnÉOLE A COLLIF.R : Gl(rr''ola torquata, Meyer, et Ilirundo 
pratinsola, Linn., édit. 12 ; pi. enl. de Buffon, n." 88a. Cette es- 
pèce, dont la grosseur est celle do la grive draine, a neuf pouces 
trois lignes de longueur. Sa queue est fourchue, et ses ailes, 
lorsqu'elles sont pliées, l'excèdent de quatre lignes. La tête et 
les parties supérieures du corps sont d'un gris brun ; l'espace 
entre l'œil et le bec est noir ; la gorge et le devant du cou , d'un 
blanc roussâtre, sont encadrés dans un cercle noir qui se ter- 
mine derrière l'œil; le bas du cou et la poitrine sont d'un gris 
teint de roux ; le ventre et les plumes anales et uropygiaks son» 
blancs ; les pennes des ailes sont noires, et celles de la queue, 
blanches dans une partie de leur étendue, sont brunes à leur 
extrémité; son bec, rougeàtre à sa base, est noir dans !e sur- 
plus ;. les pieds, qui, suivant Brisson, sont «également rou- 
geâtres, ont une couleur plombée, selon Kramer. 



2G GLA 

Cette espèce est sujetîe à des variations assez considérables 
dans le plumage, dont les teintes sont plus ou moins foncées ; 
dans la bande du cou, qui est tantôt d'un u'j'iv plus prolbnd, 
tantôt accompagnée d'une petite ligne blanche, ou seulement 
indiquée par de petites fâches noires. Chez les jeunes, on re- 
marque, sur le dos, des ondes plus foncées et des bordures 
blanchâtres; la gorge , plus terne, offre des taches brunes, 
qui se retrouvent également aux parties inférieures. 

M. Temminck pense que les glareola auslriaca , nœna et 
senegalensis de Gmelin , les perdrix de mer à collier, grise, 
brune, et la giarole de Buffon , édition de Sonnini , ainsi que 
les perdrix de mer des Maldives, de Coromandel et de Ma- 
dras*, deSonnerat, Voy. aux Indes, tom. ll,pag. 216, ne for- 
ment qu'une seule espèce , dont les différences sont dues à l'âge 
àes individus, à l'époque de l'année à laquelle ils ont été tués, 
ou seulement à des causes accidentelles ; et les oiseaux rive- 
rains , notamment le combattant, présentent, en effet, tant 
de variations de cette nature, que Topinion du naturaliste 
hollandois paroit fondée. Cependant M. Vieillot penche à re- 
garder comme une espèce particulière la glaréole de Madras , 
d'un tiers plus petite que les autres. 

Au reste, les glaréoles paroissent exister dans tout le nord 
de l'ancien monde ; elles ne sont que de passage dans quelques 
provinces de l'Allemagne, en France, en Suisse, en Italie. 
Elles volent en troupes, et en criant au bord des eaux. J.es 
vers et les insectes aquatiques font leur nourriture. Leur pro- 
pagation est peu connue -, mais on prétend qu'elles nichent à 
terre , et que leur ponte est de cinq à sept œufs. 

On a trouvé dans l'Australasie une espèce dont la queue 
est carrée. C'est la glaréole isabellc , glareola isahella, Vieil!., 
de la même taille que la nôtre, et dont tout le plumage a une 
nuance isabelle , quoiqu'il offre, sur les différentes parties 
du corps , les couleurs suivantes. Quelques teintes d'un 
gris pâle, qui se trouvent sur un fond blanc aux côtés de la 
gorge, au devant du cou. et sur le haut de lu poitrine, 
semblent indiquer un collier, et l'aile se fait remarquer par 
l'extrême longueur de la première penne, qui est très-grêle 
et subulée à son extrémité. Le ventre, les couvertures de la 
queue, plusieurs de ses pcuncs latérales, et les bords de l'aile 



GLA 37 

sont blancs ; les rémiges el les rcctricrs du centrt? sûnt noires; 
les flancs sont d'un roux très-foncé. Les pieds et la base du 
bec sont rouges, le reste du bec est noir. L'oiseau, avant son 
état adulte, est revêtu de couleurs plus ternes, et présente 
«ur tout le corps des taches de gris brun. (Ch. D.) 

GLASSTEIN. (Mm.) Voy. AxiNrrE. (Brard.) 

GLASTIVIDA. (Bot.) Suivant Pona et quelques auteurs 
anciens, ce nom est donné dans l'ile de Crète à deux plantes 
'épineuses fort différentes , qui sont le verbascum spinosum et 
l'euphorbia spinosa. (J. ) 

GLASTUM. (BoL)LapIantequi portoitaneiennement cenom 
est le pastel , isatis , qui est aussi nommé suadum dans les œuvres 
de Césalpin. On y trouve aussi la dentelaire, plumbago , sous 
le nom de glastum sj'lwestre. Le même nomestdonné parAngui!- 
lara à une saponaire commune dans les blés, sapon-arm urtcarja, 
dont Adanson etMœnch font leur genre Kaccar/a. Daléchamps 
mentionne encore un glastum montanum , qu'on ne peut rap- 
porter à aucun genre connu. ( J. ) 

GLATÏ-DICK. (Ichthjol.) Les Allemands donnent ce nom iiu 
grand esturgeon, acipenser huso, lorsqu'il manque d'écussous 
osseux sur le dos. Voyez à l'article Esturceox. (H. C. ) 

GLATTLEIB, (Ic?ii/îj) o/.) nom allemand de TAspredh. Voyez 
cemot. (H.C.) 

GLAUBERITE. (Min.) Quoique ce minéral paroisse fort 
peu répandu dans la nature, il est du nombre de ceux qui 
fixent l'attention des minéralogistes, par quelques faits remar- 
quables ou par quelques caractères tranchés. 

Le glaubérite , dont nous devons la découverte à ^L Dumé- 
ril , et qui a été décrit et analysé par M. Brongniart, se pré- 
sente sous la forme de cristaux rhomboïdaux déprimés qui 
rappellent ceux de l'axinite ; >1 est d'un blanc jaunâtre ou d'un 
jaune pAle ; sa cassure est vitreuse; il est translucide, et raye 
la chaux sulfatée seulement. 

Le glaubérite a la réfraction simple , il sélectrise résinen- 
scmeut par le frottement quand il est isolé , ainsi que i a 
observé M. Ha iiy: sa pesanteur spécifique est de 2,73.11 décré- 
pite et se fendille sur les charbons ardens ; mais, chauffé 
graduellement au chalumeau, il s'y fond en un émail blanc, 
plongé dans l'eau , sa surface y devient laiteuse ; mai* il ne se 



«8 GLA 

dissout qu'en partie, ce qui suffit toutefois pour changer son 
aspect et sa couleur extérieure. Sa poussière ne verdit point 
le sirop de violette; et enfin l'analyse a démontré que ce mi- 
néral est composé de chaux sulfatée anhydre, 49, et soude 
sulfatée anhydre, 5i. 

Jusqu'à présent l'on ne connoît qu'une seule variété de 
forme régulière, que M. Hauy a nommée quaternaire. C'est 
un prisme oblique à bases rhombes de 7 5°, Sa', et 104", 28', 
dont l'incidence sur les pans du prisme est de 142°, 14' ; ce qui 
donne à ces cristaux l'aspect lenticulaire quiles faitreconnoître 
au premier abord. 

M. Brongniart considère ce minéral comme étant le premier 
exemple de la combinaison réelle de deux sels complets for- 
mant une espèce ti^anchée et suffisamment caractérisée par sa 
forme primitive prismatico-rhomboïdale. 

M. Haiiy, dans son Tableau comparatif, semble aussi partager 
cette opinion, en admettant , comme cela n'a rien d'impossible , 
quelesmolécules intégrantes du sulfate de soude anhydre, qui 
nous est encore inconnu , se sont arrangées avec celles du sul- 
fate de chaux également anhydre, mais de manière à ce que 
les premières l'ont emporté sur les secondes, ont influencé 
pour ainsi dire la cristallisation , et l'ont forcée à produire un 
solide qui leur est entièrement subordonné. Quelques expé- 
riences cristallo-techniqu es de MM. Leblanc et Beudant viennent 
a l'appui de cette supposition. M. de Bournon seroit tenté 
de ne voir dans ce minéral qu'une combinaison triple entre 
l'acide sulfurique, la chaux et la soude. C'est aux chimistes à 
répandre du jour sur cette question , car la minéralogie semble 
avoir donné tous les éclaircissemens qui étoient de son ressort. 

Le gisement du glaubérite ne pourroit-il point avoir aussi 
quelque part à la discussion? car, puisqu'il s'est trouvé engagé 
dans l'intérieur même du sel gemme à Oscagna dans la Nou- 
velle-Castille, et que le gypse est toujours associé au muriate 
de soude, comme on le sait parfaitement, il est au moins 
remarquable que les bases et l'acide de ce minéral étoient en 
présence, quoique séparés, et que l'on peut, sans forcer le 
raisonnement, concevoir sa formation par un jeu d'affinité que 
la solubilité des deux sels auroit facilité. En attendant, les 
minéralogistes ont toujours agi avec beaucoup de prudence 



GLA. 2^ 

en plaçant cette espèce à la suite des substances acidifères, et 
le nom qui lui a été donné est d'autant mieux choisi , qu'il 
rappelle avec adresse l'un de ses principes constituans, sans 
qu'on puisse y attacher trop d'importance, (Brard.) 

GLAUCE [Bot.), Glaux, Linn. Genre déplantes dicotylé- 
dones, de la famille des salicaires, Juss. , et de la. pentan- 
drie monogynie de Linnœus, dont les principaux caractères 
sont d'avoir: Un calice monophylle , campanule, coloré, à 
cinq découpures-, point de corolle -, cinq étamines, à filamens 
attachés au réceptacle, portant des anthères arrondies; un 
ovaire supérieur, surmonté d'un style simple et terminé par 
un stigmate en tête; une capsule globuleuse, à cinq valves , 
à une seule loge, contenant cinq graines ou plus, attachées à 
un placenta central et creusé d'alvéoles. Ce genre ne comprend 
qu'une seule espèce, qui croit en France et en Europe, sur 
leg rivages de la mer ou sur les bords des marais salins. 

Glaucb maritIxAIe ; Glaux maritima, Linn., Spec. , 3oi. Flor. 
Dan., tab. 548. Sa tige est rameuse dès sa base, longue de 
trois à six pouces, divisée en rameaux nombreux, étalés, 
glabres, garnis de feuilles petites, pour la plupart opposées, 
ovales-lancéolées , un peu charnues et glauques. Ses fleurs 
sont très-petites, couleur de chair, sessiles, et le plus souvent 
solitaires dans les aisselles des feuilles. ( L. D.) 

GLAUCIENNE ou GLAUCIER (Bot.) ; Glaucium, Tournef.-, 
Juss. Genre de plantes dicotylédones , de la famille des pa- 
pavéracées, Juss., et de la polyandrie monogjnie, Linn., 
dont les principaux caractères sont les suivans : Calice de 
deux folioles ovales, concaves, caduques ; corolle de quatre 
pétales ovales-arrondis, planes, ouverts, caducs; étamines 
nombreuses ; à filamens portant des anthères droites ; ovaire 
cylindrique, à stigmate sessile, bifide ou trifide ; capsule sili- 
queuse , linéaire, à deux loges polyspermes, s'ouvrant en 
deux ou trois valves. 

Les glaucit-nnes sont des plantes herbacées à feuilles al- 
ternes , plus ou moins découpées, et à fleurs solitaires, oppo- 
sées aux feuilles ou terminales. On n'en connoît que trois 
espèces indigènes de l'Europe. Le genre Glaucium , d'abord 
établi parTournefort, avoit été réuni par Linnasus aux cheli- 
doniuni ■ mais M. de Jussieu l'en a de nouveau séparé. 



5(. GLA 

Glaucienne jaune ou Glaucier jaune : vulgairement Chéli- 
doine cornue, Pavot cornu ; Glaucium luteum, Smith, Flor. 
Brit. , 565; Chelidonium glaucium, Linn., Spec, 724; Flor., 
Dan. , tab. 585. Sa racine, fusiforme, vivace , produit une 
tige cylindrique, lisse, simple inférieurement, rameuse 
dans sa partie supéineure, haute d'un pied à un pied et 
demi, d'une couleur glauque, ainsi que toute la plante. Ses 
feuilles radicales sont alongées, pinnatifides, dentées, pubes- 
centes , rétrécies en pétiole à leur base ; les supérieures 
beaucoup plus courtes, presque glabres, simplement sinuées 
eu leurs bords. Ses fleurs sont d'un beau jaune d'or, larges de 
deux pouces , solitaires sur de courts pédoncules, et opposées 
aux feuilles de la partie supérieure des tiges et des rameaux. 
Les capsules ont cinq à huit pouces de longueur. Cette plante 
croît dans les lieux sablonneux, en France, en Angleterre , 
en Allemagne et autres parties de l'Europe. 

Le suc de la glaucienne jaune est acre et caustique ; il éto it 
usité comme médicament chez les anciens : mais il n'est plus 
employé aujourd'hui. On assure qu'il peut causerie délire et 
les convulsions. Dans quelques cantons , les gens de la cam- 
pagne appliquent les feuilles de cette plante, broyées, sur les 
ulcères des chevaux. 

Glaucienne écarlatB : Glaucium phaniceum , Smith , Flor. 
Brit., 564; Chelidonium corniculatum, Linn., Spec, 724. Ses 
tiges sont rameuses, hautes d'un pied et plus, assez abondam- 
ment velues, ainsi que les feuilles qui sont pinnatifides, sessiles 
dans la partie inférieure de la plante, et amplexicaules vers 
son sommet. Les fleurs sont d'un rouge vif, avec une tache 
d'un violet foncé en leur onglet, moitié plus petites que dans 
l'espèce précédente. Ses fruits ont quatre à six pouces de 
long. Cette plante croît en France, en Allemagne , en Angle- 
terre ; elle est annuelle. 

Glaucienne violette : Glaucium violaceum , Smith , Flor. 
Brit., 565 ; Chelidonium h/ybridum , Linn., Spec, y2li. Sa tige 
est rameuse, hérissée de quelques poils, haute de six à douze 
pouces. Ses feuilles, profondément découpées, deux ou trois 
fois pinnatifides , à divisions presque linéaires , sont pétiolées 
dans la partie inférieure et moyenne de la tige , sessiles dans 
la supérieure. Ses fleurs «ont asseï grandes, violettes, avec 



GLA 5i 

une tache noirâtre en l'onglet de leurs pétales. Les siliques ont 
deux à trois pouces de long , et elles s'ouvrent par trois valves. 
Cette espèce croît dans les champs , en France , en Angleterre, 
en Espagne ; elle est annuelle. ( L. D. ) 

GLAUCION, (Ornith.) Le canard auquel Belon, pag. 166, a 
appliqué ce nom et celui de glaucus, est un jeune garrot ; 
mais ces dénominations et celle de glauciuin sont rapportées 
par divers naturalistes au morillon, anas fuligula, Linn. 
(Ch.D. ) 

GLAUCIUM. (Bot.) La plante citée sous ce nom par Dios- 
coride a, selon lui, les feuilles du pavot cornu, qui sont rem- 
plies d'un suc de couleur safranée. Il résulte de cette indica- 
tion , 1." que cette plante ne peut être le papaver corniculatum , 
le glaucium des modernes, puisque c'est à lui que Dioscoride 
compare sa plante , et que d'ailleurs aucune espèce de ce glau- 
cium ne donne un suc coloré; 2.° que la description s'applique 
exactement au pavot épineux, argemone mexicana, qui a des 
feuilles approchant de celles du pavot cornu et remplies d'un 
suc jaunâtre. Cependant on pourroit objecter, quesirargemorae 
est originaire du Mexique, il ne pouvoit pas être connu de 
Dioscoride. Mais il n'est pas certain que cette plante ne soit 
pas originaire de l'ancien monde. La chélidoine , qui donne nu 
suc non safrané, mais jaune, ne peut être la plante en ques- 
tion, puisqu'en outre elle est citée ailleurs nommément par 
Dioscoride. Suivant C. Bauhin, quelques personnes ont cru 
que le glaucium ancien pouvoit être le lycopcrsicon de Galien, 
iolanuiii lycopcrsicon de Linnaeus ; mais cette opinion n'est 
qu'hasardée. (J.) 

GLAUCOIDES. (Bo/.) La plante que Micheli nommoit ainsi 
à cause de ses rapports avec le glaux, avoit été regardée, par 
Vaillant et d'autres , comme congénère de ce dernier ; mais 
Linnaeus l'a distinguée, avec raison, souile nom de peplisportula. 
(J.J 

GLAUCOPE. (Ornilh,) L'oiseau de la Nouvelle-Zélande 
qui a d'abord été décrit par Forster et Latham sous le nom de 
c alla as , et ensuite par Gmelin et par llliger sous celui de 
glaucopis , a pour caractères génériques un bec épais, assez 
gros, dont la mandibule supérieure, voûtée, recouvre les 
bords de Pinférieure, laquelle est plus courte et porte à sa base 



^^ GLA 

deux caroncules ou fanons charnus ; des narines déprimées et à 
demi couvertes par une membrane ; la langue un peu cartila- 
gineuse, tronquée et bifide à la pointe, dentelée et ciliée sur 
8es bor(!s: les tarses alongés, et lus pieds écussonnés; quatre 
doigts, doutle postérieur, presque égal à l'interne, a l'ongle 
courbé! et plus long que celui des doigts de devant; la queue 
composée de douze pennes. 

Le Glaucope cendré, Glaucopis cinerea, Gmel. , ou, en an- 
gtois, cinereous ivittlehird, pi. 14 de Lath., Sjnopsis . tom. I.*', 
pag. 264, t&i de la taille d'une pie, et a quatorze à quinze 
pouces de longueur, depuis l'extrémité du bec jusqu'à celle 
de la queue, qui est longue , étagée , et dont les ailes n'attei- 
gnent que l'origine. Il y a entre l'œil et le bec une tache noire, 
et le reste du plumage est d'un cendré foncé et plus sonibre 
sur la tête. La double caroncule est bleue à sa base, et de- 
vient ensuite d'un jaune orangé. L'iris est d'un bleu éclatant; 
le bec est fort noir, et les pieds sont noirâtres. Cet oiseau se 
perche quelquefois sur les arbres ; mais on le rencontre le 
plus souvent sur la terre, où il cherche sa nourriture, qui 
consiste en insectes, en vers et en baies: on prétend aussi 
qu'il dévore des petits oiseaux, mais cela est peu probable. 
Sa voix est une sorte de sifflement qu'un murmure assez 
agréable accompagne quelquefois ; sa chair est, dit-on , savou- 
reuse et délicate. On n'a pas encore de détails sur ce qui con- 
cerne la propagation de celte espèce, qui, jusqu'à présent, 
est la seule de son genre. ( Ch. D. ) 

GLAUCOPIDE. {Entom.) Fabricius a formé, sous le nom 
latin àe glaucopis ^ lequel, emprunté du grec, signifie ayant les 
yeux bleus d'azur ou verls, un genre d'insectes lépidoptères de 
la famille des fusicornes qu'il a séparés des zy gènes , parce que 
leurs antennes sont disposées en double peigne dans les deux 
«exes. Ils forment, avec les sphinx et les sésies le passage natu- 
rel aux familles des papillons nocturnes. Voyez 'Lrakus, 
(CD.) 

GhA\]COS.[ Ichthyol.) Aristote paroît avoir désigné un 
squale parle nom grec de yXauy.oç. Voyez S^ualk. (H. C.) 

GLAyCUS. {Malacoz.) Genre de mollusques établi, par 
Poli , Test, des Deux-Siciles , pour les animaux des Limes et des 
AvicuiES proprement dites : il lui donne pour caractère : Un 



GLA 35 

siphon abdominal ; rabdomen ovale, comprimé, sans pied j 
les branchies séparées, ouvertes; le manteau bordé de cils, 
sans oscules ni muscles raraeux ; un seul muscle adducteur, gros 
et central. (De B.) 

GLAUCUS. (Malacoz.) Genre de mollusques établi parFors- 
ter, dans le 5* volume du Magasin de Voigt, pour un très-joli 
mollusque observé depuis fort long-temps dans les mers des 
pays chauds, et même dans la Méditerranée, par un assez grand 
nombre de naturalistes, qui se sont plu, successivement, à ea 
donner des figures ou des descriptions plus ou moins exactes, 
et cependant jamais d'une manière assez complète pour que 
les zoologistes méthodiques aient pu le placer convenablement 
dans le système. Ainsi , quoique M. Cuvier , qui ne Tavoit pas 
vu, ait soupçonné avec raison qu'il devoit faire partie de son 
ordre des gastropodes, M. Pérou en faisoit un genre de celui 
des ptéropodes, en supposant qu'il n'avoit pas de disque mus- 
culaire ou de pied pour ramper. M. Bosc, qui avoiteu occasion 
de l'observer, mais, à ce qu'il paroit, d'une manière incomplète, 
le confondit avec la scyllée pélasgique, qui en diffère beau- 
coup, comme il se plaît à l'avouer dans la seconde édition du 
Nouveau Dictionnaire d'Histoire naturelle. Enfin, tous les na- 
turalistes, jusqu'au Mémoire que j'ai publié sur l'ordre des 
mollusques que j'ai nomméspolybranches, ont décrit et ligure 
cet animal sens dessus dessous, en ce que tous, jusqu'au mé- 
moire précité , ont dit que les organes de la génération et l'anus 
se terminoient dans un 'tubercule commun, situé à gauche, 
terminaison qui , d'après mon observation , ne se trouve dans 
aucune espèce de mollusques, à. moins qu'elle ne soit ce qu'on 
nomme gauche, c'est-à-dire, dans un état véritablement ano- 
mal. C'est à l'amitié de M. le^ueur que je dois l'occasion de 
décrire le glaucus d'une manière un peu plus complète qu'il 
ne l'a été jusqu'ici, et de pouvoir ainsi rectifier quelques er- 
reurs qui m'avoient toujours semblé de véritables anomalies. 
En effet, la description que je vais en donner, montrera 
que le glaucus a un véritable pied , et que la terminaison des 
organes de la génération et du canal digestif est a droite. 

Le corps de ce petit molluscjue paroit susceptible de se 
rétracter sur lui-même, beaucoup plus encore que celui des 
autres mollusques que je connoisse , du moins , si j'en puis juger 
19. 3 



54 GLA 

fi'après les figures qui le représt^ntent ; car, dans l'élat de con- 
servation dans Falcool , le corps proprement dit, au lieu d'avoir 
un peu la figure d'un petit lézard, est seulement ovale , alongé, 
déprimé, obtus à son extrémité antérieure, comme tronqué 
et terminé en arrière par une sorte de pointe plate ou de queue, 
ce qui prouve que, dans l'état frais, !a masse des viscères est 
bien loin de se prolonger danscet appendice, à peu près comme 
dans les cîios. Aussi, la peau qui recouvre le corps est beau- 
coup plus large que les viscères qui ne forment qu'une assez 
petite masse placée dans la partie antérieure. La face supé- 
rieure ou le dos de l'animal est large, bombée et lisse ; du reste 
elle n'oEFre rien à remarquer, si ce n'est que c'est elle que tous les 
auteurs ont regardée jusqu'ici comme le ventre ou linférieure. 
Celle-ci , qu'au contraire ils nomment la supérieure, parce que 
l'animal nt^ge ordinairement renversé, est un peu plus étroite. 
Dans toute son étendue règne un véritable pied de mollusque 
gastropode, c'est-à-dire, une saillie musculaire peu élevée, à 
stries transverses-, plus large en avant et formant en arrière de la 
bouche comme deux espèces d'oreilles, il se rétrécit ensuite , 
puis, après un nouvel élargissement, il va toujours en dimi- 
nuant jusqu'à l'extrémité de la queue qu'il compose presque 
entièrement. Cette partie, dans le vivant, d'après le récit des 
observateurs, est d'un bleu magnifique, bordé d'argent. Cette 
couleur sous forme d'un enduit épais, produit une espèce de 
pigmentum, et reste encore après la mort de l'animal, même 
long-tempsaprèsqu'il a été conservé dans l'esprit de vin. La tête, 
assez peu distincte , est séparée du reste du corps par un léger 
rétrécissement ; de chaque côté, ou y voit deux tentacules co- 
niques , fort courts , rétracliles , et dont une paire est très-infé- 
rieure. De cette tête, qui semble former une sorte de pré- 
puce, sort une bouche ou masse buccale en forme de trompe 
courte, large, dirigée ob!i(jiiement, en bas et à la base de 
la fente verticale de laquelle est une langue cornée. Je n'ai 
pu apercevoir aucune trace d'yeux; mais un auteur ancien en 
fait mention, et je n'ai aucun doute sur leur existence. De 
chaque côté du corps se voient des appendices digités qui 
servent bien certainement à la natation, et très-probable- 
ment aussi à la respiration j ils sont rangés en groupes et 
d'une manière symétrique; mais le nombre des digitations qui 



GLA ^s 

forment chaque paire d'appendices , n'est pas toujours le même 
à droite qu'à gauche. Le nombre de ces paires d'appendices 
paroît aussi un peu varier, puisque l'on trouve des auteurs qui 
en figurent trois de chaque côté, tandis que dans l'individu que 
j'ai examiné, il n'y en avoit que deux; on voyoit cependant à 
la terminaison du corps proprement dit, une ou deux petites 
digitations, indices d'une troisième paire. Quant à la nature 
de ces appendices, les digitations sont tout-à-fait rondes, 
coniques en forme de doigt, obtuses ou peu pointues à leur ex- 
trémité. Je n'ai pu apercevoir, même à la loupe, aucune strie 
qui indiquât l'existence d'un tissu branchial à leur superficie. 
En les coupant transversalement, on voit qu'elles sont formées 
par une enveloppe cutanée, assez résistante, et que l'intérieur 
est rempli par une substance comme charnue , dans l'axe de 
laquelle m'a semblé être un canal pour le passage des vais- 
seaux: en sorte que, comme il est certain que ces organes 
servent à la locomotion, jesupposerois volontiers que le milieu 
est musculaire, et que l'enveloppe sert de branchies qui ne 
s'aperçoivent peut-être que dans l'état frais. Le canal central 
serviroit alors au passage de l'artère et de la veine branchiale. 
Dans les individus que j'ai observés, et qui avoient été con- 
servés depuis assez long-temps dans l'espx'it de vin, je ne me 
suis pas aperçu que les groupes de digitations fussent portés 
sur de longs pédicules, comme cela est représenté dans la 
plupart des figures du glaucus; cependant le corps étoit un 
peu reiiflé dans l'endroit de leur origine. 

Enfin, on trouve au côté droit de l'animal ainsi observé, 
et un peu a la face inférieure, un tubercule assez saillant. A 
la partie antérieure et droite de sa racine, est un orifice pour 
Its organes de la génération, et l'ouverture du tubercule même, 
dirigé en arrière, est probablement la terminaison du canal 
digtstiC. 

Quoique je n'aie pu faire qu'assez incomplèteoient l'anatomie 
d'un si petit animal, je vais rapporter ce que j'ai vu, d'autant 
plus que personne encore ne l'a tentée. 

Quand on a enlevé la peau de la partie supérieure du corps , 
ce qu'il est très-aisé de faire sans lien endommager d'essentiel, 
oii trouve deux poches ou cavités bien distinctes, séparées par 
une cloison presqu'aussi épaisse que la peau ; l'une postérieure, 

3. 



56 GLA 

beaucoup plus grande, se porte tranversalement de la racine 
de chaque groupe d'appendices à l'autre, dans laquelle elle 
pénétre évidemment, mais sans que la cavité des appendices 
eux-mêmes y communique. Cette grande cavité est remplie 
par une masse de même forme qu'il est aisé de voir être l'or- 
mée par les viscères de la digestion, entortillées d'une manière 
fort serrée. Dans l'autre cavité, qui est antérieure, sont les 
principaux organes de la circulation et ceux de la génération. 

Les organes de la digestion ou de la première cavité sont une 
masse buccale fort considérable, ayant des muscles antero et 
postero-tracteurs, comme dans presque tous les mollusques 
céphalophores, et qui est formée en grande partie de fibres 
Iransverses ou propres. 

L'œsophage qui en part est fort court. 

Les glandes salivaires m'ont paru être contournées à la par- 
tie postérieure de la masse buccale. 

Quant au reste de l'appareil digestif, il m'a été assez diffi- 
cile de séparer le foie, du canal intestinal proprement dit, 
avec lequel il forme une masse ovale transversalement : cepen- 
dant l'estomac est membraneux ; il est contenu dans le foie 
qui l'entoure de toutes parts. Le canal intestinal en sort , forme 
une circonvolution dans la partie postérieure du foie, et se 
dirige ensuite vers l'anus. 

Dans la cavité postérieure, on trouve d'abord un petit or- 
gane à peu près lenticulaire , situé dans la ligne médiane , et de 
chaque côté duquel part un vaisseau qui se porte à droite et à 
gauche. Parvenu dans l'intervalle qui sépare les deux paires 
d'appendices, il m'a paru se renfler et se terminer dans une 
sorte de cœur latéral qui reçoit probablement la veine bran- 
chiale : ainsi ce seroit une oreillette. De la partie antérieure du 
cœur part un gros vaisseau qui est l'aorte antérieure. Je n'ai 
pas vu !a postérieure. 

En arrière de ce cœur et remplissant toute la partie posté- 
rieure du corps, étoit un organe d'un blanc-jaunàtre, granuleux, 
conique, la base en avant, la pointe en arrière: c'est l'ovaire. 
De sa partie antérieure naît un oviducte extrêmement court 
qui se porte vers les testicules. Celui-ci est un organe en forme 
de disque plissé concentriquement : on en voit sortir un assez 
gros canal qui s'accole bientôt à un autre beaucoup plus gros. 



GLA 57 

d'un brun presque noir, qui est le canal intestinal -, !e premier 
se termine ensuite à la racine de la verge. Celle-ci, qui m'a 
paru assez grosse , étoit entièrement ta l'intérieur, formant une 
sorte d'anneau alongé. 

D'après la description externe et interne que je viens de 
donner duglaucus, on voit qu'il rentre tout-à-fait dans la forme 
générale et dans la même disposition de parties que l'on trouve 
dans tous les mollusques, et spécialement dans les mollusques 
polybranches. On ne peut cependant cacher qu'il offre quel- 
ques rapports avec les ptérobranches; aussi, dans ma classifi- 
cation des mollusques , est-il placé au commencementde l'ordre 
des polybranches. 

On sait assez peu de chose sur les mœurs et les habitudes du 
glaucus; nous apprenons seiilcment , de Dupont et des autres 
observateurs, qu'il ne se trouve que dans la haute mer à une 
grande distance des côtes, et que souvent il se tient à la sur- 
face de l'eau, où il nage renversé comme les planorbes, leslym- 
nécs et beaucoup d'autres mollusques, en rampant à l'aide de 
son petit pied ; en effet AndréDupont dit que la ligne moyenne 
de ce quïl nomme dos, et qui est !e venti e , paroissoit comme 
une feuille d'argent, et étoit dans un mouvement continuel 
d'ondulation. Ce petit animal, d'un peu plus d'un pouce de 
long, à cause de sa belle couleur bleue , argentée sous le pied 
et à l'extrémité des digitations, et surtout de sa forme, paroit 
être de la plus grande élégance quand il nage dans un temps 
calme à la surface de la mer. Le nom qu'on lui a donné vient 
de sa couleur. 

Quelques personnes paroissent penser qu'il y a plusieurs es- 
pèces de glaucus, et elles se fondent sur ce que le nombre des 
appendices, et surtout de leurs digitations, diffère ; mais, à 
ce que m'a dit M. le Sueur, les variations dans le nombre de 
ces dernières sont extrêmement considérables, au point que 
rarement deux individus sont entièrement semblables sous ce 
rapport. C'étoit donc bien à tort que M. Pérou se proposoit, 
dans la Relation du Voyage aux Terres australes, de faire 
un genre particulier, sous le nom d'eucharis , d'un individu 
auquel il avoit trouvé trois paires bien distinctes d'appen- 
dices. (DeB.) 

GLAUMET. (^Ornich.) On connoit sous ce nom, dans le dé- 



58 GLA 

partemenl de la Scine-Inféricurc , Je pinson commun . frin- 
gilla ccvlehs. ( Ch. D.) 

GLAUQUE [Ichlhjol.) , nom spécifique d'un SyrAiE et d'un 
Caranx. Voyez ces mots. (H. C.) 

GLAUQUE. {Bot.) Couvert d'une matière pulvérulente 
couleur vert de mer. I>e chlora perfoliata, !a futnctcrre offici- 
nale, le chelidonium glaucum, etc. ; la tige du cucubalus hehen; 
les feuilles du chou commun , etc., en offrent des exemples. 
(Mass.) 

GLAUSCHE (Ichtiij'ol.) , nom du chabot en E-sclavonie. 
Voyez Cotte. (H. C.) 

GLAUX. (Ornith.) Arhtote , HisL anim., Ub. 8, cap. 16, dé- 
signe sous ce nom le chat-huant, strix aUico etslridula, Linn. 
(Ch. D.) 

GLAUX. (Bo/.)Dioscoride donnoit ce nom, suivant Ciusius, 
à la plante qui est maintenant Vastragalus glaux. Gesncr le 
donnoit au sainfoin, onohrychis ; Lobel, à une plante dont 
C. Bauhin fait un gfycjrrhiza ; Anguilîara , à une espèce de 
lotus; Morison , à Visuardia : il est resté à la plante nommée par 
C. Bauhin , glaux maritima. Une autre espèce, qui lui étoit 
jointe parTournefort, constitue maintenant le genre Pep/is (J.) 

GLAYCOS(Ic/i^/i/oL),nomspécifiqued'uncentronotc.(^H.C.) 

GLAYET. {Bol.) Voyez GtAyEcr.. (L. D.) 

GLAYEUL (Bot.) , Gladiolus, Linn. Genre de plantes monoco- 
tylédoneSjdela famille des iridées de Jussieu, et de lu triandrie- 
monogynie del.innœus, offrant pour caractères essentiels: Une 
corolle monopétale, infondibuliforme, à limbe irrégulier, 
profondément découpé en six divisions, dont trois supérieures, 
souvent connivcntes, et trois inférieures, ouvertes ou réflé- 
chies en dehors; trois étamiues à filamens insérés sur le tube 
de îa corolle, portant des anthères linéaires, cachées sons les 
trois divisions supérieures de la corolle; un ovaire inférieur, 
surmonté d'un style , terminé par un stigmate trifide; une 
capsule à trois valves et à trois loges, contenant chacune plu- 
sieurs graines ^.''''sndies, enveloppées d'une arille, ou munie» 
d'une membrane en leurs bords. 

Les glayeuls sont des plantes herbacées, vivaces, à racines 
bulbeuses, à feuilles ensiformes ou linéaires, alternes, com- 
munément engainantes à leur base, et à fleure enveloppées 



GLA 55 

chacune avant leur épanouissement dans une spathc. et dis- 
posées le plus souvent en grappe ou en épi terminal, d'un 
aspect agréable. Ce genre, dont Linnaeus ne connoissoit que 
dix espèces en 17C2, s'est considérablement accru depuis, 
et celles qui lui ont été réunies en ont porté le nombre à une 
centaine, qui tontes, excepté deux ou trois, ont été trouvées 
au cap de Bonne-Espérance ; mais plusieurs de ces nouvelles 
espèces , n'ayant pas les caractères aussi bien prononcés que les 
premières connues, ont détruit les limites déjà assez impar- 
faites qui exisloient entre ce genre, les Antholyza et les 
Ixia. Les botanistes modernes ont cherché à remédier à c?t 
inconvénient en créant plusieurs genres intermédiaires : ainsi 
ont été formés par MM. de Lamarck , de Jussieu , Decan- 
dolle, etc. les genres Babiana, Diasia, Lemoinia, Merianella, 
Monbretia, Lapejrousia et TVatsonia. La nature de ce Diction- 
naire ne nous permettant j)as d'entrer dans de plus grands 
détails à ce sujet, nous ne parlerons ici que des glayeuis les 
plus remarquables, et qui sont le plus fréquemment cultivés 
dans les jardins. 

Glayeul commun : Gladiolus commuais, Linn., Spec. , 62: 
Bull., Herb., t. 8. Sa tige esthaute d'un à deux pieds, simple, 
garnie de feuilles ensiformes, glabres, nerveuses, et terminée 
par un épi de six à douze fleurs purpurines, alternes, sessiles, 
ordinairement tournées du même côté; leurs corolles sont 
horizontales, à tube court et courbé. Cette plante est com- 
mune dans les champs du midi de la France et de l'Europe. 
On la cultive dans les jardins à cause de la beauté de ses 
fleurs, qui paroissent en avril et mai dans les contrées méri- 
dionales, et en juin dans celles du Nord. On recoznmandoit 
autrefois ses bulbes pilécs et appliquées en cataplasme pour 
guérir les écrouelles. Ce moyen insuffisant n'est plus en usîige 
maintenant. Ces mêmes bulbes sont recherchées par les co- 
chons , qui les mangent. Râpées dans l'eau , elles donnent 
une fécule analogue à celle de la pomme-de-terre, et qu'on 
pourroit de même employer comme aliment; mais le peu de 
volume de ces tubercules, et la petite quantité de fécule 
qu'ils pourroient produire font qu'ils n'offriront jamais qu'une 
bien foible ressource pour la nourriture de l'homme. 

Glayeul velu ; Gladiolus hirsutus , Jacq. , Icon. rar, , 2 , t. 2 5o, 



^o GLA 

Sa fige est foible, glabre, haufe de douze à quinze pouces , 
garnie de feuilles eusiforines, pubescentes, à gaines velues. 
Ses fleurs sont roses, campanulées, alternes, en petit nombre ; 
elles ont les divisions de leur corolle ovales , un peu ondulées. 
Cette espèce est originaire du cap de Bonne-Espérance. 

Glavecl changeant ; Gladiolus versicolor , Andrew , Bot. 
Rep.. i. ig. Ses feuilles sont linéaires-, ses fleurs sont grandes, 
remarquables par les nuances variées qu'elles prennent à 
différentes heures du jour: brunes le matin, elles changent 
insensiblement de couleur dans le cours de la journée, de ma- 
nière qu'à sa fin elles deviennent d'un bleu d'éclair. Cette 
plante est originaire du cap de Bonne-Espérance. 

Glayeul mucroné; Gladiolus mucronatus, Jacq., Icon. rar., 
2, t. 2 53. Sa tige est simple ou rameuse, glabre, un peu fle- 
xueuse, garnie de feuilles ensiformes . plissées, velues, ter- 
minées à leur base par des gaines longues, presque en forme 
de pétiole. Les fleurs sont grandes, enveloppées avant leur 
épanouissement dans des spathes à trois valves lancéolées 
et velues : les trois divisions supérieures de la corolle sont d'un 
pourpre violet, et les inférieures jaunâtres. Ce glayeul croît 
naturellement au cap de Bonne-Espérance. 

Glayeul iMULTiFLORE; Gladiolus Jloribundus , Jacq., Icon. rar., 
2, t. 264. Sa tige est flexueuse, garnie de feuilles ensiformes, 
glabres et terminées par un épi de fleurs sesslles, distantes, 
nombreuses, longues de trois pouces, d'un jaune pâle, avec 
une ligne purpurine sur chacune des divisions de leur corolle. 
Leur spathe est à deux valves. Cette espèce a été trouvée au 
cap de Bonne-Espérance. 

Glayeul cardinal; Gladiolus cardinalis , Curt. , Bot. Mag.^ 
t. i35. Sa tige est haute de deux à trois pieds, garnie de 
feuilles ensiformes, glabres, striées, lâches, un peu glauques; 
elle se termine par un épi de fleurs distantes, grandes, d'un 
rouge éclatant, ayant trois de leurs divisions marquées à leur 
base d'une large tache blanche. Chacune de ces fleurs est munie 
à sa base d'une spathe à deux valves. Cette espèce , qui est 
une des plus belles de ce genre , est , comme les quatre précé- 
dentes , originaire du cap de Bonne-Espérance. 

Le glayeul commun est très-rusiique: on le cultive dans les 
jardins en pleine terre : mais les espèces exotiques sont plus 



GLE 41 

délicates ; on ne peut les conserver qu'en pot, et en les ren- 
trant dans l'orangerie pendant la saison froide; ou, si on les 
met en pleine terre, il faut que ce soit dans du terreau de 
bruyère, sous une bâche que l'on abrite de la geiée par une 
large couche de litière sèche mise tout autour, et par des 
châssis vitrés que l'on ajuste dessus, pourles fermer chaquenuit, 
ou même le jour quand il gèle, et si le froid devient trop 
fort, on met encore par dessus quelques paillassons. Les 
glayeuls se multiplient facilement par les caïeux qu'ils pro- 
duisent en général abondamment; on peut aussi les obtenir 
de graines ; mais les jeunes bulbes de semis ne fleurissent guère 
que la cinquième ou sixième année , ce qui fait qu'on emploie 
rarement ce moyen de multiplication. (L. D.) 

GLAYEUL, Gladioliis. (Bot.) Ce nom, affecté particulière- 
ment à un genre de la famille des iridéos, a été aussi donné à 
d'autres plantes. Ainsi le glayeul puant est ïiris fœtidissima; 
le glayeul jaune ou des marais est Viris pseudoacorus ; le 
glayeul bleu est Viris germanica; le glayeul fleuri de Breynius 
est Vantholyza. Des plantes d'autres familles ont aussi reçu ce 
nom. Le hutomus et le sparganinca sont nommés gladiolus pa- 
lustris, par Tragus et Tabernœmontanus. Le lohelia dorlmanna 
étoit le gladiolus stagnalis de Clusius. Le pontedevia est le gla- 
diolus lacustris de Petiver, et le hasilius canna est le gladiolus 
indicus de Camerarius. (J,) 

GLE. (Bot.) Dans quelques cantons on donne ce nom à l'iris 
d'Allemagne. (L. D.) 

GLEAD (Ornith.), nom anglois du milan ,falco milvus , Linn. , 
qu'on appelle aussi Mie et glente. (Ch. D.) 

GLÈBE, Gleha. (Arachnod.) Bruguiéresse proposoit d'établir 
sous ce nom un petit genre d'animaux probablement de la 
famille des méduses, du moins si Ton peut en juger d'après la 
planche 8(j des Vers de l'Encyclopédie méthodique, dont le 
texte n'a pas été publié ; mais nous n'en connoissons que la 
figure. (De B.) 

GLECHON , GLICHON {Bot.) , noms sous lesqtiels Dioscoride 
désigne le pouliot , mentha pulegium, qui, suivant Ruellius , a 
été aussi nommé o'a/eopsis par quelques auteurs. (J.) 

GLECOME , Glechoma, Linn. {Bot.) Genre de plantes dico- 
tylédones, de la famille des labiées, Juss. , et de la didjnamie 



4» GLE 

symnospermie de Linnseus , qui ofiTi-e les oaraclères suivans ; 
Calice monophylle, tubulé, strié, à cinq dents inégales; co- 
rolle monopétale, une ou plusieurs fois plus longue que le ca- 
lice, à limbe partagé en deux lèvres dont la supérieure bifide , 
et l'inférieure à trois lobes dont le moyen est plu? grand et 
échancré ; quatre étamines didynames , ayant leurs anthères 
rapprochées deux à deux en forme de croix, et placées sous 
la lèvre supérieure ; un ovaire supérieur à quatre lobes , sur- 
monté d'un style filiforme , à stigmate bifide ; quatre graines 
nues , au fond du calice persistant. 

Les glécomes sont des herbes à tiges rampantes, garnies de 
feuilles opposées, pétiolées, et à fleurs axillaires. On n'en con- 
noît que deux espèces. 

Glécome hbdéracé : vulgairement Lierre terrestre , Herbe 
de la Saint-Jean, Rondolte, Terrette ; Glechoma hederacea , 
Linn. , Spec, 807; Bull., Herb., t. 241. Sa racine est vivace: 
elle produit plusieurs tiges grêles, quadrangulaires, divisées 
en rameaux opposés, redressés, hauts de quatre à six pouces, 
garnis de feuilles réniformes ou en cœur, crénelées. Ses fleurs 
sont purpurines ou bleuâtres, disposées une à trois ensemble 
dans les aisselles des feuilles supérieures. Cette plante est com- 
mune dans les bois-, elle fleurit en mai et juin. 

Le lierre terrestre a une odeur aromatique et une saveur 
amère ; il est un peu tonique, et légèrement excitant. C'est 
principalement comme pectoral quil a été préconisé, et on 
l'emploie beaucoup sous ce rapport: mais il ne faut en faire 
usage qu'à la fin des maladies aiguës de la poitrine, lorsque la 
période inflammatoire est passée : il convient aussi dans les 
affections catarrhales chroniques. On l'emploie à la dose d'une 
ou deux pincées dans une pinte d'eau, et en infusion théiforme. 

Glécome a grandes fleurs -, Glechoma grandijlora. Decand., 
FI. Fr. , 3, p. 538. Sa tige est hérissée de poils, divisée dès 
sa base en rameaux grêles, redressés, longs de quatre à six 
pouces, garnis de feuilles ovales en cœur, crénelées, pubes- 
eentes. Ses fleurs sont portées sur de courts pédoncules et 
solitaires dans les aisselles des feuilles supérieures: leur corolle 
est blanche, trois fois plus grande que le calice. Cette espèce 
a été trouvée en Corse. (L.D.) 

GLEDITSIA. ( Bot. ) Voyez Févier. ( Poir. ) 



GLE 45 

GLEICHEINIA-, {Bot. Fougère;.) Ce genre, établi par Smith, 
et adopté parSwartz, Bernhardi et \Viildeno\v, estaiusi carac- 
térisé : Fructification formée par des capsules réunies ca ma- 
nière d'étoile, trois ou quatre ensemble, et formant des paquets 
ou sores , presque ronds, à moitié enfoncés dans des creux 
hémisphériques, situés à la surface inférieure de la fronde; 
capsules nues, c'est-à-dire, non recouvertes par un tégument 
ou indusium , s'ouvrant par une fente longitudinale, unilocu- 
laires , remplies de séminules arrondies. Ce genre est absolu- 
ment voisin de celui que Wiiidenow etSwartz nomment mer- 
tensia , qui est le dicranopteris de Bernhardi. Il n'en differoit, 
selon Wiiidenow, que par ses capsules bivalves, striées trans- 
versalement au sommet. Robert Brnwn ne fait aucune diffi- 
culté de joindre ces deux genres: cependant il fait remarquer 
que le dicranopteris diffère par ses capsules en nombre indé- 
terminé dans chaque groupe ou sore , nombreuses, presque 
pédicellées , et par la nudité des divisions inférieures des 
stipes. 

On ne compte qu'un très-petit nombre d'espèces de glei- 
c/iemia. Wiiidenow en décrit trois, et R. Brovvn huit, dont 
sixnouvelles; les deux autres sont une des trois de Wiiidenow, 
et le mertensia dichotoina du même auteur. Ne considérant 
dans cet article que le genre G/eic/ienia de Smith, nous signa- 
lerons seulement les trois espèces qui le composent. (Voj'ez 
pour de plus granc^s développcmens, l'article Mertensia. ) 

Glexcheinia POLYPODiomES; Gieicheniapolypodloides .Swartz . 
Willd., 5p.,pl. 5, p. 70. Fronde dichotomc, à rameaux, deux 
fois pinnatifide , dernières découpures, et rachis glabre ; trois 
capsules dans chaque sore. Cette fougère, qui lessemble au 
polypode, croit au cap de Bonne-Espérance : c'est Vonoclea 
poljpodioides de I.innœus , qui lui attribue des capsules tri- 
valves , opinion adoptée par Bernhardi ; niiiis ce sont trois 
capsules seulement très-rapprochées. 

Gleicheinia glauque: Gleichenia ^lauca,S\v.,WiU\. Cette 
espèce est deux fois plus grande que la précédente ; à rachis 
glabre, à fronde dichoîouie, à rameaux rapprochés et à pen^ 
nules glauques en dessous. Son pays natal n'est pas connu. 

Gleicheima arrondie t Gleicheinia circinata, Sw. , Willd, -, 
Rob. Brown , Pr. Nov, Holl.., 1 , p. 60. Ses frondes sont pu-^ 



U GLl 

bescentes en dessous, ses rachis velus, et ses capsules qualer- 
nées ; du reste elle est dichotome, et deux fois ailée , comme 
les précédentes. (Lem.) 

GLEITERON. (Bol.) Voy. Glouteron. (J.) 

GLETTERON {Bot,) , nom vulgaire de la lampourde glou- 
teron. (L. D.) 

GLIB (OrnithJ), nom norwégien de l'huîtrier, hcematoput 
ostralegus, Linn. (Ch. D.) 

GLIDA (Orniih.), nom qui, suivant Charleton, est donné 
par les Anglo-Saxons au milan noir, /aZco ater , Gmel.,et mili'us 
œtolius , Savig. (Cii.D.) 

GLIERO {Mamm.), un des noms italiens du loir. (F. C.) 

GLIMMER. (Min.) C'est le nom allemand du mica, qui a 
été donné par erreur à l'urane oxidé vert, que sa contexture 
feuilletée avoit fait regarder comme étant un mica coloré par 
du muriate de cuivre. Voyez Mica, Urane. (Brard.) 

GLINOLE, Glinus. (Bot.) Genre de plantes dicotylédones, 
à fleurs complètes, polypétalées , régulières, de la famille 
des ficoïdcs, de la dodécandrie penfagj-nie de Linnaeus, offrant 
pour caractère essentiel : Un calice à cinq divisions conni- 
ventes, persistantes , colorées en dehors , inégales ; cinq pétales 
divisés à leur sommet; douze à quinze étamines; un ovaire 
supérieur, pentagone, chargé de cinq styles et d'autant de 
stigmates simples : une capsule recouverte par le calice , à cinq 
loges, à cinq valves; des semences petites , tuberculées, atta- 
chées à un placenta central. 

Ce genre comprend des plantes herbacées, rampantes, à 
rameaux alternes -.les feuilles simples , alternes, presque oppo- 
sées-, les fleurs réunies en paquets axillaires. 

Gltnole lotoide : Glinus lofoides , Linn. ; Burm., Ind. , tab. 36 , 
fig. 1 ; Lamk. , III. gen. , tab. 4 1 3 , fig. 2 : Portulaca hœtica , etc. , 
Barrcl., Jcon,. , 006 ; Anthjllis seu Alsine, etc., Pluk. , tab. 12, 
fig. 3 , Alsine lotoides, Bosc , Sic. , 21 , tab. 11. Plante herba- 
cée qui a le port du trianthème, hérissée de poils courts sur 
toutes ses parties ; de couleur cendrée ; dont les tiges sont 
longues d'environ un pied, rameuses, tombantes ou étalées 
su j la terre, dichotomes à leur sommet, garnies de feuilles 
inégales, presque verticillées au nombre de trois a cinq, 
orales, ou presque orbiculaires , un peu acuminées à leur 



GLT 45 

sommet, rétrécies en coin à leur base, entières, légèrement 
ondulées à leurs bords. Les fleurs sont agglomérées dans les ais- 
selles des feuilles, les unes sessiles, d'autres pédicellécs, de 
longueur inégale : le calice se divise en cinq découpures pro- 
fondes, elliptiques, verdàtres en dehors; les deux inté- 
rieures blanches , en forme de pétales. La corolle est composée 
de dix à douze pétales blancs, filiformes, quelquefois simples, 
plus souvent à deux ou trois divisions au sommet ; les éta- 
mines, au nombre de quinze à seize , plus courtes que le ca- 
lice , insérées sur un disque hypogyne ; les filamens planes, 
subulés ; les anthères petites, oblongues, à deux loges dis- 
tinctes; un ovaire supérieur, velu, à cinq côtes; les styles courts. 
Le fruit est une capsule pentagone, recouverte par le calice, 
à cinq valves, à cinq loges polyspermes : les semences sont 
petites, nombreuses, presque réniformes, brunes, entourées 
d'un cordon ombilical sétacé, attachées à un réceptacle cylin- 
drique et central. 

Cette plante croît en Sicile, en Egypte , dans la Barbarie et 
l'Espagne. On la cultive au Jardin du Roi. On la sème en 
place au printemps; la plus mauvaise terre est pour elle la 
meilleure : elle ne demande d'autre culture que des sarclages 
et quelques arrosemens pendant les chaleurs de l'été. Comme 
elle s'étale beaucoup sur terre, il faut la semer clair, et enle- 
ver successivement plusieurs pieds pour donner de la place 
aux autres. 

Glimole a feuilles rondes : Glinus dictamnoides , Linn. , Mant,- 
Lamk., III. gen., tab. 4o3, pag. i ; Alsine lotoides , etc., Pluk., 
AmaUh., lo, tab. 356. Espèce originaire de l'Egypte, où elle 
a été découverte par Lippi , et qui croît également dans l'Inde ; 
elle ressemble beaucoup par son port à l'espèce précédente , 
mais elle en est distinguée par la forme de ses feuilles plus 
arrondies, nullement acuminées. Ses tiges sont longues d'un 
pied, velues, fort rameuses, étalées ; les rameaux blancs, al- 
ternes, garnis de feuilles pétiolées, opposées, orbiculaires ou 
ovales-arrondies , d'un rert blanchâtre, couvertes de poils 
courts, un peu âpres au toucher; les plus jeunes presque co- 
tonneuses ; les poils fascicules ou en étoile. Les fleurs sont 
disposées en paquets axillaires; les calices abondamment char- 
gés de poils blancs. 



46 GLO 

GuNOLE séTiFLORB : GUnus seliflorus , Forsk. , yEgfpt., pag. gS, 
II.* 97; Vahl, Sjmh. , 3, pag. 64. Plante recueillie dans l' Ara- 
bie . aux lieux autrefois inondés, dont les tiges sont diffuses- 
ascendantes, rudes, velues, articulées, enflées aux articula- 
tions, garnies aux nœuds de feuilles verticillées, presque orbi- 
culaires, ondulées sur leurs bords, longuement pétiolées. Les 
fleurs sont presque sessiles , agglomérées en paquets axillaires ; 
les trois folioles extérieures du calice grandes, vertes, planes, 
ovales, velues; les deux intérieures plus petites, opposées, 
lisses, jaunâtres, plissées en deux ; la corolle jaune ; les pétales 
nombreux, linéaires, divisés, à leur sommet, en trois ou 
quatre filets sétacés . de la longueur de la corolle ; l'ovaire 
ovale, chargé de cinq styles divergens et d'aulant de stigmates 
aigus. I,e fruit consiste en une capsule globuleuse, à cinq sillons, 
à une loge, contenant un grand nombre de semences noires 
et luisantes , attachées à un placenta filiforme, contourné. 

Le glinus cristallinus de Forskal , est la même plante que 
Vaizoon canariense de Linnseus. Peut-être faudroit-il réunir au 
même genre le M:lius de Loureiro. Voyez ce mot. (Poir. ) 
GLINON, GLAINOS {Bot.), noms donnés par quelques 
auteurs, suivant Daléchamps, à l'érable ordinaire, acer cam- 
pestre, (J.) 

GLINUS. ( Bot. ) Voyez Glinole. ( Poir. ) 
GLIS [Mamm.) , nom latin du Loir. Vo3'ez ce mot. (F. C.) 
GLOBBÉE, GLol'ha. (Bot.) Genre de plantes monocotylé- 
doncs, à fleurs moiiopéiales, delà famille des amomées,dela 
diandrie monogjnie de Linnseus, dont le caractère essentiel 
consiste dans un calice supérieur, court, persistant, d'une 
seule pièce, divisé en trois lobes à son sommet; une corolle 
(calice intérieur, Juss.), tubulée , divisée à son bord en trois 
lobes égaux; deux étamines ; les filauiens courts, filiformes; 
les anthères attachées dans toute leur longueur sur les fila- 
niens ; un ovaire inférieur, chargé d'un style sétacé et d'un 
stigmate aigu. Le frnit consiste en une capsule arrondie, 
couronnée, à trois valves, à trois loges, contenant plusieurs 
semences. 

La plupart des espèces qui entrent dans la composition de 
ce genre ne sont er.core que trèa-uxédiocrement connues , d'où 
résult>^nt quclqms »'o)îîc's sur leur défenniuation précise. Ce 



GLO 4f 

sont des plantes herbacées, originaires des Indes orientales, 
à feuilles simples, alternes; les fleurs disposées en épi latéi^al 
ou terminal. 

Les globbées, dit M. Eosc , dont deux espèces se cultivent 
dans nos jardins , savoir, le globba nutans , Linn. , et le globba 
erecta, Decand., sont de très-belles espèces, surtout la pre- 
mière, remarquable par ses feuilles très-grandes et par ses 
fleurs nombreuses. Toutes demandent lamême culture, savoir, 
une terre consistante, mais légère, c'est-à-dire un ûiélange 
de terre franche et de terre de bruyère, mise dans des pots 
destinés a recevoir des pieds de gîobbées. En automne on 
enlève à cette plante les rejetons qui poussent ordinairement 
en abondance de ses racines, pour les mettre dans ces pots. 
La plus petite quantité de chevelus suHit pour en assurer la 
reprise, au moyen des arrosemens et de la chaleur d'une 
serre ou d'une couche, encore mieux d'une bâche. Tous les 
ans, à la même époque, les gros pieds qui ne fleurissent pas 
doivent être changés de pots, pour leur donner plus d'espace 
et de la nouvelle terre : il est même nécessaire de faire éga- 
lement cette opération au printemps, pour les pieds qui an- 
noncent devoir porter des Heurs ; mais alors il faut y procéder 
avec de grands ménagemens , sans quoi on arrêteroit la flo- 
raison. Il ne faut jamais couper les racines, quelque surabon- 
dantes qu'elles puissent être, mais les placer dans un plus 
grand pot, après avoir redressé celles qui sont courbées. Ces 
plantes fleurissent en été, et veulent alors être renfermées 
dans les serres -, mais les pieds qui ne fleurissent pas peuvent 
avec avantage être mis en plein air, à une exposition chaude: 
ils doivent être arrosés fréquemment dans cette saison, mais 
non en hiver. 

Globbée pendante : Globba nutins , Linn., Mant.; Redouté, 
L/7. , 4ab. 60 ; Rumph, Arnb., 6, pag. 140, tab. 62 et 63; Alpi- 
nia nutans, Smith, Exot., tab. 106 ; Kenealmia nutans, Andr. , 
Bot. Rep., tab. 56o ; Catimbium, Juss. , Gen.- Zerumbet specic- 
<«m,Weadl., Sert, Hun., tab. 19. Très-belle plante, qui exhale 
de toutes ses parties une odeur agréable ; elle croît aux 
Moluques et dans les Indes orientales. Ses racines sont un 
assemblage de tubercules très -irréguliers , adhérens entre 
eux, blancs eu dedans, charnus, d'environ un pouce d'é- 



48 GLO 

paisseur, poussant inférieurement de grosses fibres alongées, 
horizontales, cylindriques, d'où s'élève une tige droite, gla- 
bre, cylindrique haute, de cinq à six pieds et plus, garnie 
de feuilles alternes, vaginales et médiocrement rétrécies en 
pétioles à leur base, lancéolées, presque ensiformes, longues 
d'environ deux pieds, larges de quatre à six pouces, très-en- 
tières, acuminées à leur sommet, striées, munies à leurs 
bords de poils roides, très-courts et un peu accrochans, pour- 
vues à leur base d'une longue gaine cylindrique. Les fleurs 
sont disposées, à l'extrémité de la tige , en une grappe épaisse, 
inclinée, longue de six à neuf pouces, sortant d'une spathe 
brune, alongée, à deux ou trois valves, presque semblables 
aux feuilles, mais plus petites, enveloppant la grappe avant 
son épanouissement, en forme de cône, puis caduques. Les 
pedicelles sont courts, cylindriques , ;hérissés de poils très- 
courts , à une , rarement à plusieurs fleurs , munis d'une 
bractée très-caduque, blanchâtre, rouge à son sommet: les 
fleurs blanchâtres , teintes de rouge à la partie supérieure ; la 
corolle un peu courbée, une de ces divisions en forme d'ap- 
pendice en cornet, large, évasé, jaune en dehors, d'un jaune 
orangé en dedans, rayé de lignes d'un très-beau rouge; un 
filament plane, marqué d'un sillon profond, offrant l'appa- 
rence de deux filamens connivens , terminés par deux an- 
thères ; Povaire velu; le style placé dans le sillon des filamens, 
dépassant les anthères, terminé par un stigmate orbiculaire, 
obtus, hérissé. Le fruit est une capsule ovale, à ti'ois loges 
polyspermes. Cette belle plante est cultivée au Jardin du -Roi; 
on la conserve pendant l'hiver dans la serre tempérée; elle 
fleurit très-bien en plein air au mois de juillet. L'espèce 
d'appendice qu'offre la corolle dans cette plante, et quelques 
autres particularités ont déterminé plusieurs auteurs à la sé- 
parer des globba pour en former un genre particulier. 

Globbée DROifE: Globba marantina, Linn., Mant., 170. Cette 
espèce offre dans son port, et particulièrement dans ses 
feuilles, le port du galanga. Ses tiges sont simples, herbacées; 
ses feuilles alternes, pétiolées, ayant leur pétiole engaîné et 
membraneux'-, les gaines tronquées à leur sommet. Les tiges 
supportent à leur sommet un bel épi, droit, alongé, composé 
de fleurs d^'stantes les unes des autres, enveloppées chacune 



GLO 49 

•d'une bractée ovale, plus longue que la fleur. Le calice est 
divisé en trois lobes à son limbe; la corolle monopétale, cy- 
lindrique, plus longue que le calice, à trois découpures égales. 
Cette plante croît dans les Indes orientales. Faut-il y rapporter 
le globha erecta de Redouté, vol. i , tab. 3 , et que l'on cultive 
au Jardin du Roi ? 

Globbée uniforme: Globha uniformis , Linn., Mantiss., 171 ; 
Rumph , Amboin. , 6 , pag. i38, tab. 69 , fig. 2. Ses racines sont 
dures, épaisses, tuberculées , articulées, obliques, munies de 
fibres courtes , charnues: les tiges hautes de six à huit pieds, 
quelquefois beaucoup plus, simples, droites , de la grosseurdu 
doigt, nues à leur partie inférieure, pubescentes et garnies à 
leur partie supérieure de feuillespétiolées, alternes, lancéolées, 
aiguës, vertes en dessus , velues en dessous, longues de quinze à 
seize pouces; la nervure du milieu très-saillante. Les fleurs 
sont blanchâtres; elles viennent sur une grappe droite, courte, 
qui sort latéralement de la partie nue de la tige, et aux fleurs 
succèdent des fruits semblables à des grains de raisin , de 
couleur blanchâtre, qui noircissent en se desséchant. Cette 
plante croît aux lieux humides dans les champs, à Amboine, 
et dans les Indes orientales. Au rapport de Rumph, les enfans 
s'amusent à manger ses fruits mûrs; ils apaisent la soif: ses 
semences, disposées en chapelets, se portent en amulettes. 
Dans certaines contrées , les naturels emploient les feuilles 
pour la couverture de leurs cabanes; ailleurs ces feuilles, 
quand elles sont jeunes et tendres, entrent parmi les plantes 
jiotagères. On croit que les fruits sont favorables dans la co- 
lique, et que les racines en décoction soulagent dans les diar- 
rhées. 

GtOBBÉE A GRAPPES ; Globbu raceiuosa , Soiith , Exot., tab. 11 7. 
Plante des Indes orientales, dont les tiges sont simples, 
droites, hautes de trois pieds, garnies de feuilles alternes, 
entières, oblongues, lancéolées, terminées à leur sommet en 
un rétrécissement en forme de queue, velues en dessous sur 
leurs nervures. Les fleurs sont d'un rouge pâle, disposées en 
une longue grappe terminale, le filament prolongé à son 
sommet en un fil en forme d'appendice. Thunberg, dans sa 
Flore du Japon, pag. 23, cite une espèce particulière à ce pays, 
sous le nom de globba japonica. Ses feuilles sont en forme de 
19. 4 



5o GLO 

lame d'épée, très-entières; ses fleurs disposées en une grappe 
inclinée et terminale. I! y rapporte la san-dj oska , vul^o jainme 
mjoga , Kœmpt'. , Aman. exot. , Fasc. 5 , pag. 327. 

On trouve, parmi les plantes du Coromandel de Roxburg. 
quelques autres espèces de globba , mais qui ne sont pas en- 
core connues en Europe, telles que le globba pendu la, tab.228; 
globba orixensis , tab. 229; globba radicalis , tab. 23o. Il faut 
rapporter à cette dernière espèce le mantisia saltatoria, Bot, 
Magaz., tab. i520. (Poir.) 

€LOBE (G^o/.) Voyez Terre. (B.) 

GLOBE (Actinoz.) , nom vulgaire d'une très-petite espèce 
d'oursin, echinus nucleus , et d'une espèce de volvoce, volyox 
globulus. (De B.) 

GLOBE [Ichthjol.) , nom vulgaire angloisdu guara, diodon 
hystrix , poisson du genre Diodon. (,Voyez ce mot.) En François 
on appelle également ainsi, à cause de sa forme arrondie, le 
tetraodon lineatus. (H. C.) 

GLOBES DE FEU.( GéoL) Les corps brillans et enflammés 
qui traversent l'atmosphère avec une rapidité prodigieuse, qiii 
iont plus volumineux que ceux auxquels on a donné le nom 
à.' étoiles tombantes, à''étoiles volantes , etc., sont généralement 
appelés globes de feu. 

Il ne faut point confondre ces météores qui sillonnent les 
hautes régions du ciel en laissant à leur suite une longue traî- 
née lumineuse , et qui éclatent souvent dans l'air avant de 
s'abattre à terre, avec ces émanations gazeuses qui sortent 
des lieux marécageux et des endroits oii des matières ani- 
males sont en putréfaction, non plus qu'avec ces aigrettes 
électriques qui ont souvent brillé à la pointe des mâts, à 
la croix des clochers, à la lance des paladins, etc. Les feux 
follets voltigent à une petite hauteur du lieu qui les produit, 
et les aigrettes ou feux de Saint-Elme sont attachés aux corps 
pointus qui les attirent. Le phénomène dont il s'agit ici, et 
que nous désignons par une dénomination aussi vague que 
lesidées qui s'y rapportent, semble avoir beaucoup d'analogie 
avec la chute de corps pierreux dont la réalité n'est plua 
mise en doute. (Voyez Méïéo rites, yèr na^//".) 

Toutes les fois qu'on a pu reconnoître la place où ces 
globes de feu se sont précipités , on y a trouvé une matière vis- 



GLO 5x 

queuse, d'un jaune pâle, et plus souvent encoreune substance 
rouge, semblable à du sang coagulé. Il seroit du plus grand 
intérêt que les chimistes pussent analyser ces produits parti- 
culiers de l'atmosphère, avec (out le soin et toute la sagacité 
qu'ils ont apportés dars l'analyse des pierres météoriques; 
car, si leurs résultats ne nous apprenoient rien relativement 
à l'origine des globes de feu , il est probable au moins que la 
science y gagneroit la connoissmce de quelques substances 
ou de quelques combinaisons nouvelles. Nous devons donc, 
dans l'intérêt de cette science, engager l' s persoîines que le ha- 
sard mettroit à même de recueillir cette substance, d'en 
envoyer une quantité suffisante à quelques uns de nos sa- 
vans chimistes de France , d'Angleterre , d'Allemagne ou 
d'Italie. 

Les chutes des matières ignées ne sont point rares : on en 
a observé dans l'antiquité la plus reculée; mais le phénomène 
n'a réellement commencé à fixer sérieusement l'attention des 
physiciens qu'à l'époque récente de i8o3, où il tomba une 
grande quantité de pierres à Laîgle, département de l'Orne. 
M. Biot, qui fut député par l'Institut national pour aller sur 
place détruire ou confirmer le fait, fit à son retour umapport 
à ce sujet, qui ne laisse aucun doute sur son existence. Depuis 
lors ona publiépliisieurs catalogues, où toutesles chuîes men- 
tionnées par les historiens et les voyageurs sont rangées par 
ordre chronologique. Parmi ces listes, il faut distinguer le 
nouveau catalogue publié en octobre i8i8, par M. Chiadni, 
qui n'est que le prodrome d'un ouvrage plus étenilu que ce 
savant distingué promet aux minéralogistes et aux physiciens(i). 
Celui-ci est d'autant plus remarquable qu'il renfcFnie non seu- 
lement la notice de toutes les chutes de pierres arrivées 
depuis 1478 ans avant notre ère jusqu'au moment où i: a été 
imprimé, mais encore celles des substances molles, sèches ou 
humides, qui sont également tombées du ciel, et que nous 
présumons être les produits des globes de feu. 

Les globes de feu, qui ne se font guère apercevoir qu'à la 
lin du jour ou dans la nuit, jettent ordinairemeiit l'épouvante 
dans les campagnes, surtout quand ils sont volumineux comme 

(1) JoURRàL DE PhYS., t. 77, OCt. l3l3. 



5:. GLO 

ceux qui parurent en 1802, et mieux encore, comme celui 
qui fut aperçu au même instant le 17 juillet 1771 à Paris, à 
Londres, à Tours, à Lyon, et qui se termina par une forte ex 
plosion accompagnée d'un grand éclat de lumière. Guillaume 
de Normandie, surnommé le Conquérant, tira parti d'un 
météore de ce genre pour encourager ses compagnons dans 
l'exécution de sa descente en Angleterre, en le leur présen- 
tant comme le présage de la victoire. (Brard.) 

GLOBIFERA {Bot.) , nom donné par Gmelin à un des genres 
anonymes de Walther , que Michaux décrit sous celui de 
micranthemum , plus généralement adopté. Ce genre a une 
grande affinité avec la lysimachie, dont il diffère par le nom- , 
bre des étamines réduit à deux. Le genre Hoppea de Willde- 
now, Horf.JBeroi, et de Vahl, Enum. plant., puroit être congé- 
nère, différant seulement parce qu'un de ses deux filets d'éta- 
mines est stérile , que les divisions du calice sont plus égales, 
et que la tige est dichotome. (J.) 

GLOBOSITE. (Foss.) Ce nom a été donné , par les anciens 
oryclographes, aux coquilles univales fossiles qui ont une 
forme globuleuse telle que celle des tonnes ou des bulles. (D.F.) 

GLOBULAIRE {Bot.): Ghbularia, Linn. Genre de plantes 
dicotylédones, de la tétrandrie monogjnie de Linnœus , que 
M. de Jnssicu avoit placé à la fin des primulacées , comme 
ayant de l'affinité avec cette famille, et dont M. Decandolle 
a fait le type d'une famille particulière sous le nom de globu- 
lariées. Ses principaux caractères sont les suivans : Calice 
monophylle , tubulé , persistant, à cinq divisions; corolle 
monopétale, tubuleuse inlerieurement, partagée à son limbe 
en cinq divisions formant deux lèvres, dont la supérieure 
comprend les deux divisions plus étroites et plus courtes ; 
quatre étamines insérées sur la corolle; un ovaire supérieur, 
surmonté d'un style simple, à stigmate obtus 5 une graine ovale, 
recouverte par le calice. 

Les globulaires sont des plantes herbacées ou frutescentes, 
à feuilles alternes, dont les fleurs sont environnées d'un invo- 
lucrepolyphylle, et réunies plusieurs ensemble sur unrécep- 
lable commun garni de paillettes, en forme de tête globuleuse 
ou presque globuleuse, d'oîi le nom de globularia leur a été 
donné. On en connoit dix espèces, qui sont presque toutes 



GLO 5i 

indigènes de l'Europe. Les suivantes sont les plus remar- 
quables. 

Globulaire a longues feuilles : Glohularia longifolia, "Willd., 
Spec, 1 , p. 539 ; Nouv. Duham., vol. 5, p. i38, t. 40. Cette 
espèce est un arbrisseau de sept à huit pieds de hauteur, 
dont la tige se divise en rameaux anguleux, garnis de feuilles 
sessiles, lancéolées-linéaires, glabres, luisantes, persistantes, 
rapprochées les unes des autres. Ses fleurs, d'un bleu très-clair, 
forment des têtes portées sur des pédoncules axillaires, pubes- 
cens , chargés de plusieurs bractées. La lèvre supérieure de 
leur corolle est presque nulle, et les calices sont velus , ainsi 
que les paillettes du réceptacle. Cette globulaire est originaire 
de l'île de Madère ; on la cultive dans quelques jardins, où elle 
fleurit en septembre et octobre; il faut la rentrer dans l'oran- 
gerie pendant l'hiver. 

Globulaire naine : Glohularia nana, Lamck., Dict. enc, 2 , 
p. 701; Nouv. Duham., 5 , p. 139 , t. 41 , f. 2. La tige de cette 
plante est une souche ligneuse , divisée en rameaux nombreux, 
tortueux, étalés et couchés sur la terre ou appliqués contre 
les rochers. Ses feuilles sont ovalos-spatulées, un peu pliées en 
gouttière, assez écartées sur les jeunes rameaux, rapprochées 
les unes des autres, et formant des espèces de rosettes sur les 
rameaux plus anciens. Ses fleurs sont bleues, réunies en tête» 
terminales, pédonculées. La lèvre supérieure de la corolle est 
partagée en deux divisions linéaires; les dents du calice et 
les paillettes du réceptacle sont glabres. Cette espèce croît 
dans les Pyrénées et sur les montagnes du midi de l'Europe. 

Globulaire turbith : Glohularia alypum, Linn., Spec, i3g; 
Nouv. Duham., 5, p. i38, t. 41 , f. 1. Cette globulaire est 
un petit arbrisseau de deux à trois pieds de haut, dont le» 
rameaux sont grêles, redressés, garnis de feuilles lancéolées, 
rétrécies en pétiole à leur base, glabres, persistantes, entières 
ou munies d'une à deux dents vers leur sommet, qui est très- 
aigu. Ses fleurs sont bleuâtres, réunies au sommet des rameaux 
dans un invohicre cilié en son bord; elles forment une petite 
tête souvent solitaire et terminale, mais quelquefois il y a 
deux ou trois de ces têtes dans les aisselles des dernières 
feuilles. La lèvre supérieure de la corolle est très-courte , 
presque nulle. Cet arbrisseau croit spontanément aux lieux 



«4 GLO 

arides, pierreux, et sur les collines exposées au soleil dans le 
midi de la France , en Espagne, en Portugal, en Italie, sur 
les côtes de Barbarie. 

Les botanistes tiu seizième siècle ont attribué, sans aucun 
fondement, les propriétés les plus malfaisantes à la globulaire 
turbith, accusant ses feuilles de purger avec une violence 
extrême, et de causer des superpurgations dangereuses; ils 
ont donné à cette plante les noms dlierba terribilis , frutex 
tembilis. La plupart des auteurs, venus depuis, ont copié 
ces faussetés sans examen-, Nissole , dans une notice sur cette 
plante, insérée dans les Mémoires de l'Académie des Sciences, 
année 1712 , les répète et les affirme, et on les trouve encore 
dans les ouvrages de botanique imprimés de nos jours. Cepen- 
dant on lit dans Clusius, que les empiriques emplo)' oient en 
Portugal lu décoction des feuilles de la globulaire turbith 
contre la maladie vénérienne, et qu'ils le faisoient sans incon- 
vénient. Garidel , dans son Histoire des Plantes des environs 
d'Aix, assure aussi qu'en Provence les paysans en prenoient 
pour se purger, sans en être incommodés; et, depuis cetauteur, 
quelques médecins du même pays ont fait sur cette plante des 
expériences positives dont les résultats se sont trouvés entière- 
ment opposésà ce que les anciens botanisfes avoient avancé. 
Enfin, pour éclaircir encore plus un fait qui paroissoit mériter 
del'être, nousavonsfait nous-mêmes de Jiouvelles expériences 
qui nous ont prouvé que non seulement la globulaire turbith 
n'étoit pas un purgatif terrible et dangereux, mais que c'étoit 
au contraire un purgatif très-doux et be-iucoup moins actif 
que le séné, dont on fait un usage si fréquent en médecine. 
Les feuilles de notre plante indigène n'agissent qu'à double 
dose de la drogue exotique; et, en général, leur usage est 
exempt de tous les désagremens propres aux préparations de 
séné. Celles-ci, sans parler de leur couleur noire qui déplaît 
à l'œil, ont une odeur et un goût si désagréables et si nau- 
séabondes, que beaucoup de malades ne peuvent lessupporter. 
Les infusions ou décoctions de globulaire sont, au contraire, 
claires et légèrement verdàtres ; elles n'ont qu'une saveur 
amère, assez prononcée, il est vrai , mais qu'il est assez facile 
de corriger avec du sucre ou du miel. Enfin , la globulaire 
eause beaucoup plus rarement des coliques que le séné. 



GLO S5 

Globvlaire COMMVI^E: Globulariavulgaris , Linn., Sjjec, iSq; 
Globularia , Clus., Hjsf. , 2 , p. 6. Sa racine est fibreuse, vivace; 
elle produit une tige haute de quatre à huit pouces, garnie 
dans sa longueur de feuilles lancéolées, glabres, petites et 
nombreuses. Les feuilles radicales sont beaucoup plus grandes, 
ovales-spatulées, rétrécies en pétiole à leur base, et étalées en 
touffe ou en rosette sur la terre. Les fleurs sont bleues, dispo- 
sées en une petite fête globuleuse, solitaire au sommet de la 
tige. Les écailles de l'involucre commun sont ciliées. Cette 
plante croit naturellement dans les pressées et montagneux. Ses 
feuilles ont une saveur amère ; elles ont passé pour vulnéraires 
et défersives; elles sont purgativ^es comme celles de l'espèce 
précédente: mais leur action est encore plus foible. (L.D.) 

GLOBULE {Bot.) ; Globulus Tuberculuw, Ach. Réceptacle des 
corps reproducteurs de certains lichens (isidium) , globuleux, 
enchâssé à moitié dans la substance de son support, et se déta- 
chant dans sa maturité. (Mass.) 

GLOBULICORNES. ( Entom. ) Nous avons réuni sous ce 
nom, comme correspondant à celui de ropalocères , qui signifie 
antennes en massue , toutes les espèces de lépidoptères à an- 
tennes ainsi conformées, et qui correspondent au genre Pa- 
pillon de Linnœns, dont les chenilles ont le plus souvent 
dix-huit patcs ; qui se changent en chrysalides sans se filep 
un cocon , mais seulement en s'attachant à quelque corps so- 
lide par la partie du corps qui est opposée à la tête: tels sont 
les papillons , les hespéries , les hétéroptères , etc. Voyez Ropa- 

LOCÈRES, ( C. D. ) 

GLOBULINA. {Bot.) C'est le nom que Linck, dans sa nou- 
velle classification des algues, donne à la seconde division 
du genre Conjugata de Vaacher, dont il fait un genre parti- 
culier ; dans ce genre la matière verte forme des globules ou 
des étoiles. (Lem.) 

GLOBULITES. ( Entom. ) M. Laireille a désigné sous ce nom 
une division de la famille des clavipalpes parmi les coléop- 
tères voisins des érotjles , dont les palpes ne sont pas terminés, 
comme dans ces derniers, par un article en forme de crois- 
sant. (CD.) 

GLOBUS. {Conchyl.) Klein, Tent., p. 170, désigne sous ce 
nom, et à cause de leur forme un peu sphérique, quelques 



56 GLO 

coquilles qui forment maintenant le genre Chame des ron- 
clij^liologistes modernes. (DcB.) 

GLOCHIDION. (Bot.) Genre de plantes dicotylédones, à 
fleurs incomplètes, monoïques, de la famille des euphorbiacées 
de Jussieu , de la monoécie triandrie de Linnseus, qui a des rap- 
ports avec les andrachne ; offrant pour caractère essentiel : 
Des fleurs monoïques : les mâles sont dépourvues de calice ; 
leur corolle est composée de six pétales concaves presque 
égaux; trois étaminesv les anthères presque sessiles , réunies en 
un corps cylindrique ; point de pistil : dans les fleurs femelles, 
le calice est semblable à celui des mâles-, la corolle est à six 
divisions , dont trois intérieures ; point d'étamines: un ovaire 
supérieur à six sillons : point de styles ; six ou huit stigmates 
très- petits, connivens. Le fruit est une capsule arrondie, 
aplatie en dessus, à douze stries, à six valves, à six loges ou 
six ou huit coques ; deux semences dans chaque coque, 

Gaertnera donné à ce genre, établi d'abord par Forster, le 
uom de bradleia, avec quelques réformes dans le caractère 
essentiel. 

Glochidion RAMIFLORE : Glochidion ramijlorum , Forst., Not^. 
Gen., 114, tab. 67, etProdr., n.° 36 1 ; Lamk., III. gen., lab. 
772 , fig.3; Bradleia slocliidion, Gaertn., de Fruct. et Scm., 2, 
pag, 128, tab. 10g. Cette espèce, découverte par Forster dans 
les îles de la mer du Sud, aux îles de la Société et des Nou- 
velles Hébrides, n'est encore connue que par ses fleurs et ses 
fruits. Il paroît que ses liges sont ligneuses, mais ia forme des 
feuilles et l'inflorescence sont ignorées. Son fruit consiste en 
une capsule orbiculaire, très-comprimée à son sommet, à six 
ou huit côtes, formant autant de coques élastiques qui ne se 
séparent point les unes des autres ; deux semences d'un rouge 
vif dans chaque coque. 

Glochidion de Chine .- Glochidion sinense, Lamk., III. gen. . 
tab. 772, fig. 1 -, Bradleia sinica, Gœrtn., 1. c. , tab. 109, fig. 1 ; 
Arluscula sinica, etc., Pluk., Amalth. ^ 35, tab. 568, fig. 1. 
Arbrisseau dont les tiges se divisent en rameaux glabres, 
alternes, élancés, presque cylindriques, garnis de feuilles 
alternes, sessiles, glabres, lancéolées, entières, un peu sinuées 
à leurs bords, aiguës, à nervures fines et ramifiées. Les fleurs 
sont axillaires , solitaires ^ soutenues par des pédoncules sim- 



GLO h 

pies, uniflores , beaucoup plus courts que les feuilles. Le fruit 
consiste en une capsule dure, petite , globuleuse, comprimée , 
ombiliquée tant en dessus qu'en dessous, à six ou huit côtes 
composées d'autant de coques bivalves, renfermant chacune 
deux semences placées l'une sur l'autre, anguleuses, arron- 
dies, d'un rouge écarlate. Cette plante croît en Chine. 

Glochidion DE Cbylan : Glochidion zejlanicum, Lamk,, III. 
gen. , tab. 772, fig. 2; Bradleia zejlanicà , Gaertn., 1. c. , tab. 
109. Cette espèce, ainsi que la première, n'est encore connue 
que par ses fruits. La corolle est d'une seule pièce, à cinq 
divisions persistantes: les capsules légèrement pédicellées sur 
un pédoncule commun, globuleuses, un peu comprimées, 
striées, non toruleuses , glabres, à six coques ; chaque coque a 
deuxvalves contenantdeuxsemences arrondies, convexes d'un 
côté, planes de l'autre. Cette plante croît dans Tiie de Ceylau. 

Glochidion pes Philippines : Glochidion philippicum , Encycl., 
Supp.; Bradleia philippica, Cavan., Icon. rar. , 4, pag. 48, tab. 
371. Grand arbrisseau observé aux îles Philippines, dont les 
tiges s'élèvent à la hauteur de douze pieds, et se divisent en 
rameaux nombreux, lomenteux dans leur jeunesse, garnis 
de feuilles médiocrement pétiolées, alternes, lancéolées, très- 
entières; les fleurs nombreuses, fort petites, pédonculées, ag- 
glomérées dans les aisselles des feuilles; le calice divisé en six 
folioles ovales, blanchâtres, persistantes : dans les fleurs fe- 
melles un ovaire globuleux plus long que le calice; un style 
très-court, surmonté d'un stigmate à six rayons. Le fruit est 
une capsule orbiculaire , très-comprimée tant en dessus qu'en 
dessous, à six côtes; six loges ou coques, renfermant chacune 
deux semences lenticulaires rougeàtres et luisantes. (Poik.) 

GLOIOJNEMA. (Bot.) Genre de plantes cryptogames, de la 
famille des algues, établi par Agardh , et caractérisé par lui 
ainsi qu'il suit :Filamens gélatineux, tenaces, continus, remplis 
de sporanges ou conceptacles elliptiques, et disposés en lignes 
droites. Trois espèces y sont rapportées par Agardh; savoir: 

Le Gloioncma paradorum , espèce qui a le port d'une con- 
ferve, qui est muqueuse, luisante, à filamens simples, capil- 
laires , très-arqués , entrelacés , élastiques par contraction , 
remplis à l'extréaiité d'une matière verte; à conceptacles verts 
daas le centre , transparens sur le bord , renfermant de 



68 GLO 

petites séminules ou sporules verts. Cette plante adhère for- 
tement au papier lorsqu'on la dessèche; on la trouve dans 
les rivières et les étangs en Suède. 

Lyngbye pense que cette espèce de gloionema seroit peut- 
être mieux placée dans son genre Bangia. Agardh n'ose déci- 
der dans lequel des deux règnes, animal ou végétal, on doit 
la rapporter. 

Le Gloionema foetidum d'Agardh est une autre espèce très- 
douteuse ; c'est le conferva fatida de Dillw^. , tabl. 104, et 
très-probablement le bangia quadripunctata de Lyiigbye, et 
Yulwa fcctida de Vaucher, tabl. 17 , f. i3 , et de DecandoUe, 
FI. Fr. : cependant la plante de Vaucher est d'eau douce, et 
celle de Lyngbye marine. Agardh ne décrivant pas cette 
espèce, il en résulte qu'il y a nécessairement de la confusion 
dans les synonymes que lui et Lyngbye donnent respective- 
ment. 11 suffit pour cela de comparer les figures données par 
Vaucher , Dilhvin et Lyngbye , qui nous semblent appartenir 
à trois espèces dlfFérentes. 

Le Gloionema chtonoplastes est proprement l'espèce qui a servi 
de type pour ce genre , à M. Agardh dans son Sj'nopsis ; c'est 
le conferva chtonoplastes de la Flore Danoise, tabl. 1486, que 
Hofman-Bang (de usu conf. , p. 19 , Je. ), et Lyngbye ( Tentam. , 
p. 92, tabl. 19), placent dans les oscillatoria, et désignent 
par oscillatoria chtonoplastes. Cette espèce forme de petites 
couches horizontales à la surface du sable humide ; elle a 
le port d'un oscillatoire , et augmente chaque année. Les 
filamens sont , d'après Lyngbye , simples , roides , extrê- 
mement fins , verts , transparens , et renfermés en grand 
nombre et très-serrés dans une gaine glissante, presque 
transparente ; quelquefois les filamens sont repliés en spirale, 
et quelquefois aussi ils sont privés de gaine : c'est dans cet état 
qu'Agardh paroit avoir observé cette plante, qui croit dans le 
golfe de Bothnie, sur les bords de la mer , dans les lieux exposé» 
au llux et au reflux. Lyngbye considère comme une variété 
de cette espèce Voscillatoria vaginata de Vaucher, tabl. i5, 
t. i3, ou conferva vaginata , Diliw. ^ tabl. 99, et Sowerby , 
Engl. Bot., tabl. 199 5. Cette variété se trouve sur le bord 
des eaux douces et des eaux thermales dans presque toute 
l'Europe. (Lem.) 



GLO 59 

GLOMERARIA. {Foss.) Luid a donné ce nom à une es- 
pèce d'alcyon de forme globuleuse ; L/f/i. Brif., n." 110. (D.F.) 

GLOMÉRIDE, Glomeris (Entom.) , nom donnr par M. La- 
treille à une division du genre Clo-porte , de Tordre des 
insectes aptères, et de la famille des mjriapodes ou raille- 
pieds. 

Ce nom de glomeris est emprunté de Pline, qui exprime 
par ce mot un peloton de fil; car, en parlant d'un labyrinthe, 
liv. 36 , chap. î3, il dit : Quo siquis improperet, sine glomere Uni 
exitum invenire nequeat. M. Cuvier, qui avoit établi ce genre 
dans le Journal d'Histoire naturelle, pag. 27 du tom. Il, 
l'avoit désigné sous le nom d'une espèce ArjMadille, qui est 
un nom espagnol donné aux tatous en Amérique. Voyez ce 
dernier nom, sous lequel les espèces de ce genre se trouvent 
décrites, pages 1 1 5 et suivantes du tome troisième de ce Dic- 
tionnaire. (CD.) 

GLONNAEZ {Ichthyol.) , nom polonois du chabot, cottus 
gobio. V03 ez Cotte. (H. C. ) 

GLOOUJOOU {Bot.) , nom provençal de l'iris ordinaire, 
suivant Garidel. ( J. ) 

GLORIA MARIS. ( ConchjL ) Dénomination que les riches 
amateurs de coquilles ont donnée à une espèce ou variété 
de cône extrêmement rare, et par conséquent fort chère. 
On dit qu'elle n'existe que dans trois ou quatre collections. 
Voyez Cône. (DeB. ) 

GLORIEUSE. {Ichthyol. ) Suivant M. Bosc , c'est un des 
noms sous lesquels est connue la raie aigle, raja aquila , Linn. 
Voyez MoDRiNE et Myliobate. (H. C. ) 

GLORIOSA (Bot.) ■. M ethonica ,Jiiss. Genre déplantes mono- 
cotylédones, à fleursincomplètcs, polypétalées, régulières, de 
la famille desliliacées, de Vhexandrie monogynic de Linnseus , qui 
a des rapports avec les erjthronium ; caractérisé par une corolle 
à six pétales très-longs, ondulés, totalement réfléchis; point 
de calice ; six étamines ; les filamens réfléchis ; les anthères 
oblongues, horizontales, à deux loges; un ovaire supérieur; 
le style oblique, ascendant, trifide au sommet. Le fruit est 
une capsule ovale, trigone, à trois valves, à trois loges ; plu- 
sieurs semences dans chaque loge, disposées sur deux rangs. 

Gloriosa du Malabar : Gloriosa superba , Linn. , Spec. i 



Po GLO 

Lamk. , III. gen.^ tab. 247 ; Redouté, lib. 1 , tab. 229; Andr., 
Bot. Repos, 5 12g; Eugona , Salisb. ; Methonica superba, Juss. et 
Hort. Paris, ; Mendoni ,Rh.eed. , Malah., 7 , tab. 67 ; Lilium zejla- 
nicum , etc. , Commel. , Hort., 1 , tab. 3 5 ; Rudb., EIjs., 2 , tab. 7 ; 
Methonica Malabarorum , Herm., Lwgdi., tab. 689;Pluk.,yl/mag-., 
tab. 116, fig. 3; vulgairement la Glorieuse ou la Superbe du 
Malabar. Cette belle plante, quoiqu'elle ait beaucoup de 
rivales et même de plus brillantes dans la famille des liliacées, 
n'est pas moins remarquable par l'élégance de ses fleurs. Sa 
racine est grosse, tubéreuse, formée de deux branches ou- 
vertes en équerre, d'une saveur amère, désagréable. Il s'en 
élève une tige foible , herbacée , glabre , sarmenteuse , cylin- 
drique , qui rampe ou s'élève en grimpant à la hauteur de six 
à dix pieds; simple ou rameuse, garnie dans toute sa longueur 
de feuilles sessiles, alternes, vertes, glabres, oblougues-lan- 
céolées , très-minces, longues de six à huit pouces, larges de 
deux, finement striées dans leur longueur, rétrécies à leur 
extrémité, et terminées par un filet grêle, contourné en spi- 
rale ou en vrille accrochante. Vers l'extrémité de la tige ou des 
rameaux, il sort , de l'aisselle des feuilles , de longs pédoncules 
courbés à leur sommet, portant une fleur assez grande, incli- 
née vers la terre, d'abord peu colorée avant son dévelop- 
pement; mais bientôt les pélales se réfléchissent totalement, se 
colorent de jaune à la base, d'un beau rouge de feu vers le 
haut, et présentent, en quelque sorte , l'aspect des flammes qui 
s'élèveroient d'un brasier; leur couleur devient ensuite plu» 
intense, plus uniforme ; c'est celle de l'aurore à son lever. Le s 
pétales sont linéaires - lancéolés , un peu connivens à leur 
base, aigus, sinués, les filamens rouges, renversés comme les 
pétales. Le fruit est une capsule coriace , un peu turbinée , 
marquée de trois sillons, longue d'environ deux pouces, à 
trois valves, à trois loges, renfermant des semences globu- 
leuses, d'un beau rouge. Cette plante croît au Malabar. Ses 
feuilles passent pour astringentes : l'on soupçonne que ses 
racines sont vénéneuses. 

M. Adanson a rapporté du Sénégal une plante assezsemblable 
à celle que je viens de décrire; mais ses fleurs sont d'un tiers 
plus petites , remarquables surtout par la largeur des pétales 
très-peu ondulés à leurs bordsjles feuilles d'ailleurs n'offrent 



GLO €t 

que très-peu de difFérence. M. de Lamarck croit qu'elle n'est 
qu'une variété de l'espèce précédente. 

Pour obtenir la jouissance des fleurs de cette belle plante, 
il faut la tenir en serre chaude dans un grand pot , afin de lui 
donner le moyen de produire des caïeux, qu'on n'a pas la 
jieine de séparer; très-souvent ils se détachent d'eux-mêmes. 
Il faut une bonne terre substantielle, ou un mélange d'un tier» 
de terreau consommé et de deux tiers de terre de bruyère ou 
de terreau de feuilles. Des le printemps , il faut la mettre dan» 
la tannée , si l'on veut en obtenir des fleurs , qui paroitront de 
juillet à octobre, suivant qu'elle aura été bien soignée et chauf- 
fée. Tant qu'elle végète, elle exige des arrosemens assez fréquens ; 
il ne lui en faut aucun pendant son temps de repos, quelque 
sèche que soit la terre : on peut alors la retirer de la tannée, 
même du pot, et garder les racines dans du sable sec , à l'abri 
de toute gelée, depuis novembre jusqu'en février. Elle se mul- 
tiplie par ses caïeux , qu'on traite de même que la plante. Après 
les avoir mis chacun dans un pot, et plongé le pot dans la 
tannée, il faut la pourvoir d'une rame au moins de trois à 
quatre pieds de haut pour supporter ses tiges et favoriser leur 
extension. 

Gloriosa du Sénégal : Gloriosasimplex , Linn., Spec; Gloriosa 
cœrulea ,M.iU.,'Dict. , n.° 2. Cette plante a été découverte dans 
le Sénégal: elle est facile à distinguer de la précédente parla 
couleur bleue de ses fleurs, et par ses feuilles dépourvues de 
vrilles. Sa tige est foibie, sarmenteuse : ses feuilles lisses, al- 
ternes, ovales-lancéolées, acuminées, longues de trois pouces 
sur deux de large ; leur pointe très aiguë. Au rapport de 
Miller, elles exhalent, lorsqu'on les manie, une odeur fort 
désagréable , qui occasionne des maux de tête lorsqu'on en 
approche de trop près. ( Poir. ) 

GLOSSARIPHYTE. {Bot.) Dans le système de Necker, qui 
divise tout le règne végétal en cinquante-quatre genres, la 
famille des synanthérées forme les trois premiers , qu'il nomme 
actinoph-ytum , glossariplijtum etsiphoniphjtum. Le genre Acti- 
nophyte correspond aux radiées de Tournefort; le Glossari- 
phyte aux semi-flosculeuses , et le Siphoniphyte aux floscu- 
leuses. Remarquez que, dans ce bizarre système, Necker 
appelle genre ce que tous les autres botanistes nomment 



u GLO 

classes, ordres ou familles, et qu'il appelle espèces ce que les 
autres nomment genres. ( H. Cass. ) 

GLOSSATES. ( Entom. ) Fabricius a donné ce nom de Glos- 
8ATE3 à l'ordre des insectes lépidoptères de Linnaeus. Il en a 
fait une classe, dont le caractère consiste dans une langue 
plus ou moins longue, roulée entre deux palpes garnis de 
poils fins ou de petites écailles. Voyez Lépidoptères et Bouche 
dans les insectes. (CD.) 

GLOSSOCAKDE, Glossocardia. ( Bot. ) [ Corjmbifères , Juss.; 
Syngénésie poljgamie superflue, Linn.] Ce genre de plantes, 
que nous avons proposé dans le Bulletin de la Société philo- 
mathique , de septembre 1817 , appartient à la famille des sy- 
nanthérées, a notre tribu naturelle des héiianthées, et à la 
section des hélianthées-coréopsidées , dans laquelle nous le 
plaçons auprès de Vheterospermum. 

La calathide est semi-radiée , composée d'un disque pau- 
ciflore , régularitlore , audrogyniflore , et d'une demi-cou- 
ronne uniflore, liguliflore, féminittore. Le péricline, accom- 
pagné à sa base de deux ou trois bractéoles , est subcylindracé, 
à peu près égal aux fleurs du disque , et formé de cinq 
squames à peu près égales, bisériées, elliptiques , foliacées, 
membraneuses sur les bords. Le clinanthe est petit, plane, 
pourvu de squamelles linéaires-lancéolées, membraneuses, 
caduques. Les cypsèles sont alongécs , étroites , obcompri- 
mées , et munies de quatre côtes qui sont hérissées de longs 
poils fourchus; leur aigrette est composée de deux squamel- 
lules triquètres-filiformcs, pointues, épaisses, cornées, lisses, 
formées par la prolongation des deux côtes latérales de la 
cypsèle. La corolle de la couronne a sa languette courte , 
large, obcordiforme, rayée; les corolles du disquesontà quatre 
divisions. 

Glossocarde A FEUILLES LINÉAIRES; Glossocurdia lineari/olia , 
H. Cass., Bull. Soc. philom. , septembre 1817. C'est une plante 
herbacée, basse, diffuse, glabre; sa tige est rameuse, cylin- 
drique, striée; «es feuilles sont alternes, linéaires, bipinnées, 
à pinnules Ilnéaires-acuminées, à pétiole long, membraneux, 
dilaté à la base , semi-amplexicaule ; les calathides, composées 
de fleurs jaunes , sont solitaires au sommet de petits rameaux 
ouSj pédoncuLifnrmes. 



GLO 6S 

Nous avons étudié cette plante dans l'Herbier de M. Des- 
fonlaines, où elle étoit étiquetée zinnia bidens , Retz. Mais en 
lisant, dans les Ohservationes hotanicœ de Retzius , la descrip- 
tion de son zinnia hidens , nous avons reconnu qu'il étoit fort 
diflerent de notre glossocardia. (H. Cass. ) 

GLOSSODERME. {Malacoz. ) Dénomination employée par 
Poli dans son système de classification des animaux mollusques , 
pour désigner la coquille ou l'enveloppe de son genre Glossus, 
qui comprend plusieurs espèces de cardium. ( De B. ) 

GLOSSODIA. (Bot.) Genre de plantes monocotylédones, à 
fleurs incomplètes, irrégulières, de la famille des orchidées, 
delà, gjnandrie diandrie dt Linnœus, offrant pour caractère es- 
;.€ntiel:Une corolle à six pétales; cinq étalés, presque égaux, 
le sixième eu forme de lèvre trés-cour(e, entière, dépourvue 
(le glandes; un appendice bifide entre celte lèvreet la colonne 
des organes sexuels , membraneuse et dilatée ; l'anthère à 
deux loges, renfermant, dans chaque loge, deux paquets de 
pollen. 

Ce genre, très-voisin des caledonia, en diffère par la lèvre de 
la corolle dépourvue de glandes, par l'appendice qui se trouve 
entre cette lèvre et la colonne-, enfin , parla forme de la co- 
rolle, qui à peine offre deux lèvres. Les espèces renfermées dans 
ce genre sont des herbes terrestres, pileuses; les racines sont 
pourvues de bulbes entières, à enveloppe lamelleuse; elles ne 
produisent qu'une seule feuille radicale , enveloppée à sa base 
d'une gaine membraneuse. Les hampes se terminent par une, 
rarement par deux fleurs , accompagnées chacune d'une 
bractée , outre les feuilles florales : la corolle est bleue ; som 
appendice en forme de langue de serpent. 

M. Rob. Brown, auteur de ce genre, n'en distingue que 
deux espèces, savoir : i.° Glossodia major , Brown., IVov. Hoi/., 
1 , pag. 5^6 ; 2.° Glossodia minor, Brown., L c. Ces deux es- 
pèces croissent dans la Nouvelle Hollande, et se caractérisent 
d'après la forme de leur appendice. Dans Ifl première, il se 
divise jusqu'à sa moitié en deux lobes étalés, aigus; dans la 
seconde, ces lobe» sont plus profonds, parallèles et obtus. 
(P018.) 

GLOSSOMA. ( Bot.) Schreber donne ce nom au votomita 
d'Aubleij nommé nussi guiUdmnia par Necker, genre rap- 



«4 GLO 

porté avec doute aux rhamnées. Voyez l'article ci-après. ( J.) 

GLOSSOMA (Bot.) ; Votomita, Aubl. Genre de plantes di- 
cotylédones, à tleurs complètes , régulières, de la famille des 
rhamnées, ùe\a.tétrandrie monogjnie àehxnnœxis^ qui a des rap- 
ports avec les aucuba, et présente pour caractère essentiel : Un 
calice à quatre dents, adhérent avec l'ovaire ; quatre pétales 
insérés sur le disque de l'ovaire ; quatre étamines insérées sur 
les pétales; les anthères rapprochées en cylindre ; l'ovaire sur- 
monté d'un disque et d'un style qui truverse le tube des an- 
thères et supporte quatre stigmates. Le fruit est un drupe 
presque pyriforme, couronné par les dents du calice, à une 
seule loge, renfermant une semence striée. 

Glossoma arborescent: Glossoma arborescens,yV iWd., Spec. , i, 
pag. 664 ; Votomita guianensis , Aubl., Guian. , vol. 1 , pag. 91 , 
tab. 35. Cette plante s'élève à la hauteur de cinq à six pieds, 
sur une tige droite, ligneuse, d'environ six pouces de dia- 
mètre, revêtue d'une écorce brune. Le bois est dur, com- 
pacte , jaunâtre ; les rameaux nombreux , épars , noueux, té- 
tragones , garnis de feuilles opposées, pétiolées, fermes, 
épaisses, vertes , glabres, ovales, oblongues , acuminées, lon- 
gues de quatre à six pouces sur deux pouces et plus de large ; 
les pétioles courts, accompagnés à leur base de deux stipules 
aiguës, très-caduques. Les fleurs sont blanches, axillaires, 
réunies en cône, et en une sorte d'ombelle lâche à l'extré- 
mité d'un pédoncule com'mun de la longueur des pétioles; les 
pédicelles un peu plus courts, uniflores, garnis à leur base 
d'une petite bractée en écaille. Le calice est d'une seule pièce, 
faisant corps avec l'ovaire , surmonté de quatre dents; la co- 
rolle composée de quatre pétales étroits, alongés, aigus , réflé- 
chis en dehors ; les. lilauiens des étamines très-courts; les an- 
thères droites, fort longues, rapprochées en tube, terminées 
par un feuillet membraneux, s'ouvrant en deux loges dans 
l'intérieur du tube : l'ovaire couronné par un petit disque du 
centre duquel s'élève un style grêle, qui traverse le tube des 
anthères, et se termine par quatre stigmates alongés, aigus. 
Le fruit est un drupe à une seule loge. Cet arbrisseau a été 
découvert dans les grandes forêts de la Guiane,près les ha- 
bitations des Galibis. 11 fleurit dans le courant du mois de 
septembre. ( Poir. ) 



GLO 65 

GLOSSOPETALUM ( Bot. ) , nom donné par Schreber et 
Willdenow au genre Goupia d'Aublet, rapporté aux rham- 
nées, mais que Schreber et Vahl croient être congénère de 
Varalia dans les araliacées. L'observation sur la plante vi- 
vante peut seule décider la question. (J.) 

GLOSSOPÈTRES. (Foss.) On a désigné sous ce nom et sous 
ceux d'icthjodontes , laniiodontes , carchariodontes , ly codantes , 
conichtjodontes, batracliites,clielOnites,falcatulœ, bufonites, etc., 
les dents de poissons que l'on trouve à l'état fossile. 

Quelques anciens auteurs ont cru que ces dents croissoient 
dans la terre comme des champignons , ou qu'elles étoient des 
jeux de la nature , et ils leur attribuoient beaucoup de vertus ; 
d'autres pensoient qu'elles prenoient naissance dans le cou 
ou dans la tête des crapauds , ou dans l'estomac des hiron- 
delleSj ou qu'elles étoient des langues d'oiseaux pétrifiées, etc. 
Pline les avoit mises dans la classe des bélemnites , et croyoit 
qu'avec le temps elles en prenoient la forme. 

Il est bien reconnu aujourd'hui qu'elles ont appartenu à 
des poissons -, et , si l'on ne reconnoît pas les espèces dont elles 
ont dépendu, il en eêt un très-grand nombre que l'on croit 
pouvoir rapporter au genre auquel elles ont appartenu. 

On en rencontre presque partout , dans les craies , dans le 
calcaire coquillier, et dans les couches les plus nouvelles; 
mais il paroit qu'elles sont plus rares dans les couches plus 
anciennes que dans celles de la craie. On en a trouvé princi- 
palement dans toutes les couches coquillières des environs de 
Paris, dans laTouraine , la Calabre, la Toscane, le territoire 
de Sienne, le Plaisantin, les environs de Bruxelles, la mon- 
tagne de Saint-Pierre de Maestricht , les environs de Londres, 
de Montpellier, l'île deWigth, et surtout à Malte, où Ton ren- 
contre les plus grandes, et où, a-t-on dit, saint Paul avoit 
détruit les serpens dont ces deots étoient les langues et les 
yeux pétrifiés. 

Pallas a trouvé à Kamenskoï , sur les bords de l'Iset eu 
Russie, des morceaux de bois changés en charbons ,et coupés 
par des veines de pyrites, avec des os d'éléphans pourris. Ces 
bois et ces os étoient accompagnés de dents de requins et de 
glossopètres , de foutes formes et de toutes grosseurs , qui 
étoieut d'un noir bleuâtre» 

13. 5 



6S CxLO 

La racine des dents fossiles, et leur noyau, sont souvenÉ 
pétrifiés ; mais la partie qui sortoit de la mâchoire , s'est 
conservée dans un état qui paroit être celui où elle se 
trouvoit avant de passer à l'état fossile. L'intérieur présente 
souvent le tissu fibreux qui est propre aux os : elles sont sus- 
ceptibles de se pénétrer de substances minérales. Quelques 
Unes sont ferrugineuses, et d'autres sont devenues des tur- 
quoises en se pénétrant d'oxide de cuivre. 

Dans certaines localités , comme à Longjumeau près de 
Paris, celles qu'on trouve dans une couche supérieure de 
sable quarzcux ont presque toutes perdu leur racine et leur 
noyau, et sont vides jusqu'à la pointe. 

Ces dents se présentent sous beaucoup de formes diffé- 
rentes , mais elles ne signalent pas autant d'espèces particu- 
lières de poissons auxquelles elles auroient pu appartenir, car 
celles d'une même mâchoire diffèrent très-souvent entre elles. 
Les plus remarquables parleur grandeur sont celles dont la 
forme est triangulaire, abords finement dentelés, à pointe 
droite ou un peu relevée , et quelquefois mousse, plates d'un 
côté , et un peu convexes de l'autre, terminées par une base 
droite ou échancrée , et dont quelques unes ont quatre pouces 
de hauteur. L'espèce vivante à laquelle ces dents paroissent 
se rapporter le mieux, est le requin {carcharias vervs de 151. , 
squalus carcharias, Linn. ), En calculant la hauteur des plus 
grandes de ces dents comparativement à celles des requins de 
nos mers , on a trouvé que les énormes poissons auxquels elles 
ont appartenu , dévoient avoir eu plus de soixante-douze pieds 
de longueur, sur un contour de trente-qu.itre pieds environ. 
On trouve ces dents en Suisse , en Sicile, à Vcstena-Nuova , 
en Angleterre, à Bruxelles, à Maesiricht , dans la Caroline, 
dans les environs de Soulanges ( Maine et Loire ) , à Rome, 
«ur le mont Marins et dans l'île de Malte. On leur a donné 
\tSDomsde lamiodontes, serellœ, et carchariodoiUes. On en voit 
des figures dans l'ouvrage de Rnorr, vol. a , pi. H, I, a ; dans 
celui de Scilla, Corp. marin., pi. 3 , fig. i ; dans celui de Par- 
kinson , tom. 3 , pi. i g , fig. 1 1 , etc. 

Quelques unes de ces dents que l'on trouve à Malte et aux 
environs de Bruxelles, portent de chaque côté à la base une 
petite dent ou oreillette arrondie et denticulée comme le 



GLO h 

reste des bords. M. de Blainville pense qu'elles ont dû appar- 
tenir à une espèce de squale inconnue , à laquelle il a donné 
le nom de squalus auriculatus. On trouve la figure d'une de 
ces dents dans l'Oryct. de Bruxelles , par Burtin ; et je crois 
qu'on peut y rapporter celle de la cinquième planche de l'ou- 
vrage de Scilla , tig. i. 

Certaines dents alongées , et dont la pointe est tournée sut 
un des côtés, portent de fortes dentelures sur les bords, jus- 
qu'à une certaine distance de la pointe; mais celle-ci est unie 
et tranchante : leur longueur est de huit lignes. 

D'autres, plus épaisses et un peu plus longues , portent 
seulement quatre dentelures de chaque côté sur le milieu de 
leur bord. 

On trouve à Néhou , département de la Manche , dans une 
couche de calcaire coquillier , des dents plates, à bord fine- 
ment dentelé, dont la pointe est penchée sur un des côtés 
où il se trouve un fort sinus ; ces dents ont sept à huit lignes 
de hauteur, etparoissent avoir quelque analogie avec les dents 
latérales du squale marteau {squalus zygœna, Linn. ). 

Quelques dents à bords finement dentelés , et que l'on 
trouve dans des couches de craie, ont quelque rapport avec 
les dents supérieures du squale pantouflier {squalus tiburo, 
Linn.). On voit une figure de ces dents dans l'ouvrage de 
Parkinson, tom. 3 , pi. ig , fig. 3. 

Une sorte de dents fossiles que l'on trouve en Sicile, à 
Malte et dans le Hampshire en Angleterre, aies plus grands 
rapports avec celles du squale griset {squalus çacca , colum- 
Linus ou griseus), qui vil dans la Méditerranée. Leur base 
est fort large, presque droite; le bord tranchant offre une 
série de sept à huit pointes tranchantes, recourbées, décrois- 
santes de hauteur en arrière, et d'un nombre pareil de den- 
telures en avant. On voit des figures de ces dents dans l'ou- 
vrage de Parkinson, t. 3, pi. i8, fig. lo ; dans celui de 
Brander, fig. i n , et dans celui de Scilla, pi. 4 , fig. i. J'ai 
sous les yeux une de ces dents fossiles, et une autre à l'état 
frais, et je trouve que cette dernière ne diffère que par un 
plus grand nombre de pointes tranchantes , et parce que 
toute la partie antérieure est finement dentelée; mais ilpa- 
roît que les dents de cette espèce à l'état frais , diffèrent 

5. 



^3 GLO 

beaucoup entre elles, en sorte que de la différence qui existe 
■entre la dent fossile et Taulre, on ne pourroit conclure qu'il 
n'y a pas analogie d'espèce. 

Les dents du squale féroce qui vit dans la Méditerranée, 
portant à leur base une ou deux pointes de chaque côté, il 
semble que l'on soit bien fondé à rapporter k cette espèce, 
ou à quelque autre qui s'en rapproche, une classe de dents 
fossiles à bords tranchans , plus ou moins alongées, tout-à- 
fait droites ou un peu recourbées en arrière , et qui portent 
une pointe d'un côté, et très-souvent une de chaque côté. On 
trouve de ces dents fossiles danslaTouraine, àVauxbuin près 
de Soissons, dans le Hampshire et à Malte-, on les a nommées 
glossopetrœ tricuspidati. On en voit des figures dans l'ouvrage 
deBrander, fig. ii3, et dans celui de Scilla , fol. 7, fig. 2. 

L'espèce la plus commune dans nos contrées comprend 
telles qui, plus ou moins étroites ou alongées , sont poin- 
tues, abords tranchans, plates en dedans, un peu convexes 
en dehors, souvent deux fois courbées sur leur plat, et la 
base très-souvent échancrée. Les anciens oryctographes les ont 
nommées subulati, cuspidati, ornithoglossa, recurvlroslro^ etc. 
On en trouve dansles différentes couches du calcaire coquillier 
des environs de Paris, à Meudon, Grignon, Fontenai-Saints- 
Pères près de Mantes, dans une couche supérieure de sable 
quarzeux à Longjumeau , à Néhou , Soulanges , Dax , Va- 
lognes , Laugnan près de Bordeaux, Mollans ( Drôme ) , en 
Italie, aux environs de Montpellier, et dans le Hampshire. 
Elles se trouvent figurées dans l'ouvrage de Brander, fig. 1 14 ; 
dans celui de Knorr, p. 2 , pi. H ,'I, fig. 7 et 9 ; dans celui 
de Parkinson , tom. 3 , pi. 19 , fig. 8 , etc. 

Quelques unes de ces dents paroissent avoir une très- 
grande analogie avec celles du squale long-nez {squalus cornu- 
licus , Linn. ), qui est commun dans toutes les mers d'Eu- 
rope. Comme elles diffèrent beaucoup entre elles pour leur 
largeur et leur courbure, il est probable qu'elles ne dépendent 
pas toutes de la même espèce. 

On trouve en Italie des dents fossiles à racine droite qui 
ont beaucoup de rapports avec des dents incisives de l'es- 
pèce humaine , et n'en diffèrent que parce qu'elles sont un 
peu concaves en dedans , et parce qu'on voit à leur bord 



GIO % 

Supérieur une petite ligne enfoncée qui semble les diviser 
dans leur épaisseur. Elles sont brunes , et leur racine esfc 
noire. Il y a lieu de croire que c'est aux dents de cette es- 
pèce qu'on a donné anciennement le nom de dents de sor- 
cières. M. Duméril pense qu'elles dépendent de quelque pois- 
son du genre des balistes. 

On trouve en différens lieux des dents qu'ont peut rap- 
porter à celles des raies-aigles : quelques unes, qui ont été 
trouvées dans le Plaisantin et sur le mont Antelaus, sont 
composées de pièces courbées en chevrons dont la pointe esfi 
en avant. D'autres, qui paroissent diflerer peu de celles delà 
raie-aigle commune, ont été trouvées aux environs de Mont- 
pellier, et sont figurées dans les Mémoires de l'Académie 
des Sciences pour l'année 1708, et dans l'Oryctographie de 
Bruxelles , pi. 1 1 , fig. 7. 

Quoiqu'on ne connoisse rien à l'état vivant qui soit ana- 
logue à des portions de palais que l'on trouve dans diffé- 
rentes couches marines, on croit pouvoir aussi les rapporter 
au genre des raies. Quelques unes de ces portions, composées 
de sept bandes transversales, tout-à-fait droites, ont trois 
pouces de longueur sur deux de largeur ; chacune des bandes 
a environ six lignes de largeur sur neuf lignes d'épaisseur : 
elles sont d'une couleur brun-marron, plates et luisantes, ou 
parsemées d'un (rès-grand nombre de petits pores en dessus, 
et un peu bombées en dessous ; elles se joignent entre elles 
par une sorte d'engrènement très- fin, et le dessous est cou- 
vert de stries transverses. On trouve ces portions de palais 
dans le Hampshire et dans l'île de Shepey en Angleterre, 
et l'on en voit des figures dans l'ouvrage de Brander, fig. 117, 
et dans celui de Parkinson , tom. 3 , pi. 19, fig. i 6. 

Je possède diSférentes portions de ces palais , qui sont 
évidemment du même genre , mais qui diffèrent tellement 
entre elles, qu'on peut croire qu'elles proviennent d'espèces 
différentes; j"en ai trouvé dans le calcaire coqaillier, à Gri- 
gnon, et dans le banc d'huîtres de deuxième formation ma- 
rine à Sceaux ; on en trouve à La Rochelle et dans d'autres 
endroits. Une partie d'une de ces bandes que je possède , 
ressemble un peu k une portion de peigne à dents courtes, 
«t serrées» 



-.«^ GLO 

On trouve ,en Italie, des morceaux fossiles qui ont la forme 
fl'un triangle inéquilatéral , et qui sont composés de dents 
très-rapprochées, de différentes grosseurs , formant une sorte 
de mosaïque. Ils ont neuf lignes par le côté le plus large . et 
six lignes de longueur par chacun des autres, lis sont com- 
posés chacun de cent cinquante dents environ. M. de Lacé- 
pède croit que ces fossiles ont été des palais d'une, sorte de 
raie. 

On a donné anciennement le nom de bufonites à un grand, 
nombre de corps fossiles que l'on croyoit engendrés dans le 
cou ou dans la tête des crapauds, et qui ne sont que des por- 
tions de palais ou des dents de poissons. Ils sont plus ou moins 
arrondis et luisans ; quelques uns sont orbiculaires , hémi- 
sphériques, souvent concaves en dessous ; leur couleur est 
brune , et leur grandeur varie depuis un pouce jusqu'à deux 
lit^nes de diamètre. On en voit des figures dans l'ouvrage de 
Knorr, vol. 5, suppl., pi. 8, a , fig. 9 , lo et 12 ; dans celui 
de Scilla, pi. 2, fig. 3, etc. D'autres sont un peu aplatis et 
d'une forme obloiigue. On trouve de ces différens corps dans 
les environs de Querfurt , dans le Mecklembourg, en Angle- 
terre , dans le calcaire compact des environs de Valogues , 
dans le Jura, la Sicile , et dans l'ile de Malte. Quelques uns 
de ceux que l'on trouve dans cette île sont cerclés d'une 
couleur plus foncée au milieu, avec une tache plus claire au 
centre. On leur a donné autrefois le nom d'yeux-de-serpens. 
J'en possède qui sont de la grosseur d'un gros pois, très-lui- 
sans, et dont la couleur est d'un blanc sale ; mais j'ignore où ils 
ont été trouvés. 

Il est bien reconnu aujourd'hui que ces corps ont la plus 
grande analogie avec les plaques maxillaires de la dorade 
[sparus auratus) , sur la mâchoire de laquelle on en trouve de 
chaque côté dix-neuf à vingt de différentes grandeurs, et de 
forme plus ou moins oblongue ; ou avec celles de Tanarrhique 
loup , anarrhj'cas lupus. M. de Blainville pense qu'on pourroit 
plutôt les rapporter à celles d'une espèce de poisson fossile 
trouvé au Mont-Bolaca, et auquel il a donné le nom de pa- 
Iceobalistum. 

On trouve dar.i; les couches crayeuses des environs de Paris 
et en Angleterre, des corps fossiles de couleur brune, qui 



GLO 7î 

ont le tissu spongieux des os , et qui ont été aussi désignés 
par les oryctogrophes sous le nom de bufonites à dos sillonné. 
Leur forme est à peu près carrée : le dessous paroît avoir été 
adhérent à quelque partie osseuse; mais on les trouve tou- 
jours isolés. Le dessus est luisant, sillonné , souvent chagriné 
sur les bords, et plus ou moins bombé. Quelques uns, qui ont 
presque deux pouces de diamètre, portent dix sillons à dos 
aigu, qui s'étendent sur tout le dessus; on voit la figure d'un 
de ces corps dans l'ouvrage de Parkinson , tom. 3, pi. ig , 
fig. 18 , et dans celui de Knorr, p. :2 , pi., H , I, a , fig. 4. Je 
possède un de ces corps qui est plus bombé que le précédent, 
et sur lequel il se trouve quinze à seize sillons plus petits et 
plus courts, et dont les bords sont granulés. Un autre mor- 
ceau pareil, trouvé dans le comté de Sussex en Angleterre , 
n'a que six à sept lignes de longueur sur chacune de ses quatre 
faces. Il est extrêmement relevé vers le milieu , oh il se trouve 
six à sept sillons, et les bords en sont chagrinés. On voit une 
figure d'unpareil morceau dansl'ouvragede Parkinson, tom. 5, 
pi. 18, fig. 12, et dans celui de Knorr, planche ci-dessus ci- 
tée , fig. 5 ; ce dernier auteur rapporte cespalais au genre des 
chiens marins ou des squales , et à celui du cachalot celles des 
dents ci- dessus décrites, qui paroissent évidemment avoir 
appartenu à des squales. 

Quoiqu'on ne connoisse rien à l'état vivant qui soit analogue 
à ces morceaux fossiles, quelques savans croient qu'on doit 
les regarder comme des palais de quelques espèces de raies. 
Deluc a trouvé dans les roches calcaires du Mont-Voisons, 
près de Genève, des corps de deux sortes qu'il a regardés 
comme des bufonites. Les uns sont en plaques minces , cu- 
néiformes , de deux pouces de longueur environ sur presque 
autant de largeur à l'un des bouls. Le dessus est bombé et 
couvert de petits pores; le dessous n'est pas visible, étant em- 
pâté dans une gangue très -dure ; l'autre. espèce , qui n'est 
également visible que d'un côté, à cause de son adhérence à 
la gangue , présente dans sa forme quelque rapport avec une 
nageoire pectorale de poisson. J'ai compté sur l'un de ces mor- 
ceaux jusqu'à vingt rayons un peu courbés à leur extrémité. 
Je ne connois à Pétat vivant aucun corps qui puisse se rap- 
porter à ces fossiles. 



72 GLO 

On trouve , dans l'île d'Aix et aux environs de Rochefort, 
des morceaux fossiles que quelques savans avoient cru poti- 
voir être rapportés à des palais de grands poissons; mais il y 
a bien des raisons de douter qu'ils aient cette origine. Ceux 
que j'ai vus sont subcylindriques , de la longueur de cinq à six 
pouces sur un pouce de diamètre , et paroissent former des 
portions de cercles de six pouces de rayon. Ces fossiles sont 
les moules intérieurs de corps qui ont été dissous. La cavité 
de ces corps avoit été remplie par du sable grossier, ou, 
dans quelques uns, par une cristallisation terreuse-, et il en 
est résulté que tout ce qui étoit en creux dans leur intérieur 
se trouve en relief sur ces moules, qui portent des espèces 
de moulures extérieurement. 

Dans le quatrième volume des Mémoires sur différentes 
parties des Sciences et des Arts, Guetiard a parlé de ces 
corps, qu'il a appelés crucroïdes ou pierres circulaires , et il 
eu a donné une ligure , pi. 28 , fig. 2. Cette figure représente 
un cercle parfait; et quoique Guettard n'eût vu comme nous 
que des portions de ces cercles , Favannes , qui lui en procura 
le dessin, lui donna l'assurance qu'on Irouvoit ces cercles 
semblables à cette figure. Cependant on en peut douter, 
quand on voit que sur ces portions de cercles il se trouve, de 
neuf en neuf lignes environ , des divisions semblables à celles 
des cloisons des nautiles, mais qui diffèrent de toutes celles 
des coquilles cloisonnées connues jusqu'à ce jour. Ces divi- 
sions sont transverses jusqu'à la moitié de l'épaisseurdu moule, 
et ensuite , en remontant de cinq à six lignes, elles coupent 
un peu obliquement l'autre moitié de cette épaisseur. L'on 
peut croire que ces sections sont les traces de cloisons qui 
ont été détruites, comme dans les baculites. Alors ces corps 
n'auroient pas dû être circulaires; mais nous devons attendre 
que le hasard procure de ces morceaux plus entiers pour être 
assurés de la véritable place que ces fossiles doivent oc- 
cuper. 

Les anciens oryctographes avoient mal à propos regardé 
les dentales fossiles comme des dents de poissons, et avoient 
donné le nom àefalcatulœ à une espèce figurée dans le Traité 
des pétrifications de Bourguet, pi. 66, fig. 585. Cette figure 
se trouve citée sous ce nom dans le Dictionnaire oryctolo^ 



GLO 7ï 

gique , an mot Glossopètres ; mais l'on voit évidemment que ce 
corps, dont le dessin représente la forme d'une lame de 
faux, appartient au genre des dentales. 

Tous les objets décrits ci-dessus se trouvent dans ma col- 
lection. (D. F.) 

GLOSSOSTEMON. (Bo^) Genre de plantes dicotylédones, 
à fleurs complètes, polypétalées, régulières, delà famille des 
liliacées , de la polyadelphie ipoljandrie de I.innœus, qui a de 
grands rapports avec le sparmannia , et caractérisé par un 
calice à cinq divisions ; cinq pétales acuminés ; les étamines 
nombreuses, réunies en cinq paquets ; les filamens attachés 
sur les bords d'une lanière pétaloïde , lancéolée, tuberculée ; 
un ovaire supérieur ; un style ; cinq stigmates soudés en- 
semble ; une capsule à cinq valves. 

Ce genre a été établi par M. Desfontaines pour une plante 
conservée dans les herbiers du Muséum d'histoire naturelle , 
découverte aux environs de Bagdad par MM. Bruguières et 
Olivier. 

Glossostemon nE BaucuiÈREs; Glossoslemon Bruguicri , Desf. , 
Mém. du Mus. d'Hist. nat. , 5, pag. siSS , tab. 1 1. Ses tiges sont 
ligneuses , divisées en rameaux cannelés , couverts, ainsi que 
les feuilles et le calice, de poils courts, étoiles. Les feuilles 
sont alternes, pétiolées, longues de six à sept pouces, pres- 
que aussi larges, arrondies ou ov^ales , anguleuses ou un peu 
lobées, a dentelures inégales, traversées par cinq grosses ner- 
vures divergentes ; la base du pétiole accompagnée de deux 
stipules terminées par un prolongement filiforme. Les fleurs 
sont nombreuses, disposées en corymbes sur des pédoncoles 
solitaires, placés dans les aiselles des feuilles supérieures, ad- 
hérens à la base du pétiole ; les pédicelles munis de bractées 
filiformes. Le calice est divisé en cinq découpures ovales, 
sigués ; la corolle large d'un pouce, composée de cinq pétalc« 
roses, ouverts, alternes avec les divisions du calice, veinés 
dans leur longueur, terminés par une longue pointe fili- 
forme ; les étamines au nombre de ving-cînq à tr^rate; les 
filamens rouges, comprimés , disposés en cinq phalanges, très- 
remarquables par leur situation sur les bords d'une lanière 
pétaloïde, rouge, lancéolée , aiguë, parsemée de tubercules 
visibles à la loupe. Ces lanières , dit M. Desfontaines , peuvent 



74 GLO 

être considërëes comme autant d'étamines avortées . portant 
les étamines fertiles, dont les anthères sont jaunes , arquées, 
à deux loges; un ovaire supérieur surmonté d'un style qui 
porte cinq stigmates soudés ensemble; l'ovaire est globuleux, 
hispide, à cinq loges polyspermcs ; les ovules attachées lon- 
gitudinalement au bord interne des cloisons ; le fruit , non 
mûr, est une capsule à cinq valves, hérissée de poils roides. 

(POIR.) 

GLOSSUS. (Malacoz.) Genre d'animaux mollusques, établi 
par Poli (Histoire des Moll. des Deux-Sicilcs ) , et auquel il 
donne pour caractères : Deux trous remplaçant les siphons ; 
branchies réunies au-delà de Tabdomen , qui est ovale et 
comprimé: le pied en forme de langue. Il comprend plusieurs 
espèces d'IsocARDES. (Voyez ce mot.) 

M. Ocken a admis ce genre , mais il n'y renferme que le 
chama cor. [DeB.) 

GLOTIDjE. (Foss.) On a autrefois donné ce nom aux dents 
fossiles de poissons, quand on a trouvé qu'elles avoient la forme 
d'une alêne. Voyez Glossopètres. ( D. F. ) 

GLOTSMŒL. {IchthjoL) Valentin et Renard ont donné, 
sous ce nom hoUaudois, un poisson des Indes orientales, qui 
est le spams insidiatorde Linnaeus. Voyez Filod. ( H. C. ) 

GLOTTE. ( Ornith. ) On appelle ainsi l'ouverture de la tra- 
chée-artère : cette ouverture est bouchée , dans l'homme et 
dans lesmnmmifères qui ontl'œsophagederrièrela trachée, par 
un des cartilages du larynx situé à la base de la langue , afin 
d'empêcher que les alimens ne s'y introduisent. Ce cartilage, 
nommé épiglotte, n'existe pas chez les oiseaux, dont Fœsophage 
est situé latéralement , et chez lesquels , d'ailleurs ,1a glotte se 
ferme elle-même par une contraction particulière de ses bords, 
qui s'appliquent immédiatement l'un contre Fautre. Au bas de 
la trachée - artère les oiseaux ont encore un appareil vocal, 
une glotte inférieure où la voix commence à se former avant 
de subir la modification qu'elle éprouve en montant de l'une à 
l'autre; ?t c'est ainsi qu'un canard auquel on a coupé la tête ^ 
peut encore crier ou produire des sons qu'un mammifère, 
dans cet état, ne saurcit plus faire entendre. (Ch.D. ) 

GLOTTIDES (Ornith.) , nom donné par Vorster, Enchiridioit 
\istorice naturaU inscrnens , p. 54; à un ordre d'oiseaux ayauî 



GLO 95 

la langue très-longue, et comprenant les pics, le torcols , l^s 
grimpereaux, les colibris, les huppes, les guêpiers, les al- 
cyons, les sitelles. (Ch. D.) 

GLOTTJDIUM. (Bot.) Cette plante, qui avoit été placée 
successivement parmi les œschynomene , les sesbania, les dal- 
lergia, a été convertie en genre par M. Desvaux, sous le 
nom de gloLtidium ( Journ. bot., 3 , pag. 119), offrant pour ca- 
ractère essentiel : Un calice à deux lèvres, à cinq dents ; une 
gousse elliptique , comprimée , à deux semences, à une seule 
loge , se partageant en deux valves. C'est le dalbergia poly- 
phjlla , Poir. , Encyc. suppl. 

Ses rameaux sont grêles, cylindriques, glabres, striés, gar- 
nis de feuilles longues, alternes, composées d'un très -grand 
nombre de petites folioles alternes, pédicellées , vertes, li- 
néaires, glabres, obtuses, rétrécies en pointe à leur base, lon- 
gues de trois à quatre lignes. Les fleurs sont disposées en 
grappes lâches, latérales, axillaires, longuement pédonculëes; 
les gousses pédicellées , comprimées, lancéolées, aiguës à leur 
sommet et à leur base , terminées par une pointe droite , su- 
bulée , roide , un peu piquante -. elles s'ouvrent à une de leurs 
sutures ; les parois internes sont doublées , dans toute leur lon- 
gueur, d'une pellicule mince , très-blanche, qui se détache 
et offre l'apparence d'une cloison ; ces gousses renferment 
deux semences brunes. M. Bosc a découvert cette plante 
dans la Caroline. (Poir.) 

GLOTTIS. {Ornith.) Aristote parle, au livre 3, chap. 12, 
de son Histoire des Animaux, d'un oiseau qu'il appelle 
glotlis , nom que Gaza traduit en latin par Lingulaca. L'autcup 
grec ajoute qu'à leur départ de ce pays, les cailles sont ac- 
compagnées par cet oiseau , qui a la langue fort alongée , et la 
tire beaucoup hors du bec. Belon , Aldrovande et Gesner ont 
tenté, par plusieurs rapprochemens, de déterminer l'espèce 
à laquelle ce passage s'applique. Le premier a supposé (Nature 
des Oiseaux, p. 196) qu'il pouvoit être ici question du flam- 
mant ; mais il a abandonné, à l'article des cailles , p. 265 , cette 
opinion, qui depuis a encore été combattue par Cetti, UccelU 
di Sardegna, p. 3ii j et, en effet, elle n'étoit aucunement 
soutenable. 

Gesner, après s'être occupé d'une barge, limosa , traite, 



7C GLO 

p. 5oi , du glottis, et cîte, à cette occasion, le f;Ioiit ou gluft 
des Allemands, à cause de la ressemblance des termes. Ce 
dernier oiseau est rapporté par Gmelin, p. 702, à son fulica 
Jistulans, le même que \e gaUinulaJistulans,Lath.., etle porpliyrio 
fuscus de Brisson. Le nom de glottis avoit précédemment été 
donné par Linnaeus et par Latham à une espèce du genre 
Scolopax correspondante à la bnrge variée de Buffon. Or, 
MM. Meyer et Temminck. croient que ce scolopax glotlis doit 
être rayé de la liste nominale des oiseaux, comme s'appli- 
quant à de jeunes individus de l'espèce de ciievalier par eux 
nommée totanus glotlis, La qucsrion relative au glottis d'Ari&- 
tote reste ainsi sans solution. (Ch. D.) 

GLOUPICHI. ( Ornilh. ) Krasclieiiinnikow , dans sa Descrip- 
tion du Kamtscliatka , parle d'oiseaux aquatiques nommés 
starilcis et gloupichis , en annonçant que leur bec et leurs na- 
rines sont semblables à ceux des procellariœ ou oiseaux de 
tempêtes; et, sans faire de distinction entre eux, il les dit 
de la grosseur d'un pigeon, et ajoute qu'ils ont le bec bleuâtre , 
avec des soies autour des narines ; que leur tête, portant vers 
les oreilles quelques petites pennes blanches, longues et efli- 
lées , est, dans le reste, noire avec des teintes bleues; que le 
haut du cou est noir, et le bas tacheté de noir et de blanc , 
cette dernière couleur occupant la totalité du ventre ; que 
les ailes sont courtes, et leurs plumes, ainsi que celles de la 
queue noires, et les pieds rouges. Krascheninnikow, qui pa- 
roît n'avoir eu en vue dans cette description qu'une espèce 
de stariki, en indique ensuite une autre, dont le bec est 
d'un rouge de vermillon , et qui a sur la tête une huppe 
blanche et courbée. On trouve en outre, dans ses notes, les 
phrases par lesquelles Steller a caractérisé ces deux espèces, 
et qui sont ainsi conçues : 1.° mergus marinus niger , ventre 
albo , plumis angustis albis cristatus ; 2.° mergus marinus totiis 
niger , cristatus, ro$lro rubro. La première de ces espèces pa- 
roît se rapporter à Valca psittacnla, alque ou pingouin -per- 
roquet de Pallas ( Spicil. , fasc. 5 , pag. i3 , tab. 2 , et tab. 5 , 
fig. 4-6 ) de Gmelin et de Latham ; et la seconde à Valca cris- 
tatella des mêmes , qui est décrite par Pallas , dans l'ou- 
vrage cité, /aie, id., pag. 18 et suivantes, et figurée pi. 5- 
et5,n."'7-Q. 



GLO 77 

A l'égard des gloupichis , ou glopisha, suivant la traductioa 
d'Eidous, leur taille est couipaiée, dans la version de ce der- 
nier ( Histoire de Kamstchatka ) , à celle d'un cormoran de ri- 
vière ordinaire , et dans la description du même pays qui forme 
le troisième volume in-4.'' du Voyage en Sibérie de l'abbé 
Chappe d'Hauteroche, à celle des hirondelles de rivière. Suivant 
les deux versions, il y en a de gris, de blancs et de noirs: leur 
nom, synonyme de stapide dans la langue kamtschadale, pa- 
roit venir de leur habitude de se poser sur les vaisseaux 
qu'ils rencontrent. Steller en a vu d'aussi gros qu'une oie et 
même qu'un aigle , lesquels avoient le bec crochu et jau- 
nâtre , les yeux très -grands, le plumage d'une couleur 
d'ombre, avec des taches blanches sur tout le corps. 

Le terme impropre dliirondelle de rivière pouvant d'autant 
plus faire supposer une faute dans la seconde version, que 
l'on trouve dans la première le mot cormoran, oiseau dont la 
taille est bien plus rapprochée de celle de l'oie , citée dans 
le même article, on est fondé à penser que les gloupichis 
ne sont pas de la même espèce que les slarikis, et que si les 
premiers appartiennent au même genre , c'est-à-dire aux 
alques ou pingouins, ils ont plus de rapport avec la grande 
espèce, alca impennis , Pall. , Lath. et Gmel. ; mais leur des- 
cription est si succincte qu'on ne peut rien décider sur ce 
point ; et comme ni le texte de Krascheninnikow, ni le vo- 
cabulaire qui le suif , ne contiennent de rapprochemens syno- 
nymiques, il paroit prudent de suspendre, à leur égard, un 
jugement que des éclaircissemens ultérieurs pourroient in- 
firmer. 

Quoi qu'il en soit , les starikis et les gloupichis se retirent 
pendant la nuit sur les rochers, où ils font aussi leurs petits, 
et les habitans des îles Kouriles, qui les prennent facilement, 
en employant, pour cet effet, divers artifices assez grossiers, 
expriment de leurs corps, par la simple pression de la peau, 
une graisse qu'ils emploient à l'éclairage. (Ch. D.) 

GLOUSSEMENT. {Omith.) On appelle ainsi le cri plaintif 
par lequel la poule marque son tendre attachement à ses 
poussins, et les rappelle près d'elle dans les momens de dan- 
ger. (Ch.D.) 

GLOUT. ( Omith.) Yoyçz Clottis. ( Ch. D.^ 



,J fxLO 

GLOUTERON(i^'oL), un des noms vulgaires delà bardane, 
arctium lappa de Linnœus, lappa de Tragus, Césalpin et Tour- 
nefort , laquelle doit conserver ce deriûer nom , soit pour être 
distinguée de rarcfium de Daléchamps, autre genre de com- 
posée ; soit parce qu'ayant une fructilication hérissée , elle sert 
en quelque manière de type pour des fructifications chargées 
d'aspérités ou pointes, désignées en latin sous le nom de fruc- 
fus lappaceus. On nomme encore petit glouteron le xanlhium 
sCrumarium, plus connu sous la dénomination de lampourde. 

Ces deux plantes sont encore dans quelques livres sous le 
nom de glouteron. On donne aussi ce nom au caille-lait accro- 
chant. (J. ) 

GLOUTON. [Mamm.) Ce nom a été donné à l'animal qui 
le porte, à cause de l'idée exagérée qu'on s'étolt faite de sa 
voracité-, et de nom propre il est devenu commun, c'est-à- 
dire , celui du genre dont le glouton proprement dit fait 
partie. 

Les gloutons sont des animaux dont la chair fait la prin- 
cipale nourriture. Leur taille est médiocre, ils sont bas sur 
jambes, leurs formes sont épaisses, leur tête eut large et 
obtuse, et leurs allures sont assez lourdes : c'est qu'ils ne mar- 
chent point sur l'extrémité des doigts, comme les carnassiers 
dont les mouvemens sont légers, mais sur la plante entière 
du pied comme les ours. Leur pelage est épais ou rare , fin 
ou dur, suivant les contrées qui sont propres à chaque espèce : 
mais tous sont remarquables par la diff'érence tranchée qui 
existe entre la couleur des parties inférieures de leur corps 
et celle des parties supérieures. Ils ressemblent aux martes 
par les organes de la mastication : chez tous on trouve une 
molaire tuberculeuse à chaque uiàchoire , et les carnassières 
ordinaires; mais le nombre des fausses molaires varie. Ils ont 
six incisives à l'une et à l'autre mâchoire , et deux canines. 
Comme nous l'avons déjà dit , ils marchent sur la plante entière 
«lu pied , et ils ont aux membres antérieurs comme aux 
postérieurs, cinq doigts armés d'ongles propres à fouir. Leurs 
autres organes extérieurs ne sont point connus d'une manière 
générale, une seule espèce ayant été examinée avec quelques 
détails. Ce sont des animaux très -carnassiers , très -féroces , 
qui vivent d'une manière analogue aux martes, et quelques 



GLO ^^ 

■uns se fouissent des terriers. lis ne paroisscnt point difficiles 
à apprivoiser. On n'en connoit encore que trois espèces : 
l'une habite les régions boréales, et les autres la zone torride. 

Le Glouto>j , Vrsus gulo, Linn. -, Buffon , Supp., t. III , pi. 48, 
Il a la taille d'un chien de moyenne grandeur ; sa longueur, du 
bout du nez à l'origine de la queue , est d'environ deux pieds. 
Tout son corps est couvert d'un poil épais qui fait de S3 
peau une assez bonne fourrure. Les poils laineux sont blan- 
châtres; les soyeux, qui donnent la couleur à cet animal, sont 
noirs sur le dos , sur la queue , sur les quatre jambes et sous le 
ventre, et roux sur les épaules et les côtés du corps; la tête 
qui, comme les jambes , est revêtue de poils ras, est variée 
de noir et de blanc, et l'on trouve encore des traces de cette 
couleur sous la gorge et sur la poitrine. La queue est très- 
touffue. Voici ce que Buflfon dit du naturel d'un glouton qui 
lui avoit été envoyé du nord de la Russie, et qu'il a gardé 
pendant dix-huit mois: « Il étoit si fort privé qu'il ne faisoit 
« de mal à personne. Sa voracité a été aussi exagérée que sa 
« cruauté ; il est vrai qu'il mangeoit beaucoup, mais il n'im- 
« portunoit vivement ni fréquemment quand on le privoit 
« de nourriture. Lorsqu'il avoit bien mangé, et qu'il restoit 
« de la viande, il avoit soin de la ca -her dans sa cage et de 
« la couvrir de paille. En buvant il lappe couime un chien. Il 
4( n'a aucun cri. Quand il a bu , il jette avec ses patts ce qui 
« reste d'eau par-dessous son ventre-, il est rare de le voir 
« tranquille, parce qu'il remue toujours; il mange goulu- 
« ment , et auroit mangé quatre livres de viande si on les 
« lui eût données. ^ Il est bien vraisemblable que cette espèce 
se trouve en Amérique, et que c'est un glouton de ce con- 
tinent qu'Edwards a fait représeuter, pi, io3 , sous le nom de 
wolverenne , et dont Graelin a fait son ursus luscus. 

LcGrison, Vivtrravittata ^ Linn.: Hist.nat.des Mammifères, 
par Ant. Geoffroy - Saint -Hilaire et Fréd. Cuvier. C'est dans 
cet ouvrage qu'on trouve la seule bonne figure du grison, 
parce que c'est la seule qui ait été faite d'après un animal 
vivant. 

Le grison a vingt pouces de l'origine de la queue à l'extré- 
mité du museau, et sa queue a sept pouces -, sa hauteur est 
de neuf pouces environ. La plante de ses pieds est nue, et 



«o GLO 

SCS doigts sont réunis par une membrane jusqu'à la dernière 
phalange. Sa verge se dirige en avant, et le scrotum est 
libre et nu ; le museau est terminé par un muile , sur les 
côtés duquel s'ouvrent les narines; les oreilles, très-petites, 
sont simples et sans lobules; la langue est rude; les yeux à 
pupilles rondes, et les moustaches naissent de chaque côté 
du museau sur la lèvre supérieure. Il a les deux sortes de 
poils: le laineux est gris, le soyeux noir ou annelé de noir et 
blanc ; il est très-long sur le dos, les flancs et la queue, et 
beaucoup plus court sur le museau, la tête et les pâtes. Les 
fausses molaires sont au nombre de deux à la mâchoire supé- 
rieure, et de quatre à l'inférieure. Il est d'un gris sale, prove- 
nant des poils annelés de noir et de blanc, sur la tête et le cou , 
sur le dos, les lianes, Ja croupe et à la queue; toutes les autres 
parties sont noires ; enfin , du gris blanchâtre forme une 
ligne de chaque côté de la tête, qui vient se perdre sur les 
côtes du cou. On le trouve dans les parties chaudes de l'Amé- 
rique méridionale. 

Allamand a le premier fait connoître cet animal, mais par 
une figure imparfaite. Buffon en a aussi parlé sous le nom 
de fouine de la Guiane (Supp. , t. III, pi. 20, p. 25o). Le 
capitaine Stedmann nous a ensuite appris, dans son Voyage, 
qu'à Surinam on nomme le grison craboadago , et M. d'Azara 
lious donne sur cette espèce de glouton quelques détails inté- 
ressans. ( Mémoires du Paraguai, traduction françoisc, t. 1 , 
p. 190.) 

Ces animaux se creusent des terriers. Les mâles et les fe- 
melles sont semblables, et les jeunes ressemblent aux adultes ; 
lorsqu'on les irrite, ils répandent une forte odeur de musc- 
les femelles paroissent mettre bas eu octobre, ce qui re- 
porteroit l'époque de l'accouplement en été: elles ont huit 
mamelles. 

LcTayra , Mustella barbata, Linn. ; Buff. ,Supp. VII, fig. 60. 
Marcgrave ( Hist. nat. du Brés. ,p. 254 ) a le premier fait con- 
noître cet animal sous le nom de carigueibeiu. Brown ensuite, 
dans son Histoire naturelle de la Jamaïque , en a parlé sous 
le nom de galera, et en a donné une figure. Buffon, à sou 
tour, l'a figuré et décrit avec la dénomination de grande 
marte delà Guiane; et, enfin, M. d'Azara en a décrit plusieurs 



GLU 8» 

individus avec beaucoup de détails. Ce sont là les sources 
principales de l'histoire du tayra. 

La grandeur de cet animal est de vingt à vingt- quatre 
pouces depuis l'extréïnité du museau jusqu'à l'origine de la 
queue, et celle-ci a de quatorze à quinze pouces; sa hauteur 
est d'environ neuf pouces. Son corps et ses membres sont d'un 
noir brun; sa tête est grise, et le dessous de son cou, depuis 
la gorge jusqu'à la poitrine, est blanc. Il aies pieds de derrière 
palmés , la langue rude des chats , les oreilles extérieures 
peu développées et arrondies ; des moustaches garnissent ses 
lèvres ; la verge se dirige en avant , les testicules sont dans 
un scrotum apparent , et les mamelles sont au nombre de 
quatre. 

Les tayras vivent dans des terriers, et répandent une forte 
odeur de musc ; ils portent toujours leur queue horizontale- 
ment. Ils habitent, ainsi que les grisons, dans la Guiane, le 
Brésil, etc. (F.C.) 

GLOXINIA. {Bot. ) Voyez Cornaret. (Poik.) 

GLU , GLUAUX. (Avicept.) I/espèce de saule que l'on cultive 
en saussaies, et dont se servent les tonneliers, passe pour être 
la plus propre à faire de bons gluaux , lorsque les tiges sont 
coupées à l'époque où l'on peut en ôter les feuilles sans que 
leurs cimes se cassent. On doit choisir les plus minces et 
Its plus droites. Après les avoir exposées au soleil ou dans 
un endroit chaud pendant deux heures, et en avoir enlevé 
les feuilles, on les coupe toutes de la longueur de quinze 
ou seize pouces, et l'on en aiguise ie plus gros bout en forme 
de coin. Afin d'empêcher que ces bouts ne s'émoussent et 
ne puissent pénétrer dans les entailles des branches prépa- 
rées pour recevoir les gluaux, on les endurcit en les exposant 
sur de la braise allumée, ou en les mettant sur des cendres 
fort chaudes. 

La glu qu'on emploie pour enduire les tiges de saule , 
se fait avec de l'écorce de houx pilée, mise en fermenta- 
tion, lavée et battue. On détache facilement cette écorce 
en faisant d'abord bouillir les branches coupées en morceaux 
dans un chaudron plein d'eau , et elle se broie et se pile dans 
des mortiers ; puis on la met dans des pots de terre, qu'on 
expose pendant quinze jours dans un lieu où la chaleur est 



8. GLU 

concentrée. Quand Todeur qui s'en exhale prouve que l'ëcorci* 
a suflisammeut fermenté, ou la retire des pots, ou la lave 
pour en nettoyer les scories , et on la bat. On fait aussi de 
la glu avec de l'écorce «le gui, mais elle est de moins bonne 
qualité. 

Au lieu de l'eau que certaines personnes mettent dans les 
pots, afin d'éviter que la glu ne s'attache aux parois, il est 
préférable d'employer de l'huile d'olive fraîche, en petite 
quantité. A défaut de cette sorte d'huile, on peut se servir 
d'huile de navette y de noix ou de lin; mais, si elle étoit 
vieille , elle pourroit produire une odeur désagréable qui 
écarteroit les oiseaux. 

Pour engluer les tiges de saule qu'on a préparées, on s'en- 
duit les mains d'huile, et, après avoir pris dans l'une une 
portion de glu de la grosseur d'une noix, on en frotte suc- 
cessivement les baguettes qu'on tient de l'autre, de manière 
qu'il n'y ait d'endroit non couvert de cette substance que 
la pointe effilée du gros bout et l'espace nécessaire au-dessus 
pour pouvoir les tendre et détendre sans en imprégner les 
doigts. Les gluaux ainsi préparés s'enferment dans une boîte 
huilée. 

C'est surtout pour la pipée que l'on fiiit usage de la glu, 
et on a donné sous le mot Becs -fins, tom.IV. p. :2 i6 et suiv. 
de ce Dictionnaire , des détails assez étendus sur cette chasse ; 
mais les gluaux servent encore à deux autres. La première, 
qui a lieu depuis le mois de septembre jusqu'au mois d'avril, 
se pratique eu choisissant dans une pièce de terre un endroit 
éloigné des grands arbres et des haies : on l'appelle chasse au 
buisson englué. Après avoir fiché en terre trois ou quatre 
branches de taillis hautes de cinq ou six pieds, et entrelacé 
leurs cimes les unes dans les autres, pour leur donner l'appa- 
rence et la consistance d'un buisson, on en couvre le haut 
avec deux ou trois branches touflues d'épine noire; on fend 
avec uu couteau le gros bout de cinquante à soixante petits 
gluaux, et on les arrange en diveis endroits du buisson fac- 
tice, 'le manière que l'oiseau ne puisse se placer dessus sans 
eng'ucr ses plumes. Pour attirer les oiseaux des environs, on 
place à environ trois pieds de distance des individus privés, 
de la même espèce, sur de petites fourchettes de bois de sis 



GLU 8$ 

pieds de haulcnr, et , si l'on veut en augoîcnter le nombre 
on attache ceux qu'on a pris les premiers sur quelques ba- 
guettes du haut du buisson; après quoi l'on s'écarte à quarante 
pas avec une ficelle tenant à ces baguettes, que l'on fait ainsi 
remuer. 

La seconde chasse, celle de Vahreuvoir englué, se pratique 
vers la fin de juillet, époque à laquelle les oiseaux sont plus 
altérés, en plantant beaucoup de gluaux, longs d'un pied, 
sur les bords d'une mare fréquentée par les oiseaux. Ces 
gluaux, placés à distances égales, se couchent à deux doigts 
d'élévation de terre, sans les faire toucher, et l'on environne 
de petites branches las côtés de la mare où l'on n'en a pas 
luis. Comme les oiseaux qui viennent boire ne descendent que 
pat- degrés vers l'endroit de la mare qui leur semble le plus 
propice , des chasseurs expérimentés placent , en outre, à 
l'endroit le plus apparent des environs de la mare, trois ou 
quatre branches assez hautes, dont ils coupent les rameaux 
du côté de l'eau , et ils les couvrent de gluaux. Les momens 
les plus favorables pour cette chasse sont de dix à onze heures 
du matin, de deux à trois heures après midi, et une heure 
et demie avant le coucher du soleil. C'est pendant les grandes 
ehaleurs qu'on doit attendre le plus de succès de cette chasse, 
à laquelle la rosée et la pluie sont nuisibles. (Ch.D.) 

GLUCINE. ( Chim. ) La glucine est une base salifiable qui 
passe ^généralement pour être l'oxide d'un métal appelé 
glucinium. Le nom de glucine vient deyXv^vç, doux, sucré, 
parce que les sels solubles de glucine ont une, saveur douce, 
sucrée. Elle fut découverte dans l'émeraude, en 1798, par 
M. Vauquelin. 

Propriétés physiques. 

Elle est blanche , douce au toucher. Ekeberg porte sa den- 
sité à 2,967. Elle n'a ni saveur ni odeur. Elle happe à la langue , 
comme tous les corps susceptiiîles d'imbiber l'eau, 

Propriétés chimiques. 

Elle est infusible et indécomposable par l'action de la cha- 
leur, de la lumière et de l'électrité. Lorsqu'on l'expose au 
feu , elle n'éprouve qu'un très-léger retrait. 

6. 



84 CxLU 

Les corps simples non métalliques , et vraisemblablement 
les métaux des 5, 4 et 5.* sections, sont sans action sur elle. 

Eîle est insoluble dans l'eau j mais elle peut s'y combiner 
et former un hydrate. 

Action des acides. 

L'acide sulfurique dissout très-bien la glucine divisée , ef 
surtout l'hydrate; il forme un sel qui ne cristallise pas. Le 
sulfate de glucine diffère en cela du sulfate d'alumine, qui 
cristallise en petits feuillets réunis en étoiles. Le sulfate de 
glucine n'est pas susceptible de former un sel double cristal- 
lisable lorsqu'on mêle sa solution avec une solution de sulfate 
de potasse : cette propriété le distingue encore du sulfate 
d'alumine. 

Le nitrate, l'hydrochlorate de glucine sont solubles. 

Il en est de même de l'acétate ; ce sel ne cristallise pas : 
quand on en fait évaporer la solution, il reste une substance 
qui a l'aspect d'un mucilage, et qui se redissout en totalité 
dans l'eau. L'acétate de glucine diffère, par cette propriété, 
de l'acétate d'alumine, qui se réduit par l'éyaporation en ua 
80us-acétate insoluble. 

La glucine forme avec l'acide oxalique un sel très-soluble. 

L'acide hydrosulfurique la dissout , mais en petite quantité. 

L'acide succinique forme avec elle un sel insoluble-, car 
Ekeberg a ©bservé que les succinates précipitent les solutions 
de glucine. 

Le prussiate de potasse et la noix de galle n'ont pas d'action 
sur les sels solubles de glucine; c'est une ressemblance qu'ils 
ont avec les sels d'alumine. 

Tous les sels solubles de glucine ont une saveur légèrement 
astringente et sucrée. 

Action des alcalis et du sous-carbonate d'' ammoniaque. 

Les eaux de potasse, de soude, que l'on verse dans des 
solutions de glucine, précipitent cette base .- un excès d'alcali 
la redissout. Pour séparer la glucine d'une solution alcaline, 
il faut neutraliser celle-ci par l'hydrochlorate d'ammoniaque, 
ou sursaturer encore la solution par les acides sulfurique , 
nitrique ou hydrochlorique , et y verser ensuite de l'ammo- 



GLU S9 

nîaque. Une solution concentrée de sous-carbonate d'ammo- 
niaque, mêlée à une solution de glucine étendue, précipite un 
sous-carbonate de cette base, qu'on peut redissoudre ensuite 
dans un excès de sous-carbonate d'ammoniaque. Cette propriété 
distingue la glucine de l'alumine , qui se rapproche d'ailleurs 
de la glucine par sa solubilité dans les eaux de potasse et de 
soude. On sépare la glucine du sous-carbonate d'ammoniaque, 
en faisant bouillir la dissolution; le sous-carbonate alcalin se 
volatilise , et le sous-carbonate de glucine se précipite. 

L'ammoniaque ne dissout pas sensiblement la glucine. 

La glucine peut s'unir à an grand nombre de principes 
colorans. 

Préparation de la glucine. 

On pulvérise de l'émeraude de France dans un mortier de 
silex-, on en met i partie dans un creuset d'argent avec 3 
parties de potasse à l'alcool, et i partie d'eau; on fait chauf- 
fer très-doucement, et on agite les matières , afin de les mêler 
intimement. Lorsque toute l'eau est évaporée, on pousse la 
chaleur jusqu'au rouge cerise, et l'on maintient cette tempé- 
rature pendant une demi-heure environ. 

On retire le creuset du feu, on le laisse refroidir; puis, 
après l'avoir bien nettoyé extérieurement, on détache avec 
de l'eau la matière qui y est contenue, et on la verse dans 
une capsule de porcelaine. La matière doit être étendue d'une 
quantité d'eau égale à environ loo fois le poids de l'émeraude 
soumise à l'analyse ; on ajoute ensuite au liquide un excès 
d'acide hydrochlorique ; si la pierre a été bien attaquée, 
tout doit être dissous. On fait évaporer la liqueur à siccité 
en ayant soin de remuer sur la fin de l'opération : on chasse 
par ce moyen l'acide hydrochlorique qui étoit en excès et 
celui qui tenoit la silice en dissolution ;, on remet de l'eau sur 
le résidu, on ajoute un peu d'acide hydrochlorique, on filtre 
et on lave bien le résidu , qui est la silice. 

Le lavage contient du chlorure de potassium, des hydro- 
chloratesde chaux, de peroxide de fer, d'alumine et de glu- 
cine. On précipite toutes ces bases parle sous -carbonate de 
potasse; on décante le liquide; on passe une ou deux eaux sur 
le précipité dans le llacon même où il a été produit; puis on le 



85 GLU 

dissout dans l'acide hydrochlorique, et on mêle la solutîoiï 
avec un excès de potasse à l'alcool. Celle-ci dissout la glucine 
et l'alumine , tandis qu'elle précipite la chaux et l'oxide de fer. 

On jette le tout dans un filtre: on lave le filtre, on sur- 
sature la liqueur alcaline par de l'acide hydrochlorique; on 
y verse du sous-carbonate d'ammoniaque en excès ; par ce 
moyen on précipite l'alumine, et on obtient une dissolution 
de giucine dans le sous-carbonate d'ammoniaque ; en faisant 
bouillir celte dernière, on précipite du sous-carbonate de 
giucine , qui, étant lavé, puis calciné, donne de la giucine 
pure. ( Ch.) 

GLUE DE CHÊNE (Bot.), nom vulgaire de la fistuline, 
champignon commun dans nos bois sur les troncs des gros 
arbres, et particulièrement sur ceux des chênes. Voyez Fistu- 
line. (Lem.) 

GLUET. {Bot.) Dansl'lle-de-Bourbon, suivant Commersoi», 
on nomme ainsi un lorante , loranthus spicatus. (J.) 

GLUMACÉ[Péiiianthe simple] (Bot.) : d'un tissu sec etdur 
comme la glume des graminées; tel est, par exemple, celui 
de la fleur du jonc. (Mass.) 

GLUME (iîo^) : Gluma, Juss. ; Calix , Linn.; Lepicena, Rich.5 
Tegmen , Beauv. Enveloppe extérieure des fleurs des grami- 
nées, formée quelquefois d'une bractée (ivraie ) , mais ordi- 
nairement de deux bractées ( seigle ) minces et sèches, en 
forme d'écaillés , ou de nacelles, ou de spathelles ( petites 
spathes) , spatheUa; , Desv. ; valvœ, Linn., Juss.; paleœ, Rich. ; 
legmen, Beauv. : contenant tantôt une seule fleur (orge, etc.) , 
tantôt plusieurs fleurs (seigle, ivraie, etc.). 

Sous la glume est la Glumelle [glumella , Desv.-, calix. Linn.; 
corolla , Juss.; stragula, Beauv.; lepicena. Rich.) , enveloppe 
immédiate de chaque fleur, et formée d'une ou de deux spa- 
thellules {spathellulœ , Mirh. ■,spathella:, Desv.; glumœ, Beuuv. : 
paleœ, Rich.), façonnées comme les spathelles de la glume, 
et n'en difierant guère que par la position. 

Sous la glumelle est la Lodicule ( lodicula , Beauv. ; glumella , 
"Kich.; glumdlula, Desv.) ? formée de paléoles (pci/eote, Rich.; 
spathellulcE , Desv.; squamœ , Linn.), très-petites écailles pé(a- 
loïdes , placées sur le réceptacle avec les organes sexuels, et 
n'existant que dans un certain nombre de graminées. (Mass.) 



GLU e? 

GLUMÉE [Fleur] {Bot.), dont les organes sexuels sont 
accompagnés de glumes (blé, seigle , scirpe, etc.). (Mass.) 
GLUPISHA. {Ornith.) Voyez Gloupichi. (Ch.D.) 
GLUSZEC. ( Ornith.) Ce nom polonois du grand tétras , tétras 
vrogallus, Linn., s'applique au bruant des prés, emberiza cia, 
lorsqu'il est terminé par un k. (Ch. D.) 

GLUTA. (Bot.) Genre de plantes dicotylédones, à fleurs 
complètes, polypétalées, régulières, dont la famille natu- 
relle n'est pas encore déterminée, et qui appartient à la 
pentandrie monogjnie de Linnaeus : son caractère essentiel 
consiste dans un calice membraneux , campanule et caduc ; 
cinq pétales plus longs que le calice , connivens dans leur 
partie inférieure avec la colonne qui soutient l'ovaire, ou- 
verts à leur sommet; cinq élamines placées sous l'ovaire au 
sommet de la colonne qui le soutient ; les anthères versa- 
tiles ; un ovaire porté sur un support en forme de colonne , 
surmonté d'un style et d'un stigmate simple. Le fruit n'est 
point connu. 

Ce genre , remarquable par le caractère assez singulier de 
ses fleurs, n'est encore que très-imparfaitement connu. Si l'on 
sépare les pétales de la colonne de l'ovaire , à laquelle il» 
semblent collés ou agglutinés , dit M. de Lamarck , la situa- 
tion des étamines se présente alors sous le même aspect que 
dans les grenadilles : néanmoins ce genre paroit avoir de 
grands rapports avec les sterculia , beaucoup moins avec les 
grenadilles. Il ne renferme jusqu'à présent qu'une seule espèce. 
Gr.UTA DE Java ; Gluta benghas, Linn., Mant., 160 et agS. 
Arbre de l'île de Java, dont les rameaux sont chargés vers 
leur sommet de feuilles alternes, sessiles , élargies, lancéo- 
lées, nues, veinées, presque longues d'un pied; les feuilles 
qui naissent sur les rameaux fleuris , sont plus rapprochées, 
plus obtuses, et n'ont que quatre pouces de longueur; les 
fleurs sont pédonculées , de la grandeur de celles du chou , 
disposées en un panicule terminal. Leur calice est cam- 
panule, obtus, plus court que l'ovaire; la corolle composée 
de cinq pétales lancéolés; les filamens des étamines sétacés ; 
les anthères arrondies et versatiles ; l'ovaire ovoide, pédicellé ; 
le style médiocre. ( Poia. ) 

GLUTAGO. (Bot.) Genre établi par Commerson , qui ap- 



S8 GLU 

partîent anx loranthus. Il paroît même différer très-peu 
du loranthus coriaceus. Son calice est à cinq dents à peine 
sensibles , accompagné de deux écailles à sa base. La corolle 
est d'abord tubulée , puis fendue latéralement , et forme 
•une languette plane, divisée en cinq à son sommet ; les divi- 
sions, roulées en dehors, soutenant cinq étamines. Les baies 
sont glutineuses et monospermes. Voyez Loranthe. ( Poir. ) 

GLUTEN et GLUTINEUX {Chim.) , noms que l'on adonnés 
au principe immédiat de la farine de froment, qui est très- 
azoté. Nous préférons le nom de gluten au mot glutineux, par 
la raison que le premier est un substantif, tandis que le se- 
cond est employé dans le langage ordinaire comme adjectif. 

Préparation. Elle est décrite tome XVI, pag. i83. 

Propriétés physiques. 

Le gluten frais, ou le gluten qui contient de l'eau, est 
d'un blanc grisâtre : il a une odeur légère de sperme; il 
est insipide, difficile à mâcher; il est doué d'une élasticité re- 
marquable , car un morceau d'un pouce cube environ peut 
s'étendre en un cylindre de dix pouces. Si , au lieu de le 
tirer en deux sens opposés , on le tire en plusieurs sens à la 
fois, ou l'étend en une sorte de membrane satinée, brillante 
et demi-transparente. 

Le gluten, en perdant son eau, perd toute son élasticité; il 
devient d'un brun légèrement jaunâtre : quand on Ta desséché 

en pli que mince sur un plan de porcelaine, il est translucide, 

cassant ; sa cassure est vitreuse. 

Nous attribuons à l'eau l'élasticité du gluten frais; mais nous 
Ignorons l'état d'union de ces corps : nous ne pouvons que le 

rapprocher de celui oîi se trouve l'eau dans le Tissu élastique 

JAUNE DES Anijiaîîx (voycz cc mot) , et dans plusieurs autres 

substances organiques solides. 

Propriétés chimiques. 

(a) Cas où le gluten agit par attraction résultante. 

Le gluten est insoluble dans l'eau froide qu'on laisse ma- 
cérer avec lui pendant quelques heures: mais, à la longue, une 
portion est dissoute. Cette solution est assez visqueuse pour écu- 



GLU ^ 

mer par l'agitation. Le chlore et la noix de galle en précipitent 
du gluten. Quand on l'expose à l'action de la chaleur, il s'en 
sépare des flocons. 

Le gluten frais, mis dans l'eau bouillante , paroît perdre l'eau 
qui lui donne son élasticité ; car alors il est susceptible d'être 
divisé en petits morceaux. 

Le gluten sec peut se conserver indéfiniment. 

Lorsqu'on traite le gluten par l'alcool à la température 
ordinaire, on en sépare un peu d'Jiuile, laquelle est unie à 
vn principe colorant jaune, et à un principe volatil qui 
lui donne l'odeur de la farine (voyez t. XVI, pag. i85) ; mais 
le gluten ne se dissout pas dans l'alcool. 

L'éther ne le dissout pas; il est probable que son action se 
borne à dissoudre un peu d'huile. 

L'acide acétique concentré le dissout sans lui faire éprou- 
ver d'altération bien sensible ; car , en neutralisant l'acide 
avec précaution, on peut obtenir, au moins d'une dissolution 
récente , un précipité floconneux dont les parties se rap- 
prochent et finissent par se réunir en filamens qui ont l'é- 
lasticité du gluten. La solution acétique est visqueuse; elle 
n'est jamais parfaitement transparente ; elle précipite abon- 
damment parle chlore, et par l'infusion de noix de galle. 

Les substances astringentes, notamment celle delà noix de 
galle, s'unissent au gluten, et forment des composés qui sont 
beaucoup moins altérables que ce dernier, et qui, sous ce 
rapport , peuvent être comparés à la peau tannée. 

Le gluten s'unit aux principes colorans. 

(t) Cas où le gluten agit par affinités élémentaires. 

Suivant Fourcroy et M.Vauquelin, le gluten frais que l'on 
met dans l'eau de chlore, se ramollit d'abord, et semble se 
dissoudre; mais il ne tarde pas à se réduire en une substance 
floconneuse jaunâtre, qui devient transparente et verdàtre 
en se desséchant. Cette substance exhale du chlore quand on 
la chauffe doucement; le résidu a l'aspect du gluten non altéré : 
cependant il est vraisemblable que le chlore , en se fixant au 
gluten, en soustrait un peu d'hydrogène avec lequel il pro- 
duit de l'acide hydrochlorique. L'eau a beaucoup moins d'ac- 
tion sur le composé de chlore et de gluten , que sur le gluten ; 



^o GLU 

car, pour peu que l'eau contieuiie de ce corps en dissolution ♦ 
le chlore l'en précipite en flocons. 

L'acide swlfurique concentré, mis avec du gluten, se colore 
d'abord en violet, puis en noir-, il y a dégagement de gaz hy- 
drogène, production d'eau et d'ammoniaque et du charboa 
à nu. (FouRCROY.) 

L'acide nitrique à 32°, chauffé sur le gluten, donne lieu à 
•un dégagement de gaz azote; le gluten disparoit peu à peu , il 
se convertit en eau, en acide carbonique, en ammoniaque, 
en acides malique et oxalique, eu matière jaune amère, enfin 
en une substance grasse, qui ne se dissout pas dans le liquide, 
au moins pour la plus grande partie. 

L'acide hydrochlorique un peu étendu dissout le gluten à 
chaud, mais celui-ci paroit éprouver quelque altération. 

La potasse et la soude en dissolution dans l'eau, mises en 
digestion avec le gluten, forment un liquide d'un jaune brun 
qui n'est pas transparent ; pendant cette opération, il y a un 
dégagement notable d'ammoniaque. Le gluten est certaine- 
ment très-altéré par l'action de l'alcali; car, en neutralisant 
fce dernier par un acide, on sépare une matière qui n'a aucune 
élasticité, et qui diffère beaucoup du gluten, quoique cepen- 
dant elle contienne encore de l'azote. 

Le gluten distillé donne tous les produits d'une matière ani- 
male, c'est-à-dire, des gaz acide carbonique, oxide de carbone, 
hydrogène carburé; du sous-carbonate d'ammoniaque , dont 
une partie se condense en cristaux sur les parois de l'alonge 
adaptée à la cornue où se fait la distillation ; de l'eau chargée 
d'acétate et de sous- carbonate d'ammoniaque; deux huiles 
empireumatiques , dont l'une est jaune , l'autre brune ; un 
charbon azoté, spongieux, brillant , qui forme du cyanogène 
quand on le calcine avec la potasse : ce charbon contient du 
phosphate de chaux; il est difficile à incinérer. 

Changement que le gluten abandonné dans Veau et exposé à ia",5- 
éprouve spontanément. 

Rouelle, Fourcroy et M. Vauquelin ont examiné plusieurs 
des résultats de ce changement; M. Proust, qui a repris ce 
travail après ces savans, a découvert des faits importans que 
nous allons faire connoître îles principaux sont la découverte. 



GLU 9» 

de deux matières, Tune qu'il appelle acide caséique, et l'autre 
oxide caséeux, parce que le caillé du lait, qui est principale- 
ment formé de fromage ou caséum , produit ces matières lors- 
qu'il est placé dans les mêmes circonstances que le gluten. 

Une livre de gluten introduite dans une cloche pleine d'eau 
renversée dans un bain de ce liquide , a été exposée à une tem- 
pérature de 12°, 5 ; au bout de trois jours, elle avoit donné 
environ quarante-huit pouces cubes de gaz acide carbonique et 
trente-huit pouces d'hydrogène pur. (Il faut remarquer que 
le volume du gaz acide produit devoit être plus considérable 
par la raison que l'eau du bain avoit dû en dissoudre.) Le 
gluten a été comprimé avec une baguette de verre , abandonné 
plusieurs jours à lui-même , puis tiré de la cloche. Il étoit alors 
en une pâte grise, filante, acidulé, sans mauvaise odeur. In- 
troduit de nouveau dans la cloche, il a donné eu moins de huit 
jours trente pouces cubes d'acide carbonique, et trente pouces 
cubes d'hydrogène. 

M. Proust pense que ce sont ces gaz qui font lever la pâle 
de la farine de froment, et non les gaz produits par le sucre 
de cette farine. Il admet que le pain frais, outre l'acide acé- 
tique et l'ammouiaque , centient une portion d'air atmosphé- 
rique, qui a été introduite dans la pâte lorsqu'on Ta battue et 
malaxée. 

Le gluten qui a cessé d'émettre des gaz, gardé sous quel- 
ques pouces d'eau dans un bocal couvert d'une plaque de verre, 
a produit du phosphate, du carbonate, de l'acétate, du cascalc 
d'ammoniaque; de l'acide hydrosulfurique ; une matière inst;- 
iuble dans l'alcool , que M. Proust appelle gomme; enfin, de 
l'oxide caséeux. Il arrive un moment où l'eau est tellement 
chargée de sels, que la décomposition du gluten s'arrête; il 
est alors nécessaire de jeter la matièresur une toile, de passer 
de l'eau dessus, et de la remettre ensuite dans le bocal avec 
de l'eau pure. 

Les lavages évaporés dégagent de l'acide hydrosulfurique, du 
sous-carbonate et de l'acétate d'ammoniaque. Quand ils so:it 
réduits à la consistance de sirop , on couvre la masse d'alcool, 
et on agite ; l'oxide caséeux est précipité : on le lave avec 
l'alcool jusqu'à ce que celui-ci n'en sépare plus de matière 
sapide. 



s» GLU 

Les liqueurs alcooliques réunies déposent à la longue de la 
gomme; on peut accélérer ce dépôt en ajoutant aux liqueurs 
de l'alcool concentré. 

On décante la liqueur ëclaircie, on la distille ; on ajoute de 
l'eau au résidu avec deux onces environ de sous-carbonate de 
plomb pur, on fait bouillir : on obtient une solution d'acétate 
et de caséate de plomb, et un résidu formé de phosphate de 
plomb et du sous-carbonate de plomb qui étoit en excès. On 
filtre ; on fait passer un courant dacide hydrosulfurique dans 
la liqueur pour précipiter le plomb; on fait évaporer à con- 
sistance de sirop : l'acide acétique est volatisé , et l'acide ca- 
séique reste. On en reconnoft la pureté quand il ne trouble ni 
l'eau de chaux, ni les solutions de plomb , d'étain et de 
platine. 

Oxide caséeiix. 

On le purifie en le faisant dissoudre dans l'eau bouillante ; 
on filtre, on fait évaporer : l'oxide se dépose par la concen- 
tration et le refroidissement; on jette le tout sur un filtre, on 
lave l'oxide qui y reste avec un peu d'eau froide, on le fait 
sécher. 

L'oxide caséeux est blanc, léger, comme l'agaric des dro- 
gueries, insipide; l'eau ne le mouille pas : il se dissout dans 
ce liquide , à la température de 60°; cette solution répand une 
©deur de mie de pain. 

L'alcool bouillant n'en dissout qu'une très-petite quantité; 
parle refroidissement, il dépose de petits grains cristallins. 

L'éther chaud et les acides ne le dissolvent pas. 

La potasse le dissout rapidement. 

L'acide nitrique le dissout promptement à chaud; il se dé- 
gage du gaz nitreux, et il se produit de l'acide oxalique et un 
peu de jaune amer. 

Soumis à la distillation , il y en a une partie qui se sublime 
sans altération, et une autre qui se réduit en une huile concrète 
très-abondante en carbone: il nese produit que des traces d'eau 
et d'ammoniaque. 

Quand on la chauffe aveclecontact del'air, elles'enflamme 
facilement; et, comme les matières huileuses, sa flamme est 
blanche. 



GLU 95 

Acide caséique. 

ïl a l'aspect et la consistance d'un sirop de capillaire. 

Sa saveur est acide, arnère elfromageuse. 

Il se congèle en une masse grenue. 

Le chlore ne lui fait point éprouver de changement. 

L'acide nitrique le convertit très-promptement en acide 
oxalique et en acide benzoïque ; il se forme ensuite du jaune 
amer. 

Il précipite le nitrate d'argent en blanc ; le précipité jaunit , 
puis devient rougeàtre. 

Le chlorure d'or est précipité en jaune. 

Le perchlorure de mercure l'est en blanc. 

Il est sans action sur les dissolutions de fer, de cobalt, de 
nickel, de manganèse , de cuivre et de zinc. 

Il précipite en blanc par la noix de galle. 

Il forme avec l'ammoniaque un composé incristallisable , 
dont la saveur est salée, piquante, amère, fromageuse, mêlée 
d'un arriére-goût de viande rôtie. 

L'acide caséique donne à la distillation du sous-carbonate 
d'ammoniaque, de l'huile, de l'hydrogène huileux , un charbon 
volumineux. Pendant l'opération, il ne se manifeste pas d'odeur 
d'acide hydrocyanique. 

Usages. Le gluten est un des principes les plus nutritifs de 
la farine de froment; cVst cà lui qu'elle doit la propriété de 
former un pâte ductile avec l'eau (voyez Farine), susceptible 
de lever quand elle est abandonnée à elle même. (VoyezFEn- 
TMENTATiON PANAiRE.) On s'cst scrvi du glutcH frais pour réunir 
les morceaux des poteries cassées. 

M. Ch. E. Cadet a proposé d'employerle gluten qui a éprouvé 
un commencement d'altération , à plusieurs usages. Il expose 
du gluten frais pendant vingt-quatre jours dans une serre hu- 
mide ; puis il en sépare la couche extérieure ; la masse in- 
térieure, qu'il appelle gluten fermenté , ressemble à de la glu 
d'un blanc grisâtre. 11 traite cette masse par l'alcool ; une 
grande partie est dissoute .- il filtre et concentre la liqueur 
jusqu'à la consistance sirupeuse. Par ce moyen, il obtient un 
vernis transparent, qui adhère fortement au papier, au bois, 
au verre, sur lesquels on l'applique , et qui n'a point l'ia- 



fi't GLU 

canv('nient de s'écailler : ou peut le colorer avec de la céruSe^ 
du rninîiim , de l'indigo, du carmin. La solution alcoolique dit 
ghifen , fermentée , peu concentrée , mêlée avec de la chaux de 
manière à former une pâte molle, produit un lut excellent. 
(ChO 

GLUTINARIA. (Bot.) Ce nom, suivant Adanson, avoit élé 
donné par Heister à la sauge. Commerson Tavoit appliqué à 
vne espèce de badauiier, terminalia angustifolia , qui laissoit 
suinter de son écorce une résine d'abord molle, ayant quelque 
affinité avec le benjoin. (J.) 

GLUTT. (Ornith.) Voyei Glottis. (Ch. D.) 

GLUTTIER , Sapium. (Bol.) Genre de plantes dicotylé- 
dones , à fleurs monoïques, de la famille des euphorbiacées, 
de la monoécie monadelphie de l.innœus, très- voisin des tragia 
et des mancénilliers ( hippomane ) . offrant pour caractère 
essentiel : Des fleurs monoïques : les mâles composées d'un 
calice campanule, à deux, quelquefois trois dents : point 
de corolle ; deux éfaraines réunies à leur base , quelquefois 
en un seul filament : les anthères à deux lobes distincts, ou 
à quatre , quand les filamens sont réunis : dans les fleurs fe- 
melles, un calice campanule , très-court, à trois dents; point 
de corolle ; un ovaire supérieur j un style court ; trois stig- 
mates ouverts, aigus. Le fruit est une capsule à trois coques, 
à trois loges; une semence globuleuse dans chaque loge. 

Ce genre comprend des arbres lactescens , exotiques , à 
feuilles simples, alternes, munies de stipules; les pétioles 
pourvus très-S(îuvent de deux glandes à leur sommet ; les 
fleurs petites, disposées en épis, toutes unisexuelles , mais 
réunies sur les mêmes individus. Les fleurs mâles occupent 
ordinairement la partie supérieure de l'épi, et les femelles 
sont situées dans la partie inférieure; quelquefois cependant 
elles sont solitaires , axillaires ou terminales. Quoique ce 
genre soit très-rapproché du mancéuillier par ses fleurs , ii 
en diffère essentiellement par ses fruits, celui du mancéuil- 
lier étant une noix presque sphériquc, enveloppée d'un brou 
épais, charnu, lactescent, renfermant un gros noyau tuber- 
cule, divisé intérieurement en cinq à six loges monospermes. 
Jl est plus voisin des tragia. 

GtCTTiER PES OISELEURS : Sapium aucuparium ^ Jacq. , Amer. , 



GLU g5 

tah. i58, et Icon. pict., tab. liSy ^ Lamk , J/Z. gen, , tab, 732 ; 
Mancanilla , etc. , Plum. , Géra,, 5o , et /l/ne?-. , tab. i7i,fig. 2; 
Tithj malus arbor, etc., Pluk., Almag., Sb'g, tab. 2:20, fig. 8; 
Bippcmane higlandulosa, Linn. Arbre de l'Amérique méridio- 
nale, d'un port élégant, à cime luisante , qui s'élève à la 
hauteur de trente pieds: ses rameaux sont longs, nombreux, 
peu ramifiés, la plupart étendus horizontalement. Il coule 
goutte à goutte, de toutes ses parties, un suc blanc, gluti- 
neux , qui passe pour vénéneux. Les feuilles sont éparses , 
situées vers l'extrémité des rameaux, ovales - lancéolées , 
acuniinées, un peu coriaces, denticulées , longues de six 
pouces, a nervures transversales, nombreuses, fines et pa- 
rallèles; le pétiole court, rougeàtre, muni à son sommet de 
deux glandes oblongues, obtuses. Les fleurs sont disposées 
en é,,is lâches, terminaux, verdàtres , un peu épais, longs 
d'environ six pouces : les flours mâles occupent la partie su- 
périeure; les fleurs femelips celle du bas: ces Heurs sont ses- 
siles, munies chacune à leur base de deux glandes oblongues , 
obtuses, un peu planes, d'un vert jaunâtre; les calices d'un 
noir pourpre. 

Cette plante fournit, dans son pays natal, une sorte de 
glu, que les Américains emploient aux mêmes usages que 
celle que l'on retire eu France des écorccs du lioux et du 
gui: on entame le tronc' de l'arbre, et le lendemain on ra- 
masse le suc qui s'en est écoulé et qui s'est épaissi ; on s'en sert 
pour attraper les perroquets et autres oiseaux. On cultive 
ce gluttier dans Its serres du Jardin du Roi : il exige une 
forte chaleur et des arrosemens modérés. On ne peut le mul- 
tiplier que par marcottes , et encore difficilement: tous les 
deux ans il faut le changer de pot, et lui donner de la nou- 
velle terre. 

GLUniEa DE Zelaya ; Sapium zelayense , Kunth , in Humb. 
hov. Gen. etSpec, u , pag. 65. Celte espèce est très-rap- 
prochée du sapium aucuparium. Ses rameaux sont alternes, 
glabres, striés, garnis de feuilles alternes , médiocrement 
pétiolées, oblongues ou ovales, acumiiiées , obtuses et mu- 
nies de deux glandes à leur base, finement dentées en scie , 
glabres, veinées , réticulées, longues de deux pouces et plus, 
larges d'un pouce; le pétiole long de deux lignes, épaissi a 



9^> GLU 

sa base ; les épis droits, grêles, presque sessiles, solitaires et 
terminaux, longs d'environ deux pouces et demi, munis à 
leur base de quelques fleurs femelles ; les fleurs mâles très- 
petites . pédicellées , entremêlées de bractées ; le calice glabre, 
campanule, à deux lobes obtus ; deux étamines libres, tres- 
saillantes ; les anthères en cœur, à deux lobes .- dans les fleurs 
femelles, le calice du fruit est plan , agrandi, presque trian- 
gulaire et trilobé. Le fruit est une capsule glabre , d'un brun 
noirâtre , de la grosseur des fruits du prunier épineux , glo- 
buleuse , à trois coques. Cette plante croît dans les environs 
de Zelaya, au royaume de la Nouvelle-Grenade. 

Glutïierravé jSapium. lineatum , Lamk., Encycl. :i,pag. 704 ; 
Commers. , Herb. et Icon. Cette plante ressemble beaucoup au 
sapium aucuparium par ses épis de fleurs : c'est un petit ar- 
brisseau , très-laiteux, dont les rameaux sont d'un brun gri- 
sâtre , cylindriques, cassans, marqués de cicatrices; les feuilles 
éparses, rapprochées , ovales-lancéolées, légèrement créne- 
lées surleursbords, glabres, luisantes, longuesde cinqpouces, 
larges d'environ un pouce et demi, rayées par des nervures 
latérales, fines et parallèles ; le pétiole court , sans glandes à 
son sommet; mais on observe quelquefois de petites glandes 
rouges entre les crénelures des feuilles; les fleurs disposées en 
un épi terminal , linéaire , lâche et très-simple. D'après Com- 
merson , les fleurs mâles ont un calice à trois divisions, trois 
anthères jaunes, presque sessiles; le calice des femelles est à 
cinq divisions; le style trifide; les capsules glabres, à trois 
coques monospermes. Cette plante a été découverte par Com- 
merson dans l'île de Bourbon, avec une variété à feuilles 
plus étroites et moins lisses. 

Le sapium Icevigatum , Lamk. , 1. c. , difl'ère du précédent par 
ses feuilles non crénelées , ni denticulées sur leurs bords, etbien 
moins rayées; elles sont d'ailleurs plus grandes, très-lisses, 
mais parsemées à leur face supérieure de très-petits points 
écailleux et luisans, qui ne sont bien visibles qu'à la loupe. 
Commerson l'a recueilli dans les mêmes contrées : quant au 
sapium ohtusifolium , Lamk, 1. c. , découvert par le même à 
rUe-de-France , il se dislingue par la forme de ses feuilles 
éparses , ovales-cunéiformes, entières , coriaces, obtuses, un 
peu cartilagineuses à leurs bords, souvent u.n peu réfléchies 



GLU 97 

en dessous; les fleurs sont sessiles , réunies en épis glabres, 
très-simples, terminaux; le calice bifide dans les fleurs mâles ; 
deux étamines à anthères à deux lobes. Le fruit est une cap- 
sule à trois loges. 

Gluttier a fbcilles de saule : Sapium salicifoUum, Kunth , in 
Humb. ef Bonpl. Not'. Gen. etSpec, 2, pag. 65; vulgairement 
AzuSENiLLO. Arbre à suc laiteux, qui s'élève à la hauteur de 
vingt-quatre à trente pieds , dont Jes rameaux sont glabres , 
alternes, cylindriques ; les feuilles alternes, médiocrement 
pétiolées, lancéolées : les plus jeunes oblongues, lancéolées, 
aiguës, obtuses et munies de deux glandes à leur base, fine- 
ment dentées en scie à leurs bords , entourées de quelques 
glandes sessiles, veinées, réticulées , longues de deux à Irois 
pouces, larges d'un demi-pouce; la nervure du milieu sail- 
lante en dessous ; le pétiole long de trois ou quatre lignes. 
Les fleurs sont disposées en épis terminaux, puis latéraux, 
solitaires, pédoncules, grêles, longs de trois ou quatre pouces; 
ces fleurs sont petites, presque sessiles, par paquets agglo- 
mérés, entremêlés de bractées; le calice glabre, bifide, cam- 
panule; ses deux lobes ovales, concaves, un peu aigus; deux 
élamines saillantes, à fîlamens libres, à anthères bilobées. 
Cette plante croît sur les bords du fleuve de la Mag deleine , 
proche Moralis. 

Gldttier a feuilles OBTUSES; Sapium ohtusifolium, Kunth , I. c., 
pag. 63. Arbrisseau très-rameux , de douze à quinze pieds : ses 
rameaux sont épars , cylindriques, un peu ridés, garnis de 
feuilles éparses , rapprochées, très-médiocrement pétiolées, 
oblongues, obtuses, rétrécies à leur base, glabres, coriaces, 
d'un gros vert luisant en dessus, plus pâles en dessous, presque 
longues d'un pouce, larges au plus de quatre lignes; les sti- 
pules subulées à leur sommet; des épis mâles, sessiles, grêles , 
droits, cylindriques , terminaux , longs d'un pouce ; leurs fleurs 
pédicellécs, agglomérées; leur calice à trois divisions subulées; 
trois étamines libres; les fleurs femelles solitaires, sessiles, 
terminales. Le fruit est une capsule globuleuse , presque tri- 
gone , à trois coques, ridée , ondulée, couronnée par le 
style persistant, entourée à sa base par le calice, grosse comme 
le fruit du prunier épineux. Cette plante croît dans les forêts 
des Andes du Pérou , proche Querocotillo. 

19. 7 



ys GLY 

GniTTiER DES Indes : Sapium indicum , "Willd. , Spec, 4 , pag. 
Sj 2 ; Sapium bingeiium, Roxb. , Ined. Plante des Indes orien- 
tales , découverte par Roxburg, qui diffère du sapium aucupa- 
rium par ses feuillts deux et trois fois plus courtes, dentées 
en scie, longues de deux pouces et plus , ovales-oblongues, 
acuminées; les pétioles dépourvus de glandes: on remarque 
seulement l'impression de deux glandes, souvent couQuentes, 
sur le bord des feuilles à leur base. Les fleurs sont disposées 
en un épi axillaire, terminal. Le fruit consiste en une cap- 
sule globuleuse, de la grosseur d'une nèfle. 

Willdenow a désigné sous le nom de sapium ilicifolium ^ 
Vhippomane spinosa , Linn. Mais , d'après l'observation de 
Swartz, il faudroit en retrancher le synonyme de Plukenet 
(Almag,, tab. 19S, fig. 3), qui est le valentinia ilicifolia de 
Swartz, et non le quercus agrifolia , "\Villd. On distingue cette 
plante à ses feuilles oviiles, dentées, épineuses à leurs bords. 
Elle croît dans l'Amérique méridionale. (Poir.) 

GLUTTON [Mamm.) , nom anglois du Glutoiv, Voyez ce 
mot. (F. G.) 

GLYCERATON, Glyctphyton. (Bot.) : noms anciens delà 
réglisse, cités .par Ruellius. (J.) 

GLYCÉRIE. (Bot.) Genre de plantes dicotylédones, à fleurs 
polypétalées, rapproché de la famille des ombellifères , de la 
pentaiidrie digjnie de Linnseus , offrant pour caractère essen- 
tiel : Des fleurs en ombelle simple ; une corolle à cinq pétale» 
ovales, entiers, aigus, recourbés; point de calice apparent; 
cinq étamiues ; deux styles très-courts, recourbés-, les stig- 
mates oblitérés ; le fruit en rein, tronqué , comprimé laté- 
ralement ; les semences à cinq côtes, couvertes d'un tégu- 
ment endurci ; les rainures striées en dedans ; un involucre à 
deux folioles. 

M. Rob. Brown avoit établi, pour le festuca Jluitans , ua 
genre particulier sous le nom de gljceria , que M. deBeauvois 
avoit déjà signalé sous le nom de Des^'auxia dans un Mémoire 
lu à l'Académie des Sciences. Nutlal, dans sa Flore d'Amé- 
rique, a employé le nom de glyceriaTpourun autre genre com- 
posé d'espèces qui avoient été réunies d'abord aux hjdrocoljle. 
En conservant le genre de Brown, on pourroit donner à celui 
de Nutlal le nom de chondrocarpus. 



GLY 99 

Glvcérie d'Asie : Glj'ccria asiatica, Nutt. , Amer., 2, p. 177 ; 
}1jdrocot.yleasiatica, Linn. ; Lamk. , lU. gen., tab. 188 , fig. 2; 
Valerianella zejlanica, etc., Herm., Parad., tab. 238 ; Coda- 
gen, Rheed. , Malab., 10, tab. 46; Ranunculo afficinis, etc., 
Pliiken,, Aim. ,014, lab. 106, fig. S; Pes equinus , Rnmph, 
Amboin., 5, tab. 16g, fig. i •,Trisanthuscochinc\iinensis , Lour., 
FI. Cocfii'n. Plante des Indes orientales, dontles liges sont grêles, 
rampantes, un peu velues , surtout vers leur sommet; elles 
poussent, à leurs articulations, de petites racines fibreuses, 
ainsi que des feuilles et des fleurs. Les feuilles sont arrondies, 
rrui formes, légèrement crénelées, épaisses, d'un vert clair, 
profondément échancrées à leur base, de cinq à sept lignes de 
diamètre ; les pétioles inégaux, un peu velus ; les hampes 
ou pédoncules courts, velus, soutenant trois ou quatre têtes 
de Heurs purpurines ramassées avec un petit involucre de 
folioles ovales. 

Glycéi\ie a feuilles de sibthorpe : Gljceria sihtliorpioides , 
Nutt. ,1. c. ; Hjdrocotyle sibthorpioides , I.amk. , Encycl. Celte 
espèce est distinguée par ses feuilles très-petites , vertes, 
orbiculaires, à six ou sept lobes peu profonds, crénelées, 
échancrées, à leur base, d'environ quatre ou cinq lignes de 
diamètre. Les tiges sont rampantes, filiformes, rameuses, 
longues de quatre à six pouces; les haujpes au moins aussi 
longues que les pétioles , solitaires ou réunies plusieurs en- 
semble à chaque articulation , chacune d'elles portant à leur 
sommet cinq à huit fleurs verdàtres, fort petites, sessilcs et 
ramassées en tête. Les fruits sont composés de deux semences 
lisses, un peu comprimées, jointes ensemble par leur bord 
interne. Celte espèce a été recueillie à l'Ile-de-France par 
MM. Sonnerai et Commerson. 

Glycérie a feuilles de ficaire: Glyceria ficarioides , Nutt., 
1. c. ; Hjdrocoljle Jicarioidcs , Lamk., Encycl. Celle plante, 
découverte à l'Ile-.le-France par Commerson , est glabre dans 
toutes ses parties , assez semblable par son port à la précé- 
dente , mais différente par ses feuilles ressemblant, vn petit, 
à celles de la renoncule ficaire, petites, en cœur? arrondies, 
obscurément ajiguleuses. Les hampes sont solitaires ou gérni- 
liées à chaque nœud, un peu plus courtes que les pétioles, 
portant chacune environ cinq petites fleurs blanchâtres, pres- 

7- 



ïoo GLY 

que en tête. Elle se rapproche beaucoup du valerîanella al- 
téra, etc., Herm., Parad., tab. -joS, fîg. 2. 

La plante indiquée sous le même nom par Michaux, Flor. 
Amer., 1, pag. 161 , et que M. Persoon a nommée hydrocolyle 
repanda , diffère de la précédente par ses feuilles plus grandes , 
«innées et un peu anguleuses à leurcontour , pileuses sur leur 
pétiole et leurs nervures ; les fleurs réunies au nombre de trois , 
en une petite tête velue, pédonculée. Elle croit dans l'Amé- 
rique septentrionale et aux lieux humides dans la Caroline. 
C'est la même plante que Vhjdrocotjle reniformis et cordata de 
Walterius , Flor. Carol. , 1 13. 

G/,YCÉRiE A TROIS FLEURS: Glfceria trijlora, Nutt., 1. c. ; Hydro- 
eofyle trijlora, Ruiz et Pav. , Flor. Per., 3\ pag. 24, tab. 246, 
fig. 6. Cette espèce croît dans les lieux humides, au Chili. 
Elle a , par son port , de grands rapports avecl'/ydrocofj'ie reni- 
formis. Ses tiges sont rampantes, gcuiculées; il sort de chaque 
nœud des feuilles droites , longuement pétiolées, réniformes, 
crénelées, à sept nervures, un peu velues dans leur jeunesse, 
ainsi que les pétioles; un à trois pédoncules à chaque nœud, 
opposés aux feuilles, trois fois plus courts que les pétioles, 
portant chacun trois fleurs sessiles , entourées d'un involucre 
à trois folioles un peu arrondies, concaves, persistantes, 
membraneuses; les pétales blancs; les fruits velus, à trois ner- 
vures. ( PoiR. ) 

GLYCIEIDA (Bot.), nom sous lequel Pline désigne la pi- 
voine. (J.) 

GLYCIMÈRE, Gljcimeris. (Conch.) Genre établi par M. de 
Lamarck, pour un petit nombre de coquillesbivalves confon- 
dues par les auteurs linnéens avec les myes, dont elles n'ont 
certainement pas les caractères; Daudin avoit aussi établi ce 
genre sous le nom de Cyrxodaire. Ses caractères sont : Animal 
inconnu , mais sans doute fort voisin de celui des solens; contenu 
dans une coquille équivalve, inéquilatérale plate, alongée, trcs- 
bâillante en avant comme en arrière ; sommet dorsal postérieur, 
peu saillant; ligament externe et postérieur; nymphes sail- 
lantes au dehors ; charnière sans aucune trace de dents. 

Les coquilles de ce genre vivent très-probablement enfoncées 
dans le sable ; mais c'est ce dont on n'est pas certain. M. de La- 
marck n'en caractérise que trois espèces. 



GLY loi 

La Glycimère siUQUE : Gljcim eris siliqua, Lmck.; Mya sili- 
gua, Chemnitz, Con,c?i. ,xi, pag. 192 , t. 19S , fig. 1934. Coquille 
ovale-oblongue, épaisse, couverte d'un épiderme noir, si ce 
n'est sur les sommets, qui sont décortiqués. Une sorte de disque 
calleux à l'intérieur. Des mers du Nord. 

La Glycimère arctique: Glycimeris arcfica, Lmck. Coquille 
ovale, un peu ventrue , tronquée antérieurement , étroite 
transversalement, avec deux côtes obtuses. Océan du Nord. 

La Glycimère nacrée : Gljcimeris margaritacea , Lmck. Co- 
quille ovale, fort mince, nacrée à lïntérieur, tronquée et 
très-bâillante à l'une de ses extrémités. Fossile, à Grignon, 

La Glycimère de Pallas : Gljcimeris Pallasii ; Mya edenUila, 
Pallas, Voyag. ,trad. fr. ,tom. 1 , append. 741. Petite coquille 
mince , blanche, ovale , inéquilatérale , trcs-bàillante à l'extré- 
mité la plus alongée, avec des stries nombreuses plus rappro- 
chées vers cette même extrémité. Dans les sables de la mer 
Caspienne. 

Klein avoit aussi déjà employé ce nom de Glycimera pour 
placerles coquilles bivalves, fortement bàillantesdes deux côtés; 
mais il y range de véritables Myes et des Panopées. (DeB.) 

GLYCINE, Gljcine. (Bot.) Genre de plantes dicotylédones, 
à fleurs complètes, polypétalées, irrégulières, de la famille 
des légumineuses , de la diadelphie décandrie de Linnaeus, qui 
a des rapports avec les doliclios , et dont le caractère essentiel 
consiste dans un calice à deux lèvres ; la supérieure échan- 
crée ; l'inférieure trifide , plus longue : une corolle papillo- 
nacée ; l'étendard réfléchi latéralement, en bosse sur le dos, 
repoussé par le sommet de la carène ; dix étamines diadel- 
phes ; l'ovaire supérieur, surmonté d'un style roulé en spirale; 
une gousse alongée, polysperme. 

Il est difficile de caractériser les glycines d'une manière 
bien tranchée , tant les espèces diffèrent les unes des auties 
par des caractères qui leur sont particuliers ^ et semblent 
autoriser à en former autant de genres, si la multiplication 
de ces derniers n'entraînoit pas de très-grands inconvéniens^ 
On peut dire en général que les glycines se distinguent des 
dolics , en ce qu'elles n'ont point, comme ceux-ci, deux 
callosités à la base de l'étendard j qu'elles se distinguent des 
iariçots en ce que leur carçne n'est point coulournée ea 



103 GLY 

spirale. Malgré cela , on a été forcé d'en retirer plusieurs es* 
pèccs pouren formcrdcs genres particuliers. (Voyez Kexnedia , 
PoiREriA.) D'autres ont été réunies à des genres déjà connus. 

Glycine frutescente : Glycine frutescens , Linn. ; Phasco» 
loides fridexcens, etc., Eist. Angl. , ^5S , tab. i 5 ; Apios fru' 
tescens , Fursh , Amer. ; Vl^istevia frutescens , Nuttal , Amer. , 2. 
pag. 1 13. Arbrisseau sarmenteux, remarquable par ses belles 
grappes de fleurs bleues. Ses tiges , ligneuses à leur partie 
inférieure , sont pubescentes et blanchâtres à leur partie su- 
périeure, et s'élèvent à plus de dix pieds de hauteur sur les 
plantes qui les avoislnent ; elles sont garnies de feuilles al- 
ternes, ailées avec une impaire, composées de neuf ou dix 
folioles opposées, ovales- aiguës , pubescentes et presque 
soyeuses dans leur jeunesse , puis vertes, entières , pédicel- 
lées , longues d'un à deux pouces et plus; les grappes velues, 
longues de trois ou quatre pouces , chargées d'écailles ovales, 
concaves, rougeâtres, caduques -, leur calice est campanule, 
à deux lèvres ; l'étetidard de la corolle élargi, vertical ; les 
ailes adhérentes au sommet, bidentées à leur base; la carène 
non réfléchie sur l'étendard ; un petit tube denliculé, en- 
gainant le pédicelle de l'ovaire ; une gousse toruleuse, à po- 
lysperine , à deux loges. 

Ce joli arbrisseau croît dans la Caroline. Il est cultivé au 
Jardin du Roi , comme plante d'ornement : on en forme de 
très-jolis beroeaux-, on en garnit les treillages. Ses jeunes 
pousses, argentées et soyeuses, forment un contraste assez 
agré.ible avec le vert de ses feuilles entièrement développées, 
relevées par de longues et belles grappes de fleurs violettes 
d'un pourpre bleuâtre. Il fleurit vers la fin de l'été. On le mul- 
tiplie de boutures, de drageons et de marcottes ; rarement de 
graines, que Ton sème sur couches, au printemps, dans une 
terre fraîchv; et légère : il vient dans presque tous les terrains, 
et craint peu le fioid. Lorsqu'il est jeune, on le couvre avec de 
la pai'le en hiver. Sa meilleure place est contre un mur, au le- 
vant ou au midi: aulriment, il manque du degré de cha- 
leur qui lui est nécessaire pour produire des fleurs. Dans 
les hivers rudes il est bon de couvrir le pied de cette plante 
de litière ou de fougère: ses racines étant peu profondes, 
elles sont susceptibles d'être atteintes par la gelée. 



GLY 10$ 

Glycine xUBéRETisB : Gljcine apios , Linn.; Apios amerieana. 
Corn., Canad. , tab. 201; Ctiss. , Bot.^ tab. 29 ; Astragalus pe- 
rennis, etc., Moris. , Hist., 2 , ss. 2 , tab, g, fig. 1 ; Apios tube- 
rosa, Pursh, Amer. Cette plante ,dont on a fait, ainsi que de 
la précédente, un genre particulier, s'en rapproche en effet 
par les mêmes caractères de sa fleur. Ses racines sont com- 
posées de plusieurs tubérosités adhérentes à des fibres : il s'en 
élève des tiges sarmenteuses , grimpantes, qui parviennent 
jusqu'à la hauteur de douze à quinze pieds, garnies de 
feuilles ailées avec une impaire, composées de cinq à sept 
folioles vertes -ovales , lancéolées, aiguës, velues sur leur 
pédicelle, longues de deux pouces et plus. Les fleurs sont 
panachées de pourpre noirâtre et de couleur de chair, réunies 
en grappes courtes , touffues, axillaires , à l'extrémité d'un 
pédoncule plus court que les feuilles ; leur calice court, pres- 
que glabre; la carène de la corolle linéaire, courbée en 
demi-cercle ; les ailes un peu pendantes; les gousses courtes, 
mucronées , à deux loges. Cette plante croît dans la Virginie. 
On la cultive dans les jardins de botanique et ailleurs comme 
une belle plante d'agrément. C'est une plante de pleine terre, 
qui demande , pour fleurir, d'être placée près d'un mur à 
l'exposition du midi. On lui donne les mêmes soins qu'à la 
précédente. 

Glycine souterraine : Glycine suhterranea , Linn. fils, Dec. 
37, tab. 17 ; Mandul'i de Angala , Marcgr. , Bras.. 45 ; Vo- 
andzeia ; Pt. Thou. , Madag.. pag. 20, n." 77. Espèce remar- 
quable par le caractère de ses pédoncules qui , comme ceux de 
l'arachide, s'enfoncent dans la terre après la floraison, et y 
portent des gousses arrondies, monospermes, dont les ha- 
bitans de Madagascar se nourrissent , au rapport de M. du 
Petit -Thouars. Ses feuilles sont radicales, composées de 
trois folioles oblongues , un peu obtuses, munies d'un pé- 
tiole commun, long de trois ou quatre pouces. Ses tiges sont 
rampantes, divisées en rameaux étalés ; les pédoncules très- 
courts, axillaires, inclinés, portant deux fleurs sessiles ; le 
calice campanule-, la corolle jaune; les ailes oblongues, éta- 
lées horizontalement; l'étendard ovale, strié; le style courbé 
et velu. Ces fleurs sont hermaphrodites ; ou en trouve aussi 
de femelles, dépourvues de corolle etd'étamines, d'après M. du 



ïol GLY 

Petit-Thouars : leur style est court ; l'ovaire contient deux 
ovules. Cette plante 'croit au Brésil , à Surinam et dans l'ile de 
Madiigascar. 

Glycine monoïque ; Glycine monoica , Linn.fils, Dec. 2. Cette 
espèce , comme le lalhjrus amphicarpos ^ développe et perfec- 
tionne ses fruits sous la terre. Sa tige est grêle , cendrée, mé- 
diocrement velue, garnie de feuilles ternées; les folioles ovales, 
presque en cœur, un peu aiguës, presque glabres, entières, 
un peu blanchâtres en dessous, pédicellées, longues au plus 
d'un pouce et demi; les stipules droites , ovales ; les fleurs d':.-. 
posées en petites grappes d'abord opposées aux feuilles, puis 
distantes et placées sans feuilles vers l'extrémité du même ra- 
meau; les grappes inférieures sontsouventuniflores, pendantes 
vers la terre, n'ayant que le rudiment du calice et d'une co- 
rolle mutilée, sans étamines -, un pistil qui se change en une 
gousse assez petite, comprimée, contenant deux ou trois se- 
mences. Dans la fleur hermaphrodite, l'étendard est d'un vio- 
let pâle, les ailes et la carène blanches; leur pistil avorté. 
Cette espèce est cultivée au Jardin du Roi. Elle est originaire 
de l'Amérique septentrionale ; on la trouve dans les lieux hu- 
mides et ombragés. 

Le glycine javanica , Linn. , a des tiges grimpantes , parsemées 
de poils jaunes; les feuilles ternées, semblables à celles des ha- 
rirois ; les fleurs violettes, inclinées , réunies à l'extrémité d'un 
long pédoncule en un épi épais, ovale-oblong , entremêlé de 
très-petites bractées lancéolées. Celte plante croît dans les Inde* 
orientales Le glycine como^a, Linn., se distingue parses feuilles 
velues, à trois folioles ovales-lancéolées, très-aiguës. Ses fleurs 
sont bleues, très-rapprochées, disposées en grappes latérales; 
les semences marquées de taciies purpurines. Cette espèce croît 
aux lieux ombragés, dans l'Amérique septentrionale. 

Glycine rOMENTEUSK : Gljcine tomentosa , Linn.; Dill., Elth.^ 
3o, tabl. 26, fig 29. Cette plante, originaire de l'Amérique 
septentrionale, est molle, velue, et comme tomenteuse. Elle 
a des tiges grimpantes , anguleuses , trigones , garnies de feuilles 
ternées, à lolioles ovales, un peu en cœur, légèrement co- 
tonneuses en dessous, et à nervures saillantes, un des côtés 
des folioles latérales plus "^irdit, les feuilles inférieures simples. 
Les fleurs sont jaunâtres^ disposées en grappes un peu toufTues , 



GLY io5 

les gousses comprimées, un peu velues, mucronées, contenant 
deux ou trois semences. Michaux en cite trois variétés : i ." gly- 
cine volubilis , que je viens de décrire ; 2.* glycine erecta , plus 
fortement tomenteuse, à tige droite, les folioles plus alon- 
gées ; 5." glycine monophylla , à tige très-courte ; toutes les 
feuilles simples, arrondies, un peu en rein. C'est le glycine 
reniformis de Pursh ; le trifolium simpUcifolium de Walt. ; le 
glycine nummularia, qui se rapproche de cette espèce: il a 
aussi beaucoup de rapports avec Vhedisarum sororium. 

Glycine bitumineuse : Glycine hituminosa , Linn. ; Lamk., lit. 
gen., tab. 609, fig. 1 ; Herm. , Lugdb. , tab. 493 {mediocrii 06 
/olia perparvula ). Espèce remarquable par l'odeur bitumi- 
neuse qui s'exhale de ses feuilles. Ses tiges sont grimpantes, 
légèrement pubescentes, anguleuses : ses folioles ovales , pu- 
bescentes en dessous ; les fleurs assez grandes, d'un jaune 
pâle, marquées de quelques lignes pourpres ou violettes, dis- 
posées en grappe un peu lâche; les gousses velues, mucro- 
nées. Elle croît au cap de Bonne-Espérance. Linnaeus fils a 
donné le nom de glycine lahialis à une plante des Indes orien- 
tales , dont la corolle blanche, fort petite, paroit comme 
labiée. Ses tiges sont filiformes; ses folioles ovoïdes, un peu 
pubescentes en dessous ; les gousses linéaires , mucronées , 
presque articulées, à sept ou neuf semences jaunes. 

Glycine odorante ; Glycine suaveolens , Linn. Arbrisseau des 
environs de Madras, visqueux, blanchâtre" et d'une odeur 
agréable. Ses feuilles sont composées de trois folioles ovales , 
aiguës ; les pédoncules axillaires, filiformes, uniflores , arti- 
culés dans leur milieu; les fleurs inclinées , leur calice campa- 
nule, à quatre découpures subulées , la supérieure bifide ; 
l'étendard droit, orbiculaire , jaune, marqué de stries pur- 
purines au-dessus de son onglet. Le fruit est une gousse com- 
primée , courte, linéaire, blanchâtre, renfermant deux se- 
mences noires , dont l'embryon est calleux et blanchâtre. Le 
glycine villosa de Thunberg , originaire du Japon , est to- 
menteux sur toutes ses parties; les tiges filiformes, fléchies 
en zigzag et grimpantes; les feuilles ternées, les folioles quel- 
quefois trilobées: les fleurs réunies au nombre de deux à cinq 
sur des grappes axillaires , à peine pédonculées ; les gousses 
^p^nenteuses. 



loG GLY 

Glycine a petites fleurs ; Glj cine parvijlora , Lamk., Encycl.^ 
n." 13. Plante découverte par Sonnerai dans les Indes orien- 
tales , à tige grimpante et iiliforme ; les feuilles composées de 
ti'ois folioles ovales, =nguè's, pileuses en dessous; les pédoncules 
velus , soutenant des grappes courtes , de très-petites fleurs rou- 
geâtres ; les gousses étroites, linéaires, longues de pbjs d'un 
pouce, terminées par une pointe en crochet, contenant neuf 
ou dixsemcnces.Dansle p'hcinc 5friafa, Linn. fils, Si/pp. , et Jacq., 
Horf., vol. 5, tah. 76, la tige est grimpante, couverte d'un duvet 
blanchâtre, très-doux-, les feuilles ternées ; les folioles oblon- 
gues, molles et velues ; les fleurs disposées en grappes axil- 
laires, de la longueur des feuilles ; les gousses très-velues. 
Cette plante croit dans les pays chauds de l'Amérique. 

Glycine clandestine ; Glycine clandestina , Willd., Spec, 3 , 
pag. 1664. Plante de laNouvelle-HoUande , dont les tigL^s sont 
grimpantes, cylindriques, soyeuses et velues; les trois folioles 
étroites, lancéolées, pileuses en dessous; les fleurs à peine 
visibles, de la grosseur d'une tête d'éjàngle , axillaires; les pé- 
doncules courts, à trois fleurs-, le calice velu, à cinq dents; 
trois pétales plus courts que le calice ; cinq étamines plus 
longues que les autres; les gousses linéaires , cylindriques , pi- 
leuses, polyspernies. Le glycine sarmentosa, Willd., Spec, 3, 
pag. io55 {glycine monoica, Schkuhr, Bot. Ann., 12 , pag. 20, 
lab. 2) , a des tiges grimpantes ; trois folioles glabres , ovales , 
longues d'un pouce et demi ; les fleurs très-petites, pendantes 
du sommet de rameaux filiformes; le calice velu, fermé, à 
quatre dents ; point de corolle; les gousses oblongues com- 
primées, courbées en faucille, longues de quatre lignes; deux 
semences grisâtres, ponctuées de noir. Cette plante croît dans 
la Caroline. 

Glycine a fleurs menues -, Gljcine tenuiflora , Willd. , Spcc, 3, 
pag. 1069. Cette espèce croît aux environs de Pondichéry. Ses 
tiges sont cylindriques, grimpantes et ligneuses ; les trois fo- 
lioles oblongues, obtuses, mucronécs, longues d'un pouce et 
demi , couvertes en dessous de poils courts ; les grappes 
axillaires, filiformes; les fleurs petites, géminées, de la gran- 
deur de celles de Ycrvum leirai^pcrmum ; les gousses linéaires, 
aiguës , un peu courbées en faucille , couvertes de poils courts. 
Dans le ^Ijcine hedysaroides ,Y^'iM., les tiges sont ligneuses ;, 



GLY 107 

sarmenteuses; les folioles ovales, oblongues, obtuses , pileuses 
endessous, longues d'un pouce; les fleurs axillaires, au nombre 
de deux à ciuq sur un pédoncule court; les gousses linéaires, 
longues d'un pouce et demi, élargies vers leur sommet. Cette 
espèce croit dans la Guinée. 

Glycine réticulée; GLjcinereticulat.a,Vah\,Sjmb. , 3 , pag. 83. 
Cette plante est remarquable par le réseau que forment, à la 
face inférieure des feuilles, leurs nervures saillantes et nom- 
breuses. Ses tiges sont grimpantes, ligneuses; ses rameaux 
pubescens et anguleux; ses folioles ovales, épaisses , réticu- 
lées et pubescentes en dessous, longues d'un à deux pouces; 
les grappes axillaires, plus longues que les feuilles; le calice 
velu, à cinq découpures droites, lancéolées, très-aiguës ; la 
corolle jaune ou rougeâtre , un peu plus longue que le calice ; 
les gousses presque ovales, longues de six lignes, légèrement 
pileuses, à trois ou quatre semences. Elle croît à la Jamaïque 
et dans l'île de Saint-Thomas. La glycine mollis^ Willd., ori- 
ginaire de la Guinée, diffère de la précédente par ses folioles 
elliptiques, très-molles, obtuses à leurs deux extrémités; par 
ses pédoncules uniflores, par ses gousses alongées et velues. 

Glycine des Antilles; Gl.)cine caribu, Jacq. , Icon. rar.^ 1, 
tab. 106. Cette espèce, originaire des Antilles, et cultivée au 
Jardin du Roi , est un arbrisseau à tige cylindrique et grim- 
pante. Ses folioles sont glabres, ovales, quelquefois un peu 
rhouiboïdales , parsemées en dessous de poils rares, et en des- 
sus de très-petils points résineux , longues d'un pouce ; les pé- 
doncules li'iiormes, soutenant une grappe de fleurs lâches, 
jaunes et rayées; le calice court, presque glabre ; ses décou- 
pures courtes, ovales; la corolle une fois plus longue que le 
calice; les gousses petites, pileuses, mucronées, a deux ou 
trois semences. Dans le gl_fcine cana, WiUîl., des Indes orien- 
tales, les tiges sont droites, ligneuses , pubescentes; les folioles 
ovales, arrondies, blanchâtres et pubescentes en dessous; 
les pédoncules axillaires et biflores ; les gousses glabres, 
oblongues, à deux semences. 

Glycine a feuillfs rhomeoÏdales ; Glycine, rhomhifolia , 

' Willd., Spec, 5 , pag. io65. Plante des Indes orientales, à 

tige grimpante. Ses folioles sont glabres , arrondies , rhom- 

Jjoidaies, parseaiées en dessous dépeints résineux et jaunâtres ; 



loB GLY 

les stipules subulées ; les grappes axillaires, longues de troî» 
pouces, soutenant huit à dix fleurs unilatérales; les gousses 
glabres, longues d'environ six lignes, aiguës, comprimées, à 
deux semences. 

Il existe encore un très-grand nombre d'espèces de glycine, 
mais bien moins connues , mentionnées par Thunberg , Forster, 
Linnseus fils, etc. (Poir.) 

GLYCYDIDERMA. {Bot.) Paulet propose de faire sous C€ 
nom un genre de l'espèce de Vesse-loufe qu'il appelle vesse- 
loupe en robe et en étoile , qui est le lycoperdon de Micheli , 
ISIov. Gen. , pi. 97 , fig. 2 , lequel est déjà le type du genre Su/a 
d'Adanson , et paroît être une espèce du genre Bovista de 
Persoon ; mais les caractères assignés par Paulet sont les 
Hîémes que ceux du genre Geastrum, d'où Y on peut croire que 
c'est ce genre que Paulet a voulu désigner* (Lem.) 

GLYCYPICROS {Bot.) , nom grec de la douce-amère, sola- 
rium dulcamara. (J.) 

GLYCYRRHIZA. {Bot.) Voyez Réglisse. (L.D.) 
GLYCYS {Bot.), un des noms grecs de l'aurone, suivant 
Ruellius et Mentzel. (J.) 

GLYPHIE, Gljphia. {Bot. ) [Coiymhifères , Juss. ; Sjngénésie 
polygamie superflue , Linn. ] Ce genre de plante , que nous 
avons proposé dans le Bulletin de la Société philomathique , 
septembre 1818 , appartient à la famille des synanthérées , et 
probablement à notre tribu naturelle des tagétinées , dans 
laquelle nous le plaçons avec doute. 

La calathide est quasi-radiée, composée d'un disque multi- 
flore, régulariflore, androgyniflore , et d'une couronne uni- 
sériée , liguliflore, féminillore. Le péricline, à peu près égal 
aux fleurs, et irrégulier, est formé de squames inégales, sub- 
hiscriécs, appliquées, oblongues, submembraneuses, veinées, 
parsemées de quelques glandes éparses. Le clinanthe est plan, 
hérissé de fimbrilles courtes, inégales, entre-greffées , subu- 
lées, membraneuses. Les ovaires sont oblongs, subcylindra- 
cés , striés, hispidules, et munis d'un bourrelet basilaire car- 
tilagineux ; leur aigrette est longue, irrégulière , composée de 
squamel Iules nombreuses ,inégales, filiformes, barbellulées. Les 
corolles de la couronne ont le tube long, et la languette courte, 
large, ovale , entière , pourvue de quelques glandes oblongues^ 



GLY 109 

Glyphie luisante : Glfp'hia lucida, H, Cass. , Bull. Soc. phi- 
lom. , septembre i8i8. C'est une plante très-glabre, dont la 
tige, probablement ligneuse, est rameuse, flexueuse, comme 
sarmenteuse , peut-être volubile , cylindrique, striée-, ses 
feuilles sont alternes , presque sessiles, longues de deux pouces, 
ovales, acuminées au sommet , très-entières, membraneuses, 
luisantes , et parsemées d'une multitude de glandes transpa- 
rentes assez larges ; les calathides, composées de fleurs jaunes, 
sont disposées, à l'extrémité des rameaux, en petits panl- 
cules , dont les principales ramifications sont accompagnée» 
de bractées prolongées au sommet en un appendice subulé, 
arqué, spiniforme. Les fleurs de la couronne sont un peu 
plus courtes que celles du disque; mais leur limbe se dirige 
en dehors; leur corolle est un peu plus courte que le style. 

Nous avons observé cette plante dans l'herbier de M. de 
Jussieu , où il est dit qu'elle a été recueillie à Madagascar 
par Commerson. ( H. Cass. ) 

GLYPHIS. (Bot.) Le Chiodecton et le Glyphis sont deux 
genres qu'Acharius a formés aux dépens de celui nommé 
par lui Tripethelium , et qui doit se trouver imprimé dans les 
Actes de la Société phytographique de Gorenk. Ces trois genres 
sont décrits dans le Synopsis tnethodica liclienum du même au- 
teur, et les deux genres G/^/j^îzs et Chiodecton ont été publiés 
en outre, en 1817, dans le douzième volume des Transactions 
de la Société Linnéenne de Londres, où leurs espèces sont 
figurées. Acharius forme avec ces trois genres un ordre par- 
ticulier qu'il place entre le genre Endocarpon et le genre Porina 
qui est le pertularia de M. Decandolle, avec lequel ils ont beau- 
coup de rapport. Nous ne donnerons ici les caractères que des 
genres Gljphis et Chiodecton. 

Le glyphis est un genre de lichen, crustacé , cartilagineux, 
qui forme sur l'écorce des arbres des plaques fortement ap- 
pliquées, uniformes , brunâtres, ou jaunâtres, ou blanches, selon 
l'espèce, et sur lesquelles s'élèvent des verrues colorées diflTé- 
remment, homogènes à l'intérieur, et qui offrent à leur som- 
met plusieurs conceptacles (apothecia) enfoncés, noirs, un peu 
cartilagineux, alongés, creux ou canaliculés, et qui par leur dis- 
position font paroître les verrues comme ciselées ou sillonnées. 
Ce dernier caractère a suggéré le nom de ce genre , tiré du 



''" CLY 

grec, glyphis , qu'on peut traduire ici par ciselure où etitaîîtéi 

Ce genre comprend un très-petit nombre d'espèces intéres- 
santes à connoîlre , parce qu'elles ont été observées sur des 
écorces exotiques que la médecine emploie, et qu'ils peuvent 
jusqu'à un certain point servir à reconnoîlre ces écorces. 

Gx-YPHis LABYRINTHE : Glyplùs Uibyrinthica , Ach. , Sjn. ,107, 
etTrans. Linn. Lond., 1817, vol. 12 , p. 33, tab. 2 , f. i. Croûte 
d'un brun olivâtre; verrues d'un blanc sale, légèrement con- 
vexes, pulvérulentes, marquées de sillons {concept acles) noirs, 
alongés, presque anastomosés ou réticulés. Cette espèce se trouve 
en Guinée, aux environs de Sierra- Leone , sur les écorces 
d'un arbre non encore décrit, appelé duffa dans le pays. 

Glythis EMBROUILLÉE: Gljpkis Ivicosa , Ach., Sjn., 1. c. et 
Tr. , 1. c. f. Croûte ferrugineuse , jaunâtre ; verrues planes , dif- 
formes , cendrées, couronnées de conceptacles linéaires, 
flexueux, plissés, canaliculés, fort rapprochés et très-repiiés. 
Cette espèce a été observée, sur l'écorce d'un arbre inconnu: 
c'est le graphis tricosa , Ach., Lichen. umV. in add., p. 674. 

Glyfhis a cicatrices : Glj'phis cicatricosa, Ach., Syn., 1. c. et 
Tr, , I. c, fig. 3. Croûte brunâtre cendrée, bordée de noir; 
verrues d'un noir cendré, à pourtour presque crénelé, mu- 
nies d'un rebord cendré, planes, offrant des concptaclei 
élargis, arrondis, ou élargis et un peu concaves, qui imitent 
des cicatrices. On observe cette espèce sur les écorces du co- 
dariumSolandri, Vahi (dialium guineense, Willd.), etsur d'autres 
arbres en Guinée. 

Glyphis a cellules: Glypliis favulosa, Ach., Syn., 1. c; Tr. , 
1. c, tab. 3, fig. 1. Croûte blanche, bordée de noir, à verrues 
difformes, arrondies, un peu aplanies, noirâtres et couvertes 
ti'une poussière glauque; pourtour entier grisâtre; marquée 
d'espèces de cicatrices formées par des conceptacles à disques 
orbiculaires, qui représentent aussi de petites cellules. Cette 
espèce se rencontre sur l'écorce de la cascarille, dans les Indes 
occiden taies. 

Le cliiodecton diffère du genre précédent par ses verrues , 
qui sont blanches (1), et qui contiennent les conceptacles. 



(1) Ce quc\iMinie son nom dérivé du grec : cHios, blanc , et deck 
réceptacle. 



GLY m 

Ceux-ci forment, à la surface, des points élevés remarquabhs: 
ils sont noirs, presque globuleux et un peu pulvérulens. Aclia- 
rius n'en décrit que deux espèces. 

Le Chiodecton sphéroïde : Chiodecton sphœrale , Ach. , 
Syn., 108 -, Trans. Linn. Lond., 1. c, p. 44, tab. 3. f. 2. Croûte 
étalée, d'un blanc pâle, très-tinement tuberculeuse; verrue» 
presque sphériques., d'un beau blanc, contenant dans leur 
centre des conceptaclesréunis en masse. Cette espèce s'observe 
sur les écorces du quinquina jaune [cincliona Jlava) . 

Le Chiodecton sériale : Chiodecton seriale , Ach., Syn., 
l. c. , et Trans. , 1. c., tab. fig. 3. Croûte d'un jaune brunâtre 
lisse, bordée de noir ; verrues oblongues, difformes, un peu 
convexes, renfermant les conceptacles ; ceux-ci disposes en 
série comme des grains de chapelets. Cette espèce CiX)it sur 
Técorce connue dans le commerce sous le nom d'écorce d'an- 
gusture, qui, comme on le sait, est l'écorce du bonpiandia 
/n/o/ia, Willd. (Lem.) 

GLYPHISODON. (Ic/i%oL ) M. de Lacépède a formé, sous 
ce nom, et aux dépens des chœtodon de Linna^us, un genre 
de poissons qui appartient à la famille des leptusomes, et 
qui présente les caractères suivans : 

Dents distinctes , larges , crénelées . sur une seule rangée; tête 
entièrement écailleuse; corps et queue très - comprimés; de très- 
petites écailles sur la nageoire dorsale qui est unique; catopes tho- 
raciques, distincts; museau plus ou moins avancé ; ligne latérale 
terminée entièrement vis-à-vis la fin de la nageoire dorsah. 

On distinguera facilement les Glypiiisodons des Dorées, des 
Arygreioses, desG.\LS et desSÉLÈNKs, dout les dents ne sont pas 
crénelées, quoique bsTges-, des Acanthopodes, dont les catopes 
sont remplacés par des épines : des Acamhukes et des Aspi- 
SLRES, qui ont la queue armée d'aiguillons ou munie de bou- 
cliers; des Chétodons, des Pomacentres, etc., qui ont les dents 
rondes. (Voyez ces mots et LeptosOiMes. ) 

Le mot glyphisodon est tiré du grec, -yXvi^tç , crénelure, et 
'cS'ûvç, dent. Il indique un des principaux caractères du genre. 
Les espèces que celui-ci renferme, sont : 
Le MouCHARRA : Gljphisodon moucharra , Lacép. ; Chcttodon 
saxatilis , Linn. ; Jaguacaguara , Marcgrave. Nageoire cau- 
dale fourchue: deux orifices à chaque mrine : teinte gé- 



i'» GLY 

nérale blanchâtre et terne ; toutes les nageoires d'un gris 
noirâtre; corps épais et un peu alongé ; ligne latérale inter- 
rompue; cinq bandes transversales noires sur le corps. Taille 
de sept à huit pouces. 

Ce poisson paroit vivre dans l'ancien comme dans le nou- 
veau continent ; on le voit dans les eaux du Brésil, de l'Arabie 
et des Indes orientales. Il ne quitte guère le fond de la mer, 
où il se nourrit de petits polypes au milieu des coraux et dei 
madrépores : aussi est-il très-difficile à prendre. 

La chair du moucharra est dure, coriace et peu agréable 
au goût, quoique blanche. Il est en conséquence peu recher- 
ché par les pêcheurs. 

Le Kakaitsel : Gljphisodon kakaitsel, Lacépède -, Ch-œtoàon 
maculatus , Bloch, 4-7» 2. Nageoire caudale en croissant; un 
seul orifice à chaque narine; écailles dorées ;une tache grande, 
ronde, noire, et cinq ou six autres taches très-foncées sur 
chacun des côtés du corps. 

Cette espèce, commune aussi, dit-on, aux deux continens, 
vit dans les eaux douces de Surinam, aussi bien que dans les 
étangs de la côte de Coromandel. Elle se multiplie avec une 
grande facilité; mais , à raison de l'abondance de ses arêtes, 
les Nègres seuls en mangent. 

Le Glyphisodon macrogastère : Gljphisodon macro gaster; 
hahrus macrogaster, Lacépède. Ventre très-gros; nageoire cau- 
dale en croissant ; tête et opercules couverts d'écallles sem- 
blables à celles du dos; dents très-courtes et presque égaUs 
les unes aux autres; ligne latérale interrompue; six bandes 
transversales sur le corps. 

Observé , ainsi que le suivant, dans le grand golfe de l'Inde, 
par le célèbre Commerson. 

Le Glyphisodon six-BANDEs : Gljphisodon sexfasciatus ; Labru s 
sex fasciatus , Lacép. Museau avancé ; ouverture de la bouche 
très-petite ; mâchoire inférieure plus longue que la supé- 
rieure: nageoire caudale fourchue; six bandes transversales 
sur le corps; dents très-fines. 

Le Glyphisodon sargoïde : Gljphisodon sargoides; Chcvtodon 
marginatiis , Bloch, 207; Chœtodon sargoides , Lacép. Lèvre 
supérieure grosse -. ouverture de la bouche très-petite ; un 
enfoncement au-devant des ycux; teinte générale d'un jaune 



GLY ii3 

tloré; une tache bleue au-dessous de chaque œil; la tête, six 
bandes transversales, et le bord des nageoires dorsale, anale 
et caudale, d'un beau violet. 

Le Glyphisodon du Bengale: Glyphisodonlengalensis^Cha- 
todon bengalensis , Linnaeus ; Bloch , 2i3, 2. Extrémité des 
liageoires dorsale et anale terminée en pointe; teinte géné- 
rale bleuâtre ; cinq bandes jaunes, transversales et étendues 
jusqu'au bord inférieur du poisson ; de petites écailles sur la 
tête , les opercules, et la base des nageoires anale, caudale 
et dorsale. Ligne latérale interrompue. 

Du Bengale. (H. C.) 

GLYPHOMITRIUM. {Bot.) Bridel divise maintenant le genre 
Encaljyta d'Hedwig en deux genres distincts : le premier est 
«on encaljpta, et comprend les espèces dont la coifiFe est en 
forme de cylindre campanule, lâche , lisse et plus longue 
que l'urne ; le second , qu'il désigne par glyphomilrium ou sillon- 
nette, renferme les espèces dont la coifFe est campanulée , 
sillonnée et de la longueur de l'urne. Ce dernier genre con- 
tient trois espèces, savoir : 

Le GlyphomitriuiM tortillé {Glj'pliomilriuTii crispatum, Brid., 
Supp., 4, p. 3o; Encaljpta crispata, Hedw., Sp. mus., tabl. lo, 
t. 1-9; Schwaegr. , Supp., 1, tabl. 17 ) : mousse observée au 
cap de Bonne-Espérance par Thunberg. Sa tige est droite, 
rameuse: ses feuilles se tortillent par la sécheresse; elles sont 
linéaires-lancéolées, acuminées et réfléchies; ses urnes sont 
Cylindriques, munies chacune d'un opercule acuminé et droit ; 
la coiffe se fend irrégulièrement à la base. 

Le Glyphomitrium parasite ( Gljphomitrium parasiticum , 
Brid., 1. c; Encaljpta parasitica , Swartz; Schwaegr., Supp., 
I, part. I, tabl. 17 ), qui croit à Saint-Domingue sur les 
rameaux du campêche et de diverses espèces d'acacie. Sa 
tige est droite, rameuse; ses feuilles sont imbriquées, denses, 
linéaires-lancéolées, concaves et comme pliées; ses pédicelles 
sont presque toujours géminés : ils portent chacun une urne 
cylindrique , à opercule en alêne , et munie d'une coiffe, 
rétrécie, fendue sur le côté. 

Le Glyphomitrium de Davies {Gljphomitrium Daviesii^ Brid., 
1. C; Encaljpta Daviesii, Smith, Engl. Bot., tabl. 1281 ), qui 
croît en Angleterre, sur les rochers maritimes d'Anglesey, 
19. S 



lU GME 

et en Irlande, sur les basaltes de la Chaussée des Géants. Sa 
tige est droite et peu rameuse ; ses feuilles sont ramassées, 
tubulées et crispées par la sécheresse; ses urnes sont droites, 
ovales, munies chacune d'un opercule terminé par une lon- 
gue pointe presque oblique ; sa coiffe est laciniée à sa base. 
( Lem. ) 

GLYPTOSPERMES. ( Bot. ) C'est sous ce nom que Ventenat , 
dans son Tableau du règne végétal, désigne la famille des 
anonées. ( J. ) 

GMELIN, Gmelina. (Bot.) Genre de plantes dicotylédones, 
à fleurs complètes, monopétalées, irrégulières , de la famille 
des verbénacée , de la didjnamie angiospermie de Linnaeus , 
ofiFrant pour caractère essentiel: Un calice très-court, persis- 
tant, à quatre dents : une corolle un peu tubulée, dilatée à 
son orifice en un limbe presque labié, à quatre découpures; 
la supérieure plus grande , un peu en voûte : quatre éta- 
mines didynames ; les anthères à deux lobes ; l'ovaire supé- 
rieur; le style simple , ainsi que le stigmate. Le fruit est une 
baie contenant un noyau à deux loges, à deux semences. 

Gmelin asiatique : Gmelina asiatica , Linn. ; Lamk. , III. 
gen. , tab. 642 ; Michelia spinosa , etc.; Amm. act. petrop. , 8, 
pag. 818, tab. 18 ; Gmelina lobata, Gaertn., tab. 56. Arbre très- 
épineux des Indes orientales , dont les rameaux supérieurs 
sont opposés, glabres, cylindriques, de couleur cendrée, 
très-roides, terminés par une pointe épineuse-, les autres 
épines courtes, opposées, supportées parles rameaux, ne me 
paroissent elles-mêmes que de très-petits rameaux non déve- 
loppés, quelquefois un peu feuilles. Les feuilles sont oppo- 
sées, pétiolées, ovales, obtuses, glabres en dessus, un peu 
blanchâtres et pubescentes en dessous, très- entières, quel- 
quefois munies d'un lobe obtus de chaque côté : les inférieures 
longues d'un pouce et plus; les supérieures et celles des jeunes 
rameaux beaucoup plus petites. Les fleurs sont jaunes, irré- 
gulières, ventrues, comme celles des digitales, disposées au 
nombre de trois à cinq, au sommet des rameaux, en grappe 
fort courte, sur des pédoncules cotonneux, très-courts. Leur 
calice est presque tronqué à son bord, muni de quatre dents 
très-petites; la corolle ua peu velue en dehors dans sa jeu- 
nesse, presque longue d'un demi-pouce, à tube très -court» 



G NI ii5 

ventrue à son orifice , à quatre découpures inégales : la supé- 
rieure plus grande, entière; les trois inférieures courtes. Le 
fruit est une baie un peu sèche , de la forme et de la grosseur 
d'une jujube. 

Gmelin a petites fleubs : Gmelina paryijlora , Roxb. , Corom.^ 
p. 162, tab. 32, ou Gmelina indica ? Burm. ^ FI. Ind., p. 332. 
Cette espèce a été observée par Roxburg , sur les côtes du 
Coromandel. Ses rameaux sont armés d'aiguillons alternes, 
presque droits; garnis de feuilles en ovale renversé , simples, 
quelquefois trifides ou à trois lobes : les fleurs sont fort 
petites. On attribue aux feuilles les mêmes propriétés qu'à 
celles du pedalium, que les Indiens emploient en décoction 
dans les fièvres inflammatoires. Roxburg a mentionné et figuré 
une autre espèce de gmelina sous le nom de gmelina arborea, 
tab. 246. Je soupçonne que le gmelina. coromandelica, Burm., 
FI. Ind., pa^. i32 , est la même plante que le canthium panii- 
Jlorum, Roxb., Corom., tab. 5i. (Poir.) 

GNANCU. (Ovnith.) Suivant Molina, ou son traducteux. 
pag. 21 i), les habitans du Chili nomment ainsi un aigle rap- 
porté à l'aigle fauve d^Europe, falcofuhus, Gmel. (Ch.D.) 

GNAPHx\LE , Gnaphalium. ( Bot. ) [ Corjmbifères , Juss. ; 
Sjngénésie polygamie superflue, Linn.] Ce genre de plantes 
appartient à la famille des synanthérées , à notre tribu na- 
turelle des inulées, et à la section des inulées-gnaphaliées. 

Les anciens botanistes , qui ne consultoient guère que les 
apparences extérieures pour réunir les espèces en genres , 
confondoient sous le nom de gnaphalium plusieurs synanthé- 
rées ayant de Panalogie par leur surface cotonneuse, mais 
plus ou moins difî'érentes par les caractères génériques. En 
effet , le nom de gnaphalium , dérivé d'un mot grec qui 
signifie bourre , duvet, exprime fort bien le caractère exté- 
rieur qu'ils avoient principalement considéré. Tournefort , 
dont la principale gloire est d'avoir le premier formé des 
genres réguliers , restreignit le nom de gnaphalium à une seule 
des plantes qui le portoient. Ensuite, Vaillant, animé d'un 
esprit de rivalité contre Tournefort, rejeta le genre établi 
par ce grand botaniste, et appliqua le nom de gnaphalium 
à un genre très-difl'érent qui faisoit partie du genre Filago 
de Tournefort. Enfin , Linnaeus , qui a reconstruit de fond ea, 



iis GNA 

comble tout l'édifice de la science sur un nouveau plan , a 
fait un genre Gnaphalium , qui ne correspond ni à celui de 
Tournefort, ni à celui de Vaillant. Il a supprimé le genre 
Gnaphalium de TournefoTt, et a rapporté successivement cette 
plante à trois autres genres; et il a, comme Tournefort, ap- 
pliqué le nom de Jilago au gnaphalium de Vaillant. La juste 
autorité que Linnaeus s'est acquise par ses immenses travaux, 
s'est étendue jusque sur celles de ses réformes et de ses in- 
novations qui auroient dû être repoussées. Un long usage , 
presque universel, a consacré les changemens arbitraires de 
nomenclature qu'il s'est permis en grand nombre, et il n'est 
plus possible derétablir la nomenclature antérieure à lasienne. 
C'est donc en vain qu'Adanson et Gœrtner ont essayé de faire 
revivre le genre Gnaphalium de Tournefort sous son ancien 
nom. Si l'on veut conserver ce genre, il faut le nommer 
diolis, comme a fait M. Desfontaines. On doit, avec Tourne- 
fort etLinnseus, nommer le gnaphalium de Vaillant^/ago , et 
non point e^'ax, comme a fait Gaertner. Enfin, en consacrant 
le lioia de gnaphalium au genre formé sous ce nom par Linnaeus, 
on doit, à l'exemple de M. R. Brown , réformer les carac- 
tères génériques fort mal tracés par ce botaniste , et exclure 
de ce genre une multitude d'espèces qui y ont été mal à pro- 
pos comprises, soit par lui, soit par ses successeurs. Il est à 
remarquer que Gaertner a décrit , sous le titre de Jilago , 
des caractères génériques qui s'accordent assez bien avec 
ceux qui sontpropres au vrai gnaphalium ; mais en même temps 
il a présenté comme type de ce genre FilagOy une plante 
qui offre en réalité des caractères génériques tout-à-fait dif- 
férens de ceux qu'il a décrits. La confusion qui régnoit déjà 
dans le genre Gnaphalium , a été portée au comble depuis 
que Scopoli, Lamarck , Willdenow , Smith, Decandolle ont 
incorporé dans ce genre toutes ou presque toutes les espèces 
rapportées par Linnaeus au filago. Essayons de débrouiller 
un peu ce chaos, qui provient de ce que les caractères gé- 
nériques n'ont pas été vérifiés avec soin dans toutes les espèces, 
et de ce qu'on a craint de trop multiplier les genres, comme 
si ce léger inconvénient n'étoit pas mille fois préférable à tous 
ceux qui résultent de l'inexactitude et de la contradiction des 
Garactères. 



gna: -^rr 

Le gnaphalium pygmœum de Lamarck doit être considéré 
comme le véritable type d'un genre particulier, qu'il faut 
nommer, avec Linnaeus, Jilago y et non point e^'ux , comme 
a fait Gaertner ; MM. Destontaines et Decandolle ont mal à 
propos confondu ce genre avec le micropus, dont il est bien 
distinct. Le gnaphalium germanicum de Lamarck , Willde- 
Bow , Smith , et probablement aussi leur gnaphalium pyrami- 
datum, constituent notre genre Gifola , très-différent du vrai 
gnaphalium par le péricline unisérié , par le clinanthe axi- 
forme et squamellifére , et par les ovaires de la couronne , 
inaigrettés ; le gifola diffère également du vrai filago , par le 
disque androgyniflore , et par les ovaires du disque aigrettes. 
Le gnaphalium caulijlorum de Desfontaines constitue notre 
genre Ijloga', qui diffère du précédent par l'aigrette plu- 
meuse, ainsi que parles squames et les squamelles scarieuses. 
et colorées. Les gnaphalium gailicum et montanum des bota- 
nistes modernes, et probablement aussi leur gnaphalium mi- 
nimum, appartiennent à notre genre ou sous-genre Log^a. Le 
gnaphalium arvense des mêmes auteurs forme noire sous-genre 
Oglifa, Les gnaphalium leontopodium et leontopodioides doivent 
composer un genre particulier, nommé leontopodium, ainsi 
que MM. Persoon et R. Brown l'ont déjà proposé. Le gnapha- 
lium orientale de Linnaeus, et toutes les autres espèces à calathide 
androgyniflore, à aigrette simple, et à clinanthe inappendi- 
culé , appartiennent au genre Elichrysum de Gaertner, que 
nous écrivons helichrfsum. Les espèces à péricline radiant, à 
clinanthe inappendiculé, et à aigrette plumeuse ou pénicil- 
lée , appartiennent au genre Argjrocome de Gaertner, que 
Persoon nomme helichrysum. Le gnaphalium cymosum , dont la 
calathide est androgyniflore , le clinanthe muni de squa- 
melles, et Faigrette simple , constitue notre genre Lepiscline, 
Quoique le genre Anaxeton de Gœrtnersoit, de l'aveu même 
de l'auteur, très-douteux, mal défini, fondé sur une varia- 
tion accidentelle et sur des observations étrangères , incer- 
taines et contradictoires, cependant ce genre, après qu'il 
aura été mieux défini d'après de bonnes oiiservations, pourra 
revendiquer les espèces qui différeroient du lepiscline , soit 
par la présence d'une couronne féminiflore , soit par la nature 
ou ladispesition des appendices du clinanthe. Les gnaphalium- 



ii8 GNA 

dioicum, alpinum, carpaticum , plantagineum et margaritaceum 
constituent le genre Anlennaria , mal établi par Gaertner, 
mais convenablement réformé par M. R. Brown. Les gna- 
phalium muricatum , mucronatum et seriphioides sont réunis par 
M. R. Brown en un genre distinct , qu'il nomme metalnsia. 
Notre genre Endoleuca , qui diffère du Metalasia par le pé- 
ricline, se compose de deux espèces confondues par Lamarck 
sous le nom de gnaphalium capilatum. Le gnaphalium retusum 
du même auteur est devenu notre genre Facelis , remar- 
quable par l'aigrette excessivement plumeuse. Le gnaphalium 
muscoides de Desfontaines est notre lasiopogon, qui diffère 
du facelis par le péricline , par les ovaires, et par l'aigrette 
caduque. Son gnaphalium lejseroides est notre leptophjtus, qui 
diffère peu du leysera. Le gnaphalium liispidum de "Wilide- 
now constitue notre genre Elytropappus , parfaitement dis- 
tinct de tout autre par l'aigrette double. Enfin , le gnaphalium 
sordidum de Linnaeus appartient indubitablement à notre 
sous-genre Phagnalon , qui est formé des conj'za saxatilis et 
rupestris , et qui revendique aussi sans doute le conjza inter- 
media de M. Lagasca. 

Beaucoup de botanistes , effrayés de cette multitude de 
genres, préféreront suivre l'ancienne routine; ils conserve- 
ront le genre Gnaphalium de Linnaeus , en lui attribuant des 
caractères vagues , indécis, qui ne s'appliquent exactement à 
aucune espèce, mais qui peuvent convenir indifféremment à 
près de la moitié des genres de la famille ; et ils entasseront 
pêle-mêle dans ce genre ainsi défini, une foule d'espèces 
offrant des caractères génériques différons, et même opposés 
ou contradictoires. Quanta nous, qui sommes fort peu touché 
du reproche qu'on nous fait de trop multiplier les genres , et 
qui n'avons rien tant à cœur que de rendre les caractères gé- 
nériques aussi exactement applicables aux espèces que la na- 
ture le permet, nous ne craignons pas dédire, au risque de 
scandaliserlesbotanistes, que les dix-huit genres qui viennent 
d'être énumérés, ne suffisent peut-être pas encore pour re- 
cevoir toutes les espèces qui méritent d'être exclues du gna^ 
phalium ; mais, en attendant une analyse exacte et complète 
de toutes les espèces connues, on peut avec assurance tracer 
les caractères du vrai genre Gnaphalium , en décrivant les ca- 



GNA }>9 

tactères génériques offerts parles gnaphalium luleo-alhum, sjl' 
vaticuni et uliginosum , aussi bien que par plusieurs autres 
espèces analogues et réellement congénères. 

Le genre Gnaphalium, ainsi réduit, n'a plus besoin d'être 
divisé en sections. Linnasus en avoit fait trois, qu'il nommoit 
chrj'socomx, argyrocomœ ,Jilaginoidea. Cette dernière section 
correspond assez bien à ce qui constitue pour nous, comme 
pour M. Brown , le genre tout entier. M. Persoon a distri- 
bué en six divisions les cent vingt espèces qu'il a comprises 
dans ce genre : l'une de ces divisions , qu'il nomme archjro- 
coma, correspond, suivant lui, aujîlaginoidea deLinnaeus; mais, 
outre qu'elle est mal caractérisée, l'auteur y admet des es- 
pèces n«n congénères, appartenant à Vantennaria, au face- 
lis , etc. Nous ne sommes pas non plus parfaitement satisfait 
des caractères attribués par M. Brown au genre Gnaphalium, 
parce qu'ils nous paroissent incomplets, vagues, superficiel- 
lement décrits, et insufiîsans pour distinguer ce genre de 
quelques autres, notamment du phagnalon. C'est pourquoi 
nous proposons les caractères génériques suivans. 

Calathide discoïde : disque petit, pauciflore, régulariflorf,. 
androgyniflore ; couronne large, multisériée, mulliflore , tu- 
buliflore , féminiflore. Périclinc égal aux fleurs , ovoïde , 
formé desquames imbriquées, appliquées'; les extérieures 
plus larges , ovales, appcndiciformes , presque entièrement 
membraneuses-scarieuses; les intérieures plus étroites, oblon- 
gues, subcoriaces, pourvues d'un appendice scarieux. Cli- 
nanthe plan ou convexe, inappendiculé. Ovaires grêles, 
cylindriques, papillulés; aigrette composée de squamellules 
unisériées, égales, libres, filiformes, capillaires, à peine bar- 
bellulées , s'arquant en dehors, et caduques. Corolles de la 
couronne tubuleuses , très-grêles. Corolles du disque parfai- 
tement glabres. Style androgynique à branches tronquées au 
sommet. Anthères pourvues de longs appendices basilaires , 
membraneux, subulés. 

Notre phagnalon, qu'on peut considérer, si l'on veut, ou 
comme un genre distinct , ou seulement comme un sous- 
genre du gnapha/ium, en diffère, i.°parle olinanthe fovéolé, 
réticulé, à reseau papillulé ; 2.° par l'aigiette composée au 
plus de dix squamellules unisériées , distancées ; à partie in- 



120 GNA 

férieure longue , droite , filiforme-laminée , membraneuse , 
linéaire, crénelée ou denticulée sur les bords; à partie su- 
périeure hérissée, surtout dans les aigrettes du disque, de 
barbellules nombreuses^ longues et fortes ; 3." parles corolles 
du disque , qui sont parsemées de poils; 4.° par les anthères 
dépourvues d'appendices basilaires ; 6.** par le style andro- 
gynique , à branches arrondies au sommet. Le phagnalon est 
exactement intermédiaire entre le gnaphalium et le vrai co- 
nyza ; il diffère de ce dernier genre principalement en ce que 
l'appendice des squames du péricline est scarieux dans le 
phagnalon, tandis qu'il est foliacé dans le conjza , et en ce 
que les anthères sont dépourvues dans le phagnalon des ap- 
pendices basilaires qui existent très-manifestement dans le 
conyza. 

Gnaphale JAUNATRE-, Gnaphalîum luteo-alhum,L.inn. C'est une 
plante herbacée, annuelle, qui s'élève jusqu'à un pied et 
demi, et qui est revêtue d'un coton blanc sur toutes ses 
parties vertes; sa racine est petite; ses tiges sont cylindriques, 
étalées à la base, puis redressées , simples , un peu ramifiées 
au sommet en corymbe ; ses feuilles sont alternes , demi-em- 
brassantes, longues, étroites, oblongues-lancéolées, un peu 
ondulées , entières ; les inférieures élargies à leur sommet qui 
est obtus ;les calathides sont nombreuses, et irrégulièrement 
agglomérées au sommet des rameaux; leur péricline est lui- 
sant et de couleur jaune-paille. Cette plante habite les lieux 
un peu humides et ombragés, et se trouve dans presque toutes 
les parties de la France, notamment aux environs de Paris; 
elle fleurit en juillet et août. M. Persoon mentionne une va- 
riété beaucoup plus petite , à tige très-rameuse, à feuilles un 
peu courtes, lancéolées, plus larges, moins cotonneuses, à 
calathides plus ramassées, et à péricline brunâtre: il ajoute 
qu'on la trouve dans les champs. 

Gnaphale couché ; Gnaphalium supinum , Linn. Sa racine est 
rampante, fibreuse, noire et vivace ; ses tiges, herbacées, 
longues au plus d'environ trois pouces, sont tantôt couchées, 
tantôt plus ou moins dressées, simples, filiformes, laineuses; 
ses feuilles sont alternes, linéaires-lancéolées, très-étroites, 
un peu cotonneuses sur les deux faces , entières; les cala- 
thides sont peu nombreuses, éparses ou rapprochées, alterne* 



GNA 

sur la tige, dressées; les inférieures souvent pédonculées , 
les supérieures sessiles ; leur péricline est de couleur bru- 
nâtre. Cette petite plante, qui fleurit en juillet, habite les 
hautes montagnes de l'Europe, et notamment, en France, 
celles du Dauphiné , les Pyrénées, les Monts-d'Or, où on la 
trouve dans les prairies exposées au nord , sur le bord des 
torrens et parmi les rochers. Elle varie beaucoup par les di- 
mensions et la direction de sa tige , ainsi que par le nombre 
et la disposition de ses calathides : c'est pourquoi plusieurs 
botanistes en ont distingué trois espèces sous les noms de su- 
pinum,fuscuTn etpusillum; mais nous pensons , avec MM. Smith, 
DecandoUe et Persoon , que ce ne sont que des variétés. 

Gnaphale des bois : Gnaphalium sjlvaticum , Linn. ; Smith. 
La racine vivace, composée de fibres simples , noires , pro- 
duit une seule tige herbacée, simple, dressée, haute d'en- 
viron six pouces, cotonneuse, garnie de feuilles alternes, 
lancéolées, aiguës, laineuses surles deux faces, à base étré- 
cie et alongée ; les calathides sont nombreuses et disposées 
en un épi terminal, peu rameux , serré, garni de petites 
feuilles; leur péricline est cylindracé, formé de squames lui- 
santes, noirâtres au sommet, qui est un peu obtus. Cette es- 
pèce habite l'Europe septentrionale, et se trouve en France 
dans les prairies découvertes des montagnes, où elle fleurit 
au mois d'août. 

Gnaphale droit ; Gnaphalium rectum , Smith , Flor. Brit. 
D'une racine vivace, un peu ligneuse, à fibres simples, noi- 
râtres, s'élève une tige herbacée , dressée, haute de deux 
pieds, cylindrique, cotonneuse, un peu ramifiée en pani- 
cule resserré, et garnie de feuilles entières, cotonneuses et 
blanches en dessous, nues et vertes en dessus ; les supérieures 
étroites , linéaires ; les inférieures un peu plus larges , linéaires- 
lancéolées : les calathides sont nombreuses, disposées en un 
panlcule ou grappe terminale , composée, resserrée en forme 
d'épi, feuillée , longue d'un pied environ; leur péricline est 
brunâtre. Cette espèce , long-temps confondue avec la pré- 
cédente , mais bien distinguée par Smith, est encore consi- 
dérée par M. DecandoUe comme une simple variété produite 
par un étiolement incomplet ; ce qui nous paroît peu vrai- 
semblable. Elle fleurit en août et septembre , et est asse& 



GNA 

commune aux environs de Paris, dans îes bois, les buissons^ 
les pâturages, les terrains sablonneux , et parmi les moissons. 
Gnaphale des marais^ Gnaphalium uliginosum, Linn. Plante 
herbacée, annuelle, à racine rameuse, à tige haute d'environ 
six pouces, très-ramifiée dès la base, diffuse, couverte d'un 
coton blanc; à feuilles alternes , linéaires-lancéolées, étrécies 
à la base , entières, laineuses sur les deux faces -, à calathides 
nombreuses, disposées en petits corymbes terminaux, où elles 
sont rapprochées , agglomérées ; les squames du );éricline sont 
lancéolées-aiguës, brunes et jaunâtres. Celte plante, qu'on 
trouve communément dans les champs humides où l'eau a 
séjourné l'hiver, n'est pas rare dans les environs de Paris, 
non plus que dans les autres parties de la France, ni dans 
toute l'Europe. Elle fleurit dans le cours de l'été. 

Les cinq espèces que nous venons de décrire , ne sont pas 
les seules qui appartiennent légitimement au vrai genre Gna- 
phalium : nous en avons observé nous-même plusieurs autres ; 
mais nous avons dû nous borner ici à faire connoître les es- 
pèces indigènes de la France, ce qui suffit pour donner une 
idée très-exacte du genre dont il s'agît. (H. Cass.) 

GNAPHALIÉES , Gnaphalieœ (Bot.) Nous avons divisé la 
famille des synanthérées en vingt tribus naturelles, qui sont: 
j." les lactucées, 2." les carîinées, 3.° les centauriées , 4.° les 
carduinées, 5.° les échinopsées, 6.° les arctotidées, 7.° les 
ealendulécs , 8.° les tagétinécs, 9." les hélianthées , jo.° les 
ambrosiées, 11.° les anthémidées . 12.'' les inulées , i3.° les 
astérées , 14.° les sénécionées, iS." les nassauviées, iG.° les 
mutisiées, 17.° les tussilaginées , i8.' les adénostylées , 19.° les 
eupatoriées , 20." les vernoniées. Plusieurs de ces tribus sont 
susceptibles d'être subdivisées en sections également natu- 
relles : telle est la tribu des inulées, la plus nombreuse en 
genres après celle des hélianthées. Nous avons donc subdi- 
visé cette tribu en trois sections, nommées initlées-lupht aimées, 
inulécs-prototypes , inulées-gnaplialices: \a première est carac- 
térisée par le péricline non scarieux . les anthères dépour- 
vues d'appendices basilaires , et les stigmatophores arrondis 
au sommet ; la seconde est caractérisée par le péricline non 
scarieux, les anthères ponrvues d'appendices basilaires, et les" 
stigmatophores arrorclis an sommet; la troisième par le péri- 



GNA >a3 

cline scarieux en tout ou partie , les anthères pourvues d'ap- 
pendices basilaires , et les stigmatophores tronqués au sommet. 
Remarquez que les caractères de nos sections, comme ceux 
de nos tribus, ne sont que des caractères ordinaires , c'esl-à- 
dire sujets à exceptions. La nombreuse liste des genres appar- 
tenant à la section des gnaphaliécs sera présentée, ainsi que 
celle des genres appartenant aux deux autres sections, dans 
notre article Inulées , auquel nous renvoyons le lecteur. 
(H. Cass.) 

GNAPHALODES. {Bot.) Le genre établi sous ce nom par 
Tournefort est aujourd'hui connu sous celui de micropus, 
queLinnaeuslui a donné. Le gnaphalium muricatum a été aussi 
nommé gnaphaloides par Plukenet et par Ray. ( H. Cass.) 

GNAPHALOIDÉES. (Bot.) Dans son ouvrage intitulé Ge- 
neral Remaris , M. R. Brown dit que les synanîhérces des 
Terres Australes appartiennent pour la plupart à une section 
des corymbifères , qu'on peut nommer gnaphaloidecc. Il est 
probable que les gnaphaloïdées de M. Brown correspondent à 
notre section des inulées-gnaphaliées ; mais ce botaniste n'a 
pas encore fait connoître les caractères qu'il attribue à ce 
groupe , ni la liste des genres qu'il y comprend. ( H. Cass.) 

GNAPHALUS. {Omith.) Ce nom s'applique au jaseur de 
'Bohème , ampelis garruliis , Linn. (Cii. D.) 

GNATHAPTÈRES. {Entom.) Nous avions designé sous ce 
nom , dans les tableaux qui sont à la fin du premier volume 
des Leçons d'Anatomie comparée de M. Cuvier que nous avons 
rédigées, les insectes aptères qui ont des mâchoires, et non un 
bec ou un suçoir comme les paraiises, tels que les puce^ , les 
poux , les teignes. (CD.) 

GNATHOBOLE. {Ichthj'ol.) M. Schneider a donné le nom 
de gnatlioholus au genre de poissons dont nous traitons à l'ar- 
ticle Odomognathk. Voyez ce mot. (H.C.) 

GNATHODONTES. {Ichthjol.) M. de Blainville a proposé 
ce ïiom pour désigner l'ensemble des poissons osseux, chez 
lesquels l'implantation des dents a lieu dans l'os de la mâchoire, 
caractère qui les distingue immédiatement des cartilagineux, 
où elles semblent fixées seulement dans les parties molles. 
Voyez IcHTHyoi.oGiE,DEaMODONTfc;s et Poissons. (H.C.) 

GNAVELLE {Bot.) j Sckranlhus , Linn. Gcjirc de plantes 



>=4 GNE 

dicotylédones, de la famille des portulacées, Juss., de la décan-^ 
drie digynie, Linn. , qui offre pour caractères essentiels: Un 
calice monophylle, persistant, à cinq divisions; point de co- 
rolle ; dix étamines non saillantes, insérées sur le calice ; un 
ovaire supérieur, arrondi, chargé de deux styles à stigmates 
simples; une petite noix monosperme, enveloppée dans la base 
du calice. 

Les gnavclles sont de petites plantes herbacées, à feuilles 
opposées, linéaires, et à fleurs pour la plupart disposées en co- 
rymbe à l'extrémité des tiges ou des rameaux. Leur port est 
celui des sablines. On en connoit trois espèces. 

Gnavelle annuelle : Scleranthus annuus, Linn., Spec, 58o ; 
Flor. Dan., t. 5o4. Ses tiges sont divisées dès leur base en ra- 
meaux grêles, étalés, longs de trois à six pouces. Ses fleurs sont 
herbacées; les divisions de leur calice sont aiguës, et restent 
ouvertes pendant la maturation des fruits. Cette plante est 
commune en Europe, dans les champs sablonneux. 

Gnavklle vivace : Scleranthus perennis , Linn., Spec. , 58o. ; 
Alchimilla gramineo folio , majori Jlore jVaill. , Bot. Par., p. 4, 
t. i,f. 5. Cette espèce diffère de la précédente par les divisions 
de son calice , qui sont obtuses à leursommet et membraneuses 
en leurs bords. Elle croît dans les mêmes lieux. 

GNAVELLEPOLYCARPE;Sc/eraM//u/spo//y'carpos, Linn., Spec, 58j, 
Les divisions du calice de cette espèce sont épineuses-, c'est ce 
qui la distingue des deux autres. Cette plante est annuelle , 
et elle se trouve dans le midi de l'Europe. (L.D.) 

GNEISS. {Min.) Le gneiss est une roche primitive, feuilletée, 
essentiellement composée de mica disposé en lamelies ou 
paillettes superposées, et de felspath lamelleux ou grenu. 

Le mica formelabase du gneiss, et lui transmet la disposi- 
tion feuilletée qui le distingue. Le felspath, qui entre aussi 
f omme principe constituant dans cette roche, se -soumet pour 
ainsi dire à la texture du mica, et se présente ordinairement 
aussi en veinules minces, droites ou ondulées, qui suivent le 
p!us souvent les inflexions du mica : cela n'est cependant pas 
sans exception; car il arrive parfois que le felspath forme 
(les espèces de nœuds, ou même de gros cristaux, qui dé- 
rangent les dispositions du mica, et le forcent à se courber 
pour en embrasser les contours. Ce sont ces différens accidens ^ 



GNE 1^5 

«t la proportion plus ou moins forte de quelques substances 
accidentelles , qui caractérisent les principales variétés de cette 
roche. 

Le gneiss avoit été réuni à toutes ces roches diverses qu'on 
désignoit, il y a trente ans, sous la dénomination vague et banale 
de granité; à peine en faisoit-on une variété de contexture, 
qu'on distinguoitpar les surnoms de granité veine, feuilleté, schi- 
steux, etc. Cependant l'absence du quarz dans le gneiss, ou du 
moins sa rareté ou son peu d'apparence, l'en distingue suffi- 
samment : en effet , il existe beaucoup de gneiss où l'on n'aper- 
çoit point de quarz à l'œil nu, de sorte que cette substance, 
qui est essentielle au gr mite , n'est qu'accessoire et acciden- 
telle dans le gneiss, comme la tourmaline, le disthène, le grenat 
et quelques autres minéraux qui s'y rencontrent aussi. II étoit 
donc important de séparer ces deux roches dans la méthode, 
en admettant touteiois qu'elles passent de l'uile à l'autre, 
comme on le verra plus bas. 

Tantôt le gneiss est subordonné au granité , et tantôt c'est le 
gneiss qui prédomine. Dans le premier cas, il appartient aux 
derniers membres delà formation la plus ancienne du granité; 
dans l'autre, il fait partie de la seconde : mais, dans l'une et 
l'autre circonstance, il forme des bancs parallèles à ceux du 
granité ou du micaschiste, avec lequel il estsouventassociéaussi. 
D'autres fois il paroit composer des montagnes entières, et il 
se fait surtout remarquer dans les cimes élevées des aiguilles 
et des crêtes les plus escarpées. Les montagnes de gneiss sont 
riches en filons métalliques. 

Sans doute on a abusé en minéralogie, etsurtout en géognosie, 
des mots passage et transition ; mais ce n'est point une raison 
pour s'en priver quand leur application est juste : ainsi, par 
exemple, il est certain que le gneiss passe au granité , quand sa 
texture devient moins feuilletée, et que le quarz entre dans sa 
composition ; que le granité, en devenant plus micacé, passe à 
son tour au gneiss , qui devient lui-même un micaschiste par un 
excès de mica. L'on a dit que le gneiss étoit composé des détritus 
d'un granité préexistant. Saussure a combattu cette erreur 
grossière, qui mérite à peine aujourd'hui d'être citée, et qui n'a 
jamais compté qu'un très-petit nombre de partisans. L'on a dit 
aussi que le gneiss se trouvoit enfragmcns anguleuxdanslegra- 



r^ô GNE 

iiite, et qu'il renfermoit quelquefois lui-même des quartiers de 
cette roche; mais un examen plus attentif a prouvé que les par- 
ties d'apparence hétérogènes n'étoient autre chose que des 
places où le mica s'étoit rassemblé en excès, et avoit produit la 
texture feuilletée au milieu du granité , et que , dans Ie]cas con- 
traire, lequarzet le felspath , en s'amassant pour ainsi dire en 
groupes, avoient donné naissance à un véritable granité au mi- 
lieu du gneiss. Ccsaccidens prouvent une formation contem- 
poraine évidente du granité et du gneiss, et non autre chose. 
Telle est l'opinion généralement reçue parmi les géognostes; 
telle est surtout celle de M. Brongniart , à qui nous devons 
une nouvelle classification des roches, dans laquelle le gneiss 
forme la première espèce du quatrième genre des roches mé- 
langées. On y remarque les variétés suivantes, qui sont les plus 
tranchées, elles mêmes qui ont été citées par M. de Bonnard , 
dans son article Roches du Nouveau Dictionnaire d'Histoire 
naturelle , où il a cru devoir adopter la classification proposée 
par M. Brongniart, que nous suivons aussi dans ce Dictionnaire 
des Sciences naturelles. 

Gneiss commun. Peu ou point de quarz visible à l'œil nu. 
Exemple : la plupart des gneiss de Freyberg en Saxe. 

Gneiss quarzeux. Du quarz abondant très-apparent. Exemple t 
celui de Todstein en Saxe. 

Gneiss T A LQU EUX. Felspath grenu ; mica luisant et talqueux. 
Exemples : ceux de Pierrc-Encise à Lyon, des mines de Saint- 
Bel de Wisbaden , et ceux de la vallée dcChamouni en Savoie, 
qui offrent selon moi le passage à la protogine. 

Gneiss PORPHYROÏDE. Felspath en cristaux volumineux, dis- 
séminés dans la masse. Exemples : les gneiss de Cévin en Taren- 
taise, de Kringelnen Norwège, etc. 

M. de Bonnard propose d'admettre une nouvelle variété de 
gneiss , où le graphite est abondant , et paroît quelquefois rem- 
placer le mica. Je ferai observer à ce sujet qu'il seroit peut-être 
dangereux de donner l'exemple de conserver son nom à une 
roche qui auroit perdu le principe constituant qui la carac- 
térise le plus essentiellement. On m'objectera les passages insen- 
sibles, et la difficulté de placer la ligne de démarcation entre 
Tune et l'autre: j'en conviendrai sans peine, puisque nous en 
avons de nombreux exemples dans la nature ;mais, comme nos 



GNE i?7 

méthodes et nos classifications ne sont faites que pour soulager 
notre esprit , leurs coupes doivent êJre tranchées et pré- 
cises, comme s'il n'cxistoit aucune transition. Les collections 
sont là. pour recevoir les passages et les anomalies ; et il vaut 
mieux créer quelques espèces de plus , que d'admettre dans la 
même des individus dont les principes seroieat en opposition 
manifeste avec les caractères spécitiques. Je n'insiste au reste 
sur cette remarque que parce qu'elle m'a été suggérée par la 
haute considération que nous avons tous puur les connois- 
sances géognostiques de M. de Eonnard, dont l'opinion est 
bien digne de faire autorité. (Brard.) 

GNEMON. {Bot.) , nom sous lequel Rumph désigne le genre 
Gnetum de Linnaeus. ( J.) 

GNÉPHOSIDE, Gnephosis. ( Bot.) [ Cinarocéphales ? Juss. ; 
Sjyngénésie poljgamie séparée, Linn. ] Ce genre de plantes, 
que nous avons proposé dans le Bulletin des Sciences , mars 
1820, appartient à l'ordre des synanthérécs , a notre tribu 
naturelle des inulées, et à la section des inulées-gnaphaliées, 
dans laquelle nous le plaçons auprès des genres SiLoxerus et 
Hirnellia. 

La calathide est ovoïde, incouronnée, équaliflore, uni-bi- 
tri-quadriflore , régulariflore, androgyuiiiore. Le péricline , 
ovoïde et supérieur aux fleurs , est double : l'extérieur plus 
court, persistant, formé de quatre squames égales, subuni- 
sériées , appliquées , elliptiques , memuraneuscs , colorées 
supérieurement; l'intérieur plus long , caduc, formé de 
quatre squames égales, subunisériées , appliquées, oblongucs, 
membraneuses , surmontées d'un appendice radiant, arrondi, 
scarieux , coloré. Le clinanthe est ponctiforme, inappendi- 
culé. Les ovaires sont courts, larges, épais , obovoïdes, très- 
glabres , lisses ; leur aigrette est stéphanoïde , très-petite , 
jjresque imperceptible, très-caduque, annulaire, planius- 
tule, submembraneusc, blanchâtre , profondément divisée en 
lanières filiformes, inégales, irrégulières. Les corolles ont le 
tube grêle, et le limbe obconique, quinquéfide. Les styles 
sont filiformes. 

Les calathides sont réunies en capitules .• chaque capitule 
€stobovoide, et composé de calathides nombreuses. Le ca- 
lathJpliore est filiforme, et garni de longs poils épars ; il porte 



Î28 GNE 

des bractées squamiformcs, nombreuses, régulièrement îm« 
briquées , appliquées , suborbiculaires ou rhomboïdales ^ 
larges, scarieuses, colorées ; leur partie inférieure est trian- 
gulaire . cunéiforme , concave , coriace , veinée ; leurs bords 
sont membraneux, souvent un peu déchirés irrégulièrement: 
cliaque bractée accompagne et couvre unecalathide axillaire, 
pédicellée. Le pédicelle de la calathide est greffé inférieure- 
ment avec la base de la bractée ; les bractées inférieures sont 
vides par l'efiFet de l'avortement des calathides. 

Gnéphoside grêle; Gnephosis tenuissima, H. Cass. , Bulletin 
des Sciences, mars 1820. C'est une plante herbacée, annuelle , 
toute glabre ; sa racine longue , simple , pivotante, flexueuse, 
Cylindrique , porte sur son sommet une ou plusieurs tiges 
hautes d'environ quatre pouces , dressées , cylindriques , 
grêles, rameuses, fléchies en zigzag à chaque point de divi- 
sion. Les branches sont alternes , filiformes , presque capil- 
laires , subdivisées en rameaux longs , capillaires, dont l'en- 
semble compose une sorte de panicule corymbiforme. heà 
feuilles sont alternes, éparses, sessiles, longues d'environ six 
à huit lignes, larges d'une demi-ligne, linéaires, étrécies à 
la base, un peu obtuses au sommet, uninervées, scabres , 
probablement charnues sur la plante vivante, excessivement 
fragiles et caduques sur les échantillons secs. Les capitules , 
longs de trois à quatre lignes, et solitaires à l'extrémité des 
derniers rameaux pédonculiformes, sont composés de brac- 
tées, de périclines et de corolles plus ou moins colorés en 
jaune doré. 

Nous devons à la bienveillance de M. Desfontaines la com- 
munication de cette jolie plante, remarquée par lui dans un 
herbier de la Nouvelle-Hollande , faisant partie de la riche 
collection du Muséum d'Histoire naturelle de Paris. Les 
échantillons sont accompagnés de notes indiquant qu'ils 
ont été recueillis , au Port-Jackson , à la baie des Chiens- 
Marins. 

Après avoir soigneusement analysé les caractères géné- 
riques de cette plante , nous fûmes d'abord tenté de la 
considérer seulement comme une espèce nouvelle du genre 
Siloxerus de M. Labillardière , avec lequel elle a beaucoup 
d'analogie ; mais l'examen que nous avons fait ensuite du si- 



GNE 129 

îoxerus, dans l'herbier de M. de Jussieu, nous a persuadé que 
les deux plantes, quoique très-voisiues , difféi'oient géiicri- 
quem'ènt par l'ovaire, par l'aigrette, par la corolle, par le 
style , et par plusieurs autres parties que nous n'avons pu 
toutefois étudier qu'imparfaitement sur le siloxerus , à cause 
du mauvais état de l'échantillon. 

M. de Jussieu , dans une liste manuscrite qu'il a bien voulu 
nous communiquer, range le siloxerus parmi ses cinarocé- 
phales anomales, caractérisées par la réunion des calathides 
en capitules. Respectant les vues de cet illustre botaniste, 
nous attribuons à la même section de sa méthode notre gne- 
phosis , inséparable du siloxerus. Mais ce classement des deux 
genres dont il s'agit, dans l'ordre des cinarocéphales , nous 
paroit évidemment contraire aux rapports naturels, qui fixent 
invariablement les siloxerus, gnepliosis , hirnellia, dans une 
section de notre méthode ayant pour type le genre Gnapha- 
lium. (H. Cass. ) 

GNET, Gnetum. [Bot.) Genre de plantes dicotylédones, à 
fleurs incomplètes, monoïques, très-rapprochées des thoa , 
de la famille des urticées, de la monoécie monadelphie deLiii- 
naeus, offrant pour caractère essentiel : Des fleurs monoïques, 
disposées en chaton , dépourvues de corolle ; le calice est rem- 
placé dans les fleurs mâles par une écaille ovale, très-petite , 
colorée, un seul filament terminé par deux anthères réunies. 
Dans les fleurs femelles , les écailles sont difformes , déchi- 
rées ; point de corolle ; un ovaire orale , enfoncé dans le 
réceptacle, de la longueur des étamines, surmonté d'un style 
conique, terminé par trois stigmates. Le fruit est un drupe 
ovale, contenant une noix oblongue, striée. 

Gnet de Indes : Gnetum Gnemon , Linn.; Gnetum domestica , 
Rumph, Amb.y 1, pag. 181, tab. 71 et 72. Arbre des Indes 
orientales et des îles Moluques , pourvu d'un tronc droit , 
uni, noueux et comme articulé. Ses rameaux sont élancés, 
articulés, élargis sous chaque articulation, garnis de feuilles 
opposées, glabres, ovales -lancéolées, acuminées, très-en- 
tières, luisantes et comme vernissées en dessus, plus pâles 
en dessous, longues d'environ cinq à six pouces; les pétioles 
courts. Les fleurs sont placées sur des chatons axillaires , 
pédoncule», souvent géminés, entourés de fleurs verticillées. 

19- 9- 



i3p cm 

monoïques ; l€s verticilles épais , distans , fort petits , com- 
posés chacun d'un involucre ou d'une bractée orbiculaire, 
très-entière, perfoliée par l'axe du chaton, calleuse en dessus, 
chargée du même côté de fleurettes nombreuses et sessiles: 
les fleurs femelles occupent la partie supérieure du verticille, 
au nombre de six ou sept ; les fleurs mâles situées dans la 
partie inférieure du même verticille, vers le bord. Le fruit 
est une baie ovale, assez semblable à une olive , uniloculaire, 
renfermant sous une chair peu épaisse une amande blanche, 
oblon<Tue, bonne à manger. Ces fruits deviennent rouges dans 
leur maturité. On les mange dans le pays , ainsi que les feuilles , 
mais seulement après les avoir fait cuire -, car, lorsqu'on les 
mange crus , ils excitent une démangeaison dans la bouche. 

Rumph paroît indiquer, d'après les deux figures qu'il donne 
de cet arbre, que ses fleurs sont dioïques. A la vérité, dans 
la deuxième, tab. 72, on ne voit que des rameaux chargés 
de fruits ; mais sur la première , tab. 7 1 , qu'il donne comme un 
individu mâle, il se trouve quelques fruits. Peut-être, si 
Vahulua de Loureiro étoit mieux connu , faudroif-il le rap- 
porter à ce genre. 

Gnet a feuilles ovales : Gnetum ovalifolium , Poir. , Encycl., 
Supp.; Gnemon sylvestris , Rumph, JmJ., i,pag. i83, tab. j3. 
Cette espèce diff"ère de la précédente par ses feuilles beau- 
coup plus petites, ovales-lancéolées, rétrécies, aiguës et non 
arrondies à leur base , à peine acuminées à leur sommet, 
glabres à leurs deux faces, mais point luisantes ni vernissées 
en dessus. D'après Rumph, cet arbre s'élève beaucoup plus 
haut que le précédent; la chair de ses fruits est armée de 
poils piquans. Il est, ainsi que ses fruits, employé aux mêmes 
usages. M. Delabillardière en a rapporté des échautillons de 
l'île de Java. ( Poir. ) 

GNIDA-PURA-UTAN (Bot.), nom du convolwulus viti/o- 
lius à Java, suivant Burmann fils. (J.) 

GNIDIENNE, Gnidia. (Bot.) Genre de plantes dicotylé- 
dones, à fleurs incomplètes, de la famille des thymélées , 
de Voctandrie monogjnie de Linnasus, rapproché des passé- 
rines et desgaroux, offrant pour caractère essentiel : Un ca- 
lice coloré ( une corolle selon quelques auteurs) , filiforme , 
alongé;le tube terminé par un limbe à quatre découpures; 



G'NI i3t 

quatre écailles en forme de pétales insérés à l'orifice du ca- 
lice, alternes avec ses divisions. Point de corolle : huit éta- 
mines attachées sur le tube du calice; un ovaire supérieur-, 
un style latéral -, un stigmate. Le fruit est une noix mono- 
sperme , renfermée au fond du calice. 

Ce genre comprend de jolis arbustes exotiques, la plupart 
originaires du cap de Bonne- Espérance, à feuilles simples , 
opposées ou alternes, à fleurs tubulées, ordinairement sessiks 
et terminales, quelques unes remarquables par leur agréable 
odeur. Malgré la délicatesse de ces arbrisseaux difficiles à con- 
server pendant l'hiver, dont l'humidité leur est contraire , on 
en cultive plusieurs espèces dans les jardins de botanique , 
surtout le gnidia simplex , qui se multiplie assez facilement . 
se reproduit de marcottes et de boutures, et donne de bonnes 
graines dans les serres d'orangerie. La terre de bruyère, presque 
pure, est la seule qui leur convienne; il faut tous les ans la 
renouveler par moitié en automne ou au printemps. En été, 
époque de leur floraison , on place les pots contre un mur 
à l'exposition du midi, et on ]gs arrose abondamment : il 
faut eu hiver les tenir dans l'endroit le plus sec de l'orange- 
rie , les arroser très-peu, aérer la serre toutes les fois que 1p 
temps le permet, pour éviter que l'humidité ne se prolonge 
trop long-temps dans l'intérieur de l'orangerie. 

Gnidienne a feuilles de pin: Gnidia pinifotia, Lamk., Ill . 
gen. , tab. 291 , fig. i ; Andr., Bot. Repos. , tabl. 32 ; Wendl. , 
Obs., i5, tab. 2 , fig. 1 1 ; Rapunculus foliis nervosis, etc., Burm. , 
Afric, tab. 41 , fig. 3; Valerianelta, etc. Seb. , Mus., 2 , tab. 
32 , fig. 5. Arbrisseau dont les tiges sont divisées en rameaux: 
glabres , cylindriques et grisâtres, garnis de feuilles éparses , 
nombreuses, très-rapprochées , glabres, linéaires, mucro- 
nées, en carène sur leur dos , repliées à leurs bords, longues 
d'un demi-pouce, munies d'un pétiole très-court , qui sort de 
l'aisselle d'un petit tubercule décurrent. Les fleurs sont réu- 
nies en un petit bouquet terminal , garni de beaucoup de 
bractées étroites, serrées, formant une sorte d'involucre 1 
ces fleurssont velues en dehors, longues desept àneuflignes j 
le limbe beaucoup plus court que le tube: les quatre écailles 
de l'orifice du calice couvertes de poils blancs , un peu plus 
courtes que les divisions du lirabe. 

9- 



152 ONT 

Dans le gnidia radiata, Linn. et Wendl., Ohs.^ i5, lab. 2 , 
fig. 12, très-voisin de l'espèce précédente, les tiges sont glabres, 
prolifères; les feuilles glabres, mucrouées, à trois côtés; les 
fleurs sessiles , réunies en têtes terminales, accompagaées de 
bractées lancéolées , plus larges que les feuilles étalées en 
rayons; le limbe du calice delà longueur du tube; les écailles 
Irès-pileuses ; quatre des étaniines saillantes , les quatre autres 
placées à l'orifice du tube. Ces deux plantes croissent au 
cap de Bonne-Espérance ; la première est cultivée au Jardin 
du Roi. 

Gnidienne a tiges simples : Gnidia simplex, Linn. ; Thymelcca 
œthiopica , etc. , Breyn. , Cent. 1 o , tab. 6 ; Bot. Magaz. , tab. 812, 
Petit arbuste du cap de Bonne - Espérance , dont les tiges se 
divisent en rameaux inégaux, presque simples, pileux surtout 
vers leur partie supérieure , garnis de feuilles étroites , éparses, 
linéaires, aiguës, d'un vert cendré. Les fleurs sont pileuses en 
dehors, d'un jaune pâle, sessiles-, réunies en tête terminale, 
longues de six lignes et plus ; les divisions du limbe ovales, 
aiguës; les écailles oblongues, acuminées ; quatre étamines 
plus longues que les autres. On cultive cette plante au Jardin 
du Roi. J'ai lieu de soupçonner que le gnidia subulata , Lmk. , 
Encycl., est une autre espèce distinguée par le petit nombre 
de ses fleurs , de deux à trois dans chaque tête ; par les récep- 
tacles propres, hérissés de beaucoup de poils blancs. 

Gnidienne a feuilles de genévrier ; Gnidia juniperifolia , 
Lmk.. , Encycl. Arbrisseau à rameaux lâches, glabre sur toutes 
ses parties, garni de feuilles éparses, peu serrées, planes, li- 
néaires , subulées, un peu convexes sur leur dos. Les fleurs 
sont terminales, solitaires ou géminées , longues de trois ou 
quatre lignes, environnées de quelques feuilles florales, sem- 
blables aux autres feuilles de la plante; le tube grêle, dilaté 
vers le limbe, très-glabre; les divisions du limbe droites, ai- 
guës , presque aussi longues que le tube. Cette espèce, ori' 
ginaire du cap de Bonne-Espérance , paroit appartenir au 
gnidia pinifolia de Linnfeus fils , mais non à celle de Linnœus, 
Spec, pi. 2, pag. 3 12. 

Gnidienne ponctuée; Gnidia punctata, Lmk., Encycl. Ar- 
buste rameux, qui a le feuillage d'un petit myrte, dont les 
rameaux sont d'un pourpre noirâtre, un peu velus, chargés 



GNI 133 

lie feuilles nombreuses, imbriquées, ovaîes-lancëolées , ai- 
guës, vertes, glabres en dessus, parsemées en dessous de 
petits points élevés , chargés chacun d'un petit poil assez long', 
caduc. Les Heurs sont sessiles , soyeuses et blanchâtres en 
dehors, réunies trois ou quatre ensemble au sommet des ra- 
meaux ; le tube grêle , long de sept à huit lignes ; les divisions 
du limbe ovales , un peu aiguës ; les écailles courtes. Cette 
espèce paroit un peu différente du gnidia tomentosa , Linn., 
et pubescens , Berg, , dont les feuilles sont glabres, ovales- 
oblongues, rondes àleuri bords. Le gnidia racemosa de Thiinh. , 
Prodr. , 76, est remarquable par ses fleurs disposéesen grappes 
axillaires ; les feuilles sont glabres, lâches, ovales-lancéolées. 
Ces plantes craissent au cap de Bonne-Espérance. 

Gnidiknne soyeuse: Gnidia sericea , Linn.; Lmk,, III. gen. ^ 
tab. 291 , fig. 3. Arbrisseau à tige très-rameuse, velue, gar- 
nie de feuilles ovales-oblongues , un peu obtuses, couvertes 
à leurs deux faces de poils couchés, soyeuses dans leur jeu- 
nesse, les supérieures opposées, les inférieures éparses ou 
alternes; les fleurs petites, sessiles, velues, soyeuses et blan- 
châtres à l'extérieur, réunies trois ou quatre ensemble à l'ex- 
trémité des rameaux; le tube grêle; le limbe à quatre dé- 
coupures ovales, concaves, petites; l'orifice garni de huit 
écailles (ou peut-être quatre bifides) , plus courtes que les 
découpures; quatre étamines renfermées dans le tube , quatre 
autres à l'orifice. 

Gnidienne a feuilles opposées: Gnidia oppositifolia, Linn. ^ 
Lmk. , III. gen. , tab. 291 , fig. 2; Thjnnelœa foliis planis,etc., 
Burm., Afr., 137 , tab. 43, fig. 3 ; Pluken. , tab. 02 3 , fig. 7. 
Celte plante est glabre sur toutes ses parties ; ses tiges hautes 
d'environ deux pieds, chargées de rameaux eflilés, droits , 
divisés, alongés , garnis de feuilles sessiles, opposées, glabres, 
ovales, ou ovales-oblongues, aiguës à leurs deux extrémités, 
longues de quatre à cinq lignes; les supérieures quelquefois 
un peu purpurines à leur sommer, ainsi que les rameaux. 
Les fleurs sont sessiles, velues en dehors, une fois plus longues 
que les bractées, réunies quatre à six au sommet 6es ra- 
liieaux ; les divisions du limbe un peu obtuses; les quatre 
écailles très-étroites ; quatre étamines à l'orifice du tube; les 
«juatce autres plus iolérieureso. 



i34 GNO 

Gnidibnnelisse: Gnidialœvigata, Thunb., Prodr., G7;Wendl., 
Obs., 17, tab. 2, fig. 14. Petit arbuste assez semblable, par 
son port, à l'espèce précédente, dont les tiges se divisent 
en rameaux d'un gris cendré, chargés de feuilles nombreuses, 
scssiles, opposées, presque en croix, assez ressemblantes par 
leur forme à celles d'un petit myrte, un peu épaisses, planes , 
glabres à leurs deux faces, très-lisses, ovales- aiguës , longues 
au plus de quatre lignes. Les fleurs sont réunies presque en 
tête à l'extrémité des rameaux. Cette espèce croît au cap de 
Bonne-Espérance. 

On trouve encore mentionnées dans quelques auteurs , 
particulièrement dans Thunberg, Prodr. Cap. B. Spei , plu- 
sieurs autres espèces de gnidia, moins connues, telles que le 
gnidia lijlora, ïhunb. , à rameaux étalés; les feuilles glabres, 
éparses , lancéolées; les feuilles latérales deux à deux: le 
gnidia argentea, Thunb, , à feuilles éparses, en ovale renversé, 
tomenteuses et argentées ; les fleurs ramassées en tête. Le 
gnidia imherbis , Ait., edit. noi/. , est le gnidia simplex, Andr. , 
Bot. Repos., tab. 70, non "VViUd. , et le gnidia pinifolia , 
Wendl., 0^5., i5, tab. 2, fig. 11 , non Linn. Le gnidia fila- 
merefosa, Linn. etWilld., estla lac\inœa glauca. Ait., edit.nov.; 
Buxifolia, A.ndr., Bot. Rep., tab. 624. Voyez Rachnée. (Poir.) 

GNIDIUM GRANAN. (Bot.) Voyez Coccognidium. (J.) 

GNIP. (Ornith.) Ce terme, et ceux de gnep ou sgnep, dé- 
signent, en Piémont , la double bécassine, scolopax major, 
Gmel. (Ch. D.) 

GNISION. (Ornith.) Suivant Belon, p. 89 , ce terme, syno- 
nyme de légitime, désigne, d'après Aristote, l'aigle royal, 
fatco chrjsaetos, Linn. (Ch. D.) 

GNOME ( Entom.) , nom donné par Fabricius à une réunion 
de quatre espèces de Lamies coléoptères, à quatre articles, à 
tarses, et de la famille des xylophages ou lignivores. Voyez 
Lamie. (CD.) 

GNOMESILON. (Bot.) Je lis dans l'Index de Mentzel, que 
ce nom grec étoit chez les Romains un de ceux de leur mus- 
cus marinas, ouhrjon thalassion des Grecs. Adanson pense que 
c'est une des plantes rapportées aux conferves de son temps; 
mais il est très- difficile et même impossible d'en déterminer 
l'espèce : probablement que les anciens ont entendu parler ^ 



GOA i35 

sous ces noms, de ce mélange de plantes marines que nous 
employons encore en médecine , sous la dénomination de 
mousse de Corse. (Lbm.) 

GNOTURIS (Bot.) , un des noms anciens du marrube noir, 
iallota , suivant Ruellius. (J.) 

GNOU (Mamm,), nom donné par les Anglois, qui le pro- 
noncent niou , à une espèce d'ANTiLOPE. Voyez ce mot. (F. C.) 

GNOUROUMI. ( Mamm. ) C'est le nom que les Guaranis 
donnent au fourmilier tamanoir , suivant M. d'Azara. Voyez 
Fourmilier. (F. C.) 

GOA AIGE. (Mamm.) C'est, dit-on, le nom du putois 
mâle chez les Lapons. ( F. C. ) 

GOACHE. ( Ornith. ) Ce nom, qu'on écrit aussi gouache, 
désignoit, en vieux François , la perdrix grise , tetrao cinereus , 
Linn. (Ch. D.) 

GOACONAZ. (BoL) Suivant Oviédo, cité par C. Bauhin ,. 
on nommoit ainsi à Cuha l'arbre qui fournissoit le baume du 
Pérou , ou un autre baume analogue. ( J.) 

GOAD-GANG. ( Ornith.) Cette espèce de pigeon de la Nou- 
velle-Hollande est la colombe lumachelle de M. Temminck , 
Hist. nat. des Pigeons , etc., tom. i, in-8.° , pag. io3 et 369 i 
eolumha chalcoptera , Lath. ( Ch. D. ) 

GO AN. (Bot.) Clusins, dans ses Exotiœ , parle d'un arbre 
de ce nom, croissant dans la Perse et près d'Ormuz , lequel, 
suivant le rapport à lui fait par un marchand instruit, don- 
noit, étant brûlé, des cendres qui, transportées d'Ormuz à 
Alexandrie, fournissoien t la véritable tutie d'Alexandrie, trans- 
portée de là en Europe, et généralement regardée comme un 
produit de vapeurs métalliques rassemblé, sous forme de suie 
ou de cristaux particuliers, dans les cheminées des fourneaux 
de fonderies. (J.) 

GOANGULARIS et GONGULARIS ( Bot. ) : noms qu'on 
trouve dans ITndex de Mentzel et dans le Pinax de C. Bau- 
hin, et qui ne sont que des altérations, dues sans doute à Tim- 
primeur, du nom de Gongolara, qu'Iinperalo donne à une 
espèce de fucus. Voyez Gongolara. (Lem.) 

GOAS ( Ornith. ) , nom suédois de l'oie commune , anas an^ 
ser , I-inn., qu'on appelle en breton goaz. (Ch. D.) 
GO AT ( Mamm. ) ^ nom anglois du bouc. ( F. C. ) 



3^6 GOB 

GOAT-SUCKER (Orn.z7?i.), ijoni anglois de l'engoulevent, 
caprimulgus europccus, Linn. ( Ch. D.) 

GOAZ. (Ornith.) Voyez Goas. (Ch. D. ) 

GOBAURA. {Bot.) Herbe du Brésil, citée dans le recueil 
des Voyages, dont la cendre, répandue sur les plaies, les 
mondifie et fait renaître de nouvelles chairs , suivant le nar- 
rateur, qui ne donne aucune autre indication propre à la faire 
rcconnoître. ( J.) 

GOBE-ABEILLES. (Ornith.) Eidous , dans sa traduction 
des Voyages d'Hasselquist au Levant, tom. 2, pag. 21, rend 
ainsi les mots merops apiaster, par lesquels Linnaeus a dési- 
gné le guêpier commun. ( Ch. D. ) 

GOBELET D'EAU. (Bot. ) C'est la même plante que l'écuelle 
d'eau , liydrocoljde. ( J. ) 

GOBE-MOUCHERONS. ( Ornith. ) Buffon a donné ce nom 
à deux espèces de gobe-mouches de la plus petite taille, qui 
sont les muscicapa minuta et pygniœa de Gmelin et de Latham. 
(Ch. D.) 

GOBE-MOUCHES. (Bot.) On donne vulgairement ce nom 
à une espèce d'apocyn. ( L. D. ) 

GOBE-MOUCHES. (Ornith.) Les nombreux oiseaux, que 
comprend celte dénomination, sont destinés à détruire les 
insectes ailés qui rempliroient l'air et envahiroient le do- 
ïnaine de l'homme, surtout dans les contrées chaudes et hu- 
mides de l'Amérique, si rien ne s'opposoit à leur propaga- 
îion. Ils forment plutôt une grande famille qu'un genre, et , 
s'il existe, entre les tyrans et les gobe-mouches proprement 
dits , des caractères suflisans pour les isoler sous certains rap- 
ports, ces signes sont bien moins marqués entre les gobe- 
mouches et les moucheroUes. Aussi Buffon s'est-il borne à in- 
diquer la taille comme fournissant un moyen de division de ces 
oiseaux , d'après lequel le nom de gole-mouches serolt restreint 
aux espèces moins grandes que le rossignol, pour appliquer 
celui de moucheroUes aux espèces qui égalent la taille de cet 
oiseau ou la surpassent peu, et le nom de tjrans aux espèces 
de la grandeur de lapie-grièche rousse , ou même plus fortes. 

Tous les gobe-mouohes ont, dans différentes proportions, 
îe bec déprimé horizontalement, élargi, garni de poils à sa 
i^ase, et la pointe plus ou moins crochue et échancrée. Le^ 



GOB i37 

plus foibles passent d'une manière insensible à la forme des 
becs-fins. Si la force et la longueur du bec des tyrans , la pointe 
subitement crochue de leur mandibule supérieure , tandis que 
celle de l'inférieure est retroussée, offrent des différences sen- 
sibles avec le bec moins fort et la mandibule inférieure droite 
des gobe-mouches et des moucherolles, la dépression moins 
prononcée dans le bec de ceux-là, qui d'ailleurs est plus 
étroit que celui des moucherolles, ne présente de modifications 
bien saillantes que dans les espèces de ces dernières chez les- 
quelles l'aplatissement et l'élargissement du bec sont extrêmes, 
raison qui les a fait nommer plahrhjnques. 

Plusieurs auteurs ont formé un genre particulier de ces der- 
nières espèces, et l'on n'a, en général, établi que des divi- 
sions entre les gobe-mouches et les moucherolles, qui ne 
portent, en latin, que le même nom de muscicapa, et dont oa 
formera seulement deux sections sous le mot Moucherolles, 
qui a l'avantage de n'être pas un terme composé. ( Ch. D. ) 

GOBICHEN (IchthjoL), nom hoUandois du chabot, cottus 
gohio. Voyez Cotte. (H. C.) 

GOBIE, Gohius.[lchthyol.) Genre de poissons osseux holo- 
branches thoraciques, de la famille des plécopodes. Il est 
nombreux en espèces, et offre les caractères suivans : 

Catopes réunis sur toute leur longueur, et même en avant y de 
manière à former un disque concave; deux nageoires dorsales; 
corps alongé ; tête médiocre, arrondie; joues renflées; jeux rap- 
prochés, 

M. Cuvier a placé les gobies dans la seconde famille des 
acanthoptérygiens, celle des gobioïdes. Belon et Rondelet ont 
cru reconnoître en eux les gobius des anciens, ce qui estloia 
d'être prouvé , tandis qu'Artédi a prétendu retrouver dans 
rOcéan les espèces mal déterminées par ces deux auteurs dans 
h\ mer Méditerranée. Il en est résulté une confusion inex- 
liicable, que Linnaeus n'a point su débrouiller, et à laquelle 
Ivl. le comte de Lacépède semble avoir en partie remédié en 
elablissantles nouveaux genres Goeioïde, Gobiomore et Gobio- 
■NiOROÏDE, aux dépens de celui des gobies, dont Gronou et 
Bloch ont aussi séparé les genres Eléotris et Périophthalme. 
( Voyez ces divers mots , ainsi que Plécopodes et ELEUTnÉn.o- 

TÇIPES. ) 



i3s GOB 

On distinguera facilement les gobies des GobioÏdes et des 
GoBiOMOROÏDES, qui n'ont qu'une nageoire dorsale ; des Gobio- 
jiOHEs et des Elbotris, qui ont les catopes distincts. 

Ces poissons se tiennent ordinairement sur le sable; souvent 
même ils s'y cachent entièrement. La plupart des espèces ont 
recours à la ruse pour se procurer leur nourriture. Leur 
corps gluant se recouvre de limon, et, ainsi masqués, ils 
s'approchent lentement des petits animaux qui doivent deve- 
nir leur proie. 

On prétend aussi que l'espèce d'entonnoir produit par la 
réunion des catopes, fait chez ces animaux l'oftice d'une ven- 
touse, à l'aide de laquelle ils se tiennent ancrés sur les corps 
solides qu'ils rencontrent au fond des eaux. 

Parmi les gobies, on distingue principalement les espèces 
suivantes : 

Le BouLEREAU NOIR : Gohius iiigcr , Linn. ; Gobius boulerot , 
Lacép. ; Bloch., 38. Mâchoires également avancées et armées 
de deux rangs de petites dents; langue un peu mobile; des 
dents très-fines dans la gorge; bouche grande 5 lèvres épaisses; 
yeux petits, tournés en haut; écailles dures; catopes noirs ; 
un appendice derrière l'anus ; nageoire caudale arrondie ; 
corps d'un brun noirâtre, nuancé de gris en dessus et sur les 
côtés; ventre blanc, pointillé de jaune clair; yeux bruns avec 
des taches rouges et dorées; nageoires du do5 marbrées de 
gris, de brun, de rougeâtre , de jaune et de violet léger; 
catopes et nageoire anale d'un gris uniforme : celle-ci rayée 
transversalement ; ceux-là variés de jaune pâle. 

Les bandes noires ou d'un brun foncé, qui traversent le dos 
de ce poisson, lui ont mérité le nom de gobie ou goujon noii-y 
nom qu'il conserve dans beaucoup d'ouvrages d'ichthyolo- 
gie, et qui pourroit le faire confondre facilement avec une 
autre espèce, le gohie noir, du grand golfe des Indes, dont 
V.. de Lacépède a donné la description d'après les manuscrits 
«^e Commerson. Voilà la raison pour laquelle notre savant 
naturaliste a désigné en latin le boulereau noir sous le nom 
de gohius houlerot , réservant celui de gobius niger à l'espèce 
exotique. 

Quoi qu'il en soit, l'animal dont nous parlons parvient ordi- 
cai/ement à la long^ueur de cinq à sept pouces. Il fréquents 



GOB i39 

toutes les mers d'Europe , où il se nourrit de petits poissons et 
de vers marins. Commun dans l'Océan atlantique boréal, où 
il vient frayer au printemps , sur les côtes et à l'embouchure 
des grands fleuves , il habite également plusieurs mers de 
l'Asie; il est très-répandu dans celle de l'Archipel duLevant. 
On le prend aisément à la ligne. 

La chair de ce poisson a beaucoup de rapport , pour la 
saveur, avec celle de la perche. On la mange aujourd'hui 
généralement partout; mais Juvénal nous apprend que, sous 
les premiers empereurs de Rome, et dans le temps du plus 
grand luxe de cette capitale du monde , elle ne paroissoit 
guère que sur la table du riche et de l'homme somptueux : 

Nec ntiullum cupias, cuni sit tibi gobio tantùm 
In loculis; 

ce que Martial semble confirmer quand il dit , dans le treizième 
livre de ses Epigrammes , celui qu'il a intitulé Xenia: 

In Venetis sint lauta licet convivia terris, 
Principiupti cœaœ gobius esse solet. 

Ce même poisson étoit connu d'Aristote et d'Athénée ; Tua 
et l'autre de ces auteurs en ont parlé sous la dénomination de 
rgctyoç, c'est-à-dire, de bouc, parce que ses catopes noirs et 
réunis représcntoient à leurs yeux une barbe, comme celle 
qui garnit la gorge de ce quadrupède. 

Dans un temps où chaque être de la nature devoit fournir 
au moins un médicament propre à soulager l'homme des maux 
auxquels il est en proie, Paul d'Egine considéroit la chair 
du boulereau noir comme laxative, et en faisoit préparer des 
pilules. Que de médecins aujourd'hui ignorent même l'exis- 
tence de cet animal ! 

Le Gobie Bosc ; Gotius jBosc, Lacépède. Les quatre premiers 
rayons de la première nageoire dorsale terminés par un fila- 
ment; tête plus large que le corps ; mâchoires égales; dents 
très -peti tes -, yeux proéminens ; orifices des narines saillans ; 
opercules terminés en pointe ; écailles non apparentes : 
teinte générale grise, pointillée de brun ; sept bandes trans- 
versales irrégulières et d'une nuance plus pâle , étendues sur 
les côtés et les nageoires du dos, qui d'ailleurs sont brunes 
«omme les autres nageoires. 



i4o GOB 

Ce poisson , qui ne parvient pas à la taille de plus de quatre 
pouces , a été observé , décrit et dessiné par M. Bosc , dans 
la baie de Charlestown, dans l'Amérique septentrionale. On 
ne le mange poiiit. 

Le GoBiE DORÉ ; Gobius aurafus , Risso. Tête grande ; bouche 
ample ; langue li&se ; mâchoire inférieure un peu avancée ; yeujt 
ronds, à iris d'un vert jaunâtre, à prunelle améthyste; corp& 
d'un beau jaune doré, couvert de petits points noirs ; nageoires 
dun rouge métallique; une tache brune à la base des pec- 
torales. 

Ce poisson a été décrit et figuré pour la première fois par 
^L Risso. Il est assez commun dans ia mer de Nice, où on 
l'.jppelle gohou jaune. Sapins grande dimension est de quatre 
à cinq pouces. Sa chair est fort bonne. 

Il vit dans les rochers, et on le pêche spécialement en fé- 
vrier, en juillet et en septembre. 

Le GoBiE DB Plumier; Gobius Plumierii , Bloch, 178, 3. 
Mâchoire supérieure avancée; tête grande; bord des lèvres 
charnu; ligne latérale droite; nageoire caudale arrondie; 
écailles petites et peintes de très-riches couleurs ; dos d'un 
jaune doré foncé ; côtés d'un jaune clair ; ventre blanc ; toutes 
les nageoires jaunes ; celles de la queue et de la poitrine 
bordées de noir. 

Le père Plumier a dessiné ce poisson , qui habite la mer 
«! es Antilles, et dont la chair est d'une saveur agréable. C'est 
d'après les dessins de ce zélé voyageur, que Bloch , à Berlin , 
d'une part, et M. de Lacépède, à Paris, de PautrejPont fait 
connoître aux naturalistes. 

Le BouLEREAU BI.ANC : Gobius minulus , Pallas ; Linnaeus. 
Corps d'un fauve pâle; nageoires blanchâtres, rayées en tra- 
A'crs de lignes fauves; des taches ferrugineuses sur le dos ; de 
lî'-tltes lignes brunâtres sur le ventre; nageoire caudale rec- 
liligne. 

Long de deux à trois pouces, ce gobie vit sur nos côtes 
jriéditerranéennes. 

Le GoDiE LANCÉOLÉ : Gobius luticeolatus , Linn.; Gohius syrma- 
l::uphorus, Cronou; Gobie lancette , Bonnaterre; Gobius océani- 
ens. , Pallas ; Bloch , 38, 1. Queue très-longue et terminée par 
Uiie migeeire dont la forme est celle d'un fer de Jaucc ; curps 



COB 141 

très-alongé; mâchoire supéiicrwe un peu avancée; écailles 
petites et arromlies ; anns beaucoup plus près de la gorge que 
de la nageoire caudale; rayons de la première nageoire du 
dos s'élevant au-dessus de la membrane qui les réunit ; na- 
geoires pectorales et caudale d'un jaune plus ou moins mêlé 
de vert, et bordées de bleu ou de violet; une tache bleue à 
bords rouges de chaque côté de la tête; une tache brune, à 
droite et à gauche , à l'endroit où les deux dorsales se 
touchent ; teinte générale, d'un jaune pâle en dessus, et d'un 
gris blanc en dessous. 

On trouve ce poisson dans les fleuves et les petites rivières 
de la Martinique. C'est immédiatement après lui que , dans un 
système ichthyologique complet, il faudroit placer Veleotris 
lanceolata de M. Schneider, que M. Cuvier fait, avec raison , 
rentrer dans le genre Gobie, sous le nom de gobius elongatus. 
(Voyez la planche i5 de l'ouvrage de M. Schneider sur les 
poissons.) 

Le Gobie tête-de-i.ièvre : Gohius lagocephalus , Pallas; Kœl- 
reuter; Linn. Mâchoire supérieure très-arrondie par devant ; 
lèvres épaisses, la supérieure double et fendue en deux; tête 
courte, alépidote ; quelques dents crochues et plus longues 
que les autres à la mâchoire inférieure ; palais hérissé de dents 
menues et très-serrées ;yeux très-rapprochés l'un de l'autre et 
recouverts par un prolongement de l'épiderme -, un appen- 
dice alongé au-delà de l'anus, qui est aussi loin de la gorge 
que de la nageoire caudale ; ligne latérale non visible-, nageoire 
de la queue arrondie ; teinte générale composée de gris, de 
brun et de noir. Longueur du doigt. 

Ce poisson, dout on ne connoit point encore la patrie, 
est figuré dans les Spicilegia zoologica de Pallas, 8, tab. ii, 
fig. 6, 7. 

Le Gobie cyprinoïoe ; Gobius cyprinoides , Pallas. Une crête 
triangulaire et noirâtre, placée longitudinalement sur la 
nuque; écailles grandes et un peu frangées; dos gris; ventre 
blanchâtre ; tête plus large que le corps , et recouverte d'une 
peau traversée par plusieurs lignes très-déliées qui forment 
une sorte de réseau ; un appendice alongé et arrondi par le 
bout au-delà de l'anus. Taille de deux à trois pouces. 

On trouve ce poisson dans les eaux de l'île d'Amboine. Pal- 



'''2 GOB 

ias l'a également figuré dans 1« huitième cahier de ses Spicîle-' 
gia, lab. i. 

Le GoBiE Boddaert; Gohius Boddnerti , Pallas , ibid.^ tab. 2, 
fig. 4, 5. Rayons de la première nageoire du dos filamenteux ; 
le troisième beaucoup plus long que les autres ; dos d'un 
hrun bleuâtre ; ventre d'un blanc rougeâtre; des taches brunes 
et blanches répandues sur la tête ; nageoire caudale blanche , 
nuancée de bleu ; quatorze taches brunes, sur deux rangs, de 
chaque côté du corps ; un cercle noir autour de l'ouverture 
de l'anus; despoints blancs sur la première nageoire du dos. 

Ce poisson, qui ne parvient pas à plus d'un demi-pied de 
longueur, est de la mer des Indes. 

Il a été dédié au naturaliste Boddaert. 

Le GoBiE j'ECTiNiEOSTRE ; Gohius pectinirostris , Linn. ; Apo- 
crjpies chinensis , Osbeck. Presque toutes les dents de la mâ- 
choire inférieure couchées horizontalement, et donnant au 
museau de l'animal quelque ressemblance avec un peigne 
demi-circulaire. 

Des eaux de la Chine. 

L'afhyb ; Gobius aphja, Linn. Yeux très -rapprochés l'un 
de l'autre ; corps alongé, un peu cylindrique , d'un blanc sale , 
varié par quelques taches noires; ligne latérale à peine visible ; 
des bandes brunes sur les nagoires du dos et de l'anus. Taille 
de trois à quatre pouces. 

Ce poisson , dont la chair est fort bonne , vit dans le Nil et 
dans la mer Méditerranée. On le prend quelquefois dans les 
rochers de Nice. Presque tous les naturalistes anciens et mo- 
dernes en ont parlé, et Aristote {lUst. Anim. , lib.6, cap. i5) 
en fait mention sous le nom d'cti^uw Kù)Ci1>iç. Quelques anciens 
auteurs l'ont encore appelé loche de mer. 

Le GoBiE PAGANEL ; Gobius pagancllus , Linn. Première na- 
geoire dorsale bordée de jaune ; la. seconde et l'anale pour- 
prées à leur base ; dos d'un vert obscur ; ventre d'un blanc 
jaunâtre, tacheté de noir avec des traits verdàtres ; ligue 
latérale peu marquée ; une lunule noire sur les nageoires 
pectorales; nageoire caudale rectiligne. Taille de neuf à dix 
pouces. 

Ce gobie , que, dans plusieurs contrées de l'Italie, on ap- 
pelle pagandlo , vit au milieu des rochers de la mer Méditer- 



GOB 145 

ranée. C'est près des rivages qu'il va déposer ses reufs, comme 
dans l'endroit où il trouve l'eau la plus tiède , suivant l'ex- 
pression de Rondelet, l'aliment le plus abondant et l'abri le 
plus sûr contre les grands poissons : ces œufs sont aplatis. 

La chair du paganel est sèche et maigre. 

Le GoEiE ENSANGLANTÉ ; Gobius crueiUatus , Linn. Nageoires 
colorées de brun , de jaune et de rouge; teinte générale d'un 
blanc sale; la bouche, la gorge et les opercules tachetés 
de rouge; catopes bleuâtres; rayons des deux nageoires dor- 
sales plus élevés que les membranes qui les lient entre eux; 
nageoire caudale arrondie , avec des bandes noires. Taille de 
sept à huit pouces. 

Ce poisson , qui habite les rochers profonds de la mer Mé- 
diterranée , a une chair délicate. Brunnich en a donné une 
fort bonne description. 

Le GoBiE NOIR - BRUN ; GoUus bicolor, Linn. Dessus du 
corps d'un brun obscur, passant par diverses nuances au ver- 
dàtre azuré sur la gorge et sur l'abdomen ; nageoires noires ; tête 
grande ; yeux foncés ; iris doré ; nageoire caudale arrondie. 
Taille de trois à quatre pouces. 

Ce gobie habite les mêmes mers que les deux précédens; il 
est très-commun aux environs de Nice. 

Le Goujon d'Arabie : Gobius arabicus, Linn.; Gobius an' 
guillaris , Forskal. Les cinq derniers rayons de la première 
nageoire dorsale deux fois plus longs que la membrane qui les 
unit, et terminés par un filament rouge ; teinte générale d'ua 
brun verdâtre , avec des points bleus et des taches violettes 
agglomérés et répandus spécialement sur les nageoires ; peau 
molle ; écailles petites fortement attachées. Longueur du petit 
doigt de la main. 

Forskal a découvert ce poisson dans la mer Rouge, sur les 
côtes d'Arabie. 

Le Gobie jozo : Gobius jozo, Linn. ; Gohius albus, Gesaer ; 
Gobius albescens , Gronou. Tête comprimée; mâchoires égales; 
bouche moyenne ; corps blanchâtre, nuancé sur le dos d'une 
légère teinte brune ; nageoire caudale parsemée de points 
bruns ocellés de jaune ; ligne latérale noire ; catopes bleus. 
Taille de quatre à cinq pouces. 

Ce po-isson vit dans la mer Méditerranée et dans l'Océan 



^H GOB 

atlanfique boréal. Il n'est pas rare dans la mer Baltique. Il 
fréquente les rivages, et y dépose ses œufs dans les endroits 
dont le fond est sablonneux. 

Sa chair est molle et fade ; plusieurs gades en font leur nour- 
riture habituelle. 

Le GoBiE BLEU ; Gobius cœruleus, Lacép. Le dernier rayon de 
la seconde nageoire du dos deux fois plus long que les autres ; 
nageoire caudale rouge, bordée de noir et arrondie : corps 
du plus beau bleu possible. Taille de deux à trois pouces. 

Cet animal a été observé par Commersoii dans la mer qui 
baigne l'Afrique orientale, à l'embouchure des fleuves de 
l'île de Bourbon. On ne le mange point, et les Nègres ne s'en 
servent que comme d'appât pour prendre de plus grands pois- 
sons. 

Le GoBiE AWAOu : Gobius ocellaris , Gmelin ; Gobius awaou , 
Lacép. Mâchoire supérieure avancée; corps comprimé et 
alongé; écailler ciliées ou frangées ; tête petite et creusée eu 
gouttière par- dessus; dents inégales; ventre vert; dos oli- 
vâtre, nuancé de noir ; catopes noirâtres ; une tache noire 
œillée près du bord postérieur de la première nageoire 
dorsale. 

On trouve ce gobie dans les ruisseaux d'eau douce qui ar- 
rosent i'ile de Taïti, au milieu du grand Océan équinoxial. 
Broussonnet, qui en a vu un individu dans la collection de 
Banks, l'a figuré danslaseconde planche de sa Décade ichthyo- 
logique. ( H. C. ) 

GOBIE CÉPHALE. (Ichthjol.) Synonyme de gobie de Plu- 
mier. Voyez GoBiE. ( H. C. ) 

GOBIE PUSTULEUX. {Ichthyol.) Bonnaterre nomme ainsi le 
poisson que nous avons décrit sous le nom de gobie ensanglanté. 
Voyez GoEiE. ( H. C. ) 

GOBIE GOUJON -BLANC. {Ichthyol.) Quelques auteurs 
ont ainsi appelé le /ozo, gobius jozo. Voyez Goeie. (H. C.) 

GOBIE KŒLREUTER et GOBIE SCHLOSSER. ( Ichthjol. ) 
Pallas a ainsi nommé deux poissons que nous décrirons à I ar- 
ticle Périophthalme. ( h. c. ) 

GOBIÉSOCE, Gobiesox. {Ichthyol.) M. de Lacépèdea formé 
sous ce nom un genre de poissons qui appartient à la famille 
des céphalofes, suivant l'auteur de la Zoologie analytique, et 



GOB 145 

h. celles de discoboles de M. Cuvier. Ce genre est distingué par 
les caractères suivaus : 

Catopes non réunis Vun à l'autre ; une seule nageoire dor- 
sale , très-courte et placée au-dessus de l'extrémité de la queue , 
très-près de la nageoire caudale^ tête très-grosse et plus large que 
le corps. 

On distinguera aisément, et à l'aide de ces notes, les go- 
biésoces des Scorpènes, qui ont la nageoire dorsale longue; 
des Cottes, qui l'ont double ; des Gobies et des Godioïdes, quî 
ont les catopes réunis. (Voyez ces divers mots et Céphalotes.) 

Le GoBiÉsocE TESTAR : Gobiesox cephalus , Lacépède. Lèvres 
doubles Pt très-extensibles ; nageoire de la queue arrondie j 
tête déprimée et arrondie en avant ; yeux très - rapprochés 
l'ua de l'autre ; une concavité sur la nuque, et un enfonce- 
ment sur le dos ; ventre très-saillant; nageoire anale au-des- 
sous de l'extrémité de la queue ; teinte générale d'un roux 
plus foncé sur le dos que sur le ventre , sans raies , ni bandes ^ 
ni taches ; yeux d'un bleu de saphir. 

Ce poisson a été observé dans les rivières de l'Amérique mé- 
ridionale par le père Plumier, et c'est d'après un dessin de ce 
voyageur que M. le comte de Lacépède l'a fait connoître aux 
natîiralistes. Le nom de gobiésoce , par lequel il l'a désigné, 
indiq\ie les rapports de conformation qui le lient et aux gobies 
et aux ésoces. 

M. Cuvier pense que le goliésoce testar pourroit bien être le 
même poisson que le lepadogaster dentex de M. Schneider, 
figuré par Pallas dans la planche première de son septième ca- 
hier, et que le cjclopterus nudus, décrit par Linneeus dans le 
Muséum du Prince Adolphe-Frédéric. Nous avons parlé de 
ces deux espèces à l'article Cycloptère, auquel nous prions le 
lecteur de recourir. 

Le GoBiÉsocE BiMACDLB : Gohiesox bimaculalus ; Oyclopterus 
himaculatus , Pennant, Brit. Zool. , pi. 2:^ , fig. 1 , Nageoires pec- 
torales situées vers le derrière de la tête, qui est déprimée 
et plus large que le corps, et d'un rouge tendre, comme le 
ventre de l'animal ; une tache noire et arrondie de chaque 
côté du corps ; nageoire caudale terminée par une ligne droite ; 
toutes les nageoires d'un très-beau blanc. 

Pennant a le premier fait connoître ce poisson , qu'on ren- 
19. io. 



î/,Ç GOB 

contre près des côtes d'Angleterre, et (Jui n'atteint que dt 
petites dimensions. 

Le cjclopterus littoreus de M. Schneider paroit être un go- 
biésoce. ( H. C.) 

GOBIO {Ichthjol.) , mot latin. Voyez Chabot, Goujon et 
Cotte. (H. C. ) 

GOBIOIDE, Gohioides. {Ichthj'ol.) M. le comte de Lacépède 
a donné ce nom à un genre de poissons de la famille des 
piccopodes , et qui ne diffère de celui des gobies que par la 
présence d'une seule nageoire dorsale et une forme de corps 
plus alongée. Voyez Gobie et Plécopodes. 

Le mot de gobioïde est grec et formé de yoCtoç , gobie ^ 
et s'iS'cç , forme , figure; il indique un rapport marqué avec 
les gobies. 

Le Gobioïde anguilliforme: Gohioides anguilUformis , Lacép.; 
Gobius anguillaris^ Gmel.; Goujon anguillard, Daubenton. Mâ- 
choires garnies de petites dents; nageoire de l'anus et du dos 
fort longues et s'avançant presque Jusqu'à celle de la queue; 
nageoires pectorales petites et arrondies; peau visqueuse, à 
demi transparente et imprégnée d'une liqueur huileuse : toutes 
les nageoires d'un rouge vif. 

Des eaux de la Chine. 

Le Gobioïde s.myrnéen: Gohioides snvyrnensis , Lacép.; Goujon 
smyrnéen , Bonnaterre. Bord des mâchoires formé par une 
lame osseuse sans dents ; tête grosse et parsemée de pores 
très-sensibles ; nageoires pectorales très-larges; celle du dos 
d'autant plus élevée qu'elle est plus voisine de la queue. 

On ne connoît point la patrie de cet animal , qui est figuré 
dans les No^'. Comment. Petropolit., IX, tab. g, fig. 5. 

Le Gobioïde de Broussonnet ; Gohioides Broussonnetii , Lacép. , 
11, pi. XVll, 1. Corps -et queue très-alongés et comprimés; 
des dents aux mâchoires ; nageoires du dos et de l'anus très- 
rapprochées de celle de la queue, qui est pointue; cato])es 
réunis en forme d'entonnoir profond; nageoires pectorales 
petites et arrondies; rayons des nageoires dorsale et anale, 
dépassant la membrane qui les lie entre eux ; peau transpa- 
rente. 

On ignore la patrie de ce poisson, que M. de Lacépède 
a dédié au naturaliste Broussonnet, aussi célèbre par son ins- 



GOB 147 

Iruction que par ses malheurs et son courapje. Nous l'avons 
fait ligurer clans notre allas, d'après un individu qui faisoit 
partie de la collection cédée à la France par la Hollande. 

Le GoEioÏDE QUEUE-NOIRE : Gobiotdes melanurus, Lacép.; Gobiux 
melanuros , Gmelin. Queue d'un noir plus ou moins foncé. 

Broussonnet a décrit celte espèce dans sa première Décade 
ichthyologique. On croit qu'elle vient de la mer du Sud. 
(H.C.) 

GOBIOMORE , Gobiomorus. ( Ickthyol. ) C'est encore à 
M. de Lacépéde qu'on doit l'établissement de ce genre de 
poissons, formé aux dépens de celui des Gobies de Linnaeus, 
et apptirlenant à la famille des Éleuthéropodes. Onrefconnoit 
les espèces qui le composent aux caractères suivans: 

Calopes non réunis entre eux • deux nageoires dorsales ; tête 
petite ; jeux rapprochés ; opercules soudés dans une grande partie 
de leur contour. 

On distinguera facilement les gibiomores des Gobies et des 
GoBioïDES , qui ont les catopes réunis , et on ne pourra les 
confondre avec les Gobiomoroïdes, qui n'ont qu'une seule na- 
geoire dorsale. (Voyez ces mots et Eleuthéropodes et Px.éco- 

PODES. ) 

Le mot gotiomore , tiré du grec, yf,)Csoç, gobie, et c/xopoç, 
ùnalogue^ indique la ressemblance de ce genre avec celui des 
gobies. 

Parmi les espèces rapportées à ce genre on distingue: 
Le GoBiOMORETAiBOA : Gobiomorus taiboa, Lacép. ; Gobiusslri- 
g'atMs, Broussonnet, Gmelin. Corps comprimé et très-aiongé , 
écailles presque carrées et un peu crénelées; tête comprimée 
et cependant plus large que le corps : mâchoire supérieure 
un peu avancée ; dents inégales-, langue et palais lisses ; gosier 
hérissé de dents aiguës , menues et recourbées en arrière ; 
nageoire caudale large et cirrondie; rayons de la première 
dorsale très-longs et très-élevésj dos d'un vert bleuâtre; 
ventre blanc; tête d"un jaune plus ou moins mêlé de vert; des 
raies d'un bru a plus ou moins foncé auprès des nageoires pec- 
torales; des taches rougeàtres de chaque côté du corps et de 
la queue: des points bruns sur la tôle., nageoires d'un vert 
mélangé de jaune et parcourues par des raies rouges, droites 
eu courbées. 



î48 GOB 

Broussonnet a le premier décrit ce gobiomore d'après des 
individus conservés dans la collection de Sir Joseph Banks, 
et pris sur les rivages de l'île d'O-Taïti. M. Cuyier le rapporte 
à son genre Elbotris. (Voyez ce mot.) 

Le gobiomore gronovien de M. de Lacépède appartient à 
la famille des scombres (voyez Pasteur). Son gobiomore dor- 
meur est probalement un Platycéfhale (voyez ce mot). Enfin, 
le gobiomore kaslreuler est un Périophthalme (voyez ce mot). 
(H.C.) 

GOBIOMOROIDE, Goliomoroides. (Iclith.) M. de Lacépède 
a fait, sous ce nom, un genre de poissons, qui appartient 
à la famille des éleuthéropodes, et qui ne diffère de celui 
des gobiomores, que par la présence d'une seule nageoire 
dorsale. (Voyez Eleuthéropodes et Gobiomore. ) 
La seule espèce connue dans ce genre est 
Le GobiomorojdePison: Goliomoroides Piso, Lapécédc; Gohius 
Fisonis, Gmelin; Gobius aniorea , Walbaum; Amore pixuma , 
Marg., i6G ; Eleotris ,Gronou. Mâchoire inférieure plus avan- 
cée que la supérieure; yeux rapprochés; tête aplatie; les 
deux mâchoires garnies de plusieurs rangées de dents fortes 
et aiguës ; nageoire de la queue arrondie. 

On trouve ce poisson dans l'Amérique méridionale. Sou 
nom spécifique rappelle le souvenir du médecin Pison, qui a 
publié sur l'Amérique australe un ouvrage dans lequel il 
parle de notre gobiomoroïde. (H. G. ) 

GOBIONARIA. ( Ichthyol. ) Quelques anciens auteurs ou 
commentateurs, Gaza et Ray, en particulier, ont désigné sous 
ce nom i'aphye , gohius aph_)'a. Voyez au mot Gobie. (H.C.) 

GOBIOS. {Ichthyol.) Les Grecs modernes donnent ce nom 
au paganel, espèce de gobie. Voyez Gobib. (H.C.) 

GOBIOS MELAS. {Ichthyol.) Les Grecs donnent ce nom , 
'yeoùoçfj.tKaç^ ou plutôt celui de KwC/oç /xj'Aaç , à notre bou- 
lereau noir. Voyez Gobie. (H.C.) 

GOEIUS {Ichthyol.), mot latin. Voyez Gobie. (H.C.) 
GOBO ( Bot. ) , nom japonois de la bardane , suivant 
Thunberg. (J.) 

COBOU. ( Ichthyol.) Sur les côtes du midi de la France. 
on nomme ainsi le gobie aphye , et généralement toutes le* 
autres espèces de ce genre de poissons. (H.C) 



GOC 149 

GOBOU NÈGRE. {Ichthjol.) A Nice, on appelle ainsi le 
toulereau noir. (H. C.) 

GOBOUS. {Ichthjol.) M. Cuvier désigne sous ce nom, et 
sous ceux de boulereaux et de goujons de mer, une famille 
de ses poissons acanthoptérygiens. Elle renferme les genres 
GoBiE, GoBioÏDE, TjEnioïde, Pbriophthalme et Eléotris. Tous 
ces genres se reconnoissent sur-le-champ à leurs catopes placés 
sous le thorax, et réunis, seit dans toute leur longueur, soit 
au moins vers leurs bases, en un seul disque plus ou moins 
infundibuliforme. Les épines de leur nageoire dorsale sont 
flexibles ; l'ouverture de leurs ouïes , pourvue de quatre rayons 
seulement, est généralement peu grande, ce qui fait que les 
poissons de la famille des gobons peuvent, comme les blen- 
nies , vivre quelque temps hors de l'eau. Leur estomac est sans 
cul -de-sac, et leur canal intestinal sans cœcum. Les màles 
ont un petit appendice derrière l'anus, et quelques espèces 
sont vivipares. D'une petite taille, ils se tiennent tapis sous 
les côtes des rivages. Leur vessie aérienne est simple le plus 
communément. (H. C.) 

GOCARNI (£of .) , nom brame du schanga-cuspi du Malabar, 
cité et figuré par Rhéede , lequel paroît être une espèce de 
clitoria. (J.) 

GOCHET. (Conclijl.) Adans. , Sénég. , p. 177, pi. i3. Une 
belle espèce de natice , dont Gmelin fait son lurbo fulininea, 
(DeB.) 

GOCHNATIE, Gochnatia. ( Bot. ) [ Corymhifères ? Juss. ; Sfn- 
génésie polygamie égale, Linn. ] Ce genre de plantes, établi 
par M. Kunth, en 1818, dans le quatrième volume de son 
ouvrage intitulé. Nova Gcnera et Species Plantarum , appar- 
tient à la famille des synanthérées , et à notre tribu naturelle 
des carlinées, dans laquelle nous le plaçons auprès des Chu' 
gtnraga, Bernadesia, Diacantha , Bacazia , Turpinia. Voici les 
caractères que l'aufeur attribue à ce genre, et que nous n'a- 
vons pas pu vérifier. 

La calathide est incouronnée, équaliflorc , pluriflore, régu- 
laiiilore, androgyniflore ; le péricline, campanule, est formé 
de squames imbriquéfcs , appliquées, spinescentes au sommet. 
Le clinanthe est inappendiculé; les ovaires sont garnis de poils 
soyeux; leur aigrette est composée de squamellules filiformes. 



i5,-> GOC 

vsliîiples. Les corolles sont à cinq divisions cgaïes; les ëtarnines 
ont le filet glabre , l'anthère ponrAiie d'un appendice apici- 
laire , alongé, et de deux appendices basilaires , filiformes, 
barbus. Le stykvcst divisé au sommet en deux lobes rapprochés. 

GoCHNATiE VERNONioÏDE ; Goclinalia vernonioides , Kunth , 
Nov. Gen. et Sp. Plant., tom. 4, in-L", pag. 16. La lige est 
ligneuse; les feuilles sont alternes , très-entières, à face infé- 
rieure, cotonneuse et blanche; les ciilalhides , composées de 
fleurs de couleur jaune-pàle, sont sessil^s au sommet de pe- 
tits rameaux. Cette espèce, qui est la seule du genre , a é'.é 
découverte par MM. de Humboldt et lîonpland , dans l'Amé- 
rique équinoxiale. 

Le voiume dont nous avons extrait lescnractèrosgénériques, 
et spécifiques ci-dessus n'est point encore publié ; mais il est 
imprimé dans le format in-f.° , et M. Kunth en a présenté et dé- 
posé le premier exemplaire à l'Académie des Sciences, le 26 
octobre 1818 ; il a bien voulu nous en communiquer un autre 
exemplaire, le i.^"^ décembre delà même année , ce qui nous 
a procuré le moyen de prendre connoissance de ses nouveaux 
genres pour en enrichir ce Dictionnaire. 

L'auteur place le gochuatia entre le chuquiraga et le tripti- 
lium , dans sa section secondaire des barnadésies, laquelle est 
composée des genres Barnadesia , Dasyph.yllum , Chuquiraga , 
Gochnatia, TriptiUum. Selon lui , le gochnaLia est analogue, 
bOus plusieurs rapports, aux barnadesia, chuquiraga et dasj- 
phj'Uum, et, sous d'autres rapports, au vernonia. 

Les barnadésies de M. Kunth paroissent correspondre à 
notre tribu des carlinées, qui a été établie et publiée long- 
temps avant la présentation et le dépôt de son quatrième vo- 
lume à l'Académie des Sciences. Il en est de même de presque 
toutes les autres parties de sa clasification des synanlhérées , 
(jui semble à peu près calquée sur la nôtre , antérieure de 
^ix ans à la sienne. Voyez dans ce Dictionniare notre article 
EuPAxoRiÉES, et dans le Journal de Physique, de juillet 1819 , 
notre analyse critique et raisonnée du quatrième volume d© 
l'ouvrage de M. Kunth , intitulé: Noi^a Gênera etSpeeies Plan- 
tarum. 

Le genre Goclinalia est dédié à M. Gochnat, auteur d'uu 
opuscule sur les chicoracées. ( H. Cass.. ) 



GOD i5i 

GOCr. {Bot.) Dans quelques parties de l'ouest de la France 
on donne ce nom à une variété de froment. (L.D.) 

GOD AL. {Bot.) Adanson ramène dans ce genre des espèces 
de bysses , de moisissures et de conferves des anciens auteurs. 
Ces espèces sont miicides, aqueuses, charnues ou coriaces, 
formées de filets cylindriques, non articulés, élevés et ramifiés 
en buissons. Les espèces citées par Adanson sont les hyssus , 
fig. 1 5 , 16 et 17 de la table première de la Muséologie de Dil- 
lenius, et les conferves, fig. 6 à 24, pi. 2 , 3 et 4, du même ou- 
vrage, parmi lesquelles sont Vhimantliia candida , Persoon , le 
dematium petreum , Vers,, et diverses autres plantes placées dans 
les bj'ssus par Linnœus, mais qui appartiennent maintenant à 
d'autres familles, et non à celle des champignons. Ce genre 
très-artificiel n'a pas été adopté, et avec raison. (Lem.) 

GODALIOS. {Oinith.) Suivant Scaliger, dans ses Excrcit. in 
Cardaiium , on appeloit ainsi, en Gascogne, l'hirondelle de fe- 
nêtre, hirundo urbica^ Linn. (Ch.D.) 

GODDE ( Mamm. ) , nom du renne chez les Lapons du 
nord de la Norwège. (F. C.) 

GODDE-SAPAN {Mamm.) , nom du lemnieng chez les 
Lapons du nord de la Norwège. (F. C.) 

GODE {Ichth.), altération de Gade, que l'on trouve dans 
quelques auteurs. (H. C.) 

GODE. (OrM(//i.) Denys, dans son Histoire de l'Amérique sejî- 
tentrionale, parle, sous ce nom, d'un oiseau blanc et noir 
qui vole aussi vite qu'une flèche. Seroit-il question de l'oiseau 
de tempête, ou de quelque autre espèce de pétrels? (Cn. D.") 

GODETS. {Bot.) Paulet donne ce nom à deux espèces do 
champignons, à cause de leur forme. 

La première, celle qu'il désigne par les Godlts jiontés, est 
figurée par lui (Tr. , 2 , p. 2-0 , pL ]o4,f. 1,8 et 9). C'est une 
petite espèce d'agaric , de la famille des mousserons godailles ^ 
de couleur de noisette, qui croitordinaircmenî trois ou quatre 
individus ensemble : son chapeau a un pouce de diamètre; il 
est porté sur uu slipe long de quatre à cinq pouces. La subs- 
tance de ce champignon est sèche, légèrement parfumée, 
comme celle des mousserons. On k' trouve en automne dans les 
bois, et on !e vend avec les autres mousserons. Donné aux 
animaux . il ne les a pas iutommodéi. 



153 GOD 

La seconde espèce est le Godet crotinier , Paul.,Tr., a, 
p. 402, pi. 184, fig. 8, qui constifue le genre Poronia de Gle- 
distsch, et qui est le peziza punctata de Linnseus, qu'on ne 
trouve que sur le crottin de cheval, et dont la forme est celle 
d'une soucoupe grande comme une lentille, d'une couleur 
grise, et dont la surface est parsemée de petits grains qui la 
rendent rude au tpucher. Paulet nomme aussi ce champignon 
godet piqué, etpetit godet crotinier. (Lem.) 

GODJUVA (Bot.), nom brame signifiant langue de vache , 
donne, suivant Rhéede , à Vaneschoyadi des Malabares, qui est 
Velephantopus scaber. (J.) 

GODOE-AMBADO (Bot.) , nom brame de I'Ambalum du Ma- 
labar. Voyez ce mot. (J.) 

GODOLYE (Mamm.), nom hongrois de la chèvre. (F. G.) 
GODOVIA. (Bot.) Le nom du genre Godoja de la Flore du 
Pérou est ainsi transcrit par M. Persoon. (J.) 

GODOYA. {Bot.) Genre de plantes dicotylédones, à fleurs 
complètes, polypétalées , régulières, de la famille des hypé- 
ricées, de la polj'adelphie pentagj-nie de Linnaeus, offrant pour 
caractère essentiel : Un calice à cinq folioles ; cinq pétales ; 
des ciis nombreux disposés alternativement sur cinq rangs 
entre le calice et les pétales; dix étamines et plus; les an- 
thères munies de deux pores à leur sommet ; un ovaire supé- 
ïieur, couronné par un stigmate sessile , à cinq angles. Le 
fruit est une capsule à cinq loges, contenant des semence» 
ailées et imbriquées. 

Ce genre renferme des arbres découverts dans le Pérou 
par MM. Ruiz et Pavon , qui en ont mentionné deux espèces 
seulement d'après leur caractère spécifique , sans autre des- 
cription, a." Godora ohovala , Syst. Flor. Per., pag. 101 : fort 
bel arbre, dont le bois est très-dur; les feuilles en ovale ren- 
versé, crénelées à leur contour ; les étamines au nombre de 
dix. i." Godoya spalliulata. Les feuilles sont en forme de spa- 
tule et crénelées; les fleurs renferment plus de quarante éta- 
înines. Le bois est employé pour la fabrication de plusieurs 
listensiles. 

Dans l'une et l'autre espèce, les fleurs offrent un calice co- 
loré, à ciaq folioles ovales, concaves , échancrées, imbriquées 
«^t caduques. La corolle cs-t composée de cinq pétale» en ovale 



GOE i55 

renversé, caducs, ëchancrés, alternant avec cinq rangs de 
cils nombreux. Les tilamens des étamines sont courts, com- 
primés, insérés sur le réceptacle; les anthères oblongues , li- 
néaires, lançant leur poussière par deux pores situés à leur 
•ommet ; l'ovaire est oblong, linéaire, pentagone, un peu 
courbé, sans style, couronné par un stigmate à cinq angles. 
Le fruit consiste en une capsule alongée, pentagone, à cinq 
loges, à cinq valves ligneuses, linéaires, membraneuses à leurs 
bords, s'ouvrant en dehors; les semences sont oblongues, 
nombreuses , imbriquées, entourées dune aile lancéolée ; 
cinq réceptacles filiformes, garnis latéralement de petits cils 
presque opposés, attachés extérieurement au bord des valves. 

(POIR.) 

GODRILLÉ (Ornith.) , nom du rouge-gorge, niotacilla ruhe- 
cula, Linn., en vieux françois. (Ch.D.) 

GODWIT {Ornith.) , nom anglois des barges. (Ch. D.) 

GOÉLAND. (Ornith.) Les caractères génériques des goé- 
lands et des mouettes étant les mêmes, ces oiseaux ne différant 
entre eux que par la taille, et la dénomination latine de larus 
leur étant commune , leur histoire et leur description se trou- 
veront sous le mot Mouette , employé généralement pour 
désigner les espèces les plus noaibreuses. MM. de Lacépède et 
Temminck ont donné au genre le nom de Mauve, synonyme 
de mouette dans plusieurs ouvrages ; mais, comme ce terme 
désigne une famille de plantes, ou croit devoir Técarter des 
dénouiinafions ornithologiqucs. (Ch. D.) 

GOELETTE. (Ornith.) Les marins donnent le nom de goé- 
lettes ou croiseurs aux hirondelles de mer ou sternes. Suivant 
Salernc, p. SgS.la grande hirondelle de mer, slerna hirundo, 
IJnn., est l'espèce qu'on désigne particulièrement sous ce 
mot à Nantes. (Ch.D.) 

GOELON. ( Ornith. ) Ce nom , qui se trouve tom. i , p. 89 des 
Mémoires historiques de Dumont sur la Louisiane, désigne 
vraisemblablement les goélands, larus. (Ch.D.) 

GOEMON (£of.) , nom général donné à plusieurs varecs, 
fucus , sur diverses cfttes maritimes. (J.) 

GOE-RE-GANG. {Ornith.) L'oiseau ainsi appelé à la Nou- 
velle-Hollande est le chionis ou Cox.ÉORAM'nE. Voyez ce dernier 
îKot, (Ch.D,) 



^H GOI 

GOERTAN {Ornith.), nom donné, au Sénégal , à une espèce 
de pic, picus s^oertan, Linn. et Lath.(CH.D.) 

GOES (Ornith.) , nom flamand de l'oie femelle; on récrit 
en angloispocîeou goose. 

GOETTREUSE. {Ornith.) Voyez Goitreuse. (Ch. D.) 

GOETZIA {Enfozoaire.) , nom de genre proposé par Zeper, 
qui l'a ensuite remplacépar celui de cholcum, pour deux espèces 
(le vers intestinaux, dont Tune a été établie en genre par 
M. Rudolphi sous la dénomination de Liorynchus , et dont 
l'autre forme le genre Prionoderme du même auteur. Voyei 
ces deux mots. (De B.) 

GOG. ( Orniih. ) Ce terme , qui eu vieux françois signifie coq, 
est employé par Pontoppidan , ISatural Uist. of Norway , 
tom. 2, p. 75 , comme désignant le coucou. (Ch.D.) 

GOGGLE-E"^ E(7c/?f/yo/!.) , nom aiigiois du spare gros-œil, 
spams macropIiLhalinus , Linn. Voyez Denté. (H. C.) 

GOGNIER. (Bot.) Dans les environs de Boulogne, le noyer 
porte ce nom. (L.D.) 

GOGOLI. {Ornith.) Cette espèce de canard du Kamtschatka 
est désignée, p. 49') de la traducJion de Krascheninnikow, àla 
suite du Voyage de l'abbé Chappe en Sibérie, comme corres- 
pondant au fuligula pedibus miniaceis , et à Yanas fera capite 
suhrufo minore, de Steller. (Ch. D.) 

GOHKATHU. {Bot.) Voyez Ghoraka. (J.) 

GOHOPilA. {Bot.) Necker donne ce nom générique au vis- 
vMga de Rivin, plante ombellifère que Linnaeus avoit réunie à 
la carotte sous le nom de daucus visnaga, et que Gaertner a ré- 
tablie sous le nom de Rivia. (J.) 

GOHU {Mamm.), nom du cerf commun, chez les Borates. 
(F. C.) 

GOID , GoiT ou GoET {Bot.), nom africain de la coriandre^ 
suivant Menlzel et Adanson. (J.) 

GOIFTON {Ichthyol.) , un dis noms vulgaires du goujon: 
i.'est celui sous lequel ce poisson est connu en Bourgogne. 
vH. C.) 

GOIFUGL. {Ornith.) Ce nom, et celui de goirfugel et geir- 
J igl, désignent, en Islande, le grand pingouin, alca iinpennis ^ 
J.inn. (Ch.D.) 
. GOIUVND , GQISI^AND {Orniih.) Voyez Goé:.a:cd. (Ch. D.) 



GOL i5S 

GOIjNTI ( Co/.) , nom brame du karivi-valli, plante cuctir- 
bifacée du Malabar, qui paroît appartenir au genre Momordica. 
(J.) 

GOTRAN. {Ornith.) L'oiseau décrit et figuré sous ce nom par 
Be'on,p. ICI et 102 , est labnse bondrée, /a/co «pit'orus , Linn, 
(Ch. D.) 

GOl-SAGGI (Ormrfi.), nom japor.ois du héron commun.. 
ardea major et einerea. (Ch. D.) 

GOISNON (Jc/i/?7^'o/.), nom du goujon dans plusieurs can- 
tons. (H. C.) 

GOISON, [IchthroL) Voyez Goiffon. (H. C.) 

GOITRE. {Erpétol.) On appelle ainsi un renflement guttural 
que l'on observe chez plusieurs sauriens, comme les anolis, 
les iguanes et les dragons, et qui est soutenu par des prolon- 
gemens de l'os hyoïde. (H. C.) 

GOITREUSE. (Ornith.) Ce nom, qui est écrit dans certains 
auteurs goef/reuse, désigne le pélican , pe/ecan.(/5 onocrotalus , 
Linn. (Ch. D.) 

GOITREUX {ErpéloL), nom vulgaire de l'iguane commun. 
(H.C.) 

GOIVO. (Bot.) Selon Vandelli, la giroflée jaune est ainsi 
nommée en Portugal. (J.) 

GOKWAN. KoRWAN ou Roquan (Bot. ) , nom japonois. di- 
versement écrit, de Vacacia arborea, suivant Thunberg. (J.) 

GOLA (Mamm. ), nom du chacal aux Indes, dit-on. (F. C.) 

GOLA. (Bot.) Voyez Cola. (J.) 

GOLAB (Ornith.), nompolonois du pigeon, qui s'écrit aussi 
golar et srolub. ( Ch. D.) 

GOLAN -PORTULAN ( Bot.) , nom du pourpier à Java, 
suivan.fc Burmann fils. ( J. ) 

GOLAR. ( Conchyl.) Adans. , Sénég. , pag, 267, pi. ig. C'esi 
une espèce desolen, soleii strigillatus, Gmel. (De B.) 

GOLD. (Ornith.) Ce terme et celui de golden , qui signifient 
or et d'or, précèdent, dans les langues angloise et allemande, les 
noms de plusieurs oiseaux dont le plumage est jaune en partie 
ou en totalité. Tels sont, en allemand, le goldammer hvuaiit 
commun . eniheriza citrinella, Linn. : le goldainsel ou goldmcrle , 
qui est le loriot d'Europe, oriolus galbula, Linn., en anglois, 
iegoldftnch, chardonneret ordinaire ,frino^illa carduelis, Linu.,; 



«56 GOL 

le golden hird of paradise , d'Edwards, rollier de paradis, 
oriolus aureus , Gmel. ; le golden eagle , grand aigle , falca 
chrysacios, Linn., etc. (Ch.D.) 

GOLDAUGE {IchthjoL) , nom allemand du lutjanus chrjsops 
de Bloch. (H.C.) 

GOLDBRASSEN {IchthjoL), nom allemand de la daurade, 
sparus aurata. ( H. C.) 

GOLDENSAMPHIRE.(BoL)Pctivcr,citéparM. Lamarck, 
nonune ainsi l'inula crithmoides , dans un catalogue de plantes 
d'Aijgleterre. (J.) 

GOLD-EYE (Ichthjol.) , nom anglois du lutjanus chrysops 
de Bloch. (H.C.) 

GOLDFANO. (Bot.) Voyez Golfan. (J.) 

GOLDFORELLE (IchlhjoL) , un des noms allemands de la 
Iruitc. (H.C.) 

GOLDSINNY. (Ichlhjol.) Bonnaterre a donné ce nom au 
lahrus cornuhius de Linnaeus. Pennant, dans sa Brit. Zool.j 3, 
png. 20C), n." 6, l'avoit déjà désigné sous celui de goldsinny 
Cornubiensium. (H. C. ) 

GOLDWOLF (Mamm.) , nom allemand qui signifie loup 
doi'é, et qui appartient au chacal. (F. C.) 

GOLÉIAN ( Ichûiyol. ), nom spécifique d'un cyprin , cypri 
nus rivularis , Linn.; cyprinus goleian, Pallas. C'est un fort 
petit poisson, d'une teinte argentée, à corps et à queue ta- 
chetés , à nageoires pâles. ( H. C. ) 

GOLETTE-FOU [Bot.), nom caraïbe, suivant Nicolson, du 
palétuvier rouge des Antilles, espèce de rhizophora. (J.) 

GOLFAN Y MYNYOD. [Ornith.) C'est, en gallois , le friquet, 
Jringilla montana, Linn. ( Cn. D. ) 

GOLFAN ( Bot, ) , nom portugais du nénuphar jaune, selon 
Viindelli; du nénuphar blanc, selon Grisîey. Clusius le nomme 
golsum. Une espèce à fleurs blanches , qui est Vaguapa du Bré- 
sil , est nommée goluaon par les Portugais, suivant Marc- 
grave. Ce qui tient à la différente prononciation du même 
mot. Les Italiens nomment le nénuphar goldfano , suivant 
îvltatzeh (J.) 

('OLIA. (Bot.) Adanson désigne sous ce nom le genre Solda 
dc5 autres botanistes. ( J. ) 

GOLIA-KOREM. (Bof.) Ce nom hongrois, qui signifie ongle 



GOM i57 

6e cigogne , est donné au géranium colomlinum, suivant Cui- 
sius. ( J.) 

GOLIATH {Entom.), nom d'une espèce de coléoptère du 
genre Utoine , dont M. le professeur Lamarck a fait un genre 
pour y comprendre toutes les espèces dont le chaperon , ou 
la partie avancée du front, est prolongé et comme fendu. 
Voyez tom. 8 de ce Dictionnaire, pag. 35, la première divi- 
sion de genre, qui comprend ces espèces sous les noms de Go- 
liath , Cacique, Polyphème, Eclatante. (CD.) 

GOLIN. ( Bot. ) Suivant M. Richard , on nomme ainsi à 
Cayenne Vhejmussoli d'Aublet , rapporté au genre Ximenia. 
(J.) 

GOLO-BEOU {Ornith.), nom que porte , à la Nouvelle- 
Zélande , un merle à gros bec , turdus crassirostris , Linn. 
(Cii.D.) 

GOLOCKS {Mamm. ), nom du gibbon au Bengale. (F. G. ) 

GOLONDRINA. {Bot.) La plante du Pérou que Feuillée 

décrit et figure sous ce nom, avec des feuilles opposées et de 

petites fleurs rassemblées en têtes sphériques, paroît avoir 

beaucoup.de rapport avec le genre Opercularia. (J.) 

GOLONDRINA. ( Omith. ) Les Espagnols donnent ce nom 
et celui d'andorinha aux hirondelles. ( Ch. D. ) 

GOLONGA, GoLUNGA, Goulonga. (Mam?n.) Quelques voya- 
geurs désignent par ce nom un ruminant qui ressemble à uu 
bouc, dont le pelage est roussàtre, moucheté de blanc, e£ 
qui offre une nourriture agréable. Il est sacré pour les 
Nègres du Congo. Voilà tout ce qu'on connoît de cet animal. 
(F.C.) 

GOLSPINCK. ( Ornith.) Les Smolandois appellent ainsi le 
bruant commun, emberiza cltrinella , Linn. (Ch.D.) 
GOLUAON. {Bot.) Voyez Golfan.(J.) 
GO LUE. {Ornith. ) Voyez Golab. ( Ch. D. ) 
GOMALA, GOMELA. {Mamm.) C'est, dit-on , un des noms 
que le rhinocéros porte aux Indes. (F. C.) 

GOMARA. {Bot.) Genre de plantes dicotylédones, à fleurs 
complètes, nionopétalées, irrégulières, delà famille des per- 
sonnées, de la didjnamie angiospermie de Linuaeus; offrant pour 
caractère essentiel : Une corolle irrégulière , à lobes concave.'- j 
un appendice membraneux, en forme de coupe- quatre cî;;- 



î^^ GO M 

riiaes didynames : un stigmate en tête ; une capsule à deux 
loges. 

GoMASA A GRAPPES : Gomara racemosa , Ruiz et Pav. , Syst. 
Prodr. FI. Per., 162. Plante découverte dans les grandes forêts 
du Pérou. Ses tiges sont ligneuses : les rameaux garnis de 
leuilles oblongues. lancéolées, denticulées à leur partie supé- 
rieure; les fleurs disposées en grappes. Chacune d'elles offre 
un calice alongé . persistant, à cinq découpures glabres, 
droites, lancéolées, aiguës: une corolle monopétale, irrégu^ 
lière : le tube courbé, dilaté à sa partie inférieure, resserré 
dans son milieu -. l'orifice velu , élargi : le limbe à cinq décou- 
pures obiongues, obtuses, concaves-, les quatre supérieures 
égales: l'inférieure plus profonde., plus arrondie: un appendice 
en forme de coupe, court, membraneux, persistant; les filamens 
courts, filiformes, insérés a l'étranglement du tube; les anthères 
ovales : l'ovaire supérieur alongé ; un style très- court, persis- 
tant : le stigmate simple en tête. Le fruit est une capsule ovale 
obscurément tétragone . a deux sillons, à deux loges, à deux 
valves; les valves bifides: plusieurs semences petites, oblon- 
gues. (Pom.) 

GOMARA {Bot.), nom donné par Adanson au genre Cras- 
tulade Dillen et de Linnœus. ^^J.) 

GO^L\RI (Mamm.) , nom de l'hippopotame, en Abyssinie. 
dans TAmhara. (F. C.) 

GOMART, Bursera. [Bot.) Genre de plantes dicotylédones, 
à fleurs complètes, polvpétaiées, régulières, de la famille des 
îérébinthacées, de \ heiandrie monogjynieàe Linnœus , dont le 
caractère essentiel consiste dans un calice caduc, fort petit, 
à trois, quelquefois à cinq divisions; trois pétales, quelquefois 
cinq: six étamines. quelquefois huit ou dix; un ovaire supé- 
rieur: le style très-court-, un stigmate en tête; le fruit est une 
baie capsulaire, presque Irigone. à une loge, à trois valves 
charnues, renfermant d'un à cinq osselets, recouverts d'une 
pellicule pulpeuse. 

D'après eet énoncé , on reconnoît , dans le nombre des divi- 
sions du calice, de la corolle, dans celui des étamines, des 
variétés qui ne permettent point d'établir sur elles un caractère 
constant. C'est particulièrement dans le pistil et le fruit qu'il 
Jp faut clicrcber : encore y trouve-t-on quelques difficultés. 



îls constituent plutôt une baie coriace, drupacée, qu'une 
véritable capsule . ordinairement monosperme . probablement 
par avortement. puisqu'il en est où Ion rencontre deux, 
trois, et même cinq noyaux, d après l'observation de M. de 
Lamarck. Il paroit aussi que quelques individus offrent des 
fleurs polygames ou dioïques. D après Jacquin . les fleurs ont 
quelquefois le stigmate trifide. ^"oila bien des variations et des 
incertitudes qui exigeroient l'examen de ce genre sur des 
individus vivans , avant de prononcer sur sa validité, ou 
peut-être avant de le réunir aux icica et aux amyris. 

GoMART GOMMIER : Bursera gummifsra. Linn.; Lamk. , lU. 
gen. . tab. 2ÔG : Jacq. , Amer., tab. 65, et Icon.pict., tab. ij*?: 
Terebinthus maj or. e le, Slo an. Jam. His/.,2, t. n^^-.Betulaarhor, 
etc., Pluk. . Alm.. 67, tab. i5i , fig. 1 ; vulgairement Sucrier 
de montagne, Chibou , Cachibou, Gommier, Bois à cochon. 
Grand arbre qui s'élève droit sur un tronc terminé par une 
cime très -rameuse : il est revêtu d'une écorce très-lisse à 
l'extérieur, mince , brune ou grisâtre, et qui se détache p^r 
lambeaux; elle contient à l'iatérieur un suc glutineux, bal- 
samique , d'une odeur approchant de celle de la térében- 
thine , et qui s'épaissit à l'air sous la forme d'une gomme. Les 
feuilles tombent tous les ans-, elles sont alternes, ailées avec 
impaire, composétrs de cinq, sept, quelquefois neuf folioles 
opposées, pedicellées, glabres, entières, ovales, acuminées, 
un peu luisantes en dessus, arrondies, un peu en cœur à leur 
base, longues de trois pouces et plus, larges au moins de deux. 
Les fleurs sont petites, blanchâtres, inodores, disposées en 
grappes un peu lâches, axiilaires vers l'extrémité des rameaux. 
Les fruits sont verdàtres, de la grosseur d'une noisette, un 
peu teints de pourpre à l'époque de leur maturité, odoracs. 
résineux, couverts d'une écorce charnue et pulpeuse, conte- 
nant un, deux, quelquefois trois osselets ou noyaux très-blancs, 
un peu comprimés, qui renferment chacun une amande. 

Cet arbre, qu'il seroit si intéressant de pouvoir cultiver, 
croît dans le continent méridional de l'Amérique . à la Jamaï- 
que, à Saint-Domingue, etc. Le suc balsamique qui distille 
de son écorce est regardé comme un excellent vulnéraire . 
que l'on emploie pour la guérison des plaies. Quelques ui.s 
ont cru que cet arbre founiissoit la gomuie é:^nii du coni- 



i<:o GOM 

luefce: mais il a été reconnu depuis qu'elle provenoif de 
Vamjris elemifera. 11 paroît que ïicica porte égaleuientle nom 
de bois à cochon, ainsi nommé, dit-on , parce que l'on prétend, 
devoir aux cochons l'efficacité du baume qui eu découle. C'est 
cette même résine qui a fait donner, dans l'Ile-de-France, 
le nom de bois de colophane au gomart. Commerson en avoit 
fait un genre sous le nom de colophania. La dénomination 
vulgaire de cacJiibou , est encore employée, d'après Aublet, 
chez les Caraïbes, pour désigner le gaiauga jaune, maranta 
lulea. 

On a essayé la culture du gomart; mais on n'est pas encore 
parvenu, dans nos serres d'Europe, à en obtenir des Ileius. 
On le multiplie de graines apportées de son pays natal . qu'on 
sème au printemps sur couche et sous châssis, ou inieux dans 
une bonne bâche. Les individus qui en résultent, sont placés 
dans des caisses ou des pots proportionnés à leur grosseur: 
on les change de terre tous les ans en automne. 

Gomart panicdlé : Burscra paniculata , Lamk. , Eucyl. , n.° 2 ; 
Colophonia, Coinmers. , Icon. et Mss. Cet arbre est très-gros 
et s'élève très-haut. Son tronc a quelquefois trois ou quatre 
coudées de circonférence. Il découle naturellement, par les 
crevasses de son écorce, une résine abondante et blanchâtre: 
ses rameaux sont tubercules, chargés de cicatrices, et souvent 
couverts d'une nébulosité noirâtre. Les feuilles sont grandes, 
alternes, ailées avec une impaire, composées de cinq ou sept 
folioles pédiceîlées, glabres, entières, ovales, aiguës, k ner- 
vures saillantes en dessous ; les ileurs petites , nombreuses , 
d'un pourpre agréable, disposées en grappes paniculées et ter- 
minales, longues de plus de six pouces. Leur calice est petit, 
à trois lobes-, trois pétales élargis à leur biise, obtus, légère- 
ment mucronés; six filameus courts, presque connivens; les 
anthères brunes, oblongues, à trois sillons: ces fleurs sontquel- 
quefois polygames. Cet arbre croît à l'Ile-de-France, où il a été 
découvert par Commerson. Il est regardé comme un des plus 
propres à faire des pyrogues. 

Gomart a feuilles obtuses : Bursera ohtusifolia , Lamk. , 
Encycl., n.° 3 ; Marignia, Comraers., Herb. , Icon. et Mss.; 
Daiiimora, Gaertn. , de Fruct. , 2, pag. loo, tab. io3. Arbre 
résineux, assez élevé, qui a presque l'aspect d'un pistachier, 



GOM 161 

pourvu des feuilles ëparses, alltmes, composées de cinq, 
«ept , quelquefois neuf folioles opposées, pédicellées, ovales, 
oblongues, obtuses, glabres, luisantes en dessus, coriaces, 
un peu épaisses, longues d'environ trois pouces, sur un pouce 
et demi de large. Les fleurs sont petites, nombreuses, blanchâ- 
tres, disposées en grappes très- rameuses, paniculées, axillaires 
et terminales. Leur calice est à cinq divisions ; la corolle à cinq 
pétales ovales-lancéolés, très-ouverts; dix étamines courtes . 
les anthères arrondies ; l'ovaire globuleux , couronné par un 
stigmate presque sessile. Le fruit est une baie coriace, dru- 
pacée, de la grosseur d'une noisette, renfermant, sous une 
pulpe peu épaisse, d'un à cinq noyaux osseux, convexes sur 
le dos, anguleux du côté opposé. Cet arbre a été découvert 
par Commerson, dans les bois à l'Ile-de-France. 

GoMART ACUMiNB ; Burscra acuminata j Willd. , Spec. , 4, 
pag. 1120. Arbre des environs de Caracas, dont les feuilles 
sont ailées avec une impaire, longues d'un pied et demi, com- 
posées de folioles oblongues, très-entières, acuminées, lon- 
guement pédicellées, rétrécies en angle aigu à leur base, 
acuminées à leur sommet, glabres à leurs deux faces, longues 
de trois pouces et plus. Les fleurs sont disposées en grappes 
axillaires ; les fruits n'ont point été observés. ( Poir. ) 

GOMBARAN ( Ornif?i. ), nom arabe de l'alouette des prés 
ou farlouse, aiaudfl pratensis, Gmel.j anthus pratensis , Bechst. 
(Ch. D.) 

GOMBAUT, GoMBO , Guincambo. (Bot.) Ces noms sont donnes 
à un ketmie, hibiscus esculentus , dont le jeune fruit est bon a 
manger. (J.) 

GOMBAY. (Bot.) Marsden cite sous ce nom, à Sumatra , un 
arbrisseau à fleurs monopétales étoilées, en faisceaux, couleur 
de pourpre, dont les feuilles sont employées dans les douleurs 
d'entrailles. Cette courte description , trop incomplète , peut 
s'appliquera ria:ora coccinea. (J.) 

GOME,KoME, MoTsi (Bot.), noms divers donnés au riz dans 
le Japon, suivant Kaempfer. (J.) 

GOMESE, Gomesa.{Bot.) Genre de plantes monocotylédonea 

à fleurs incomplètes, de la famille des orchidées, de la gynan- 

drie diandrie de Linnaeus ; offrant pour caractère essentiel : 

Une corolle presque à deux lèvres, à six divisions profondes; 

19. 11 



36. GOM 

Jes deux antérieures conniyentes avec les intérieures , placées 
tous la ïèvre inférieure; celle-ci est entière, sessile, non épe- 
ronnée , à deux crêtes , faisant corps avec Ja base d'une co- 
lonne libre , non ailée : une anthère mobile, terminale, deux 
paquets de pollen à deux lobes, avec un sillon oblique, con- 
nivens à leur sommet avec le prolongement du stigmate. 

GoMÈSB RECOURBEE ; Gomesa recur^a, Bot. Magaz. , tab. 1948. 
Cette plante , originaire du Brésil , a ses racines pourvues d'une 
bulbe ovale, comprimée, amincie à son bord supérieur. Les 
feuilles sont toutes radicales, lancéolées, oblongues, élargies 
à leur partie supérieure; quelques unes couronnent la bulbe; 
d'autres partent de la base et enveloppent une partie de cette 
bulbe, ainsi que les hampes qui sont à peu près de la longueur 
des feuilles, soutenant un bel et long épi recourbé de fleurs 
'd'un vert jaunâtre , très-médiocrement pédicellées, accompa- 
gnées de bractées ovales-concaves , membraneuses ; les trois 
divisions supérieures plus ou moins droites , concaves , obtuses , 
ondulées à leurs bords; les deux inférieures soudées ensemble, 
pendantes , formant comme une seconde lèvre quelquefois 
plus longue que les autres ; la lèvre plus courte que la divisioa 
inférieure, marquée d'un double sillon , unie avec la colonne 
privée d'appendices. Ce genre a été dédié au docteur Gomès, 
auteur de très-bonnes observations médicales qu'il a publiées 
sur les plantes du Brésil. (Poir.) 

GOMEZIA, GOMOZIA. (Bot.) Mutis avoit fait sous lepre- 
mier de ces noms un genre que Linnaeus fils a imprimé sous 
le second. M. Smith , qui a étudié les échantillons de Mutis , dit 
que sa plante est le nerteria de Gœrtner et de la Flore du Pérou, 
à loges monospermes, dont le caractère est différent de celui 
que donne Linnaeus fils, qui indique des loges polyspermes. Son 
gomozia ne peut d'ailleurs être assimilé au tula d'Adanson et 
de Feuillée , puisqu'ila quatre étamines au lieu de cinq, et un 
fruit charnu et non capsulaire comme dans ce dernier. Ces 
observations font présumer que M. Smith peut avoir raison de 
regarder le genre Gomo^ia, comme n'ayant pas existé, herytro- 
dhanum de M. du Petit-Thouars paroît devoir aussi être rap- 
porté au nerteria. (J.) 

GOMI (Bot.), nom japonois du chalef ou olivier de Bohème, 
e.laagnus . appliqué plus spécialement à Vekeagnus crispa de 



GOM îG5 

Thunberg. Son elœagnus umbdlata est le gawa-siro-homi;$on 
elwagnus macrophjila, le fon goni • son elœagnus pungens , le 
ahin-gomi. (J.) 

GOMMA, KOB. (Bot.) Le sésame d'Orient porte ces noms 
au Japon , suivant Kaempfer et M. Thunberg. ( J. ) 

GOMME ADRAGANTE(C/um.) Voyez Gommes et Astragale. 
(Ch.) 

GOMME AMMONIAQUE. ( Bol. ) Voyez Gommes résinbs. 
(L.D.) 

GOMME ANIMÉE. ( Chim. ) Voyez Résine animée. (Gh.) 
GOMME ARABIQUE. ( Chim. ) Voyez Gommes. (Ch.) 
GOMME D'AFRIQUE. (Bot.) Gomme résine produite par 
le bubon gommifère. ( L. D. ) 

GOMME DE CÈDRE. {Bot. ) Substance résineuse produite 
par le cèdre du Liban, et qui diffère peu de la térébenthine 
du mélèse ; elle est mieux nommée Résine de cèdre. Voyez cet 
article. ( [,. D.) 
GOMMEDE CERISIER. (BoL) Voyez Gommedepays. (L.D.) 
GOAIME DE GAYAC. (Chim.) Voyez Gaïac , Gaïacine. (Ch.) 
GOMME DE LIERRE. (Chim.) Voyez Gommes résines. ( Ch.) 
GOMME D'OLIVIER. ( Chim.) Voyez Oliville. (Ch.) 
GOMME DE PAYS. {Chim.) C'est la gomme qui exsude 
de i;os arbres indigènes. (Ch. ) 

GOMME ÉLASTIQUE. {Chim.) Voyez Caoutchouc. (Ch.) 
GOMxME ÉLÉMI. ( C/i(»n. ) Voyez Résine élémi. ( Ch. ) 
GOMME EN LARMES. {Bot.) On désigne quelquefois sous 
ce nom le galbanum. (L.D.) 

GOMME GUTTE. ( Chim. ) Voyez Gommes résines. ( Ch. ) 
GOMME OPOPANAX. {Bot.) Voyez Panais. ( L. D.) 
GOMME TAQUAMAQUE. {Bot. ) Voyez Peupliez baumier. 
( L. D. ) 

GOMMES. {Chim.) Genre de principes immédiats de nature 
végétale. 

Caractères essentiels. Les espèces de ce genre donnent de 
l'acide saccholactique, et de l'acide oxalique quand on les 
traite par l'acide nitrique. 

Elles se dissolvent dans l'eau , ou bien, en absorbant ce li- 
quide, elles se gonflent, et produisent un mucilage plus ou 
moins épais. 



■M GOM 

Propriétés qui appartiennent à toutes les espèces du genre. Ces 
espèces de gommes sont insipides, inodores, plus ou moins 
transparentes, incolores àTétat de pureté. La couleur qu'elles 
ont souvent ne doit pas surprendre , puisqu'en général elles 
exsudent des arbres à l'éfatliquide ou mucilagineux, et qu'alors 
elles se mêlent aux principes colorés avec lesquels elles se trou- 
vent en contact. 

Elles ne cristallisent pas. 

L'alcool et l'étherne les dissolvent point. 

Lorsqu'on les distille, on obtient des gaz acide carbonique , 
oxide de carbone , hydrogène carburé , de l'eau , de l'acide 
acétique, un peu d'huile , enfin du charbon. 

Abandonnées , dans l'eau aérée , à la réaction de leurs élé- 
mens , elles se moisissent sans exhaler l'odeur fétide que ré- 
pandent les matières azotées dans les mêmes circonstances. 

Elles ne sont pas susceptibles de passer à la fermentation 
alcoolique. 

GOMME ARABIQUE. 
Composition : Poids. 

Oxigène 60,84 Poids. 

Carbone 42,23 ou Carbone.... 42,33 

Hydrogène.... 6,93 Eau ^7,77 

(Gay-Lussac etThénard.) 

Poids. Volume. 

Oxigène 5i,3o6 12 

Carbone Iii,^o6 i3 

Hydrogène.... 6,788 24 

(Berzélius.) 

Poids. Poids. 

Oxigène 48,26 ou Oxigène.... 7,o5 

Carbone 45,^4 Carbone.,... 46,84 

Hydrogène.... 6,46 Eau 46,67 

Azote 0,44 Azote 0,44 

(Th. de Saussure.) 

La gomme arabique exsude de plusieurs espèces de mi- 
mosa, particulièrement du mimosa nilotica. 



GOM i55 

Propriétés ipliysiques. Elle est sous la forme de morceaux 
arrondis , incolores ou colorés en jaune léger , dont le volume 
varie depuis celui d'une petite noix jusqu'à celui d'un j)ois. 
On peut la pulvériser dans un mortier. 

(a) Cas où la gomme agit par affinité résultante, 

La lumière ne lui fait éprouver aucun altération ; seulement 
on remarque que les morceaux colorés, qui sont exposés à 
cet agent, perdent leur couleur. 

Elle se dissout assez bien dans l'eau; cette solution concen- 
trée peut se conserver long-temps dans des vases fermés. On 
l'emploie pour donner du lustre aux rubans, aux étoffes , etc. 
Elle laisse, sur ces substances, un enduit extrêmement mince 
qui ressemble à un vernis , mais qui s'enlève par le con- 
tact de l'eau. On emploie aussi la solution concentrée pour 
coller les petits morceaux de papier. 

La solution aqueuse de gomme est précipitée par l'alcool. 

Suivant Tomson, le nitrate de protoxide de mercure forme, 
avec la solution de gomme, un précipité blanc , qui disparoît 
par l'agitation, et qui reparoît par l'addition d'eau ; le sous- 
acétate de plomb la précipite abondamment : ce précipité 
est on composé d'oxide de plomb et de gomme. Tomson diè 
aussi que le silicate de potasse la précipite en flocons blancs, 
légers; il prétend même que c'est le réactif le plus sensible 
qu'on puisse employer pour reconnoître la présence d'une 
substance appartenante au genre des gommes. 

Une eau gommée a la propriété de faire passer au travers 
des filtres de papier des substances solides qui n'y passeroient 
pas si elles étoient suspendues dans l'eau pure. C'est ainsi que 
le charbon divisé ne peut être séparé de l'eau gommée par la 
filtratlon ; si l'on augmente prodigieusement la quantité de 
charbon, celui-ci retient la gomme, suivant l'observation 
de Lowitz. 

M. Berzélius a observé qu'en ajoutant un peu d'ammoniaque 
à une solution de gomme filtrée et bouillante , puis mêlant à ce 
liquide une solution bouillante de sous-nitrate de plomb, l'am- 
moniaque s'emparoit de l'acide nitrique , tandis que la gomme 
se précipitoit avec l'oxide de plomb à l'état d'une combi- 
naison formée de 



i66 GOM 

Gomme 61,76 100 

Massicot 38,25 6a,io5 

Tomson dit que les eaux de potasse , de chaux et d'ammo- 
niaque dissolvent la gomme sans l'altérer, et que l'eau de po- 
tasse , avant de la dissoudre, la convertit en une substance 
qui a l'aspect du lait caillé. 

(b) Cas où la gomme arabique, agit par ses affinités élémen.' 
taires. 

L'acide sulfurique concentré décompose la gomme au moins 
au-delà d'une certaine température ; il se produit de l'eau et. 
de l'acide acétique, suivant Fourcroy et M. Vauquelin, et du 
charbon est mis à nu. M. Hatchett dit que par ce moyen oq 
peut en obtenir 28 de loo de gomme. 

L'acide nitrique à 3o degrés , ainsi que nous l'avons dit , con- 
vertit la gomme en acide saccholactique , en acide malique 
et en acide oxalique ; 3i grammes de gomme, traités par 
186 grammes d'acide nitrique , ont donné à M. Cruikshanks 
14 grammes d'acide oxalique et 0,088 d'oxalate de chaux. 

Suivant Fourcroy et M. Vauquelin, le chlore que l'on fait 
passer dans une solution de gomme , convertit celle-ci en acide 
citrique. Mais nous devons faire observer que ce fait a besoin 
d'être confirmé avant d'être admis, parce que les propriétés 
desquelles ces chimistes ont tiré leur conclusion, peuvent ap- 
partenir à d'autres acides que le citrique. 

Cruikshanks a obtenu de 5i grammes de gomme arabique 
distillés , 

gr- 

Hydrogène carburé et acide carbonique. 10,617 

Acideacétiqueuni àdel'huileetunpeud'ammoniaque. i3,52i 

Charbon 6,2 1 5 

Chaux phosphatée et carbonatée 0,647 

100 parties de gomme arabique, brûlées par M, Vauquelin, 
ont laissé 3 parties de cendres formées d'oxide de fer, et 
de carbonate et de phosphate de chaux. Cet illustre chimiste 
pense que la chaux du carbonate étoit dans la gomme à l'état 
d'acétate et de malate. 

Usages. La gomme arabique sert à donner du lustre k 



GO M 167 

certaines étoffes. Elle est employée dans la peinture. On la 
fait entrer dans des sirops et des potions adoucissantes , etc. 
Gomme du Sénégal. 
Elle provient de deux arbres qui croissent au Sénégal : 
l'un tst appelé nereh, et l'autre nébueb. La gomme que fournit 
le premier est incolore. Celle que donne le second a une cou- 
leur orangée. Elle est en morceaux arrondis, de la grosseur 
d'un œuf de perdrix. A en juger par les usages auxquels on 
l'emploie , cette gomme paroît avoir les plus grands rapports 
avec la gomme arabique ; mais, comme un examen chimique 
n'a point encore prononcé sur cette identité , nous avons 
séparé ces deux gommes. 

Gomme adraganthe. 

Cette gomme exsude de l'astragalus creticus , deVastragalus 
Iragacantha. 

Propriétés physiques. Elle est sous forme de petits morceaux 
minces qui sont roulés sur eux-mêmes ; il y en a qui sont 
blancs , d'autres sont colorés en jaune ou en rougeàtre. Cette 
gomme n'a jamais la transparence de la gomme arabique. Elle 
en diffère encore en ce qu'on ne peut que très- difficilement 
la réduire en poudre , parce qu'elle jouit d'une sorte ,de 
ductilité. 

Propriétés chimiques. La gomme adraganthe n'est pas so- 
luble en totalité dans l'eau froide, quelle que soit la propor- 
tion de ce liquide. Bucholz a vu que 1 partie de gomme siiflisoit 
pour rendre 36o parties d'eau mucilagineuse, et que 1 partie 
épaississoit autant loo parties d'eau que le faisoient 26 parties 
de gomme arabique qu'on y dissolvoit. 

L'eau bouillante la dissout; mais elle change alors de nature , 
suivant Bucholz. 

L'acide sulfurique concentré, en agissant sur 100 parties de 
gomme adraganthe, met, suivant Hatchett , 22 parties de 
charbon à nu. 

L'acide nitrique réagit sur cette gomme de la même ma- 
nière que sur la gomme arabique ; mais on obtient avec la 
première une plus grande quantité d'acide saccholactique. 

Cruiksl'.anks , en distillant 3i ^' de gomme adraganthe , a 
obtenu : 



î65 GOM 

Gaz acide-carbonique et hydrogène-carboné 8,40 ^''* 

Eau et acide acétique contenant de l'huile et sensi- 
blement plus d'ammoniaque que le même produit 

obtenu de la gomme arabique i5,83 

Charbon * 6,00 

Chaux et phosphate de chaux 0,77 

M. Vauquelina obtenu de 100 de gomme adraganthe 3,5 
de cendres formées de carbonate, de phosphate et de sulfate 
de chaux, ainsi que d'une petite quantité de potasse et de fer. 

Nous rapporterons plus bas les observations importantes 
que Bucholz a faites sur la gomme adraganthe, en la trai- 
tant par l'eau froide. 

Gomme de pays. 

On désigne par cette dénomination la gomme qui exsude 
du prunus cerasus , du prunus avium, du prunus domestica , etc. 

Elle est presque toujours colorée, soit en jaune léger, soit 
en orangé brun; elle acquiert à la longue une ténacité que 
M. Tomson compare à celle de la gomme adraganthe. 

La gomme du pays ne cède à l'eau qu'une très-petite quan- 
tité de matière que M. Tomson a fait connoître. 

Cette matière forme avec l'eau une dissolution mucilagi- 
neuse, qui est plus colorée et beaucoup moins visqueuse que 
celle de la gomme arabique. L'alcool et le silicate de potasse n'y 
font pas de précipité; le sous-acétate du plomb la précipite à la 
longue, l'hydrochlorate de péroxide de cuivre la précipite en 
gelée; l'acétate de plomb et lenitrate de mercure n'y fout rien. 
Cette solution, traitée par l'acide nitrique, donne de l'acide 
saccholactique. 

Gomme on mucilage de grainb de lin. 

M. Vauquelin a fait des observations intéressantes sur cette 
gomme et les substances qui l'accompagnent. 

Suivant lui, quand on traite 100 parties de graines de Ihi 
par 400 parties d'eau bouillante , à trois reprises, et qu'on 
passe le liquide dans un tamis de soie, on obtient, en faisant 
évaporer à siccité, i5 parties de matière qu'il appelle muci- 
lage sec. 

Ce mucilage épaissit l'enri considcra]>Jement -, cette liqueiiî 



GOM 3<î9 

ne précipite, ni parla noix de galle, ni par le chlore. Elle 
est acide; M. Vauquelin pense qu'elle doit cette propriété 
à de l'acide acétique. Elle est précipitée par le sous-acétate 
de plomb. 

Ce mucilage, traité par l'acide nitrique, jaunit comme les 
matières azotées, et donne de l'acide saccholactique , de l'acide 
oxalique, et une matière jaune, plus abondante que celle 
obtenue de la gomme arabique. 

loo parties de mucilage sec, distillées, donnent des gaz-, un 
produit liquide formé d'eau, d'acide acétique, d'acétate d'am- 
moniaque, d'un peu d'huile brune; 29 parties de charbon, 
qui laissent après la combustion 2,76 de cendres formées de 
carbonate, de sulfate et de phosphate de potasse, de carbonate 
et de phosphate de chaux, de silice. Suivant M. Vauquelin, 
les carbonates proviennent de la décomposition des acétates 
de potasse et de chaux qui accompagnent le mucilnge. 

Le mucilage de graine de lin contient une quantité notable 
d'azote , puisque le produit liquide dont nous avons parlé ^ 
distillé avec la chaux , a donné une quantité d'ammoniaque quf 
exige 8 à 10 parties d'acide sulfurique pour être saturée, et 
que 100 parties de charbon de mucilage , calcinées avec la po- 
tasse, donnent une quantité d'acide prussique , qui est repré- 
sentée par 2 parties 21 5 de bleu de Prusse. 

M. Vauquelin pense que le mucilage de graine de lin est 
formé d'une suhstance gommeuse ( c'est elle qui donne l'acide 
saccholactique ) , et d'une suhstance animale azotée (queM. Vau- 
quelin soupçonne être analogue au mucus flnimaZ, par la raison 
que le mucilage de graine de lin n'est pas précipité par le 
chlore et la noix de galle : c'est cette substance qui donne 
au mucilage la propriété d^e jaunir par l'acide nitx'ique , de 
donner de l'ammoniaque à la distillation et un charbon azoté , 
d'épaissir beaucoup l'eau); à'acide acétique libre ; d'acétates de 
potasse et de chaux; de sulfate de potasse ; de chlorure de potas- 
sium; de phosphates de potasse et de chaux; de silice. 

Observations sur les espèces qui doivent composer le genre des 
Gommes. 

Nous avons distingué plusieurs espèces de gommes, parce 
^uela gomme arabique se dissout en totalité dans l'eau froide j 



'-» GOM 

tandis que la gomme adraganthe ne s'y dissout qu'en partie » 
suivant robservation deBucholz -. parce qu'elles doivent varier 
par la proportion de leurs élémens , puisqu'elles donnent à 
la distillation des quantités inégales de carbone et d'azote, 
en supposant que la gomme arabique soit réellement azotée : 
nous avons réuni ces espèces en un seul genre, parce qu'elles 
ont plusieurs propriétés analogues, très-distinctes de celles de» 
autres principes immédiats. 

Mais, une chose qu'il importe de remarquer , c'est que la 
gomme adraganthe ne peut être considérée comme une espèce, 
puisqu'en la traitant par l'eau froide Bucholz a dissous Sj 
d'une matière qui paroit très-analogue à la gomme arabique, 
et 45 d'une matière insoluble qui forme avec l'eau une gelée 
très -volumineuse et qui se dissout dans l'eau bouillante 
en éprouvant un changement de nature. Malheureusement 
Bucholz n'a pas examiné si ces deux matières donnoient de 
l'acide saccholactique par l'acide nitrique: c'est ce qui nous a 
empêché de décrire ces matières séparément comme espèces 
bien déterminées. Les expériences de Tomson paroissent 
établir de la ressemblance entre la gomme adraganthe et la 
gomme de pays, au moins sous le rapport de la manière dont 
ces substances se comportent avec l'eau froide. 

Il seroit utile que l'on s'occupât d'examiner comparative- 
ment les différentes substances qui possèdent les propriétés 
que nous avons considérées comme essentielles au genre des 
gommes. Il faudrbit déterminer jusqu'à quel point se rap- 
prochent de la gomme arabique, les substances solubles que 
Ton peut séparer des gommes qui ne se dissolvent qu'in- 
complètement dans l'eau froide. Il faudroit également déter- 
miner si les parties de ces gommes. insolubles dans l'eau sont 
toutes identiques . et jusqu'à quel point elles se rapprochent 
de la gomme de Bassora , que nous avons décrite sous le nom 
de Bassorixe (au Supplément du tome ^). Ce ne sera qu'après 
ces déterminations que l'on pourra décrire les espèces qui 
doivent composer définitivement le genre des gommes, et 
qui sans doute se réduiront à un très-petit nombre. 

Les substances que nous avons rangées dans ie genre des 
gommes se trouvent disséminées, dans le Système de chimie 
de Tomson, dans trois genres, savoir : 



GOM .1 

1." Le genre Gomme, qui comprend la gomme arabique. La 
gomme du Sénégal, la gomme du stertulia urens; 

2." l.c genre Muqueux, qui comprend le mucilage de graine 
de lin, celui des graines de coing, celui des racines de hjacin- 
ihus non seriptu;, de Valthea nff'.cinalis . celui de beaucoup de 
fucui et de beaucoup de lichens; 

0." Le genre Cérasine. qui comprend la gomme adraganthe 
et la gomme de pays. Mais Tomson ne donne aucun carac- 
tère pour distinguer les espèces de chacun de ces groupes, 
et cela étoit cependant absolument nécessaire , puisqu'il recon- 
noit que les espècesdes deux premiers genres sont solubles dans 
l'eau, puisque les espèces des trois genres donnent de l'acide 
saccholactique, et. enfin, que toutes ne cristallisent pas et que 
toutes rendent l'eau plus ou moins visqueuse. L'insuflBsaace 
de nos coQnoLs5ances pour définir les espèces comprises danj 
le genre des gommes, est une raison pour ne pas etablirde nou- 
velles distinctions entre les substances qu'on j range, et d'at- 
tendre , pour le faire , de nouveaux travau:-. ; car , autant il est 
utile de faire les réformes qui sont basées sur des expériences , 
autant il y a d'inconvénient de vouloir les établir avant celles- 
ci. Nous ferons une dernière observation sur les gommes 
de Tomson , c'est qu'il paroit avoir compris la gelée des 
lichens dans son second genre : or, cette substance ( en sup- 
posant qu'elle soit dans tous les lichens de la même nature 
que celle du lichen islandicus (voyez Gelée végétale ) , ne 
donne pas d'acide saccholactique par l'acide nitrique . et 
M. Berzélius a vu qu'elle avoit les plus grands rapports avec 
l'amidon. (Ch.) 

GOMMES-RÉSINES. (Chim.) Sous ce nom on a réuni un 
grand nombre de substances médicamenteuses, qui ont pour 
caractère principal de se dissoudre en partie dans Talcooi, en 
partie dans l'eau, et de produire avec ce dernier liquide une 
sorte d'émulsion. Cette seule propriété auroil dû faire sentiraux 
savans qui ont mis les gommes-résines au nombre des prin- 
cipes immédiats des végétaux, qu'une telle classification étoit 
contraire aux analogies les plus simples, parce qu'il n'y avoit 
nulle parité entre le sucre de canne, l'amidon de pomme de 
terre, qu'ils considéroient à juste titre comme des espèces de 
Fbjncipes iv:.ié0Ia:s vovez ce mot) . et les rromiRcs-rçsine; évl- 



^72 GOM 

demment formées de deux principes au moins, l'un soluble 
dans l'eau , et l'autre soluble dans l'alcool 5 principes qui , loin 
d'être assujettis à une proportion fixe l'un à l'égard de l'autre, 
sont souvent même à l'état de simple mélange. Nous avons 
étendu cette manière de voir aux huiles fixes , aux résines , 
aux baumes, dans des Considérations sur les principes immé- 
diats, qui ont été imprimées, en 1814, dans les Elémens de Bo- 
tanique de M. Mirbel. Les analyses que plusieurs chimistes 
ont faites des gommes-résines prouveront, nous osons le pen- 
ser, que notre manière de voir est fondée. 

Aloès. 

Nom collectif de plusieurs sucs épaissis, qui proviennent 
des aloès, particulièrement de Valoe succotrina, de Valoe vul- 
garis et deValoe perfoliata. On distingue dans le commerce trois 
sortes de sucs épaissis d'aloès 'Valoès succotrin, Yaloès hépatique 
et Valoès cahallin. Ces distinctions sont plutôt basées sur le de- 
gré de pureté de l'aloès, que sur l'espèce d'aloès d'où les sucs ont 
été extraits : Taloès succotrin est le plus pur ; l'aloès cahallin 
est le moins estimé: aussi n'est- il guère employé que dans la 
médecine vétérinaire. 

Aloès succotrin. 

Il est en masse résineuse , d'un rouge foncé ; il se réduit 
en poudre jaune par la trituration , plus facilement en hiver 
qu'en été , par la raison que la chaleur le ramollit et lui donne 
de la ductilité. Il est fusible à 100° environ. Il a une odeur 
aromatique et une saveur très-amére. Il est purgatif, balsa- 
mique, stomachique, anthelmintique. 

Il a été successivement exam.i.ic- par Tromsdorff, M. Bracon- 
notetMM. Bouillon-Lagrange ci, Vngel. 

; kilog. d'aloès réduit en poudre, délayé dans un litre 
d'eau, étant soumis à la distillation, donne une eau odo- 
rante sur laquelle nage une huile volatile, d'un jaune verdàtre, 
ayant l'odeur du mélilot. Cette huile est le principe odorant 
de raloès, car elle communique l'odeur de cette substance à 
ïviiu dans laquelle on la dissout. ( Efiuil.-Lagr. et Vogel.) 

Lorsqu'on traite l'aloès en poudre par Teau à 8° , ainsi qUv" 
J'.int fait MM. Bouillon-Lagrange et Vogel, jusqu'à ce que ce 



CxOM 1-5 

liquide n'ait plus d'action, on réduit l'aloès en deux substances 
fixes : l'une soluble, qu'ils regardent comme de l'extractif; 
l'autre insoluble, qu'ils regardent, ainsi que M. Tromsdorff , 
comme étant de nature résineuse. 

Matière soluble. L'eau à 8°, qui a macéré sur l'aloès , mousse 
par l'agitation, est d'un rouge foncé, odorante ; elle rou- 
git le papier de tournesol, elle est amère. Les alcalis en foncent 
la couleur sans la troubler. Les acides minéraux y forment 
un précipité jaune. Les sels métalliques des trois dernières 
sections y font des précipités plus ou moins colorés; les sul- 
fates de fer la précipitent en brun noirâtre: c'est ce qui afait 
penser à Tromsdorff qu'il y avoit de l'acide gallique dans 
l'aloès-, mais, comme MM. Boulllon-Lagrange et Vogelle font 
remarquer, cette propriété ne suffit pas pour démontrer l'exis- 
tence de cet acide. 

Le lavage aqueux de l'aloès, évaporé lentement , laisse un 
résidu brun, transparent, fusible, d'un jaune doré quand il 
est réduit en poudre, d'une saveur araère, et d'une odeur 
d'aloès ; ce résidu est entièrement soluble dans l'eau et dans 
l'alcool. L'éther hydratique rectifié n'a qu'une foible actioa 
sur lui. 

Ce résidu se dissout dans l'acide nitrique à 36", et le colore 
en vert ; cette solution est à peine troublée par l'eau. 

Matière insoluble. Elle est molle, grisâtre, très -élastique 
quand elle vient d'être obtenue; desséchée , on peut la réduire 
en poudre grisâtre. Elle est insoluble dans l'eau à lo", elle se 
dissout au contraire dans l'alcool et dans l'éther. Mise dans l'a- 
cide nitrique à 56", elle s'y dissout et le colore en rouge; l'eau 
ajoutée à cette dissolution en précipite une matière gluante 
résineuse. 

MM. Boulllon-Lagrange etVogel regardent l'aloès succotrin 
comme étant formé de 

^ .. -„ ) Ces deux substances ne paroissent point azotées ; 

Extractif . . . 63 | , • . , ,. ,, • - 

I car les produits de leur distillation ne contiennent 

'qu'une trace d'ammoniaque. 



Ptésine 32 



Mais nous ferons observer qu'il contient en outre de l'huiJe 
volatile; et que ce qu'ils appellent extractif paroît être une 
réunion de plusieurs principes . savoir ; 



GOM 

i". Un acide libre au moins en partie, qui lui donne la pro* 
prlétéde rougir le tournesol; 

2." De l'huile volatile; car ilseroit absurde de penser que cet 
extractif a par lui-même l'odeur de l'huile qu'on obtient en 
distillant l'aloès avec de l'eau. 

3.° Un principe colorant. 

Enfin il est possible que les propriétés médicamenteuses de 
Taloès soient dues à un principe distinct des précédens. 

M. TromsdorfF pense que l'aloès succotrin est formé: 

Extractif particulier ou principe savonneux, amer. . jS 

Résine 2S 

Acide gallique trace. 

Il a fait soii analyse en traitant l'aloès par l'eau bouillante: 
tout a été dissous-, mais, par le refroidissement, la résine s'est 
précipitée. Nous pensons qu'il en reste une portion en dissolu- 
tion , et que , sous ce rapport , le procédé de MM. Eouillon-La- 
grange et Vogel est préférable à celui de TromsdocfiF. 

M. Braconnot, n'ayant pu séparer plusieurs substances de 
l'aloès en le traitant par l'eau à 32° Réaumur , en a conclu 
que cette substance étoit un principe immédiat pur , qu'il a ap- 
pelé résina-amer ; il a observé que l'aloès perdoit sa propriété 
purgative lorsqu'on le mêloit avec la noix de galle. 

M. Braconnot , en traitant 10»' d'aloès par 80^' d'acide 
nitrique à 36°, a vu que l'action des matières étoit très- 
forte, qu'il se dégageoit de l'acide nitreux, et enfin qu'il se 
produisoit un liquide d'un jaune foncé, qui laissoit déposer en 
refroidissant un acide, qu'il a appelé aloétique, et qui retenoit 
en dissolution un peu de cet acide , une quantité d'acide oxa- 
lique représentée par S'', 5 d'oxalate de chaux sec, et i^"^ d'acide 
malique sirupeux. 

L'acide aloétique ,sur lequel nous reviendrons au mot Subs- 
tances ASTRINGENTES AETIFICIELLBS, 3 IcS propriétés SUivautCS. 

II est jaune 5 très-amer j il cristallise , ainsi que je m'en suis 
convaincu. 

A la température de 12°, 5 , o °', 2 demandent 260 ^' d'eau 
pour se dissoudre , et cette solution est d'un beau rouge : 

i5 °' d'alcool à 38"- en dissolvent o^'/o. La liqueur est d'un 
rou^e très-foncé. 



GOM 175 

Cet acide détone par la chaleur, en produisant du gaz ni- 
Ireux, de l'acide prussique,etc. 

Il forme , avec les bases salifiables , des sels rouges qui 
détonent avec force. 

Nous avons considéré cet acide comme un composé d'acide 
nitrique et d'une matière végétale très-abondante en hydro- 
gène et en carbone. 

Aloès hépatique. 

Suivant M» TromsdorfF , il est formé de 

Principe savonneux amer 8 1,2 5 

Résine 6,2 5 

Albumine 12,60 

Acide gallique trace. 

100,00 
Ce savant dit qu'on peut le distinguer de l'aloès succotrin 
par le résidu d'albumine qu'il abandonne lorsqu'on le fait 
bouillir dans l'eau , ou qu'on le traite par l'alcool. 

Suivant MM. Bouillon-Lagrange et Vogel, l'aloès hépatique 
est formé de 

Extractif 5a 

Résine 4» 

Matière insoluble 6 



Ces savans n'ont pu obtenir d'huile volatile en distillant un 
kilog. d'aloès hépatique avec un kilog. d'eau. Le produit de 
cette distillation a une odeur nauséabonde qui approche de 
celle de l'acide hydrocyanique. 

Ammoniaque (Gomme). 

On dit qu'elle provient d'une plante de la famille des om- 
bellifères, dont l'espèce n'a point encore été déterminée par 
les botanistes. Elle nous est apportée de la Libye. 

La gomme ammoniaque est en masse ou en larmes légère- 
ment colorées en jaune; elle a une odeur désagréable, mais 
qui n'est pas très-forte, et une saveur amére et nauséabonde. 

M. Bracouîiot dit qu'elle est composée de 



176 GOM 

Gomme 18,4 

Résine 70;0 

Bassorine (1) /|,4 

Eau 6,0 

Perte 1,2 

100,0 

M. Braconnot a vu que la partie gommeuse de la gomme 
ammoniaque donnoit, par l'acide nitrique, de l'acide saccho- 
lactique, de l'acide oxalique et un peu d'acide malique. 

ASSA FŒTIDA. 

Elle provient du suc qui sort des incisions que Ton fait aux 
racines de]aferulaassafatida, qui croit aux Indes orientales» 

Uassafœlida est toujours en niasse, d'un brun rougeàtre , 
opaque; elle renferme des parties blanches, qui paroissent 
être le siège principal de l'odeur alliacée que Vassa fcetida 
exhale. 

Elle est formée, suivant M. J. Pelletier, 

Résine particulière 65, 00 

Huile volatile 3, 60 

Gomme 1 9,44 

Bassorine 1 1,66 

Surmalate de potasse o,3o 

100,00 

M. J. Pelletier a fait des observations intéressantes sur la 
résine de Vassa fœtida. 

Il a vu qu'étant exposée au contact de l'oxigène et de la 
lumière , elle prenoit une superbe couleur rouge , tandis qu'en 
l'exposant à la lumière danslegazkydro;:ène et azote, elle ne se 
color-oit qu'en un rose léger. M. J. Pelletier attribue cette der- 
nière coloration à un peu d'air atmosphérique interposé entre 
les particules de la résine. Ce fait explique pourquoi l'assa fœ -• 
tida se colore en rouge vif par son exposition à l'air. 

(OM. Braconnot a décrit cette substance sous le nom de Matière glu- 
TIHIFORME. M. J. Pelletier s'est assuré qu'elle éloit de U oature de îa 
Bassorine.' Voyez r.c mot au Suppli'iiiont du tome IVO 



GOM 177 

La résine dont nous parlons a la propriété de colorer l'ar- 
gent en violet foncé, et cependant M. J. Pelletier assure qu'il 
lui a été impossible d'y découvrir la présence du soufre. 

Le même chimiste , en traitant la gomme de Tassa fœtida 
par l'acide nitrique, en a obtenu -j^'j d'acide saccholactique. 

Bdellium. 

L'arbre qui le fournit est inconnu. Le bdellium est ap- 
porté de l'Arabie, de la Médie et de l'Inde. 

Le bdellium est rougeàtre, amer; il se ramollit par une 
légère élévation de température. 

Il contient, suivant M. J. Pelletier, 

Résine Sg 

Gomme 9,2 

Bassorine 3o,6 

Huile volatile et forte 1,2 

iOO,Ov 

D'après la définition que nous avons donnée des gommes, 
nous ne pouvons considérer comme telle la substance à la- 
quelle M. J. Pelletier donne ce nom, par la raison qu'elle ne 
produit pas, suivant lui , d'acide saccholactique lorsqu'on la 
traite par l'acide nitrique. 

Gomme Cabagne. 

Elle nous tst apportée du Mexique : l'arbre qui la fournit est 
appelé tlahueliloca-quahuitl. 

Suivant M. J. Pelletier, elle est formée de 

Résine 96,00 

Gomme 0,00 

Surmalate de chaux et de potasse . 0,40 
Matières étrangères 3, 60 

100,0 
L'absence de la gomme dans cette substance, doit évidem- 
ment la faire placer parmi les résines. 

Gomme Chibou ou CACHiBOtr. 
M. J. Pelletier s'est assuré qu'elle contenoit de la gomme 
et de la résine , mais il a eu trop peu de matière pour pouvoir 

l<j^. 12 



î7» GOM 

déterminer la proportion des principes immédiats qui la cortS- 
tituent. 

Euphorbe. 
L'euphorbe découle des incisions que l'on fait à Veuphorlia 
offici arum et à Veuphorbia antiquorum. 

L'euphorbe est en petites masses irrégulières, friables , d'un 
jaune pâle. Elle a une àcreté extrême : aussi Linnaeus dit-il 
qu'elle estcorrosive, véslcante. 
Elle est formée de 

J. Pelletier, Braconnot. 

Résine 60, 8a 07,0 

Malate de chaux.. . . 1:2, ?o 20,6 

Malate de potasse.. . 1,80 2,0 

Cire 14,40 19 

Bassorine et ligneux. 2, i3,5 (1) 

Huile volatile et eau. 8, 5,o (2) 

Perte o,llo 3,o 

î 00,00 

Ainsi cette substance ne contient aucune substance végétale 
soluble dans l'eau , abtraction faite des sels et de l'huile volatile. 
Galbanum. 

On le prépare en faisant évaporer à siccité le suc qui dé- 
coule des incisions que l'on a pratiquées au collet de la racine 
du bubon galbanum, qui croît en Ethiopie. 

Le galbanum est en masses roussàtres à l'extérieur, blan- 
châtres à l'intérieur. Il a une odeur forte et unesaveur acre mê- 
lée d'amertume. Il contient, d'après Panalyse de J. Pelletier, 

Résine 66,86 

Gomme 19^28 

Ligneux 7,62 

Eau, huile volatile et perte. 6,04 

100,00 
M. J. Pelletier a obtenu de la gomme de galbanum ■—■ 
d'acide saccholactique. 

(1) Sans Lassorine. 
fa) Sans huile volatile. 



GOM 179 

GOMME-GUTTE. 

Cette substance provient du suc qui exsude des incisions que 
l'on a faites au cambogia gutla, qui croît aux Indes orientales. 
Elle est remarquable par sa belle couleur jaune, quand elle 
est réduite en poudre. En masse elle est d'un jaune rougeâtre. 
Elle est opaque. Sa saveur ne se développe que peu à peu ; 
elle est acre et amère. 

Suivant M. Braconnot , elle contient : 

Résine... 80 

Gomme 20 

On isole ces matières en les traitant par l'alcool chaud, qui 
dissout la première, à l'exclusion de la seconde. La résine sé- 
parée de l'alcool est transparente; rouge, quand elle est en 
masse ; jaune, quand elle est divisée ; insipide. Sa solution al- 
coolique, mêlée à l'eau, forme une émulsion qui ne se prend 
point en flocons. 

Cette résine s'unit bien à la potasse; le chlore paroît s'y 
combiner. 

Nous pensons que cette résine contient au moins deux 
corps : un principe résineux, et un principe jaune qui colore 
le premier. 

Quant à la gomme , M. Braconnot la compare à celle du 
prunier : elle est acide. 

La gomme - gutte est employée en médecine et dans la 
peinture. 

Gomme gayac. 

Voyez Gayac et Gayacine. Ce n'est point une gomme résine. 
Labdanum. 

Elle provient du cistus crelicus. 

Elle est formée, suivant M. J. Pelletier, de 

Résine 20 

Gomme retenant du malate de chaux. 3, 60 

Cire ] ,90 

Acide maliquC 0,60 

Huile volatile et perte 1 ,go 

Sable ferrugineux 72 

100,00 

13. 



18x5 GOM 

Nous ne considérons point coiume gomme la substance à la- 
quelle M. J. Pelletier a donné ce nom. , par la raison qu'elle ne 
produit pas d'acide saccholactique. 
Laque. 

Elle a été considérée comme une gomme - résine ; mais elle 
appartient plutôt aux Résinés. (Voyez ce mot.) 

Gomme de lierre. 
Elle provient de Yhedera hélix. 
Elle contient , suivant J. Pelletier , 

Résine retenant un peu d'huile volatile, 23 

Gomme 7 

Acide malique o,3o 

Ligneux très-divisé 69,70 

ieo,o 

La gomme ne donne pas d'acide saccholactique : par consé- 
quent nous lui refusons ce nom. 

Myrrhe. 

Elle provient du suc qui exsude des incisions que l'on a 
faites à un arbre qui croît dans l'Arabie et l'Ethiopie. 

Elle est en larmes ou en grains, dont la couleur varie du 
roux au jaune brun. Elle est transparente , sa cassure résineuse ; 
elle a une odeur agréable, et une saveur amère et légèrement 
acre. 

M.Braconnotpense qu'elle est composée, pourla plus grande 
partie , d'une gomme particulière , qui est azotée , car elle 
donne de l'ammoniaque à la distillation et de l'azote quand 
on la traite par l'acide nitrique. Lorsqu'on concentre sa solu- 
tion par la chaleur , ses particules se rapprochent 5 elle devient 
en partie insoluble dans l'eau. 

Suivant M. J. Pelletier, elle est formée de 

Résine 34 

Gomme 66 

Acide malique .... trace 

La gomme ne donnant pas d'acide saccholactique, nous 
ui refusons ce nom. 



GOM 181 

M. J. Pelletier a observé qu'elle se redissolvoit dans l'eau 
après en avoir été séparée par l'évaporation , ce qui est con- 
traire à ce que dit M. Braconnot. 

Oliban ou Encens. 

Il provient du hosvellia thurifera, qui croît dans l'Inde. 

L'oliban est en larmes ou en masses. Il est demi-transparent , 
jaunâtre, peut se pulvériser, a une saveur amère et nauséa- 
bonde ; exhale , lorsqu'on le jette sur un charbon , une odeur 
suave , qui le fait employer comme parfum. 

M. Braconnot en a retiré .- 

Résine 61, a 

Gomme 3o,o 

Huile volatile et perte 8,8 

La gomme lui a donné | de son poids d'acide saccholactique. 
Opoponax. 

Il provient du suc qui exsude des incisions que l'on fait 
à la racine du pœstinaca opoponax. 

11 est en larmes ou en grains colorés en jaune rougeàtre à 
l'extérieur, en blanc roussàtre cà l'intérieur. Il est opaque, sus- 
ceptible d'être pulvérisé-, son odeur est forte et désagréable; 
sa saveur est acre et amère. 

M. J. Pelletier en a retiré : 

Résine 42 

Gomme 33,4 

Ligneux 1 9,8 

Amidon 4,:i 

Acide malique et malate 2,0 

Matière jaune amère i,b 

Cire 0,3 

Huile volatile et perte. 6,9 

Trace de caoutchouc 

La gomme donne les —^ de son poids d'acide saccholac< 
dque. 

Sagapenum. 

Il provient d'une plante que Ton croit être une espèce de 
férule. Il nous est apporté de Perse et d'Alexandrie. 



i32 GOM 

Suivant M. J. Pelletier, il est formé de 

Résine 64,26 

Gomme 3 1 ,74 

Bassorine 1 ,60 

Matières étrangères 0,40 

Huile volatile, eau et perte. . 1 1,80 

La gomme produit les 7-*- de son poids d'acide saccholac^ 
tique. 

Sarcocolle. 

Tomson en a fait un principe immédiai^. ( Voyez Sarco- 
colle.) 

Elle provient du penea sarcocolla. 

SCAMMONÉÈ. 

Dans le commerce on distingue la scammonée d'Alep et 
celle de Smyrne : la première, beaucoup plus estimée que 
la seconde, est d'un gris cendré, légère, friable, transparente 
lorsqu'elle est en morceaux minces ; la seconde est noire , et 
moins friable que l'autre. Toutes deux proviennent du con~ 
volvulus scammonia. 

MM. Bouillon-Lagrange et Vogel ont retiré de ces deux 
substances: 

Scammonée d'Alep. Scammonée àe Smyrne. 

Résine 60 29 

Gomme 3 8 

Extractif 2 6 

Matière étrangère. .. . 35 58 

La gomme donne de l'acide saccholactique quand on la traite 
par l'acide nitrique. 

Réflexions sur les Gommes-résines. 

Si nous attachons un sens rigoureux à l'expression de gommes- 
résines, il est clair que l'on ne devra donner ce nom qu'à celles 
dont la partie soluble dans l'eau produit de l'acide saccho- 
lactique, lorsqu'on la traite par l'acide nitrique.- sous ce rap-^ 
fort lu gomme ammoniaque, Vassa fcetida , Voliban , Vopopanax, 
le sagapenum , la scammonée , et peut-être la gomme^gutte ^seront 



GOM i85 

des gommes-résines. Si l'on étend cette expression à tous les 
sucs épaissis qui sont principalement lormés d'une résine et 
d'une matière soluble dans l'eau qui peut tenir la première 
en suspension dans ce liquide et former ainsi une émulsion, 
on pourra ajouter aux substances précédentes, le bdellium, 
le galbanum ^ le labdanum , la gomme de lierre, la myrrhe, et 
même l'a/oès ; mais la gomme caragne , la laque et Veuphorbe (i) 
devront être rangées parmi les résines. Quant au gajac et 
à la sarcocoUe , ils sont bien distincts des gommes - résines. 
(Ch.) 

GOMMIER BLANC. {Bot. ) Dans les Antilles on donne ce 
nom, vérifié dans des herbiers, soit au gomart, bursera gum- 
mifera, soit au bursera balsamifera de M. Persoon, que Swartz 
nomme hed<A>igia balsamifera , et qui est le bois-cochon des 
colons de Saint-Domingue, le chibou ou chiboué des naturels 
du pays. Jacquin et Nicolson nomment simplement gommier 
le premier bursera, qui est le gommier rouge de Desportes, 
auteur d'un ouvrage sur les plantes de Saint-Domingue. De 
l'écorce de ces arbres suinte, non une gomme, mais un baume 
très-vulnéraire, et l'on dit que les cochons sauvages blessés 
vont se frotter contre cette écorce, pour guérir leurs bles- 
sures. (J.) 

GOMORTEGA. ( Bot. ) Genre de plantes dicotylédones , à 
fleurs polypétalées , de la décandrie monogynie de Linnseus , 
offrant pour caractère essentiel: Une corolle à six pétales; 
dix étamines disposées sur trois rangs, graduellement plus 
petites à chaque rang: deux glandes à la base de chaque fila- 
ment; un style cannelé; deux ou trois stigmates. Le fruit est 
un drupe contenant une noix très-dure, à deux ou trois loges : 
les noyaux comprimés. 

Ce genre , établi par les auteurs de la Flore du Pérou , 
paroît avoir de très-grands rapports avec le lucuma de Mo- 
lina , non de Jussieu , et même se rapprocher beaucoup du 
Lucuma keule, Molin. , Chil. , edit. gall. , pag. 161. M. Persoon a 
substitué le nom d'adenostemum à celui de gomortega ; mais 

(1) Si la bassorine ne donne pas d'acide saccholactique par l'acjde 
nitrique ; car, si elle en donne, il est «ivident que reuphorbe sera une 
comme-icsine. a 



i34 GOM 

Forster avoit déjà nommé adenostema une plante des mers 
du Sud , que l'on a depuis appelée lavenia, 

GoMORTEGA LUISANT: GoTtiortega nitidum , Ruyz et Pav. , Sj'st. 
veg., 108 ; Adenostemum nitidum-, Vers. , Sjnops., 1 , pag. 467. 
Arbre toujours A^ert, qui s'élève à la hauteur de soixante ou 
quatre-Tingts pieds et plus. Son bois est dur, pesant, d'une 
longue durée, traversé par de belles veines panachées : les 
habitans du Chili l'emploient dans la construction de leurs 
bâtimens, pour faire des poutres; ils en fabriquent aussi des 
tables et autres meubles élégans. Les feuilles sent oblongucs , 
lancéolées, luisantes; frottées entre les doigts, elles répan- 
dent une odeur résineuse, approchant de celle de la lavande 
ou du romarin ; elles sont astringentes et balsamiques , 
s'enflamment très - aisément. Les fruits sont peu charnus ; 
leur chair est jaunâtre , très -agréable au goût. Cet arbre 
croît au Chili dans les grandes forêts : il fleurit au mois de 
mars, et reste une grande partie de l'année chargé de fleurs 
et de fruits. Ilparoît qu'il en existe encore une autre espèce, 
à fruits plus petits, d'après le rapport des auteurs de la Flore 
du Pérou, et le récit des habitans du Chili. ( Poir. ) 

GOMOSIE, Go/nosia. (Bot.) Genredeplantes dicotylédones, 
à fleurs complètes, monopétalées, régulières, de la famille 
des rubiacées, de la tétrandrie monogynie de Linnaeus, offrant 
pour caractère essentiel : Un calice fort petit, à quatre dénis 
à peine sensibles; une corolle campanulée , à quatre divisions; 
quatre étamines insérées à la base de la corolle-, les anthèrrs 
arrondies: un ovaire inférieur; un style bifide, quelquefois 
quadrifide; les stigmates velus. Le fruit est une baie ombi- 
liquée, à deux, quelquefois àquatresemences. 

Ce genre avoit été d"abord présenté par Linnaeus fils avec 
des caractères qu'on a rectifiés depuis : il le croyoit privé de 
calice, et les fruits polyspermes. M. de Jussieu , le premier, 
soupçonna avec raison qu'il devoit y avoir un calice dont la 
petitesse avoit échappé à Linnœus fils : M, Smith confirma 
cette observation; Gagrtiier reconnut qu'il n'y avoit que deux 
semences dans le fruit. Ne pouvant en conséquence rapporter 
son genre au gomosia , il lui donna le nom de nerteria, qui fut 
adopté par Sinifh : mais on a aujourd'hui la certitude que ces 
deux genres n'en font qu'un 5 et qu'il y a eu erreur dans la 



GO M >B5 

description de Linnœus fils. Il paroît au reste que le nombre 
des semences varie selon les espèces; M. Kunth, dans le Noi^. 
Gen. et Spec. Humb. et Bonpl. , en cite une à quatre semences, 
comme on le verra plus bas. M. du Petit-Thouars, qui a re- 
cueilli deux espèces de ce genre dans l'île de Tristan d'Acugna, 
est très-persuadé que le gomosia et le nerteria appartiennent 
au même genre , ce qui ne l'a pas empêché de le désigner sous 
vn nom nouveau, celui d'erythrodanum, emplo3fé par Diosco- 
ride et Théophraste pour la garance, à cause de la propriété 
qu'ont ses racines de teindre en rouge. Ilctoit plus naturel de 
conserverie nom de Linnseus fils, en rectifiant le caractère 
du genre. 

GoMOSiE nE Grexade : Gomosia granadensis., Linn. fils, S«pp. , 
12g; Lamk., III. gen., tab. 26; Nerteria depressa, Gacrtn., tab.26: 
Smith, Icon. ined, Fasc. 2 , tab. 28 ; Erythrodanuin alsineforme ., 
Pet. Th., FI. deTrist. d'Acugna, pag. 42. Petite plante dont les 
tiges sont herbacées, rampantes, étalées engazon sur la terre, 
radicantes, à rameaux courts, opposés, garnis de feuilles 
pétiolées, opposées, ovales en cœur, entières, un peu aiguës, 
assez semblables à celles de la morgeline, glabres, d'un vert 
gai. Les fleurs sont fort petites, presque sessiles , solitaires, 
terminales, d'une couleur pâle : elles produisent unpetit fruit 
rouge, d'un goût assez désagréable. Mu lis, le premier, en afaii 
la découverte à la Nouvelle-Grenade, puis MM. BancksetSo- 
lauder aux Terres antarctiques ; enfin M. du Petit-Thouars dans 
Tile de Tristan d'Acugna. Eiie croit également dans les lieux 
les plus bas, comme dans les plus escarpés. 

GoMosiE REDRESSÉE : Gomosia aisurgens ,Voir.; Nerteria assur- 
gens, Encycl., Supp. ; Erjthrodanum majus , Pt. Th., FI. de Trist. 
d'Acug. , p. 42, tab. i5. Cette plante, plus grande dans toutes 
ses parties que la précédente, aie port du cerastium aquaticuw . 
Ses tiges sont rampantes seulement à leur base , puis redressées , 
presque simples, garnies de feuilles ovales, presque sessiles, 
ondulées à leur contour, avec un rebord calleux. Les fleurs 
sont solitaires, axillaires. pédonculées. Cette espèce a été 
découverte,;! l'île de Tristan d'Acugna, par M. du Petit- 
Thouars. 

GoMOSiE A QUATRE SEMENCES : Gomosia telraspemia, Poir. ; Ner- 
teria tctrasperma , Runlh , i.'i Humb. d Banp!. Noy. Gen. ^ 0, 



«86 GOM 

pag. 37g. Espèce découverte dans le royaume de Quito, dont 
les tiges sont rampantes, filiformes, rameuses, quadrangu- 
laires ; les feuilles rapprochées, opposées, pétiolées, très-pe- 
tites, ovales, un peu aiguës, décurrenles sur Je pétiole à leur 
base, d'un vertglauque, longues d'uneligne et demie. Les fleurs 
sont sessiles, solitaires, terminales, de la grandeur de celles 
du caille-lait, blanches, glabres; le style à quatre divisions 
profondes, capillaires, étalées. Le fruit est une baie drupacée, 
rouge, un peu globuleuse, de la grosseur d'un grain de che- 
nevis, à quatre noyaux triangulaires, monospermes. (Poir.) 

GOMPHENA. {Ornith.) Ce mot est ainsi écrit dans l'Orni- 
thologie d'Aldrovande, liv. 20, à l'article où il traite de la 
grue. Voyez Gromphena. (Ch.D.) 

GOMPHIE , Gomphia. (Bot.) Genre de plantes dicotylé- 
dones, à fleurs complètes, polypétalées , de la famille des 
ochnacées, de la décandrie monogjnie de Linnaeus, offrant 
pour caractère essentiel: Un calice coloré, à cinq folioles; 
cinq pétales; dix, quelquefois huit étamines à anthères presque 
sessiles ; un ovaire supérieur ; un style; deux à cinq drupes 
monospermes, insérés sur un réceptacle charnu. 

Ce genre, aujourd'hui très-nombreux en espèces, est tel- 
lement rapproché des ochna, qu'il pourroit être facilement 
confondu avec eux; mais, dans les ochna, les étamines sont 
toujours en nombre indéterminé, et il n^ a point de corolle, 
tandis que, dans les gomphia, les fleurs sont pourvues d'une 
corolle , et les étamines en nombre déterminé. Le genr<? 
Correja de Vandelli et le Philomela de M. du Petit-Thouar» 
doivent être placés parmi les gomphia, ainsi que toutes les 
espèces d''ochna dont les étamines sont en nombre déter- 
miné. 

GoMPHiE A FEUILLES GLABRES ; Gomphia gldberrima. Pal. Beanv. , 
FI. d'Ow. , vol. 2 , tab. 7 1 . Petit arbrisseau , fort élégant par ses 
épis et par la couleur de ses fleurs, d'un jaune éclatant. Ses 
leuilles sont alternes, médiocrement pétiolées, glabres, 
oblongues, lancéolées, aiguës, dentées en scie à leur moitié 
supérieure , longues de quatre à six pouces et plus; les fleurs 
pédonculées, distantes, disposées en une grappe lâche, ter- 
minale; les pédoncules accompagnés d'une petite bractée; les 
cinq folioles du calice lancéolées, aiguës; la corolle assez 



GOM 187 

grande ; les pétales en cœur renversé; huit étamliics-, les an- 
thères presque sessiles, s'ouvrant à leur sommet par un pore ; 
cinq drupes globuleux et monospermes. 

M. de Beauvois a découvert cette plante dans l'intérieur 
du royaume d'Oware, ainsi que le gomphia rtticulatx , Beauv. , 
1. c. , tab. 72. Il n'est peut-être qu'une variété de l'espèce pré- 
cédente , moins élevée; à fleurs plus petites, disposées en 
grappes presque paniculées, plus touffues; les nervures des 
feuilles sont plus saillantes , comme réticulées. 

GoMPHiE A FEUILLES ÉfROiTES ; Goniplùa angustifoUa , Vahl, 
Symh., 2, pag. 49. Fiante des Indes orientales, glabre sur 
toutes ses parties : ses tiges sont ligneuses , garnies de feuilles 
sessiles, alternes, membraneuses, lancéolées , aiguës à leurs 
deux extrémités, longues de deux pouces, dentées en scie à 
leur moitié supérieure , à nervures fines , réticulées ; les fleurs 
globuleuses avant leur épanouissement, disposées en une pa- 
nicule terminale, longue de deux pouces; les folioles du ca- 
lice arrondies; la corolle à cinq pétales, plus longue que le 
calice ; dix étamines. 

GojiPHiE LUISANTE : Gomphia nitida, Vahl , 1. c. , pag. 49; 
Swartz, F/., 2, pag. 709 ? Arbrisseau de la Jamaïque, dont les 
rameaux sont glabres, cylindriques, un peu bruns, flexueux 
vers leur sommet; les feuilles ovales- lancéolées, acuminées, 
longues de deux ou trois pouces , lisses, coriaces, à peine 
veinées , munies vers leur sommet de dentelures mucronées. 
Les fleurs sont disposées en une panicuie roide, étalée, longue 
de trois ou quatre pouces; les divisions du calice lancéolées; la 
corolle jaune, de la longueur du calice; les filamens tuber- 
cules, très-courts; l'ovaire pentagone. 

GoMFHiE LISSE ; Gomphia lœvigata , Vahl , 1. c. Ses rameaux 
sont alternes, revêtus d'une écorce cendrée ; ses feuilles 
éparses, lancéolées, obtuses, très-entières, aiguës à leur base, 
échancrées à leur sommet, luisantes, longues de deux pouces, 
larges de six lignes; les pétioles courts, renflés à leur inser- 
tion; les fleurs disposées en une panicuie étalée, purpurine , 
un peu courbée; les folioles du calice lancéolées, de la lon- 
gueur de la corolle. Cette plante croît dans les Indes orien- 
tales. 

Le gomphia laurifolia, Vahl, 1. c, se rapproche de l'espèce 



'•5 GOM 

précédente: mais ses feuilles sont oblongues, acuminées k 
leurs deux extrémités , luisantes, très-entières ; les rameaux 
d'un brun cendré: les grappes terminales et rameuses, longues 
d'un à deux pouces-, les ramifications courtes, étalées ; les 
pédicellcs filiformes ; le réceptacle petit, charnu, arrondi , 
soutenant de trois à cinq drupes globuleux. Cette espèce a été 
découverte sur les montagnes de la Jamaïque. 

GoMPHiE nu Mexique; Gomphia mexicana. Humb. et Bonpl. , 
PI. Equin. , 2, pag. 2 1 , tab. 74. Arbre d'un aspect très-agréable, 
découvert au Mexique. Il s'élève à la hauteur de huit à dix 
pieds : son tronc est revêtu d'une écorce lisse et grisâtre; ses 
feuilles ovales-lancéolées ^ glabres , aiguës, finement denti- 
culécs , d'un beau vert, longues de deux ou trois pouces; 
les fleurs réunies en petits paquets à l'extrémité des jeunes 
rameaux, formant des grappes plus courtes que les feuilles ; 
ics folioles du calice concaves, lancéolées; la corolle jaune, 
de la longueur du calice; les pétales arrondis; dix étamines ; 
les anthères presque sessiles, oblongues, un peu arquées , avec 
des rides transverses, se partageant en quatre, et s'ouvrant 
au sommet; cinq ovaires distincts, placés sur un disque charnu. 

GoMFHrE A GRAPPES PENDANTES; GoTuphia depcndens, Dec. , Ann. 
Mus., 17, pag. 416, tab. G. Ses rameaux sont raboteux ; ses 
feuilles obiongues , lancéolées, un peu dentées , longues de 
six à sept pouces, accompagnées, un peu au-dessus de leur 
aisselle , d'une stipule persistante. Les grappes sont pendantes, 
latérales , très-simples: les divisions du calice ovales, obtuses j 
la corolle à peine plus longue que le calice; les pétales jaunes, 
en ovale renversé. Dans le gomphia angulata , Dec. , 1. c, tab. 7 , 
les feuilles sont oblongues , rétrécies en coin à leur base , 
échancrées en cœur à leur sommet , un peu dentées ; les sti- 
pules aiguës, élargies à leur base ; les grappes droites, angu- 
leuses, paniculées, munies de petites bractées-, les divisions 
du calice ovales-oblongues, un peu obtuses; la corolle jaune, 
un peu plus longue que le calice ; les pétales ovales, en forme 
de coin. Ces deux plantes ont été recueillies par M. du Petit- 
Thouars à l'île de Madagascar. 

Go.MPHiE DU Malabar : Gomphia malaharica ^ Dec, 1. c. , pag» 
J\i6;Puatjetti, Rhéed., Malah., 5 , tab. 62. Arbrisseau toujours 
vert , haut de dix pieds , et qui fleurit deux fois l'année. Soa 



GOM iSj 

bois est blanc; son écorce rougeâtre; ses rameaux verts, gar- 
nis de feuilles amères, ovales - oblongues, luisantes, longues 
de cinq pouces . larges de deux; les grappes terminales et ra- 
meuses ; les fleurs jaunes, les divisions du calice vertes; cinq 
baies rougeâtres. Cette plante croît dans les Indes orientales, 
aux lieux montueux et pierreux, dans les environs de Kan- 
denàte. 

GoMPHiE A FEUILLES DE CHATAIGNIER : GoTtiphia castaiieœfoUa , 
Dec, 1. c. , pag. 417, tab. 1 1 ; Correra, n." 1 , Velloz , in Roem. 
Script. Lusit. et Bras., pag. 106. Cette belle espèce, originaire 
du Brésil, tient le milieu entre Vochna guianensis et le longî- 
folia , deux plantes à placer parmi les gomphia; elle s'en dis- 
tingue par ses feuilles plus petites, ovales- oblongues , aiguës 
à leurs deux extrémités, à dentelures aiguës, longues de 
quatre à cinq pouces. Les grappes sont amples , terminales , 
paniculées; leurs ramifications alongées , munies de bractées 
membraneuses; les pédicelles articulés à leur base ; les divi- 
sions du calice ovales - lancéolées , membraneuses à leurs 
bords ; la corolle aussi longue que le calice ; les pétales en 
ovale renversé. Le gomphia ilicifolia , Dec, 1. c. , se rapproche 
de cette espèce; il croît à l'île de Saint-Domingue. 

GoMPHiE ÉCAiLLEUSE ; Gomphia squamosa , Dec. , 1. c. , tab. 1 2 . 
Cette espèce est remarquable par ses rameaux couverts à 
leur sommet d'écaillés sèches, formées par les stipules per- 
sistantes : elle se rapproche , par son port, du gomphia jabo- 
tapita. Ses feuilles sont ovales-lancéolées, aiguës à leurs deux 
extrémités , à peine dentées, longues de huit à neuf pouces, 
larges de deux et demi; les fleurs jaunes, disposées en une 
panicule lâche, rameuse, terminale ; les pétales onguiculés , 
presque orbiculaires, un peu plus longs que le calice; l'o- 
vaire pentagone; une baie presque globuleuse , de la gros- 
seur d'un petit pois. Cette plante croît à l'île de Tabago. 

GoMPHiE A FLEUBS JAUNES !: Gomphia jabotapita , Dec, 1. c. ; 
Ochna jabotapita, Linn. ; Lamk. , Jll. gen., tab. 472, fig. 2; 
Jabotapita , Plum, , Amer. , 42 ; Icon. , 1 55 ; Marcgr. , Brasil., 1 o i . 
Arbre d'une médiocre grandeur, dont l'écorce est grisâtre; les 
rameaux souples et plians; les feuilles presque sessiles , d'un 
vert clair, ovales-lancéolées, aiguës, dentées en scie ;les fleurs 
jaunes, d'une odeur agréable, disposées en grappes termi- 



13e GO?>î 

nales; la corolle beaucoup plus longue que le calice; les baîes 
ovales - obtuses, de couleur noire. Au rapport de Pison. on 
en retire une huile bonne à manger. Cette espèce croît dans 
l'Amérique méridionale. 

GoMPHiE DU Mexique; Gomphia mexicana, Humb. elBonpl., 
PI. Equin., 2 , tab. 74. Plante de la Nouvelle-Espagne, dont 
les rameaux sont glabres, cylindriques; les feuilles alternes, 
à peine pétiolées , glabres, ovales- lancéolées, aiguës, den- 
tées en scie, rétrécies à leur base; les fleurs jaunes, dis-* 
posées en grappes courtes et touffues; les pétalf s orbiculaires, 
rétrécis en onglet à leur base, de la longueur du calice; les 
filamens courts; les anthères droites, alongées. 

GoMPniE A PETITES FLEURS ; Gompliiu parvijlora^ Dec, I. c. , 
tab. 16. Espèce du Brésil, dont les rameaux sont grêles, d'un 
gris-cendré : les feuilles presque sessiles , longues de trois à 
quatre pouces, larges d'un pouce , oblongues , entières , lui- 
santes en dessus, à peine dentées; les fleurs jaunes, panicu- 
lées, fort petites; les pétales obtus. Le gomphia grandiflora ^ 
Dec, 1. c, tab. 17, est remarquable par ses fleurs grandes et 
jaunes, disposées en grappes terminales; les pétales presque 
orbiculaires ; les divisions du calice aiguës , presque aussi 
longues que la corolle ; les feuilles lancéolées, presque en- 
tières, longuement acuminées , obtuses à leur base. Cette 
plante croit au Brésil, sur les bords du Rio-Negro. 

GoMFHTE A FEUILLES DE CASSiNE ; Gotupliia cassinœfoliu , Dec. ^ 
1. c, tab. 18. Arbrisseau du Pérou, qui ressemble par ses 
feuilles à Yandromeda cassinœfolia- elles sont à peine pétiolées , 
luisantes, les plus jeunes ovales, les plus anciennes presque 
en cœur à leur base, obtuses au sommet, longues de deux 
pouces et demi , larges de deux. Les grappes sont simples , 
terminales, alongées; les pédicelles articulés à leur base; 
les drupes ovales, alongés. ( Poir. ) 

GOMPHOCARPE, Gomphocarpus. (Bot.) Genre de plantes 
dicotylédones, établi par Rob. Brovvn, pour quelques espèces 
d'asclcpiax. dont elles diffèrent par le pollen distribué en dix 
paquets lisses et pendans; la couronne des étamines simple, 
à cinq folioles en capuchon, munies chacune d'une dent de 
chaque côté; la corolle réfléchie; cinq étamines, deux styles. 
Le fruit consiste en deux follicules hérissées d'épines molles. 



Ce genre appartient à la famille des apocinécs , et à la pentan- 
drie digj'nie de Linnaeus. Parmi les espèces qu'il comprend on 
distingue les suivantes: 

GoMPHOCARPE ARBORESCENT : GoTTiphocarpus orborcscens, Rob. 
Brown , Asclep. , 26 ; Ait. , Hort. Kew. , edit. not>. , 2 , pag. 7g ; 
Asclepias arhorescens , Linn. ; Burm. , Afr., 3i , tab. i3 ; Phiken., 
Amalth., 18, tab. SSg, fig. 3. Arbrisseau du cap de Bonne- 
Espérance, cultivé au jardin du Roi. Il s'élève peu. Ses ra- 
meaux sont courts, épais et velus, chargés de feuilles opposées, 
très-rapprochées , glabres, vertes, ovales, très -obtuses, un 
peu mucronées , à veines transparentes , médiocrement pétio- 
lées. Les fleurs sont blanches, disposées en ombelles pédoncu- 
lées et latérales: il leur succède des follicules renflées, ovoïdes, 
verdàtres , sillonnées dans leur longueur, hérissées, le long 
des sillons, d'épines molles, noirâtres. 

GoMPHOCARPE ARBRISSEAU : Gomphocarpus fruttcosus , Brown, 
1. c.,etAit., Hort.Kew.,l.c.; Asclepias fruticosa, Linn.;Herm., 
Farad., tab. 24 ; Pluken., Almag., tab. 1 38 , fig. 2. Cet arbrisseau 
s'élève à la hauteur d'environ six pieds, sur des tiges droites, 
effilées: ses rameaux sont longs, grêles, pubescens; ses feuil- 
les opposées , alongées , linéaires - lancéolées , étroites-, les 
pétioles courts; les fleurs sont blanches, disposées en om- 
belles latérales et pédonculées ; les pédoncules pubescens; les 
follicules enflées, d'un vert paie, hérissées de pointes molles , 
un peu longues, sétacées. Cette plante croit en Barbarie, dans 
les terrains incultes et un peu secs. On la cultive au jardin du 
Roi : on la multiplie de drageons et de graines qu'il faut semer 
sur couches; on l'abrite l'hiver dans l'orangerie. 

GoMPHOCARPE CRÉPU : Gomphocarpus crispus, Brown , 1. C: Ai t., 
Hort. Kciv., 1. c-, Asclepias crispa, Linn.-, Commel., Rar., t. 17. 
Plante du cap de Bonne-Espérance, dont les tiges sont droites, 
cylindriques, un peu velues, hautes de deux pieds, garnies 
de feuilles opposées , presque scssiles, vertes , linéaires-lancéo- 
lées, aiguës, ondulées et crépues à leurs bords; les inférieures 
plus longues. Les fleurs sont d'un vert jaunâtre, disposées au 
sommet des rameaux en une petite ombelle nue et terminale; 
la corolle velue extérieurement; les fruits hérissés. (Poir.) 

GOMPHOLOBE, Gompholobium. {Bot.) Genre de plantas 
dicotylédones, à fleurs complètes, polypétalées , irrégulière». 



195 COM 

de ia faiiiil.'c cîes légumineuses, de la décandrie mono<rvnie 
deLinnœus, très-voisin despoduljria, caraclérisipar un calice 
campanule, à cinq découpures presque égales; une corolle 
papillonacéc; dix étanaines libres; un stigmate simple , aigu ; 
une gousse ventrue, bivalve, à une seule loge; plusieurs se- 
mences pédicellées. 

Cegenre comprend des arbrisseaux de la Nouvelle-Hollande, 
à feuilles simples, ailées ou ternées ; lesHeurssont axillaires, 
solitaires, quelquefois fasciculées. Depuis la publication de 
cegenre par MM. Delabillardiére et Smith , on en a retranché 
quelques espèces qui sont devenues le type de quelques autres 
genres, tels que IcBurtonia, Cyclopia, Jacksonia, Oxilobium. 
(Voyez ces mots.) 

GoMPHOLOBE A LARGES FEUILLES : Gompkolohium latifoUuni , 
Labill. , JVot'. HoW. , i, tab. i33; Gompholohium fmbriatum, 
Smith, Exot. , tab. 58; Gompliolobium psoralecefolium , Salisb., 
Farad., tab. 6. ; Zorille , Eiicycl. Arbuste dont les tiges sont 
à peine hautes d'un pied; les rameaux grêles , alternes, un 
peu anguleux, surtout sous la base des pétioles, ramifiés à leur 
partie supérieure; les feuilles alternes, ternées, médiocrement 
pétiolées-, les folioles planes, ovales -oblongues, glabres, en- 
tières , un peu repliées à leurs bords; deux stipules très- 
petites, subulées; les fleurs solitaires ou géminées, longuement 
pédonculées, avec quelques écailles en forme de bractées; le 
calice divisé à son limbe en cinq découpures égales, tomen- 
teuses à leurs bords; la corolle jaune ; les pétales médiocre- 
ment onguiculées ; les ailes appendiculées ; l'étendard plus 
long, échancré; la jCarène plus courte, tomenteuse, frangée 
à ses bords: les gousses globuleuses, contenant huit à seize 
semences en rein , attachées à la suture supérieure par un 
cordon ombilical alongé. 

GoMPHOLOBE ïOMENTËUx-, GomplioloMum tomentosum, Labill. , 
1. c.,tab. 104. Arbrisseau découvert par M. Delabillardiére 
sur les côtes de la Nouvelle-Hollande, distingué du précédent 
par ses feuilles ailées, par le duvet blanchâtre qui revêt les 
rameaux et les branches, par ses fleurs plus petites; les pé- 
doncules axillaires, unillores, plus courts que les feuilles; 
celles-ci composées de deux à quatre paires de folioles avec 
une impaire, sessiies, opposées, linéaires, très-étroites, accom- 



GÔM 195 

ipaghées de deux petites bractées d'un jaune pâle, subulées. 
Le fruit est une gousse globuleuse, bivalve, à une loge poly- 
sperme. 

GoMPHOLOBE A GRANDES FLEURS; Gompholobiunt grandijlorum , 
Smith, Exot. Bot., 1, tab. 5. Espèce remarquable par ses 
grandes fleurs, d'un jaune brillant: ses tiges s'élèvent à la 
hauteur de trois pieds, et se divisent en rameaux glabres, 
anguleux, garnis de feuilles ternées , presque sessiles, à trois 
folioles glabres, étroites, linéaires, très-aiguè's , longues d'un 
pouce et plus; les fleurs à peine pédonculées, au nombre de 
deux ou trois, munies d'une petite bractée concave; le calice 
est large , un peu pubescent à ses bords ; l'étendard de la 
corolle très-large; le fruit renflé, globuleux, à deux valves, 
à une seule loge, de la grosseur d'un pois. 

M. Rob.Brown a ajouté quelques autres espèces à ce genre, 
tels que, i." Gompholobium marginatum, Brown , in Ait. Hort. 
Keiv., éd. nos'., 3, pag. ii. Les feuilles ternées ; les folioles 
planes, en ovale renversé, échancrées au sommet ; les stipules 
de la longueur des pétioles; la corolle de la longueur du 
calice. 2.° Gompholobium poljmorplium, 1. c. Les feuilles sont 
composées de trois ou de cinq folioles linéaires, recourbées à 
leurs bords, quelquefois dilatées à leur sommet; la tige tom- 
bante ou grimpante. 3.° Gompholobium venustum, Brown, 1. c. 
Les feuilles sont ailées, à folioles nombreuses , subulées, vei- 
nées , réfléchies à leurs bords, glabres, ainsi que les calices; 
les fleurs purpurines , assez nombreuses , disposées en ua 
eorymbe pédoncule. (Poir.) 

GOMPHOSE, Gomphosus. {Ichthjol.) Genre de poissons os- 
feux, holobranches, thoraciques, de la famille des léiopomes 
de M. Duméril , et de celle des labroïdes de M. Cuvier, 
Commerson l'avait établi sous le nom d'élops , et c'est M. de 
Lacépède qui lui a donné celui sous lequel nous le décrivons. 
On reconnoît ce genre aux caractères suivans: 

Dents en rang simple; museau prolongé en tube, et brusquement 
dilalé à son extrémité ; ouverture de la bouche très-petite; tête 
entièrement lissé. 

La forme du museau doit, au premier coup d'oeil, faire 
distinguer ce genre de tous les autres genres de la famille 
des léiopomes, et le nom qu'il porte, tiré du grec ^/O/xtpoç , 
19. 3l5 



ic,4 GON 

et signifiant clou, indique fort bien le caractère essentiel qui 
le distiugue. 

On prend les gomphoses dans la mer des Indes, et certaine 
espèces fournissent, dit-on, un aliment délicieux. 

Le GoMPHOSE BLEU ; Gomphosus cœruleus , Lacépède. Corps 
entièrement bleu, sans taches; nageoires pectorales d'une 
teinlt; plus foncée; toutes les autres nageoires plus claires; 
prunelle bordée d'un cercle blanc ; iris couleur d'émeraude ; 
les deux dents antérieures de la mâchoire supérieure plus 
grandes que les autres; nageoire caudale en croissant très- 
alongé; écailles assez larges et comme ciselées. Taille de la 
tanche. 

Ce poisson a été découvert par Commerson , qui le regarde 
comme un manger médiocre. 

Le GoMPHOSE VARIÉ; Gomphosus variegatus, Lacépède. Teint© 
générale mêlée de jaune, de rouge et de bleu. 

Commerson a encore observé cette espèce sur les bords de 
l'ile deTaïti. (H.C.) 

GOMPHRENA. ( Bot. ) On trouve, dans Dalechamps , ce 
nom attribué primitivement à la plante qu'il croyoit être le 
3j-mphonia de Pline , et que C. Bauhin rapporte à l'espèce 
d'amaranthe nommée maintenant amaranthus tricolor, cultivée 
dans les jardins , à cause de la variété de couleurs de ses 
feuilles. Ce nom a été employé par Linnœus pour désigner 
un autre genre de la même famille. (J.) 

GOMPHQS. ( Bot.-Crypt. ) Genre que M. Fersoon propose 
d'établir pour y placer le merulius claviformis. VoyezMEKVLivs. 
(Lem.) 

GOMUTO (Bât.), nom malais du gomulus ou saguerus 
deRumph, espè-ce de palmier, connu plus généralement sous 
celui d'ARBNG (voyez ce mot ), et dont Rumph détaille les 
«sages dans un long article. ( J.) 

GON. ( Entom. ) On tlte ce nom comme étant employé vul- 
gairement pour désigner quelques espèces de charançons ou 
de calandres. (C. D. ) 

GONA COLA. {Bot. ) Voyez Ghonakola( J.) 

GONAKÈ (Bo£.), nom sous lequel est connu, chez les Ouo- 
lofs voisins du Sénégal , au rapport d'Adanson , une espèce qui 
2)aroît tenir le milieu entre les acacia horrida et tortuosa. Il dit 



G-ON iqS 

«fue ses fleurs rassemblées en lêleont beaucoup d'étamines; ses 
i'euilles sont bipennéts ; leur pétiole est accompagné à sa base 
de deux longues et fortes épines. Il suinte de son écorce uu 
suc gommeux, rougeàtre et transparent. (J. ) 

GONAKI {Bol. ) , nom arabe , suivant Rumph , d'un rotang , 
calamus petraus, déjà désigné précédemment sous celui de 
cheisaran. ( J. ) 

GONAMBOUCH. ( Ornitk. ) L'oiseau d'Amérique que les 
habitans de Surinam appellent gonainhucho , et dont Séba 
donne la description et la figure , tom. i , pag. 174 et pi. 1 10, 
n." 6,paroît être le bruant de Surinam, emtenza gn'sea, Lath.- 
et BufFon se trompe vraisemblablement lorsqu'il regarde . 
tom. 6, in-4.*, pag. 2, ce terme , employé par Léry et The- 
vet, comme une corruption du mot guainumhi^ qui, chez les 
Brésiliens, désigne les colibris et les oiseaux-mouches. D'un 
autre côté, M. d'Azara compare son troglodyte basacaraguay , 
n.* i5o, au gonambucho de Séba ; mais on ne sauroit ad- 
mettre ce rapprochement d'un bec-fin insectivore, et d'un 
oiseau qui a le bec assez robuste pour se nourrir de maïs. 
(Ch. D.) 

GONANDIMA. ( Bot. ) Marcgrave parle d'un arbre de ce 
nom qui croît au Brésil. Il le dit fort élevé , etlaissant suinter, 
des incisions faites à son écorCe , un suc jaune et inodore qui 
se durcit à l'air : ses feuilles sont opposées, et ses fleurs sont 
disposées en espèce d'ombelle, et ressemblent à celles du gi- 
roflier. Il ne fait aucune mention du fruit. On seroit porté à 
croire que cet arbre appartient à la famille des myrtées. ( J.) 
GONATOCARPUS. {Bot.) Voyez Conocarpe. (Poir.) 
GONDIR (Mamm.) , nom de l'ours chez les Ostiaques. (F. C.) 
GONDOLE. (Co7ic/ij>'/. ) On donne quelquefois ce nom à une 
coquille fort commune, bulla ampulla, Lmli. , plus connue sous 
celui de muscade ou de bulle. 

( La grande ) ou la Gondole fapyracée : c'est encore une 
grande bulle, mais dont M. Denys de Montfort fait son genre 
Atys. Voyez ce mot , Supplément du troisième volume. (DbB.) 
GONDOULI. {Bot.) Ce nom indica, qui signifie petite 
boule, est donné dans l'Indoustan à une variété de riz pres- 
que sphérique , qui , au rapport de Cossigny , dans son ouvrage 
sur les Colonies, est originaire de Penche-Abe , une des pro- 

î3. 



io6 GON 

vinces du Mogol; il ajoute que c'est un riz sec et non aqua- 
tique, inodore, d'un blanc mat tirant un peu sur le jaune, 
plus productif que le hena foulé ou riz aquatique, lequel est 
plus long, plus blanc et d'une odeur suave lorsqu'il est cuit. 

(J.) 

GONE, Gonium. {Agast.) Genre de corps organisés micros- 
copiques, ou de molécules vivantes, n'ayant aucune trace d'or- 
ganes distincts, sans estomac ni appendice quelconque, et en- 
lièrement formés par une petite membrane plate, courte, an- 
guleuse. On les-trouve dans l'eau pure ou d'infusion. C'est à 
Muller (j«e la science doit la découverte de ces animaux, si 
toutefois on peut les regarder comme teis, et l'établissement 
de ce genre. Il contient cinq espèces : 

La GoNE PECTORALE : GoTiium pectorale, MuU. , Infus. , tab. 16, 
fig. 11 ; Encycl. méthod , pi. 7, fig. 1 , 3. Quadrangulaire, 
pellucide et comme formée de seize globules, entourée d'une 
membrane. Se trouve dans les eaux pures. 

La GoNE COUSSINET : Gonium pulvinatum, Mull., Inf. , tab. 16, 
fig. 1 2-1 5 ; Encycl., pi. 7 , fig. 4 , 7. Opaque, quadrangulaire. 
Eau de fumier. 

La GoNE RIDÉE : Gonium corrugatum , Mull., Inf., tab. 16, 
fig. 1 6 ; Encycl. , pi. 7 , fig 8. Subquadrangulaire , blanche avec 
une ride longitudinale. Diverses infusions , et surtout celle de 
la poire. 

La GoNE RECTANGLE : Gonium rectangulum , Mull. , Inf, , t. 16, 
fig. 17 ; Encycl., pi. 7 , fig. 9. Rectangulaire, le dos arqué. 
Commune dans les eaux pures. 

La GoNE OBTUSANGLE : Gonium obtusangulum , Mull., Inf., 
tab. 16, fig. 18 ; Encycl. , pi. 7 , fig. 10. Ne diifère de la précé- 
dente que parce que les angles de son corps sont obtus. Dans 
les mêmes eaux , mais plus rarement. ( De B. ) 

GONENION, Goncnion. {Ichthyol.) M. Ratinesque-Schmaltz 
a établi, sous ce nom , un genre de poissons qui doit rentrer 
dans la famille des léiopomes, et qui se rapproche de celui 
des diptérodons. Les caractères que le naturaliste que nons 
venons de citer lui assigne, sont les suivans : 

Corps très-comprimé , tranchant; tête anguleuse et tranchante, 
en arrière , et traversée par une suture qui unit les opercules; deux 
nageoires dorsales. 



GON TH^ 

Ce genre ne renferme qu'une seule espèce, et raut(?nr, 
qui la regarde comme nouvelle , la nomme gonenion serra. 
C'est un poisson de quatre à cinq pouces de longueur, d'une 
couleur argentée, aj^ant la queue bifurquée. 

Sur les côtes de la Sicile, où il a été observé, on l'appelle 
pesce serra imperiali. (H. C.) 

GONENY {Mamm.) , nom du putois dans la langue hon- 
groise. (F. C. ) 

GONEPLACE, GONOPLACE (Crust.) ; Gonoplax , Leacb. 
Genre de crustacédécapode, voisin des gécurcins , des ériphiles 
et des potamophiles. (Voyez Décapodes.) Ils ont pour caractères 
principaux : Les yeux portés sur de longs pédoncules, qui 
peuvent se reployer dans un silion étroit; les quatre antennes 
apparentes , et le têt rhomboïdal plus large en devant ; ils ont , 
avec les ériphiles et les potamophiles , ie troisième article des 
pieds-màchoires extérieurs inséré à l'extrémité interne et supé- 
rieure de l'article précédent. Ces animaux se trouvent sur les 
bords de la mer, et se tiennent habituellement dans l'eau : on 
en connoît trois espèces. 

La GoNEPLACE TRANsvERSE, qui est de la Nouvelle-Hollande. 
Son têt est large de plus du double que long ; et , sur ses bords 
sous-dentés, se remarquent surtout trois dents plus fortes aux 
angles antérieurs; le dos est fortement chagriné, et les serres 
ont des dentelures ; l'index a aussi deux fortes dents. 

La GoNEPLACE RHOMBOÏDE : Gonoplux rliomboides ; Cancer rhom- 
hoides , Linn. ? Herbst , Conc. , tab. i , fig. 12. Têt du double 
plus large que long, ses angles se prolongent en épines; la 
cuisses des quatre dernières pâtes ont une dent vers leur extré- 
mité supéi'ieure, et l'on en voit aussi une vers le milieu du 
dessus des bras des serres. Elle aie corps blanchâtre, avec une 
légère teinte rougeâtre, et le bout des doigts est noir. On la 
trouve dans la Méditerranée , et elle se tient toujours à d'assez 
grandes profondeurs. 

La GoNOPLACE Bi-ÉPiNEUSÉ , Lcach , Malacoz. Britan,, tab. i5 ; 
Concer angulatus , Fabricius , etc., ressemble beaucoup à la 
rhomboïde : seulement elle a sur le bord latéral du têt, dans 
sa partie moyenne , une dent ordinairement aiguë , quelquefois 
oblitérée. Elle se trouve aussi dans la Méditerranée. (F. C.) 
GONEPLACE, GONOPLACE. {Foss.) Ce genre fournit, à 



•o8 GON 

l'état fossile, plusieurs espèces qui vienjient pour la plupart 
<les Indes orientales , et surtout des Philippines. Voici celles 
que l'on connoît. 

GoNEPLACE deLatreille; Goneplax LatreillH, Desm. Ce crustacé 
a quelquefois deux pouces de largcursur dix-sept lignes delon- 
gueur. La carapace est couverte de petits points ronds, élevés; 
ses bords sont garnis d'un cordon formé de ces mêmes points. 
On voit, sur sa surface supérieure, les différentes régions mar- 
quées par des enfoncemens. Le chaperon, qui est avancé, 
s'élargit àson extrémité, et il estmarqué d'un sillon à son milieu 
dans sa longueur. Il se trouve , au bord latéral , trois épines 
aplaties, dont la dernière termine ce bord vers le devant. Les 
pièces du plastron, ainsi que celles de la queue du mâle, sont 
chagrinées ; mais ces dernières sont lisses dans la femelle. Les 
jambes sont triangulaires et chagrinées vers les angles. Les 
pinces sont légèrement comprimées , et ne sont armées que 
d'une seule dent au milieu du doigt mobile. 

On trouve ce crustacé dans les îles Philippines, à Manille, 
où il doit être abondant, car on en voit beaucoup dans les col- 
lections. Il est souvent empâté d'une argile grise, assez dure. 
On peut rapporter à cette espèce la figure que l'on voit dans 
l'ouvrage deParkinson, tora. 3 , pi. 17, fig, 12. 

Les tremblemens de terre et les volcans changeant souvent 
la face du terrain des îles Philippines, on peut croire que 
les crustacé? qu'on y trouve si abondamment, ont été élevés 
du fond de la mer au -dessus des eaux avec le terrain sur lequel 
ils se trouvoient. 

GoNEPLACE luisante; Goneplttx nitida, Desm. La forme angu- 
leuse de la carapace de ce crustacé l'a fait regarder comme 
dépendant du genre Goneplace; mais il se rapproche des ocy- 
podes par son chaperon qui n'est qu'une pointe peu prolongée , 
par le rapprochement des cavités des yeux, par ses pinces 
qui sont très-grosses et par son corps épais. Sa largeur est de 
dix-huit lignes au bord antérieur, et de huit lignes au bord 
postérieur ; sa longueur est de neuf lignes; le dessus est d'un 
noir luisant sans inégalités autres que celles formées par les 
différentes régions. Les angles latéraux extérieurs du têt sont 
terminés par une pointe aiguë, dirigée de côté. Ce crustacé 
fossile, qui se trouve dans la Collection du Moséum . nu cor,- 



GON 199 

serve que la pince gauche qui est grosse. On ignore où il a 
été trouvé. 

GoNEFLACE INCISÉE : Gotieplax insecta , Desm. ; Knorr , tom. 1 , 
pi. 16, A. B. La carapace de cette espèce est granuleuse vers 
ses bords et presque lisse au milieu. Sa largeur est de quatorze 
lignes, et sa longueur de onze lignes. Le milieu du chaperon 
est sillonné longitudinalement, et son contour est rebordé. 
L'angle latéral antérieur de la carapace est comme tronqué, et 
dans cette partie il se trouve une échancrure profonde. Les 
angles postérieurs sont très-obtus. Les pièces du plastron et les 
jambes sont lisses. Ces dernières sont triangulaires dans Tindi- 
vidu que je possède. Cette espèce vient des Indes, et l'argile 
grise dans laquelle elle est empâtée prouveroi t qu'elle se trouve 
à Manille , comme lagoneplace de Latreille. 

GoNFPLACE BCHANCRBE ; Goncplax emarginata ,Desm. Cette es- 
pèce est de moitié plus petite que la précédente avec laquelle 
elle a beaucoup de rapports. Le bord antérieur de la carapace 
est plus sinueux et forme deux saillies à la base du chaperon. 
Les pâtes sont carrées et un peu rugueuses. La queue des fe- 
melles est extrêmement large et suborbiculaire ; les pièces qui 
la composent sont étroites, et présentent une inflexion dans le 
milieu. Ce crustacé est brun et empâté d'argile grise. Il y a 
lieu de croire qu'il vient des Indes comme les précédentes. 

GoNEPLACE ENFONCÉE; Gomplax imprcssa, Desm. La carapace 
de ce crustacé est chagrinée, déprimée et rebordée antérieu- 
rement , mais sans cordon. Elle n'a que sept lignes , et est pres- 
que carrée. Son chaperon est à peu près carré, rebordé et 
sillonné longitudinalement au milieu. Le bord antérieur se 
relève vers l'angle latéral, et présente immédiatement après 
une échancrure peu profonde. Les pédoncules des yeux sont 
minces, un peu en massue et dirigés de côté. Les pièces sont 
médiocrement épaisses ; leur face externe est lisse , et présent»* 
deux lignes longitudinales enfoncées. Le doigt mobile n'a 
qu'une seule dent du côté intérieur près de l'articulation, et 
le doigt immobile en a une pareille, plus éloignée de cetts 
articulation. Ce fossile fait partie de la collection du Muséum 
d'Histoire naturelle ; sa couleur et l'argile grise dont il ai 
empâté font croire qu'il a été rapporté des Philippines ou du 
Kalabar. (D. F.) 



a 00 GON 

GONGAY. (Bot.) Dans l'Ile de Banda, suivant Rumph , on 
nomme ainsi un arbrisseau qu'il nomme nuga sylvarum, et qui 
paroît appartenir au genre Cniquier , guilandina. (J.) 

GONGESCHECK. ( Ornilh.') Suivant Gesner et Aldrovande, 
c'est le nom que porte , en Perse, le moineau domestique, /riJi- 
gilla domestica, Linn. (Ch. D.) 

GOJîGOLARA. (Bot.) Imperato figure et nomme ainsi le 
fucus que Donati a désigné par phjtocoma. Ce fucus a les ra- 
meaux vésicul eux de distance en distance; c'est le fucus eri- 
coïdes des auteurs, ou peut-être le fucus harhatus , et proba- 
blement ïabies marina de Théophraste. (Lem.) 

GONGORA. (Bot. ) Genre de plantes monocolylédones , à 
fleurs incomplètes, de la famille des orchidées, de la gynan- 
drie diandrie de Linnœus , très-voisin des epidendrum , offrant 
pour caractère essentiel : Une corolle irrégulière , étalée , 
renversée, à six pétales ; l'inférieur ou la lèvre concave, re- 
dressé en bosse sur le dos; les deux pétales latéraux , con- 
vexes , cornus à leur sommet ; une anthère double , caduque, 
operculée. 

Ce genre est borné à une seule espèce mentionnée par les 
auteurs de la Flore du Pérou, sous le nom de gongora quin- 
quenervis , Ruiz et Pav. , Sjst. veget. Flor. Per. , pag. 227. 
Plante parasite qui croît sur les arbres, dans les grandes fo- 
rêts du Pérou , et qui fleurit en automne. Ses racines sont pour- 
vues de bulbes alongées, anguleuses; ses hampes flexueuses ; 
ses feuilles lancéolées, traversées dans toute leur longueur 
par cinq nervures. ( Poia. ) 

GONGROS. (ïchthyol.) Aristote a, dans son Histoire natu- 
relle des Animaux , désigné le congre , par le mot de yoyyooç. 
Voyez Congre. (H. C.) 

GONGYLE. (Bot.) Terme employé par Gœrtner , à la place 
de celui de graine, pour désigner les corps réproducteurs de» 
cryptogames. Voyez Séminules. (Mass.) 

GONIE, Gonius. (Entom.) M. Jurine nomme ainsi un petit 
genre d'insectes hyménoptères, de la famille des oryctéres ou 
fouisseurs qui réunit plusieurs espèces du g'enreLarrade Fabri- 
cius ou palares de M. Latreille , dont les antennes sont très^ 
courtes et les yeux très-rapprochés entre eux par derrièrç^ 
(CD.) 



GON "oj 

GONIOCAULE, Goniocaulon. {Bot. ) [ Cinarocéphales ^ Juss. ; 
Sj'ngénésie polygamie égale, Linn.] Ce genre de plantes, que 
nous avons proposé dans le Bulletin de la Société philoma- 
thique de février 1817, et que nous avons plus amplement 
décrit dans le Bulletin de décembre i8i8, appartient à la 
famille dessynanthérées, à la tribu naturelle des centauriées, 
et à la section des centauriées chryséidées , dans laquelle 
nous le plaçons auprès des cryseis ^chyanopsis etvolutaria, dont 
il difTère principalement par l'absence des fleurs neutres. 

La calathide est incouronnée, équaliflore , pauciflore , ré- 
gulariflore, androgyniflore , oblongue, cylindracée. Le péri- 
cline , à peu près égal aux fleurs et cylindracé, est formé 
de squames imbriquées, appliquées, ovales, aiguës, glabres, 
striées, coriaces, membraneuses sur les bords. Le clinanthe 
est très-petit, garni de fimbrilles membraneuses, longues, 
inégales. Les ovaires sont glabres; leur aigrette est longue, 
composée de squamellules très- nombreuses , multisériées , 
très-régulièrement imbriquées , laminées-paléiformes, roides, 
coriaces, submembraneuses, scarieuses, inappendiculées, fine- 
ment denticulées en scie sur les bords : les extérieures courtes , 
étroites, linéaires ; les intérieures longues, larges, un peu 
élargies de bas en haut, arrondies au sommet -, il n'y a point 
de petite aigrette intérieure. Les corolles ont le tube court, 
et le limbe long. Les étaraines ont le filet hérissé de poils, et 
l'anthère munie d'un long appendice apicilaire corné. Le style 
a ses deux stigmatophores libres. 

GoNiocAULE glabre; Gouiocaulon glahrum, H. Cass. , Bull. 
Soc. philom. , décembre 1818. La tige est herbacée, haute 
de deux pieds au moins, droite , rameuse, glabre, très-lisse , 
munie de côtes saillantes, cartilagineuses. Les feuilles supé- 
rieures sont alternes, sessiles , semi-amplexicaules, longues, 
étroites, presque linéaires, aiguës, glabres, munies sur les 
bords de quelques dents spinuliformes , très-petites et très- 
écartées les unes des autres : les feuilles inférieures manquent 
sur l'échantillon que nous décrivons. Les calathides sont ras- 
semblées en fascicules à l'extrémité des rameaux, et compo- 
sées chacune de quatre à six fleurs , dont la couleur, altérée 
par la dessiccation , paroît avoir été jaunâtre ou rougeàtre. 

Nous avons observé l'échantilion dont il s'u^'t. dans Iher- 



GON 

hier de M. de Jussieu, où il est dit qu'il lui a été donné par 
Vahl en 1799, et qu'il vient de Tranquebar. (H. Cass.) 
GONION. ( Ichthyol.) Voyez Goujon. (H. C.) 
GONIOSPORA. {Bot.) Linck ramène dans ce genre, qui est 
de sa création, les espèces de trichia (capillines) , sessiles , qui 
se déchirent diversement, et qui contiennent des filet» 
embrouillés, très-élastiques, sur lesquels sont disséminés des 
spores ou séminules sexangulaires. (Lem.) 

GONNELLE , M uranoides. {Ichthyol.) M. le comte de Lacé- 
pède a établi, sous le nom de murénoïde, un genre de poissons 
que M. Cuvier a conservé sous le nom de gonnelle, et qui cor- 
respond au genre Centronotus de M. Schneider. Dans l'article 
qui concerne ce dernier , nous avons exposé les raisons qui 
nous ont fait rejeter la dénomination proposée par le profes- 
seur allemand : nous y renvoyons donc le lecteur. 

Quoi qu'il en soit , ce genre , formé aux dépens de celui des 
blennies, appartient à la famille des auchénoptères, et pré- 
sente les caractères suivans : 

Corps nu ; catopes très-petits et formés d'un seul rayon; tète très • 
petite; corps alongé et comprimé en forme de lame d'epec; dos garni 
tout du long d'une nageoire égale dont tous les rayons sont épi- 
neux; dents courtes et pointues, éparses sur deux rangées dont la 
première est plus grande; yeux latéraux. 

Les GoNNELLEs OU MoRÉNOÏDES diffèrent donc des Uranoscopks 
et des Batrachoïdes, qui ont les yeux très- verticaux ; d.s 
Oligopodes qui ont le corps revêtu d'écaillés ; des Blennies, 
qui ont deux ou quatre rayons aux catopes. (Voyez ces diffé- 
rens mots, et Auchénoptères dans le Supplément du troisième 
volume de ce Dictionnaire. ) 

Les gonnelles ont l'estomac elles intestins tout d'une venue. 
Le S \] 3 EF : Mur a:noides sujef, Lacép.; Blennius muranoides, 
Gmel. Mâchoires également avancées ; peau alépidote ; tête 
couverte de petits tubercules, triangulaire et un peu con- 
vexe en dessus; trois rayons à la membrane des branchies; 
ouverture de l'anus vers le milieu de la longueur du corps; 
teinte d'un gris cendré qui s'éclaircit et se change en blan- 
châtre sur la tête et sur le ventre. Taille d'environ sept 
pouces. 

Ce poisson a été décrit et figuré dans \esAct. Acad. PetropoL, 



1779, 2, p .195, tab. VI, fig. 1. Son nom spécifique rappelle 
celui du savant qui l'a fait connoître. 

Le GuNKEL : Murœnoïdes gunnelius , N. ; Blennius gunnellus , 
Linn. Corps comprimé, trés-alongé; nageoires du dos , de 
la queue et de l'anus, distinctes l'une de l'autre; neuf à dix 
taches rondes ou ovales, d'un beau noir, souvent entourées 
d'un cercle blanc , et placées à demi sur la base de la nageoire 
dorsale, età demisur le dos même de l'animal ; teinte générale 
d'un gris jaunâtre et sotivent olivâtre sur le dos ; ventre blan- 
châtre; nageoires dorsale et caudale jaunes, pectorales et anale 
d'un bel orangé; mâchoire inférieure plus avancée que la su- 
périeure; anus plus éloigné de la nageoire caudale que de la 
gorge. Taille de dix à quatorze pouces. 

Ce poisson a la tête petite; ses écailles sont aussi peu appa- 
rentes que celles de l'anguille, et une humeur visqueuse ar- 
rose la surface de son corps. Il nage avec une extrême viva- 
cité, et vit dans l'Océan d'Europe. On le trouve fréquemment 
dans la mer du Nord . et dans la Baltique, aux environs de 
Hambourg et de Lubcck. Tl se nourritd'œufs die poissons, de vers 
et d'insectes, près des rivages etau milieu de^ plantes marines. 
Sa chair est dure et généralement méprisée. Elle ne sert 
que comme appât. 

M. Cuvier pense qu'il pourroit bien ne pas différer sensi- 
blement du précédent. Le même savant rapporte encore aux 
gonnelles le hlennius lumpenus , ^'N^alb., tab. 3 , fig. 6. (H. C.) 

GONOCARPE, Gonocarpus. {Bot. ) Genre de plantes dico- 
tylédones, à fleurs incomplètes, de la famille des cerco- 
diennes, de la tétrandrie monogynie de Linnœus, caractérisé par 
un calice (une corolle selon Thunbcrg) , supérieur, persis- 
tant, à quatre divisions; corolle souvent nulle; quatre ou huit 
étamines insérées sur le calice : un ovaire inférieur ; un ou 
quatrestyles. Lefruit est un drupe fort petit, à huit pans , uni- 
loculaire , couronné par le calice, renfermant une ou quatre 
semences. 

GoNocAKPE A PETITES FLEDiis • Gouocarpus micranthu S, Thunh., 
Flor. Jap,, 5; Lamk. , III. gea., tab. 73. Petite plante qui a 
le port d'une véronique , dont les racines sont annuelles ei 
fibreuses; les tiges grêles , tétragones, couchées à leur partir 
inférieure, puis redressées, rameuses à leur sommet, à peiae 



=04 GON 

hautes de sept pouces, garnies de feuilles opposées , glabres, 
fort petites, ovales^ dentées , aiguës , portées sur des pétioles 
très-courts. Les fleurs sont très-petites , unilatérales, pen- 
dantes, réunies en épis grêles et lâches, disposés en une pa- 
nicule terminale. Cette plante croît au Japon , près de Nanga- 
saki: elle fleurit au mois d'août. 

GoNOCARPE A QUATRE STYLES ; Gonocurpus tetragjna , Labill. 
Espèce découverte par M. Delabillardière au cap Van-Dié- 
men: elle s'élève à la hauteur de six à quinze pouces sur une 
tige presque droite, rameuse, tétragone, gornie de feuilles 
presque sessiles, fort petites, ovales, aiguës, dentées en scie, 
rudes en dessus; les inférieures opposées, un peu plus grandes; 
les supérieures alternes, longues de trois lignes ; les fleurs ses- 
siles, petites, axillaires, solitaires : le calice persistant , à quatre 
divisions ovales-lancéolées , recourbées à leur sommet ; quatre 
pétales oblongs, hérissés de poils caducs ; huit fiiamens courts, 
opposés aux divisions du calice et aux pétales ; les anthères 
tétragones, à deux loges; l'ovaire surmonté de quatre styles 
courts; les stigmates en pinceau. Le fruit estune capsule dru- 
pacée , presque globuleuse, à quatre loges ; Igp semences ovales , 
solitaires dans chaqueloge ; l'embryon entouré d'un périsperm.' 
charnu et friable ; la radicule supérieure. ( Poir. ) 

GONOCARPUS. {Bot.) Kœnig, pour éviter de confondre 
dans la diction le gonocarpus deThunberg avec le goniocarpus , 
genre d'une autre famille, l'a nommé goniocarpws, et Willdenow 
gonatocarpus. Le premier de ces changemens seroitpréférabie^ 
comme plus ancien. (J.) 

GONOGEONA. {Bot.) , un des noms anciens de la mandragore, 
suivant Ruellius. (J.) 

GONOLEK. {Ornith.) L'oiseau auquel les Nègres donnent 
ce nom, qui signifie mangeur d'insectes, et que M. Poivre a 
envoyé du Sénégal sous le nom de pie-grièche rouge de cette 
contrée, a été placé cà la suite des espèces mieux connues de 
ce genre par BufTon, qui Va fait figurer dans ses planches en- 
luminées , n.° 66 ; il est devenu , dans le système de M. Vieillot, 
le type d'un genre particulier, nommé en latin lanarius par 
ce naturaliste, qui lui a donné pour caractères : Un bec nu à 
la base , un peu grêle , convexe en dessus , droit , comprimé ; !a 
mandibule supérieure échancrée et crochue vers le bout , l'in- 



GON 2c5 

fëiieure aiguë et rebroussée à la pointe; la bouche ciliée; les 
ailes à penne bâtarde; la deuxième rémige la plus longue. Les 
espèces, toutes d'Afrique ou de l'Inde, que l'auteur a accolées 
à celle dont on vient de parler, sont le gonolek hacbahirl ou à 
plastron noir, Lev. , Ois. d'Afr. , pi. 67; le gonoZefc à cravate 
blanche , Lev., pi. 1 1 5 ; le gonolek oliva , Lev. , pi. 7 5 , fig. 1 et 2 , 
et pi. 7G, fig. 15 le gonolek à ventre rouge; le gonolek vert à col- 
lier, lemême que le merle vert à collier, de l'édition de Buffon 
donnée par Sonnini. Voyez Pie-grièche. (Ch. D.) 

GONOLETA. (Bot.) Suivant Ruellius , les anciens Daces 
nommoient ainsi le gremil, lithospermum. (J.) 

GONOLOBE. Gonolobus. {Bot.) Genre de plantes dicotylé- 
dones, à fleurs complètes, monopétalées, de la famille des 
apocynées, delapen-ia?»drîemonogxn,ie de Linnœus, offrant pour 
caractère essentiel : Une corolle en roue à cinq divisions prO' 
fondes; une couronne en anneau au fond de la corolle, lo- 
bée , ondulée ou filamenteuse ; cinq étamines ; un style très- 
court, discoïde, à cinq pans ; les follicules à côtes ou anguleux ; 
les semences chevelues. 

GoNOLOEE A ELEURS FLANES : Gonolohus planijlorus, Brown ; Cj' 
nanchuni planijlorum , Linn. ; Jacq., Amer. , tab. 55, et Icon. 
pict., tab. 81. Ses tiges sont glabres, cylindriques et grim- 
pantes-, ses feuilles opposées, pétiolées, en cœur, entières, 
presque glabres , un peu cotonneuses en dessous; les pétioles 
munis, vers leur base, de cils très-courts, roides et ferrugi- 
neux-, les fleurs couleur de rouille, planes, disposées en 
grappes corymbiformes , peu garnies, pédonculées et laté- 
rales ; le calice d'un blanc verdàtre , presque aussi long que 
la corolle-, celle-ci large d'un demi-pouce. Cette plante croit 
dans les environs de Carthagène. 

GoNOLOBE subéreux: Gonolobus suhcrosus , Bro\vn ; Cj'nan- 
ehum suberosum , Linn.; Dill. , Elth. 3o8 , tab. 22g, fig. 296. 
Fiante des pays chauds de l'Amérique , remarquable par la 
partie inférieure de sa tige, couverte d'une écorce molle, 
épaisse, assez semblable à du liége; cette tige est velue, 
grimpante dans sa partie supérieure : les feuilles molles, eu 
cœur, acuminées, pubescentes et un peu blanchâtres en des- 
sous-, les deux lobes de leur base arrondis; les fleurs petites. 
GoNOLOBEA G PiANDES FEUILLES : Gouolobus macroplivllus , Mit h., 



sor; GON 

Fl. Bor. Amer. , i ., pag. 119; Vincetoxicum gonoeurpus , Walt. , 
CaroL, 104. Cette plante, découverte dans les forêts de la 
Caroline, a des tiges grimpantes, sarmenteuses , hérissées de 
poils courts, garnies de feuilles fort amples, pétiolées, op- 
posées, ovales en cœur, acuminées , légèrement pubescentes; 
les divisions delà corolle ovales-lancéolées ; la couronne ou- 
verte en étoile; les follicules pendans, à côtes saillantes, 
anguleuses. 

GoNOLOBE VELU : Gonolohus hirsutus , Mich., 1. c. ; Vincetoxi- 
cum acanthocarpos , Walt., Carol. , 104. Cette plante, décou- 
verte dans les mêmes lieux que la précédente , a des tiges ra- 
meuses , hérissées de poils nombreux, garnies de feuilles 
opposées, pubescentes à leurs deux faces, acuminées par une 
pointe alongée ; les pétioles velus ; les divisions de la corolle 
ovales, oblongues, obtuses-, les follicules pendans, élargis, 
parsemés de poils roides et piquans. 

GoNOLOEE lisse; Gonolobus lœ^^is , Mich., 1. c. Ses tiges sont 
grimpantes, presque glabres, garnies de feuilles opposées , 
médiocrement péliolées, en cœur, un peu coniques, rétrécies 
en pointe, glabres à leurs deux faces, un peu pubescentes sur 
leursnervures ; la corolle glabre ; ses divisions ovales-obiongues, 
un peu obtuses; les follicules lisses. Cette plante a été décou- 
verte sur les bords du Mississipi. 

GoNOLOBE UNIFLORE : Gonolobus uni/lorus , Kunth , in Humb. 
et Bonpl. Nov.Gen., 3, pag. 207, tab. 208. Plante du Mexique , 
dont lestigessont grimpantes, pubescentes, légèrement striées; 
les feuilles opposées, pétiolées, ovales, oblongues, très-acu- 
minées, en cœur à leur base, pubescentes, longues d'un pouce 
et demi; les pédoncules uniflores; le calice hérissé; ses dé- 
coupures lancéolées, une fois plus courtes que la corolle ; 
celle-ci presque en roue , hérissée en dehors, à cinq décou- 
pures ovales-obiongues, acuminées , barbues à un de leurs 
côtés ; les anthères surmontées d'une membrane presque 
orbiculaire. 

GoxoLOBE DES RIVAGES ; Gouolohus Tipurius , Kunth, 1. c. , 
pag. 208. Ses tiges se divisent en rameaux pileux; ses feuilles 
sont ovîdes , acuminées, légèrement pileuses en dessous , 
longues de trois pouces; les pédoncules pubescens , chargés 
de plusieurs fleurs pèdiccllécs; le calice à peine pileux ; ses 



GON 207 

découpures oblongucs, lancéolées, aiguës-, la Corolle verte , 
trois fois plus longue que le calice, à cinq découpures glabres, 
oblongues , aiguës. Cette plante croît sur les bords du fleuve 
de la Madeleine. 

GoNOLOBEA FEUILLES d'aristoloche; Gonolobus aristolochioides, 
Kunth , 1. c. Plante de l'Amérique méridionale ; ses tiges 
sont grimpantes, un peu anguleuses, pubescentes ; les feuilles 
ovales , médiocrement acuminées , échancrées profondément 
en cœur à leur base, veinées, réticulées, pubescentes en des- 
sous , longues de trois pouces ; les fleurs jaunâtres , presque en 
ombelle ; la corolle glabre , au moins trois fois plus longue que 
le calice; les découpures ovales, oblongues, aiguës; le stig- 
mate petit, à cinq angles. 

GoNOLOBB BAKBU ; GoTiolohus hurbatus , Kunth ,1. c. , tab. 
2 39. Espèce découverte au Mexique; ses tiges sont grim- 
pantes ; ses rameaux anguleux et pubescens -, ses feuilles glabres, 
ovales , acuminées , presque à cinq nervures ; les pédoncules 
axillaires , chargés de cinq à sept fleurs fasciculées en om- 
belle-, la corolle une fois plus longue que le calice, à cinq 
divisions ovales, obliques, barbues à un de leurs côtés; l'ori- 
fice garni d'une laine épaisse. 

GONOLOBE A FLEURS BLANCHES ; GoUOloluS ulhuS , Cavan., Jc. 

rar. , 4, pag. 5 , tab. 3 10, sub asclepiade. Cette espèce, origi- 
naire du Pérou , se rapporte plutôt à ce genre qu'aux asclé- 
piades, par la forme de sa couronne et son style. Ses tiges 
sont grimpantes ; ses feuilles ovales, aiguës, blanches en 
dessous; les fleurs nombreuses , disposées en ombelles soli- 
taires; la corolle en roue, d'un blanc sale. (Poir.) 

GONOLOBUS. ( Bot.) Voyez Gonolobe. ( Poir. ) 

GONORHINQUE, Gonorhinchus. {Ichthjol.) Gronou avoit 
établi sous ce nom un genre de poissons qui n'a point été adopté 
par les ichthyologistes ses successeurs, et que l'on a fait ren- 
trer dans celui des cyprins. M. Cuvier vient de l'en séparer 
de nouveau, et lui assigne les caractères suivans : 

Corps et tête alongés et couverts , ainsi que les opercules et même 
la membrane des ouïes , de petites écailles ; museau saillant au-dessus 
d'une petite bouche sans dents et sans barbillons; trois rayons aux 
ouïes, et une petite dorsale sur les catopes. 

Ce genre appartient à la famille da gymnopomes de la 



so8 GON 

Zoologie anal)' tique. Il ne renferme encore qu'une espècf?* 
C'est un poisson du cap de Bonne-Espérance, que Gtiielin a 
désigné sous le nom de cjprinus goyiorhjnclius , et queDauben- 
ton et Haiiy ont appelé cjprin sauteur. Il a été figuré par 
Gronou dans son Zooph., tab. x, fig. 2, et mal copié dans la 
planche 78.*= de M. Schneider. (H. C.) 

GONSALY. {Bot.), nom brame, suivant Rhéede, du pi- 
cinnadu Malabar, que Cavanilles rapporte à son luffafœtida. 
(J.) 

GONSANA. (Bot.) Adanson nomme ainsi le suhularia de 
Linnœus, pour que ce genre ne soit pas confondu avec le su- 
hularia deDillen, genre très-différent, qui cependant est re- 
gardé généralement comme n'existant pas, et n'étant qu'une 
espèce à'isoetes mal décrite. (J.) 

GONSII , GUNSII {Bot.), nom brame du mandsjadi des 
Malabares, adenanthera des botanistes. C'est sous le premier 
de ces noms qu'Adanson désigne ce genre. (J.) 

GONTUA {Bot.), nom brame du coletta veetla des Mala- 
bares, qui estle harleriaprioniitis. (J.) • 

GONUS. ( Bot. ) Ce genre , établi par Loureiro dans sa Flore 
delà Cochinchine , est très-voisin du hrucea. Tous deux doivent 
être réunis au Tbtradium. Voyez ce mot. (Poir. ) 

GONYCLADON. {Bot.) C'est un nouveau nom que Linck 
donne au genre Lemanca deBory, fondé sur le confer\iaJluvia- 
fi/is,Linn.Nous devons rappeler que ce même botaniste l'avoit 
déjà nommé noa'u/aj-ja. (Lem.) 

GONYE {Mamm.), nom de la laie dans la langue hon- 
groise. (F. C. ) 

GONYPE. {'Entom. ) Ce nom donné par M. Latreille à un 
genre de diptères à suçoir corné , de la famille des scléros- 
tomes , voisins des asiles avec lesquels on avoit rangé l'es- 
pèce principale , qui est remarquable par la forme linéaire 
de son abdomen, et par les trois articles qui terminent ses 
tarses. C'est \e dasjopogon tipuloide de Fabricius, et\e leplo' 
gaster décrit et figuré sous ce même nom spécifique par Mei- 
gcn, dans son ouvrage allemand sur la classification des dip- 
tères , in-4.°, tom. 1, fig. 16 de la planche 12. Geoffroy a 
décrit aussi cet insecte , tom. 2 , pag. 474 et 17. Voyez tom. 5 
de ce Dictionnaire, pag. 209, n." 6 , Asii-E tipuloide. (C. D.) 



GON 209 

GONYTRICHIUM. (Bot.) Nées, dans ses Observations sur 
les plantes de la famille des champignons ( Noi>. Act. Nat. , 
cur., y, pag. 244) , établit ce genre, et le caractérise ainsi : 
Fibres embrouillées, rameuses , noueuses, articulées ; petits 
rameaux presque verts , ciliés ; spores globuleux, épars, très- 
nombreux. Ce genre , très-voisin d'un autre qui est le circi- 
notrichum de Nées, forme avec lui un groupe ou" une série 
dans les mucédinées. 

Le gonjtrichium brun-bleu ( gonytrichium cœsium , Nées , 
1. c. , pi. 5 , fig. 14 ) , est la seule espèce de ce genre; elle 
forme sur le bois mort et à demi pourri, de petits coussinets 
d'un brun bleuâtre. ( Lem.) 

GONZALA. {Bot.) Ce genre, de la famille des champignons , 
est ainsi défini par Adanson , son auteur: Champignon charnu, 
ferme, en forme d'écusson orbiculaire, appliqué par toute sa 
surface inférieure ; à graines répandues à la surface supé- 
rieure, et sphériques. Le ,fungus numismatalis de Battara , 
tom. 3 , fig. H , est le type de ce genre , auquel se rapportent 
les espèces du genre Peziza , qui sont planes , orbiculaires et 
sessiles. ( Lem. ) 

GONZALAGUNIA. (Bot.) Genre déplantes rubiacées de la 
Flore du Pérou , dont le nom est abrégé avantageusement par 
M. Persoon, qui l'a appelé gonzalea. Il faut lui réunir, i.^le 
huena de Cavanilles , de l'aveu de cet auteur lui-même ; 2."* le 
larleria hirsuta , figuré dans les Observations de Jacquin ; 
5.° peut-être aussi le tepesia de M. Gœrtner fils; 4.° le Ijgis- 
tiirn spicatum des Illustrations de M. Lamarck, t. 236, dont 
le port est le même que celui du buena et du larleria, et dont 
il faut éloigner le lygistum. de P. Brown , nommé par Linnœus 
petesia lygistum , par Lamarck Ij gistum axillare , qui est décrit 
comme ayant deux loges remplies chacune de deux graines , 
et qui paroît d'après cela devoir être placé dans une autre 
section de la famille. ( J. ) 

GOMZALE {Bot.) -. Gonzalea, Pers. ; Gonzalagunia , FI. Pér. 
Genre de plantes dicotylédones à fleurs complètes , monopé 
talées, de la famille des rubiacées, de la técrandrie monogynie 
de Linnaeus , offrant pour caractère essentiel : Un calice cam- 
panule, à quatre dénis ; une corolle en entonnoir; le tube 
alongé : le limbe à quatre lobes; quatre étamines non sail- 
J9 14 



aio G ON 

lantes; un ovaire iiirérieiir-, un style: un stigmate à qur.tre 
lobes. Le fruit est un drupe globuleux, couronné par le ca- 
lice, à quatre noix unil oculaires , polysperines. 

Ce genre comprend des arbrisseaux, la plupart originaires 
de l'Amérique méridionale, à feuilles opposées, munies de 
stipules; les fleurs sontéparses ou fasciculées , réunies en épis 
ou en panicules terminales, accompagnées de bractées. 

GoNZALE TOMENTEUSE : Gonzolea tomentosu , KuTnh. etBonpl. , 
PL jEquin., tdb. 647 ; Poir. , III. Supp., tab. 91 5. Arbrisseau 
du Pérou , dont les tiges parviennent à la hauteur de dix à 
douze pieds, munies de rameaux opposés, comprimés à leurs 
nœuds tomenteuxet blanchâtres; les feuilles [létiolées, glabres 
en dessus, oblongues , lancéolées, acuminées, d'un beau vert, 
blanches et tomenteuses en dessous, entières, longues de 
quatre pouces , accompagnées de deux stipules opposées , 
triangulaires, persistantes; l(es fleurs disposées en grappes pa- 
niculées, terminales , plus longues que les feuilles ; les pé- 
dicules très-courts; le calice tomenteux, à quatre dents; la co- 
rolle blanche, tomenteuse en dehors, deux fois plus longue 
que le calice; le tube cylindrique; le limbe à quatre lobes 
ovales, obtus ; l'orifice hérissé ; le fruit est un drupe sphérique, 
tétragone, presque à quatre coques, tomenteux, de la gros- 
seur d'un grain de poivre, renfermant quatre petites noix po- 
lyspermes; les semences brunes, fort petites, anguleuses, rudes 
et ponctuées. 

Le Gonzalagunia dependens des auteurs de la Flore du Pé- 
rou , vol. 1 , tab. 86 , fig. A, paroît très-rapproché de cette 
espèce: ses rameaux sont longs etpendans -, ses feuilles ovales, 
légèrement crénelées, luisantes en dessus, lanugineuses en 
dessous ; les stipules subulées; les grappes très-longues, pen- 
dantes, lanugineuses, munies de bractées éparses , subulées; 
les pédicelles courts, chargés de deux à quatre fleurs d'un 
rouge-pourpre-, le calice et la corolle lanugineux; les fruits 
noirâtres , lanugineux, comprimés à leurs deux extrémités ; les 
noix jaunes; les semences brunes. 

G0NZA1.E AFEDiLLESDECORNOtiiLLER : Gouzalca comifolta fKuuih 
in Humb. et Bonpl. Noy. Gen., 3, pag. 416; Buena panamensis? 
Cavan., Zcon,. rar., 6, pag. 5o , tab. 671. Arbrisseau de la 
Kouvelle-Grenade, dont les rameaux sont cylindriques, {)u- 



GOO 

lirscens , garnis de feuilles oblongu .s ou ovales-obknigues , 
Srès-eiitières, rétrécics à leur base, aiguës au soiiiiuet, dun 
vert-gai, plus pâles et pubescentes en dessous sur leurs ner- 
vures, longues de quatre pouces et plus ; les stipules ovales, 
Biibulées, pubescentes; les fleurs disposées en épis terminaux, 
piVIonculés , grêles, pendans et pubescens ; les bractées li- 
néaires; le calice couvert de poils couchés; ses découpures 
ovales, un peu aiguës; la corolle un peu pileuse-, le tube cy- 
lindrique, sept à huit fois plus long que le calice; l'orifice 
élargi, pileux, pubescent; les lobes du limbe oblongs , une 
fois plus courts que le tube; les anthères linéaires, mucro- 
né(sausomraet ; l'ovaire presque globuleux et pileux, à quatre 
loges polyspermes. 

Le GonzaLea pul^erulenta, PL jEquin., 1. c. , est une espèce 
peu connue, remarquable par ses feuilles pulvérulentes, ainsi 
que ses rameaux : les stipules subulées ; les feuilles lancéo- 
lées , obtuses à leur base, pubescentes. Elle croît au Pérou. 

(TOIR.) 

GOODENIA (Bô^) ; Zarolle, Encycî. Genre de plantes dico- 
tylédones, à fleurs complètes, monopétalées, irrégulières, delà 
famille des lobéliacées, delà pentandrie nionogynie de Linneeus, 
qui a des rapports avec les scœvola, et ofifre pour caractère 
er-sentiel : Un calice à cinq divisions profondes; une corolle 
labiée, fendue longitudinalcment pour donner passage aux 
organes sexuels; la lèvre supérieure à deux divisions; l'infé- 
rieure plus grande, à trois divisions; cinq étamines insérées 
au fond du calice; un ovaire placé sous la corolle; un style; 
un stigmate urcéolé. Le fruit est une capsule bivalve, à deux 
loges, à demi enveloppée par la partie inférieure du calice; 
plusieurs semences attachées à une cloison parallèle aux 
valves. 

Ce genre comprend des herbes , toutes originaires de la 
Nouvelle-Hollande, la plupart remarqualilcs par l'élégance de 
leurs fleurs, munies de feuilles alternes, rarement opposées ; 
If-s fleurs situées dans l'aisselle des feuilles. Rob. Brown a 
jijouté beaucoup d'espèces à ce genre; il en a retranché plu- 
rieurs qui se trouvent placées dans d'autres genres , parmi 
les ScjKvola, Dampieha , Euthales seu Veleia , Labill., etc. 
(Voyez ces mots. ) Plusieurs espèces sont cultivées dans les 

14. 



GOO 

jardins de botanique, telles que \a goodeniaovala, grandijlora, 
lavigata , etc. Elles fleurissent pendant une grande partie de lu 
belle saison, et passent l'hiver dans l'orangerie. 

Goodenia a feoilles ovales : Goodenia ovata, Smith., Trans. 
Xmre.; Vent., Jard. de Cels, tab. 3 ; Andr. , Bot. Rep. , tab. 68 ; 
Cavan. , Icon rar. , 6 , tab. 626. Arbrisseau à tiges droites, 
tétragones, presque simples , hautes de deux pieds-, les jeunes 
rameaux parsemés d'une poussière blanchâtre , garnis de feuil- 
les alternes, pétiolées, ovales, finement denficulées, glabres, 
un peu rudes, blanchâtres en dessous ;. les pétioles munis à leur 
base d'une touffe de poils roux. Les fleurs sont disposées en pe- 
tites grappes latérales , axillaires , dichotomes ou trifides ; leur 
calice un peu anguleux, à cinq divisions subulées ; la corolle 
d'un jaune doré, attachée à l'orifice du calice; le tube court; les 
divisions du limbe frangées à leurs bords; les filamens arqués; 
les anthères terminées par quelques poils courts; les capsule» 
linéaires, s'ouvrant à demi en deux valves; les semences nom- 
breuses , imbriquées, comprimées. 

Goodenia paniculée: Goodenia paniculata , Cavanilles, Icon, 
rar., 6, tab. 607; Smith, Trans. Linn. , 2, pag. 248? Ses tiges 
sont droites, glabres, un peu tétragones, hautes d'un pied, 
peu rameuses; les feuilles pileuses, lâchement dentées, ses- 
siles , alternes , linéaires -lancéolées, tomenteuscs dans leur 
aiseîle: les fleurs disposées en panicules lâches, terminales; 
les divisions du calice fort petites, subulées et veines; la 
corolle jaune, assez grande, velue en dehors, à cinq lobes 
obtus, arrondis , presque égaux: l'ovaire velu; le style pileux ; 
le stigmate urcéolé, garni à son bord de cils blanchâtres. La 
capsule est ovale , un peu comprimée , couronnée par les 
divisions du calice, à une seule loge, d'après Cavanilles; à 
deux valves naviculaires ; les semences arrondies, bordées 
jpar une petite membrane, attachées par imbrication à un 
réceptacle commun. 

Goodenia hétérophille ; Goodenia heterophjlla, Cavan. . Icon. 
rar., 6, tab. 5o8. Plante herbacée dont les tiges sont pileuses, 
presque simples; les iéuilies radicales pétiolées, ovales, en- 
tières; celles des tiges entières ou dentées; lessupérieuresà trois 
divisions, celle dn milieu irès-alongée , linéaire ou lancéolée?. 
I,{'s fleurs sont axillaires; les pédoncules uniflores ou bifides,- 



GOO 2>3 

le calice velu; la corolle d'un rose tendre; le style velu vers 
son sommet ; le stigmate urcéolé et cilié ; le fruit est une 
capsule presque ronde, couronnc-e par les divisions du calice, 
à deux valves, contenant environ quatre semences compri- 
mées, marquées d'un sillon circulaire, attachées à un récep- 
tacle central. 

GooDENiA A LONGS PÉDONCULES; Gooàtaia elongata, Labill. , 
Noi>. Holl. , 1 , pag. 5^ , tab. 7 5. Plante découverte par M. de 
Labillardiére , au cap Van-Diémen , dont les racines sont me- 
nues , fusiformes ; les tiges hautes de huit à dix pouces, un 
peu pileuses; les feuilles presque glabres, ovales, obtuses, 
entières, longues d'un pouce et demi; les supérieures aiguës, 
souvent opposées; les fleurs sontjaunes, solitaires, axillaires; 
les pédoncules simples , pileux à leur base , dépourvus de 
bractées, longs de trois à cinq pouces; le style et le stigmate 
légèrement pileux. Le fruit est une capsule ovale, à deux 
loges, à deux valves ; une cloison parallèle aux valves; les 
semences ovales, imbriquées. 

GooDENiA A FEUILLES DE LIERRE; Goodeniu licderacea , Smith, 
Trans. Linn. , pag. 549. Cette espèce a ses tiges couchées, 
garnies de feuilles alternes, péliolées ; les unes entières, ar- 
rondies, d'autres divisées en cinq lobes, assez semblables à 
celles du lierre, glabres, non dentées; les fleurs axillaires; la 
corolle lanugineuse en dehors. 

GooDEMA rampant; GoodcTiia rcpciis , Labill., No^'. Holl., 1, 
tab. 76. Petite plante à tiges courtes, rampantes, glabres, 
presque simples, à feuilles alternes, charnues, ovales, étroi- 
tes, longues de six lignes, glabres, un peu obtuses; les fleurs 
solitaires, axillaires, munies de bractées sur des pédoncules 
courts. La corolle est bleue , très-glabre ; le style un peu 
pileux; le stigmate urcéolé; les capsules bivalves, à deux 
loges. 

GooDENiA RADiCANT; Goodeiiia radicans , Cavan., Icon. rar., 5 , 
tab. 474, fig. e. Ses tiges sont couchées, pileuses; ses feuilles 
glabres, presque fasciculées à la base des rameaux, spatulées, 
entières, obtuses, un peu aiguës; les fleurs terminales ou 
axillaires; les pédoncules simples ou biflores; la corolle mé- 
langée de bleu et de blanc j le stigmate globuleux et tronqué. 
Le fruit est. une baie ovale, turbiuée, couronnée par les 



ai4 GOO 

divisions du calice, uniloculaire , à plusieurs semences im- 
briquées sur quatre rangs, attachées à un réceptacle central, 
entourées d'une membrane scarieuse. Cette plante croît au 
Mexique, dans les lieux humides, sur les bords de la mer: 
elle s'éloigne beaucoup de ce genre par son fruit. 

GooDEMA BLANCHATRE ; GoodcTiia uVoida , Smith , Trans, Linn., 
3, pag. 548. Ses tiges sont pileuses -. ses feuilles alternes , en 
ovale renversé, glabres , dentées-, les fleurs blanches; la corolle 
glabre tant en dedans qu'en dehors ; le style pileux. Cette 
espèce a été découverte au port Jackson de la Nouvelle- 
Hollande : elle paroit se rapprocher du goodenia lœvigata de 
Curtis ; il doit être placé parmi les scavola. 

Goodenia a grandes fleurs; goodenia grandiflora , Botan. 
Mflga3.,tab. 8go. Ses tiges sont herbacées, glabres, cannelées, 
hautes de trois à quatre pieds; ses feuilles velues, ovales, ex\ 
cœur, dentées en scie; les inférieures découpées en lobes vers 
leur base; les fleurs axillaires , presque solitaires-, les divi- 
sions du calice subulées à leur sommet; la corolle jaune; les 
capsules pentagones, relevées en bosse. 

M. Rob. Brown a enrichi ce genre d'un grand nombre 
d'espèces nouvelles découvertes sur les côtes de la Nouvelle- 
Hollande, qu'il a distribuées en plusieurs sections, d'après 
leur inflorescence, les caractères de leur corolle, etc. 

I. Corolle jaune, à deux lèpres ; les divisions en forme d''ailes; 
eapsule à deux loges ou presque à une loge, n ayant qu'une cloison 
très-courte; le stigmate parallèle aux lèvres de la corolle. 

A. Pédoncules terminaux , en épis ou panicules ; les pédicelles 
munis de deux bractées. 

Les espèces principales à rapporter ici, sont : 

Le Goodenia stelligera, Brown, ISov. HolL, pag. 67 5. Les 
tiges sont nues; l'épi presque simple, pubcscent; la corolle 
couverte d'un duvet étoile, et de poils simples; les feuilles 
radicales, glabres, charnues, linéaires ou cylindriques, un 
peu dentées au sommet. Goodenia humilis , Brown. Ses feuilles 
radicales, oblongues, lancéolées, un peu dentées; la panicule 
simple, pubescente; l'ovaire pileux. Goodenia gracilis, Browîi. 
La panicule simple; les ovaires glabres; la corolle pubescecta 
et glanduleuse en dehors ; los feuilles radicales , linéaires- 
lancéolées, un peu épaisses. QoGdrniu decui rens .BvQwn, Les, 



GOO 2'5 

épis rameux; la corolle pubescente; les feuilles cauliaaires , 
oblongues, dentées, décurrentes. 

B. Pédoncules axillaires simples ou trifdes; les pédicelles munit 
de deux bractées. 

A cette sous-division appartiennent le Goodcpia acuminata ^ 
J5ro\vn. La tige droite, presque ligneuse; les feuilles ovales, 
acuminées, dentées en scie ; les pédoncules trilides ou tricho- 
lomes; les divisions du calice planes, de moitié plus courtes 
que la capsule prismatique ; semences imbriquées sur deux 
rangs. Goodenia varia , Brown. Tige glabre, ligneuse; feuilles 
coriaces, ovales, obtuses ou un peu aiguës, dentées; les pé- 
floncules simples ou trifides ; les divisions du calice plus courtes 
que les étkmines ; les capsules droites. Goodenia rotundifolia. 
J.a tige herbacée -, les feuilles arrondies , membraneuses , inci- 
lées et dentées; le style glabre ; les capsules ovales. Goodenia 
iarbata geniculata-hederacea-glahra , etc. , Brown , 1. c. 

C. Pédoncules sans bractées, unijlores, axillaires ou terminaux. 
Il faut y rapporter le Goodenia mollis, Brown. Les feuilles 

sont molles, ovales, presque en cœur, aiguës , dentées en scie 
et velues ; les pédoncules axillaires ; le tube de la corolle en 
forme de bourse. Goodenia hispida , Brown. Hérissé de poils 
roides; les feuilles caulinaires, sessiles , oblongues-lancéolées , 
à peine dentées; les pédoncules longs, solitaires, axillaires; 
les calices hispides. Goodenia coronopifolia. Entièrement gla- 
bre ; à feuilles linéaires •, les radicales pinnatifides, dentées; 
celles des tiges entières ; les pédoncules presque solitaires. 
Goodenia tenella. Légèrement pubescent ; les poils rares et cou- 
chés; les tiges simples, presque nulles; les feuilles radicales, 
planes, lancéolées, spatulées : les pédoncules alongés, radi- 
caux et terminaux. Goodenia filiformis. Tige simple, presque 
glabre; les feuilles radicales filiformes; les caulinaires plus 
petites; les pédoncules terminaux, presque eu ombelle. 

II. Corolle jaune, à deux lèpres : les découpures en forme d'aile.'i ; 
une capsule à quatre loget. 

Le seul Goodenia qundrangularis , Brown, 1. c, appartient 
à cette sous-riivision. Ses tiges sont droites, très-glabres; ses 
feuilles presque ovales, dentées; les fleurs axillaires ou dis- 
posées en épi. 

III. Corolle bleue ou purpurine, à deux Ic/ra ; le^ de'coupurct 



3i6 GOO 

en forme d'ailes; une capsule à deux loges ou à deux demi-loges; 
êtigmate parallèle aux lèvres de la corolle. 

On trouve cité, pour cette sous-division : le Goodenia purpu- 
rascens , Brown, 1. c. Plante entièrement glabre , à lige nue ; 
les feuilles radicales oblongucs-Iancéolées; la panicule étalée. 
Goodenia pterigosperma. Tige glabre , presque simple, à feuilles 
distantes; les radicales plus grandes, linéaires, un peu den- 
tées; les fleurs alternes; les divisions du calice un peu obtuses, 
glabres ainsi que les ovaires. Goodenia cœrulea. Sa tige est gla- 
bre; les rameaux presque simples; les fleurs rares; le calice 
aigu , glanduleux ainsi que les ovaires. Goodenia incana. Plante 
blanchâtre et tomenteuse; les feuilles distantes, oblongues, 
linéaires ; la corolle et les ovaires lanugineux. 

IV. Corolle à une seule lèvre; découpures en forme d''ailes; st . - 
mate à deux lobes , opposé à la lèvre de la corolle , entouré d'un 
tégument cilié. 

A cette sous- division appartiennent le Goode^iia icapig-eja, 
Brown, l.c. La tige est droite, glabre ; les feuilles dentées-, un 
épi terminal pédoncule; les découpures du calice subulées, 
plus longues que l'ovaire. GoorZen-iav/sc/'da. Tige droite, glabre, 
tachetée; les feuilles lancéolées et dentées, les pédoncules très- 
axillaires, uniflores; le stigmate bifide. 

V. Pédoncules sans bractées ; tégument du stigmate cilié; cap- 
sule membraneuse. 

Le Goodenia pumilio , Brown, 1. c, est la seule espèce citée 
pour cette sous-division. C'est une plante rampante, pube:.- 
cente, à feuilles ovales, membraneuses, les supérieures très- 
rapprochées; les pédoncules situés dans les aiselles des feuilles 
supérieures. (PoiR.) 

GOODIA. (Bot.) Genre de plantes dicotylédones, à fleurs 
po]ypé(alées,papillonacées,dela famille des légumineuses, de 
la diadelphie décandrie de Linnseus, dont le caractère essentiel 
consiste dans un calice à deux lèvres presque égales; la supé' 
rieure aiguë, à demi bifide ; la corolle papillonacée; l'éten- 
dard plane, très-grand; dix étamines diadelphes ; un style; le 
stigmate en tête. Le fruit est une gousse comprimée, pédicel- 
lée , renfermant environ deux semences. 

Goodiaafeuillesdelotier: Goodialotifolia, Salisb., Farad., 41; 
Bot.magaz., tab. gSo ; Ait., Hori. Kc>v., edit, nov., 4> pag. j6^^ 



GOO «17 

Arbrisseau de îa Nouvelle-Hollande, dont les raîneaux ghi- 
hres, un peu roides , sont garnis de feuilles alternes, pétiolées, 
composées de trois folioles pédicellées , en ovale renversé, 
glabres à leurs deux faces, très-entières, obtusts, quelquefois 
un peu mucronées, particulièrement la terminale ; longues 
de six lignes et plus. Les fleurs sont situées à l'extrémité des 
tiges et des rameaux, disposées en grappes droites, très-sim- 
ples; leur calice glabre, à deux lèvres, la supérieure plus 
courte, bidentée: l'inférieure à trois dents; la carène delà 
corolle tronquée ; les gousses aplaties, relevées en bosse sur 
leur dos. Cette plante croît à la Nouvelle-Hollande. On la 
cultive en Angleterre; elle porte des fleurs pendant les mois 
de mai, juin et juillet. On la propage de boutures et de se- 
mences. 

GoODiA pubBSCente; Goodiapuhesccns , Bol. Magaz, iab. i3io. 
Cette espèce se rapproche beaucoup de la précédente, mais 
elle en diffère par le duvet qui eu recouvre toutes les parties. 
Ses rameaux sont courts, alternes-, ses feuilles ternées, les 
folioles presque en ovale renversé, entières, mucronées au 
sommet; les rameaux portent à leur extrémité quelques fleurs 
pédoncuiées , munies à la base des pédoncules d'une petite 
bractée lancéolée; les fleurs sont jaunes, tachetées de brun à 
la base des pétales. Cette espèce a été découverte au cap Van- 
Dièmen. ( Poir. ) 

GOODINACHÏSET ( Maivm. ) , nom kamtschatkadale de 
l'argali, ovis ammon, Linn. (F. C.) 

GOODYERA. (Bot.) Genre de plantes monocotylédones, à 
fleurs incomplètes, de la famille des orchidées , de lagynandrie 
diandrie de Linnseus, dont le caractère essentiel consiste dans 
une corolle en gueule, à six pétales; les extérieurs placés en 
avant sur la lèvre intérieure, gibbeuse à sa base, entière au 
sommet; la colonne des organes sexuels libre-, le pollen angu- 
leux. 

GoODYEiiA RAMPANTE : Goodycra rtpens , Brovir. , m Ait. edit. 
nov.;Satjruim repens, Linn., Jacq. , FL. austr.,tah. 569; Neottitx 
repens, Willd., Spec, 4, pag. 76; Epipactis , etc.. Hall., Hc/f., 
XI ° 1295, tab. 22. Cette plante a des racines charnues, fibreuses, 
rampantes , point palmées. Ses feuilles sont radicales, glabres, 
pvales, méJiocremeiit pétiolées, marquées de tâches brunes. 



>i5 GOO 

noirâtres ou blaîicLâtres , disposées en quadrille; les hampe* 
droites, simples, enveloppées d'écaillés courtes, alternes, 
raginales ; les fleurs disposées en un épi grêle, terminal, 
alongé, toutes unilatérales; la corolle blanche ; les trois pé- 
tales extérieurs pubescens , agglutinés; la lèvre lancéolée ou 
ovale- oblongue , munie à sa base d'une bosse naviculairc. 
Elle croît sur les montagnes Alpines , dans les forêts de 
pins. 

GooDYBRA PUBESCENTE : Goodjcra pubescens, Ait., edit noy.; 
Neottia pubescens , Wil'd., Spec. ,'4, pag. 76; SatjriumrepenSy 
Mich. , Amer. , pag. 1 67. Cette espèce est très-rapprochée de la 
précédente ; elle en diifère principalement par ses fleurs non 
unilatérales; les pétales ovales; la lèvre ovale, acuminée. Le* 
racines sont rampaiites et fibreuses-, toutes les feuilles radi- 
cales , plus roides , ovales , pétiolées, marquées de taches 
drrégulières, en réseau; la hampe pubescente ainsi que les 
fleurs. Cette plante a été découverte, par Michaux, dans la 
Floride et le Canada. 

GooDYEftA A DEUX COULEURS; Goodjera d'iscolor , Bot. Magaz., 
tab. :io55. Espèce originaire de Rio-Janeiro, cultivée au Jardin 
du Roi, dont les tiges droites, simples et glabres, sont garnie» 
à leur base de feuilles alternes, vaginales sur la tige , rétrécies 
en pétiole, ovales-obloi^gues, un peu acuminées, très-lisses, d'un 
vert sombre en dessus , purpurines en dessous , très-entières ; la 
partie supérieure de la tige munie d'écaillés distantes, lan- 
céolées, aiguës, et terminée par un long épi de fleurs sessiles, 
dont les pétales sont lancéolés, blanchâtres; l'ovaire ve!u, 
Strié, la colonne droite, de couleur jaune. (Poir.) 

GOOG-WAR-NECK {Ornith.), nom que les habitans de la 
Nouvelle-Zélande donnent, d'après son cri, à l'oîseau figuré 
pag. 144 du Voyage de John White à la Nouvelle-Galles du 
Sud, lequel est le eréadion à pendeloques de M. Vieillot , 
merops caruncu latus , Lath. (Ch.D.) 

GOORA-A-GANY {Ornith.) , nom donné par les naturel» 
de la Nouvelle-Hollande à une buse,/a/co connivem , Lath., 
fit huteo connivens , Vieill. (Ch.D.) 

GOO-ROO-GANG. {Ornith.) L'oiseau de proie qui porte 
ce nom à la Nouvelle-Hollande, est Tépervier gorowai.g de 
M. Vieillot,/a/co/una/aius, Lath. (Ch.D.) 



GOR Î19 

GOOSE ( Ornilh. ) , nom geaéiique des oies en anglois. 
(Ch.D.) 

GOOSITZ (Dot.) , nom japonois du cdosia argentea, suivant 
M. Thunberg. (J.) 

GOOUY, DJOOUY. (Bot.) Dans la Nubie, ce nom et celui 
de horg sont donnés à l'acacia nilolica, suivant M. Delile. (J.) 

GOPHER (Bot,), nom oriental du cyprès pyramidal, cupres- 
sus semijervirens , cité dans Rauwolf. Il est aussi nommé saru 
par les Arabes , et saran par les Maures. C'est le iarou de 
M. Delile. (J.) 

GOR. (Bot.) Dalechamps parle d'un grand arbre de ce nom 
qui croit en Afrique sur les bords du Niger, et porte des fruits 
semblables à ceux du ciiàtaignier , mais amers. On ne sait rien 
de plus sur cet arbre que le voyageur, Jean-Lcan, a le pre- 
mier fait connoitre. (J. ) 

GOR {Conclijl.) ; Adans, Seiieg., pag. 187 , pi. 12. C'est une 
espèce de troque déprimée, à tours de spire presque tran- 
chans, et qui très-probablement appartient au genre Eperon 
de M. Denys de Montfort. C'est peut-être le trochus modulus de 
[.inn. ( De B. ) 

GORAB. [Omilh.) Ce nom, qui , suivant Forskael, est donné 
en Egypte à des oiseaux du genre Corbeau , s'écrit aussi gho- 
râb. [Ch. D.) 

GORAMI ou GORAMY {IchthjoL), nom spécifique d'un 
OsPHRONÈjiE. Voyez ce mot. ( H. C. ) 

GORDET ( Conchyl.) ; Adans , Seneg., pag. 226, pi. 16. 
Espèce de venus, venus a/ricana. (DeB. ) 

GORDIfJS (Ertfo::.), nom latin du dragonneau etde quelques 
espèces de vers intérieurs et extérieurs, qu'on range uiainie- 
nant avec les Filaikes. Voyez ce mot et Dbagonneag. (De B.) 

GORDONE, Gordonia. (Ko£.) Genre de plantes dicotylédones, 
à fleurs polypélalée;, régulières, de la famille des maîvacées, de 
la monadelpliie polyandrie de Linnasus, caractérisé par un Cvdice 
simple, à cinq divisions; cinq pétales adhérens parleur base 
au tube des étamiues; les étamiues nombreuses, mouadelphcs , 
un style pentagone ; cinq stigmates. Le fruit est une capsule ,* 
cinq valves, à cinq loges à demi bifides, renfermant chacune 
deux semences comprimées, garnies, d'ua côté, d'une aiie fo- 
liacée, 



a2o GOR 

Ce genre se compose d'arbrisseaux «issez élégans, à feuilles 
simples, alternes, dépourvues de stipules ; à fleurs solitaires, 
axillaires. On en cultive plusieurs espèces au Jardin du Roi, 
que l'on conserve dans les serres d'orangerie. La plus remar- 
quable est le gordonia lasianthus. Les cultivateurs de Paris, 
dit M. Bosc , ont été portés à croire que le froid seul empê- 
choit cette plante de prospérer en pleine terre, tandis que 
c'est autant le manque d'eau. En Amérique elle croît exclusi- 
vement dans les eaux stagnantes, qui ne se dessèchent qu'à la 
fin de l'été; mais ici on ne peut la mettre dans une telle posi- 
tion , parce que le froid la feroit geler pendant l'hiver. C'est 
dans les contrées méridionales de la France, dans les pays à 
riz, qu'on doit tenter de la mettre en pleine terre. 

Les gordones se multiplient par le semis de leurs graines, 
qui doit être fait immédiatement après leur chute, ou après 
l'hiver, avec des graines stratifiées dans la terre humide : on les 
sème dans des pots remplis de terre de bruyère. Au bout de 
deux ans, ces plants sont mis , ou dans de plus grands pots, 
ou en pleine terre. On les arrose souvent et abondamment. On 
peut encore les multiplier de marcottes, qui ne s'enracinent 
que la seconde ou la troisième année, et qui ne donnent que 
des pieds foibles et de peu de durée. 

GoRDON'E A FEUILLES GLABRES ; Gordoniu lasiaiitlius , Linn. ; 
harak., III. gen., tab. 694; Pluken., Jma/fh., 7 , tab. 5 32, fîg. 5 ; 
Catesb. , Carol. , 44 , tab. 44 ; Mich . , Arh. Amer. , 3 , tab. 1 ; Bot, 
Magaz., tab. 668. Grand arbrisseau très-élégant, distingué par 
sa forme pyramidale , par le beau vert luisant de ses feuilles , 
qui subsistent toute l'année , par le nombre et la grandeur de 
ses fleurs blanches qui, dans la Caroline, se succèdent pendant 
deux mois et tranchent avec les feuilles: celles-ci sont pétiolées, 
ovales-lancéolées , aiguës à leurs deux extrémités, dentées en 
scie, longues de cinq à six pouces, sur deux et plus de largeur; 
les pédoncules axillaires, solitaires, uniflores , de la longueur 
des feuilles; les fleurs ouvertes en rose; les folioles du calice 
cotonneuses , concaves, très- obtuses , persistantes; les pétales 
ovoïdes, concaves, beaucoup plus longs que le calice. Cet arbre 
croît dans la Caroline, dans les eaux stagnantes. 

Gor.DONE PCEESCENTE ; Gordonia puhescens , Lamk. , Enc\'c!. ; 
Cavan., Di$t., C tab. 162 ; Vont. , Malm-, 1, Tcon.; l'Hcrit., 



COR 211 

Stirp., 1 56. Cet arbrisseau , que M. de Lamarck a fait connoître 
le premier, a été cultivé autrefois en pleine terre avec suc- 
cès, dans le jardin deTrianon; mais, comme il n'y fleurissoit 
que vers la fin de l'automne , il ne donnoit jamais de graines. 
Il ressemble beaucoup au précédent par son port, la forme et 
la disposition de ses feuilles; il en diffère par le duvet légè- 
rement cotonneux qui couvre la surfaceinférieure des feuilles , 
surtout dans leur jeunesse; d'ailleurs les fleurs sont sessiles, 
grandes, solitaires, et ordinairement terminales. Cet arbris- 
seau croît dans la Caroline méridionale. On le cultive au Jar- 
din du Roi. 

GoKD ONE DE Franklin : Gordonia FranUini^VHeTit., Stirp. , 
pag. 1 56 ; Franlclinia alatamaka , Marsch. , Arb. Amer. , 49 ; Gor- 
donia pubescens ,Mich. , Arb. Amer., 3, pag. 35,tab.2 ; Laça- 
teajlorida, Salisb. , Parad. , lab. 56. Cet arbrisseau se rap- 
proche beaucoup du gordonia pubescens; il en diffère par ses 
feuilles parfaitement glabres à leurs deux faces; c'est d'ailleurs 
un très-bel arbrisseau qui s'élève à la hauteur de dix pieds ; 
ses feuilles sont alternes, presque sessiles, oblongues, rétré- 
cies à leur base , dentées en scie , serrées contre les tiges. Les 
fleurs sont sessiles, très-odorantes, axillaires , placées à l'ex- 
trémité des rameaux ; la corolle large d'environ cinq pouces, 
composée de cinq pétales larges, étalés, arrondis; les capsules 
globuleuses. Cette plante croit dans les contrés méridionales de 
la Caroline. 

GoRDONE A BOIS ROUGE ; Govdoniahœmatoxylon , S\vartz , Flor. 
Ind. occid. 2, pag. 1199. Grand arbrisseau de douze à seize 
pieds de haut, revêtu d'une écorce lisse, cendrée, un peu 
ferrugineuse. Son bois est dur, coloré en rouge de sang; ses 
rameaux cylindriques, épars , opposés; ses feuilles pétiolées, 
roides, ovales, glabres , acumînées, dentées en scie; les pétioles 
courts ; les pédoncules très-courts, axillaires, solitaires, uni- 
flores, munis d'une ou deux écailles; les fleurs grandes, d'un 
blanc incarnat; le calice à trois ou cinq folioles concaves, ar- 
rondis ; les pétales en cœur renversé ; une capsule dure , li- 
gneuse, alongée, à cinq valves lancéolées. Cette plante croît à 
la Jamaïque , sur les hautes montagnes. ( Poir. ) 

GORDYLION. (Bot.) Paulus Œgynete nomme ainsi le tor- 
djlium, plante ombellifèrc , suivant Dodocus. ( J. ) 



2^2 G OR 

GORL. ( Iclitiij'cl. } Voyez Hypostome. ( H. C. ) 

GORENDE. {Erpét.) Voyez Giarende. (H. C.) 

GOREJNI-FÈRE (Bot.), nom hongrois de la cuscute, sui- 
vant Meritzel. ( J. ) 

GORET [Ichlhjol.) , nom vulgaire d'un spare mal déter- 
miné. ( H. C.) 

GORFOU. (Ornith.) Brisson a établi , sous le nom de sphenis- 
cus , le genre Manchot, qui ne comprend que deux espèces, 
et il en a formé, sous celui de catarractes , gorfou , un autre 
qui n'est consacré qu'au phaeton demersus de Linnseus. Gmelin 
a l'éuni, sous la dénomination d'aptenodytes , donnée d'abord 
par Forster, les différentes espèces qu"Illiger a aussi jugé con- 
venable de ne point séparer. M. Cuvier, en conservant le 
nom (Vaplenodj'tes au genre des manchots, l'a plus pîirticu- 
lièrement appliqué aux manchots proprement dits, tels que le 
grand manchot, apteaodyles patagonica, Gmel. , en formant 
des sections distinctes des gorfcus, catarractes , Briss,, quoique 
ce nom grec appartînt anciennement à un oiseau fort difFé- 
rent, qui voloit très-bien , et se précipitoit dehaut sur sa proie; 
et des sphénisques du même auteur. M. Vieillot, de son côté, 
a conservé le genre Manchot, et il en a formé un seul desgor- 
fous et des sphénisques, sous la première de ces dénomination» 
françoises,enleurappliquant en commun le nom d'eudyptes; et , 
commela principale différence entre eux consiste dans la man- 
dibule inférieure tronquée àl'extrémitécheziesuns etarrondie 
rht'z les autres, on ne croit pas de telles variations suffisantes 
pour empêcher d'embrasser sous le même nom toute la famille 
des manchots, peu nombreuse d'ailleurs en espèces. (Ch. D.) 

GORGE, Faux. ( Bot.) Orifice du tube de la corolle, du ca- 
lice, etc. La gorge de la corolle est tantôt plus large que le 
tube (belle-de-nuit) ; tantôt plus resserrée (pervenche) ; tantôt 
circulaire (phîox); tantôt angulée (pervenche); tantôt nue 
(phlox) ; tantôt obstruée par des poils (thim), ou par des 
cils [genfiana campesfris) , ou par des bosses (cynoglosse), ou 
par des cornets ( srirphytitm tuherosuw. ) (Mass. ) 

GORGE -BLANCHE. {Ornith.) Divers auteurs paroissent 
avoir désigné, par cette dénomination, la fauvette grise, mo- 
lacilla rjh'ia, Linn. ( Ch.D. ) 

GORGE-BLEUE. ( Ornilh.) L'oistau ainsi nommé est de la 



GOR 825 

famille des nibicttcs de M.Cuvier: c'est le motacilla succica , 
Linn. ( Ch.D..) 

GORGE-JAUNE. (OrniLh, ) On uomme ainsi le figuier aux 
joues noires ou fauvette trichas , syl^'ia trichas , Lath. (Ch. D. ) 

GORGE DE LION( Bot.), un des noms vulgaires du mu- 
flier des jardins. (L. D.) 

GORGE- NOIRE. ( Ornith. ) L'oiseau qu'on nomme ainsi est 
le rossignol de muraille , motacilla phœnicurus , Linn. (Ch.D.) 

GORGE-NUE. ( Ornith. ) C'est la perdrix rouge d'Afrique, 
de BufFon, et le francolin à gorge nue , fcfrao raudico//is, Gmel., 
et perdrix nudicollis , Linn. ( Ch. D.) 

GORGE DE PIGEON. ( Bot. ) Champignon de la famille des 
poivrés secs de Paulet. C'est Vagaricus cjano.ranihos , Scheff., 
tab. 95. Son chapeau se fait remarquerpar le mélange de rouge, 
de bleu et de blanc, changeant comme celui de la gorge de 
pigeon. Ses feuillets sont jaunes. Cette espèce est représentée 
par Paulet, pi. 76 , fig. 20. 11 la rapporte à Vagaricus delicatu- 
tus , Batsch , Elench. ( Lem. ) 

GORGE-ROUGE. ( Ornith. ) Ce nom et celui de rouge- 
gorge appartiennent à l'espèce de becs-fins ou rubiettes qui 
est désignée par Linnaeus sous le nom latin de motacilla ru- 
becula.iCw.T).) 

GORGE-TRICOLORE. ( Ornith. ) L'oiseau que M. d'Azara, 
n." 229 , a désigné sous ce nom, est un bec-fin faisant partie 
de ses Queues aiguës. ( Ch.D. ) 

GORGÉE. (Faucon.) En parlant de la nourriture d'un oi- 
seau de vol . on dit qu'il a pris une bonne gorgée , qu'on lui a 
donné une bonne gorgée. (Ch.D.) 

GORGETTE. ( Ornith. ) Ce nom et celui de gorf^erette dési- 
gnent vulgairement la fauvette à tête noire, motacilla atrica- 
pilla , laquelle a la gorge blanche. ( Ch. D. ) 

GORGINION ( Bot. ) , un des noms anciens du panicaut ou 
chardon roulant, erjngium, suivant Ruelllus. ( J. ) 

GORGOLESTRO ( Bot.), nom italien de la herle,sium lati- 
folium, suivant Dodoens. Il est aussi donné au cresson, selon 
Tabernasmontanus. (J.) 

GORGONE, Gorgonia.{Zooph.) Genre d'animaux zoophytes 
établi parLinnœus, et successivement de plus en plus circons- 
crit par les zoo'ogistes modernes, pour des corps organisas 



324 GOR 

dont la partie conservée dans les coilectious, autrefois rangée 
dans le règne végétal, étoit connue sous les noms de litho- 
phjtes,heratoplijtes , lithoxj tes. Lu découverte de Peyssonell , 
faite sur !e corail, fut prompfement étendue aux gorgones ; et , 
depuis ce temps, ces deux genres ont toujours été dans la même 
famille, et en effet, il y a évidemment entre eux les plus 
grands rapports; les polypes paroissent avoir tout-à-fait la 
même oganisation : ils ont également la bouche entourée de 
huit tenîaçules piniiés, et tout leur corps est contenu et pro- 
longé dans une sorte de chair ou de partie molle qui enveloppe 
ou entoure un axe central corné, composé de couches con- 
centriques, élargi et fixé par son extrémité inférieure sur les 
corps sous-marins , et ramifié d'une manière très-irréguliére, 
ordinairement flabelliibrme à la partie supérieure. Mais, ce en 
quoi les gorgores diffèrent essentiellement du corail, outre 
la nature de l'axe ou de la partie centrale, c'est que, par la 
dessiccation, T'enveloppe charnue se convertit en unesortede 
croûte subéreuse plus ou moins épaisse, plus ou moins créta- 
cée, ce qui doit porter à croire que, dans l'état frais, elle est 
moins molle, moins vivante, que dans le corail; du reste, on a 
encore moins de détails un peu certains sur l'organisation des 
gorgones, que sur celle de ce dernier. Les polypes des gor- 
gones sont ordinairement irrégulièrement épars sur la partie 
centrale; mais, dans les espèces comprimées, ils forment cons- 
tamment une série sur chaque bord tranchant. La tige ou Ja 
partie centrale offre encore beaucoup plus de variations : 
ainsi, outre qu'elle est quelquefois cylindrique ou comprimée, 
que son axe peut être noir, brun, plus ou moins clair, et 
même blond , elle peut n'être composée que d'une tige 
simple, ou d'une tige simplement ramifiée, ou enfin former 
une soi'te de large éventail, par la manière extrêmement com- 
plexe dontles ramifications se sontanastomosées. Les gorgonts 
vivent dans toutes les mers, surtout dans celles des pays chauds, 
et, àce qu'ilparoit, à des profondeurs considérables; en efïet, 
on en trouve qui ont plusieurs mètres de hauteur; on en cite 
dont l'axe coinéavoit plus de cinq centimètres de diamètre. 
On ne connoit en aucune manière la durée de la vie de ces 
singuliers zoophytes, ni leur mode d'accroissement. D'après ce 
qu'eii dit Faiias, leur orii^ine ieroit presqu'cntièremeat scm- 



GOR sa5 

b^ablc à celle du corail, puisqu'il rapporte que la gorgone 
Cbnrimence par une papille étendue sur les corps sous-marius, 
et qu'elle n'est formée d'abord que de Técorce dans laquelle 
se produit ensuite une lamelle cornée; du centre de celle-ci 
s'élève peu à peu la tige qui reste simple, ou «e ramifie 
difiëreni'nient , suivant les espèces ; en sorte que, d'après 
ce célèbre observateur, l'axe proprement dit, vit, végète 
et s'accroît dans tous les sens, quoique les polypes ne soient 
vivans que vers les extrémités. Aussi trouve-t-on que l'écorce 
et les loges des polypes sont de plus en plus évidentes, à 
mesure qu'on s'approche davantage des extrémités. M. deLa- 
marckest d'une opinion tout-à-fait contraire à celle de Pallas, 
puisqu'il pense que l'axe des gorgones est une partie non vi- 
vante, exsudée , et non organisée. (Voyez Zoophytes , où nous 
discuterons cette manière de voir.) 

Le nombre des espèces de ce genre est assez considérable. 
r.'iUas , le premier qui ait cherché à débrouiller le chaos des 
zoophytes dans son célèbre EZc?ic/ii/5 , en caractérise trente et 
une espèces, qu'ilpartage en quatresections,d'aprèsleur forme 
réticulée, pinnée, simple ou rameuse. Gmelin, depuis la pu- 
Llication du grand ouvrage d'Eilis et Solander, en décrivit 
quarante et une; mais il les entassa confusément, et y rangea 
le corail sous le nom de gorgonia nobilis. M. de Lamarck, 
d'abord dans les Annales du Muséum, et ensuite dansla seconde 
édition de ses Animaux sans vertèbres, porte ce nombre à 
quarante-huit, quoique le corail en soit séparé ; ainsi, sous ce 
rapport, il n"a pas cru devoir adopter les divisions génériques 
queM. Lamouroux a établies dans son Histoire des Polypiers 
flexibles , c'est-à-dire les genres Plexaure, Eunicée et Pri.mnoa. 
(Voyez ces mots. ) • 

On peut subdiviser les espèces de gorgones en deux sec- 
tions principales , suivant que ieursurface est hérissée d'espèces 
de papilles très-saillantes, que M. Lamouroux pense appartenir 
au corps iîes polypes lui-même, ou que cette surface est lisse 
ou presque lisse. La première division, que M. de Lamarcfc 
noinrae les papillaires, correspond au genre Eunicée et Prim- 
NOA de M. Lamouroux ; elle est assez peu nombreuse : il n'en 
est pas de même delà seconde: aussi, pour s'y reconnoître, 
pourra-t-on la partager, comme Pallas, d'après la forme génë- 



a2(T GOR 

r.ih', en ayant d'abord égard à l'épaisseur de l*écorcc. Les es- 
pèces dont l'écorce est extrêmement épaisse proportionément 
à l'axe, forment le genre Plexaure de M. Lamouroux. (Voyez 
ce mot.) Les autres, dont Técorce est peu considérable, sont 
simples, pinnées, rameuses ou réticulées. Nous allons faire 
connoitre les principales espèces de chaque section. 
(a) Espèces simples. 

1. La Gorgone JONC : Gorgoniajuncea, Pall. ;Esp., Suppl., 2, 
tab. 52. Tige simple, ronde, fort longue, couverte d'une écorce 
ochracée,presque rouge, parsemée d'osculesnombreux un peu 
granuleux. Océan américain. Cette espèce a quelquefois plus 
d'un mètre de long. 

2. La Gorgone alongée • Gorgonia elongata^ Pallas; Esp., 
Suppl., 2, tab. 55. Très-élevée, à rameaux dichotomes, peu 
nombreux, très-droits; écorce rougeàtre , couverte de papilles 
disposées en quinconce. Cette espèce qui a quelquefois près 
de quatre pieds, vient de la Mer atlantique et septentrio- 
nale. 

3. La Gorgone sétacée; Gorgonia setacea, Pallas. Simple, 
roide; axe noir, sétacé, couvert d'une écorce épaisse , calcaire, 
blanche, avec des pores oblongs peu saillans. 

4. La Gorgone MONiLiFORME : Gorgonia moniliformis ^ Lamck. 
Simple, filiforme, couverte d'une écorce blanche fort mince, 
avec des cellules éparses, saillantes , turbinées. Des mers de la 
Nouvelle-Hollande : par MM. Pérou et Lesueur. 

6. La Gorgone queue-de-souris ; Gorgonia mjura , Lamck. 
Simple , filiforme, blanche, avec des papilles alongées , sail- 
lantes, presque sur deux rangs. Patrie inconnue. 
( h ) Espèces Jlabellées ou pinnées. 

6. La Gorgone pinnée : Gorgonia pinnatUy Pallas; Esp., 2, 
tab. 17; et Soland.etEllis, tab. 1/, , fig. 3. Rameuse, pinnée ; 
les pinnules très-fines, très-nombreuses ; axe corné, brunâtre; 
écorce épaisse; les pores disposés par série de chaque côté. 
De l'océan des Antilles. 

M. deLamarck rapporte à cette espèce les gorgonia acerosa 
et sanguinolenta de Pallas. 

7. La Gorgone violette : Gorgonia violacea, Pallas; Esp., 2, 
tab. la. Rameuse, les rameaux nombreux sur un même plan; 



GOR 

axe corné, flexible; écorce violette, dans laquelle sont percés 
les|!orts disposés en quatreséries longitudinales. Espèce com- 
mune des mers d'Amérique. 

8. La Gorgone écarlate : Gorgonia Jlammea , Pal!.; Sol. et 
Eli., 80, tab. 11. Espèce dont les rameaux nombreux, ainsi 
que l;i tige, sont comprimés; l'écorce d'un beau rouge, et les 
pores petits, épars et superficiels. [De l'Océan indien et du 
Cap. 

9. La GoTiCOXE PIQUETÉE : Gorgonia petechizans, Pall. ; Esp. , 2 , 
p. 53, ta!). 1 3. A peu près de même forme que laprécédente; 
mais l'écorce jaune, avec les pores submarginaux, sériaux et 
pourpres. Océan atlantique, mers d'Afrique. 

îo. La Gorgone verbuqueuse .- Gorgonia verrucosa, Linn. ; 
Seba, Mus. , 5, t. 3o6 , a." 3. Rameaux peu nombreux , ronds 
flexueux , portant des espèces de verrues dans une écorce 
blanche. De !a Méditerranée et de l'Océan indien. 

11. La Gorgone granifère; Gorgonia grani/ara , Lamck, 
Très-rameuse, fort aplatie; les rameauK flexueux, prolifères 
un peu coalescens et portant des grains; écorce blanche. Océao 
indien. 

12. La Gorgone COURONNÉE: Gorgonia placomus , Pall.; EH. 
Corail., tab. 2/, fig. a , A , 1,2, 3. Assez petite espèce de 
nos mers, rameuse, aplatie , roide ; les rameaux arrondis, 
couverts de verrues nombreuses, éparses. 

Ellis, qui l'a trouvée dans les mers d'Angleterre, a donné 
des détails inléressans sur cette espèce. 

i3. La Gorgone lâche; Gorgonia laxa , Lamck. Rameaux 
assez peu nombreux, subdéprimés, lisses; ramuscules nom- 
breux , courbés, avec des pores submarginaux en série. Patrie 
inconnue. 

14- 1'^ Gorgone ROSE ; Gorgonia rosea, Lamck. Rameaux sub- 
dichotomes, disposés sur un seul plan, subpinnés; ramuscules 
ronds, inégaux, ascendans; écorce rose, dans laquelle sont 
percés des pores oblongs, subsériaux. Méditerranée et Océan 
atlantique. 

i5. La Gorgone porte-sillon ; Gorgonia sulcifera , Lamck. 
Espèce rameuse, plane, très-élevée , dont la tige etles rameaux 
offrent un sillondans toute leurlongueur; écorce mince , d'ua 
jaune rougeàtre ; verrues à peine sensibles. Océan indieo. 

j5. 



aag GOR 

( c ) Espèces rameuses et non aplaties. 

16. La GoRco.NE FOURCHUE; Gorgoniafitrcafa, Lamck. Très- 
petite espèce , rameuse, dichotome ; à rameaux arrondis, 
courbes: écorce blanche, à pores peu visibles. Méditerranée. 

17. La Gorgone gi.adiée : Gorgonia anceps , Pall. ;Esp., 2 , 
tab. 7. Rameuse, subdichotome: rameaux comprimés, tran- 
chans sur les bords où sont percés les pores. Mers d'Amé- 
rique et d'Angleterre. 

18. La Gorgone citrine : Gorgonia citrina, Pall. ; Esp. , 2 , 
tab. 38. Petite, très-rameuse; les rameaux à peine comprimés, 
granuleux ; écorce d'un jaune blanchâtre. Océan américain ? 

19. La Gorgone sanguine; Gorgonia sanguinea , Lamck. Ra- 
meuse ; les rameaux droits , grêles, séfacés; écorce pourpre , 
avec ]es pores oblongs etsubsériaux. Patrie? 

■20. La Gorgone graminbe ; Gorgonia viminalis, Esp., 2, 
tab. 11. A rameaux grêles, droits , subfasciculés *, à écorce 
blanche, parsemée de pores oblongs. Méditerranée. 

21. La Gorgone penchée : Gorgonia homomalla , Esp., 2 , 
tab. 2g. Très-rameuse; rameaux ronds, dicholomes, verti- 
caux; écorce épaisse, à pores assez grands et épais. Mers d'A- 
mérique. 

22. La Gorgone vermoulue : Gorgonia vermiculafa , Lamck.; 
Gorgojr/aporosa, Esp., tab. 10. Rameuse , dichotome; rameaux 
droits, longs, ronds; écorce épaisse , parsemée d'un grand 
nombre d'oscules ronds et très-nombreux. Océan indien ? 

a3, La Gorgone sahmenteuse ; Gorgonia sarmentosa, Esp., 
2, tab. 21. Rameuse; les rameaux, minces, ronds, sillonnés, 
formant une espèce de panicule; écorce mince, rougeâtre , 
à pores asseï grands, subsériaux. Méditerranée ? 

24. La Gorgone alongée : Gorgonia elongata , Pall.; Esp. , 
SuppL, 2, tab. 55. Dichotome, très-élevée ; les rameaux en 
forme de série; écorce rouge; cellules papillaires, imbriquées. 
Océan atlantique. 

(d) Espèces réticulées ousuhréticulées. 

26. La Gorgone flexueuse : Gorgonia Jlexuosa, Lamck.; Esp., 
Suppl., 1 , pag. 161, tab. 44. Espèce très-rameuse, flabellée ; 
les rameaux elles ramusculcs dichotomes, flexueux, noueux, 



GOR 229 

se répandant en réseau ; écorce orangée, assez épaisse. Océan 
indien P 

26. La Gorgone SERRÉE ; Gorgonia stricla , Lamck. Très-ra- 
meuse, subréticulée , de couleur rouge ; rameaux nombreux, 
étroits, couA'erts, ainsi que les ramuscules courts et étalés, 
de petits grains nombreux. Patrie P 

27. La Gorgone tuberculée; Gorgonia tuberculata , Esp., 2 , 
tab. 37, fig. 2. Rameuse, flabellée , subréticulée; les ra- 
meaux tortueux, souvent réunis, couverts de tubercules épars 
et inégaux. 

JNIéditerranée et île de Corse. 

28. La Gorgone raquette : Gorgonia retellum , Lamck. ;E3p. , 
Suppl. , 1 , t. 41 ? Très - aplatie , rameuse, subréticulée; les 
ramuscules courts, subtransverses; écorce blanche, granulée. 
Océan indien P 

129. La Gorgone UMBRACUI.E ; Gorgonia umhraculum , Soland. , 
Ellis, pag. 80, tab. 10. De même forme que la précédente; 
mais les ramuscules très- nombreux et de couleur rouge. 
Océan de l'Inde , de la Chine. 

00. La Gorgone a filets : Gorgonia reticulata , Soland. , El- 
lis , tab. 17. Espèce très-ample , très-rameuse ; les rameaux se 
réunissant en forme de réseau , et couverts d'une écorce- 
blanche , avec des pores verruqueux , épars. C'est une des 
plus grandes espèces de ce genre , et elle habite les mers de 
l'Inde. 

3i. La Gorgone a réseau : Gorgonia reticuluni , Pall. -, Esp., 
2 , tab. 1. Espèce encore très-rameuse, en réseau, entière- 
ment indivise ; récorce rouge, à peine granulée. M. de La- 
marck rapporte à cette espèce le gorgonia clathrus de Pallas , 
provenant également de l'Océan indien. 

3'2. La Gorgone éventail: Gorgonia flalellum , Pall. ; Ellis , 
Corail. , tàb. 26, fig. A. Espèce encore très-rameuse, très- 
réticulée , comme la précédente, mais dont les rameaux sont 
comprimés. C'est une espèce fort commune dans les collec- 
tions, et qui paroît provenir de presque toutes les mers. 
Ellis , 1. c, , a donné des détails intéressans sur sa structure. 

GORGONE. (Foss.) On voit dans l'ouvrage de Knorr sur 
les Fossiles, pag. 2, pi. F, vu, 6 *, la figure d'une empreinte 
ée ce genre de polypiers, auquel i'auteur donne le nom de 



■200 GOR 

kératophite en réseau. Ce morceau a neuf pouces de largeur 
sur six pouces de hauteur : j'ignore où il a été trouvé. 

L'axe central des gorgones , étant d'une nature cornée, à 
peu près semblable à celle des entre-nœuds des isis , n'a piis 
été plus propre à se conserver que ces derniers, quimanquetit ' 
dans les isIs que l'on trouve à l'état fossile. C'est sans doute pa • 
cette raison qu'on en trouve si rarement, à moins que l'on ne 
suppose que ces polypiers étoient beaucoup plus rares autre- 
fois qu'ils ne le sont aujourd'hui. (D.F. ) 

GORGONIEES , Gorgonieœ. {Zooph.) Dénomination sous 
laquelle M. Lamouroux, dans son Hist. nat. du Polyp. flex., 
p. 565, désigne une petite famille de polypiers qui contient 
les espèces composées d'un axe de nature différente, mais 
non articulé, entouré d'une substance corticale dans laquelle 
sont les polypes, et par conséquent les genres Anïipathe, Gsr- 
CONE et Corail de la plupart des zoologistes, et quelques sub- 
divisions qu'il a cru devoir introduire dans les gorgones. Cette 
famille correspond en grande partie à celle des Polypiers cor- 
TiciFÈREsde M. de Lamarck et à notre ordre des Corallaires. 
(DeB.) 

GORGONION (Bot.), un des noms grecs donnés, suivant 
Dodoens, au gremil, lUhospermum. (J. ) 

GORGONOCÉPHALE , Gorgonocephalus. ( Ecliinoderm. ) 
M. Leach a proposé ce nom pour le genre de Stellérides que 
M. de Lamarck a nommé depuis Euriale. Voyez ce mot. (DeB.) 

GORITA (Bot.), nom malais de Vubiuin poljpoàioides de 
Rumph, dont Loureiro fait un genre sous le nom de stemona. 
Il appartient aux asparaginées, et a le port d'un igname -, mais 
il en diffère par plusieurs caractères , et principalement par 
son fruit qui est une baie dégagée du calice. ( J.) 

GORITAS. {Ornith.) L'oiseau, qui est désigné sous ce nom 
par Ovide, est le pigeon à la couronne blanche de Florance, 
Jam. , p. 5o5 , pi. a6i , fig. 2, et deCatesby, Hist. de laCarol., 
lom. 1 , p.'ig. 26, pi. 25. ( Ch. D. ) 

GORKIME ( Ichlhjol. ) , un des noms norwëgiens de l'able 
aphyc, cjpriniis aphya , Gmel. Voyez Able, dans le Supplé- 
ment (lu pr'-niier volume de ce Dictionnaire. ( H. C ) 

GORKYTTE. (Iclithyol.) Voyez Gorkijie. (H.C.) 

GORLOIK. {IchUi^^ol.) Voyez Gorici.me. (H. C) 



GOR 33i 

GORMADERA (Bot.), nom espagnol de la clématite, sui- 
vant Dodoens. (J.) 

GORNOLOBO {Bot.), nom espagnol du bouillon blanc ou 
molène, suivant Mentzel. (J.) 

GOPiNOSTAI (Mamm.), nom polonoisde Termine. (F. C.) 
GORO. ( Ichthj'ol. ) A Nice, suivant M. Risso, Ton donne 
ce nom au spareosbeck, de M. de Lacépède. Voyez Picauel et 
Spare. ( h. C. ) 

GORP ( Ornith.), nom languedocien du corbeau. (Ch. D.) 

GORQVADD {IchthyoL), un des noms suédois de l'épinoche 

commune, gasterosteus aculeatus. Voyez .Gasïérostée. (H. C. ) 

GORRION ( Ornith. ), nom qui, suivant Gcsner , est donné 

par les Espagnols au moineau domestique , fringilla domestica, 

Linn. (Ch. D. ) 

GORTÉRIE, Gorteria. {Bot.) [ Corjmlifères , Juss. ; Sjngé- 
nésie polf garnie frustranée, Linn.] Ce genre de plantes, établi 
par Linnaeus , et dédié au botaniste Gorter, appartient à la 
famille des synanthérées, à notre tribu naturelle des arctoti- 
dées, et à la section des arctotidées-gortériées . dans laquelle 
nous le plaçons immédiatement auprès de notre nouveau 
genre Hirpicium, qui n'en diffère essentiellement que parla 
présence d'une véritable aigrette. 

Dans la troisième édition des Specie.^ Flantarum de Linnaeus, 
nous trouvons cinq espèces rapportées au genre Gorteria. La 
première, nommée gorteria personata , doit certainement être 
considérée comme le véritable type du genre : en effet, le 
placement d'une espèce à la tête d'un genre est presque 
toujours, dans l'ouvrage de Linnaeus , un indice infaillible, 
que c'est principalement et souvent uniquement sur cette 
espèce , que l'auteur a étudié les caractères génériques. Il est 
à regretter que cette remarauesoit négligée par les botanistes 
modernes, qui divisent les genres linnéens en plusieurs genres 
nouveaux , et qui trop souvent donnent un nouveau nom à 
l'espèce primitive du genre, en même temps qu'ils con- 
servent le nom ancien à quelque autre espèce admise posté- 
rieurement dans ce genre, ou qui ne présente pas les carac- 
tères assignés à ce même genre par Linngeus. Indépendamment 
de ce que le gorteria personata se trouve placé à la tête du 
genre, il suflit délire, dans les Gênera Flantarum de Linns?iis, 



■^'^2 GOR 

les caractères du genre Gorleria , pour se convaincre que 
l'auteur n'a observé et décrit que ceux de cette première es- 
pèce. Gartner a donc eu parlaitemcnt raison de conserver à 
cette seule espèce le nom de gorteria :M. de Lamarck, au con- 
traire, a eu grand tort de lui donner le nouveau nom généri(j»ie 
de personaria, dans ses IlLustrationes Generum , oïi il a consijcré 
mal à propos le nom de gorteria à Vapuleia de Géertner. La se- 
conde espèce linnécnne de gorteria, nommée rigcns, diffère 
génériquement de la première, par la présence d'une véri- 
table aigrette , et par la nature des squames du péricline : 
c'est pourquoi nous en avons fait un gt-nre distinct que nous 
avons nommé melanchrj'sum, et que plusieurs botanistes, tels 
que M. Robert Brown, M. Persoon , et peut-être M. de La- 
marck, confondent très-mal à propos avec le gazania de Ga?rt- 
ner, qui estlemême genre que lemussinia de Willdenow (voyez 
notre article Gazania). Les troisième et quatrième espèces lin- 
néennes de gorteria , nommées squarrosa et ciliaris , appar- 
tiennent au genre cullumiade M. R. Brown , qui se distingue 
du vrai gorteria en ce que les ovaires sont glabres, et du 
melanchrjsum en ce que les ovaires sont ghibres et inaigret- 
tés. Enfin, la cinquième espèce, nommée gorteria fruticosa, 
appartient au genre Berckheya d'Ehrhart , que d'autres boia- 
iiistes ont nommé crocodilodes , h aster a , agriphyllum , rohria , 
apuleia; ce genre diffère des gorteria et cullumia par la prc- 
sence d'une aigrette , et du melanchrjsum par la nature de 
cette aigrette et par celle des squames du péricline. 

Depuis la troisième édition des Species Piantarum de Lin- 
naeus, beaucoup d'autres espèces ont été rapportées au genre 
Gorteria; mais il est fort douteux qu'aucune d'elles offre les 
mêmes caractères génériques que le gorteria ip.-rsonata^ et il 
est très- certain que la plupart appartiennent à des genres 
différens. Ainsi nous croyons que jusqu'à présent le vrai genre 
Gorfcria se réduit à une seule espèce, dont nous allons décrire 
les caractères génériques d'après Gaerlner, et les caractères 
spécifiques d'après Linnaeus; car nous n'avons pas pu obser- 
ver nous-même cette plante. 

La calathide est radiée, composée d'un disque plurifiorr, 
régulciriflorc , androgyuiflore extérieurement, nnisculiflorc 
iatérieureîArrif . et d'uiie couronne uniscrice , ligulilîorc , 



GOPv il 53 

nc'utriflore. Le péricline est ovouic, ij!é(:ok'|'i<!c , formé de 
squames nombreuses , multisériées , régulièrement imbri- 
quées, entre-greffées inférieurement , libres supérieurement, 
sétacées , droites, roides , spinescentes au sommet. Le cli- 
nanthe , qui est plane , est fovéolé sous les fleurs hermaphro- 
dites, et garni à la base des fleurs màks , de fimbrilles 
(*ourtes, sétacées, roides. Les ovaires sont obovoïdes, et re- 
vêtus, surtout en leur partie supérieure , de poils crépus, 
laineux ou soyeux ; il n'y a point de véritable aigrette. Les faux- 
ovaires des fleurs mâles sont demi-avortés. 

GoRTÉRiE A TÊTES DE BARDANE ; Gorleriu persouata , Linn.. 
C'est une plante herbacée, annuelle, qui habite le cap de 
Bonne-Espérance, comme toulcs les autres plantes de la tribu 
des arclotidées. Ses figes, longues d'environ six pouces, sont 
dressées, peu rameuses, cylindracées, poilues: les feuilles 
sont alternes, sessiles, étroites-lancéolées, hispides, à face 
supérieure Alerte , à face inférieure cotonneuse et blanche; 
les plus grandes ordinairement sinnécs ou divioces de chaque 
côté par deux incisions profondes; les autres feuilles entières: 
les calathides sont solitaires au sommet des tiges et des ra- 
meaux; les squames de leur péricline sont hispides; leur disque 
est jaune; leur couronne est de la même couleur, mais avec 
une teinte bleue à la base et en dessous. Cette plante offre 
un petit phénomène assez remarquable : à l'époque de la ma- 
turité, le péricline se détache, et tombe avec les fruits qu'il 
contient , et qui n'aiiroient pu que bien difficilement en sor- 
tir, parce que son orifice est très-étroit; il y a au plus, dans 
chaque péricline, cinq fruits fertile? . et souvent moins; celui 
dont la graine germe la première, fait avorter les autres en 
les étouffant : la radicule perce le clinanthe , et semble se 
souder avec lui, de sorte que la nouvelle plante continue à 
porter sur sa racine le péricline de la plante-mère. Il n'est 
pas inutile de faire observer que le didella, qui est aussi une 
orctotidée-gortériée , offre un phénomène à peu près ana- 
îogue, avec cette différence que le péricline et son clinanthe 
se partagent en trois portions, et que les fruits sont étroite- 
ment renfermés , non dans le péricline, mais dans les alvéoles 
du clinanthe. Le gorteria et le didelta méritent d'être cités 
parmi ics nombreux exemples qui attestant l'admirable pré- 



^H GOS 

voyance de l'auteur de la nature dans le mode si varié de la 
dissémination des graines des végétaux. (H. Cass.) 

GORTÉRIÉES , Gorterieœ. ( Bot. ) La sixième des vingt tri- 
bus naturelles que nous avons établies dans la famille des sy- 
nanthérées, et qui comprennent tous les genres de cette im- 
mense famille, est celle des arctotidées. Nous avons subdivisé 
cette tribu en deux sections nommées arctotidées-prototypes 
et arctotidées-gortériées. La première , caractérisée par le 
péricline chorisolépide, ou formé de squames entièrement 
libres, comprend les genres Arctotheca, Wendl.; Arctotis , 
Linn.; Crjptostemma , R. Br. ; Damatris , H. Cass. ; Heterolepis , 
H. Cass. La seconde, caractérisée par le péricline plécolé- 
];ide, ou formé de squames entre-greffées en tout ou partie, 
comprend les genres Berclcheya , Ehrh.-, Cullumia , R. Br. ; 
Cuspidia , Gœrtn.; Didelta, L'hér. ; E^'opis , H. Cass.; Favo- 
nium, Gœrtn. ; Gazania , Gasrtn. ; Gorteria , Linn.; Hirpicium, 
H. Cass. ; Ictinus , H. Cass.; Melanchrjsum , H. Cass. On pourra 
nous demander pourquoinous attribuons à la section des arc- 
totidées-gortériées, Vevopis, dont le péricline. est formé de 
pièces entièrement libres : c'est que nous avons tout lieu de 
croire que les pièces du péricline de Vevopis ne sont que les 
appendices des vraies squames qui sont totalement avortées, 
et qui seroient infailliblement entre-greffées, si elles exis- 
toient. Les analogies sur lesquelles nous fondons cette hypo- 
thèse paradoxale, nous inspirent une très-grande confiance. 
En tout cas, Vci'opis doit être placé sur la limite des deux 
sections, dans Tordre méthodique: mais ici nous avons énu- 
méré les genres suivant l'ordre alphabétique. ( H. Cass. ) 

GO-RUCK. {Ornith.) Abréviation faite par MM. Audehert 
et Vieillot, tom. 2 des Oiseaux dorés , pag. 12G, du nom d'un 
^impereau de la Nouvelle-Galles méridionale, représenté 
pi. 8b de cet ouvrage, et que les naturels appellent goo- 
gwar rucl. Le dernier de ces auteurs en a, depuis, fait son 
polochion go-ruck, philemon chrj'sopterus, ( Cii. D. ) 

GORYTES. {Entom, ) M. Lafreille appelle ainsi un genre 
d'insectes hyménoptères, de la famille des anthophiles, (oim'i 
de la réunion de quelques espèces de mellines de Fabricins 
et des arpactes de M. Jurine ; M. Latreille ne connoît pas 
leurs métamorphoses. (CD.) 



GOT 233 

GOS-BAWK [Ornith.), nom auglois de ïixulouc,fdlco jja- 
lumbarius et gallinarius. (Ch.D. ) 

GOSE. ( Ornith. ) Voyez Goose. ( Ch. D. ) 
GOSREAL. (Ornith.) Voyez Gabon. ( Ch D.) 
GOSSAMPINUS. (Bot.) Pline parle de quelques arbres, 
arbores gossampini, existant dans Pile de Tylo, qui fournis- 
sent un duvet dont on fabrique du linge et des vêtemens 
plus fins que ceux de Pinde. Bontius et Rumph pensent que 
cette indication peut s'appliquer à une espèce de fromager, 
bomhax penlandrum, commun dans Pîle de Java, dont le 
fruit oblong renferme, comme celui du cotonnier, un duvet 
moins blanc, mais plus fin. S'il se trouve dans quelques par- 
ties de l'Asie, on pourroit également le rencontrer dans le 
golfe Persique où est située Pile deTylo, qui est nommée Barjn 
par Rumph, et ija/irez/x par le géographe Lacroix. (J.) 

GOSSON. ( Conc/?^'L ) Adans, , Sénég. , pag. 4 , pi. i. Espèce 
de bulle, buUa ampulla , Linn. 

GOSSYPIUM. ( Bot. ) Voyez Cotonnier. ( Poir. ) 
GOSTURDUS. {Ornith. ) Ce nom et celui de cuzardus sont 
rapportés par Gesner à Palouette huppée ou cochevis, alauda 
cristata , Linn. ( Ch. D. ) 

GOTHOFREDA. [Bot.) Genre de plantes dicotylédones, à 
fleurs complètes, monopétalées , de la famille des apocynées, 
de la pentandrie digjnie de Linnœus , offrant pour caractère 
essentiel : Un calice à cinq divisions ; une corolle à tube court; 
le limbe à cinq découpures très-longues, en lanières ; un ap- 
pendice en couronne, inséré ausommet du tube des filamens, 
à cinq folioles charnues; cinq étamincs: les anthères termi- 
nées par une membrane ; deux ovaires supérieurs-, deux styles 
cylindriques ;les stigmates obtus, légèrement adhérens à une 
gaine charnue , à deux découpures subulées, recouvrant le 
pistil. Le fruit consiste en deux follicules. 

CoTHOFREDA A FEUILLES EN CŒUR : Gothofredu cordifolia,Ven- 
tenat, Choix de Plantes, tab. Go. Arbrisseau à tiges grim- 
pantes, rameuses, hérissées de poils courts: les feuilles sont 
opposées, pétiolées , ovales en cœur, longues de trois pouces, 
tomenteuses , très-entières; des glandes solitaires à la base des 
pétioles. Les fleurs sont disposées en grappes axillaires et ter- 
minales; peu garnies; lespéJiceîîes pileux, inclinés, accom- 



.36 GOT 

pagnes de bractées très-courtes, lancéolées, tomenteusc» ; les 
divisions du calice lancéolées- aiguës , persistantes; la corolle 
Manche; le tube de la longueur du calice: les découpures du 
limbe longues, très-étroites, aiguës, flexueuses ; l'appendice 
de la longueur du tube, à cinq écailles munies à leur base 
de deux glandes; les filamens réunis à leur base en un corps 
charnu , sur lequel s'élèvent cinq anthères lancéolées, adhé- 
rentes par leurs bords, munies sur les côtés d'un appendice 
prolongé et concave, à deux loges, formant par leur ensemble 
un tube cylindrique; cinq tubercules insérés au milieu delà 
gaine qui recouvre le pistil, alternes avec les anthères, creu- 
sés d'un sillon , munis à leur base de deux filamens très-courts , 
auxquels sont suspendus par leur milieu deux corpuscules 
acuminés au-dessus de leur point d'aftache , conformés en 
dessous en une masse de pollen agglutirté, et qui s'insinuent 
chacun dans une des loges des anthères voisines. Le pistil est 
recouvert d'une gaîne presque charnue, très-dislincte du tube 
fies étamines, à deux découpures subulées. Cette plante croît 
dans la Nouvelle-Espagne , àSanta-Fé de Bogota. 

GoTiiOFREPA DES RIVAGES : Gotliofreda riparia , Poir. ; Oxipeta- 
lum riparium , Kunth , in Humb. et Bonpl. Noi'. Gen., 3 , 
pag. igy , tab. 20 1. Arbrisseau à tige grimpante, très-rameuse ; 
des bords du fleuve Mayo , dans la Nouvelle-Grenade. Ses ra- 
meaux sont opposés, striés, pubescens dans leur jeunesse; 
les feuilles ovales en cœur, acuminées, très-entières, légère- 
ment pubescentcs à leurs deux faces, plus pâles en dessous , 
longues d'un pouce et demi; les pédoncules pubescens, axll- 
laires, solitaires, chargés de deux ou trois fleurs pédicellées , 
en ombelle, munis à leur base de petites bractées linéaires: 
Je calice pubescent; la corolle blanchâtre, pubescente ; les 
découpures du limbe ovales, rétrécies vers leur sommet en 
«ne longue lanière. ( Poir. ) 

GOTIM. (Bot.) Espèce de myrobolan dcCambaye, cité par 
(?lusius, qui, selon lui , paroît être le même que le myrobolan 
bellirique. ( J.) 

GOTN. [Bot.), nom arabe, suivant Forskal, de son pha- 
xcoliis palmatus, qui, au rapport de Vahl , estia phaseolus aao- 
nUifolius de Linnat;us lils. ( J. ) 

<jOT.\R. ( Bol. ) C. Bauhin distingue sous ceaoni deux es- 



GOU ^37 

pèces de plantes : l'une, gotne rubrum, qu'il rapporte au pajl- 
lium; l'autre, gotnc album, dont il fait un plantago. (J.) 

GOTNEMSEGIAR. ( Bot.) Le coton en arbre, gossjpium ar- 
loreum, porte ce nom dans l'Egypte, suivant Prosper Alpin. 
(J.) 

GO-TOO. {Bot.) Voyez GiRi. (J.) 

GOÏTINGA (Bot.), nom brame du (ani des Malabares, 
cité par Rhéede, et non mentionné par les botanistes mo- 
dernes, excepté pai* Adanson^ qui le confond avecle myrobo- 
lan bellirique dont il paroît différer. (J. ) 

GOUACHE. (Ornith.) L'oiseau auquel Belon (Portraits 
d'Oiseaux, pag. 62) applique cet ancien nom, est la perdrix 
grise, tetrao cinereus , Linn. ( Ch. D.) 

GOUALETTE. ( Ornith. ) Suivant M. Guillemeau ( Essai 
sur l'Histoire naturelle des oiseaux du département des Deux- 
Sèvres, pag. i3i et 232), c'est un des noms vulgaires de la 
mouette tachetée , larus tridactylus , ainsi que de la grande 
mouette cendrée, larus canus , Linn., que quelques un» ap- 
pellent aussi g-oua/tmd. (Ch. D. ) 

GOUAN. ( Ornith.) Voyez Guan. ( Ch. D. ) 
GOUANDOU. ( Mamm.) Voyez Coendou. (F. C.) 
GOUANE, Gouania. {Bot.) Genre de plantes dicotylé- 
dones, à fleurs complètes, quelquefois polygames, de la fa- 
mille des rhamnées, de la pcntandrie monogynie de Linnjeus, 
ofiTrant pour caractère essentiel : Un calice turbiné, à cinq 
divisions caduques, muni intérieurement d'un disque mem- 
braneux, à cinq découpures opposées à celles du calice 5 cinq 
écailles, que quelques auteurs considèrent comme autant de 
pétales , recouvrant chacune une étamine ; un ovaire infé- 
rieur; un style; trois stigmates. Le fruit est une capsule tri- 
gone, à trois ailes, à trois loges qui se séparent en trois 
coques monospermes. 

Ce genre comprend des arbrisseaux sarmenteux , garnis 
de vrilles à l'extrémité des rameaux , à feuilles simples , al- 
ternes , accompagnées de stipules j les fleurs petites, la plu- 
part hermaphrodites , quelques unes dépourvues de pistil. 
On en cultive qiîelques espèces au Jardin du Roi : elles ont 
peu d'agrément; elles exigent une terre substantielle, et la 
«erre chaude dans l'hiver. Il faut les changer de pots tous le» 



2^-s G OU ■ 

ai;s au printemps. Pendant Tété on les place contre un rhur 
à l'exposition du midi ; on leur donne de fréquens ariose- 
mens : elles ne peuvent se multiplier que de graines tirccs de 
leur pays natal ; on ne peut obtenir de racines des marcottes 
et des boutures. 

GouANE Dt: Saint-Domingue : Gouania domingensis , Jacq. , 
Amer., tab. 179, fig. 40, et Icon. pict., tab. 264, fig. 96 j 
Pluk. , Almag., tab. 201 , fig. 4, et tab. 162, fig. 3; vulgaire- 
ment Liane brûlée. Leurs tiges sont ligneuses , sarmenteuscà, 
terminées par des rameaux grêles , verdàtres , avec une vrille 
simple à leur sommet, garnis de feuilles ovales-oblongues , 
acuniinées, dentées en scie, glabres à leurs deux faces, longues 
d'environ deux pouces; les pétioles courts, canalicuîés -. les 
stipules petites, linéaires, subulées ; les fleurs naissent en 
petites grappesterminales , garnies d'une ou de deux bractées. 
Cette plante croît dans les bois à File de Saint-Domingue. 
Le gouania tomentosa , Jacq., Amer., 63 , se distingue par 
ses feuilles molles, tomenteuses en dessous, ovales, arrondies, 
acuminées, à dentelures obtuses. 

GouANE DE Bourbon : Gouania mauritiana , Lamk. , Encycl., 
n.° 2 ; Gouania incisa, Willd., .Spec. , 4 , pag. 1000. Espèce ori- 
ginaire des îles de France et de Bourbon , dont toutes les 
parties sont recouvertes d'un duvet cotonneux et roussàtre. 
Ses tiges sont grimpantes ; ses rameaux striés, garnis de feuilles 
pétiolées, presque en cœur, aiguës, dentées en scie inégale- 
ment, presque incisées. Les fleurs sont disposées en grappes 
terminales, très-veloutées , d'un roux brun ; les capsules mu- 
nies de trois ailes arrondies, minces et membraneuses. 

GouANE crénelke; Gouania^crenatu , Lamk. , Encycl. , n.* 3. 
Cette plante , trés-rapprochée dn gouania tomentosa, Jacq. , 
a ses rameauxgrèlcs, velus, grimpans, munis de vrilles simples, 
axillaires et terminales , garnis de feuilles d'un vert pâle , 
ovales - aiguës , ci'éjielées, légèrement velues, longues de 
quatre pouces; les pétioles très-courts, hérissés, ainsi que le 
sommet delà plante; les stipules petites, lancéolées. On la 
soupçonne originaire de l'Amérique méridionale. 

GouANB A PEL iLLES DE TILLEUL : Gouaniu tHiccfoUa , Lamk., En- 
cycl. , n.° 4; Roxb. , Corom., tab. 98. Plante originaire des 
Indes et 'le File Bourbon , dont les rameaux sont ligneux , nu 



GOU 239 

peu velus à leur sommet, garnis de feuilles en cœur, acunà- 
nées, glabres à leurs deux faces, lâchement dentées , veinées 
en dessous avec de petits points tuberculeux. Les fleurs sont 
nombreuses, petites, pédicellées, disposées en grappes soli- 
taires, terminales; les pédoncules velus ; les pédicelles courts, 
fascicules ; les capsules à trois angles épais , non membra- 
neux. 

GouANE A FEUILLES ENTIERES ; GouaMzfl j'/if ^gD^o/ia, Lamk., En- 
cycl., n,° 3. Cette espèce, très-rapprochée du go uania domin- 
gensis , en diffère par ses feuilles toutes très-entières : sa tige 
est ligneuse , divisée en rameaux glabres, sarmenteux,àpeine 
striés; les plus jeunes un peu pubescens , terminés en une 
vrille simple; les feuilles glabres, ovales, très-entières, vertes 
en dessus, plus pâles en dessous; les pétioles un peu velus; 
les stipules fort petites. Cette plante est cultivée au Jardin 
du Roi : on ignore encore son lieu natal. 

GouANE pubescknte: Gouania pubescens , Poir. , Encycl. Sup., 
n." 6 ; Lamk. , III. gen., tab. 843 , fig. 1. Plante de Tîle de 
Saint-Domingue , dont les rameaux sont cylindriques , légère- 
ment velus, garnis de feuilles un peu molles,' pubescentes, 
ovales, longues de deux pouces, crénelées, un peu aiguè's-, 
les supérieures presque sessiles. Les grappes sont grêles, alon- 
gées, terminales, quelques unes axillaires, formant parleur 
ensemble une panicule étalée , soutenant des fleurs presque 
sessiles, réunies par petits paquets un peu distans. Le calice 
est glabre; la corolle fort petite, composée de cinq pétales 
en forme d'écaillés roulées en cornet, recouvrant chacune 
une étamine. (Poir.) 

GOUARÉ, Guarea. [Bot.) Genre de plantes dicotylédones, 
à fleurs complètes , polypétalées , régulières , de la famille 
des méliacées , de Voctandrie monogynie de Linnœus , offrant 
pour caractère essentiel: Un calice très-petit, à quatre dents-, 
quatre pétales beaucoup plus longs que le calice; un tube 
oblong, entier, presque cylindrique, qui entoure le pistil, 
et qui porte à son bord intérieur huit étainines sessiles ; un 
ovaire supérieur, surmonté d'un style simple et d'un stigmate 
en tête. Le fruit est une capsule globuleuse, à quatre loges , 
quatre valves épaisses, un peu charnues, contenant cha- 
cune une semence arillée. 



a4o G OU 

GouARÉ TRiCîiihioÏDE : Guareo. trichilioides , Lînn. , Mant. ; 
Lamk. , îll., tab. 3oi ; Cavan. , Diss. , 7, tab. :iio ; Meliagua' 
rea , Jacq. , Amer., tab. 176, fig. 57-, vulgairement le Cois 
rouge, le Bois a balle. Arbre, qui s'élève à la hauteur d'en- 
viroQ vingt-cinq pieds: ses feuilles sont longuement pétiolées, 
alternes, ailées avec impaire, coaiposéci d'tnvirou onze fo- 
lioles opposées , médiocrement pédiccliéc's, glabres, ovales- 
lancéolées, entières; le pétiole commun, long d'environ un 
pied. Les fleurs sont petites , blanchâtres, iîiodores, disposées 
en grappes axillaires, un peu ramifiées, longues d'environ sis 
pouces; le calice d'une seule pièce, court, ouvert: les pé- 
tales veloutés ou cotonneux en dehors, linéaires, deux et trois 
fois plus longs que le calice; le tube de la longueur des pé- 
tales; l'ovaire globuleux, un peu saillant. Cette plante croît 
à l'ile de Cuba , à la Jamaïque , à Cayenne, etc. Le suc que 
Ton retire de Técorce de cet arbre, est un purgatif et un vio- 
lent vomitif. La décoction de Fécorce produit le même effet, 
mais avec moins de violeiice. 

GouARé A bouquets: Guarca ramifolia ,Vcnt., Choix de Plant., 
tab. 41, Arbre découvert par Riedlé à Porto-Ricco : il est de 
moyenne grandeur, et porte à son sommet une cime touffue , 
composée de rameaux nombreux, étalés, de couleur cendrée. 
Les feuilles sont pétiplées, composées d'environ deux paires 
de folioles opposées, pédicellées. ovales-lancéolées , entières , 
longuement acuminées, luisantes , glabres à leurs deux faces , 
parsemées de quelques poils rares sur leurs nervures. Les 
fleurs sont presque sessilcs, d'un blanc h.vé de rose , réunies 
en bouquets le long des branches, accompagnées de bractées 
ovales, arrondies, très-velucs ; le calice fort petit, pileux, 
coloré, à quatre dents; Ils pétales ova'cs, oblongs, recourbés 
en dehors; les capsules roussàtres, glabres, coi'iaccs, globu- 
leuses, à quatre loges monospermes. Le guarea oltusifolia , 
Lamk., Dict. , n.* 2 , cstlepor/csm o^^ata de Cavanillcs. (Poir.) 
GOUARIBA. {Mainm,) Voyez Guasiba. ( F. C. ) 
GOUARONA. {Ornith.) Ce courlis du Brésil, dont le nom 
s'écrit aussi guarona, est le scolopax guaraunti de Linnaeus, 
et le numcnius guarauna de Latham. Il a beaucoup de rap- 
port avec le curucau à cou varié de M. d'Azara , n.' 36^. 
(Ch.D.) 



GOU 941 

î50UAR0UBx\. {Ornith.) Cet oiseau, qui correspond au 
quijuba Lui de Marcgrave et à la perruche jaune de Buffon, 
est le psittacus guarouba de Linnaeus , et le psittacus luteus de 
Latham. ( Cn. D. ) 

GOLJAZOU. ( Mamm. ) On trouve ce nom souvent employé 
par M. d'Azara, dans la dénomination de ses animaux, comme 
étant un mot de la langue des Guaranis. Il l'emploie d'abord 
comme synonyme de cerf, puis comme synonyme de grand. 
Dans le premier cas, en y joignant l'épithéte de poucou, qui 
veut ici dire grand, il désigne le cerf du Mexique; en y joi- 
gnant celle de ti , qui paroît signifier blanc , il désigne le 
mizame; avec celle de pita, qui veut dire roux, il désigne le 
coassou, et avec celle de bira, le cariacou. Voyez Cerf. (F. C.) 

GOUD BRAASSEM {Ichthjol.) , nom hollandois de la dau- 
rade. { H.C.) 

GOUD AL, GAUDAL (Bof.), noms malais d'un figuier qui 
est le caprificus amboinensis de Rumph, non rapporté à une 
espèce connue. ( J.) 

GOUDRON. {Bot. ) Sorte de substance résineuse, assez li- 
quide, d'un brun noirâtre, qu'on retire du bois des pins, en 
le faisant brûler dans des fourneaux destinés à cet usage. 
Voyez Pin. (L.D.) 

GOUDRON DES BARBADES. {Min.) Voyez l'article PsTaot. 

(Br ARD.) 

GOUEMONS, GOEMORZ. {Bot.) Voyez Fucus et Goémon. 
(Lem.) 

GOUET(Bof.),nomvulgaire de l'arum maculé. Le motgouet 
est aussi quelquefois employé comme nom générique françois 
pour tous les arum. Voyez Arum , vol. III , pag. 179. (L. D. ) 

GOUFFÉIA, Gouffeia. {Bot.) Genre de plantes dicotylé- 
dones, de la famille des caryophyllées de Jussieu , et de la 
décandrie dig^ynie du Système sexuel , dont les caractères es- 
sentiels sont les suivans : Calice de cinq folioles étalées ; co- 
rolle de cinq pétales entiers; dix étamines ; un ovaire supé- 
rieur, surmonté de deux styles -. capsule globuleuse, à deux; 
ralves , à une loge renfermant une seule graine. 

Ce genre est dédié à M. Lacour-Gouffé, directeur du jar- 
din botanique de Marseille. Il ne comprend que l'espèce 
suivante. 

19. j6 



n^ GOU 

GocFFÉrA FAUSSE -SABLiNE ; Goujf'eia arenarioides , Decand. , 
Flor. Franc., tom. 5, pag. 609. Cette plante est glabre, i.a 
peu visqueuse dans le haut, divisée dès sa base en rameaux 
diffus, redressés, souvent rougeàtres , longs de trois à quatre 
pouces, garnis de feuilles ovales-lancéolées, opposées: les in- 
férieures rapprochées et rétrécies en pé(io!e à leur base, les 
supérieure* écartées et sessiles. Ses fleurs sont blanches, pe- 
tites, nombreuses , portées sur des pédicelles grêles, et dis- 
posées en panicale au sommet des rameaux. Le calice a ses 
folioles aiguës, striées, égales aux pétales, qui sont ovales et 
persistans. Cette espèce fleurit au commencement du prin- 
temps ; elle a été trouvée sur les collines, aux environs de 
Marseille, par MM. Robillard et Castagne. ( L. D. ) 

GOUFFRE. (Géol.) Ce mot n'est point synonyme d'abîme: 
il entraine avec lui, ainsi que le remarque Fabbé Girard, 
une idée particulière de voracité insatiable qui fait dispa- 
roître et consume tout ce qui en approche. Les antres où 
certains fleuves se précipitent pour se perdre momentané- 
ment ou complètement, le cratère des volcans brûlans, et 
quelques cavités perpendiculaires dontTes sondes les plus 
prolongées n'ont pu toucher le fond, sont des gouffres pour 
nous. On mesure avec effroi la profondeur d'un abîme; on 
né peut ti'i voir ni atteindre celle d'un gouffre. 

Les moyens nous manquent absolument pour apprécier la 
profondeur de ces excavations ; nous en sommes réduits à des 
hypothèses, à des suppositions gratuites.- c'est ainsi que les 
uns prétendent qu'il existe sous les volcans des cavités égales 
en capacité au volume des matières qui composent leur masse, 
lesquelles ont été rejetées du sein de la terre , et arrachées à des 
profondeurs énormes. Patrin est d'un avis contraire , et pré- 
tend, d'une manière tout aussi peu fondée et moins vraisem- 
blable encore, que les cratères ne sont pas profonds, et attei- 
gnent à peine au niveau de la base des volcans. 

Quant aux gouffres qui absorbent les fleuves , il paroît pro- 
bable au moins qu'ils ont été minés par les courans eux-mêmes, 
que la nature de la roche a secondé leur action, ainsi qu'on 
peut s'en assurer par Fexamen du lieu où le Rhône s'engloutit 
en passant sous des bancs de pierre calcaire, qui sont super- 
posés avec des bancs argileux friables; il paroît qu'il en est 



cou «45 

de tnême en Norwége sur le mont Limur, où Ton voit deux 
routes creusées dans le marbre , l'une au-dessus de l'autre. 
Le lit calcaire qui les sépare , épais seulement de trois doigts, 
laisse apercevoir à travers ses fentes une rivière qui coule 
dans la route inférieure et souterraine , et qui provient d'un 
lac voisin. C'est ainsi que la rivière de Gaulen , dans le 
même pays, se perdit en i544, et reparut, quelques années 
après, avec une extrême violence, en roulant devant elle les 
débris de la prison souterraine où elle s'étoit précipitée (i). 

On ne peut point révoquer en doute l'existence des courans 
souterrains ; les sources et les fontaines en sont les preuves : or, 
il est probable que les gouffres qui engloutissent de grands vo- 
lumes d'eau , les conduisent, en tout ou en partie, à des dis- 
tances quelquefois très-considérables ; on sait que le Rhône, à 
sa renaissance, est calme et presque dormant. On sait que les 
corps légers que l'on jette dans le gouffre où il se précipite , 
ne reparoissent point à sa sortie : s'il étoit donc possible d'ap- 
précier le volume d'eau qui s'engloutit, et de le comparer à 
celui qui reparoît, il est presque certain que ce dernier se- 
roit inférieur au premier, et l'on pourroit supposer que la 
quantité d'eau qui manqueroit à la sortie, iroit donner nais- 
sance à une ou plusieurs fontaines éloignées. 

Il seroit curieux, disoit un homme plein d'esprit, de con- 
noissances et d'imagination, de comparer les variations de la 
fontaine deVaucluse avec celles du Rhône avantsa perte. On sait 
que cette sou rce magnifique présente trois périodes dans la hau- 
teur de ses eaux, qu'elles se renouvellent régulièrement chaque 
année , et il seroit possible qu'elles concordassent avec la 
crue et l'abaissement du Rhône , avec la fonte des neiges, etc. 
Sans vouloir accorder un trop grand degré de probabilité à 
cette idée ingénieuse, je ferai cependant remarquer que la 
distance qui sépare le gouffre du Rhône de celui d'où s'é- 
chappe la Sorgue ou la fontaine de Vaucluse , est entièrement 
occupée par desmontagîies calcaires plus ou moins semblables 
à celles du Jura, et que ce trajet de cinquante et quelques 
lieues en ligne droite ne seroit point un obstacle à cette 
communication, non plus que la différence des niveaux. Sija- 

(i) Pontoppidân, Histoire de i.\ Norwscs. 



ihk GOU 

mais on vouloit comparer les crues du fleuve avec celles de 
la fontaine , il faudroit tenir compte d'une foule d'accidens 
souterrains qui en retarderoient la concordance, et qui ten- 
droient à la faire méconnoître ; l'encombrement des conduits 
par l'accumulation des corps flottans, de grands bassins sou- 
terrains à remplir, le jeu des siphons, et beaucoup d'autres 
causes retardataires ne devroient point être négligées. Nous 
avons , dans les montagnes , de nombreux exemples de lacs qui 
n'ont pas d'issue visible, et qui reçoivent continuellement. 
Or, comme l'évaporation ne peut compenser la recette, il est 
certain qu'ils s'épanchent par des voies souterraines, qui 
seroient peut-être des gouffres pour nous, si leur embou- 
chure étoit visible : tel est, entre autres, le lac de Fleyne en Sa- 
voie, qui est situé sur le haut d'une montagne calcaire, et qui 
donne naissance aux belles fontaines de Maglans, qu'on re- 
marque au pied de cette même montagne. Des exploitations 
ont rencontré des courans qui ont submergé les travaux pour 
toujours ; d'autres ont mis à découvert la trace de courans 
anciens qui se sont taris, ou qui ont pris une autre direc- 
tion 5 il en existe un exemple frappant dans les catacombes 
de Paris, qui n'a point échappé à M. de Thury, inspecteur de 
ces carrières historiques (i). 

De tout ce qui précède on peut conclure qu'à l'exception 
des gouffres volcaniques , dont l'origine appartient à un tout 
autre ordre de choses, la plupart des gouffres se rencontrent 
dans les montagnes calcaires-, que la nature même de cette 
pierre est favorable à leur formation , et que les eaux cou- 
rantes en sont la cause active. On voit aussi qu'il ne faut 
point confondre ces excavations sans bornes avec les grottes, 
qui sont également fréquentes dans les mêmes terrains, mais 
dont la forme et les dimensions les distinguent suffisamment 
des gouffres. Voyez V olcans , Grottes. (Brard. ) 

GOUG. {Ornith.) Suivant Kennert Macaulay , Histoire de 
Saint-Kilda ,pag. 1 69, les Kildiens nomment ainsi les j eunes oies 
solans , ou fous de Bassan, pdecanus aquilus , Linn. (Ch. D.) 

GOUI. {Bot.) Adanson dit qu'au Sénégal on nomme ainsi 
le baobab, adansonia de Linnaeus. (J. ) 

l'O Héricart de TKury, Dïscriptioh de» Catacombes, pag. 273. 



G ou 245 

eOUJON, Gobio. {IchthyoL) On donne vulgairement le 
nom de goujon à un petit poisson de nos rivières, que la 
plupart des ichthyologistes ont rapporté au genre Cyprin , 
mais que M. Cuvier regarde comme le type d'un sous-genre , 
auquel il assigne les caractères suivans : 

Nageoires dorsale et anale courtes, sans épines; des harhillons. 

Ce sous-genre appartient à la famille des gymnopomes, et 
se distingue facilement des carpes et des barbeaux, qui ont 
des épines à la nageoire du dos. 

La seule espèce qu'il renferme encore est : 

Le Goujon, Gobio vulgaris ; Cj'prinus gobio, Linn. Na- 
geoire caudale fourchue ; mâchoire supérieure un peu avan- 
cée; écailles grandes-, ligne latérale droite; dos d'un bleu noi- 
râtre; ventre d'un blanc mêlé de jaune : des taches bleues sur 
la ligne latérale; des taches noires sur les nageoires caudale 
et dorsale , qui sont rougeàtres ; yeux bleuâtres ; iris d'un 
jaune orangé; taille de six à sept pouces. 

Les couleurs des goujons varient beaucoup en raison de- 
leur âge, de leur nourriture et de la nature de l'eau dans la- 
quelle ils sont plongés. Leur canal intestinal présente deux 
sinuosités. 

On trouve les goujons dans les rivières et les lacs d'eau 
douce de l'Europe , mais particulièrement en France et en 
Allemagne. Ils abondent dans les endroits dont le fond est 
pur et sablonneux, et que les tempêtes n'agitent point habi- 
tuellement. 

Ils passent de préférence l'hiver dans les lacs ; et , lorsque le 
printemps est arrivé, ils remontent dans les rivières, où ils 
déposent sur les pierres leur laite ou leurs œufs, dont la cou- 
leur est bleuâtre et le volume très-petit. Ils ne se débarrassent 
de ce fardeau précieux que peu à peu , et emploient souvent 
près d'un mois à cette opération. Dans la Corréze, en parti- 
culier, on a observé qu'ils ne fraient que depuis le coucher 
du soleil jusqu'au lever de cet astre. Vers l'automne, les gou- 
jons reviennent dans les lacs. 

Dans cette espèce de poissons, le nombre des Individus fe- 
melles est cinq ou six fois plus considérable que celui des mâles. 

Les goujons vivent d'insectes aquatiques, de vers, de frai 
de po:sï ons : ijs sont fort avides des charognes qu'on ieUe dans 



mS GOU 

les rivières. On les prend au tiletet à la ligne, et quelquefois, 
si abondamment, dans certains pa3's , qu'on est obligé d'en 
donner aux cochons. Dans plusieurs contrées aussi, on en in- 
troduit dans les étangs pour servir de nourriture aux brochets 
et aux truites. 

Ils multiplient d'ailleurs avec la plus grande facilité, et 
vivent en troupes nombreuses. 

Ils perdent difficilement la vie. 

Leur chair est blanche, très-bonne et de facile digestion; 
on la recherche sur les tables les plus délicates , et on en 
conseille l'usage aux convalescens. On la mange frite et en 
étuvée. (H. C. ) 

GOUJON ANGUILLARD. ( Ichthfol.) Dauhenton et Bon- 
naterre ont donné ce nom au gobioïde anguilliforme de M. de 
Lacépède. Voyez Gobioïde. ( H. C. ) 

GOUJON ARABE. ( Ichlhjol. ) Plusieurs auteurs ont donné 
ce nom au gobius anguillaris de Forskal , ou gobius arabicus 
de Gmelin. ( H. C. ) 

GOUJON BLANC. {Ichthjol.) Voyez Jozo. ( H. C. ) 

GOUJON DE MER ( îchtliyol. ) , nom par lequel on a quel- 
quefois désigné plusieurs espèces de gobies, le paganel en par- 
ticulier. Voyez GoBiE. ( H. C. ) 

GOUJON NOIR { Ichthjol. ), nom vulgaire du boulereaiî 
noir. Voyez Gobie. (H. C. ) 

GOUJON PETIT-DEUIL. {Ichthjol. ) Bonnaterre a désigné 
par ce nom le gobie noir-brun , gobius bicolor. Voyez Gobie. 
( H. C. ) 

GOUJON SMYRNEEN. {Ichthyol. ) Bonnaterre a donné ce 
nom au gobioïde smyrnéen. Voyez Gobioïde. (H. C. ) 

GOUJONNIÈRE. {îchthjol. ) Voyez Gremtlle. ( H. C. ) 

GOUK- (OrniLh.)f nom norvvégien du coucou d'Europe, 
euculus canorus^ Linn. ( Ch. D. ) 

GOUKR. {Ornith..) Suivant M. Savigny , Système des Oi- 
seaux d'Egypte , pag. 37, ce nom arabe désignel'aigle pygargue , 
Jalco oiiifragus , Linn. ( Ch. D. ) 

GOUL ( Ornith. ) , nom norwégien de l'oie bernache , anas 
aythropus , Linn. (Ch. D. ) 

GOULIAVAN. ( Ornith.) C'est vraisemblablement par er- 
reur qu'on trouve, dans un ouvrage moderne, ce nom au; 



GOU a 47 

lieu de coulavan, qui s'applique à un loriot, oriolus chinensis , 
Linn. ( Ch. D. ) 

GOULIN. {Ornith.) Cet oiseau, qui est le merle chauve 
des Philippines, gracula calva , Linn., et dont le i^om s'écrit 
aussi gulin, a été rangé par M. Vieillot avec ses martins , 
acridolrres caWus ; et M. Cuvier en a fait un de ses philédons. 
(Ch. D.) 

GOULOUGOU-ABLANI ( Bot. ) , nom caraïbe de Vablania, 
décrit par Aublet dans ses Plantes de la Guiane. ( J.) 

GOULU. (Oniith.) On donne vulgairement ce nom au cor- 
moran, ainsi qu'aux mouettes et aux goélands, h cause de 
leur voracité. ( Ch. D. ) 

GOULU ( Mamm. ) ,un des noms par lesquels on a quel- 
quefois désigné le Glotjton. Voyez ce mot. (F. C.) 

GOULU DE MER ( Ichthyol. ), synonyme de requin. 
Voyez Carcharias. (H. C.) 

GOUMANBUCH. {Ornith.) Ce nom, que Laet écrit aussi 
guomanbuch^ei qui désigne particulièrement l'oiseau-raouche 
rubis, n'est sans doute que le terme gonamhouch avec des al- 
térations qui le rendent peut-être applicable à plusieurs es- 
pèces du même genre. ( Ch. D. ) 

GOUMENNIKI ( Omilh.) , nom, en langue russe, d'une es- 
pèce d'oie de grande taille, dont il est question dans l'histoire 
du Kamtschatka , qui forme le troisième volume du Voyage 
en Sibérie de l'abbé Chappe, pag. 496 et 5o5 , mais que 
Kraschenninikow ne désigne pas de manière à la faire recon- 
noître. Peut-être ces oies grises ne font-elles que des diffé- 
rences d'âge des kasarkis ou oies grises tachetées; elles se 
nomment , sans distinction , ksoude chez les Kamtschadales , 
gcitoait chez les Koriaques, et kouitoup chez les Kouriles. 
(Ch. D.) 

GOUMEYLY. {Bot. ) Aux environs de Damiette, suivant 
M. Delile , ce nom est donné au caucalis anthriscus , qui , dav& 
d'autres lieux de l'Egypte, est nommé gazar et chejtam ^ ou 
koumaleh. ( J. ) 

GOUMIER [Conchji.) : Adanson, Sénég. , pa^. i5ô , pî. 10; 
Murex fuscalus de Gmelin. Espèce du genre Cérilhe des con- 
chyliologistes modernes, cerithium fuscatum , qui devra passer 
parmi les potamifles , si ce genre est eonsei-vé. (De S.) 



248 GOU 

GOUPI, Goupia. (Bot.) Genre de plantes dicotylédones, à 
fleurs complètes, polypétalées , régulières, de la famille des 
rhamnées, de la pentandrie monogjnie de Linnaeus, oflFrant 
pour caractère essentiel: Un calice très-petit, à cinq dents; 
cinq pétales insérés sur le disque du calice , munis intérieure- 
ment d'un appendice lamelleux qui pend de leur sommet -, 
le fond du calice couvert d'un disque charnu qui entoure le 
pistil; cinqétamines attachées au disque; un ovaire supérieur 
surmonté de cinq stigmates. Le fruit est une baie globuleuse^ 
à cinq stries , à une seule loge , à trois ou cinq semences , en- 
tourée parla base persistante du calice. 

Goupi GLABRE : Goupia glabva , Aubl., Guian. ^ tab. 116 ; 
Lamk. , IlL gen. , tab. a 1 7 ; Glossopetalum glabrum , "W illd. , 
Spec. , 1, pag. 1621. Grand arbre des forêts de la Guiane , 
qui s'élève à la hauteur de soixante pieds et plus, sur un tronc 
de deux ou trois pieds de diamètre, revêtu d'une écorce lisse 
et grisâtre. Le bois est blanc , peu compacte ; les naturels du 
pays en font des pyrogues; ses branches sont chargées de ra- 
meaux grêles, inclinés vers la terre, chargés de feuilles al- 
ternes, médiocrement pétiolées, vertes- lisses, ovales, lan- 
céolées, aiguës, rétréciesàun de leurs côtés, accompagnées 
de deux petites stipules très-caduques. Les fleurs sont jaunes, 
petites, disposées dans les aisselles des feuilles en petites om- 
belles courtes. Elles produisent de petites baies noirâtres. 

Goupi velu: Goupia tomenlosa, Aubl., 1. c. ; Glossopetalum 
tomentosum , "WiHd. , Spec, 1. c. Cette plante, très -rappro- 
chée de la précédente, est de plus de moitié moins élevée. 
L'écorcede son tronc est ridée , noirâtre, tachetée de blanc; 
le bois blanc, peu compacte; les feuilles hérissées à leurs deux 
faces de quelques poils courts. Cet arbre croît également 
dans les forêts, à la Guiane. (Poir.) 

GOUPIL (Mamm.), un des noms du renard commun, qui 
sans doute vient de vulpillus , diminutif de vulpes , nom latin 
du renard, ( F. C. ) 

GOURA. (Ornith. ) MM. Levaillant etTemminck ont formé, 
dans l'ordre ou la grande famille des pigeons, une section à la- 
quelle ils ont appliqué le nom de colombi-gaUines, d'après les 
rapports des espèces qui la composent avec les gallinacés. L< & 
caractères essentiels qui leur ont été assignés par le dernic-ï' 



GOU M9 

de ces auteurs, sont un bec long et menu; la mandibule su- 
périeure peu ou point renflée ; le tarse long et gris ; les doigts 
entièrement divisés; les ailes courtes, et généralement arron- 
dies. Tous deux placent dans cette section le goura , dont 
M. Vieillot a constitué un genre particulier sous la dénomi- 
nation latine de lophjrus , en le caractérisant par un bec grêle, 
un peu gibbeux vers le bout; la mandibule supérieure sillonnée 
longitudinalement sur les côtés, inclinée vers la pointe, et 
les narines situées dans une rainure. M. Vieillot n'admet dans 
ce genre qu'une seule espèce, le pigeon couronné de l'Archi- 
pel des Indes : et comme, d'ailleurs, le nom de lophjrus , tiré 
de la crête qui est son attribut distinctif, l'isole des autres 
colombi-gallines auxquelles il a été réuni par des considéra- 
tions plus générales, on croit ne pas devoir encore faire un 
article à part de cette seule espèce, et la séparer ainsi des 
nombreux oiseaux qui jusqu'à présent ont été accolés aux pi- 
geons. (Ch. D. ) 

GOURAMIE ou GOURAMY. ( Ichthjol. ) Ce nom a élé 
donné indistinctement à l'osphronème gorami , des rivières 
de la Chine et de l'Ile-de-France, et au trichopodc mentOK- 
nierdu grand Océan. Voyez Osphronkmb et Trichopode. (H. C.) 

GOURDE ( Bot. ) , nom vulgaire du fruit de la calebasse , 
4ucurbita lagenaria , conformé en bouteille , et employé pour 
conserver de l'eau ou du vin. ( J. ) 

GOURGANDINE ( Conchyl.) , nom marchand donné à une 
coquille du genre Vénus , Venus meretrix, dont M. de La- 
marck a fait son genre Mérétricb. (Voyez ce mot.) 

Gourgandine striée, ou Fausse Gourgandine, Venus 
Jlexuosa? Gmel. (De B.) 

GOURGANE (Bol.), nom donné dans quelques lieux à la 
petite fève de marais , ou féverolle. ( J. ) 

GOURGOURAN (Conchyl.) , nom sous lequel les marchands 
désignent quelquefois une espèce de cône, le conus barhaden- 
sis. ( De B. ) 

GOURNAU ( IchthyoL ) , un des noms vulgaires de la trigle 
jurnau. Voyez Tr/gle. (H. C. ) 

GOUROU. ( Bot. ) Dans l'herbier du Sénégal d'Adanson , on 
trouve sous ce nom ]e pontederia of ate de Beauvoîs, ( J. ) 

GOURRAOU. {Bot.) M. Gouan dit qu'à Monfpeliier, ce 



= 5e GOU 

nom est donné à une figue jaune en dehors et en dedans, qui 
est la figue madot deTournefort. ( J.) 

GOUSOL. (Conc7i.}-L) Adans., Sénég., pag. 1 54, pi. 9. Petite 
espèce de volute. (Db B. ) 

GOUSSANT. [Fauconn.) On donne ce nom et celui de gous- 
saut aux oiseaux de vol dont la corpulence est trop ramassée. 
(Ch.D.) 

GOUSSE. (Bot.) Fruit propre aux légumineuses. Voyez Lé- 
gume. (Mass.) 

GOUTTE. {Bot.) Daléchamps et d'autres anciens nomment 
goutte de lin la cuscute, parce que plus anciennement c'étoit 
le podagra Uni, qui s'entortilloit tellement au lin qu'on ne 
pouvoitl'en débarrasser. En donnant une autre signification à 
ce mot, on nomme , dans le midi de la France , suivant M.De- 
candolle, goutte de sang une variété de son adonts annua, à 
fleur d'un rouge foncé, cultivée dans les jardins. (J.) 

GOUTTE BLEUE (Conchji.) , nom que les marchands de 
coquillesvlonnent à une variété de la volula hispiâula, à cause 
des taches bleues dont elle est ornée. (De B.) 

GOUTTE D'EAU ( Cunchjl. ), nom marchand d'une coquille 
du genre Bullée , huila ampulla, Linn. (De B. ) 

GOUTTES DE LAIT ET DE SANG. ( Bot.) Cette déno- 
mination est appliquée par le docteur Paulet au Ijcogalci 
glohosum de Micheli , tab. g5 , fig. 3 , que je ne vois point cité 
dans le Synopsis fiingorum, et dont la figure rappelle le 
tubercularia vulgaris ^Versoon, ou tremella purpurea , Linn., et 
quelques espèces de trichia. (Lem.) 

GOUTTE DU LIN. {Bot.) Voyez Goutte. (L.D.) 

GOUTTE DE SANG. ( Bot. ) L'adonide d"été est connue sous 
ce nom dans quelques cantons. ( L. D.) 

GOUTTEUSE. {Conchjl.) On donne quelquefois ce nom au 
Strombe scorpion. Voyez ce mot. (DeB. ) 

GOUTTIERE. (Conc^j'/.) Terme de conchyliologie, employé 
pour indiquer un sillon à Fune des extrémités de l'ouverture 
d'une coquille univalve. (Voyez Conchyliologie. ) 

On donne aussi quelquefois ce nom au murex huffonius de 
Linnœus , dont on a fait, dans ces derniers temps , le genre Cra- 
paud. ( DeB.) 

GOUTTIÈRE {Entom.), nom donné par Geoffroy à une es- 



GO Y :^5» 

pèce de silphe ou de bouclier dont les ély très lisses portent de 
chaque côté une sorte de rebord creusé en gouttière , ce qui a 
suggéré le nom. Voyez Silphe lisse. (CD.) 

GO VECKEN ( Ic/i%-oL ) , nom hollandois du boulereau noir, 
gobius niger. Voyez Gobie. (H. C.) 

GOVIE. ( Ichthjol. ) Voyez Gobib. (H. C. ) 

GOWINKOW {Ornith.), nom koriaque d^une espèce de 
hoche-queue. (Ch. D. ) 

GOWRY. (Ornith.) Edwards a figuré sous ce nom, pi. 40, 
une espèce de gros-bec des Indes, plus connue sous celui de 
jacobin, loxia malacca, Linn. (Ch. D.) 

GOYAVA-RANA. (Bot.) Aublet, dans sa Flore de la Guiane, 
dit quelesGaripous nomment ainsi son catinga aromatica, genre 
de la famille des myrtées. ( J.) 

GOYAVIER, Psidium. (Bot.) Genre de plantes dicotylé- 
dones, à fleurs complètes, polypétalées , régulières , de la fa- 
mille des myrtées, de Vicosandrie monogynic de Linnaeus, 
offrant pour caractère essentiel • Un calice campanule, persis- 
tant, k quatre ou cinq divisions, autant de pétales; des éta- 
mines nombreuses, attachées au calice ; un ovaire inférieur, 
chargé d'un seul style. Le fruit est une baie pyriforme , assez 
grosse , couronnée par le calice , polysperme , à plusieurs loges. 

Ce genre renferme des arbres , la plupart originaires de 
l'Amérique méridionale, et qui, à raison de la bonté de leurs 
fruits, peuvetit être placés parmi les arbres fruitiers. Leurs 
feuilles sont simples , opposées ; leurs fleurs axillaires. 

Goyavier poire : Psidium pyriferum , Linn.; Lamk. , lit. gen. , 
tab. 41 6 , fig. 1 ; Commel. , Hort. , 1 , tab. 63 ; Merian , Surin. , 
tab, 18 ;Pela, Rhéed. , Malab. , 3, tab. 34; Guajavus domesticus .. 
Ruinph, Amb., 1 , tab. 47 -, vulgairement Goyavier blanc, Ni- 
çois, Amer., pag. 240. Arbre de médiocre grandeur, qui $'é~. 
lève à la hauteur de quinze à dix-huit pieds, sur un tronc droit, 
recouvert d'une écorce lisse, tachetée de roux ou de jaune 
lur un fond vert. Ses jeunes rameaux sont quadrangulaires, 
garnisde feuilles opposées, persistantes pendant Phiver, ovales^ 
«n peu obtuses, très-entières, terminées par une pointe courte, 
d'un vert foncé en dessus, plus pâles et un peu veloutées eu 
dessous, longues de trois à quatre pouces; les pétioles courts, 
lies pédoncules plus courts que les feuilles, solitaires, opposés , 



»^^ CrOY 

uuiflores. Les fleurs sont blanches , presque de la grandeur de 
celles du cognassier ; ses fruits ont la forme d'une poire, de la 
grosseur d'un œuf de poule, jaunes extérieurement , rouges, 
blancs ou verdàtres à l'intérieur, remplis d'une pulpe succu- 
lente et charnue , d'une saveur douce , agréable et parfumée. 
Il renferme un grand nombre de semences dures. 

Le goyavier est cultivé comme arbre fruitier dans les deux 
Indes : il paroit originaire de l'Amérique méridionale. On le 
trouve en abondance aux Antilles, où il croît facilement par- 
tout où tombent ses graines. Son bois est dur, coloré, d'un 
grain très-fin , très-bon à brûler : on en fait d'excellent char- 
bon pour les forges ; on l'emploie aussi à des ouvrages de char- 
pente. Les goyaves passent dans leur pays pour un aliment 
agréable et très-sain , surtout lorsqu'elles sont bien mûres. On 
les mange crues ou cuites au four, ou en compotes; on en fait 
aussi des gelées, des confitures, des pâtes : elles relâchent 
dans leur parfaite maturité; mais, vertes, elles passent pour 
astringentes. 

Le goyavier, cultivé en Europe , demande une terre subs- 
tantielle qui doit être renouvelée en partie tous les ans. En 
été , on le place contre un mur exposé au midi ; il î'aut l'arroser 
fréquemment, beaucoup moins en hiver. On le multiplie de 
graines, qui se conservent bonnes pendant plus de quinze ans, 
et que l'on sème sur couche et sous châssis. Quoique origi- 
naire des climats chauds , cet arbre n'est cependant pas très- 
sensible au froid , dit M. Desfontaines ; sous le climat de Paris 
on le conserve dans l'orangerie en hiver, et on a réussi à le 
cultiver en pleine terre dans le midi de la Provence, où 
M. Thouin en avoit envoyé des pieds du Jardin des Plantes. 
Ils y ont porté des fruits, et leurs graines ont produit de nou- 
veaux individus. 

Goyavier pomme : Ptidium pomiferum , Clus. , Hist., a , App., 
pag. iSjiJcon.; Malacca pela, Rhéed. , M alab. , 3, tab. 35; Cu- 
javus agrestis , Rumph , Amb., i, tab. 48 ; Merian , Surin., 
tab. 57 ; Pluken. , tab. 1 gS, fig. 4 ; vulgairement Goyavier rouge, 
Goyavier des Savanes. Les rapports de cette espèce avec la 
précédente ontfaitsoupçonneravec assezde fondement qu'elle 
pourroit bien n'en être qu'une variété qui en diffère par ses 
feuilles ovales-lancéolées, plus prolongées en pointe; ses pé- 



GOY .r.5 

fJoncules, quoique quelquefois simples, uniflores, sont plus 
ordinairement trifides, à trois fleurs, les deux divisions laté- 
rales un peu plus alongécs que celle du milieu ; les fruit» 
moins gros , plus arrondis; leur pulpe acide, plus ordinaire- 
ment rougeâtre : ils sont moins bons à manger que ceux du 
goyavier poire. Cet arbre croît dans l'Amérique méridionale, 
aux Antilles, ainsi que dans les Indes orientales. Ses racines, 
ainsi que celles du précédent, sont employées dans les tisanes 
astringentes. 

Goyavier de montagne .• Psidium montanum , Swartz, Flor» 
Jnd, occid. , 2, pag. 87g ; Psidium arboreum , etc. , BroAvn , Jam., 
a 38. C'est un des plus grands arbres de ce genre, qui s'élève 
quelquefois à plus de cent pieds. Ses rameaux sont très- 
étalés, ses feuilles pétîolées, opposées, ovales-oblongues, on- 
dulées, crénelées à leurs bords, nerveuses, veinées et lui- 
santes ; 'es pédoncules axillaires , plus courts que les feuilles; 
les pédicelles opposés, uniflores, plus longs que les pédon- 
cules : les fleurs blanches, odorantes, leur calice glabre, blan- 
châtre, ve'u, à deux ou trois découpures irrégulières; lespé- 
ta'es ovales, un peu ondulés; les Blamens plus courts que la 
corolle. Les fruits sont petits, arrondis; ils passent pour ex- 
cellens à manger. Cet arbre croît sur les hautes montagnes de 
la Jamaïque. 

Goyavier a feuilles ktroites : Psidium angustifolium, Lamk., 
m. gen., tab. 406, tig. 2; Psidium pumilum , TVilld. , Spec; 
Wahl , Symb. , a , pag. 56. D'après le rapport de Rumph , cette 
espèce est un petit arbrisseau qui ne s'élève qu'à deux ou 
trois pieds, d'une forme et d'un aspect si agréables qu'on 
le cultive dans plusieurs jardins des Indes à cause de son 
élégance. Ses racines sont rampantes et poussent des reje- 
tons; son bois dur : les rameaux quadrangulaires, tomenteux 
et blanchâtres vers leur sommet; les feuilles très-médiocre- 
ment pétiolées , étroites, lancéolées, entières, cotonneuses et 
blanchâtres en dessous, longues d'un à deux pouces , large* 
de six lignes , à nervures simples , latérales et saillantes en 
dessous; les pédoncules pubescens, solitaires , uniflores ; les 
étamines très-saillantes. Ses fruits sont globuleux, de la gros- 
seur d'une balle à fusil, point comestibles. Cet arbrisseau croit 
dans les Indes orientales. 



«H GOY 

Goyavier a ghani/ES fleurs : Psidium grandijlorum , Aubl. ^ 
Guian.,tah. \^o\ Psidium aromaticum, Aubl., 1. c.,tab. 191 ; vul* 
gairement Citronnelle. Ces deux plantes d'Aublet ne forment 
qu'une même espèce, considérée dans deux états différens, la 
première en fleurs, la seconde en fruits. Comme elles offrent 
quelques différences dans leur grandeur, il est possible que ce 
soient deux variétés. Lapremière, d'aprèsAublet,est un arbre 
d'environ dix pieds; la seconde , un arbrisseau de cinq à six ' 
pieds de hauteur. L'écorce est roussàtre, et se détache par 
lames annuellement; le bois dur, compacte, rouge au centre 
dans les vieux arbres; les feuilles médiocrement pétiolées , 
glabres, ovales- acuminées , entières, longues de quatre à 
cinq pouces, larges de deux; les pédoncules , solitaires, axil- 
laires , uniflores ; les fleurs blanches , d'une odeur très-agréable ; 
le calice accompagné de deux bractées lancéolées , à quatre 
ou cinq divisions; les pétales concaves, arrondis, inégaux , 
ondulés et comme frangés sur les bords. Les fruits sont jaunes, 
globuleux, à quatre loges, d'une saveur aromatique, très- 
agréable, bons à manger. Cette plante croît à la Guiane et 
dans l'île de Cayenne. Les habitans la nomment citronnelle , à 
cause de l'odeur aromatique , approchant de celle de la mé- 
lisse , que répandent ses feuilles, ses fleurs et même son bois. 
Les feuilles et les rameaux sont employés dans les bains. 

Goyavier savoureux ; Psidium sapidissimum , Jacq. , Hort. 
Schcenhr. , 3 , tab. 366. Cette espèce , cultivée dans le jardin de 
Schœnbrunn, et dont le lieu natal n'est pas connu , est très- 
rapprochée du psidium pyriferum. Son tronc s'élève à la hau- 
teur de cinq pieds; ses rameaux sont tétragones, un peu to- 
m«nteux dans leur jeunesse; les feuilles médiocrement pétio- 
lées, oblongues, aiguës, très-entières, tomenteuses en dessous, 
longues de deux ou trois pouces; les pédoncules axillaires , 
ordinairement uniflores ; les fleurs inodores ; le calice à cinq 
divisions, ovales -aiguës, réfléchies; les pétales blancs, obtus. 
Le fruit est jaunâtre, de la grosseur d'une noix, rempli d'une 
pulpe rouge, très-odorante. 

Goyavier de Guinée ; Psidium guineense, S^vartz, F). Ind. 
ocoid. , 2 , p;!g. 88 I . Arbre d'une médiocre grandeur, dont les 
rameaux sont couverts d'un duvet tomentcux, ferrugineux ; 
les feuilles pétiolées , elliptiques, un peu aîgnës , ridées, to- 



GRA 25* 

menteuses en dessous ; les pédoncules axillaircs , chargés de 
trois fleurs, celle du milieu sessile ; les deux latérales pédi- 
cellées, blanches, petites; le calice tomenteux; quatre pétales 
ovales , caducs. Le fruit est une baie de la grosseur d'une noix 
muscade, jaunâtre, pubescente , rouge en dedans, d'une sa- 
veur très-agréable. Cette plante croit dans la Guinée. On la 
cultive dans la Nouvelle-Espagne. 

On cite encore plusieurs autres espèces de goyavier, mais 
bien moins connues. (Poir. ) 

GOYAVIER. (Ornith.) On a appelé petit gojàvier un gobe- 
mouche de l'ile de Manille, muscicapa psidii, Gmel. et Lath., 
parce quïl aime à se percher sur l'arbre de ce nom. (Ch. D.) 
GOYAVIER BATARD. (Bof.) Suivant Jacquin, son eugenia 
pseudopsidium est ainsi nommé à la Martinique. (J.) 

GOZAL. (Ornith. ) Suivant Gesner et Aldrovande, on ap- 
pelle ainsi les jeunes pigeons dans la langue hébraïque. (Ch.D.) 
GOZU ( Mamm. ) , nom du rat chez les Hongrois. (F. C. ) 
GRAABEEN, GRABEN (Mamm.), nomsnorwégien et danois 
du loup. (F. C. ) 

GRAAB EL SAHARA. {Ornith.) Ce nom arabe signifie cor- 
beau du désert. Shaw dit, tom. i , pag. 326 , de ses Voyages 
en Barbarie , traduction Françoise, que cet oiseau est un peu 
plus grand que le corbeau ordinaire, et qu'il a le bec et les 
pieds rouges. Ces dernières circonstances pourroient, ajoute- 
t-il , le faire regarder comme le coracias ou le pyrrhocorax des 
anciens; mais sa taille s'oppose à ce rapprochement , et quoique 
M. Poiret, tom. i , pag. 170, de son Voyage dans les mêmes 
contrées, parle aussi de l'oiseau dont il s'agit, il n'entre pas 
dans des détails plus amples et plus propres à en faire rccon- 
noitre la véritable espèce. (Ch.D.) 

GRAADYN {Mamm.) , un des noms du renne en Norwége. 
(F.C.) 

GRAA-FALK (Ornith.), nom danois de Vautour, falco palum- 
larius, Linn. (Cii.D.) 

GRAA-GAAS. {Ornith.) Voyez Gaas. (Ch.D.) 
GRAA-IRRISK. {Ornith.) On nomme ainsi, en Norvvf ge ^ 
le pinson hrun,fringillaJlaviroslris, Linn. (Ch.D.) 

GRAAKE {Ornith.), nom suisse du choucas, coryus mom- 
du!a, Linn. (Cn.D.) 



^IG GRA. 

GRABBE {Ichihyol.) , nom par lequel certaines peuplades 
maritimes désignent quelquefois le moineau de mer, p/euro- 
neetes passer. Voyez Pleuronecte. (H.C.) 

GRABEEN SILD (Ic/i%'o/.l, nom que, dars leDanemarck, 
on donne aux gros harengs. Voyez Clupée. (H.C.) 

GRABOLUSK. {Ornilh.) Suivant Rzaczinski. on donne en 
Pologne ce nom, qui s'écrit aussi grahulusk, au casse-noix, 
connus caryocatactes, Linn. (Ch.D.) 

GRABTHÎER ( Mamm. ) , un des noms allemands de la 
hyène. (F. C. ) 

GRACCHIA(0rm7/i.), nom italien delà corneille corbine, 
eorvus corone, Linn. (Ch.D.) 

GRACCUS. (OrniLh.) Ce nom et celui de graccuius désignent 
spécialement le choucas, ou petite corneille des clochers, cor- 
^'us monedula, Linn. (Ch.D.) 

GRACE DE DIEU. (Bot.) Voyez Gratia dei. (J.) 

GRACILIPÈDES. (Ornith.) Oiseaux à pieds grêles. (Ch.D.) 

GRACILIROSTRES. [Ornith.) Oiseaux à bec grêle. (Ch.D.) 

GRACIOLI. {Bot.) On désigne quelquefois ainsi une va- 
riété de poire , plus connue sous le nom de bonc hretien d'été. 
(L.D.) 

GRACIRRHYCTHUS. {Foss.) C'est le nom que Lacmundus 
a donné aux dents de poisson fossiles qui ont la forme du bec 
d'un oiseau. (D. F.) 

GRACIRRINGY. (Foit.) Luid a donné ce nom aux dents 
de poisson fossiles, de forme triangulaire, que nous avons rap- 
portées au genre Squale. (D. F.) 

GRACULA. (Ornith.) Ce nom qui, dans le système de M. de 
Lacépède, est traduit en françois par graculc, a été employé 
par Linnœus comme nom générique des mainates. ( Ch.D.) 

GRACULUS. ( Ornith.) Ce nom qui , dans Belon , s'applique 
au freux, corvusfrugilegus, Linn., désigne , dans Moehring, le 
fou de Bassan, pelecanus BatsanuSf Linn. Le graoulus palmipes 
de Willughby est le nigaud , pelecanus graculus , Linn. Cer- 
tains auteurs appellent aussi le casse-noix graculus alpinus. 
(Ch.D.) 

GRADEAU. (Ichthfol.) Voyez Grasdeau. (H.C.) 

GRADIPES. {Ornith.) Ce terme, qui est au nombre de ceux 
qu'on trouve dans le vocabulaire par lequel est terminé le 



GRA 257 

FrodiomusA^^^ium de Klein, désigne le hober^au,/a/co subbuteo 
Linn. (Ch.D.) 

GRADOS. [Ichthjol.) Les pêcheurs appellent ainsi deux 
petits poissons, dont l'un paroît appartenir au genre Clupée, 
et dont l'autre est V ablette, espèce du sous-genre des ables; 
le premier vit dans l'Océan , et le second dans nos eaux douces. 
Voyez les mots Able, Supplément du 1.*' volume. Ablette, 
Clupée et Essence d'Orient. (H. C.) 

GR ADULE. {Bot.) Voyez Climacium. (Lem.) 

GRyE-LAX ( Ichthjol. ) , nom suédois du saumon argenté, 
salino Schiejf'ermulleri. (H.C.) 

GRiENACKE {Ichthjol.) , nom suédois du saumon. (H. C.^ 

GRAES-END. {Ornith.) Dénomination du canard sauvage 
en suédois. (Ch. D.) 

GRAFFA. {Mamm.) Niéremberg nomme ainsi la girafife. 
(F.C.) 

GRAF-SWIN {Mamm.) , nom suédois du blaireau. (F. C.) 

GRAI {Mamm. ) , nom anglois du blaireau. (F. C.) 

GRAIE. {Ornith.) Par ce nom et celui de grolle, on désigne 
vulgairement le freux ou frayonne , corvus frugilegus, Linn, 
(Ch.D.) 

GRAILLE. {Ornith.) La corneille noire ou corbine, corvus 
corone, Linn., est désignée vulgairement par ce nom et par 
ceux de graillât, graillant, graillot, grolle. (Ch.D.) 

GRAILLON. {Ornith.) C'est, suivant Salerne, un des noms 
vulgaires de la petite chevêche, s/r/xpasser/rea, Gmel. (Ch.D.) 

GRAIN D'AVOINE. {ConchjL) Très-petite coquille, ainsi 
nommée par Geoffroy à cause de sa forme ; puppa avena de 
Draparnaud. (Db B.) 

GRAIN DE MURE. {Bot.) C'est, dit Paulet, un genre de 
plantes fongueuses et membraneuses, d'une chair ferme, sèche, 
opaque, dure, et dont la surface est rude au toucher et grenue. 
Ces plantes forment une famille de même nom. Paulet en dis- 
tingue deux espèces, I'Oreillett!; rouge des arbres et le Godbï 
CROTiNiER. Voyez ces mots. (Lem.) 

GRAIN D'ORGE. (Conc/i/i.) Très-petite coquille du genre 
Hélice deMuller, hel. obscura, Gmel.; Bulime deBruguièresj 
bulim. obscurus , de Draparnaud. (De B. ) 

GRAINE, Semen, {Bot. ) Les seuls caractères essentiels de la 



253 GRA 

graine sont de naître dans une cavité close , et d'ofifrlr un pe- 
tit corps organisé, qui l'éunit en^Iui toutes les conditions néces- 
saires pour reproduire une plante semblable à celle dont il est 
issu , dès que les circonstances extérieures favoriseront sa 
croissance. 

La cavité close dans laquelle la graine se développe , est l'o- 
vaire; le petit corps organisé est l'embryon ; les vaisseaux qui 
unissent la graine à l'ovaire, forment le cordon ombilical ou 
funicule. On nomme ombilic ou hile, le point où le funicule 
s'attache à la graine, et placenta le point où ce même funicule 
s'attache à l'ovaire. 

Considérée dans son état le plus habituel, la graine com- 
prend deux parties distinctes, l'amande et les enveloppes sé- 
minales. L'amande se compose souvent de l'embryon et d'un 
corps particulier nommé périsperme ; mais quelquefois ce corps 
manque, et l'embryon constitue l'amande à lui seul. Les enve- 
loppes séminales sont des tégumens qui recouvrent l'amande , 
et reçoivent les vaisseaux du funicule. 

Linngeus a posé en principe que la fécondation est indis- 
pensable à la formation d'une graine. Cependant, comme les 
caractères distinctifs d'un être se doivent tirer de lui-même , 
et non de quelques circonstances hors de lui, telles, par exemple, 
que les causes qui ont amené son développement, sil nait, de 
plantes privées d'organes sexuels , des corps reproducteurs 
que nous ne puissions distinguer des graines par aucun carac- 
tère organique, il est de toute évidence que , pour nous, ces 
corps seront des graines, encore qu'ils se soient formés sans 
fécondation. 

Enveloppes séminales. Les enveloppes qui accompagnent la 
graine après sa maturité parfaite , et garantissent l'embryon 
de la sécheresse, de l'humidité, et même quelquefois de la 
voracité des animaux, sont de diverse nature, ont une dif- 
férente origine , et varient en nombre selon les espèces. Je les 
divise en deux classes, les tégumens auxiliaires et les tuniques 
séminales 5 mais je dois avouer que cette division est arbitraire 
en beaucoup de points: il n'est pas au pouvoir du naturaliste 
de séparer nettement ce que la nature a laissé dans le vague. 

Le périanthe tout entier, dans les oseilles, et sa base seule- 
ment, dans !a belle-de-nujt, recouvrent l'ovaire et la graine. Une 



GRA 2iç) 

tupulc , espèce (le bractée creuse, d'une seule pièce, renferme 
exactement lu fleur femelle des conifères, et devient l'enve- 
loppe séminale extérieure. Les graines des graminées ont pour 
enveloppe extérieure l'ovaire transformé en péricarpe ; les 
graines de plusieurs espèces d'arbres à fleur en rose, tels que 
le cerisier, le pêcher, l'abricotier, le néflier, sont renfermées 
dans un noyau, lame interne du péricarpe, plus ou moins 
épaisse, qui acquiert de la solidité en mûrissant, et s'isole de 
la partie charnue. 

Les cupules, les périanthes, les ovaires, qui forment ces di- 
verses enveloppes, existoient long-temps avant que la graine 
ne fût développée ; ils faisoient alors partie essentielle ou accès 
9oire de la fleur, et chacun , remplissant des fonctions détermi- 
nées, avoit déjà reçu un nom particulier : ce ne sont donc 
pas les tégumens propres de la graine, mais seulement ses té- 
gumens auxiliaires. 

Il y a, comme je l'ai dit tout à l'heure, d'autres enveloppes 
séminales que je nomme les tuniques propres de la graine, 
parce qu'elles croissent avec les ovales , et qu'en général elles 
ne sont bien apparentes et distinctes qu'après que l'ovaire s'est 
transformé en fruit : ce sont l'arille, la lorique et le tegmen. 
On rencontre bien rarement à la fois ces trois tégumens dans 
une seule espèce degraine; et les limitesqui existententre eux 
sont souvent indécises. 

Arille. L'arille est une tunique extérieure, membraneuse 
ou charnue, qui ordinairement se détache de la graine mûre, 
en entier ou en partie. Cette définition est insuffisante pour 
faire reconnoître , dans tous les cas , le tégument que les bo- 
tanistes nomment arille ; mais il seroit difficile de définir avec 
rigueur une partie aussi variable dans sa manière d'être, et 
dont, au reste, les fonctions sont ignorées. Pour donner que'que 
idée de cet organe , des exemples vaudront mieux qu'une dé- 
finition abstraite. 

Dans le muscadier, l'arille, ou macis des droguistes, est une 
lame d'un rouge citron, épaisse, charnue, découpée en la- 
nières, qui s'appliquent sur la graine, mais ne la recouvrent 
qu'imparfaitement. Dans le ravenala, l'arille est une mem- 
brane frangée, d'un beau bleu de ciel, et d'un toucher gras; 
elle cachela graine tout entière. Dans le fusain à larges feuilles , 

17- 



aSo GRA 

l'arille est pulpeux, fermé de toutes parts, et d'une couleur 
orangée. Dans le fusain galeux, Tarille est également orangé 
et pulpeux; mais il s'ouvre et s'évase en cupule irrégulière. 
Dans Voxalis , l'arille est mince, élastique, blanchâtre-, il se 
crève quand la graine est mûre, et la lance au dehors par 
l'effet d'une force contractile. Dans le pislia , l'arille est fon- 
gueux, épais, en forme de baril, et percé à sa partie supé- 
rieure. Dans la plupart des mcliacées , l'arille est utie mem- 
brane charnue qui, ne pouvants'étendre autant que la graine, 
se déchire toujours en quelques points de la superficie. Dans 
le bocconia frutescenSjVdTÎUe est rouge, succulent, mame- 
lonné; il adhère au funicule , et forme un godet qui reçoit la 
base de la graine. Dans le polygala vulgaris , l'arille, divisé en 
trois lobes, forme une très-petite couronne autour de l'om- 
bilic. Dans le sterculia lalanghas, trois caroncules blanchâtres, 
placés d'un seul côté de l'ombilic, composent évidemment une 
espèce d'arille. 

Vous voyez par ces exemples, dont je pourrois facilement 
augmenter le nombre , que l'arille n'a aucun caractère fixe. 
Il varie dans sa substance, sa forme, ses dimensions relatives 
et sa couleur. Plusieurs botanistes prétendent que cet organe 
appartient au péricarpe, et non pas à la graine, parce que, 
suivant eux, il n'est qu'une expansion du funicule. Mais quelle 
preuve apportent-ils de la solidité de cette opinion? En gé- 
nérai il ne me semble point qu'il y ait plus d'adhérence entre 
l'arille et le funicule, qu'entre ce cordon et le tegmen ou la 
lorique. L'ariile, après la dissémination, reste presque tou- 
jours attaché au bord du hile, et quelquefois aussi a l'enve- 
loppe séminale, qu'il recouvre en totalité ou en partie. Si 
l'on peut dire de l'arille que c'est une expansion du funicule, 
je ne sais aucune raison pour qu'on ne dise pas la même chose 
du tegmen et de la lorique. J'.;voue que je suis en grande mé- 
fiance de ces définitions prétendues rigoureuses qu'on nous 
propose tous Ics jours .- elles ne donnent presque jamais une 
idée juste des faits; mais comme elles se gravent bien plus fa- 
cilement dans la mémoire qu'une suite d'observations exactes, 
files abusent les élèves et les accoutument à une certaine pa- 
resse d'esprit qui nuit à leurs progrès. 

Lorique. La lorique, qui forme un sac sans valve ni suture 



G il A a6i 

et recouvre constamment le tegmen , est la seconde tunique 
de la graine quand il y a un arille , et la première quand l'a- 
rille manque; ce qui est le cas le plus ordinaire. 

Quoique la lorique soit en général une enveloppe compa- 
rable , pour la consistance , à la coquille de l'œuf ou à l'écaillé 
de l'huître , il se rencontre des graines dans lesquelles cette 
tunique est d'une substance fongueuse ou charnue, ou même 
pulpeuse. On dislinguesouvent, dans la lorique, plusieurs lames 
de différentes natures, que l'on a prises quelquefois pour au- 
tant d'enveloppes séminales: mais, en y regardant de près, 
on voit ordinairement qu'on ne peut enlever ces lames sans 
occasioner une rupture dans le tissu. 

Nous ne trouvons aucun caractère pour distinguer nette- 
ment, en toute circonstance, la lorique, des noyaux et nucules, 
enveloppes auxiliaires des graines, formées par la paroi in- 
terne des loges du péricarpe. Nous sommes souvent dans un 
semblable embarras, quand nous voulons tirer une ligne de 
démarcation entre la loriqueet le tegmen. Ceux qui proposent 
à cetégarddes règles fixes et invariables, négligeant unemul- 
titude de faits qu'ils ne peuvent classer, éludent la difficulté 
au lieu de la résoudre. 

Un petit trou , le micropyle, se montre à la superficie de 
la lorique , dans un grand nombre d'espèces , et traverse cette 
enveloppe d'outre en outre. Le micropyle des légumineuses, 
des nénuphars, du marronier d'inde, est très-apparent. 

Geoffroy, qui indiqua le premier le micropyle, et M. Turpin, 
qui depuis en a constaté rigoureusement l'existence , ont 
pensé que le fluide fécondant s'introduisoit dans la graine par 
cette ouverture : mais il ne me semble pas que cette opinion 
soit étayée de preuves suffisantes. 

On remarque encore, sur certaines loriques , des caron- 
cules , renflemcns pulpeux ou coriaces qui sont produits par 
un développement particulier du tissu. Dans le haricot et dans 
beaucoup d'autres légumineuses, il y a au-dessus du hile un 
caroncule sec et dur, en forme de cœur. Dans la chélidoine, 
à quelque distance du hi!e , il y aune crête caronculaire , 
laquelle est blanchâtre et succulente. On peut soupçonner de 
l'analogie entre les caroncules et l'arille. 

Tegmen. Le tegmen est appliqué immédiatement sur l'a- 



352 GRA 

mande ; il est continu dans toittes ses parties , et na , de même 
que la lorique, ni valves ni sutures; il reçoit l'extrémité du 
funicule. 

D'après cette définition, on juge que le tegraen ne peut 
manquer que lorsque la graine est absolument dépourvue de 
tuniques propres ; car, s'il en existe une seule, cette tunique, 
recevant l'extrémité du funicule et recouvrant l'amande sans 
intermédiaire , est évidemment le tegmen ; et, s'il y en a plu- 
sieurs , l'enveloppe interne a, ant les caractères que je viens 
d'énoncer, est encore le tegmen. 

Ordinairement, quand il n'y a pas de lorique, le tegmen 
paroit comme une lame plus ou moins mince , tantôt blan- 
châtre , tantôt colorée. Il en est de même encore quand il 
existe une lorique qui n'a d'adhérence avec les parties Iut 
ternes qu'au poiiit du hile. Mais, le plus souvent, la lorique et 
le tegmen se confondent en une seule tunique formée de deux 
lames hétérogènes, superposées et soudées l'une à l'autre; et 
il est impossible alors de marquer la limite des deux enve- 
loppes. Aussi, pour éviter toute équivoque, convient-il , dans 
la botanique descriptive, de n'admettre , pour enveloppes dis- 
tinctes que le nombre de lames que l'on peut isoler sans lésion 
du tissu, et de désigner, sous le nom général de tunique , l'en- 
semble des lames soudées, en ayantsoin d'indiquer, par quel- 
ques épithètes convenables, lanaturede ce tégumentcomposé. 

Dans le ricin, le nénuphar, les hydrocaridées, etc. , la lo- 
rique et le tegmen sont naturellement séparés. Dans les légu- 
mineuses, le bananier, l'asperge, etc., ces deux enveloppes 
n'en font qu'une. 

Les vaisseaux du funicule qui pénètrent par le hile, se pro- 
longent quelquefois dans l'épaisseur des tuniques, et forment 
le prostype funiculaire composé de la raphe et de la chalaze. 
La raphe est la partie du prostype qui part immédiatement 
du hile : elle se présente souvent sous l'aspect d'un ou de plu- 
sieurs filets en relief. La chalaze est l'extrémité plus ou moins 
épaissie et dilatée de la raphe. 

Quand il n'y a pas de lorique, le prostype paroît à la su- 
perficie du tegmen (labiées ); m,ais quand il y a une lorique 
et un tegmen (nénuphar, liura crepitans), le prostype ne de- 
vient visible ordinairement qiie par le moyen de la dissection. 



GRA 465 

La raphe court dans répaisseur de ia lorique , et perce sa sur- 
face interne en un point plus ou moins éloigné du hile ; là 
elle s'attache au teginen , et forme la chalaze, que Gartner 
considère (;omme un ombilic intérieur. 

Dans les labiées , la raphe est courte , et la chalaze est un 
tubercule incolore. Dans les aurantiacées , la raphe s'alonge 
<]"un bout du tegmen à l'autre; et la chalaze, qui est située 
fort loin du hile, se divise en patte d'oie, ou bien s'élargit en 
cupule colorée. 

Le prostype sert probablement à porter des sucs nourri- 
ciers vers différens points de la graine. 

A la surface de quelques graines on remarque un renfle- 
ment en forme de calotte, situé à une distance quelconque 
du hile; c'est l'opercule (asperge, commelina , Iradescantia, 
canna, dattier, etc.). Il correspond à la radicule. Pendant la 
germination il se détache et ouvre une issue par laquelle 
l'embryon s'échappe. 

Amande. Sous le tegmen est l'amande, laquelle est consti- 
tuée souvent par Tcmbryon seul , et plus souvent encore par 
l'embryon et le périsperme. L'amande est la partie essentielle 
de la graine. Il n'existe point de graine sans amande; mais il 
en existe sans arille, sans lorique , et même sans tegmen. Elles 
ne sont revêtues alors que d'enveloppes accessoires: telles sont 
les graines des nyctaginees, des conifères, de l'avicénia , etc. 
Dans ces végétaux l'amande porte le hile. 

Périsperme. Le périsperme, tissu cellulaire dont les maille» 
sont remplies d'une fécule amilacée, ou d'un mucilage épaissi, 
pstcaché sous les enveloppes de la graine; il accompagne l'em- 
bryon , et s'en distingue par sa composition et son aspect; il 
ne communique avec lui par aucune ramification vasculaire ; 
il lui fournit , pendantla germination , une nourriture que l'on 
peut comparer à celle que le fœtus du poulet tire du vitellus , 
partie de l'œuf vulgairement connue sous le nom de jaune. 

La fécule ou le mucilage est insoluble dans l'eau avant la 
germination : mais , quand la graine est placée dans des circons- 
tances favorables à son développement, cette matière change 
de nature et devient très-soluble. Alors elle est telle qu'elle 
dojl^tre pour servir de nourriture à l'embryon. 

Il y a quelquefois, entre le tegmen et le périsnerme, mif 



continuité de tissu qui peut faire naître des doutes sur l'exis- 
tence bien distincte du tegmen dans quelques graines {rivinia^ 
salsola) . A la vérité, plusieurs auteurs modernes se croient en 
droit de conclure de ce qu'ils trouvent un tegmen dans des 
espèces très-voisines d'autres espèces où ils ne peuvent aper- 
cevoir cette tunique séminale , qu'elle existe dans celles-ci 
comme dans les autres; mais cette manière de raisonner par 
analogie n'est jamais sûre, quand la nécessité de la co-exis- 
tence des organes n'est pas suffisamment démontrée. Or, il 
s'en faut bien qu'il soit démontré qu'un tegmen soit indispen- 
sable à l'existence d'une graine. 

Dans les labiées et dans beaucoup de borraginées et de lé- 
gumineuses, dans les rosacées, les méliacées, lestliymelées, etc., 
le périsperme est si mince qu'on l'a pris long-temps pour une 
tunique séminale. Toutefois, comme les graines de ces végé- 
taux ont un tegmen, et que les vaisseaux funiculaires s'y ar.. 
rêtent, il est difficile aujourd'hui de ne pas reconnoître que 
ces graines sont périspermées. 

Le périsperme est farineux dans les graminées, les nycta- 
ginées, etc.: oléagineuxet charnu dans les euphorbiacées, etc.; 
élastique et dur comme de la corne dans les palmiers, le café 
et autres rubiacées, etc. Le périsperme de quelques légumi- 
neuses, des malvacées, du celtis , se convertit dans l'ean en. 
une matière mucilagineuse. 

Aucune plante connue, appartenant à la famille des om-. 
bellifèrcs, des renonculacées, des graminées, des conifères, etc., 
n'est privée de périsperme. Au contraire ce corps ne s'est ja- 
mais offert dans la famille des vraies aurantiacées, des cruci- 
fères, des amilacées, etc.; et il y a des familles, telles que 
celles des borraginées, des légumineuses, où il s'amincit en 
passant d'une espèce à une autre, et finit par s'évanouir to- 
talement. 

Embryon. L'embryon se forme dans les enveloppes sémi- 
nales, propres ou auxiliaires, et il a d'abord avec elles une 
liaison organique. Arrivé à la maturité, il se détache des par- 
ties qui l'environnent, et jouit de la force vitale nécessaire à 
son développement. Il comprend, dans sa masse, le blastème 
et le corps cotylédonaire. 

Le blastème a deux germes principaux bien distincts: Li 



GRA 265 

radicule et la plumule, fixées base à base par une partie inter- 
médiaire nommée collet. Ces deux germes ne diffèrent pas 
moins par leur nature que par leur situation , la radicule 
éprouvant le besoin de l'ombre et de l'humidité, et la plumule 
de l'air et de la lumière, dès que l'une et l'autre commencent 
à se développer, sans que rien alors puisse intervertir cette 
tendance naturelle. 

Le corps cotylédonaire offr» un ou plusieurs cotylédons, 
appendices minces ou charnus, selon que l'amande a ou n'a 
point de périsperme, qui naissent du collet, et sont évidem- 
ment les premières leuilles de l'embryon. 

Lorsque la radicule et la plumule ont leurs bases contiguès, 
le collet , représenté par le plan de jonction des deux or- 
ganes , n'est qu'un être de raison. Mais lorsque la radicule et 
la plumule sont séj>arées l'une de l'autre, le collet, qui leur 
sert de lien commun, est une partie très-réelle et très-appa- 
rente, dont la forme varie selon les espèces. Néanmoins il est 
difficile d'assigner nettement la limite du collet d'un embryon 
quelconque, tant que la germination n'a pas eu lieu -. aussi, 
dans la botanique descriptive, où l'on n'a pas pour but de 
faire connoître la marche des développemens, ne distinguc- 
t-on jamais le collet de la radicule. 

La radicule est la racine dans la graine. Son caractère es- 
sentiel consiste en ce qu'elle reçoit l'extrémité inférieure de 
tout le système vasculaire de l'embryon. Cette extrémité se 
divise quelquefois en plusieurs mamelons. Beaucoup de gra- 
minées en ont souvent trois, et même plus. On demande s'il 
faut admettre autant de radicules qu'un embryon a de ma- 
melons radiculaires , ou bien ne voir , dans les mamelons , que 
les divisions d'une radicule unique , ou encore ne considérer 
Comme radicule que le mamelon inférieur : questions oiseuses, 
qui ne roulent que sur de vaines distinctions nominales, et 
ne méritent pas l'attention des naturalistes. 

Tantôt la radicule est nue, c'est-à-dire que son sommet se 
montre à découvert à la superficie de l'embryon -, tantôt la 
radicule est coléorhizée , c'est-à-dire qu'elle est cachée dans, 
une coléorhize , poche charnue, close de toutes parts, dont 
nous devons la connoissance au célèbre Malpighi. A bien con- 
sidérer la coléorhize . ce n'est autre chose qu'une écorceplu* 



î6G GRA 

ou moins épaisse, qui se détache d'elle-même de chaque ma- 
melon radiculaire. 

Quand la radicule est coléorhizée , on ne peut l'apercevoir 
que par le secours de l'analomie : encore ce moyen n'est-il pas 
toujours sûr; car il est des espèces où la radicule et la coléo- 
rhize ne deviennent perceptibles qn'au moment de la germi- 
nation. 

Un botaniste moderne a imaginé que l'on pourroit em- 
ployer avec succès le caractère delà radicule nue ou coléorhi- 
zée , pour diviser la totalité des végétaux phénogames en deux 
grandes classes parfaitement naturelles ; mais cette hypothèse, 
appuyée sur des définitions faites à priori , n'a pu se soutenir 
après un mûr exaoaen-, car on s'est convaincu que, parmi les 
végétaux les plus rapprochés par l'ensemble des caractères, 
les uns ont une coléorhize, les autres en Sont privés. 

La plumule est la première ébauche des parties qui doivent 
se développer à l'air et à la lumière. Dans certaines espèces , 
elle est composée d'une tigelle, rudiment de la tige dont ces 
végétaux seront pourvus, et d'une gemmule, petit bonton de 
feuilles appliquées les unes sur les autres; dans d'autres, elle 
n'offre qu'une gemmule ; dans d'autres , qu'une légère inéga- 
lité; dans d'autres, enfin, elle ne décèle son existence que 
pendant la germination. La plumule est quelquefois coléop- 
tilée, c'est-à-dire qu'elle est logée dans une cavité cotylédo- 
naire , sorte d'étui qui prend le nom de coléoptile. Plus sou- 
vent elle est nue. 

Les cotylédons peuvent être définis les premières feuille» 
visibles dans la graine. Ils n'ont cependant pas la forme des 
feuilles ordinaires ; mais cela est une suite des circonstances 
{{ui accompagnent leur développement. Ces appendices, ar- 
rêtés de toute part dans leur croissance, se sont moulés , pour 
ainsi dire, sur la paroi de la cavité qu'ils remplissent. 

Le nombre des cotylédons fournit de bons caractères pour 
diviser les embryons cotylédonés en deux classes: ceux qui 
n'ont qu'un cotylédon, ou les monocotylédons ou unilobés ; 
ceux qui en ont plusieurs, ou les polycotylédoiis , que l'on 
désigne plus communément sous le nom de diootylédons ou 
bilobés, parce que le nombre de leurs lobes passe rarement 
deux. 



GRA a6r 

Comme on a remarqué que les plantes cotylédonées se réu- 
nissent, à peu d'exceptions près, en familles naturelles, qui 
sont entièrement monocotylédones ou dicotylédones , on a 
groupé les familles d'après ces caractères, lesquels s'accordent 
presque toujours avec ceux que l'on tire de l'organisation des 
tiges et de leur développement. 

Par suite des modifications et dégradations successives que 
subit l'embryon dans la série des espèces, la radicule et le corp» 
cotylédonaire seconfondent quelquefois en une seule et même 
masse (ruppia, etc.); mais, si l'on parcourt la série, on voit 
bientôt les deux organes se dégager l'un de l'autre, et rede- 
venir libres et distincts (graminées, etc.). 

Quelques graines contiennent plus d'un embryon. C'est une 
superfétation comparable à celle d'un œuf qui renferme plu- 
sieurs fœtus. On compte souvent deux embryons dans la graine 
du gui, de Vasclepias nigra, de Vallium fragrans , du carex 
maxima , du triphasia , etc. On en compte jusqu'à huit dans 
l'oranger. 

L'organisation interne de l'embryon est très-simple : sa 
masse est composée en grande partie de tissu cellulaire ; des 
linéamens vasculaires Lrès-déliés, et dont la distribution varie 
d'espèce à espèce, se portent du collet dans la radicule, les 
cotylédons et la plumule, et ils s'afFoiblissent et s'effacent à 
mesure qu'ils s'éloignent du collet, premier point organisé, 
que je considère comme le centre de la vie de l'embryon. 
Les linéamens vasculaires qui passent danslescotylédons , ont 
été désignés par Grewsousle nom de racines séminales, et par 
Charles Bonnet, sous celui de vaisseaux mammaires, parce qu'en 
effet les cotylédons fournissent à la jeune plante une liqueur 
alimentaire, une sorte de lait végétal, sans lequel il ne semble 
pas qu'elle puisse se développer. J'ai observé que les commu- 
nications vasculaires sont en général plus marquées entre la 
radicule et les cotylédons, qu'entre les cotylédons et la plu- 
mule. Cela provient, selon toute apparence de ce que dans 
le fœtus végétal la plumule est la partie organisée la dernière. 
Quoi qu'il en soit, il résulte de cet état des choses, que, pen- 
dant la germination, les sucs nourriciers affluent presque tou- 
jours en plus grande abondance vers la radicule, laquelle, 
par conséquent, s'alonge avant la plumule. 



sî(55 GRA 

Embryons dicotjlédons. Après avoir considéré les embryons 
en général, il est nécessaire de les étudier dans les principales 
classes des végétaux. Je commencerai par les embryons dico- 
tylédons , parce que leurs diverses parties sont beaucoup plus 
faciles à distinguer que celles qui entrent dans la composi- 
tion des embryons unilobés. 

Voici les caractères ordinaires des embryons bilobés : une 
radicule saillante, en forme de petit bec conique; un collet 
cylindrique: une plumule nue, dans laquelle on distingue sou- 
vent la tigelle et la gemmule; deux cotylédons attachés à la 
même hauteur des deux côtés opposés dublastème, et placés 
face à face l'un contre l'autre, de manière qu'on ne peut aper- 
cevoir la plumule qu'en les écartant. 

Recherchons maintenant les détails et les exceptions. 

Il est très-rare que la radicule soit coléorhizée dans les em- 
bryons dicotylédons : c'est pourquoi nous devons faire une 
attention particulière à celle de la capucine et du gui, qui 
offre ce caractère. 

La radicule s'éloigne quelquefois de la forme conique; et 
alors elle s'alonge en cylindre , ou s'arrondit en boule , ou se 
renfle en massue, etc. 

I^a radicule de nélumbo est un mamelon à peine visible, 
lequel, ne se développant jamais, doit être rangé parmi les 
organes impuissans, dont l'existence semble n'avoir d'autre 
utilité que de rappeler un premier type. 

La radicule du nénuphar, du saururus , du poivre , moins 
apparente encore que celle du nélumbo, porte un appen- 
dice en forme de poche, dans laquelle l'ernbryon est ren- 
fermé tout entier. Cette poche, charnue dans le nénuphar et 
le saururus, membraneuse dans le poivre noir, fait fonction 
de coléoptile, et l'on pourr'oit la considérer comme l'analogue 
du cotylédon des plantes unilobées, si elle ne renfermoitune 
plumule accompagnée de deux cotylédons, et si des affinités 
multipliées ne rattachoient les espèces qui en sont pourvues 
à d'autres espèces bilobées. 

Presque toujours la plumule est nue; mais il s'en faut qu'elle 
«oit toujours saillante. Il est même beaucoup d'embryons où 
l'on n'en découvre aucun indice avant la germination ; et, nvi 
contraire, dans d'autres la gemmule est très-apparente, et elle 



GRA »6g 

repose quelquefois sur une tigelle ( haricot , fève de ma- 
rais , etc.). 

La pluniule la plus remarquable par le développement 
qu'elle prend dans la graine, est celle du nélumbo. Quoique 
repliée sur elle-même , elle a cinq à six millimètres de saillie , 
et elle est verte comme si elle eût végété à la lumière. On y 
voit parfaitement une tigelle cylindrique, deux feuilles pri- 
mordiales dont les pétioles sont très-alongés , et un bouton 
renfermé dans une stipule pétiolaire. Cette plumule est re- 
couverte d'un sac membraneux , autre stipule qui naît de 
l'aisselle des cotylédons. C'est un phénomène unique dans 
l'histoire de la graine. 

Les cotylédons sont attachés à la jonction de la plumule et 
du collet : souvent ils se resserrent à leur point d'insertion, 
et sont comme articulés sur le blastème , ou même ils ont un 
support très-court, une espèce de pétiole comparable à celui 
des feuilles, de sorte qu'on voit distinctement où ils se ter- 
minent ( légumineuses , labiées, etc.). Souvent aussi ils sont 
continus avec le collet ,- et c'est parla profondeur de la fente 
qui les sépare, que l'on marque leur limite (synanthérées , 
nélumbo, ceratopliyllum, poivre, if, etc. ). 

Le nom de dicotylédons, donné aux végétaux de cette 
classe, indique qu'ils n'ont que deux cotylédons; cependant 
ce caractère n'est pas sans exception. On compte trois coty- 
lédons dcinsle cupressus pendula; quatre, dans le ceratophjllum 
deworsum et le pinus inops; cinq , dans le pinus mitis et le pinus 
laricio ; six , dans le cupressus disticha ; sept , dans le pinus mari- 
tima , Vahies alla eiVahies nigra; huit, dans le pinus strohus. 
On en compte jusqu'à douze dans le pinus pinea , etc. 

Il est rare que les cotylédons soient de grandeur inégale, 
comme dans le guarea trichilioides , le ceratophjllum demersum, 
et surtout le trapa natans. 

Les cotylédons sont épais et charnus dans la plupart des 
légumineuses, des rosacées, et en général dans les végétaux 
qui ont peu ou n'ont point de périsperme. Ils sont minces et 
marqués de nervures, à la manière des feuilles, dans les euphor- 
biacées, les sapotillées, les nyctaginées et autres végétaux 
très-périspermés. 

Selon les espèces, les genres et les familles, les cotylédons 



GRxi 

sont larges ou étroits, entiers ou découpés, aplatis ou plisses. 
ou roulés sur eux-mêmes. Ces caractères sont quelquefois d'un 
grand secours pour rapprocher certains fruits de leurs con- 
génères. 

Le nombre et l'importance des rapports rattachent aux di- 
cotylédons des végétaux qui tendent à s'en éloigner par le 
caractère de leurs embryons : tels sont quelques renoncules , 
quelques cierges, la fumeterre bulbeuse et les cyclamens , qui 
n'ont qu'un cotylédon; le lécythis et la cuscute, qui n'en ont 
point. 

Il arrive aussi que des cotylédons, distincts pour l'anato- 
miste avant la parfaite maturité de la graine , s'entre-greffent 
ensuite, et forment parleur réunion un corps qui imite un 
seul cotylédon; c'est ce qu'on soupçonnoit depuis long-temps, 
et ce que M.Auguste de Saint-Hilaire vient démontrer dans 
son excellent Mémoire sur la capucine. 

Une anomalie plus remarquable encore est celle qu'offre 
la graine du manglier, si bien décrite par M. du l'etit Tliouars. 
Le corps cotylédonaire, composé peut-être, comme celui de 
la capucine , de deux cotylédons entre-greffes , a la forme d'un 
bonnet phrygien, et recouvre absolument la plumuie, laquelle 
ne paroît que lorsque le blastème s'est détaché et séparé de ce 
corps, qui reste sous les enveloppes de la graine. 

Embryons monocotylédons. L'embryon monocotylcdon offre 
souvent une masse charnue dans laquelle les divers organes 
sont confondus, et l'inspection de la surface seule ne suffit pas 
pour déterminer leur nature; il faut encore s'aider de l'ana- 
tomie, et même quelquefois de la germination. 

La radicule est un simple mamelon externe, situé à l'une 
des extrémités de la masse de l'embryon dans Vh^acinthus se- 
rotinus , Vornithogalum longibracteatum , le juhcus bufonius , le 
triglochin, l'ognon commun , etc. Elle est également terminale 
dans le canna , le commelina; mais elle y est recouverte d'une 
coléorhize qui fait corps avec elle, tant qu'elle est en état de 
repos, et qui s'en détache par lambeaux quand la graine vient 
à germer. 

Elle est située latéralement par rapport à la masse de l'em- 
bryon , et environnée d'une coléorhize dans les graminées, 
comme Malpighi et Gasrtner l'ont prouvé. 



GRA ^n 

La plumule est nue et plus ou moins saillante dans le 20»- 
tera, le ruppia , grand nombre de cypéracées, toutes les gra- 
minées , le riz excepté. 

Elle est coléoptilée et par conséquent invisible k l'exté- 
rieur dans les autres monocotylédons; mais, au moyen de la 
dissection , on la découvre souvent sous sa coléoptile. 

Les plumules nues ont une tigeile et une gemmule. La ti- 
gclle est cylindrique; la gemmule a la forme d'un cône, et 
elle est composée de plusieurs rudimens de petites feuilles en- 
gaînées les unes dans les autres, La plus extérieure de ces 
feuilles forme un étui clos de toutes paris, que je nomme pi- 
léole. Il ne faut pas confondre la piléole et la coléoptile: la 
coléoptile est une simple cavité du cotylédon ; la piléole , sé- 
paré^' du cotylédon par le tigeile à laquelle elle adhère infé- 
rieurement, n'a rien du tout de commun avec lui. Quoi qu'il 
en soit, il n'est pas aisé de distinguer la piléole de la coléoptile 
avant la germination , à moins que dès l'origine la tigeile ne 
soit apparente comme dans le zos^era et quelques graminées. 

Le cotylédon est toujours latéral par rapport à l'axe du 
blastème. Il constitue la majeure partie de la masse des em- 
bryons, dont la radicule et la plumule sont contiguës ( canna, 
triglochin, etc. ). 

Sa forme est sujette à beaucoup de variations. Il est cylin- 
drique dans l'ail, le pontederia cordata; conique dans le ruci- 
fera ihebaica, etc. ; fongiforme dans le musa coccinea , le scir- 
pus sjlvaticus, le carex vulpina, etc. ; renflé en massue dans le 
canna, le leucoium vernum ; large et plat dans le po^/ios crassi- 
nervia, le ravenala de Madagascar; ovoïde et fendu longitudi- 
nalement dans le zotktra ; en écusson plus ou moins alongé 
et diversement modifié, dans les graminées. 

Celte dernière famille présente dans la structure de son em- 
bryon des anomalies remarquables. Le cotylédon du riz est 
complètement refermé sur la plumule, en sorte que celle-ci a 
une véritable coléoptile; mais la gemmule est pourvue d'une 
piléole. C'est jusqu'à présent le seul exemple que l'on puisse 
citer de l'existence de la piléole et de la coléoptile dans le 
même embryon. Le cotylédon du holcus et du maïs a deux 
lames ou appendices antérieurs en forme de lèvres qui se 
touchent par leurs bords, et cachent la plumule, le collet ft 



27'i G Pi A 

la coléorhize. Le cotylédon du lolium teniulentuni a deui ap^ 
pendices, comme le holcus et le maïs ; mais les bords de ce» 
appendices, ne se touchant pas, laissent le reste de l'embryou 
à découvert. Le cotylédon de l'œgilops et du cornucopiœ n'a 
point du tout d'appendices antérieurs; enfin la radicule de ce 
dernier, au lieu de s'incliner vers la base du fruit, à la façon 
des radicules des autres graminées, se redresse brusquement , 
et monte dans la direction de la plumule. 

L'embryon est quelquefois muni d'un lobule , rudiment de 
la feuille, qui se développe du côté opposé au cotylédon , sous 
la forme d'une lame charnue. La petitesse du lobule est cause 
que peu de botanistes ont remarqué cet organe. Il représente 
imparfaitement une seconde feuille cotylédonaire.Il se montre 
dès avant la germination dans le lolium , l'a-gjlops , le blé , 
l'avoine, et , seulement après la germination , dans l'asperge. 

Les cycas elles zamia , qui forment une petite famille sous 
le nom de cycadées, ont constamment deux cotylélons , et 
l'ensemble des caractères delinflorescence et de la fructifica- 
tion les rapproche des conifères, végétaux polycotylédons , 
tandis que la structure interne et le mode des développemens 
les ramènent 'auprès des palmiers, et ne permettent guère 
qu'on les en sépare. C'est un exemple frappant de ces analo- 
gies croisées qui ébranlent les bases de toutes nos méthodes 
systématiques. 

Situation des embryons monocotylédons et dicotjlédons ^ relati- 
vement aux autres parties de la graine. Les espèces qui se rap- 
prochent par l'ensemble de leurs caractères, diffèrent bien 
rarement par la situation de leur embryon. Remarquez qu'il 
n'est pas question ici de la place qu'occupe l'embryon re- 
lativement au péricarpe, mais de celle qu'il occupe relative- 
ment au hile et au périsperme : ce qui est très-dififérent. 

L'embryon des conifères traverse le périsperme comme un 
axe; celui des atriplicées l'entoure comme un anneau; celui 
des nyctaginées, en se recourbant sur lui-même , l'environne 
de toutes parts; celui du cycalmen , du polygonum , se porte 
d'un seul côté de la graine: celui des palmiers, du bananier, 
despapavéracées , du poivre, du nénuphar, des olacinées, des 
renonculacées , des ombellifères , est relégué dans une cavité 
tout-à-fait ex- entrique; celui des convolvulacées reçoit, dans 



GRA 127S 

ses sinuosités nombreuses, les plis d'un përisperme mince et 
luucijagineux. 

La radicule, qui aboutit au hile dans la plupart des graines, 
s'en éloigne sensiblement dans le commelina , le tradescantia, 
l'asperge, le cyclamen, et elle se dirige vers le point diamé- 
tralement opposé dans l'acanthe et le sterculia halanghas. 

Pour la clarté des descriptions, nous devons fixer ce que 
nous appelons la base de la graine. Le hile, étant presque tou- 
jours la partie la plus apparente de la surface de la lorique et 
du tegmen , et servant à unir la graine à la plante-mère , a été 
proposé par quelques botanistes comme point basilaire , etmé- 
ritoit cette préférence. Une fois la base reconnue, il semble 
que, pour trouver le sommet, il suffise d'assigner le point si- 
tué à Topposite du hile ; et, en efFet, quand la graine a une 
forme régulière, et qu'elle s'alonge sensiblement dans une 
direction déterminée , un axe fictif qui part du hile, indique 
1 sommet par son extrémité, supérieure. Maissouventla forme 
de la graine est affectée de telles irrégularités, qu'il est bien 
difficile de dire où il convient de placer le sommet , ce qui 
d'ailleurs est un léger inconvénient dans la pratique; car l'ex- 
périence prouve que, dès qu'on a trouvé la base d'une graine 
quelconque, on peut énoncer avec précision et clarté la situa- 
tion de l'embryon, et c'est ce caractère qu'il importe surtout 
de faire connoître. Mirbel , Elémens de Physiologie végé- 
tale , etc. (Mass.) 

GRAINE D'AMOUR ou BLÉ D'AMOUR ( Bot.) , noms vul- 
gaires du grémil officinal. (L.D.) 

GRAINE DE L'ANSE {Bot.), nom des amandes renfermées 
à Cayenne dans le fruit d'un omphalier, omphaleadiandra, qui 
croît dans des anses, surle bord de la mer.On mange sans danger 
le périspermc charnu de cette graine, dont il faut rejeter avec 
soin l'embryon, qui purgeroit violemment. Une autre espèce 
congénère , naturelle à Saint-Domingue , porte des graines que 
l'on mange aussi dans cette colonie, sous le nom de noisettes, 
mais toujours avec la précaution d'en ôter l'embryon. (J.) 

GRAINE D'AVIGNON, GRAINE JAUNE {Bot.) , noms vul- 
gaires du petit fruit du rhamnus infectorius, très-commun aux 
environs d'Avignon , et employé pour teindre lessoiesen jaune. 
On le récolte , pour cette raison, en abondance, dans la Pro- 
vence, où il est nommé granetto parles paysans. (J.) 
19. i8 



274 GRA 

GRAINE DE BAUME. (Bof.) Chôme! a, dans ses riante* 
usuelles, désigné sous ce nom le carpobalsainum des pharma- 
cies, qui est le fruit de Vamyris opobalsamum , arbre duquel 
découle le baume de la Mecque. (J.) 

GRAINE DE CANARIE ou DE CANARTS. (Bot.) On con- 
rioit , sous ce n om , l'alpiste , phalaris canariensis , qui est origi- 
naire de l'île de Canarie, et que l'on cultive pour nourrir, avec 
ses graines, l'oiseau canaris ou serin , provenant primitivement 
du même lieu. Le même nom est quelquefois donné au millet^ 
paniciirn miliaceum, qui sert au même usage. (J.) 

GRAINE EN CŒUR. (Bot.) C'est le corisperme. (L.D.) 

GRAINE A DARTRES. (Bot.) C'est la graine d'une casse, 
eassia tara, nommée aussi arbre à dartres, dont la farine ea 
bouillie est appliquée avec succès sur certaines dartres. Le 
même nom est donné, dans la Guiane, suivant Aublet, au va- 
tairca, qui est le dartrier de Cayenne, et dont la graine est 
employée dans les menus maladies. (J.) 

GRAINE D'ÉCARLATE. {Bot.) Ce nom a été donné mal 
à propos à l'insecte kermès, qui se nourrit sur une espèce de 
chêne, dont il passoitanciennementpour être le fruit, ou une 
petite galle ayant la forme d'une graine, dont on tiroit une 
belle couleur écarlate. (J.) 

Voyez Cochenille. (C.D.) 

GRAINE DE GIROFLE. ( Bot.) C'est , suivant le Dictionnaire 
Economique, la gi'aine du bois d'Inde, qui selon les uns est le 
bois de campêche,et, selon d'autres, un myrte, niyrtu s pimenta, 
lequel, par son organisation et son fruit, a beaucoup plus d'af- 
finité avec le girolle. On a encore cru que ce pouvoit être le 
fruit d'un amome. (J.) 

GRAINE JAUNE. (Bot.) Voyez Graine d'Avignon. (J.) 

GRAINE KERMESIENE.(Bo?.) C. Bauhin cite , sous le no-m 
de graine kermesiene, d'après Belon, le petit myrte de Ta- 
rente, variété du myrte ordinaire. (J.) 

GRAINE MACAQUE. ( Bot. ) Ce nom est donné h plu- 
sieurs végétaux dont les singes macaques mangent les fruit» 
ou graines. Aublet le cite pour son moutabea ; Barrere pour 
une espèce de melastome, melastoma Ice^'lgatade Linnaeus. (J.) 
GRAINE DES MOLUQUES. (Bot.) Voyez Ghalne de Tillu 
(J.) 



GRA .75 

GRAINE DE MUSC , GRAINE MUSQUÉE. ( Bot.) C'est !a 
grain-e de la ketinie odorante, hibiscus abelmoschus , qui sent le 
musc et que l'on emploie pour les parfums. (J.) 

GRAINE D'OISEAU. ( Bot. ) Voyez Graine de Canari k. 
CL.D.) 

GRAINE ORIENTALE ( Bot. ) , un des noms donnés à U 
coque du Levant, menispernum de Linnaeus , suivant le Dic- 
tionnaire économique. (J.) 

GRAINE DE PARADIS (Bot.)-, du nom grana paradisi, 
donné à une espèce d'amome. ( J. ) 

GRAINE PERLÉE (Bot.), un des noms vulgaires du grcaui 
oflicinal. ( L. D. ) 

,GRAINE DE PERROQUET. ( Bot. ) C'est celle du carthame 
ou safran bâtard , dont on nourrit les perroquets. ( J. ) 

GRAINE PERUCHE. (Bot.) C'est le celtis micranthus , qui 
est ainsi nommé à Cayenne, suivant M. Richard. ( J.) 

GRAINE DE PSYLLION. {Bot. ) C'est la semence du plan- 
tain des sables. ( L. D. ) 

GRAINE ROYALE. (Bol.) C'est le granum regium de Mé- 
sué, médecin arabe; le ricin ordinaire, ricinus commurus. 
(J.) 

GRAINE A TATOUS. {Bot.) Suivant Aublet, ce nom est 
donné dans la Guiane au fruit de son amaioua, parce que les 
tatous le mangent volontiers. (J. ) 

GRAINE DE TILLI. ( Bot. ) C'est sous ce nom et sous celui 
de grana tiglia que le croton tiglium , éminemment purgatif, est 
désigné dans les matières médicales. Il est aussi un des pignons 
d'Inde, ainsi que le ricin. On le trouve encore dans Rumpti 
sous le nom de graniiin rnoluccum, graine des Mohiques. ( J.) 

GRAINE TINCTORIALE. {Bot.) Le nom de granum tincto- 
riuma. été donné mal à propos, par quelques anciens, à l'insecte 
kermès qui vit sur une espèce de chêne peu élevé, et que l'on 
a pris long-temps pour un fruit ou pour une galle croissant sur 
cet arbrisseau. ( J.) 

GRAINE DE TURQUIE {Bot. ) , un des noms vulgaires du 
maïs. ( L. D.) 

GRAINE A VERS. {Bot.) Suivant M. Richard, on nomme 
ainsi à Cayenne le chenopodiuni anthelmintictim , qui y est em- 
ployé comme vermifuge. ( J. ) 

i3. 



s/b GRA 

GRAINE VERTE. (Bot.) Clusius dit qu'Avicenne , méde- 
cin arabe, nommoit granum viride l'amande du pistaciiier, qui 
en effet est verte. ( J.) 

GRAINES. ( Foss. ) Voyez Fruits fossiles. ( D. F. ) 
GRAINETTE. (Bot.) C'est la même chose que la graine 
d'Avignon. ( L. D.) 

GRAINZARD. (Ornith.) On appelle ainsi , dans le départe- 
ment de l'Ain , la sarcelle commune , anas querquedula , 
Linn. ( Ch. D. ) 

GRAISSANE. (Bot.) On donne ce nom en Provence à une 
variété de figue. (^L. D. ) 

GRAISSES. (Chim. ) Les graisses ont long-temps passé pour 
des principes immédiats. Une suite de cette manière de voir 
étoitdedistinguer autant d'espèces qu'ily avoit de graisses diffé- 
rentes l'une de l'autre, sous le rapport de la fusibilité, de 
l'odeur et de la couleur. Mes expériences (i) ont établi qu'il 
n'en est point ainsi; que les graisses sont essentiellement 
formées de deux principes immédiats, la stéarine fusible à 5o 
degrés environ, et l'élaïne qui est encore liquide à zéro ; que 
le degré de fusibilité de chaque sorte de graisse dépend de 
la proportion des deux principes immédiats qui la consti- 
tuent. Quant à la couleur et à l'odeur de plusieurs graisses , 
j'ai fait voir qu'elles appartiennent à des corps distincts 
des deux précédens, et que le principe de l'odeur est surtout 
remarquable en ce qu'il se trouve généralement, lui ou ses 
élémens, en combinaison avec l'élaïne ou ses élémens. J'ai étendu 
ces résultats aux huiles végétales, particulièrement à l'huile 
d'olive. 

Exposons les propriétés que présentent les graisses d'homme , 
de porc, de mouton, de bœuf, de jaguar et d'oie. 

Couleur. Toutes ces graisses sont incolores "à l'état de pu- 
reté; mais la graisse d'homme et celle de jaguar sont presque 
toujours colorées en jaune, par un principe soluble dans l'eau 
et qui paroît être susceptible de se décomposer lorsque ces 
graisses sont exposées, à une température de loo degrés, aux 
actions réunies de l'air et de l'eau. La graisse de bœuf est 
quelquefois colorée en jaune. 

(i) Dan» un m«m-oire et une note lus à l'Institut le ^ avril iSi... 



GRA »77 

Odeur. La graisse d'homme est inodore ,• celles de porc et 
de mouton n'ont qu'une très-légère odeur. La graisse d'oie en 
a une agréable, et la graisse de jaguar en répand une assez 
forte qui est très-désagréable. 

Fusibilité. — Graisse d'homme. Sa fusibilité varie. Une graisse 
extraite des reins d'un homme qui avoit été supplicié, étoit 
parfaitement fluide à 40 degrés; elle l'étoit encore à 26 de- 
grés : mais , à 2 5 degrés , elle se troubloit ; à 2 3 degrés elle étoit 
demi-opaque; enfin à 17 degrés elle étoit prise en une seule 
masse, dans laquelle on distinguoit une matière concrète 
blanche et une huile jaune. 

Une graisse extraite des cuisses d'un homme mort d'une 
maladie aiguë , parfaitement limpide à i5 degrés, ayant 
été abandonnée à elle - même à cette température dans 
un flacon fermé, déposa une substance concrète : au bout 
de quinze jours elle n'étoit point encore prise en une seule 
masse solide ; une huile jaune surnageoit sur la graisse con- 
crète. 

Cette différence de fusibilité tient à la proportion res- 
pective de la stéarine et de l'élaïne. La partie concrète est 
une combinaison d'élaïne avec excès de stéarine ; la partie 
liquide , une combinaison de stéarine avec excès d'élaïne. 

Graisse de porc. Un thermomètre plongé dans la graisse 
fondue à 5o degrés, marque 2 ô^jgS , quand la graisse se fige; 
il reste stationnaire quelques instans ; mais, par l'agitation , il 
remonte à 27 degrés. 

Je ferai observer que, dans les années de disette où l'on est 
forcé de diminuer la nourriture habituelle des cochons, la 
graisse de ces animaux est plus fluide, parce qu'elle est moins 
abondante en stéarine; dans cet état, elle ne peut servira plu- 
sieurs préparations pharmaceutiques, qui exigent une graisse 
qui se fige à 27 degrés. 

Graisse de jaguar. Un tliermomètre, plongé dans la graisse 
fondue à 40 degrés, descend à 2g degrés, et remonte à 2g, 5 
quand la plus grande partie de la graisse se fige : je dis , la plus 
grande partie, parce qu'il en reste une portion qui refuse de 
se figer à cette température. 

Graisse de bœuf. Le thermomètre descend à 5? degrés, ei 
remonte à ôg degrés quand la graisse se fige. 



278 GRA 

Graisse de mouton. Il y en a qui se fige de Zj à 09 degrés, 
d'autres de 40 à 41 degrés. 

Graisse (Voie. Elle se solidifie à 27 degrés comme la graisse 
de porc. 

Solubilité dans r alcool. 100 parties d'alcool à 0,8} 6, bouillant, 
ont dissous 

2,80 de graisse de porc. 

joo parties d'alcool à 0.821, bouillant, ont dissous: 
2,48 de graisse d'homme. 
2,1!^ de graisse de jaguar. 
2,26 de graisse de mouton. 
2,62 de graisse de bœuf. 

C'est en traitant les graisses de mouton , de bœuf, de porc et 
d'oie par l'alcool, que je suis parvenu à en faire l'analyse, parce 
que la partie qui se dépose de l'alcool par le refroidissement, 
est un composé de stéarine et d'élaïne , dans lequel la première 
est à la seconde dans une proportion plus grande que dans la 
graisse qui a été dissoute. En répétant plusieurs fois la disso- 
lution du composé dont nous parlons, on parvient à isoler li 
stéarine entièrement ou presque entièrement de l'élaïnc. La 
portion de la graisse qui reste en dissolution dans l'alcool, re- 
froidie, est un composé de stéarine avec un grand excès d'é- 
laïne. En évaporant l'alcool, et abandonnant ce composé <à lui- 
même à une température suffisamment basse, il se précipite 
de la stéarine ; on sépare celle-ci au moyen d'un filtre, et on 
expose le liquide filtré à une température plus basse que la 
première fois, afin d'en précipiter de nouvelle stéarine. En 
répétant plusieurs fois ces opérations, on obtient des éiaïnes 
qui sont encore liquides au-dessous de zéro. Il est inutile de 
dire que les stéarines qui se précipitent de l'ëlaïne retiennent 
un peu de cette dernière en combinaison. 

On peut encore faire l'analyse de ces graisses en les traitant 
avec de l'alcool concentré froid; celui-ci dissout proportion- 
nellement plus d'élaïne que de stéarine. 

Lorsque les graisses contiennent beaucoup d'élaïne, comme 
îa graisse d'homme, on les analyse en les exposant à des tem- 
pératures de plus en plus basses, et en en séparant la stéarine qui 
&'en précipite à chaque exposition, ainsi qu'on le fait pour 



GRA 279 

îes combinaisons de stéarine avec excès dVlaïne, qui provien- 
nent de graisses de porc, de bœuf, de mouton, etc., que l'on 
a traitées par l'alcool. 

Je ferai observer que les principes colorans et odorans qui 
peuvent exister dans les graisses, se retrouvent dans les 
élaïnes ; c'est ce qui rend l'extraction de Ces dernières plus 
diiîîcile que celle des stéarines. 

Acidité. Les graisses dont nous avons parlé sont sans action 
sur le papier de tournesol, soit qu'on les mette immédiatement 
en contact avec le papier de tournesol, soit que l'on mêle 
leurs solutions alcooliques avec la teinture de cette matière 
colorante. 

Saponifcaiion. Toutes les graisses sont susceptibles d'être 
converties, par l'action de la potasse ou d'une base alcalins 
énergique, en principe doux et en acides margarique et 
oléique. (Voyez Saponification.) 

JNous renvoyons au même mot ce qui est relatif à la compo-. 
sition de tous les corps gras que nous avons examinés. 

Rancidité. Les graisses exposées à l'air et à la lumière devien- 
nent acides et acquièrent une odeur piquante, qui est connue 
sous le nom de rance. Je me suis assuré que, dans cette circons- 
tance, il se produit un acide volatile, dont l'odeur est très-forte 
et assez analogue à celle de l'acide acétique. Cet acide peut 
être obtenu à i'état d'un hydrate incolore plus léger que l'eau , 
ayant l'apparence d'une huile essentielle ; 100 de cet acide 
m'ont paru saturer 114,127 de baryte. 

Usages. Les graisses sont employées comme combustibles 
pour l'éclairage , à cause de la grande quantité de carbone et 
d'hydrogène qu'elles contiennent ; plusieurs le sont comme 
aliment. La graisse de porc entre dans la composition de quel- 
ques préparations pharmaceutiques. Enfin toutes peuvent 
servir à la fabrication du savon. (Ch.) 

GRAISSET. (Erpét.) On appelle ainsi la raine verte dans 
quelques unes de nos provinces. Voyez Raine. ( H. C. ) 

GRÂISSON (IchthyoL) , un des noms vulgaires du hareng 
sur les côtes septentrionales de l'Océan. Voyez Cluvée. (H. C-) 
GRklS. ( Mia. ) Voyez Gués. ( liaARo. ) 

GRAJO. (Ormth.) Ce nom et celui de graja désignent, en 
espagnol, le geai commun, coryus glandarius , Linn, (Ch. D.) 



aSo GRA 

GRAKLE ( Ornith. ) , nom aiigîois du choncas , torvus mone- 
dula, Linn. ( Ch. D. ) 

GRALIO. (Ornith.) Les anciens donnoient ce nom et ceux 
d'agraulo , graule et grolle, à la corneille mantelée, corvus cor- 
nix, Linn. ( Ch. D. ) 

GRALLA (Ornith.), nom catalan du geai commun, co»v«s 
glandarius , Linn. (Ch.D.) 

GRALLA ( Orri(7?i.) , dénomination latine d'un ordre d'oi- 
seaux de rivage qu'on appelle en françois gralles ou grallipèdes , 
et plus généralement échassiers. (Ch. D. ) 

GRALLARIE. ( Ornith.) On a annoncé, au mot Fourmilier , 
que M. Vieillot avoit, sous ce nom, en latin grallaria, formé 
un genre de l'espèce vulgairement appelée roi des fourmiliers ; 
et, quoiqu'on ne l'ait pas, comme ce naturaliste, extraite de 
la famille à laquelle jusqu'à présent elle avoit été réunie, il 
n'en est pas moins convenable de faire ici connoître les carac- 
tères particuliers que M. Vieillot a donnés à son nouveau genre : 
ils consistent dans un bec droit, caréné en dessus, échancréet 
courbé à la pointe de sa partie supérieure ; des jambes élevées 
et à demi nues ; une queue très-courte ; des ailes courtes et 
arrondies. ( Ch. D. ) 

GRALLATORES (Ornith.), dénomination latine, adoptée 
par Illiger et par M. Temminck pour désigner les échassiers, 
grallœ de Linnseus, dont les pieds sont longs , grêles et plus ou 
moins nus au-dessus du genou. ( Ch. D. ) 

GRALLIPÈDES. ( Ornith. ) Ce terme , correspondant à 
échassiers, a été employé par M. Vanderstegen de Pufte, dans 
son Cours d'Histoire naturelle, pour désigner les oiseaux à longs 
pieds qui fréquentent les marais et en détruisent les animal- 
cules. (Ch.D.) 

GRALLINE, Grallina. (Ornith.) Ce genre a été établi par 
M. Vieillot, sur une espèce trouvée à la Nouvelle- Hollande 
et qui existe au Muséum d'Histoire naturelle de Paris. Lagral- 
line, qui fait partie de l'ordre des sylvains et de la famille des 
chanteurs, a pour caractère : Un bec droit et légèrement con- 
vexe en dessus j la mandibule supérieure un peu courbée vers 
le bout et échancrée; l'inférieure entière; les narines arron- 
dies; la langue glabre; les tarses longs; les trois doigts anté- 
rieurs petits et grêles ; l'ongle du doigt postérieur ^\i% robuste 



et Port crochu; la penne bâtarde courte, et les deuxième et 
troiiièaie rémiges les plus longues. 

La seule espèce connue jusqu'à ce jour est la gralline noire 
et blanche, grallinamelanoleuca, Vieil., laquelle est de la taille 
de la grive-draine, et présente , dans son port, une certaine 
analogie avec le vanneau huppé. Le mâle a les sourcils, les côtés 
du cou, le croupion, une grande ])artie de la queue, le bas 
delà poitrine et le ventre, blancs ; une bande de la même 
couleur s'étend longitudinalement sur le devant de Taile, et 
le reste du plumage est noir, ainsi que les i)ieds et le bout 
du bec. La femelle a la gorge et le front blancs. On ne con- 
noit rien sur les mœurs ni sur les alimens de cet oiseau, qui 
est figuré, pi. E., 02, n." 1 , du Nouveau Dictionnaire d'His- 
toire naturelle. ( Ch. D. ) 

GRAMALLA. ( Bot.) Suivant Clusius, les Maures qui habi- 
tent le royaume du Decan nomment ainsi la casse purgative. 
(J.) 

GR AME ( jBoi. ) , nom François ancien des plantes graminées 
non céréales, auquel on ajoutoit un surnom pour désigner quel- 
ques espèces particulières. Ce nom est encore vulgaire en Pro- 
vence pour les mêmes plantes : le chiendent des boutiques, 
triticum repens , est le grama des Portugais , le gramenas des Lan- 
guedociens ; le panicum sanguinale est l'ancien grame de la 
manne, gramea mannce. ( J.) 

GRAMEN. {Bot.) Tournefort et ses prédécesseurs réunis- 
soient sous ce nom toutes les plantes graminées qui n'étoient 
pas remarquables par un usage économique spécial. Ce genre 
a été subdivisé avec raison en plusieurs, dont le nombre a été 
singulièrement augmenté depuis quelque temps. (J.) 

GRAMINÉES. {Bot.) Famille de plantes très-naturelle et 
généralement avouée, tirant son nom de celui de gramen ^ 
sous lequel on désignoit anciennement tous les végétaux or- 
ganisés cemme le blé et les antres plantes céréales , mais dont 
les graines trop menues ne peuvent former un aliment conve- 
nable, ni pour l'homme, ni pour les animaux. On tire pour 
ceux-ci un parti plus avantageux des autres parties de ces 
plantes qui donnent un fourrage plus ou moins estimé. 

Les graminées sont placées dans la classe des monohypo- 
gjnesj ou monocotylédones à étamines insérées sous l'ovaire. 



.:5. GRV 

Le nombre de ces étamiiics n'est pas le même dans les diffé- 
reiis genres de cette série, dont quelques uns ont de plus, ou 
des fleurs diclines, mâles ou femelles, par suite d'avortement, 
ou des fleurs polygames, c'est-à-dire, unisexuelles, mêlées avec 
des hermaphrodites. Ces différences avoient échappé à Tour- 
nefort, qui, dans sa Méthode, a pu laisser, dans une seule classe, 
le groupe indivis: elles ont au contraire forcé Linnaeus , en- 
traîné par son système , à répartir les graminées , par par- 
celles , dans plusieurs de ses classes, et de séparer ainsi ce que 
la nature a évidemment réuni. Cet inconvénient est plus ou 
moins inhérent à tout système arbitraire. Les principes de la 
méthode naturelle ne permettent pas cette séparation, et ils 
prescrivent un autre plan de distribution de ces genres. Pour 
pouvoir mieux déterminer ce plan, il convient de présenter 
auparavant le caractère général de la famille. 

Les fleurs sont placées ou rassemblées dans des locustes uni 
ou biflores ou multiflores , nommées épillets par quelques au- 
teurs. Ces locustes sont garnies à leur base d'une ou, plus 
ordinairement, deux écailles ou spathes , nommées glumes 
[calice de Linnaeus) , insérées sur le support des fleurs , le plus 
souvent à des hauteurs dilTérentes, de sorte que l'inférieure 
embrasse la supérieure. Chaque fleur d'une locuste est égale- 
ment entourée d'une ou , plus ordinairement, de deux autres 
écailles nommées balles ou paillettes (corolle de Linnasus ) , 
conformées et disposées de même que les glumes. L'ovaire, 
placé entre ces balles, est simple , surmonté de deux styles et 
deux stigmates, le plus souvent garnis à leur sommet de poiis 
eu forme daspersoir, ou d'un seul style terminé par un ou deux 
ou trois stigmates pareils. Les étamines insérées sur son sup- 
port sont orditiairement au nombre de trois, rarement d'une , 
ou deux ou six ( indéfini dans le seul pariana ). Leurs filets 
sont distincts; les anthères, alongées et biloculaires, sont por- 
tées, par le milieu, surleur filet, etlibres aux deux extrémités, 
qui sont bifides ou bilobées par suite de la séparation des ex- 
trémités de leurs loges. L'ovaire est encore souvent accom- 
pagné de deux petits corps en forme d'écaillés, nommés pour 
cette raison squamules , placés entre les étamines , mais un peu 
plus extérieurs. Il devient, en mûrissant, une graine ( en- 
riapse de M. Richard) , tantôt nue , tantôt enveloppée datts 



GRA »85 

1.1 balle intérieure subsistante. Cette graine est composée d'un 
jiérisperme farineux, creusé, vers s;i base , d'une fossette laté- 
rale, dans laquelle est placé l'embryou monocolylédone ; l'un 
et l'autre sont recouverts d'un double tégument membraneux. 
Les racines sont ordinairement fibreuses et capillaires : les 
liges, ligneuses dans le bambou et quelques roseaux, sont 
herbacées dans toutes les autres grauànées, et connues alors 
sons le nom de chaume. Elles sont cylindriques , noueuses de 
distance en distance , et ordinairement fistuleuses dans les 
intervalles, quelquefois cependant remplies de moelle. De 
chaque nœud sort une feuille embrassant la tige par sa base, 
conformée en gaine fendue d'un côté dans sa longueur, qui. 
se prolonge du côté opposé en une languette plus ou moins 
longue, plane et ordinairement linéaire. Des gaines supé- 
rieures sortent les ileurs portées sur, un axe ou pédoncule 
commun, et disposées en tête ou en épi simple ou rameux, 
plus ou moins serré, ou en panicule plus ou moins lâche. 

Celte famille, reconnue par tous les botanistes comme très- 
naturelle, est remarquable parle port des plantes qui la coui- 
j)osent, leurs ileurs glumacées , l'unité de graine , l'existence 
d'unpérisperme farineux, la structure et la situation de l'em- 
bryon , ainsi que sa manière de germer. Le périsperme, par- 
tie la plus volumineuse delà graine, estrecouvert d'un double 
tégument. Il est convexe d'un côté, à la base duquel est prati- 
quée une fossette dans laquelle est niché l'embryon caché sous 
lus tégumens; au côté opposé on trouve souvent un sillon dans 
lequel est cachée la base indivise des styles partant du bas et 
ne se partageant en deux qu'à la sortie du sillon, de sorte 
que celles des graminées auxquelles on attribue deux styles , 
peuvent être regardées plutôt comme n'en ayant qu'un seul, di- 
visé à quelque distance de son origine. Loi"sque le style part 
directement du sommet de la graine, il est plus ordinaire- 
ment simple et divisé seulement au sommet. La partie de 
l'embryon, appliquée contre le fond de la fossette, est so- 
lide, élargie et convexe en forme de bouclier. CcslleviteUus de 
Csei'tnerjïlijpohlaste de M. Richard; nous le regardions comme 
je cotylédon. Sa partie antérieure et externe donne naissance 
à un autre corps plus petit et plus étroit, presque cylindrique, 
(]ui est le hlaste de INI, liichard ; celui-ci est presque cyiiu- 



»84 GRA 

(Irique, libre à ses deux extrémités supérieure et inférieure^ 
et souvent garni antérieurement vers son milieu d'un appen- 
dice unguiforme, que M. Richard nomme épiblaste. L'embryon 
est appliqué contre le périsperme sans lui adhérer, à moins 
que ce ne soit par sa base au moyen de vaisseaux que l'œil 
n'aperçoit pas , ou par l'intermède d'un tissu utriculaire. 
On n'a même pu établir son point de contact avec le style, 
contact qui existe sûrement et ne peut avoir lieu qu'à la 
base. Si l'on veut suivre la germination d'une graine de gra- 
minées, on observe d'abord qu'elle se renfle sans que le vo- 
lume et la forme de l'hypoblaste éprouvent aucun change- 
ment. Les tégumens commencent à se rompre devant le 
blaste , qui en même temps prend de l'accroissement. Le 
périsperme se ramollit : la partie supérieure du blaste, pa- 
roissant sortir d'une gaîne , et nourrie probablement par 
l'hypoblaste et par le périsperme, s'élève, et bientôt, se re- 
jetant sur le côté, laisse échapper , d'une fente ou fossette la- 
térale, une jeune pousse qui est le rudimentde la tige, du côté 
de laquelle sort bientôt une jeune feuille à base engaînée. 
Le blaste se prolonge inférieurement en un corps qui paroît 
être la radicule, mais ne se développe pas à la manière dts 
radicules des graines dicotylédones. Ce corps est bientôt 
arrêté dans sa croissance, et laisse ensuite' échapper, par 
des fentes latérales, bordées d'un bourrelet, une ou plusieurs 
autres radicules ou petites racines, revêtues chacune de leur 
épiderme propre, non continu à celui du corps primitif. Ces 
radicules deviennent les véritables racines de la plante. 

On n'est pas absolument d'accord sur la nature et les fonc- 
tions de chacune des parties énoncées : nous avions indiqué 
dans le Gênera la partie nommée ici hypoblaste comme le 
véritable cotylédon, la partie supérieure du blaste comme la 
plumule, sa portion supérieure rejetée sur le côté comme une 
première feuille radicale, laissant échapper de sa fente ou 
gaine la jeune tige. Cette opinion a été adoptée par M. Mirbel 
et plusieurs autres. M. Richard pense, au contraire, que son 
hypoblaste fait partie du corps radiculaire , et que la partie 
supérieure du blaste , rejetée sur le côté, est le vrai cotylé- 
don. Nous nous contentons d'exposer ici ces opinions contra- 
dictoires, sans les discuter. 



GRA 28S 

On a encore nommé diversement les parties qui accom- 
pagnent ou entourent les organes sexuels. Linnseus y irouvoit un 
calice ordinairement bivalve, uni ou bi ou multiflore, une co- 
rolle toujours uniflore, le plus souventbivalve , et deuxécailles 
plus intérieures n'existant pas toujours. N'admettant pas de 
corolle danslesmonocotylédones, nous avons, dans le Gênera, 
nommé glume, le calice de Linnœus -, sa corolle étoit pour 
nous un calice; et nous n'avions pas changé le nom des écailles. 
Bcauvois, dans son Agrostographie, appeloit balle ou tegmen 
l'enveloppe extérieure, composée de deux glumes -, l'enve- 
loppe intérieure est pour lui un stragule , dont les deux par- 
ties sont des paillettes , et il nomme lodicules les deux écailles 
plus intérieures. D'autres, tels que M. Desvaux, font de ces 
trois ordres d'enveloppes des glumes, des glumelles, des glu- 
mellules. sans égard pour les dimensions des glumelles, assez 
souvent plus grandes que les glumes. Plus récemment M. Tur- 
pin ( Mém. Mus. Hist. nat., 5, pag. 426) émet une opinion 
nouvelle. Comparant les enveloppes des graminées à celles 
des palmiers , et trouvant , avec raison, entre les unes et les 
autres beaucoup d'analogie, il nomme les deux plus exté- 
rieures , bractées communes à une ou plusieurs fleurs ; les deux 
intérieures, propres à une seule ileur, sont pour lui des pe- 
tites spath es ou spathelles. Regardant ensuite les deuxécailles 
ou squamules comme ayant de l'affinité avec ce que l'on 
nomme disque dans d'autres fleurs, et qui est pour lui uu 
phycostème , il applique ce dernier nom à ces écailles. Il les 
a observées avec soin : lorsqu'elles existent, elles sont le plus 
souvent au nombre de deux , placées alors sur les deux côtés 
entre les étaniines ; s'il y en a trois, comme il l'a vu dans le 
bambou, cette dernière est placée devant laspathelle interne 
dans le point resté nu, lorsqu'il ne s'en trouve que deux. Il 
observe encore que, lorsqu'il y a six étamines, trois sont op- 
posées intérieurement aux écailles , et trois alternes avec 
elles. 

En ne repoussant point les analogies indiquées par M. Tur- 
pin, et en trouvant même qu'il y a identité de fonctions dans 
quelques organes décrits, il ne nous paroît pas indispensable 
de changer les noms déjà anciens de ces organes. Le nom de 
glumes peut être conservé pour les deux parlirs de l'enve- 



sSfî GPxA 

]oppeextéri(^«re, surtout si l'on observe qtie celui de l)i'act<5<-.s 
e^t rarement employé pourlcs plantes monocotylédoiies, dans 
lesquelles on décrit plus oi-diu;iirement des spalhes. Dans cis 
mêmes piantcson indique comme spathelles desspatlies bea\i- 
coup plus petites, cachées sous les premières et accompagnant 
une lleur. Les deux parties de l'enveloppe intérieure des gra- 
minées sont assez sou vent plus graudes que celles de l'extérieure, 
et dès lors un nom diminutif leur convient moins : pourquoi 
ne les laisseroit-on pas sous le nom plus usité de balles ou 
paillettes? Quant aux écailles plus intérieures, est-il certain 
qu'elles participent de la nature d'un disque, et ne pour- 
roit-on pas également ou mieux les prendre pour deux divi- 
sions d'un vrai calice, • d'après leur situation relativement 
aux étamlnes et au pistil? Jusqu'à ce que la question soit dé- 
cidée, on peut toujours les reconnoitre sous le nom ancien 
d'écaillés ou squamules , sous lequel on les désigne plus gé- 
néralement. 

Si, en attendant de nouvelles observations, les noms de 
glumes, paillettes et squamules sont conservés, il n'est plus 
question que de tirer des distinctions génériques, soit de la 
forme et grandeur respective de ces parties, soit de la con- 
sidération des étamines et ovaires, réunis ou séparés, des 
styles, stigmates et graines. En examinant de plus près ces divers 
caractères, il faut déterminer quels sont les plus généraux, 
les plus propres à établir des sections dans la famille. Les 
auteurs qui se sont occupés spécialement des graminées , entre 
lesquels on distinguera Beauv^ois et M. Kunth, n'ont pas été 
d'accord sur le degré d'importance de ces caractères, et chacun 
a basé sa méthode sur ceux qni lui paroissoient avoir plus de 
valeur. Il en est résulté, de leur part, une série de bonnes 
observations qui ont fait mieux connoître les divers genres, 
dont ils ont singulièrement augmenté le nombre. 

Mais, comme il n'est pas certain que les caractères adoptés 
par eux soient les plus importans, ceux qui peuvent donner 
les meilleures divisions, nous reviendrons à la division an- 
cienne présentée dans le Gcnera , modifiée cependant en plu- 
sieurs points, d'après les observations de ces auteurs. 

Le caractère du style double ou simple, que nous avions 
mis d'abord en première ligne, devient moins important si 



G?i/V 2S7 

Ton reconnoît que le style double peut être assimilé ùunstyle 
simple, mais court, et surtout prolougé en deux longs slig- 
luales, puisque ces deux manières d'être ont lieu dans des 
graminées presque congénères. D'ailleurs, le style , vraiment 
simple et terminé par un seul stigmate ou par deux ou trois 
stigmates très-courts, n'existe que dans un petit nombre, tel'» 
que le nardus,\e zea, le pkaru s, etc. , qui ont même une grande 
aiiinité avec des genres à style double. 

Il faut encore ne pas attacher nne grandevaleuraunombre 
des étamines, puisque le cinna , qui ea a une seule, ne peut 
s'éloigner de ïagroslis, qui en a trois-, que le pariana, remar- 
quable par quarante étamines, se rapproche de l'orge et du 
blé: que le leersia a des espèces à une, à trois, à six étamines ; 
que ïandropogea, qui en a ordinairement trois, n'en présente 
qu'une dans deux espèces. 

On pourroit tirer quelque parti de l'absence des organes 
sexuels, dans quelques ileursqui sont ainsi mâles ou femelles 
ou neutres, mêlt^esà des hermaphrodites dans la même locuste ; 
ïuais ces différences sont souvent le résultat d'un simple avor- 
tement de ces organes, comme on le voit dans le froment, quii 
a toujours des fleurs avortées dans chaque locuste ; dans l'orge, 
dont quelques espèces ont des ileurs toutes hermaphrodites, et 
d'autres ont des fleurs mAles et des hermaphrodites mêîées en- 
semble. Cependant ce caractère peut n'être pas négligé pour 
signaler quelques sous-divisions. 

Celui que l'on tire de l'existence de fleurs mâles et de fleurs 
femelles dans des locustes différentes, est plus important, 
parce qu'il appartient mieux à la fructification, et qu'il n'est 
point l'effet d'un avortement, surtout quand ces locustes sont 
portées sur des épis différens ou sur des panicules distinctes, 
comme dans le zca et le zizania. Celte séparation des organes 
sexuels doit caractériser parfaitement une division, peu nom- 
breuse à la vérité , de la familic des graminées. 

On est plus embarrassé pour distribuer convenablement les 
autres plantes de cette série naturelle, si semblables entre 
elles, qu'à l'exception de quelques plantes céréales, telles 
que le froment, l'orge, le seigle, etc., elles ne formoient 
anciennement qu'un seul genre. 

Elles diffèrent, en effet, principalement par lenombre, la 



*^^ GRA ^ 

forme et la disposition des glumes et des paillelles, qui no font 
pas véritablement partie de la fructification, mais qui l'en- 
tourent simplement, comme les spath es des autres monoco- 
tylédones ou îts bractées de plusieurs dicotylédones. 

Tournefort et ses prédécesseurs, qui n'avoient point saisi 
ces différences, et pour lesquels, à l'exception de quelques cé- 
réales devenues l'objet d'une grande culture, toutes les autres 
graminées formoient un seul grand genre, s'étoient contentés 
de les distinguer d'abord par l'inflorescence ou la disposition 
générale des locustes. Dans leurs phrases descriptives, servant 
de nomenclature, les prénoms gramen spicatum , gramen lolia- 
ceum, étoient appliqués aux espèces dont les locustes éloient 
portées en épi serré ou lâche, sur un axe simple non divisé, 
comme ou le a oit dans le blé et dans l'ivraie, loliitm. Ils nom- 
raoïeni gramen dactjlon cellesdont plusieurs épisétoientporfés 
sur un point commun en forme de main ouverte ; gramen pa- 
jiiculatum , gramen avenaceum ^ celles qui avoient les locustes 
disposées en panicules plus ou moins lâches, plus ou moins 
ramifiées, comme dans l'avoine, la brize , le brome, le pa- 
turin. Ces différences, faciles à saisir, ont dû naturellement 
prévaloir, chez ces anciens , sur celles moins apparentes que 
leurs successeurs ont employées pour baser leurs distinctions 
d'ordres et de genres. Si l'on se rappelle maintenant que celles- 
ci sont, le plus souvent, fondées, non sur les vrais organes de 
la fructification, mais sur des organes accessoires , on recon- 
noîtra en même temps que l'inllorescence , qui est également 
un caractère accessoire, peut entrer en concurrence avec ces 
organes pour établir des divisions principales, et suffire pour 
séparer deux plantes semblables d'ailleurs par les considé- 
rations tirées des glumes et des paillettes. Quelques autres fa- 
milles, telles que les asphodelées, les vcrbenacées, les urti- 
cées, etc., fournissent des exemples d'un heureux emploi de 
finflorcscence pour rétablissement de sections principales. 

C'est d'après ces considérations, et en reconnoissant l'in- 
suffisance des méthodes de distributions établies antérieure- 
ment, que nous continuons de proposer la séparation primi- 
tive des fleurs en épis et des fleurs paniculées, déjà exécutée 
en partie, mais très-imparfaitement, dans le Gênera. Chacune 
de ces séries scroit ensuite subdivisée diversement. On distin- 
gueroit, dnns les paniculées , les locustes uniflores et les mul- 



GRA 289 

tUlores. Parmi ces dernières, on passeroit séparément en re- 
vue, comme nous l'avons déjà fait, celles dont toutes les fleurs 
sont hermaphrodites, et celles qui ont des fleurs unisexuelles 
ou neutres , mêlées avec des hermaphrodites. Si l'on passe aux 
locustes en épis , on remarquera que les unes , portées sur un 
axe indivis, nommé rachis ou rafle , forment, par leur assem- 
blage, un épi simple. Les autres sont disposées sur des épis 
partiels ou épillets, lesquels sont eux-mêmes insérés sur un 
axe commun , soit sar un même point, ce qui constitue les 
graminées digitées; soit sur des points différens et à diverses 
hauteurs, d'où résulte une fausse panicule, ou plutôt un épi 
composé, tantôt serré, par le rapprochement des épillets, 
tantôt lâche par suite de leur écartement. Ces dernières éta- 
bliroient la transition aux vraies paniculées , distinctes par 
leurs ramifications plus nombreuses. Les épillets digi tés , réduits 
quelquefois à deux , conduiroient naturellement aux épis 
simples. Ceux-ci sont plus ou moins alongés , quelquefois 
raccourcis sous forme ovale ou sphérique, quelquefois garnis 
de locustes dans tout leur contour. Plus souvent ces locustes 
sont distiques, c'est-à-dire disposées sur deux rangs opposés et 
implantées sur les dents de la rafle ; tantôt solitaires sur chaque 
dent; tantôt deux ou plusieurs ensemble sur chacune, avec 
ou sans involucre commun. Quelques genres à tige ligneuse, 
laissant échapper latéralement de ses nœuds des faisceaux 
d'épis simples ou composés, entourés de feuilles à leur base , 
peuvent, à raison de ce port particulier, former une section 
distincte; et dans deux dernières on placeroit ceux qui ont 
des locustes mâles et des femelles dans le même épi , ou sépa- 
rées dans des panicules ou des épis différens. Il resteroit à la 
fin un petit nombre de genres dont la description est incom- 
plète, ou qui ne peuvent se rapporter exactement aux sections 
précédentes. 

En proposant cette distribution , tirée primitivement de 
l'inflorescence, on ne se cache pas qu'elle peut être défec- 
tueuse en plusieurs points ; que des espèces qui passent pour 
congénères, présentent, les unes àes épis, les autres des pani- 
cules, comme on l'observe dans le panicum deLinnaeus: mais 
il n'est pas constant que ce genre, caractérisé d'abord par une 
troisième glume, et ensuite par une fleur avortée ou mâle, soit 



29(» GRA 

naturel, puisque déjà on en a séparé beaucoup d' espèces pcrur 
en Taire des genres distincts. Quelques paspûium , à épis gémi- 
nés, pourroient être reportés dans la section des épis digilés. 
On peut ranger, dans les sections à épis simples, deux ou 
trois melica et autant d'unio/a. On en pourra dire autant de 
plusieurs autres qui offrent les mêmes assemblages. De plus, si 
on examine avec attention Varistida , le streptachne et le stipa, 
on pourra les faire passer des sections paniculées à celles à 
épis. Au reste, cette distribution paroit plus conforme au porÊ 
des plantes, ce qui peut faire supposer qu'elle s'écarte moins 
de la nature. La série des genres que nous soumettons ici à 
l'examen, n'est probablement pas exempte d'erreurs et de 
fausses applications, parce que nous n'avons pu les observer 
tous. Il ne faut la regarder que comme un projet susceptible 
de beaucoup de changemens et d'améliorations. On adopte 
ici la nortienclature de Linnaeus, rectifiée par les additions et 
les changemens nombreux de Palisot-Beauvois , de MM. Robert 
Brown, Runth et Desvaux, avec les rapprochemens indiqués 
par eux ; ce qui nous dispensera de citer ces auteurs à chaque 
nom. Un point d'interrogation sera ajouté aux genres dont la 
place ne paroît pas encore bien déterminée. Ceux quiparoissent 
devoir être réunis à d'autres comme simples espèces, sont cités 
à leur suite entre deux parenthèses et en lettres italiques. 
On sera peut-être dans le cas de revenir sur plusieurs de ces 
déterminations, quoique déjà adoptées en partie par quelques 
wns des auteurs cités. 

Sbciion I.'* Locustes paniculées, 

§. 1. Locustes uniflores hermaphrodites. 

Genses : Podosemum (fric/i6cli/o(Z, tosagrit) , Sporobolus, 
Cinna , Agrostis {vilfa, apera) , Trichodinm (agraulus) , Ca- 
îamagrostis [achnaterum) , Pentapogon , Trichoon , Aristida 
( curfopogOTi , due tari a , arthratherum) , Streptachne, Stipa 
{ orizopsis , jarava ) , Leersia ( asprella , homalocenchrus) , Oryza , 
Milium {piplatherum). 

§. a. Locustes uniflores hermaphrodites, avec le rudi- 
inetii d'une iieur avortée , et locustes pauciflores , 



confpflant des fleurs mâles ou femelles ou neutres, 

mêlées à des fleurs hertiK'phrodites. 
Genres : Anisopogon, Deyeuxia, Graphephorum , Ichnau- 
îhus , Chrysurus?, Panicum {streptostachjs?, melinis) , Torrezia 
[ disarrenum, sai>astana , hierochloe Gm. ; hierochloà R. Br. 
arista , Forst.?) Anthoxanthum , Arrhenaterum , Ehrhartu 
{trochera, telrarrhena , microlsna) , Arthraxou, Antfiistiria 
Ciilamina (thenieda , sehim a) , Sorghum, Ectrosia, TriranJùs 
Pappophorum , Aiithenantia , Isaehne , Melica , Molinia 
Uniola , CœJachne. 

§.3 .Locustes bi- ou multiflores, à fleurs foutes herma- 
phrodites. 

Genres : Airopsis, Eriachne {achneria) , Aira {corinophorus, 
deschampsia) , Catabrosa , Avena {trisetaria, trisetum ) , Penta- 
meris , Danthoiiia , Holcus , Arundo , Donax , Gynerium 
Dactylis, Glyceria, Centotheca , Festuca , Tricuspis , Cera- 
tochloa , Bromus (scltœnodorus) , Calotheca {cascoeljtrum) 
Briza , Voa. {or thoclada, eragrostis , megastachya) , Triodia 
{sieglingia, bruchatera) , Schismus. 

Section II. Locustes uni- ou multiflores, hermaphrodites 
ou polygames, disposées en épis composés, c'est-à-dire, 
rassemblées plusieurs sur des axes partiels en épillets 
réunis en un épi sur divers points d'un axe commun. 

§. 1. Epillets très-rapprochés et courts, formant un épi 
serré sous forme d'épi simple. 
GENRI3S : Polypogon ( colobacline , chaiurus) , Gastridium , 
Clomena, Koelera , Phalaris (chilochloa) , Lagurus, Alope- 
curus, Imperata, Eriochrysis, Psamma, Urochloa , Setaria 
Penicillaria. 

§.2. Epillets courts, en forme de faisceaux, ou un peu 
plus alongés , écartés sur l'axe commun. 
Genhes : Muhlenbergia {dilepjrum) , Polyodon , Dinebra 
{dimba, heterostecha) , Spartina {trachinotia, limnetis) , Strep- 
tostachys?, Rlonachne (parac^enum), Beckmannia, Eriochloa ? 
Oplismenus (orlliopogon, echinochloa, pahîca spicutalo-spicaia) , 
Hymenachne. 

12- 



29= GRA 

§. 5. Epiliets longs , portant les locustes d'un seul côté , 

rassemblés en épi composé, plus grand, ayant la forme 

d'une panicule. 

Genres : Reimaria , Paspalum ( ceresia, axonopus) , Thrasya , 

Diectomis? Leptochloa, Rabdochloa, Diplachne, Gymnopo- 

gon, Erianthus , Perotis, Saccharum. 

Section III. Locustes uni- ou multiflores, hermaphrodites 

ou polygames, rassemblées en épillets fascicules ou 

digités , portés sur un point commun. 

Genres : Andropogon ( anatherum , heteropogon) , Colladoa, 

Ischœmum {meoschium) , Trachys, Tripsacum, Chloris {eus- 

lachys) , Dimeria , Digitaria {syntherisma) , Cynodon [fibichia ) , 

Eleusine {^dactyloctenium). 

Section IV. Locustes uni- ou multiflores, hermaphrodites 
ou polygames, disposées en épi simple, sur un axe 
commun non divisé. 

§. 1. Locustes en épi serré, portées sur tous les points 

de l'axe commun. 

Genres : Heleochloa , Crypsis {antitragus, pallasia) , Phleum 

(achnodonton) , Tetrapogon , Enneapogon , Nevrachnc, Tri- 

chœta , Pogonatherum, Echinaria , Echinopogon , Dipogouia 

(^diplopogon), 

§. 2. Locustes solitaires, écartées et pédonculées sur 
l'axe commun. 
Genres : Heterostega , Pentarraphis , Triaena , Triplasis ? , 
Diarrhena ? , Atheropogon ( bouteloa ) , Brachyelitrum ( di- 
lepjrum). 

§. 3. Locustes portées d'un seul côté de l'axe commun , 
et formant un épi latéral serré. 
Genres: Campulosus, Chondrosum (actinochloa) , Thuarea 
( micro thuarea, echinolœna?) , Triathera, Microchloa, Mibora 
( micagrostis , sturmia , knappia, cliamagrostis ). 

Section V. Locustes uni- ou multiflores , hermaphrodites 
ou polygames, rapprochées et sessiles sur l'axe commun, 
sur deux rangs opposés. 



GRA ^j3 

§. 1. Deux ou plusieurs locustes sur chaque dent de 
l'axe, entourées d'uninvolucre commun. 

Genres: Cynosurus , Hilaria , Antephora , Cenchrus, Ely- 
tropliorus , Peunisetum , Gymnotrix, Cornucopiae ? 

§. 2. Deux ou plusieurs locustes sur chaque dent de 
l'axe, dépourvues d'involucre commun. 

Gbnrbs : Elymus ( gymnostichum , cuviera) , Hordeum (zeo- 
criton) , Pariana , LycuruS , ^gopogon ? [amphipogon) , Tragus ? 
{lappago) , Elyonurus, Pellophorus, Manisuris ? 

§. 4. Locustes solitaires sur chaque dent de l'axe 
cemmun. 

Genres : Zoysia [ zojdia , matrella), Nardus, Ophiurus, 
Monerma, Lepturus , Rottbolla {stegosia, cymbachne) , He- 
marthria , Lodicularia , Pommereulla , Sclerochloa ? , Ses- 
leria . Lolium, Gaudinia , Streptogyna, ^gylops , Chama;- 
raphis ? Secale , Triticum , Agropyrum ( eiyfrigî'a ) , Brachi- 
podium. 

Section VI. Locustes éparses sur des rameaux simples et 
fascicules j faisceaux entourés de feuilles à leur base, 
et terminaux, ou portés sur le côté de divers points de 
la tige, ordinairement ligneuse. 

Genres rSpinifex, Aru ndin aria ( iniegia, ludolfia) , Stera- 
matospermum, Nastus, Bambusa. 

Section VIL Locustes mâles et locustes femelles dans le 
même épillet ou la même panicule. 

Genres : Pharus, Xerochloa, Leptaspis? Apluda? Zeugites? 

Section VIII. Locustes mâles et locustes femelles , séparées 
sur des paniculesou épis difFérens, ou sur divers points 
d'un môme épi. 
Genres : Olyra , Litachne , Potamophila ? , Zizania , Hydro- 
chloa, Luziola , Coix , Zea. 

Genres moins connus , non rapportés aux sections précédentes .. 
I,ygeum , Remirea , Diaphora, Raphis. (J.) 

GRAMINIFOIJA. (Bot. ) Ce nom a été donné par queTqjies. 
auteurs à des plantes qui ont des feuilles semblables k celles 



294 GRA 

des gramipées , par Î.Iorison et Rai ; ri la pihilaire , genre de la 
famille des salviniées, par Dillen; au zanichellia , qui appar- 
tient aux pofamées, par Plukenet; au subularia, rangé paruit 
les crucifères. (J. ) 

GRAMMARTHRON.,(5of.) [Corvmbifères , Juss. ; Syngcnésie 
jioljgamie superflue, Linn.] Ge genre de plantes, que nous 
avons proposé 4ans le Bulletin de la Société philomathique 
de février iBiy, appartient à la famille des synantliérées , 
à notre tribu naturelle des sénécionées, et à la section des 
se'nécionées-doronicécs, dans laquelle nous le plaçons immé- 
diatement auprès du doronicum , dont il diffère parle cli-i 
iianthe inappendiculé, par les ovaires de la couronne qui sont 
aigrettes, aussi bien que ceux du disque, et parla structure 
de l'article antliérifère. Les botanistes confondent le gram- 
jnarthron avec l'arnica : mais le vrai genre Arnica, c'est-à-dire 
celui qui a pour type Varnica monlana, n'a point d'analogie 
avec les dpronicées, et même il appartient à une tribu natu- 
relle autre que celle des sénécionées. Pour éviter les répéti- 
tions, nous renvoyons le lecteur à notre article DoaoNic 
(tom. XIII, pag. 454) , où il trouvera une petite dissertation 
sur le genre Arnica. Voici 1rs caractères génériques du gram- 
marthron. 

Calathide radiée; disque multlQore, régulariflore , andro- 
gyniflore; couronne uniseriée, liguliflore ou biligulillore , 
féminiflore; péricline supérieur aux fleurs du disque, formé 
de squames à peu près égales, trisériées, lancéolées, folia- 
cées; clinanthe inappendiculé; ovaires courts, cylindracés , 
striés, velus, tous aigrettes; aigrette composée de squamel- 
Jules filiformes, plus ou moins barbellulées ; étamines ayant 
l'article anthérifère bordé de deux bourrelets longitudinaux , 
cartilagineux, jaunes, épais. Les fleurs de la couronne ont 
quelquefois des rudinieus filiformes d'étamines avortées; leur 
corolle, ordinairement ligulée , est quelquefois biligulée , à 
languette intérieure beaucoup plus courte quç l'extérieure, 
indivise, parabolique. 

Gramm^rthro^ a caANOE ÇALATHiDE : Grammartliron scor- 
pioides, H. Cass. ; Arnica scgrpioides, Linn. C'est une plante 
herbacée, à racine vivace. Sa tige, haute d'environ un pied 
tt àem'i, est simple ou pres<][ue simple, épaisse , cvliadriçjue, 



GRA 595 

striée, parsemée de quelques poils, et dépourvue de feuilles 
en sa paiHie supérieure.. Les feuilles sont alternes, dissem- 
blables et inégales, d'autant plus courtes qu'elles sont plus 
élevées sur la tige, bordées de dents écartées, aiguës, presque 
glabres sur les deux faces, mais comme ciiices sur les bords 
par des poils : les radicales et celles qui occupent la partie 
basilaire de la tige, sont inégales, elliptiques, portées sur de 
longs pétioles inégaux, linéaires, membraneux; les feuilles 
caulinaires inférieures sont commue pétiolécs, à pétiole mem- 
braneux, élargi et denté à la base; les supérieures sont ses- 
silcs, demi-ampiexicaules, ordinairement lancéolées, souvent 
échancrces en cœur à la base, dentées surtout inférieutement. 
I,a calatliide, large de deux pouces et demi, et composée de 
fleurs jaunes, est solitaire au sommet de la tige; il y a quel- 
quefois deux calathldes, quand la tige est divisée supérieure- 
raent en deux rameaux. Les squamellules des aigrettes ne 
paroissent point barbcllulées, mais striées longitudinalement , 
parce que les barbellules sont entre-grelfées. Les fleurs de la, 
couronne ne nous ont point offert de ni di mens d'étamines 
avortées. Nosis avons décrit cette plante snr des échantillons 
secs de l'herbier de M. Desfontaines. Elle habite les lienx 
humides des hautes montagnes , au bord des torrens : un la 
trouve en France , dans l'Auvergiie et le Dauphiné. 

Grammarthronbixigdlé: GrammarthroTibiUgulatum , H. Cass. ; 
Arnica doronicum , Jacq. La tige est herbacée, simple, dres- 
sée, ilexueuse , anguleuse , striée , parsemée de quelquesp&ils 
roiîles , épars. Les feuilles radicales sont très-inégales, et por- 
tées sur de très-longs pétioles inégaux, linéaires, membraneux ; 
leur limbe est orbiculaire ou elliptique , presque entier, garni 
de longs poils sur les bords. Les feuilles caulinaires sont ai- 
ternes, à limbe parsemé de longs poils, rares sur les deux 
faces, nombreux sur les bords : les inférieures sont péiiolées, 
et assez semblables aux radicales ; les supérieures sont sessiles,^ 
demi-amplexicaules, oblongufs, un peu dissemblables, ordi- 
nairement obtuses au sommet, longuesde plus de deux pouces, 
larges d'environ huitligTies, iTrégjilièrement et inégalement 
délitées, à dents aiguëi, écartées, séparées par des sinus 
arrondis. La partie supérieure de la lige , presque dépournie- 
de feuilles, niais hérissée de poils, porte sur son souimet une 



296 GRA 

seule calalhide, large d'un pouce et demi, et composée de 
fleurs à corolle jaune ; son péricline est hérissé de longs poils . 
les squamellules des aigrettes sont un peu barbellulées. Les 
fleurs de la couronne ont quelques rudimens filiformes d'ëta- 
mines avortées, inclus avec le style, dans le tube de la co- 
rolle; celle-ci a le tube long, et le limbe biligulé, à languette 
extérieure beaucoup plus longue, tridentée au sommet, et à 
languette intérieure courte, parabolique ou semi-ovale, 
arrondie au sommet, indivise. Nous avons étudié cette espèce 
dans l'herbier de M. Desfontaines , sur un échantillon en 
mauvais état, accompagné de cette étiquette : Arnica doro- 
nicum, Decand., FI. Fr. La description qu'on vient de lire a 
été faite par nous sur cet échantillon. C'est, suivant M. Decan- 
dolle , une plante haute de huit à douze pouces, à racine vi- 
vace, noueuse , oblique , épaisse , qui habite les Hautes-Alpes , 
dans les lieux pierreux , près des neiges qui se fondent , et qu i 
a été trouvée en Dauphiné, par Villars, dans le Queyras, sur 
le Mont-Vizo et le Col- Vieux. 

Grammakthron a feuilles opposées : Grammarthron opposifi- 
folium, H. Cass. ; Doronicum nudicaule? Micli. Racine fibreuse, 
noirâtre; tige herbacée, très-simple, dressée, haute d'un pied 
et demi, cylindrique, légèrement striée , pubescente; feuilles 
radicales longues d'environ deux pouces, larges d'environ dix 
lignes, elliptiques, étrécies inférieurement en une sorte de 
pétiole membraneux, irrégulièrement sinuées sur les bords, 
obtuses au sommet, garnies sur les deux faces de longs poils 
mous, plus nombreux sur la face supérieure que sur Tinfé- 
rieure qui est grisâtre; feuilles caulinaires, au nombre de 
quatre, opposées, sessiles , petites, oblongues, obtuses, 
preque entières ou bordées de petites crénelu res très-distantes , 
etparsemées de points transparens, glanduleux ; les deuxpaires 
de feuilles très- distantes l'une de l'autre; les feuilles de la 
paire supérieure plus petites ; trois calalhides terminant la 
tige, portées sur des pédoncules alternes, longs, grêles, 
nus, accompagnés à la base d'une bractée subulée; chaque 
calathide large d'un pouce, et composée de fleurs jaunes. Les 
squamellules des aigrettes sont très-barbcilulées. Nous avons 
fait cette description sur un échantillon sec appartenant à 
l'herbier de M. Desl'ont.iines . où il est étiqueté: Doronicuvi 



GRA. 2 97 

nudicaule ? Mich. , Am. sept. La calathide que nous avons 
analysée étolt en très-mauvais élat. Cette espèce habite les 
lieux ombragés dans les forêts de l'Amérique septentrionale. 
( H. Cass. ) 

GRAMMATITE. ( Min.) M. Hauy avoit donné ce nom à une 
substance minérale blanche, disposée en cristaux rhomboi- 
daux, aplatis, divergens etbasiîaires, qui s'étoit trouvée pour 
la première fois dans la vallée de Lé^-antine ou dans celle de 
Trcmola, prèsduSaint-Gothard. Ce minéral avoit reçu les noms 
de graminatite et de tremolite : le premierparce qu'on avoit re- 
marqué que ses prismes offroient souvent dans leur cassure 
transversale une ligne distincte qui passe par les deux angles 
aigus de leur base et en représente naturellement lagrande dia- 
gonale; le second , parce qu'il dérivoit du nom de la vallée où 
elle paroit avoir été découverte , et c'est sous celui-ci que Saus- 
sure en a donné une bonne description dans ses Voyages Géo- 
logiques, §. 1920 et suivans. 

Depuis quelques années MM. Cordier et Haiiy ont reconnu 
que la grammatite n^est qu'une simple variété de l'amphibole, 
dont les deux extrêmes opposés en couleur, se rapprochent in- 
sensiblement, par les nuances de l'amphibole qui passent du noir 
de jais au gris noirâtre, et par celles de la grammatite qui passent 
du blanc nacré jusqu'au gris verdâtre et au gris noirâtre. La 
même identité a été reconnue dans une autre substance dé- 
couverte en Sibérie, sur les bords du lac Baïkal, et nommée 
d'abord baïkalite , et ensuite grammatite. 

M. de Bournon ne partage point cette opinion ; il insiste 
même très-fortement pour que l'on conserve à la grammatite 
une place séparée dans la méthode : il prétend avoir reconnu 
des différences, marquées même dans la valeur des angles, ainsi 
que dans les caractères physiques, et particulièrement dans la 
dureté. Quant à la phosphorescence , qui est d'autant plus sen- 
sible dans la grammatite que sa texture est plus lâche , et que 
les cristaux sont plus petits et plus asbestiformes, il paroît 
qu'on doit l'attribuera la chaux carbonatée seule, ou dolomie . 
dans laquelle on Ta presque toujours trouvée, et dont elle est 
fortement pénétrée. La grammatite forme une espèce de roche 
à base de dolomie , mélangée de cette substance , soit en cris- 
taux droits et aplatis, soit en aiguilles llabelliformes, éioiiéti 



298 G 11 A 

ou disposées en gerbesou eu aigrettes. Eilc abonde aux envîrors 
du Saint-Gothard . et se trouve , avec de légères modifications , 
dans différens cantons delà Sibérie et de ia Tartarie chinoise. 
.Voyez Amphjbolf.;( Brard. ) 

GRAMMICA. (Bot.) Le genre que Loureiro décrit sous ce 
nom a le port et presque tous les caractères de la cuscute , 
dont il ne diffère que par le fruit, qui est dit charnu et de même 
r iiipli de quatre graines , mais dans une seule loge; et il 
n'est point dit qu'il ait des écailles dans l'intérieur de la co- 
rolle. Il paroit donc que ce genre doit être supprimé. ( J.) 

GRAMMISTE. (Ichthyol.) M.Schneider a établi sous ce nom 
Tingenre de poissons que M. Cuvier a adopté, et qui appartient 
à la famille des acanlbopomes de M. Duméril, et à la cin- 
quième tribu de celle des perches d.e M. Cuvier. Ce genre offre 
les caractères suivans : 

Gueule fendue, garnie de dents en velours; écailles à peine per- 
ceptibles ; deux ou trois piquans au préopercule , et autant à l'oper- 
cule ; point d'^aignillon à la nageoire anale. 

Ce genre , très-voisin de celui des microptères de M. de La- 
cépcde, a pour type un poisson des Iodes, le gramrnistes orien- 
ta-lis , Schneider. Sefaa paroit en avoir tiguré une espèce (III» 
xxvii, 5) , et il en existe encore une autre dans les Galènes, 
du Muiéuna d'Histoire naturelle de Paris. ( H. C. ) 

GRAMMITES. (Mm. ) Oodonnolt ce nam aux pierres dont 
les cou!eurs.p,résentcnt quelques ressemblances avec des carac- 
tères ou des figures rectiljignes , et particulièrement à la roche 
«oniiue sous ie- nom de granité- grapliique. Va)ez PBGM.vTriE. 
( Braiip. ) 

GRAMMITIS. {Bot.'Cryp!.. ) Dansce genre de la famiile des- 
fougères, établi par Swarlz et adopté par les botanistes, la fruc- 
tification est disposée en paquets ou sores oblongs , presque 
linéaires, droits, épars; et nus, c'est-à-dire , privés d'indusium ou 
involucce. Il est voisin du genre Folypodium-^ dans celui-ci la 
fructifjca.tion est également en petits, paqu-ets nus et épars, mais 
î'onds; il est surtout voisin du celerach , dans lequel la fructi- 
tication est en ligiies transversales. On doit même faire observer 
ici quece dernier genre fait partie du grammifi* de Swartz, et 
q-ne peut-être il seroit convenable de l'y réunir de nouveaiu 

Les espèces de ce genre sont assez nombreuses-j on en compte- 



• GRA 299 

î'Iiis fie vingt. A l'exception d'une seule qui croît dans le midi 
de l'Europe, toutes les autres sont exotiques. Elles i'aisoicîit 
partie autrefois des genres Asplenium , Pohpodium, Bleclimim , 
cl AerosticJium, c'est-à-dire qu'elles rc&semblent aux espèces 
4v ces genres. 

§, r. Fronde simple. 

1. Grammitis LiNÉAiap : Grammilis Unearis , Swartz, Sjn.; 
Schkuhr, Cryp.t., pag. 8, tab. 7; Asplenium angustifolutm , 
J'dcq.,Ic. rar., 1, t. lyg. Fronde linéaire pointue, entière; 
sores enfoncés; stipe velu. Cette jolie petit espèce, remar- 
quable par sa fructification enfoncée , croit dans les montagne s 
}»leues à la Jamaïque et à Madagascar, sur les arbres, parmi 
la mousse. 

2. G(RAMMi,Tis NAIN : Grammilis purnila , Swart? , Sj'nopi:, 
JF^Zic. , 41g .et 214. Fronde linéaire, filiforme, très-entière, 
garnie eu dessous, près de la po^nlp, k la place de la nervure, 
d'une seule ligne fructifère; Racine filiforme, rampante, 
poilue. Cette petite espèce, qui ire^semUleà d\i gazon fni, hauîe 
(i'ua pouce environ, croit dans File Maurice. C'est très-probis- 
biemeut le pteris graminça , Lauik., que M. Desvaux place avec 
doute dans son genre Monogramma. 

3. (jRAMMiTis MYOSUROÏDE : Grammitis mj'osuroides , S^^artz, 
Sjn., Fil., 22 ; S.chkiihr , Crypt. ^ pag. 9, tab. 7; WiUd., 
Spec, 5., pag. 142. Fro^nde linéaire, ailée, dçntelée, à décon- 
jiiircs supérieures fructifères, découpures inférieures pinnati- 
îides; stipe très-alongé, en forme de queue fruclifère. Cette 
iougèren'aguèrcplus d'un pouce de hauteur. Elle sefaitremar' 
quer pa:p5es feuilles, les u^^^a pin,natiti,des -dentées, courtcment 
Siipitées , à découpures ovales; les supérieures portant la 
i'ructiicalian; les autres p.innati,6des , à trois pu cinq décou- 
jiures demi-ovales,, et teruiinées par le stipe extrêm,em» :it 
îilongé, deuticulé et fructifère. Elle croit dans les mousses de? 
iiautes montagnes de la Jamaïque. 

4. Gramjiitis nETEnopHYtLA -, Grammitis helerophj'lla , Labili. , 
Noy.BolL, 2, pag. 90, tab,. 259. Fronde entière oupinaa^i- 
li.de: découpures obtuses, entièreii pu dej?.iéçs. Cette petits 
t'spèce croit ù, la tcrrç de Win-Diçmeu, à l^ I^o,uvelle-Iiol- 
iuiule, 



3«o GRA 

§. 2. Fronde composée. 

,5. Grammitis en cœur : Grammitis cordata, Sw. , Sjn, Fil., 
23 et 217; Acrostichum cordatum , Thunb. Fronde ailée, cou- 
verte en dessous de paillettes écailleuses ; découpures en cœur, 
oblongues, crénelées, à bord sinueux. Cette espèce, qui res- 
semble à Vacroslichum marantœ (plante d'Europe), croît au 
cap de Bonne-Espérance. Ses frondes sont assez souvent deux 
fois pennées ou ailées ; les sores sont parallèles à la côte des 
frondes. 

6. Grammitis a petites feuiixes ; Grammitis leptopliylla , Sw. , 
Sjn. Filic, 23 et 1 18 , tab. 1 , fig. 6 ; Poljpodium. leptophjllum, 
Linn.;Magn. Monsp., 5 , tab. 5 -, Asplenium leptophyllum, Cav., 
in Ann. Se. nat. , 5 , pag. i3 , tab. 41 , fig. 3 ; Acrostichum lepto- 
phyllum, Decand., Flor. fr.,. n.° 1432 ; Barr., Je, tab. 43 1. 
Fronde simplement ailée ou deux fois ailée, très-glabre; dé- 
coupures cunéiformes , lobées , arrondies. La synonymie de 
cette plante indique l'embarras qu'éprouvent les botanistes 
dans sa classification. Linnaeus avoit fait remarquer qu'elle 
éloit intermédiaire entre les genres Osmonda, Poljpodium et 
Acrostichum. Ce grammitis croît en Provence, en Languedoc, 
ainsi qu'en Espagne, en Corse, dans le midi de l'Italie et 
même, dit-on, en Barbarie. Elle forme de petites touffes 
composées de frondes stériles longues d'un pouce, et de 
frondes fertiles longues de plus de trois pouces. La fructifi- 
cation paroît d'abord sous forme de lignes, puis elle couvre 
toute la surface inférieure de la fronde. ( Lem. ) 

GRAMPUS ( Mamm.) , nom que les Anglois donnent à plu- 
sieurs espèces de dauphins, mais principalement au phjseter 
tarsio, Linn. (F. C.) 

GRAN (Bot.), nom sous lequel est connu, dansleDanemarck, 
la Suède et la Norwége , le sapin épicia , abies picea, au rap- 
port de Gunner, auteur de la Flore de Norwége. (J.) 

GRANADIÉ (Jchthfol.), nom nicéen des lépidolèpres de 
M. Risso. Voyez Lépidolèpre. (H. C.) 

GRANADILLA. ( Bot. ) Tournefort et Adanson nomment 
ainsi la grenadille ou fleur de passion, passiflord de Linnaeus, 
genre asseî nombreux en espèces , et qui est le type de la nou- 
velle famille des passiflorées. (J.) 



GRÀ Soi 

GRANAJUOLO. ( Bot. ) Petit agaric comestible, qui croit 
aux environs de Florence, où il porte spécialement le nom de 
granajuolo hianco. Selon Micheli, son chapeau est blanc, vis- 
queux, à feuillets gris de souris ; son stipe est blanc et colleté. 
Cette espèce est ainsi nommée parce qu'elle a souvent de la 
terre ou des feuilles collées à son chapeau: c'est le balayeur 
gris de Paulet. (Lem.) 

GRANAOU. (Icfef/iroL) SuivantM. Risso, on donne ce nom 
à la trigle grondin, sur les côtes de Nice. Voyez Trigle. ( H. C. ) 

GRANATINUS (Ornitli.) , nom sous lequel Brisson désigne 
la 67* espèce de son genre Moineau , le grenadin , fringilla 
granatina, Linn. (Ch.D.) 

GRANATIÏE. (Mm.) Voyez Grenatite, Staurotide. (Brard.) 

GRANATUM. {Bot.) L'arbre que Rumph nomme ainsi dans 
VHerh. Amboin., paroît être congénère du carapa d'Aublet, 
genre admis par MM. Lamarck, Willdenow et Persoon. (Voyez 
Carapa. ) Il faut encore y réunir le xjdocarpus de Kœnig, 
que les derniers, ainsi que Schreber, ont regardé comme genre 
distinct. Le persoonia de Willdenow, est aussi congénère. Il 
faut encore se rappeler que le grenadier est nommé malum 
granatum j malus granata, par quelques auteurs anciens. (J.) 

GRAND, GRANDE. {Bot.) Ce nom, préposé à un autre 
Dom de plante , sert à désigner divers végétaux de genres très- 
différens. Le Botaniste-Cultivateur , de M. de Courset , en offre 
la série suivante. Le grand baumier est le populus nigra ; le grand 
Lluet, centaurea monlana; la grande centaurée , centaurea cen» 
taurium; la grande ciguë, cicula maculata, conium maculalum , 
Linn.; la grande douve, ranunculus lingua; la grande gentiane, 
gentiana lutea ; la grande marjolaine, origanum vulgare ; la 
grande marguerite, chrjsanthemum leucantkemum ; la grande 
pimprenelle, sanguisorba oj^cinalis ; la grande pimprenelle 
d'Afrique , melianthus major; le grand mouron , senecio vulgaris; 
le grand pin maritime , pinus tatarica de Muller ; le grand raifort, 
cochlearia armoracia ; le grand séneçon d'Afrique, arclotis laci- 
niata; le grand soleil, helianthus annuus; le grand soleil d'or, nar^ 
cissus lazetta. On peut ajouter encore le grand roseau, arundo 
donax; le grand jonc des marais , scirpus lacustris; la grande aris- 
toloche , aristolochia sjpho;le grand plantain, p/aratego major -, 
le grand beccabunga ,verorejcfl&ecca6un.ga; le grand frêne, y?a.r;- 



nus excehior; la grande consoude , èjmphjtUTii consolida; le 
grand liseron , convohulus sepiiiw ; la grande fiervenche , vinett 
major; la grande valériane, valeriana officinalis major; ia grande 
chëlidoine ou grande éclaire, chelidonium majus. 

Suivant M. Richard , le piper nhandi est nommé à Cayenne 
grand baume ; le sida coarctata, grand balai ; le polalia arnara^ 
grand mavévé; le sophora coccinea, grand panacoco. (J.) 

GRAND DUC. (Ornif/f.) Cet oiseau , le plus fort des rapaces 
nocturnes, stri.t bubo, Linn., auquel M. Cuvier consacre la 
dénomination de buho, comme générique, est décrit sous le 
mot Chouette, au tome IX* de ce Dictionnaire, p. ioo.(Ch.D.) 

GRANDE CENTAURÉE ( L'of. ) , nom vulgaire du cenlau- 
teacentaurium , Linn. , que nous avons décrit (tom.vii, p. 57S.) 
sous le nom de Cental'rion officinal, Centaurium, officinale, 
(H. Cas,s.) 

GRANDE CONSOUDE. ( Bot. ) Voyez Consoude. (L. D.) 

GRANDE-ECAILLE ( fciuhyoL ) , nom vulgaire d'un pois- 
son rapporté par la plupart des ichtliyologistes au genre Ché- 
todon , et par M. Cuvier au nouveau genre Heniochus. C'est 
le chœtodon macrolepidotas de Linnœus. Voyez Chétodon et 
Heniochis. (H. C. ) 

GRANDE GRIVE. ( Ornith.) On désigne quelquefois, par 
cette dénomination, la grive draine, turdus viscivorus , Linn. 
(Ch. D.) 

GRANDE MARGUERITE (Bot.) , nom vulgaire du chrj- 
santhemum leucanlhem.um , Linn. (H. Cass.) 

GRANDE- OREILLE-DE- RAT {Bot.), nom vulgaire de 
lliieracium auricula, Linn. (H. Cass.) 

GRANDE-OREILLE {Ichthro!,.) , nom que les navigateurs 
françois donnent au Germon. Voyez ce mot. (H. C. ) 

GRANDE-BERCE {Bot.), nom vulgaire de la bel-ce branche- 
ursine. ( L. D. ) 

GRANDE ROUGE-QUEUE. ( Ornith. ) L'oiseau ainsi nommé 
dans Albin, tom. 3, pag. 23, est le merle de roche, lurdm 
saxatilis, Gmel. (Ch. D.) 

GRAND - GOSIER. {Ornilh.) Celte dénomination, que les 
Anglois du Bengale donnent quelquefois à l'argala, dont Lin- 
iKTius ftiit un héron, ardea argala, et M. Vieillot un jabiru , 
viycieria argala, est le nom vuigaire du pélican, pclccanus ono- 



■ G il A 3o3 

crotalus, L'inn.., que les Provençaux pvoxioûcent grand-gousicr. 
(Ch.D.) 

GRAND GRIMPEREAU. {Omith.) L'oiseau qu'Albin dési- 
gne sous ce nom, tome i , pag. 18, est l'épeiche ou pic varié 
de Buffon,pl. euL lyG , yicus major, Linn. (Ch.D.) 

GRAND' LANGUE [Omilh.), un des noms vulgaires du torccl, 
junx torquilla, Linn. (Ch.D.J 

GRAND-MONTAIN {Omith.), nom d'une grande espèce 
de pinson ,f ri ngilla lapponica, Linn., et passerina lapponica ^ 
Vieill. ( Ch. D. ) 

GRAND-ŒIL (Ichthjol.) , nom d'un poisson que M. de 
Lacépède a nommé sparus grandocuLis , et que nous avons dé- 
crit sous la dénomination de daurade grand-œil. Voyez Daurade. 
(H.C.) 

GRAND ŒIL-DE-BŒUF (Bot.) , nom vulgaire de l'adonide 
printanière. (L. D.) 

GRAND ŒUVRE. {Chim.) Dans le langage alchimique, 
c'étoit le procédé au moyen duquel les alchimistes prétcndoient 
faire de l'or. (Ch.J 

GRAiNDOULE. ( Omith.) Voyez Ganga. ( Ch, D. ) 

GRAND-PARDON ( Bot. ) , un des noms vulgaires du houx. 
(L.D.) 

GRAND-SOLEIL-D ES-JARDINS {Bot.), nom vulgaire de 
l'helianthus annuus , Linn. (H. Cass.) 

G/iANDS- JONCS. {Bot.) On donne quelquefois ce nom 
aux grandes espèces de scirpe. (L. D. ) 

GRAND U LIS. ( Ichthyol. ), nom par lequel les Livoniens 
désignent le Goujon. Voyez ce mot. (H. C. ) 

GRAND-VOILIER.(Om£i/i.) M-Cuvier, tom.r>.5i4 deson 
Règne animal, nomme grands-voiliers ou Lon-gipennes les oiseaux 
de haute mer, qui, comme les pétrels, les all>atrosses , les 
goélands, etc., se répandent dans toutes les plages au moyen 
de leur vol étendu , et se reconnoissent à leur pouce libre 
ou nul, à leurs très-longues ailes, et à leur bec sans dente- 
lures. M. Huber, de Genève, avoit déjà employé, dans ses 
Observations sur le vol des oiseaux de proie , le mot voilier 
par opposition à celui de rameur. (Ch. D. ) 

GRANELLOSA, GRASELLA , PIGNOLA. ( Bot. ) Ces di- 
vers noms sont donnes en Italie , suivant Dodoens , à l'espèce 



5o4 GRA 

du trique, sedumalbum, que l'on fait confire dans le vinaigre 
et que l'on mange en salade. ( J. ) 

GRANETTE. (Bot.) Dans quelques cantons, la renouée de 
Tartarie est connue sous ce nom. ( L. D. ) 

GRANE'ITO. {Bot. ) Voyez Graine d'Avignon. ( J.) 

GRANGÉE, Grangea. (Bot.) [ Corjmhifères , Juss.; Sjngé- 
nésie polygamie superflue, Linn.] Ce genre de plantes appar- 
tient à la famille des synanthérées, à notre tribu naturelle des 
inulées, et à la section des inulées-buphtalmées. Avant de 
présenter nos remarques sur ce genre , nous allons décrire les 
caractères génériques et spécifiques que nous avons obser- 
vés sur plusieurs individus, secs et vivans, de grangea Adan- 
sonii. 

La calathide est subglobuleuse, discoïde : composée d'un 
disque multiflore, régulariilore , androgyniflore ; et d'une 
couronne plurisériée , multiflore, tubuliflore , féminiflore. 
Le péricline est à peu près égal aux fleurs, hémisphérique- 
cylindracé, formé de squames subbisériées, presque égales, 
appliquées, oblongues , obtuses, foliacées. Le clinanthe est 
hémisphérique, inappendiculé. Les ovaires sont obovales- 
oblongs, comprimés bilatéralement, hérissés de petits poils 
globulifères ; leur base est amincie en une sorte de pied ; leur 
sommet ofifre un bourrelet apicilaire très-élevé, cylindracé, 
formant une sorte de col ; leur aigrette est coronaire , courte , 
épaisse, charnue, entière et cupuliforme inférieurement , 
divisée supérieurement en lanières subulées. Les corolles de la 
couronne sont tubuleuses, grêles , profondément tridentées 
au sommet; celles du disque sont à cinq divisions. Les an- 
thères sont dépourvues d'appendices basilaires. 

Grangée d'Adanson : Grangea Adansonii; Grangea maderas- 
patana, Poiret, Eucycl.Suppl. ; Co^u/arnaderaspa^area, "WiHd. ; 
Artemisia maderaspatana , Linn. C'est une plante herbacée,, 
annuelle, qui habite les Indes orientales : ses tiges, longues 
de près d'un pied , sont couchées ou étalées sur la terre , dif- 
fuses, rameuses, tortueuses, cylindriques, striées, pubes- 
centes ; ses feuilles sont alternes , sessiles , longues de deux 
pouces, larges d'un pouce, analogues à celles du séneçon, 
pinnatifides, un peu lyrées , pubescentcs, à pinnules oblongues, 
crénelées; les calathidessontpédonculées, solitaires, d'abord 



GRA 3o5 

terminales, puis devenant opposées aux feuilles par l'effet du 
mode d'accroissement de la plante; le disque et la couronne 
sont jaunes. 

La plante que nous venons de décrire avoit été attribuée 
par Plukenet au genre Absinthium , et par Linnaeus au genre 
Artemisia. Adanson, en 1760, dans ses Familles des Plantes, en 
fit un genre particulier, sous le nom de grangea. M. de Jussiew , 
en admettant ce genre, dans son Gênera Plantarum , y a rap- 
porté Varlemisia minima deLinnœus, comme congénère d e l'ar- 
temisia maderaspatana , et il a pensé que Vethulia divaricata de 
Liiinœus, ainsi que le splictranthus africanus de Burmann , appar- 
tenoit peut-être au même genre; enfin il a soupçonné que 
le genre Grangea d'Adanson pouvoit se confondre avec le 
struchium de Brown. En 1790, Loureiro , dans sa Flora Co- 
chinchinensis , a présenté Vartemisia minima comme un genre 
distinct, sous le nom de centipeda. Willdenow et M. Persoon 
rapportent au genre Cotula le grangea d'Adanson, le centipeda 
de Loureiro, et quelques autres espèces analogues; mais 
M. Persoon les réunit en un groupe qu'il intitule centipeda, et 
qu'il considère comme un sous-genre du cotula. Les mêmes 
plantes sont des espèces du genre Grangea, suivant MM. Des- 
fontaines, Lamarck, Poiret. 

Les trois espèces nommées , par ces botanistes , grangea made- 
raspatana, minima et latifolia, sont les seules que nous ayons 
pu observer. La détermination de la place qu'elles doivent 
occuper dans l'ordre naturel, nous a paru extrêmement diffi- 
cile. Adanson avoit placé son grangea entre le sparganophorus 
et le struchium, qui ne sont peut-être qu'un seul et même 
genre; M. de Jussieu l'a placé entre le struchium et Vethulia. 
Quant à nous , l'affinité du grangea avec les genres Cotuha et 
Gymnostjles, qui appartiennent très-certainement à notre 
tribu des anthémidées, nous engageoit à ranger dans lamême 
tribu le genre en question : quelques traits de ressemblance 
avec les ethulia et sparganophorus , qui sont des vernoniées, 
l'attiroient ver^ cette autre tribu ; mais définitivement, et en 
nous fondant principalement sur la structure du style, dont 
la considération est d'un si grand poids, nous nous sommes 
fixé sur la tribu des inulées , et sur la section des inulées- 
buphtalmées, dans laquelle nous ne doutons plus que le gran- 
19. 20 



Î^G^ GRA 

gea ne doive être place auprès dtsegletes (i), ceruana, et autres 
genres analogues. 

En analysant avec soin les caractères génériques des trois 
plantes ci-dessus nommées, nous avons reconnu qu'il y avoit 
des diiférences telles qu'on ne peut se dispenser d'admettre 
deux genres, ou tout au moins deux sous-genres très-distinclSé 
Les grangea latifolia et minima, qui sont réellement congé- 
nères, diffèrent du maderaspatana , par le péricline orbicu- 
laire, planiiiscule , uiiisérié-, par les corolles du disque à 
quatre divisions-, par les corolles de la couronne de couleur 
blanche et à peine dentées au sommet: par le clinanthe 
aplati sous le disque ; enfin, et surtout, par l'aigrette, qui est 
tantôt, et le plus souvent , absolument nulle, tantôt composée 
d'une ou deux squamelluies opposées , inégales, plus ou moins 
longues, roides , filiformes, inappendiculées. Nous pensons 
donc que le genre Grangea d'Adanson et le genre Centipecla 
de Loureiro doivent être conservés l'un et l'autre, en recti- 
fiant leurs caractères respectifs suivant les indications que 
nous venons de donner. 

Nous pouvons maintenant apprécier les différentes opinions 
des botanistes sur le véritable grangea , et démontrer qu'il ne 
doit être confondu avec aucun des genres auxquels ils ont 
voulu l'associer, mais qu'il faut le maintenir tel qu'Adansou 
l'a établi. En effet, le grangea diffère de Vahsinthium par le 
clinanthe inappendiculé et le ovaires aigrettes; de Vartemisia, 
par les ovaires aigrettes; du centipecla, auquel paroit se rap^ 
porter le sphœranthus africanus de Burmann , par les caractères 
énoncés ci-dessus; de notre epaltes , qui est Vethulia dii^aricaia 
deLinnseiis, par le disque androgyniflore , par les squames du 
péricline égales et foliacées, par ie clinanthe hémisphérique , 
et par les ovaires aigrettes; du struchium , qui paroit être un 
sparganophorus , parla calathide couronnée; du cotula , parla 
couronne pourvue de corolles non avortées, et par les ovaires 
aii^rettés. 



(0 Nous saisissons avec empressement cette occasion de reparer une 
omission .assez grave que nous avons faite dans notre article ECLETîlS 
(tom.XlV,pag.265) : nous avons omis d'indiquer leMATRicvRiAPRObTRAiA 
()cSw»rU comme synon^-me de notre Ecletss i>o!nii\c£nsis. 



On prétend qu'Adanson n voulu dédier son grangea au 
Voyageur Granger : rien ne prouve cette intention, qui nous 
paroitroit plus vraisemblable, s'il eût nommé ce genre Gran- 
gera ou Grangeria. Quoi qu'il en soit, Commerson ayant t'ait 
depuis un genre Grangeria réellement dédié à Granger, s'il 
falloit pour ce motif changer le nom d'un des deux genres, 
ce ne seroit assurément pas celui d'Adanson , beaucoup plus 
ancien, qui devroitsubir ce changement. 

Nous avons observé , dans les herbiers de M. de Jussicu > 
deux plantes que nous considérons comme deux espèces nou- 
velles du genre Grangea, quoique leurs caractères génériques 
diffèrent un peu de ceux du grangea Adansonii ^ en ce que, 
dans l'une de ces plantes {grangea gaUiwensis) , les ovaires ne 
sont point prolongés au sommet en un col, et que, dans l'autre 
{grangea ceruanoides) , les ovaires sont également dépourvus 
de col , et qu'en outre , leur aigrette est divisée jusqu'à la bma 
en lanières complètement libres. (H. Cass. ) 

GRANGEll , Grangma. ( £of. ) Genre de plantes dicotylé- 
dones, à fleurs complètes , polypétalées , régulières , de la fa- 
mille des rosacées, de la dodécandrie monogynie de Linnaeus , 
offrant pour caractère essentiel : Un calice à cinq divisions 
profondes; cinq pétales un peu onguiculés; environ quinze 
étamines; un ovaire supérieur, lanugineux, surmonté d"uu 
style et d'un stigmate simples. Le fruit est un drupe presque 
trigone, de la forme d'une olive, renfermant un noyau mo- 
nosperme. • 

Ce genre , établi par Commerson pour un arbre qu'il a 
découvert dans les forêts de l'ile Bourbon , a été consacré ix 
la mémoire de Granger, botaniste françois, que son amour 
pour les progrès de l'a science transporta dans l'Kgypte et 
l'Arabie, pour faire des recherches sur les plantes de ces 
contrées. Il y périt, et fut, comme Lippi et Commerson lui- 
même, un des martyrs de la botanique^ 

Granger de Bourbon : Grangeria borbonica , Lamk., Dict, et 
lu. gen., tab. 427; Commerson, Herb. mss. ; vulgaireiîienf 
l'Arbre de buis. Cet arbre a le port du chêne, avec lequel il 
rivalise en grandeur et eu grosseur. Son écorce est d'un gris 
blanchâtre; ses feuilles très-médiocrement pctiolées , glabres, 
alternes, ovaics ou ovales- obiongues, Irès-cnlicrcs, un peu 

20. 



5o3 GRA 

luisantes, longues de douze à quinze lignes, larges de sejîtu 
huit, rapprochées et disposées sur les derniers rameaux. Les 
fleurs sont blanches, petites, disposées en petites grappes 
simples, axillaires, presque terminales, à peine longues d'un 
pouce et demi ; leur calice divisé en cinq découpures pro- 
fondes, oblongues, roulées en dehors; la corolle composée 
de cinq pétales ouverts, petits, ovales, un peu onguiculés : 
les étamines à peu près de la longueur des pétales ; les tilamens 
sétacés : les anthères arrondies: l'ovaire supérieur, arrondi , 
lanugineux; le style un peu plus long que les étamines j le 
stigmate simple. Le fruit est un drupe ovale, oblong, rouge, 
ou ayant des points rouges parse/nés sur un fond jaunâtre: il 
renferme, dans une pulpe un peu sèche, un noyau osseux, 
anguleux, trigone, contenant une amande. (Poir.) 

GRANILITE. (Mm.) Le géographe Pinkerton propose de 
donner le nom de graniliie aux granités composés de fort petits 
grains : Kirwan , avant lui, avoit adopté ce même nom pour 
designer ceux qui sont composés de plus de trois substances. 
(Brard.) 

GRANITE. {Min.) Suivant la classification des roches de 
M. Brongniart, que j'adopte ici de point en point, Ton ne doit 
plus entendre, par la dénomination de granité , que les roches 
qui sont essentiellement composées de felspath lamellaire, de 
«juarz et de mica, également disséminés pour Pordinaire, mais 
où le felspath domine quelquefois. La cassure des granités est 
communément raboteuse ; elle devient unie quand la roche est 
à grain fin, et grenue quand elle s'altère. Leur dureté dépend 
en grande partie de la proportion du quarz qu'ils renferment; 
mais ils sont généralement susceptibles de recevoir un beau 
poli: beaucoup de granités perdent leur solidité en se désagré- 
geant à l'air et en se réduisant, à la longue, en sable grossier, 
ce que Ton attribue à la décomposition du felspath , etpeut-être 
aussi à l'exfoliatioa du mica. La pesanteur spécifique moyenne 
de cette roche est de 94 kilogrammes le pied cube. 

Outre les trois substances fondamentales qui composent 
essentiellement les granités proprement dits, ces roches en 
admettent beaucoup d'autres comme parties accidentelles : 
celles qui s'y rencontrent le plus souvent, sont la tourmalin" , 
jle |;rcnat , l'amphibole et la pinite ; l'épidoLe, les pyrites, le 



on A ^9 

fer oligiste et l'étain oxidé y sont plus rares; ci, enfin , l'on y 
rencontre aussi , mais plus rarement encore, la prehnite , 
l'opale , le disthène, la topaze , le corindon, la lépidolithe , la 
paranthine , la chaux fluatée , la chaux phosphatée, l'argent 
natif, le plomb sulfuré, le zinc sulfuré, le molybdène sul- 
furé, etc. Quelquefois les granités sont pénétrés d'une telle 
quantité d'étain oxidé disséminé, qu'ils sont exploités comme 
minerais; et quelques uns renferment une si grande propor- 
tion de fer oxidulé qu'ils acquièrent la propriété magnétique. 

La cristallisation des élémens des granités est le plus sou- 
vent confuse et irrégulière : cependant on en connoit où le 
quarz se présente en cristaux dodécaèdres , d'autres où le 
mica forme des paillettes hexagones; et souvent, enfin, le fel- 
spath s'y montre en très-grands cristaux parallélipipèdes. Je 
remarque^ à ce sujet, que ees cristallisations, plus ou moins 
parfaites , se présentent plus particulièrement dans les granités 
à gros grains que dans ceux que les Italiens nomment graTiifeZ/o. 

Lorsque l'amphibole hornblende vient à prédominer sur le 
quarz et sur le mica , le granité passe à la diabase et à la xyéniie ; 
quand le mica s'y présente en excès, il devient veiné, feuilleté, 
et passe au gneiss, qui est essentiellement composé de mica et 
de felspath , avec une addition de quarz peu visible à l'œil 
nu. Toutes ces transitions prouvent que la plupart de ces 
roches sont de formation contemporaine , et que le granité 
partage avec elles le titre d'antériorité qu'on lui accorde. Ce- 
pendant , il n'en reste pas moins certain que l'on doit consi- 
dérer le granité comme étant le type des roches primitives , 
puisque , jusqu'à présent , tous les autres terrains lui son t presque 
toujours superposés, et que l'on n'est jamais parvenu aie dépas- 
ser dans les excavations les plus profondes où les hommes aien î 
pénétré en exploitant les minéraux utiles. C'est ici qu'il importe 
de bien caractériserlegranite; car on cite un ou deux exemples 
de ces roches dites primitives , et auxquelles on accordoit 
communément le nom de granités , qui se sont trouvées, dit-on, 
superposées à des débris de corps organisés .- ce fait,, au reste? 
mérite au moins un second examen. 

Nous admettons deux variétés principales de granités : 

1." Le grande commun, dont le'grain est à peu près uniforme». 

2^° Le granité porphjroïde . qui se distingue , au première- 



Tuo GR/V 

aspect, parla grosseur des cristaux de folspafh qui sont dissé- 
minés dans le reste de la roche, qui est à petits grains, re 
<]ui rappelle très-bien l'aspect des porphyres. On doit penser 
que ces deux variétés passent souvent de l'une à l'autre sans 
qu'il soit aisé de les partager bien distinctement; mais cepen- 
dant il est bon de les signaler, puisqu'elles complètent en 
• quelque sorte Thistoire naturelle de cette roche importante. 
Le granité est une roche très-répandue dans la nature; 
mais il ne forme pas, comme on l'a cru long-temps, les plus 
liantes montagnes du globe : les pays granitiques, au contraire, 
ne nrcsentent souvent qxie des monticules arrondis , surbais- 
sés , dont les pentes sont rarement taillées à pic ; le gneiss et' 
laprotogine sont les roches alpines par excellence. Le gra- 
nité est pauvre en filons métalliques, et il ne recèle guère que 
les métaux qui paroissent 'antérieurs à tous les autres, tels 
que l'étain , le molybdène , etc. 11 forme quelquefois des bancs 
si puissans , que leur grande épaisseur a f;.it douter que cette 
roche ait été déposée par assises .- on éloit presque tenté de 
]a considérer comme ayant été formée d'un seul jet et en 
masse; mais Saussure, Fatrin et d'autres minéralogistes voya- 
geurs ont constaté depuis long-temps l'existence de ces bancs 
de granités, dont la situation est souvent verticale, ou du 
îîioins très-inclinée à l'horizon. Ces couches alternent quel- 
quefois avec des couches de gneiss , et l'on connoit même des 
filons proprement dits de cette roche antique: d'où l'on doit 
nécessairement conclure qu'il s'est formé des granités à plu- 
sieurs reprises, et qu'il en existe de plus modernes les uns 
que les autres. C'est ce qui a déterminé les géognostes à diviser 
la formation granitique en deux membres : le premier où le 
gneiss est subordonné au granité , et le second où le granité 
l'est au gneiss. L'on avoit tellement abusé du mot granité , 
que certains grès avoient été confondus sous cette dénomina-» 
lion générale; mais, depuis l'époque encore récente où on Va, 
restreinte à ses justes limites , le genre Granité s'est vu dé- 
pouillé en quelque sorte de ses plus belles variétés et do 
ses plus grandes prérogatives. Jurine lui refuse le pre- 
mier Tespèce d'honneur de composer le massif énorme et 
central du Mont-Blanc et de ses aiguilles. Il prouve que ce 
rolossc est formé par une roche où le «xica est remplacé par 



CxRA 5,1 

le (aie et ses variétés; où le quarz, ainsi que le remarque 
M. Brochaiit, a une disposition particulière et une tei.ite 
de lavande qui est rare dans les vrais granités ; enfin , que cette 
roche nommée protogine par Jurine, tend à passer au 
sciiistechloriteux qui abonde dans les Alpes (i) , et que le 
granité proprement dit est rejeté sur le revers méridional de 
la chaîne et sur les bords du lac Majeur. La roche grani- 
loïde de la Haute-Egypte, si renommée par les nombreux 
monumens qui en sont ornés ou entièrement construits, et 
surtout par la colonne monolythe d'Alexandrie, étoit et sera 
long-temps encore le granité par excellence des artistes , 
tandis que la présence de l'amphibole hornblende, comme 
partie constituante essentielle, la range au nombre des ^e- 
ni7es, avec une grande partie des préteiidus granités desVosge?, 
de Cherbourg, d'Autun, de Saxe , deNorwége, etc. Le gra- 
nité orbiculaire de Corse, qui n'est composé que d'amphi- 
bole hornblende et de felspath compacte , est repoussé du 
gei;re, et renvoyé avec les diabases dont il forme une des plus 
belles A'^ariétés: le granité graphique,ei!fin,e}rflp5i/c des Suédois, 
qui sont essentiellement composés de felspath et de quarz, 
rentrent dans notre pegmalite, ou la roche d'où l'on extrait la 
plupart des kaolins et des pétuntzé. L'on voit donc, par le 
simple exposé des principaux changemens que l'on a été forcé 
d'apporter dans la constitution d'un seul genre de roche, 
combien il est important d'éclairer cette partie de la géog- 
nosie, et combien il étoit essentiel de poser des bases fixes 
qui fussent exemptes de toute idée systématique, et qui pussent 
être reçues par tous les naturalistes. 

Rspéroiis que les sciences naturelles seront plus heureuses 
en cela que les sciences mathématiques, qu'aucune raison po»- 
lilique ne repoussera Vunité de leur langage, que le granité 
des François sera celui des Saxons, que leur sjénite sera la 
nôtre, et que cette uniformité dans les expressions amènera 
celle qu'on chercheroit en vain jusqu'à présent dans la relation 
des voyages géologiques. ( Brard. ) 

GRANITELLE. {Min.) On vonloit exprimer, parce mot, 
une espèce de diminutif du granité , ou un granité à grain 

(0 Brochant, Akkal. des Mises, année 1819^ 



5i2 GllA 

fin ; cette expression , employée par Daubenton , est la traSuo- 
tion du mot granitella ou g^ran.i7e//o des marbriers de Rome ou de 
Florence, par lequel ils désignent les granités à grains fins, et 
particulièrement ceux qui sont noirs et blancs. ( Brard. ) 

GRANITIN. ( Min. ) Daubenton nommoit ainsi l'ancien 
granité graphique, et l'apsite des Suédois ; c'est notre Pegma- 
TiTÈ. Voyez ce mot. (Brard.) 

GRANITINE. {Min.) Jean Pinkerton avoit proposé de nom- 
mer ainsi les roches granitoïdes composées de plus de trois 
élémens. (Brard.) 

GRANITOIDE. ( Min.) On emploie cette expression adjec- 
tivement, en minéralogie , pour désigner les roches qui ont 
quelques rapports avec le granité , ou du moins qui ont une 
texture grenue comme lui. Le sens est absolument analogue 
à celui des épithètes schistoïdes , porphyroïdes , etc. Ainsi nous 
avons des syénites, des diabases granitoïdes, comme nous eu 
avons de porphyroïdes et de schistoïdes. Ces expressions n'em- 
portent donc avec elles aucune idée de composition, mais 
seulement une manière d'être , ou une disposition particu- 
lière dans l'arrangement des principes composans. (Brard.) 
GRANITONE. (Mira. )• Les marbriers italiens nomment 
ainsi une belle syénite composée de felspalh d'un blanc un 
peu verdàtre , de grandes lames d'amphibole hornblende 
d'un noir foncé, et de quelques grains de :quarz d'un blanc 
sale. On ne trouve plus cette roche magnifique qu'en frag- 
mens dispersés au milieu des ruines de l'ancienne Rome. Je 
crois qu'elle a plus de rapports avec les syénites qu'avec les 
diabases, et que le rapakiifi des Finois, que Pinkerton désigne 
aussi parle nom de granitone, n'a aucun rapport avec la roche 
antique de Rome, puisqu'il est composé de felspath et de 
mica. (Brard. ) 

GRANITZA ( Ornith. ) , un des noms allemands du bec- 
croisé , loxia curviroslra , Linn. ( Ch. D. ) 

GRANIVORES. (Ornith.) Ce terme, dans son acception la 
plus générale, désigne les animaux qui vivent de graines , 
appliqué plus particulièrement aux oiseaux, il en comprend 
encore de irès-dififérens les uns des autres, et qui, même dans 
les familles les plus naturelles, occupent des places fort dis- 
tinctes; tels so)it les gallinacés etpUisieurs passereaux. Les gra-. 



GRA 3i3 

nivores ont le bec peu alongé, légèrement crochu, et le gé- 
sier d'une substance assez ferme pour broyer les alimens. 
Des mœurs, plus douces et plus sociales, les portent à se 
rapprocher des habitations de l'homme : ils se font remarquer 
par leur grande fécondité et leur puissance en amour; ils 
mettent ordinairement peu de soin à la construction de leur 
nid ; mais ils montrent beaucoup d'attachement pour leurs 
petits , les nourrissent avec soin, et les défendent avec courage. 

Sous les rapports de classification, les caractères des grani- 
vores perdent de leur généralité, et se tirent de considé- 
rations plus restreintes : c'est ainsi que dans la méthode de 
M. Vieillot, la famille des granivores, tout-à-fait étrangère 
à Tordre des gallinacés, ne se compose que de quelques genres 
de passereaux à bec conique et fort, tels que le bouvreuil, 
le dnr-bec, le gros-bec, le bec-croisé, le bruant, le coliou, le 
phytotôme , les fringilles, etc., qui dépouillent les graines de 
leur péricarpe avant de les avaler, tandis que les gallinacés 
les introduisent tout entières dans leur estomac. Les signes 
extérieurs qui se rencontrent avec des modifications plus ou 
moins prononcées dans la même famille, sont des pieds mé- 
diocres et grêles; des tarses annelés et nus; un pouce toujours 
dirigé en arrière; un bec épais ou grêle , rarement dentelé; 
la mandibule supérieure droite ou fléchie à la pointe , et 
recouvrant à la base une partie des bords de l'inférieure. 
(Ch.D.) 

GRANO (Ichtliyol.) , nom que l'on donne, à Nice, au gron- 
din , trigla cuculus , suivant M. Risso. Voyez Trigle. (H. C. ) 

GRANULARIA. ( Bot.-Crjpt. ) Petite plante cryptogame de 
la famille des algues, presque ronde , muciiagineuse , et qui 
renferme de petites seminules éparses dans une matière mucila- 
gineuse. Elle forme un genre établi par Willdenow et Roth : 
c'est le granularia pisiformis de ces auteurs et de Gmelin. Ce 
genre a pour type , sans doute, une espèce de rivularia. Linck, 
dans sa nouvelle classification des algues, le place près de son 
genre Nostochium , le linckia d'autres auteurs. 

Le granularia de Sowerby est dijBFérentdu précédent. Il ren- 
ferme une petite plante microscopique { granularia vioIœ,Sow. 
Fung. , n.° 440) semblable à un uredo , et de la famille des 
champignons. Elle végète sur et dans les pétioles et les pédon- 



3'4 GR.\ 

culcs de la violette, qu'elle gonile extrêmement. A l'œîl nu, 
eliese présente comme de petites taches brunes: au micros- 
cope, f lie paroit composée de petites grappes de grains ronds 
et bruns, blanchâtres ci et là, au pourtour des grappes. (Lem.) 

GRANULAKIUS. (Bot.) Ce genre de la famille des algues, 
établi par Roussel, FI. Calv. , est le même que celui nommé 
dcpu's dictyopleris par Lamouroux, et qui comprend le fucus 
poljpodioides des auteurs. ( Lem.) 

GRANUM ALZEELEN. (Bot.) Voyez Dulcichinum. ( J. ) 

GRANUM AINESCEEN. ( Bot.) Ce nom et celui de crome 
sont donnés par Avicenne k une variété du poivre long , sui- 
vant C. Bauhin. ( J.) 

GRANZA (Bot.), nom espagnol de la garence , suivant 
Mentzel. (J.) 

GRAOSlSKA (Ornilh.) , nom suédois du slzerin, /ringj7/a 
linaria, Linn. (Ch.D.) 

GRAOSPARF ( OrniLh.), nom du moineau (mnc , fringiUa 
dornestica , Linn. , en Suède. ( Cii. D. ) 

GRAOUSELA ( JBo/. ) , nom languedocien du coquelicot, 
selon M. Gouan. ( J) 

GRAPAOU {Erpét,), nom languedocien du crapaud com- 
mun. Voyez Crapaud. ( H. C.) 

GRAPELLE (Bot.), un des noms vulgaires du caille-lat 
grateron. Le fruit de la lauipourde et de la cynoglosse est 
aussi connu sous ce nom. ( L. D.) 

GRAPHEPHORUM. (jBoi.) Desvaux, Journ.bot., 5, pag.71, 
a proposé l'établissement de ce genre pour Vaira melicoides de 
Michaux, fondé particulièrement sur un appendice très- 
î:!ongé, chargé de poils, et qui paroît être le rudiment d'une 
fleur avortée. Le calice est à deux valves, à deux fleurs; ces 
valves sont aiguè's , très-entières, plus longues que celles de la 
corolle; dans cette dernière, les valves sont bitides, les épil- 
lets disposés eu panicule. ( Poir. ) 

GRAPHIS. {Bot.-Ciypt.) Adanson définissoit ainsi ce genre 
de la famille des lichens, qu"il avoit établi et placé dans les 
champignons: Poussière fine, rampante , comme une lame par- 
semé de sillons simples ou rameux, quelquefois abords relevés 
en cotes; substance farineuse ; graines sphériques remplissant 
les sillons. Il donne pour exemple les lichenoides ,t!ih.iQ ^ f.i et 



GRA 3i5 

2, de VHistoria Muscorum de Dillenius, c'est-à-dire, les lichen 
scriptus et rwgosus, Linn., qui, depuis, ont servi de types aux 
genres Graphys d'Ehrhart, Opegrapha deHuniboldt, Persoon, 
Schrader , etc. Acharius a réuni ces deux genres en un , sous 
le nom d'opes;rapha, dans ses Prodromus etMethodus licheniim ; 
mais dans ses Lichenographia universalis atSynopsis lichenum, il le 
divise aussi en deux , savoir: opegrapha et graphis. Ce dernier est 
strictement le graphis d'Adanson , puisqu^il y ramène le lichen 
scriptus, et que le lichen rugosus appartient probablement à ce 
genre. 

Les espèces de graphis , comme cell es des opegrap /m, forment, 
sur les écorces d'arbres et même sur les pierres, des croûtes 
minces comme des membranes et des pellicules , pulvérulentes 
ou lépreuses, et étalées irrégulièrement en forme de taches 
communément blanchâtres. A une certaine époque, cette 
croûte se crève pour mettre à découvert des lignes noires 
oblongues ou linéaires , flexueuses , simples ou rameuses , 
quelquefois semblables à de petits vers, d'autres fois à des 
étoiles, ou bien à des dentrites, et le plus souvent à des ca- 
ractères d'écriture, ce qu'expriment les noms génériques de 
cas genres. Ces lignes noires ou lirelles, comme les avoit 
d'aborddésignées Acharius, sont les conceptacles de la plante; 
elles sont enfoncées, marquées dans Içur milieu d'une rainure 
ou d'unsillon tantôt nu comme dans ies grapliis , et tantôt recou- 
vert d'une membrane très-mince comme dans les opegrapha. 
On voit, d'après cela, que les deux genres ci-dessus diffèrent 
très-peu l'un de l'autre, et qu'il seroit sans doute -utile de les 
réunir de nouveau comme l'a fait M. Dufour, dans l'excel- 
lente monographie des opegrapha qu'il a donnée dans le 
Journal de Physique de 1819. Quoi qu'il en soit, voici com- 
ment Acharius caractérise son genre Graphis dans son S/- 
nopsis ; 

Réceptacle universel, crustacé, plan, étendu, fixé, uniforme; 
réceptacle partiel ( ou vrai conceptacle ) : thalame , alongé , 
enfoncé dans les thallus ; peritiiecium simple, cartilagineux, 
dimidié, latéral, noir, bordant, de chaque côté, un noyau 
linéaire, formant le disque, nu en dessus et en dessous, inté- 
rieurement celluleux et strié. 

Une vingtaine d'espèces composent ce genre ; presque toutes 



'»6 GRA 

sont exotiques, cinq ou six communes en Europe. Nous ferons 
remarquer les suivantes : 

Grafhis écrit : Graphis scripta, Ach., Lich. uniy., 26S , et 
Sjnopsis , pag. 8 1 ; Lichen scriptus , Linn. : Hoffm., Enum. , t. 3 , 
f. 26; Opegrapha pulyerulenta, Decand., FI. Fr.; Lichenoides , 
Dill., M«5., tab. 18, f. i;Mich., tab. 66, pag. 3. Croûte mem- 
braneuse, lisse, un peu luisante, blanchâtre ou cendrée; con- 
ceptacles nus, flexueux, simples ou rameux, à bord élevé, 
membraneux, et à disque en forme de rainurL". 

Cette espèce est fort commune sur les écorces des arbres , 
et particulièrement des jeunes; elle y forme des taches ou 
plaques qui ont jusqu'à deux pouces et demi de diamètre. Elle 
offre plusieurs variétés quisont autant d'espèces pour plusieurs 
botanistes. Vune ,Vopegrapha limitata , Pers., Decand., est cen- 
drée-olivâtre; sa croûte est bordée de noir, et les conceptacles 
sont luisans : une seconde, le graphis scripta varia, Achar. , 
est d'un blanc grisâtre et verdâtre, très-irrégulière, à concep- 
tacle un peu rapproché: une troisième, l'opegrap/mmacrocarpa, 
Pers. ( in Ust. ann. , 7 , t. 1, fig. 1, a. b. ) , est remarquable par 
ses conceptacles très-longs , droits, presque parallèles, simples 
ou bifurques à Pextrémité , sur une croûte étalée et blanchâtre •- 
une quatrième, le graphis scripta hebraica , Achar. ( HofF. , Je, 
t. 3, fig. 2 , a),se distingue par ses conceptacles rapprochés , 
droits ou courbes, et coudés à angles droits, de manière à 
imiter des caractères hébreux : une cinquième offre des con- 
ceptacles très-longs, fort rétrécis , simples, flexueux, anasto- 
mosés , et presque sans bords. Toutes ces variétés ont les con- 
ceptacles noirs ; mais, dans les suivantes, ils sont d'un bleu 
cendré et comme givreux : elles forment le groupe du graphis 
scripta pulverulenta, Achar. , ou l'espèce nommée par Persoon 
opegrapha pulverulenla , in Ust. ann. , 7 , tom. 1 , fig. 2 , B. 6 ; 
FI. Dan., t. 1242, fig. 1. Une première a la croûte d'un blanc 
rosé, etles conceptacles longs, presque droits, presquesimples, 
obtus et à disque plan ; on la trouve sur les troncs des frênes 
etdespins: une deuxième, le graphis puliferulenta grammica, 
Achar., estd'un blanc cendré, à conceptacles courts, flexueux, 
un peu pointus, à disque entr'ouvert, presque à nu: uue troi- 
sième , le graphis pulverulenta Jlexuosa, est blanche , un peu- 
glauque, à conceptacles fort longs, flexueux, çà et là rameux. 



GRA 5ï7 

el s' entrecoupant en manière de réseau ; on la trouve sur le 
peuplier et Taune :une quatrième , le graphis puWerulenta mi- 
crocarpa, Ach., a la croûte d'un blanc de lait, et les concep- 
tacles petits , elliptiques, presque droits, presque simples et 
épars ; le disque est peu canaliculé. Acharius ramène encore 
à cette espèce Vopegraplia cerasi , Pers. , Decand. , dont la 
croûte est très-mince, glaucescente, incane ; ses conceptacles 
sont canaliculés et couverts d'une poussière glauque. 

GaAPHis A DENDRriE : Gruphis dendritica , Ach., Sjn.; Opegra- 
plia dendritica , Ach., Lioh. uni\>. , pag. 5i , t. i , fig. lo. Croûte 
presque cartilagineuse, raboteuse , très-blanche; conceptacles 
enfoncés, rameux, noirs, à rameaux divergens, fourchus, 
pointus, à disque large, plan , nu. Cette belle espèce forme 
de larges plaques sur Técorce du hêtre. 

Graphis serpentine: Graphia serpentiha, Ach. , Lich. univ., 
pag. 269, et Sjn.; Opegrapha serpentina, Ach., Metli.; Decand., 
FI. Fr. , n.° 843. Croûte cartilagineuse, membraneuse, iné- 
gale, raboteuse, de forme déterminée, blanche ou grise, à 
conceptacles enfoncés, alougés, très- rapprochés , flexueux , 
presque simples ou rameux, obtus, noirs, et recouverts d'une 
poussière cendrée. Cette espèce, qui ressemble au graphis 
scripta, est commune sur les écorces des arbres. Acharius en 
décrit six variétés. 

Graphis élégant: Graphia elegans , Ach., Sjn.; Opegrapha 
elegans , Engl. Bot., 1842. Croûte orbiculaire , granulée, 
glabre, blanche; conceptacle enfoncé, épars, court, droit , 
presque simple , à côtés munis d'un sillon longitudinal. Cette 
jolie espèce a été observée en Angleterre sur l'écorce des 
jeunes arbres. 

GiiAPHis tortueux; Graphia tortuosa, Ach. , Syn. Croûte 
blanche , cartilagineuse ; conceptacles enfoncés , rameux , 
très-obtus, embrouillés, à disque large, plan, recouvert 
d'une poussière blanche épaisse , à bords élevés , un peu cré- 
nelés. Cette espèce s'observe sur l'écorce dite cascarllle 
( croton cascarilla , Linn. ) , qu'on apporte d'Amérique. 

Graphis CISELÉ ; Graphis sculpturata, Ach. Croûte glabre, 
d"un jaune pâle, avec une bordure noire-, conceptacles épars , 
enfoncés, simples, très-longs, flexueux, plans, obtus, nus, 
à bords flexueux , crispés et adhérens au thallus, qui est re~ 



3i8 GRA 

levé en cette partie. Achariusa découvert celte espèce sîtr" 

l'écorce du quinquina blanc des boutiques. 

Graphis Ai'LANi ; GrapJiis planatu , Ach, , S^yn. Croûte mem- 
braneuse, olivâtre, tendant au brun ; conceptacles enfoncés, 
arrondis et oblongs, difformes, un peu alongés, très-obtus, 
nus, à disque large, piano-concave, à bordure presque nulle. 
Cette espèce croit en Guinée sur l'écorce des canangs, uyariœ. 
( Lem. ) 

GRAPHITE. ( Min.) Le graphite est la substance minérale 
que l'on connoît vulgairement sous les noms de mine de plomb ^ 
ou de plombagine. C'est la même qui a été décrite sous celui de 
fer carburé, de carbone oxiduléfcrriiginé,depercarhure defer, etc. 
Le graphite, qui fait aujourd'hui partie de l'ordre des combus- 
tibles simples, est d'un gris presque noir, joint au brillant mé- 
tallique qui se manifeste lorsqu'on égalise sa surface au moyen 
d'un canif. Il se laisse tailler avec facilité, quand il est pur, 
etproduit une poussière qui est douce et grasse an toucher . il 
tache les doigts en les recouvrant d'un enduit brillant. Passé suf 
le papier et sur la porcelaine, ily trace des traits plus ou moins 
nets, qui sont d'un gris particulier, et qui s'effacent compléîe- 
ment par le frottement d'un morceau de gomme élastique 
(caout-chouc) ; la couleur de ces traces, sur les couvertes 
blanches de la faïence ou des porcelaines, distingue le gra- 
phite du molybdène sulfuré, qui produit sur les mêmes subs- 
tances des traits d'un vert sale , mais qui lui ressemble au 
reste infiniment. Saussure propose aussi , comme caractère 
distinctif entre ces deux minéraux, la couleur verte que le 
molybdène transmet au jet de flamme produit par le jeu du 
chalumeau, ce que ne fait point le graphite, qui , exposé à la 
même épreuve , se volatilise en entier par un feu soutenu. Sa 
pesanteur spécifique varie de 2,08 à 2,26. Il est bon conduc- 
teur de l'électricité, mais ne la communique point par le 
frottemeiit à la cire d'Espagne. 

Les expériences de MM. Berthollet , Monge et Vandermonde, 
ont prouvé depuis long-temps que non seulement le graphite 
ne contient pas un atome de plomb , mais qu'il ne renferme 
pas même assez de ferpour que l'onpuisse continuera le ranger 
parmi ks substances métallifères, ainsi que M. Haiiy fa re- 
connu lui-même dams son tableau comparatif des résultats de 



GRxV Si., 

la crir.taîiogpriphie et de l'analyse chimique. Ea effet, les ana- 
lyses de et s savans chimistes ont douné pour résultat : car- 
bone 90,9 , (cv 9,1. Celle de Schécle , cilée par Jamesmi , u 
produit, carbone 80,0, oxygène 10,0, fer 10,0; et, quant à 
celle que nous devons à M. Vauqueliu, dont l'habileté est 
si bien connue, on ne doit en attribuer la dissemblance 
qu'aux substances étrangères mélangées au graphite des 
environs de Morlaix qui a fait le sujet de cette analyse, et 
qui a donné pour résultat: carbone 23, fer 2, alumine ùj, et 
silice 58. Si l'on fait abstraction de ces deux derniers prin- 
cipes, et que l'on rétablisse la proportion du graphite pur, on 
aura .- carbone 92 et fer 8, ce qui s'accorde sensiblement avec 
les analyses de Berthollet, Monge, etc. 

Parmi les graphites qui proviennent d'un grand nomlire <ïe 
localités, l'on n'a encore re.coniiu que les variétés suivantes: 

1 . Graphite cristallisé en prisnies hexaèdres réguliers dont les 
angles sont interceptés par des facettes peu inclinées a l'axe. Cet te 
variété, dont on doit la découverte à M. Manthey , minéra- 
logiste danois, a été trouvée au Groenland et décrite par 
M.Haiiy, dans son tableau comparatif, mais en faisant obser- 
ver que les cristaux manquent de la régularité nécessaire à leur 
détermination rigoureuse. 

2. Graphite lamellaire en paillettes brillantes, d'un biaiic 
d'étain et de forme hexagonale ? 

3. Graphite granuleux. H se présente en masses informes, 
dont la cassure est grenue, à grains d'autant plus fins que in 
substance est plus pure et plus solide. C'est cette seule variété 
qui est employée dans les arts. 

4. Graphite pelliculaire. Je propose d'introduire cette nou- 
velle variété, qui se présente assez souvent dans les fissures d'un 
quarz blanc, et dont l'épaisseur est si peu considérable que le 
plus léger frottement l'enlève en entier. Ce n'est point d'ail- 
leurs le seul minéral qui se rencontre sous cette forme, car il 
existe du plomb sulfuré peliicuiaire dans l'intérieur de cer- 
taines houilles, etc. 

On a cru que le graphite appartenolt exclusivement aux 
terrains primitifs, et qu'il entroit tantôt dans la composition 
des roches qui forment ces terrains, et s'y trouvoit d'aulres lois 
sous la fgraie de rognons ou de couches assez puissantes : iiiais 



320 CRA 

l'on sait aujourd'hui qu'il se trouve aussi dans les montagnes 
de transition, et parmi les roches de formation charbon- 
neuse : tel est entre autres le gisement de ce beau graphite de 
Borrowdole dans le Cumberland, qui produit ces excellens 
crayons anglois que l'on a peine à imiter avec le graphite 
des autres pays. Ce gîte, infiniment précieux, est composé 
d'une couche ou d'un lilon de graphite compris entre des cou- 
ches de schiste ardoisé traversé de veines de quarz : dans l'épais- 
seur de cette couche le graphite se trouve disposé en rognons 
très-volumineux et d'une qualité variable. On assure que 
l'on ne permet d'extraire que celui qui paroit le meilleur ; que 
tout ce qui est de qualité inférieure est rejeté au fond dei 
puits, et que Ton ferme la mine lorsqu'il en est sorti une cer- 
taine quantité chaque année. La principale exploitation de 
France existe dans le département de l'Arriége : le graphite 
s'y trouve en grosses masses compactes. On en exploite aussi 
en Piémont, en Espagne, en Calabre et eu Bavière ; mais il en 
existe beaucoup d'autres gites qui ne sont point susceptibles 
d'être utilisés, par leur peu d'abondance : tel est celui de la 
vallée de Chamouny en Savoie, qui présente la variété que 
je nomme pelliculaire , dont Saussure et beaucoup d'autres, 
après lui, ont inutilement cherché de plus larges veines, §.719. 
La combinaison du carbone et d'une petite quantité de fer 
qui a donné naissance au graphite, se produit dans le traite- 
ment des minerais de fer par les hauts fourneaux, et se ren- 
contre non seulement à la surface des grosses pièces de fonte 
noire refroidie , mais aussi dans l'intérieur de ces mêmes four- 
neaux. M. de Bournon a rassemblé une suite de ces graphites 
artificiels, ainsi que plusieurs échantillons d'un graphite na- 
turel qui , ayant été chauffé sur place par une houillère embra- 
sée située en Ecosse , s'étoit divisé par le retrait en petites co- 
lonnes à plusieurs pans. M. Fabroni assure qu'il existe, dans 
le royaume de Naples, des puits au fond desquels le graphite 
se dépose naturellement, et qu'on le pêche jusqu'à deux fois 
par an , à travers l'eau acidulée qui le recouvre. 

Si l'on excepte les excellens crayons que l'on fabrique avec 
le graphite, en le sciant en baguettes carrées excessivement 
minces , qu'on introduit dans une rainure creusée dans du 
bois de cèdre , de genévrier ou de cyprès, et qu'on débite 



ensuite sous le Rom de eajfucinss ou rie crayons de mine 
de plomb , dont les qualités essentielles sont de se laisser 
tailler sans se briser, et d'être à la fois moelleux et fermes, 
les usages de cette substance sont bornés et proportionnés à 
son peu d'abondance. La poussière qui provient de la prépa- 
ration des baguettes, broyée avec de la gomme , de la colle de 
poisson, ou fondue avec du soufre, sert à composer descrayons 
communs que l'on taille quelquefois en les ramollissant à la 
chandelle. Mêlé avec de l'argile, îe graphite colore les creu- 
sets noirs de Passau, quirésiStCiit bien au feu, et qui sont particu- 
lièrement employés par les fondeurs-mouleurs en cuivre : broyé 
avec de la graisse, il forme une es;)è:"e de pommade excessi- 
vement onctueuse, qui adoucit le frottement des engrenages: 
enfin , sous la dénomination bizarre de plomb de mer, il sert à 
vernisser la grenaille ou plomb à giboyer, que l'on fait tour- 
ner dans un tonneau avec une certaine quantité de gi'aphite 
pulvérisé et quelques morceaux peu volumineux de cette sub- 
stance. Il se passe, dans cette petite préparation qui a pour 
but de cacher l'aspect terne de la grenaille, un phénomène 
assez singulier: si le tonneau tourne trop long-temps, le plomb 
s'échauffe par les chocs multipliés qu'il reçoit, et il devient 
d'un noir terne ; si l'on suspend le mouvement jusqu'à ce que 
la chaleur soit passée, et que l'on fasse tourner un seul ins- 
tant, le brillant reparoît aussitôt; et si l'on prolonge l'agita- 
tion , la chaleur se manifeste de nouveau et chasse le brillant 
du vernis, comme la première fois. On frotte les pièces de 
fonte avec du graphite pour les préserver de la rouille : on 
en couvre les poêles de terre pour leur donner l'aspect de la 
fonte, et l'on soupçonne qu'il entre dans la composition du 
vernis dont les Anglois se servent pour garantir leurs canons 
et leurs caronades de fer de l'action de l'air et de la pluie. 
(Brard.) 

GRAPHYPTÈRE. ( Entom. ) M. Latreille a séparé, sous ce 
nom, quehjues espèces du genre AnthiedeFabricius, coléoptères 
delà famille des créophages, à cause de la forme de quelques 
parties de la bouche. Ce sont des insectes d'Afrique. Vantliie 
panachée que nous avons décrite à la page 204 du tome II de 
ce Dictionnaire, appartient à ce genre. (CD.) 

GRAPPE, Raccmus. (Bot.) Assemblage de fleurs dont les 

15. Ui 



523 GRA 

pédoncules particuliers, ordiiiaireuient simples, sont dispose* 
le long d'un pédoncule commun. La griippe est ordinairement 
pendante (sycomore, faux-ébenier, merisier à grappes) ; quel- 
quefois elle est dressée ( érable champêtre, circée). L^ grappe 
se confond avec Tépi par des nuances insensibles. ( Ma&s.) 

GRAPPOIN {Bot. ) , nom provençal des diverses espèces de 
caucalis , dont les graines hérissées s'attachent aux passans. 

(JO 

GRAPSE, Grapsus. [Crustacés.) M. de Lamarck a établi, sons 
ce nom donné par Linnaeus à une espèce de crabe, un genre 
de crustacés astacoides, décapodes, syncéphalés, brachyures, 
de l'ordre descancériformes ou carcinoides. 

Ce nom de grapse est tiré du grec ypxTTToç, ou ypx-l.cç. 
Il signifie peint, écrit, pictus , scriptus. 

Les caractères de ce genre sont tirés de la forme presque 
carrée du têt, qui est aplati; de la position des yeux à pé* 
dicnle court, situés aux angles du chaperon; et des antennes 
insérées au-dessous du chaperon, qui est comme écliancré. 

La plupart des auteurs ont rapporté les cinq ou six espèces 
connues dans ce genre, à celui des crabes; la plupart sont 
d'Amérique. Leur têt est ordinairement d'une couleur roug<-i 
avec des taches ou des points jaunes. 

Les principales espèces sont : 

Le Grapse porte- pinceaïx ; Grapsus penicilliger , figuré par 
Rumph dans son Muséum, planche dixième . n." 2 , qui porte 
sur les pinces des faisceaux de poils noirs très-touflus. 

Le Grapse peint; Grapsus pictus, qui est le type du genre. 
On dit qu'on l'appelle à Cayenne ragaheunba. Il est d'un rouge 
de sang avec des points et des raies jaunes. 

Le Grapse MADRÉ de Rondelet; Grapsus marmoratus. Jaune, 
avec des lignes et des taches d'un brun rouge, disposées par 
bandes transversales sur les pattes. Pinces noires, cordiformes. 
Il se trouve sur les bords de la Méditerranée. 

Le Grapse ENSANGLANTi^;. Cajicerrurico/a, Degéer, Ins., tab. 7, 
pi. -li. Semblable aux deux précédens pour les couleurs, il 
en difi'ère par un têt sans dentelure , par rextrémité des doigts 
coniques, et par le corps garni d'épines au côté interne. On 
le rencontre aussi dans l'Amérique méridionale. ( C. D.) 

GRAPSE. (Fofi-.) Il existe, dans la collection del\l. deDrée, 



GRA ?23 

f.ne carapace fossile, mal conservée, dont la forme carrée est 
assez déprimée. Cette forme , ainsi que la bande carrée longi- 
tudinale qui se trouve au milieu , fait croire qu'elle a appar- 
tenu à quelque espèce du genre Grapse. Cette carapace est 
plane, avec deux sillons enfoncés dans son milieu : entre ces 
sillons il se trouve une bande relevée, sous laquelle devoieut 
se trouver le cœur et les organes de la génération ; son bord 
postérieur est tronqué par une espèce de facette oblique, et 
il est remarquable par un appendice relevé qui le garnit sui- 
toute sa largeur. Ce crustacé est de couleur brune, et em- 
pâté d'argile g^rise , comme ceux qui viennent des Philippines. 
M. Desmarels lui a donné le nom de grapse douteux. (D.F. ) 

GRAS (Corps). [Chim.) On a compris sous ce nom un grand, 
nombre de composés organiques, qui sont insolubles dans l'eau, 
solubles dans l'alcool et Véther, plus ou moins fusibles et très-in~ 
Jlammahlfs, 

D'après la fusibilité pins ou moins grande de ces corps, on 
les a d'abord divisés en groupes, dont les noms ont élé tirés 
dune des espèces les plus remarquables de chaque groupe : 
c'est ainsi que des noms, spécifiques dans l'origine, sont devenus 
plus tard des noms génériques. Ainsi le mot huile, donné pre- 
mièrement à une sorte de corps gras, est ensuite devenu col- 
lectif pour désigner tous les corps gras, fluides à la température 
ordinaire (de i5 à io,et, à plus forte raison , au-dessous) : par Ja 
même raison le mot beurre a été étendu aux corps gras qui 
sont mous à la température de 18 et fusibles à quelques degrés 
au-dessus ; le mot cire Va. été à ceux qui ne se fondent qu'au- 
dessusde 46 degrés. Enfin, on a compris sous iadénomin.ition de 
graisses, les substances grasses, extraites du corps des animaux, 
dont la fluidité varie de 26 à 40 degrés. Ces distinctions, 
ne reposant point sur la composition des corps ou sur une de 
leurs propriétés chimiques importantes, doivent être rejetées. 

Jusqu'en i8i3 , oii je présentai à rinstitutmes premiers tra- 
vaux sur les corps gras, ces distinctions furent admises, puisque 
jusque-là on n'avoit point aperçu de dilîérenee dans la com- 
position de ces corps, ou dans leurs propriétés chimiques: tout 
ce qu'on savoit à ce sujet, c'est que les substances grasses, éJant 
très-abondantes en carbone et en hydrogène, étoicnt très- 
inÛainœablts. 



"^^ GRA 

Mes recherches ont établi que Jes corps gras separtageni en 
deuxsectioHS : l'une comprend ceux qui jouissent de l'acidiléj 
l'autre, ceux qui en sont dépourvus. Les corps gras delà pre- 
mière section sont les acides' margarique et oléique. Les corps 
gras de la seconde section se partagent en plusieurs groupes, 
d'après la manière dont ils se comportent avec la potasse. 

t.'^ Groupe. Ceux qui n'éprouvent aucun changement de la 
part de cet alcali. Telle est la cholestérine. 

2." Groupe, Ceux qui se convertissent , par l'action de la po- 
tasse, en acides margarique et oléique, et en une substance non 
acide, dont la composition peut être représentée par hydro- 
gène percarburé, plus eau. Telle est la cétine. 

3.* Groupe. Ceux qui se convertissent enprincipe doux et en 
acides margarique et oléique. Telles sont la stéarine etl'élaïne. 

4.* Groupe. Ceux qui; se convertissent en principe doux, en 
acides margarique et oléique, et en outre en un ou plusieurs 
acides volatils, très-odorans. Telles sont une huile qui se trouve 
dans la graisse des dauphins, une huile qui se trouve dans le 
beurre. (^Ch.) 

GRAS DES CADAVRES. {Chim.) 

Art. i.'^ Définition et introduction historique. 

Lorsque les cadavres sont entassés et recouverts d'une cou- 
che de terre, ils se réduisent en gaz qui se dégagent, et en 
matières fixes qui restent dans le lieu où les cadavres ont été 
enterré*, sauf une quantité plus ou moins grande qui s'é- 
coule, ou qui est entraînée par les eaux pluviales. Si on exa- 
mine les cadavres plusieurs années aprè» qu'ils ont été en- 
fouis, on retrouve leur partie osseuse, et. suivant Fou rcroy, le 
tissu de la peau , les muscles , le cerveau et surtout les parties 
grasses, changés en une substance que les fossoyeurs ont les 
premiers distinguée sous le nom de gras des cadavres. Quant 
aux ligamens, aux tendons, à l'estomac, aux intestins, à la 
vessie, au foie, à la rate, aux reins et à la matrice, ils ont 
disparu , suivant l'observation du même savant. 

Il faut au moins trois ans pour que la conversion dont nous 
parlons ait lieu.- à cette époque , le gras estmou et ductii( -, (ri 
cela il diffère du gras des cadavre» qui sont enfouis depui» 
quarante ans. ce dL-rnier étant sec et cassant. 



GllA «'^5 

Fourcroy, quia examiné le premier le gras des cadavres, Ta 
considéré comme un composé d'ammoniaque et d'une subs- ' 
tance grasse qu'il a appelée aJ/pociVe. Il a regardé cette substance 
comme étant semblable à la cholestérine et à la cétine ; mais 
j'ai fait voir le peu de fondement de ce rapprochement, en éta- 
blissant, i.° que la cholestérine n'est pas acide, et qu'elle n'est 
pas susceptible d'être saponifiée par la potasse; 2." que îa cc- 
tine n'est pas acide, et que, par l'action de la potasse, elle se 
réduit en une substance grasse non acide, et en acides marga- 
rique etoléique; S.'quela substance grasse des cadavres est une 
matière formée d'acide margarique, d'un acide gras et liquide 
qui paroît être Voléique, d'une substance amère, d'un principe 
colorant orangé, qui colore l'acide liquide, et d'une trace de 
principe odorant. Ces quatre derniers ne sont que dans une 
(bible proportion relativement à l'acide inargarique. Je con- 
serverai à l'ensemble de ces corps le nom d'adipocire. 

Je suis arrivé à ces conclusions par les expériences que je 
vais rapporter. 

Art. -j." Anafjse du gras. 

En traitant 100 parties de gras sec et tamisé par l'alcoolbouil- 
lant, on a dissous 90,0 parties de matière, et il est resté 9.7 
dé matière indissoute. 

A. Solution alcoolique. 

Elle étoit acide. En se refroidissant, elle a laissé précipiter 
un dépôt n.' 1 ; concentrée ensuite à deux reprises et refroidie 
chaque fois, elle a laissé préciijiter un dépôt n." 2 et un dépôt. 
n.° 3. Il est resté un liquide dont l'eau a séparé 4 parties d'adi- 
pocire rouge, et 0,4 d'une matière floconneuse qui n'a point 
été examinée. 

Dépôt n.* 1. Il se fondoit à 79,5 degrés. En fe tenant fondu, 
il laissoit dégager de l'ammoniaque, et il acquéroit en même 
temps plus de fusibilité. 100 parties de ce dépôt, traitées par 
Tacide hydrochlorique, ont donné : 

97 d'adipocire fusible à 5/| degr. , et légèrement coloré 

en jaune ; 
6 d'iiydfochlorate d'ammoniaque; 
] ,4 de chlorure de potassium j 
0,1 de rhiorure de calcium. 



526 GRA 

Dépôt n." i. Après avoir été fotulu , il commençoït h se 
troubler à 60 degrés; mais la plus grande partie ne se figeoit 
qu'à 64 degr. 

100 parties, traitées par l'acide hydrochlorique, 

[ adipocire fusible de 63 à 64 degr. 

ont donné, \ 0,76 d'hydrochlorate d'ammoniaque 

r et de ciilorures secs. 

C'étoit donc de l'adipocire presque pur. 
Dépôt n.° 3. 100 part. , traitées par l'acide hydrochlorique , 
( adipocire fusible de 61 à 52 degr. 

ont donné | 2,4 d'hydrochlorate d'ammoniaque 

( et de chlorures secs. 

L'adipocire rouge orangé étolt fusible à 46 degr. ; l'eau d'où 
il s'étoit séparé , contenoit 1,54 de matière soluble , laquelle 

matière azotée , 
principe colorant jaune , 

consistoit en { lactate acide d'ammoniaque j 

lactate de chaux , 
lactate de potasse, 
B. Résidu indissous dans l'alcool. 
L'eau bouillante lui enleva 1,94 

I'' acide lactique , 
lactate de chaux, 
, - , de potasse , 

I principe colorant jaune, 
( matière azotée. 
Les 7,76 parties indissoutes dans l'eau 

{ du phosphate de chaux, 

,,,..,,.,,, ,, . I de la magnésie, 

Oîit cède a 1 acide hydrochlorique < , ,, ., , „ 

•' ■ J de loxide de fer, 

( et de la chaux. 

Ce qui n'a pas été dissous p'ir l'acide é;oit formé de 4,8 part. 

d'adipocir«, et 1,6 de matière azotée. 

Les conclusions nalurelJcs de cette analyse sont : 

1." Que le gras est formé d'adipocire dont une portion est 

pnturée par de l'ammoniaque et de petites quantités de chaux 

et de potasse. 



GRA. 5^7 

2." Que l'a dîpocîre ne peut être une substance pure, puis- 
qu'on en obtient qui est fusible à 54 degrés, et peu coloré, 
et d'autre, fortement coloré, qui l'est à 47 degrés. 
Art. 5.^ Analyse de fadipocire. 

Si l'on prend de l'adipocire fusible à 47 dcgr. , et qu'on le 
traite par Talcool bouillant, on obtient, par le refroidissement, 
uneadipocirefusib!ea4g,75degr., etil reste en dissolution une 
aiipocire fusible à 41,24; mais ces adipocires retiennent opi- 
niâtrement le principe colorant. 

L'alcool ne pouvant être employé comme moyen d'analyse, 
j'ai eu recours à la potasse. Je me suis assuré d'abord qu'eu 
unissant à cet alcali 10 grammes d'adipocire fusible à 5i,5 de- 
grés, oii obtient de ce savon décomposé par l'acide hydrochlo- 
rique 9,9 grammes d'adipocire fusible à 5i,5 degrés, la perte 
de 0,1''' est due à du principe colorant jaune, à de la matière 
a mère , et à du principe odorant, qui restent dans l'eau où le 
savon a été formé. D'après ce résultat, j'ai dissous de i'adi- 
]!0cire dans l'eau de polasse foible, j'ai abondonné la liqueur 
à elle-même, et j'en ai obtenu: 1." du surmargarate de po' 
tas3e , qui s'en est séparé sous la forme de paillettes brillantes; 
T'acide margarîque qui le formoit éloit fusible à .66 degrés, 
j)arfaitemeîit blanc et très- brillant. 2.° U/i savon très-soluhle 
dans l'eau froide. L'acide^ tartarique en a séparé un acide 
oléiquey encore fusible à 7 degrés, fortement coloré en jaune 
orangé. L'étdu au milieu de laquelle le savon avoit été dé- 
composé, retenoit une matière amère, du principe colorant 
et du principe odorant. 

Art. 4«* Des circonstances dans lesquelles Vadipoeire se forme , 
et des sulisUinees qui sont susceptibles de la produira. 

Nous avons vu plus haut que les corps entassés dans la terre 
humide se changent en gras ; mais ce n'est pas la seule cir- 
constance où ce changement ait lieu. Fotircroy a obsen é qu'il 
s'opéroit dans les cadavres qui étoient plongés dans l'eau sta- 
gnante d'un étang, ou dans l'eeupeu courante des bords d'une 
rivière: il a même conseillé de tirer parti de cette observation 
pour les arts, et M. Gibes, en 1797, a décrit le procédé qu'où 
pouvoit suivre en grand pour convertir en adipocire les cada- 
\^es des animaux submergés. Enfin , nous ajoutt-rons que Four- 



328 GRA 

croy dit avoir observé un foie qui s'étoit changé en gras après 
une exposition de plus de dix ans au milieu de l'air du labo- 
ratoire de Poulletier de Lasalle. 

Fourcroy compte au moins trois sortes de substances qui sont 
susceptibles du changement dont nous parlons, la peau, les 
muscles, et surtout les parties grasses ; il ne s'explique pointsur 
les causes qui le déterminent. 

Lorsque nous eûmes reconnu que le gras contenoil de l'acide 
margarique et de l'acide oléique, nous conjecturâmes que l'adi- 
pocire, formée essentiellement des mêmes acides que ceux qu'on 
retire dessavons de graisses, provenoit de ces dernières, et que 
l'élat savonneux de l'adipocire dans les cadavres s'accordolt 
d'ailleurs avec cette manière de voir. Nous regardâmes l'opi- 
nion de Fourcroy comme peu fondée relativement au change- 
ment de la peau, et surtout delà chair musculaire, en adipocire; 
nous pensâmes qu'il avoit pu être induit en erreur par la des- 
truction de la partie fibreuse delà chair : en effet, on conçoit 
facilement comment cette dernière, qui est pénétrée de graisse 
dans toutes ses parties, a pu éprouver une décomposition telle 
que la partie fibreuse a disparu, et que la partie grasse seule 
est restée à découvert, convertie en savon adipocireux -, et, ce 
qui est conforme à notre opinion , c'est que la partie fibreuse 
iiese change point en matière grasse par son contact avec la po- 
tasse. Depuis que nous avons fait ces conjectures, M. Gay-Lussac 
a prouvé, par l'expérience, que la fibrine du sang, conservée 
dansleau, ne se changeoit point en adipocire, etnousavonsfait 
la même observation sur les tendons d'éléphans et la chair mus- 
culaire de bœuf, privés de graisses, et submergés pendant un 
an dans l'eau distillée. 

Nous avons examiné du gras provenant d'un cadavre de 
bélier qui avoit macéré dans l'eau de puits. Nous avons vu que 
tout ce gras étoità l'état de savon calcaire, et que ce savon étoit 
formé d'arides margarique et oléique, dont l'ensemble étoit 
fusible à 44 degrés. Ayant séparé ce» deux acides, le premier 
étoit fuslbie à SG degrés. Au mot Savonification, nous espérons 
pouvoir exposer plusieurs observations qui jetteront un grand 
jour sur ce qui se passe dans la conversion des cadavres eu gras; 
nous nous occupons de ces recherches depuis plusieurs années^, 
(Cii.) 



GRA 3.9 

GRAS DE GALLE. (Bot.) A Sain^-Domlugue, suivant Jac- 
quin, ce nom est donné à son eclùtes corj'mhosa, et il ne peut 
déterminer l'origine de cette dénomination. Nicolson le cite 
aussi, soit pour un acacia en arbre, à gousse aplatie, soit 
pour un arbi'isseau épineuxqu'il nomme spartia m spinosissimttm, 
soit pour deux autres arbrisseaux dontil fait un cytisusfrutescens 
et un alaternusfrutescens ; màii se$ descriptionssont insuffisantes 
pour déterminer ces espèces. On ne les confondra pas avec le 
GfiATGAL. Voyez ce mot. ( J.) 

GRASD'EAU. {Ichihjol.) Comraerson a donné ce nom à 
une athérine dont la couleur générale est semblable à celle 
d'une eau très-transparente. Voyez Athérine. ( H. C. ) 

GRASDYR {Mamm.), un des noms de l'ours brun en 
Norwége. ( F. C. ) 

GR ASELLA. ( Bot. ) Voyez Graneelosa. ( J . ) 

GRASEPOLEY. {Bot. ) Cordus , cité par C. Bauhin , nomme 
ainsi la petite salicaire , Ijlhrum hjssopifolia, Linn. (J. ) 

GRASIAli (Mamm.) , nom suédois d'un phoque. (F. C.) 

GRx\SKIN (Mamm.), nom de l'écureuil commun dans l'Os- 
Irobothnie. (F. C.) 

GRAS-MOLLEÏ. (Ichthjol.) On a quelquefois ainsi appelé 
le lump, cjclopterus lumpus, poisson du genre CvcloptèfuE. 
Voyez ce mol. {_ H. C.) 

GRASMUCKE ( Ornilli. ), nom des fauvettes en allemand. 
(Ch. D. ) 

GRASSA. {Ornith. ) Suivant Barrère, ou nomme ainsi, en 
Catalogne, la pie, cort>us pica, Linn. ( Ch. D. ) 

GRASSELLO. (Bot.) En Toscane, on désigne ainsi deux es- 
pèces d'af^aric. L'une, legrassello giaUo, est un petit champignon 
d'un jaune doré, moiiasse, à chapeau plan, muni de feuillets 
écartés , et àstipe alongé; il n'est point malfaisant, et se mange. 
L'autre espèce, le grassello schizzato, offre un long stipe blanc, 
qui porte un chapeau en forme d'éteignoir blanc, avec la 
pointe et des taches brunes en forme d'éclaboussures ; elle pa- 
roît être Vagaricus griseus, Batsch , El.fung., tab. 17 , fig. 80. 
(Lem.) 

GRASSET. {Bot.) Dans quelques cantons on donne ce nom 
àl'orpin reprise. (L. D.) 

GRASSET, ( Orn(7/î. )Cc nom , qui en certains endroits dé- 



53o GRA 

signe vulgairement le mouchet ou fauvette d'hiver, et, en 
d'autres, le bec-figue, s'applique aussi à plusieurs fauvettes ou 
figuiers dans la Louisiane. ( Ch. D. ) 

GRASSET1E [Bol.), Pinguicula, Linn. Genre de plantis 
dicotylédones, de la familie des utriculinées de Jussieu , et de 
la. diandrie monogjnie du Système sexuel, qui offre pour ca- 
ractères essentiels : Un calice monophylle, à deux lèvres, 
dont la supérieure à trois divisions , et {"inférieure à deux ; 
une corolle monopétale, bilabiée; la lèvre supérieure à deux 
lobes; l'inférieure à trois découpures plus grandes , et prolon- 
gée postérieurement en éperon; deux étamincs courtes; un 
ovaire supérieur , surmonté d'un style court, terminé par un 
stigmate à deux lames; une capsule à une loge, contenant 
plusieurs graines attachées autour d'un placenta central. 

Les grasscf tes sont de petites plantes herbacées, à feuilles 
toutes radicales, un peu épaisses, grasses, et le plus souvent 
comme onctueuses , disposées en une rosette, du milieu de la- 
quelle s'élèvent une ou plusieurs hampes nues, ordinairement 
uniflores. On en connoît environ quinze espèces, dont près 
de la moitié est naturelle à l'Europe : les autres ont été trouvées 
en Amérique , et surtout dans les pays du nprd de cette partie 
du monde. Nous nous bornerons ici à parler des espèces 
suivantes : 

Grassette commune, vulgairement Herbe grasse : Pinguicula 
viilgaris , Linn., Spec, 2 5-, Flor. Dan., t. ()3. Ses feuilles sont 
ovales-oblongues, luisantes; du milieu de la rosette qu'elles 
forment, s'élèvent une ou plusieurs hampes grêles , hautes de 
trois à six pouces , portant une ileur bleue tirant un peu sur 
le violet, dont l'éperon est conique, un peu recourbé et plus 
rourt que le limbe. Cette plante croît en France et dans une 
grande partie de l'Europe, dans les pâturages humides et 
marécageux. 

La grassette récente est émctique et purgative; mais ces 
propriétés ne sont pas exactement déterminées, ce qui fait 
que les médecins ne sont pas dans l'usage de s'en servir. Selon 
Cluslus, cette plante est appelée, par les Anglois méridionaux, 
ivhjtroot, parce qu'ellefaitmourir lesmoutons qui enmangeut.^ 
Pans les Alpes, les bergers guérissent les crevasses des mo- 
Kjçllce de leurs vaches, en les oignant avec le suc gras et 



GRA 53» 

comme mîellenx rie ses feuilles. En Dnnemarck , les paysans 
Bt; servent de ce suc pour un autre usage; ils remploient, en 
guise de pommade , pour graisser leurs clieveux. La propriété 
la plus singulière des feuilles de la grassette , est celle qu'elles 
ont de faire cailler le lait, en lui donnant une consistance 
j'articulière sans que la sérosité s'en sépare-, et, au rapport 
de Linnaeiis, les Lapons s'en servent habituellement pour 
préparer ainsi le lait de leurs rennes. 

Grassette A grande fi.eur : Pingiiicula grandljlora , Lamk., 
Dict. encycl. , 5, p. 22 ; lllust. , t, 1 4 , f. 2. Ses feuilles sont 
ovales-obiongues , presque semblables à celles de la précé- 
dente : du milieu d'elles naissent une ou plusieurs hampes 
grêles, hautes de trois à quatre pouces , portant chacune uiip 
ileur d'un bleu fonce ou tirantsurle violet, moitié plus grandi» 
que dans la grassette commune, et dont l'éperon est droit, 
grêle, aussi long que la lèvre inférieure. Cette espèce croit 
dans les lieux humides des montagnes du Dauphiné, de l'Au- 
vergne, et dans les Pyrénées. 

Grassette de Portugal : Pinguicula lusitanica^ Linn., Spec, 2 5; 
Lois., FI. Gall, p. 1/4, t. 1. Ses feuilles sont ovales, luisantes, 
réticulées , plus courtes que dans les deux espèces précédentes, 
La hampe est grêle, longue de trois à six pouces, terminée 
par une fleur blanche, jaunâtre à la gorge, rayée de lignes 
purpurines, et dont les deux lèvres sont peu prononcées, 
mais dont les divisions sont échancrées , et dont l'éperon est 
rentié au sommet, plus court que le limbe. Cette plante se 
trouve dans les lieux marécageux en Portugal, en Espagne, 
en Angleterre et en France. 

Grassetik élevée : Pinguicula elatior , Mich. , Flor. Bor. 
Amer., 1, p, n. Ses feuilits sont lancéolées, obtuses; ses 
liampcs sont droites, roides , pubescentes à leur partie infé- 
rieure, hautes d'un demi-pied, terminées par une fleur d'urt 
i/leu un peu rougeàtre, quatre fois plus grande que celle àç 
lu grassette commune, et dont le calice est glanduleux , puhes-» 
cent , et 1 éperon subulé, obtus , plus court que la corolle. Cette 
espèce croit en Caroline. 

Grassette roulée ; Pinguicula in\>oluta , Flor. Peruv., 1, p. 20^ 
1. 3i , f. c. Ses feuilles sont ovales, brunâtres en dessous. Du 
^.ilieu d'entre elles s'éièrent , à la hauteur de trois pouces. ^ 



5^2 GRA 

plusieurs hampes filifonnes , velues, courbées àleur sommet. 
terminées par une fleur violette , velue à son orifice, dont 
l'éperon est conique, courbé et delà longueur de la corolle. 
Cette plante croit parmi les mousses, sur les hautes montagnes 
du Pérou. 

Grassette de Magellan ; Pinguicula antarctica, Vahl , Enum., i , 
p. 192. Ses feuilles sont oblongues, glabres , obtuses , souvent 
échancrées à leur sommet. Ses hampes , hautes de deux à troi» 
pouces, portent à leur sommet une petite fleur dont l'éperon 
est conique, obtus, plus court que le limbe. Cette espèce a 
été trouvée par Commerson , dans le détroit de Magellan. 
(L. D.) 

GRASSETTE. (Ornt7/i.)C'est, dans Belon, lenomdelasarcelle 
commune, anas querqutdula^lÀnn. ( Ch. D. ) 

GRATELIER. (iîof.) Voyez Gnestis. (Poir.) 

GRATGAL , Randia. ( Bot. ) Genre de plantes dicotylé- 
dones , à fleurs complètes, monopétalées , régulières, de la 
famille des rubiacées , de la pentandrie monogynic de Linnseus, 
offrant pour caractère essentiel •. Un calice court, persistant, 
à cinq dents ; une corolle tubulée , divisée à son limbe en cinq 
découpures; cinq étamines situées à l'orifice de la corolle; 
les anthères presque sessiles ; un ovaire inférieur; le style bi- 
fide à son sommet. Le fruit est une baie sèche, arrondie , à 
peine couronnée à son sommet, à deux loges, contenant plu- 
sieurs semences comprimées ( de quatre à huit ). 

Ce genre diffère si peu des gardénia, que plusieurs auteurs 
les ont réunis. Il comprend des arbrisseaux, la plupart épi- 
neux, à feuilles simples et opposées, ayant également les 
épines opposées, quelquefois comme verticillées; des stipules 
à la base interne des pétioles-, les fleurs sont disposées par 
petits bouquets axillaires , quelquefois terminaux : il leur 
succède des baies uniloculaires, selon Linnanis, que d'autres 
pensent être à deux loges imparfaites. 

Gratgal a larges feuilles : Randia latifolia, Lamk. , Dict. et 
lu. gen.y tab. i56 , fig. 1 ; Randia aculeata, Linn. ; Pluk.,^i- 
mag. , tab. 97 , fig. 5 ; Brown , Jam. , tab. 8 , fig. 1 -, vulgaire- 
ment Bois de lance. Arbrisseau de dix à douze pieds de haut, 
toujours vert, médiocrement épineux. Son tronc est recou- 
vert d'une écorce rougeàtre et raboteuse-, ses riim eaux glabreS;^ 



GRA 3?^ 

opposés ; Ips plus petits munis d'épines, surfout vers leur ex- 
trémité. Les feuilles sont ovales, spatulées, entières, rétrécits 
en pétiole à leur base, lisses, luisantes, beaucoup plus longues 
que les épines; les fleurs sessiles, axillaires : elles produisent 
des baies ovales, globuleuses, de la grosseur dune cerise, 
blanches ou jaunâtres en dehors, renfermant sous une peau 
coriace une pulpe noire, un peu bleuâtre, qui enveloppe 
plusieurs semences aplaties. Cette plante croit à la Jamaïque 
et aux Antilles. Son bois est excellent pour faire des lances, 
des flèches, des baguettes de fusil, etc., d'où lui vient son 
nom de bois de lance. 

Le Kandia mitis , Linn.; Pluken., Alm., tab. 2o5 ,fig. 2 , et 
Sloan , Jam. Hist., 2, tab. 161 , fig. 1 , ne paroît à M. de La- 
marck qu'une variété de l'espèce précédente-, dans celle-ci 
les fleurs sont un peu pédonculées, les fruits jaunâtres et to- 
menteux. 

Gratgal EN ovAf.E RENVERSÉ : Randm obovata, KuTith, inHumh. 
et Bonpl. Nov. Gen. , pag. 409 , non Flor. Per, Arbrisseau 
chargé de rameaux nombreux, presque tétragones, bruns, 
cotonneux , armés d'épines d'un brun pourpre. Les feuilles 
sont médiocrement pétiolées, oblongues, ou en ovale ren- 
versé, obtuses ou un peu aiguës, glabres, veinées, réticulées, 
longues de douze à seize lignes , larges de sept à neuf; les sti- 
pules pubescentes , suhulées, persistantes .les fleurs sont ses- 
siles , solitaires , terminales ; le calice lâche , pubescent , à cinq 
dents subulées: la corolle blanche; les découpures du limbe 
ovales - aiguës ; l'ovaire glabre, turbiné. Cette plante croît 
dans la Nouvelle-Grenade , à l'orifice du fleuve Sinu. 

Gratgal eractéolé : Randia bracteolata, Poir. ; Randia obo- 
vata, FI. Per., a, tab. 220 , fig. 6, non Kunth. in Humb. Cet 
arbrisseau s'élève à la hauteur de six pieds sur une tige mé- 
diocrement rameuse; les rameaux fleuris sont les seuls épi- 
neux; les feuilles oblongues, très-entières, acuminées. pu- 
bescentes; les stipules subulées, adhérentes parleur base ; les 
fleurs sessiles , axillaires, accompagnées d'environ sept brac- 
tées imbriquées, lancéolées; la corolle blanche, une fois plus 
longue que le calice; les baies pubescentes , d'un jaune cen- 
dré. Cette plante croît au Pérou. 

Gratgal a petitf:s FEUiLr.ES: Randia pan/ifolia , Lamk., Encycl. 



334 GRA 

et III. gen., lab. i56, fig. 2 ; Sloan, Jam., 2 , pag. loo.tal). 20-"* 
iig. 1. Arbrisseau de Saint-Domingue, remarquable par ia pt-- 
tilesse de ses feuilles : son bois est dur; ses rameaux glabres , 
chargés d'épines dans toute leur longueur: Jes feuilles fasci- 
culées , entières, ovoïdes , lisses, luisantes, longues de quatre 
k six lignes ; les baies fort petites, sessiles, globuleuses, om- 
biliquées. 

Gratgal DU Malabar : Randia malaharica, Lamk., Encycl. ; 
lienkara, Rhéed., Malah. , 5 , tab. 56. Arbrisseau des côtes du 
îilalabar, dont le tronc grêle et blanchâtre s'élève à la hau- 
teur de douze pieds ; les rameaux sont glabres , épineux , cy- 
lindriques; les feuilles ovales ou oblongues , glabres, lui- 
santes, longues de deux pouces; les fleurs axillaires, pédon- 
culées, réunie» huit à dix en cimes ombelliformes, accom- 
pagnées de bractées courtes, ovales ; le tube de la corolle à 
peine saillant hors du calice: les découpures du limbe presque 
aussi longues que le tube. Le fruit est une baie globuleuse , 
de la grosseur d'un pois, pui'purine, un peu noirâtre, cod- 
lenant plusieurs semences enfoncées dans une pulpe. 

Gratgal a petites fleurs: Randia pan'ijlora , Lamk., En- 
cycl.; Gardénia micranthus , Tliunb. , Diss. de gard,, pag. 17 , 
tab. 1 . fig. 2 ? Espèce originaire des Indes orientales, dont 
les rameaux sont velus, cylindriques, épineux; les feuilles 
ovales- aiguës, vertes, glabres ; les pétioles un peu velus: les 
épines arquées; les fleurs petites, axillaires, de la grandeur 
d'un grain de riz , réunies deux ou trois dans l'aisselle des 
feuilles; leur calice est court , à bord tronqué, muni de cinq 
petites dents; le tube de la corolle ovale, presque globuleux, 
iétréci sous le limbe, qui se divise en cinq découpures ou- 
\ertcs, ovales-aiguës; les anthères pédiceilées; le stigmat f a 
tête. 

Gratgal a longues feuilles; Randia longijlora , Lamk., Ea- 
cycl., et lu. gen., tab. i3G , fig. 3. Ses rameaux sont épineux, 
glabres, cylindriques; ses feuilles glabres, entières, ovales- 
oblongues, un peu aiguës, longues d'un à deux pouces; Its 
stipules courtes, mucronées; les épines arquées, plus longuts 
tjueles pétioles; les fleurs pédicellées , réunies cinq à six ea 
une cime oiubelUforme au summet des rameaux, le tube de 
la corolle long d'un pouce j les baies petites, globuleuses. Cette 



GRA 335 

plante croît à l'île de Java, herandia scandens deThunberg, sub 
gardénia, Dlss. de gard., pag. 17, îab. 2, fig. 5, ressemble beau- 
coup à cette espèce ; mais ses fleurs sont solitaires et axillaires. 

Gratgal a feuilles R.0XDES : Randia rolundifoUa , FI. Per.. 2 , 
pag. 68. Arbrisseau découvert dans les grandes forêts du Pé- 
rou, qui s'élève à la hauteur de six pieds sur une tige garnie 
de rameaux opposés ou quaternés. A chaque point dïnsertioa 
naissent quatre feuilles ovales- arrondies, pubescentes, très- 
entières, petites, presque sessiles; les stipules ovales et rous- 
sàtres : les fleurs sessiles, solitaires; la corolle blanche, une 
fois plus longue que le calice; une baie jaunâtre, à une seule 
loge, de la grosseur d'une noisette, contenant plusieurs se- 
mences comprimées, environnées d'une pulpe noirâtre. 

On rapporte encore à ce ge.ire plusieurs autres espèces 
placées parmi les gardénia, telles que le gardénia spinosa , 
Linn., Suppl. , qui est le ceriscus malabaricus de Gcertner; le 
gardénia diimetorum,'WiUà., etc. (Poir.) 

GRATIA DEL {Bot.) Ce nom, qui annonçoit une plante 
merveilleuse par ses propriétés et accordée par la Providence 
pour le soulagement des malades, a été donné en plusieurs 
lieux à différejites plantes. Chez les François, suivant Gesner , 
c'étoit un buplèvre , huplevriun rigiduin- chez les Allemands, 
l'herbe a Robert , géranium robertianum, d'après l'indication de 
Tragus. Gesner le cite encore pour l'helianthème , et Césal- 
pin pour la toque, scutellaria. Il a surtout été attribué à une 
plante très-purgative, nommée aussi pour cette raison gratiole, 
rapportée par Tournefort au genre Digitalis, rétablie pai- 
I.innaeus comme genre distinct sous le nom de gratiola^ que 
l'on trouve encore donné à la scutellaire par C. Bauhin, et à 
la petite salicaire, Ijtliruin hj'ssopifoUum , par Gesjier et Co- 
lumna. ( J.) 

GRATIOLE ( Bol. ) , Gratiola , Linn. Genre de plantes dico- 
tylédones, delà lamille des personées de Jussieu, etdela(i/aw- 
(îrie monogynie de Linnœus, dont les principaux caractères sont 
les suivans : Calice de cinq folioles , muni de deux bractées à 
SI base ; corolle monopétale , campanulée ou tubuieuse , irré- 
guliére, à deux lèvres peu distinctes, et à quatre lobes, dont 
le supérieur échancré; deux étamines fertiles et deux stériles, 
ayant leurs Ulamens attachés à la corolle et non saiilaus; u.j 



236 CîlA 

ovaire supérieur, surmonté d'un style subulé, terminé pat* 
un stigmate à deux lames; une capsule ovale-pointue, à deuk 
valves parallèles à la cloison, à deux loges contenant des 
graines petites et nombreuses. 

Les gratioles sont des herbes à feuilles opposées, ordinai- 
rement simples et à fleurs axillaires. Ces plantes croissent en 
général dans les lieux marécageux et sur les bords des eaux. 
On en connoît une quarantaine d'espèces, dont une seule 
est indigène de l'Europe ; toutes les autres appartiennent aux 
Indes ou à l'Amérique , à la réserve de quelques unes qui 
ont été trouvées dans la Nouvelle-Hollande. Tontes ces espèces 
exotiques ne présentant que fort peu d'intérêt, sous le rap- 
port de leurs propriétés, nous n'en rapporterons ici qu'un 
petit nombre. Plusieurs botanistes ont d'ailleurs établi , aux 
dépens de quelques unes de ces gratioles exotiques , les genres 
Amhulia, Bramia, Hornemannia , Monicra, Rottlera et Septas. 

Gratiole officinale : vulgairement herbe au pauvre-ho.mme; 
Gratiola officinalis , Linn., Spec. , 24 ; Bull., Herb., t. i3o. Sa 
racine est rampante; elle produit une tige droite, glabre, 
ainsi que toute la plante , haute d'un pied ou environ , garnie 
de feuilles sessiles, lancéolées, dentées. Ses Heurs sont pédon- 
culées, solitaires dans les aisselles des feuilles, le plus souvent 
jaunâtres, mêlées de rougeàtre en leur limbe, quelquefois, 
mais rarement, blanches. Cette espèce estcommune en Europe, 
dans les prés humides ou marécageux, et sur le bord des 
étangs. 

La gratiole officinale est émétique et purgative. C'est une 
plante énergique, qu'il ne faut employer qu'avec circons- 
pection. Elle peut être très-utile dans l'hydropisie ascife. Il est 
préférable de n'en faire usage que sèche, parce qu'elle agit 
ainsi avec moins de violence. Deux à trois gros , en infiision , 
sont une dose qu'on ne doit guère outre-passer. Les gens du 
peuple, en l'employant verte ou en trop grande quantité, 
se causent souvent des superpurgations dangereuses. Les 
grandes vertus qu'on avoit autrefois attribuées à cette plante, 
lui ont fait donner le nom qu'elle porte, et qui vientde gra- 
tta, grâce, bienfait, faveur. 

Gratiole a feuilles arrondies : Gratiola rotundifolia , Linn. , 
Mant. , 174; Tsiungapuspam f Bhéed. , Malab.,^ , p. m, t. 67. 



GRA 537 

Ses tiges sont grêles, quadraugulaires , glabres, rampantes à 
leur base , longues de trois à quatre pouces , garnies de feuilles 
sessiles , ovales- obtuses , lisses, à peine dentées. Ses fleurs, 
solitaires dans les aisselles des feuilles, sont portées sur des 
pédoncules plus longs que cesdex*nières; leur calice est presque 
aussi long que le tube de la corolle ; la capsule est comprimée, 
arrondie. Cette plante se trouve au Malabar, dans les lieux 
sablonneux. 

Gratiole a feuilles d'hysope : Gratiola hjssopioides , Linn., 
Mant. , 174-, Gratiola indica minor veraseu hyssopioides , Pluk. , 
Alm., 180, t. 193 , f. 1. Sa tige est filiforme , redressée, haute 
d'un pied, à articulations plus longues que les feuilles, qui sont 
sessiles, ovales-lancéolées : les inférieures munies d'une ou 
deux dents. Ses fleurs sont axillaires, alternes, plusieurs fois 
plus longues que les feuilles; leur calice est très-petit , beau- 
coup plus court que la corolle. Cette espèce croît dans l'Inde , 
dans les champs de riz. 

Gratiolb de Virginie ; Gratiola virginicay Linn. , Mant. ,517. 
Sa tige est haute de huit pouces à un pied , garnie de feuilles 
lancéolées - obtuses , légèrement dentées. Les fleurs sont 
blanches, et placées dans leurs aisselles. Cette plante croit 
dans les lieux humides de la Virginie. 

Gratiole du Pérou : Gratiola peruy/iana, Linn. , Spec, , 25 5 
Gratiola latiore folio ,Jlore aZio , Feuill. , Pcruf.,3, p. 23, t. 17. 
Sa tige est presque simple , haute de six à neuf pouces , garnie 
de feuilles sessiles, ovales-lancéolées, dentées. Ses fleurs sont 
blanches, traversées intérieurement par des lignes rouges , 
solitaires dans les aisselles des feuilles , et presque sessiles. 
Cette plante croît naturellement au Pérou et dans les mon- 
tagnes du Chily. Le Père Feuillée dit que les naturels de ces 
pays l'emploient en infusion contre les vers. Elle est amère et 
purgative. ( L. D.) 

GRATTECU. [Bot. ) , nom vulgaire de l'espèce commune de 
rosiers, dont le calice, devenu charnu à l'époque de la matu- 
rité des graines qu'il recouvre, est employé comme médica- 
ment sous le nom de cjnorhodon. Il est aussi mangé par les en- 
fans, qui recherchentavec avidité ses fruits dans les haies. Lors- 
qu'on avale en même temps lesgrainfs recouvertes depoils, ces 
graines, accumulées à la sortie des intestins, y excitent une 



3S8 GRA 

démangeaison que leur expulsion fait bientôt cesser. C'est le 
gi-ato-cuGu des Languedociens. ( J.) 

GRATTE-PAILLE ( OrniLh.) , un des noms vulgaires de Ja 
fauvette (l'hiver, moLacilla modularisa Linn. (Ch.D.) 

GRATTERON. {Bot.) Les plantes désignées sous ce nom 
formoientle genre Aparine de Tournefort, distinct du galiiim 
parles aspérités qui couvrent ces plantes, et surtout par leurs 
graines qui s'attachent facilement aux mains et aux vêteincns 
des passans , ce qui les fait aiissi nommer grappelles dans quel- 
ques lieux. Linnœus a réuni avec raison ces deux genres sous 
le nom du dernier. Voyez Galiet. ( J.) 

GRATTKIER ( Mamm.), nom [allemand que les Helvétiens 
donnent aux chamois qui se tiennent principalement sur les 
crêtes des montagnes. (F. C.) 

GRAUCALUS. (Ornith.) M. Cuvier a appliqué au genre 
Choucari , ce nom , donné en grec à un oiseau cendré. (Ch. D.) 
GRAULA {Ornilh.) ^ nom de la corbine , corvus corone , 
Linn. Le freux et la corneille mantelée sont aussi vulgairement 
connus en France sous les noms de graulc eldegraje. (Ch.D.) 
GRAULACH {IchthjoL), nom que Ton donne aux saumons 
maigres dans quelques contrées de l'Allemagne^ (H.C.) 

GRAUSTEIN. {Min.) Heidinger , Blumenbach , Reuss et 
Widenmann, (ont appliqué ce nom à la gangue de l'opale, 
qui est un porphyre altéré, presque argileux ; mais le grau- 
stein de Werner est, suivant M. Brochant, une roche com- 
posée de très -petits grains de felspalh et de hornblende, en 
quelque sorte fondus les uns dans les autres, d'où il résulte une 
masse presque homogène et d'un gris cendré. Cette roche 
se rapproche beaucoup du grun^fem secondaire et du hling- 
stein de la même école (Brochant, tom. i, pag. 3:^3, 43i), et 
tom. 2 , pag. 668). Enfin, M. Cordier rapporte le graustein de 
"Werner à sa leucostine écailleuse, qui est pour lui comme pour 
nous une substance volcanique en masse. 'Voyez sa distribu- 
tion méthodique, et l'article DotERiTE de ce Dictionnaire. 
(Brard.) 

GRAUWERK {Mamm.), un des noms allemands de l'écu- 
reuil petit-gris. (F. C.) 

GRAVANCHE. {Ichthj'ol. ) On donne ce nom à une variété 
du lararet qui habite le lac de Genève. Voyez Corécone. (H.C.) 



GRA 35() 

GRAVELET COmith.), un des noms vulgaires du griinpereuii 
commun, certhia farniliaris , Linn. (Cii. D.) 

GRA VELIN {Bot.), nom sous lequel le chêne <à grappes est 
désigné dans quelques lieux. (J.) 

GRAVIER. (Min.) On est convenu de nommer gravier les 
sables grossiers, anguleux ou arrondis, que les rivières , les 
ilcuves ou les ruisseaux charrient dans leur lit, et qui font, 
par le volume de leurs élémens, le passage du sab!e au galet. 
En effet, l'on entend par sable de rivière ou de carrière, la 
réiiniou d'une infinité de petits grains de quarz ou de toute 
autre substance dont le volume n'excède pas celui d'un poib. 
On comprend sous le nom de gracier la réunion d'un nombre 
infini de fragmens de silex, de quarz ou de toute autre roche ,. 
dont la grosseurvarie depuis celle d'un pois jusqu'à celle d'une 
noix-, et enfin, par le mot galet, l'assemblage d'une grande 
quantité de fragmens arrondis de silex, de quarz, de granité, 
et de toute espèce de substances minérales dont les dimensions 
varient depuis celle d'une noix ou d'une amande jusqu'au vo- 
lume de la tête et au-delà (voyez Galet). Le gravier, ne diffé- 
rant du sable et du galet que par la grosseur moyenne des 
fragmens pierreux qui le composent, est absolument dû aux 
mêmes causes; il se trouve, comme eux, non seulement dans 
le lit des rivières et sur le bord de la mer, mais on le ren- 
contre aussi en dépôts immenses immédiatement au-dessous 
de la terre végétale : quelquefois même il occupe la surface 
du sol ; et, malgré son aridité apparente, il est favorable ii 
certaines cultures. Le gravier est très-recherché pour l'entre- 
tien des grandes routes , et pour former la couche exté- 
rieure de leur empierrement. On trouve le gravier plus 
particulièrement dans le fond des grandes ■ iaines, ou sur 
les coteaux surbaissés ; il se rencontre rarement au sommet 
des montagnes, à moins qu^il ne provienne de la décomposi- 
tion de la roche qui se trouve immédiatement au-dessous de 
lui : tel est le gravier calcaire que l'on trouve dans les c'-» 
devant provinces du Quercy et du Périgord, et qui y porte le 
nom de cosse. (Brard.) 

GRAVIERE. (Ornith.) Ce nom, et celui de gravelotte, se 
donnent vulgairement au petit pluvier à collier, charadinui 
lijaticula, Liun. (Ch.D.) 



.^4o GRE 

GRAVISSET. (Ornith.) Ce nom. et ceux de gra\>isieur et 
gravisson, sont donnés vulgairement au grimpereau commun^ 
certhia familiaris , Linn. (Ch. D.) 

GRAVIVOr>ES. (Ornith.) On trouve, dans le Nouveau 
Dictionnaire d'Histoire naturelle , ce nom appliqué aux oiseaux 
dont le vol est pesant. ( Ch. D. ) 

GRAY. {Ornith.) Ce nom désigne, en anglois, le canard 
chipeau ou ridenne, anas strepera, Linn. (Ch. D.) 

GRAVE ( Ornith. ) , nom , en vieux François , du freux, 
eorvusfrugilegus, Linn. (Cn. D.) 

GRAYLING {Ichlhyol.) , un des noms angloi» du thymalle. 
Voyez CoaÉGONE. (H.C.) 

GREAC. {Ichthjol.) L'esturgeon commun est quelquefois 
ainsi nommé. Voyez Esturgeon. (H. C. ) 

GRÈBE. (Ornith.) Plusieurs naturalistes ont réuni les plon- 
geons et les grèbes sous la dénomination de coljmhus; il existe 
néanmoins, dans la structure de leurs pieds, une différence 
très-remarquable. Les uns et les autres ont quatre doigts, et 
ils diffèrent en cela des guil'eaiots, uria, qu'on leur a aussi 
quelquefois associés , quoique ceux-ci soient tridactyles ; mais , 
tandis que les plongeons, coljmhus et mergus, sont palmi- 
pèdes, et ont les trois doigls de devant enveloppés jusqu'au 
bout dans une membrane commune et entière , les mêmes 
doigls, chez les grèbes, podiceps, sont libres depuis la pre- 
mière articulation, et bor.léi seulement, dans toute leur éten- 
due, d'un lobe qui en embrasse les deux côtés et présente la 
forme d'une rame. On remarque aussi, entre les doigts des 
plongeons proprement dits et ceux des grèbes , une autre diffé- 
rence, qui consiste en ce que ceux des premiers sont terminés 
par des ongles assez pointus et très-distincts des membranes, 
surtout au pouce , tandis que ces ongles , écailleux et aplatis, 
ne forment chez les grèbes qu'une sorte de prolongement da 
lobes, comme on peut le voir sur la bonne figure que Meyer 
en a donnée dans son Taschenbuch der deutschen Vogelkunde , 
tom. 2, pag. 4:i6. 

Les grèbes ont , d'ailleurs, la tête petite, alongée ; le bec 
plus court que celui des plongeons, comprimé latéralement, 
le plus souvent droit, et dont quelquefois la mandibule supé- 
rieure est légèrement inclinée; les narines situées longitudi- 



GRE 34. 

nalement à la base du bec , et percées à jour; la langue un 
peu échancrée; le corps aplati et revêtu de plumes courtes et 
épaisses ; les jambes placées fort en arrière et entièrement 
engagées dans l'abdomen ; le tibia prolongé au-delà du fémur, 
en une pointe à laquelle s'attache une assez, grande quantité de 
muscles extenseurs; les tarses très-comprimés, dentelés en 
scie sur leurs lames, et tellement jetés en dehors sur un plan 
horizontal, qu'ils présentent plutôt une rameetun gouvernail 
qu'un instrument propre à la marche; le doigt extérieur le 
plus long; le pouce pinné et ne touchant à terre que par son 
extrémité; l'aile fort étroite et cachée, dans l'état de repos , 
par les plumes scapulaires et par celles des côtés du corps; la 
queue composée, non de pennes, mais seulement d'un petit 
faisceau de plumes soyeuses. 

D'après cette conformation, l'on sent aisément combien la 
marche doit être pénible aux grèbes, qui ne peuvent se tenir 
à terre que dans une situation verticale, et volent difficile- 
ment ; mais aussi , l'étendue de leur sternum leur donnant une 
grande force musculaire, ils fendent l'eau avec une extrême 
facilité, soit à sa surface, soit à une profondeur telle qu'oa 
en a quelquefois pris dans des filets à plus de vingt pieds. Ces 
oiseaux, qui viventde petits poissons, de crustacés, d'insectes 
à élytres, de frai et de plantes aquatiques, habitent les ri- 
vières, les lacs et les bords de la mer. 

Ceux qui vivent sur les eaux douces construisent, avec des 
roseaux entrelacés , un nid qu'ils attachentaux cannes dejoncs, 
et qu'ils placent sur leurs cimes rompues, ou laissent flotter; 
ils y pondent ordinairement deux ou trois œufs, mais quel- 
quefois quatre ou cinq, qui sont blancs, ou d'un vert blan- 
châtre , onde de brun. Lts espèces dont les mers qui baignent 
les côtes de France sont le séjour ordinaire , nichent sur celles 
d'Angleterre , dans le creux des rochers, que ces oiseaux attei- 
gnent à l'aide du vol, et d'où leurs petits , qui vraisemblable- 
ment restent dans le nid jusqu'il ce que leurs ailes aient acquis 
assez de force pour leur servir de parachute, sont obligés de 
se jeter à l'eau. 

Lorsqu'on trouve sur les rivages des grèbes que les vagues 
y ont refoulés , malgré leur habitude de nager contre le vent , 
en n'a pas beaucoup de peine à les prendre avant qu'ils aieriS; 



54a GRE 

rc'ussi à se Temellre à ûot: mais on en reçoit deviolens coups 
de bec. C'est en plongeant que ces oiseaux cherchent ordi- 
nairement à se soustraire aux dangers , et lis font peu d'usage 
de leurs ailes pour fuir. Comme ils sont constamment dans 
l'eau . même pendant les saisons les plus rigoureuses, ils sont 
couverts de plumes que leur élasticité ramène en dedans, et 
qui forment un duvet si serré, si ferme et si bien lustré, qu'il 
les garantit également de l'humidité et du froid. Aussi fait-on, 
avec Ja peau de leur poitrine , des 'manchons d'un blanc ar- 
genté, qui ne se mouillent pas, et joignent le ressort de la 
plume au brillant de la sole et à la moelleuse épaisseur du 
duvet. Pailas dit, tom. 5 in-4.°de ses Voyages en Russie, qu'il 
y a dans la partie méridionale de la Sibérie une si grande 
quantité de grèbes, que les Tartares Barabynsk font un grand 
commerce de cette sorte de pelleterie. 

r»uffon, qui a conservé aux grandes espèces le nom de 
grèbes, pour laisser aux petites celui de castagneux. observe 
que cette distinction est indiquée dans Athénée parles noms 
de colymhis et de colynihida, M. Vieillot, en distribuant les 
rspèccs en deux sections, n'a pas suivi la même marche: il a 
compris dans la première celles dont le bec, presque cylin- 
drique, a la pointe droite; et, dans laseconde, celles dont le 
îîcc, comprimé lalérale-ment , estcourbé vers le bout. Au reste, 
vme observation générale qui a été faite sur les grèbes, c'est 
que les jeunes, qui muent une fois, ne prennent qu'après deux 
ou trois années le plumage des vieux, et que les ornemens 
que la plupart portent alors à la tète, décorent également 
relie des femelles. Ces circonstances, et les variations que la 
i;!ille éprouve avec l'âge, ont donné lieu à des doubles emplois. 
M. Meyer, qui a fait une étude particulière de ce genre, a 
réduit les espèces d'Europe à quatre, et M. Cuvier a adopté ce 
travail, fondé sur des 'ilfTérences de couleurs dans les huppes 
«'t la collerette, et dont il résulteroit, i," que le grèbe pro- 
prement dit, de Buffon , pi. enl. ç/| i , colymlus iirinalor, Linn. : 
le fïrèbc huppé du même , pi. 944 , colymbus erislalus, Gmel. ; 
rt le grè!)e cornu, pi. 400, donné par Gmelin comme une 
variété du précédent, podiccps çrislalus, J,ath., seroient le 
rnéme oiseau, d'abord à l'âge d'un an , ensuite à Page de deux 
ans, et enfin dans l'état parfait: 2.° que les colymbus cornutus, 



GRE «45 

t^lscnrus et caspicus rie Gmeliu, qui sontleSpoi/c^pidcLatham, 
portant les mêmes épithétes, et dont le premier et le second 
sont représentés dans les planches enluminées de Buffon , soun 
les n."' 404. fig. 2, et 942, avec les dénominations de grèbe 
d'Esclavonie et de petit grèbe, seroient aussi un seul oiseau , 
malgré une différence sensible dans la taille; 3." qu'il en seroit 
de même des coljmhus suhcristatus , parotis et rubricollis . Gmei. , 
dont lej second est représenté, pi. 9 du Muséum CarUon. de 
Sparrman, et 118 du Sj-nopsis de Latham ; et le troisième, 
pi. 93 1 de Buffon, et 200 de Lewin. En reconnoiss.ant, dans 
ces] neuf oiseaux, trois seules espèces , on pourroit , avec 
M. Cuvier, leur appliquer les noms de grèbe huppé , grèbe 
cornu et grèbe à joues grises, ou jougris; et la quatrième es- 
pèce seroit le petit grèbe ou castagneux, qui est le colymbus. 
minor, Gmel. , on podiceps miaor , Lath. , pi. enl. 905. 

Cette distribution des espèces européennes concorde avec 
celle de M. Temminck , qui, de plus, a donné comme espèce 
particulière et distincte le grèbe k oreilles ou oreillard, lequel 
est le podiceps aaritus , J-ath. , et le coljmhus auritus , Linn., 
espèce huitième de la treizième édition , page 690 ; maisTauteur 
JioUandois écarte de la synonymie la variété b , qu'il regarde 
comme appartenant au bec cornu ou esciavon, et il fait 
précéder la description de chaque espèce par lui reconnue 
d'observations générales sur le bec et les narines, desquellea 
il résulte que chez le grèbe huppé le bec est plus long que la 
tête , et qu'il y a du bord antérieur des narines à la pointe du 
bec dix-sept à dix-huit lignes ; que chez le jougris, qui a le bec 
de la longueur de la tête, la distance des narines est de onze 
lignes ; et que, chez les grèbes cornu ou esciavon et à oreilles 
ou oreillard, le bec est plus court que la tête, et la distance 
des I narines à son extrémité, de six ou sept lignes seulement. 

Grèbe huppû : Podiceps cristatus , Lath. Cet oiseau, dans sa 
première année, époque à laquelle il est le grèbe propremcnÊ 
dit de Buffon , eolymbâs urinator , Linn., n'a que la taille d'une 
foulque ; la tête et le haut du cou sont d'uu brun foncé, et 
ils n'offrent, avant luge de deux ans, aucun indice de huppe 
ni de fraise on collerette ; le front et la face sont blancs , 
et l'on y voit, ainsi que sur le haut du cou , des bandes ea 
zigzags d'un brun noirâtre. Après la première mue, les plumer 



:^44 GRE 

du sommet de la tète, devenues plus longues, forment une 
sorte de huppe qui se lève el se baisse à volonté; et l'on re- 
marque , de plus, une bande noirâtre, irrégulière, qui, 
partant du bec, passe au-dessus des yeux et s'étend jusqu'à 
l'occiput. Ce sont des individus de cet âge qui ont été repré- 
sentés dans les Glanures d'Edwards, pi. 56o , fig. 2; dans les 
planches enluminées de Buffon,n.''*94i etg/)4, ctdansLewin, 
pi. 197. Après la troisième année, le mâle , dont la longueur 
est alors de dix-huit à dix-neuf pouces et la taille celle du 
canard, a . ainsi que la femelle, une double huppe noire et 
une large collerette rousse, bordée de noir au haut du cou. 
Les parties supérieuri^s du corps sont d'un brun noirâtre , les 
pennes secondaires des ailes d'un blanc pur, les parties infé- 
rieures d'un blanc argenté. L'espace nu qui existe entre le bec 
et l'oeil, est d'un rouge incarnat; l'iris d'un rouge cramoisi; et 
le bec, dont la base est rougeâtre , a la pointe blanche. La 
planche enluminée de Bu'ffon , n.° 400, représente l'oiseau 
parvenu à cet âge. On le trouve sur les bords de la mer , d'où 
il émigré en nageant pour se transporter sur les lacs et les 
rivières de France , de Hollande, d'Allemagne et d'Angleterre. 
BufTon rapporte cette espèce à Vacitli ou lièvre d'eau du 
Mt:xïque , aqu eus lupus d'Hernandez, chap. i3o, et Sonnini . 
au grèbe du Paraguay, décrit par M. d'Azara , n.° 443 , sous 
le nom de macas cornu. 

Grèbe cornu. On a déjà exposé que MM. Me3'er et Cuvicr 
couiprenoient sous cette dénomination , outre le grèbe d'Es- 
clavonie, pi. enl. 404 , fig. 2 , le petit grèbe deBufFon, pi. 942 
et 199 de Le^vin, qui correspond au podiceps obscurus de 
Latham , et au podiceps caspicus ^ ou de la mer Caspienne , du 
même , lesquels ils regardent comme de jeunes individus. 
Assez semblable ati grèbe huppé pour la forme, cette espèce 
est d'une taille bien moindre et qui n'excède pas douze ou 
treize pouces. Dans la première année l'oiseau n'offre aucune 
apparence ne cornes ni de collerette; le blanc pur de la gorge 
s'étend jusqu'aux yeux, et se dirige en arrière vers l'occiput ; 
les cftlés de la poitrine et les flancs sont d'un cendré noirâtre : 
i iris est entouré de deux cercles, l'un blanc, l'autre d'un 
rouge clair. Les vieux, mâle et femelle, ont la double huppe, 
le devant du cou roux, et la collerette noire ; l'espace entre Ir 



GllK 545 

hec rt l'œil, le cou et la poitrine, sont roux; les parties supé- 
rieures du corps sont noirâtres, et les parties inférieures 
blanches. Le premier cercle de l'iris est jaune, et le second 
d'un rouge vif; le bec est noir et a la pointe rouge. Cette 
espèce, rare en Allemagne, et qu'on ne voit qu'acciden- 
tellement en Hollande, en France et en Suisse , est assez com- 
mune en Angleterre, et plus abondante dans les parties orien- 
tales de l'Europe. 

Sonnini, tom. 69, p. 3 17 de son édition de Buffon , observe, 
au sujet du grèbe cornu, pi. 400 de Buffon, qui est indiqué 
ci-dessus comme appartenant à la première espèce, que, 
puisqu'on reconnoît son existence au Mexique, il étoit na- 
turel de supposer une identité avec ceux qu'on rcncontre- 
roit dans des contrées plus septentrionales du nouveau conti- 
nent, et il s'étonne de ce que les nomenclateurs ont considéré 
comme une espèce distincte le grèbe cornu de New-Yorck 
et de la baie d'Hudson , le même que le grèbe d'Esclavonie 
du présent article. Sans insister sur le plus ou le moins de 
fondement d'une séparation dont la différence de taille paroft 
avoir été le principal motif, on se contentera de remarquer 
que le grèbe dont il est ici question n'est que de passage à 
New-Yorck, à l'automne et au printemps; qu'il se retire dans 
les rivières de la baie d'Hudson pendant l'automne, et les 
quitte après les couvées pour retourner au sud. 

Grèbe a joues grises; Podiceps ruhricollis , Lath. En réunis- 
sant sous cette dénomination les colymbus ou podieeps ruhri- 
collis , suhcristaius et parotis , M. Cuvier les désigne par cette 
phrase : devant du cou rond, comme aux colymbus cornutus , 
ohscurus et caspicus, mais les huppes de l'adutte petites et 
noires, et sa collerette très-courte et grise ; taille mitoyenne 
entre les deux espèces précédentes. On a reconnu qiie cet 
oiseau, appelé par Buffon jougris, et par Lewin rouge-col, 
étoit, ànnsson]e\ine3ige , le colymbusparotis de Sparrmanet do 
Gmelin , et, dans un âge un peu plus avancé, le colymbus 
subcristatus de ce dernier. Ce grèbe a, dans les deux premières 
années, la gorge et les joues blanches; le haut du cou d'un 
blanc jaunâtre, avec des zigzags bruns; le sommet de la tête 
et l'occiput noirs: la poitrine rousjàtre et variée de brun , c) 
le ventre rendre. A la troisième année , l'oiseau, dont !a Ion 



346 GRE 

gueur totale est de quinze à seize pouces, se rcconnoît, outre 
la couleur grise de ses joues, à sou cou roux en devant, à son 
niante.'iu noir, à sa gorge rayée de brun, dont les côtés sont 
ferrugineux , et à son ventre d'un blanc argenté jusque sous 
la queue. 

Il se trouve dans les diverses contrées de l'Europe. 

Grèbe oreillard -, Podiceps auritus , Lath. L'oiseau que 
M. Temminck décrit comme une véritable espace sous cette 
dénomination, est long d'environ un pied; il a la face et le 
sommet de la tête d'un noir profond; sa double huppe et sa 
collerette sont très-courtes. Il y a, derrière les yeux et au- 
dessous, un pinceau de longues plumes effilées, d'abord d'un 
jaune clair, et ensuite d'un roux foncé, qui, formant un arc, 
couvrent l'orifice des oreilles; la gorge, la poitrine, le cou et 
les parties supérieures sont d'un brun noirâtre; l'estomac et 
l'tibdomen d'un blanc pur; les flancs et les cuisses d'un marron 
très-foncé. Le bec, dont la base est déprimée et la pointe 
légèrement relevée en haut, est noir; l'espace nu est de cou- 
leur rouge , et les yeux sont cramoisis. 

Cetoiseau, figuré dans les Glanures d'Edwards, p\.<)G, n° 2, 
dans les Oiseaux deNauman, p. 70,0." 108, et dans Lewin , 
pi. igS, se trouve en Sibérie et dans plusieurs contrées de 
l'Euro.pe. Jl niche en Angleterre , dans les marais du Lin- 
rolnshire, et jl est plus commun sur les eaux douces que le 
long fies côtes maritimes. 

Grèrb CASTAGNEUx; Podiccps minor, Lath. Cet oiseau, figuré 
dans Edwards, pi. <yG, n." 1 ; dans BuflTon , pi. 906 ; dans Lewin , 
pi. 201 ; dans les Oiseaux dlAngleterre de Donovan , pi. 44 , 
et dans ceux de Graves, tom. 1 , se distingue des autres es- 
pèces, non seulement par sa taille, qui n'est ordinairement 
que de neuf à dix pouces , mais par l'absence de crête et de 
collerette. Le dessus delà tête et du corps est d'un brun plus 
ou moins Ruancé de roux, excepté à la poitrine et au ventre, 
où il est d'un gris argenté. Les jeunes ont la gorge blanche ; 
mais il se rencontre des iMdividus, d'un âge plus avancé, qui 
ont la menlonnière noire, le devant du cou de couleur de 
rouille, et le plumage supérieur d'un brun foncé. Tel estcelui 
que Lewin a fait figurer comme espèce particulière dans sa 
|j|anchc 202 , et qui est vraiseuiblableiïicnt le même que h 



GRE 54T 

castagneux des îles Hébrides, colymhus ou podiceps hdrldici/s , 
Ginel. et Lath. Le casfngneux que Von rencontre quelquefois 
en mer, où il mange, dit-oti, des crevettes et des éperians , 
est aussi appelé grèbe de rivière, parce que les eaux douces 
forment son habitation ordinaire: il y vit surtout d'insectes et 
de plantes aquatiques; il place, au milieu des joncs et des 
roseaux, un nid qui surnage, et dans lequel il pond deux à 
quatre œufs, que Lewin a fait figurer, pi- 42, n." 3, comme 
étant tout blancs. M. Temminck dit que ces œufs sont p!i:s 
nombreux dans les pays méridionaux que dans le Nord. Sts 
jambes ne lui servent qu"à nager, et il a peine à prendre sua 
vol; mais, une fois élevé, il se transporte assez loin. 

On semble pouvoir regarder comme appartenant à l'espèce 
du castagneux le grèbe montagnard décrit danslEncyciopédie 
méthodique par Picot-la-Peyrouse , qui Ta observé dans des 
ruisseaux aux Pyrénées. Il n'avoit que huit à neuf pouces de 
longueur : un brun à reflets verts étoit la couleur dominante 
de son plumage, et les joues, la gorge et le devant du cou 
étoient d'un mordoré brillant. 

Le même auteur a encore décrit , dans l'Encyclopédie mé- 
thodique, un autre grèbe des Pyrénées: mais ce dernier, 
qui étoit long de quatorze pouces, lui a paru offrir des diffé- 
rences dans la forme du bec, qu'il compare, d'après le tran- 
chant des mandibules, à celui du bec-en-ciseaux : du reste, 
6on plumage, brun en dessus, étoit d'un gris argenté en 
dessous: il avoit un plastron sur le devant du cou et sur la 
poitrine, et les joues, ainsi que la gorge, offroient des raies 
brunes sur un fond blanc, ce qui établit des rapports avec 
le grèbe à joues grises. Il est vrai que Picol-la-Peyrouse ne 
parie pas de huppe ni de collerette , circonstance que , sans 
doute, il n'auroit pas négligée; mais on peut supposer que 
l'individu nepossédoit pas encore ces attributs, et que c'étoit 
un jeune qui s'étoit égaré dans les eaux bourbeuses où on l'a 
rencontré, et où il faisoit entendre un cri grondeur, occa- 
sionné probablement par l'impossibilité dans laquelle il se 
trouvoit de s'échapper à l'aide du vol. 

Sonnini paroît fondé à regarder comoî."! irleniicfue avec ce 
dernier oiseau, le grèbe à gorge îlsérée, dont parle Jurine , 
dans une note adressée h M-:igné de Marol'es, .luteur du 



5|3 GRE 

Traité de la Chasse au fusil , et que ce dernier a insérée dans 
son Supplément à cet ouvrsge , p. 89. 

La mêase note contient quelques détails sur la manière dont 
on chasse les grèbes au lae de Genève. Ces oiseaux ne se pre- 
nant ni au filet ni à aucun appât, on ne peut les tuer qu'au 
fusil. Pour cet effet on choisit un jour où l'air ne soit pas 
agité, et, monté sur un bateau conduit par d'excellens ra- 
meurs, on va à la découverte. Les grèbes ne se rencontrent 
jamais en troupe; mais ils sont quelquefois près des bandes de 
canards, sans jamais s'associer à eux. Quand le grèbe aperçoit 
le bateau, il s'agite , tournoie , et, s'il est maigre, il cherche 
son salut en s'envolant ; mais , lorsqu'il est gras , sa pesanteur 
lui rend cette ressource insuffisante, et il plonge. Les bateliers, 
attentifs, forçant a!ors de rames , les cliassenrs examinent l'en- 
droit où l'oiseau sort de l'eau pour respirer, et le tirent s'il 
n'est pas trop éloigné. Comme le grèbe plonge de nouveau dès 
qu'il voit la flamme du basîinet, il esquive le coup, et, répé- 
tant le même stratagème, on le tire souvent dix à douze fois 
sans le toucher ; il arrive même qu'on ne peut plus le retrou- 
ver, à cause du grand espace qu'il parcourt sous l'eau. La 
première fois qu'on découvre cet animal rusé, il montre son 
corps entier sur l'eau avant de plonger; lorsqu'il reparoit, il 
ne laisse plus sortir de l'eau que son cou, qu'il tient même 
couché à la surface , et ensuite sa tête seule. Quelquefois même 
il vient se cacher sous le bateau , ou , gagnant le bord du lac , 
il se tapit auprès d'une pierre, et échappe ainsi <à toute pour- 
suite. Cette chasse procure de l'amusement; mais aussi elle 
est fatigante, et l'on est heureux lorsque , après avoir passé 
sa journée sur le lac, on revient avec deux grèbes. 

On trouve, aux Philippines et dans l'Afrique méridionale, 
nngrèbe, qui est figuré dans les planchesenluminéesde Buffon, 
n,° 9/,5, sous le nom de grèbe des Philippines, et que cet 
auteur, ainsi que Gmelin et Latham, regardent comme une 
variété du castagneux; mais M. Temminck assure que c'est 
une espèce particulière. Quoi qu'il en soit, sa taille est un peu 
plus grande que celle du nôtre, et il en diffère d'ailleurs par 
deuxgi'ands traits de couleur vousse qui lui teignent les joues 
et les côtés du cou, et par la couleur purpurine des partie* 
iupérieurcs du corps. 



GRE 8/, g 

Il y a aussi plusieurs espèces de grèbes en Amérique. 

Le Grèbkde Saint-Domingue, Colj-mbus dominicensis , Gmel., 
et Podiceps dominicus, Lath., qui se trouve également à la 
Jamaïque et à la Guiane , et que Buffon nomme castagneux 
de Saint-Domingue , n'a que sept à huit pouces de longueur. 
Sou plumage offre des variations qui peuvent tenir à l'âge ou 
au sexe: mais, en général , le dessus du corps est noiràlrej le 
dessous est d'un gris blanc argenté avec des taches brunes, et 
les pennes alaires sont d'un cendré blanchâtre , depuis la hui- 
tième jusqu'à la onzième. Quelques individus ont du blanc 
sur le milieu du ventre , et d'autres sont bruns sur toutes les 
parties inférieures. 

Le Grèbe a bec cerclé, Colymh us podiceps , Linn., et Podiceps 
caroUnensis , Lath. , dont la (aille excède peu celle du casta- 
gneux, en a aussi les habitudes; on le trouve non seulement 
sur les étangs d'eau douce de la Caroline , mais jusqu'au 
Canada. M. Vieillot le range, ainsi que les autres dont on va 
parler, dans sa seconde section caractérisée par un bec com- 
primé latéralement et courbé vers le bout. Cet oiseau se dis- 
tingue, d'ailleurs, par le petit ruban noir dont le milieu du 
bec est entouré chez le mâle. Celui-ci porte encore, à la base 
de la mandibule inférieure, une tache noire, qui existe éga- 
lement chez la femelle, mais qui est brune chez cette dernière. 
Le bec est, dans les deux sexes, brun à la base, et olivâtre 
dans le surplus; et leur plumage, d'un fond brun, et plus 
foncé sur la tête et le cou , est clair et verdàtresurla poitrine. 

Le grèbe ou macas, à bec crochu, dont M. d'Azara a vu 
un seul individu au Paraguay, et qu'il a décrit sous le n.''444, 
comme ayant un bec long, épais, large et droit jusqu'aux trois 
quarts de sa longueur, courbé dans le surplus, et ceint dans 
son milieu d'un petit anneau d'un noir velouté, paroît de la 
même espèce que le précédent. Long d'environ treize pouces , 
il avoit la paupière nue , ainsi qu'une bandelette de couleur 
noire, qui s'étendoit depuis l'angle antérieur de l'œil jusqu'au 
bec , et descendoit sur le haut de la gorge. Le dessus de la 
tête , du cou et du dos étoit noirâtre; les côtés de la tête et 
le devant du cou étoient blanchâtres, et le reste des parties 
inférieures d'un brun argenté. 

Sonnini a rapporté le grèbe du Paraguay au grèbe de la 



35o CxTiE 

j-t.uiâlane, de Bulfon , pi. enl., n.° (j43 , podlcq)s ludowiciantis . 
J, itli. Il n'est cependant point lait mention , dans la descrijitioii 
de celui-ci , du cefele qui eiitoure le bec des deux précé- 
dens; mais l'individu observééloit vraisemblablement un jeune^ 
tiu une femelle , à laquelle ona déjà ditquele cercle manquoit. 
Le P. Feuillée a trouvé, dans Tile américaine de Saint- 
Thomas , un grèbe qu'on y nonimoit due laart , et qui est le 
colymbus thomensis de Gmelin, et le podiceps ihomensis de 
l.atham. A la courbure du bec cet oiseau , de la grosseur 
d'une jeune poule, réunit un autre caractère propre à le faire 
distinguer; c'est une tache noire qui se trouve au milieu du 
])lastron blanc. Les ailes du même oiseau bont d'un roux pâle, 
et l'on remarque une tache blanche entre les yeux et le bec. 

EnlJn , Buflon a décrit, sous le nom de grand grèbe , et il 
a fait figurer sous celui de grèbe de Cayenne, pi. 404, n.* 1 , 
un oiseau que Gmelin a nommé coiymbus cajennensis , et La- 
iham podiceps cayanus. C'est l'extrême longueur de son cou 
qui le fait paroitre d'une taille supérieure de trois ou quatre 
])0uces à celle du grèbe ordinaire. Il n'est d'ailleurs pas plus 
gros-, son corps n'a pas de plus fortes dimensions : il est dé- 
})Ourvu de huppe et de collerette; ce qui n'a lieu, chez les 
grandes espèces, qu'avant l'âge adulte , et pourroit faire sup- 
],oser un vice dans l'empaillcment. Au reste, il a le manteau 
brun; le devant du corps d'un roux brunâtre, qui s'étend sur 
les flancs et ombrage le blanc du plastron jusqu'au milieu de 
l'estomac. 

On rangeoit ordinairement , parmi les grèbes , l'oiseau 
nommé grèbe-foulque, d'après ses rapports avec les espèces 
de ces i\i-nx genres. Gmelin et Latham en avoient, de leur 
côté, fait un anhinga, plotus surinamensis ; mais Bonnaterre en 
a formé, sous le nom d'IlEuonNE, un genre particulier qui a 
été adopté par M. Vieillot. Voyez ce mot. ( Ch. D.) 

GREC ou BISTRE A CROCHET. {Bot.) C'est le champi- 
{;rjon que les Florentins désignent par/ungo grœco que Faulet 
iait connoitre sous ces noms. Voyez Bistre a crochet. (Lem.) 
GRECQUE ( Erpétol. ) , nom spécifique d'une tortue ter- 
restre. Voyez Tortue. (H. C.) 

GREDIN (A/amm. ), nom françois d'une très-petite race de 
chiens, qui a des rapports, parles proportions du corps, urec 



CrîlE 55l 

îèpagneul, et dont le pelyge est noir ; on les dit originaires 
d'An^deterre. (F. C.) 

GilEEN. (Bot.-Crjpt.) Adansou annonre Ini-iiicnie qu'il 
noinme ainsi le genre Phascuin, delà l'amilledes mousses; mais 
lorsfMi'on a recours aux exemples qu'il cite, en renvoyant aux 
figures 3,4, lo, u , 12 et i3 de la planche 3a de ÏHistorici 
Mijscorum de Dillen, on voit que le genre Phascum n'est 
qu'une partie du genre Green , puisque les figures citées 
représentent le sphagnuin aljjinum, Linn. (ou dicranum flexuo- 
sum , Sniitli); les grimmia aporcapa, Hedw. ; les phascum 
subulatum, cuspidatum et muticum, et le huxbaumia foliosa. 
Cette réunion esî si peu naturelle , qu'elle a été rejetée avec 
raison. Dans les cinq dernières mousses, l'urne est sessile et 
terminale, et c'est là le caractère du genre Lireen. (Lem.) 

GREFFE, laserlio, inoculatio. (Dot.) La greffe, considérée 
sous le point de vue le plus général, estFunionde deux par- 
ties d'un même végétal , ou de deux végétaux différens; mais 
le cultivateur donnespécialeinent le nom de greffe à l'opéra-' 
tion qui consiste à détacher d'un végétal ligneux une branche 
ou une portion d'écorce , pourvue d'un bouton, et à la trans- 
porter sur un autre végétal ligneux, de manière que les deux 
libers soient en contact immédiat. La branche , ou la portion 
d'écorce détachée , est aussi appelée greffe. L'arbrisseau , ou 
l'arbre destiné à recevoir la greffe, est désigné sous le nom 
de sujet. 

Les procédés pour opérer la greffe sont très -multipliés -, 
mais le point essentiel est la rencontre et le développement 
simultané des deux libers, d'où résulte leur union intime. 

On ne parvient à greffer que des végétaux qui ont entre 
eux la plus grande analogie, telles que les différentes variétés 
de cerisiers, de pommiers, etc. L'expérience journalière ne 
permet pas d'ajouter foi à l'union de la vigne et du mûrier, 
du rosier et du houx, et à tant d'autres greffes hétéroclites 
dont il est fint mention dans les livres des anciens. 

On remarque même que le succès de l'opération est de peu 
de durée entre des espèces de genres très - voisins ( lilas, 
If-êne), s'il n'existe un certain accord dans la végétation de 
là greffe et du sujet; si, par exemple, l'un est tardif, et qiit' 
l'autre , au contraire , entre prompteiaent en végétation* 



y-^ GRE 

Ces faits s'accordent si bien avec la théorie, que nous 
sommes toujours surpris de voir des greffes qui ne perdent 
point leurs feuilles, réussir sur des sujets qui se dépouillent 
aux approches de l'hiver. Le prunus lauro-cerasus s'unit au 
prunus mahaleb ; le mespilus japoaica. s'unit au mespilus ger^ 
manica. 

Comme la nature du sol influe visiblement sur les végétaux, 
il se peut que la greffe , qui n'est après tout qu'une bouture 
plantée dans une substance végétale vivante, soit modifiée 
par la sève qu'elle reçoit du sujet. Cependant je ne sache pas 
qu'aucun jardinier ait obtenu des variétés nouvelles par ce 
procédé, qui a bien plutôt pour objet de conserver et de 
propager les variétés et les espèces utiles, que d'en augmenter 
le nombre. 

La plupart des arbres ne donnent ni fleurs ni fruits dans 
les premières années de leur développement; mais, si l'on 
greffe sur un sujet de quelques mois un bouton ou un ra- 
meau détaché d'un arbre en plein rapport, avant la fin de 
l'année l'arbre naissant se couvrira de fleurs et de fruits. Par 
ce moyen, les jardiniers font porter de belles oranges à des 
liges d'un décimètre de haut etde trois ou quatre millimètres 
d'épaisseur. Ces petits arbres, trop foibles pour fournir, sans 
s'épuiser, à une si grande dépense de sucs nourriciers, ont 
une vie très-courte. 

Selon M. Knight , une feuille de vigne greffée sur un pé- 
doncule , une vrille , ou une jeune pousse , continue à végéter : 
il en est de même d'une jeune pousse sur une vrille , un 
pédoncule ou un pétiole; et d'un pédoncule sur un pétiole, 
une vrille ou une jeune pousse. Ce savant physiologiste a vu 
des bourgeons, greffés sur des pétioles, prendre un alongc- 
ment considérable. 

Les tiges et les racines des arbres s'unissent quelquefois 
d'elles-mêmes; et l'on peut croire que la nature a fourni à 
l'homme le premier modèle de la greffe. (Mirbel, Elém. de 
Physiologie végétale. ) ( Mass.) 

GREGARII. {Ornith.) lUiger a formé, sous cette dénomi- 
nation , une famille d'oiseaux insectivores qui se plaisent 
dans la société des troupeaux, tels que l'étourneau , le pique- 
bœuf. (Cii. D.) 



GRE 3?3 

GREGCL\. (Bot.) Ce genre dr Csertner est rongêuère du 
ïnyrtc, et nommé myrtus greggia -par Svvarlz. (J.) 

GREIFF-GEYER [Ornitli..), nomsous lequel Klein parle, dans 
son Prodromus avium , du condor ou grand vaulour des Alpes, 
vultur grj-plius , Linn. (Ch. D.) 

GREINERLIN. {Ornith.) On appelle ainsi, en Silésic , 
Falouette spipolette, anthus aquaticus , Meyer. (Ch.D.) 

GREIS {Mamm.) , nom allemand, qui signifie vieillard, et 
que quelques naturalistes ont donné à l'alouatte , espèce dt- 
singe d'Amérique. Voyez Alouatte et Sai'ajou. (F, G.) 

GRÊLE. (Géol.) H ne seroit point rigoureusement exact 
de définir la grêle une pluie congelée, car les grêlons ne sont 
point des gouttes d'eau glacées: leur centre est occupé par 
un petit flocon de neige durcie , qui est enveloppé de couches 
concentriques de glace, plus ou moins distinctes; leur surface 
est mamelonnée, raboteuse, inégale; ils semblent quelquefois 
formés par l'assemblage de plusieurs grains d'un plus petit vo- 
lume, qui se sont groupés pendant leur chute: tout semble 
donc prouver qu'ils n'ont point éié solidifiés d'un seul jet. Les 
observations de MM. de Saussure sont concluantes à ce sujet; 
étant campés sur le col du Géant , à 1763 toises au-dessus du 
niveau de la mer, où ils ont séjourné courageusement pendan î: 
seize jours , ces savans observateurs se sont assurés qu'il grêle 
très-souvent à cette élévation , mais que les grêlons diffèrent 
essentiellement de ceux qui tombent dans la plaine. « Un 
« fait bien remarquable, c'est la fréquence de la grêle , ou 
^ du moins du grésil , dans ces hautes régions. Dans nos cent 
<;r quarante observations prises, de deux en d«ux heures, j'en 
^ compte une de grêle proprement dite, et onze de grésil. 
« Or, je pense, avec la plupart des physiciens, qu'il faut 
« considérer le grésil comme une grêle qui commence à se 
<. former. En effet, il est aussi très -souvent accompagné de 
, tonnerre , et l'on trouve presque toujours dans chaque 
rr grain de grêle un noyau de neige durcie , qui n'est autre 
,< chose qu'un grain de grésil. Il est donc certain que le 
« grésil se forme dans les plus hautes régions de l'atmo- 
e sphère, et qu'il ncse change en grêle que quand il traverse 
« d'abord^ des couches dair assez chaudes pour contenir de 
« l'eau sous forme fluide , et ensuite d'autres couches asses 

iO- 2 3 



354 GUE 

« froiclf j jjour Congeler ceUetau. » ( Saussure, Voyage dans 
les Alpes, §. aoyô. ) Telle paioit ttrc Torignie de la grêle or- 
dinaire, qui t'dccroît en traversant des couches d'air humides, 
et qui devient d'autant plus voiuailneuse que les grêlons 
tombent daiiS une asmosphère plus chargée de vapeurs fiqucnses. 
C'est préciséuieiit ce qui arrive enéié, dans les temps oiageux, 
où l'air se trouve dans l'état le plus l'avorrble à la produc- 
tion (le ce météore désastreux; et, en effet, l'air froid de 
l'hiver ne tient point assez d'eau en dissolution pour que le 
grésil puisse se changer en grêle; il le traverse sans augnienler 
de volume, et tombe dans la plaine à peu près tel qu'il se ibriiie 
en l'air, ou tel qu'il tombe sur les hautes montrigucs. Quant 
aux grêles extraordinaires dont les grêlons sont d'un volume 
qui le font comparera des glaçons, et qui parleur chute meur- 
trissent les arbres, brisent leurs branches, et tuent les ani- 
maux, on peut admettre, avec Voltn, que les grains ordinaires 
peuvent être soutenus en l'air et ballottés entre deux nuages 
d'électricité opposée, et que ce retard div.ts leur chute se- 
conderoit parfaitement leur accroissement, en permettant à 
la vapeur aqueuse de se condenser, d'en a^rglutiner plusieurs 
ensemble , jusqu'à ce qu'eniin leur pesanteur les iorce à obéir 
à la gravitation et à se précipiter sur la terre. (Brakd.) 

GRELIN (Iclithj'ol.) , un des noms vulgaires du gadus carlo- 
narius de Linnaeus. Voyez Gade et Merlan. (H. G.) 

GR.EISIIL {Bot.), Lithospermum , Linn. Genre de plante.* 
dicotylédones, de la famille des borraginées, Juss., et de ia 
penlandrie monogjnie, Linn., dont les principaux caractères 
sont les suivans : Calice partagé en cinq divisionsplus ou moins 
profondes; corolle monopélale en entonnoir, à cinq lobes 
réguliers, et ayant l'entrée de la gorge nue; cinq ctamine* 
iijséfées sur la corolle; un ovaire supérieur, à quatre lobes, 
du milieu duquel s'élève un style de la longueur du tube de 
la corolle, terminé par un stigmate en tête et légèrement 
échancré: quatre petites noix osseuses, lisses ou ridées, mo- 
nospermes , au fond du calice persistant : souvent deux ou tà'ois 
de ces noix avortent. Lithospermum est formé de deux mots 
grecs qui veulent dire pierre et semence. Ce nom a étédonr.é 
aux espèces de ce genre, à cause de la dureté de leur» 
graines. 



GTlE 555 

Les gremiJs sont des plantes hcii)acéeS) ou , plus riiremerii , 
sulfrutescentes, à feuilles simples , alternes , et à fleurs axii- 
laires, disposées , le plus souvent, en épis unilatéraux, au 
sommet de la tige et des rameaux. On en connoit aujourd'hui 
environ trente espèces i, dont neuf croissent naturellement eu 
France; les autres ont été trouvées dans le Levant, au cap de 
Êonne-Espérance , et en Amérique. Nous nous bornerons a 
parler des plus remarquables. 

* Graines lisses et luisantes. 

Ghi^,mil officinal : vulgairement Herbe aux perles ; Lilho- 
spermum officinale, Linn., Spec. , i8<); Lamk. , IlUist., t. qi. Sa 
tige est herbacée, droite, haute de deux pieds ou environ » 
simple, ou plus souvent rameuse, garnie de feuilles sessilcs , 
lancéolées, chargées de poils couches, très-courts. Ses fleurs 
sont petites, blanchâtres, portées sur de courts pédoncules , 
solitaires dans les aisselles des feuilles supérieures. Les graines 
sont d'un gris de perle, seulement nue ou deux dans chaque 
calice, par l'avortement des autres. Cette plante est commune 
en Europe , dans les lieux incultes , sur les bords des chemins 
et des bols; elle est annuelle. 

Les graines du grémil oflicinal étoient autrefois employées 
en médecine; on les regardoit comme un grand diurétique, 
et on alloit même jusqu'à dire qu'elles pouvoient briser et 
réduire en poudre les calculs des reins et de la vessie; maï* 
elles sont aujourd'hui tombées en désuétude. On ne croit plus 
maintenant à ces vertus merveilleuses, qui ne peuvent sup- 
porter un examen raisonnable. 

Grémil violet : Lithospermum purpuro-cœruleum , Linn. 
Spec. , 190 ; Jacq. , 17. Aust., U 14. Sa racine est rampante , 
vivace ; elle produit plusieurs tiges herbacées , simples, longues 
d'un pied ou un peu plus, garnies de feuilles lancéolées, ai- 
guës , d'un vert foncé , chargées de poils peu nombreux. Ses 
lîcurs sont bleues, tirant un peu sur le violet, assez grandes, 
solitaires dans les aisselles des feuilles supérieures : les divi- 
sions de leur calice sont longues et linéaires. Les graines sont 
grisâtres, ordinairement solitaires dans chaque calice. Celte 
espèce croit dcuis les bois et les buissons, en France, ea 
Allemagne, en Angleterre. 

a3. 



55^ CxRE 

Gr^mIl ligneux : Lithospcrmum fruticositm , Linn. , Spec. i go ; 
Ancliusa lignosior Monspelicnsium , Jlore violacco , Barrcl. , 
Icon. , 1168. Sa tige est ligneuse, redressée, rameuse; elle 
forme un petit arbuste d'un à deux pieds de haut. Ses feuilles 
sont linéiares , sessiles , hérissées de poils roides. Ses fleurs 
sont bleuâtres ou tirant sur le rouge; quelquefois, mais plus 
rarement, blanches, pédonculécs, solitaires dans les aisselles 
des feuilles supérieures. Les graines sont grisâtres, ordinaire- 
ment au nombre de deux dans chaque calice. Cette plante 
croit dans les lieux secs, arides et incultes, du midi de la 
France et de l'Europe. 

*^' Graines chagrinées ou tuberculeuses. 

GnÉMir. DES CHAMPS : Lithospermum ari>ense, Liun. , Spec, 190; 
Flor.Dan.,t. 466. Sa tige est herbacée, droite, haute d'uu 
pied ou environ, chargée, ainsi que Us feuilles, de poils 
courts et couchés, qui la font paroîtred"un vert blanchâtre. 
Ses feuilles sont lancéolées, sessiles ; ses fleurs sont blan- 
châtres, assez petites, portées sur de courts pédoncules , et 
écartées les unes des autres dans les aisselles des feuilles supé- 
rieures : leurs corolles sont à peine plus grandes que les ca- 
lices. Les graines sont tuberculeuses, ordinairement quatre 
ensemble, dans chaque calice, qui est fendu, jusqu'à la base, 
en cinq divisions linéaires-lancéolées. Cette plante est com- 
mune dans les moissons et les champs cultivés ; elle est 
annuelle. 

Grémil des teinturiers : vulgairement Orcanette : Litho- 
spermum tinctoriumy Linn., Spec, 1 , p. i32; Decand., Flor. 
Fr., 3 , p. 624-, Anchasa tinctoria, Lamk. , Dict, , 1, p. 5o3. Sa 
racine est vivace, presque ligneuse, alongée , un peu tor- 
tueuse, d'un rouge foncé et un peu brunâtre-, elle produit 
plusieurs tiges étalées, ou médiocrement redressées, longues 
de cinq à dix pouces , hérissées , ainsi que le reste de la plante , 
de poils blancs et roides, garnies de feuilles oblongues, ses- 
siles. Ses fleurs sont bleues ou violettes, rarement Manches, 
disposées au sommet des tiges en épis feuilles, simples et uni- 
latéraux. Après la floraison les calices prennent un peu 
d'accroissement, et se réfléchissent; ils contiennent quatre 
graines bossues et chagrinées. Cette plante se trouve dans les 



GRE 357 

lieux stériles et sablonneux du midi de la France et de l'Eu- 
rope; en Barbarie 5 etc. 

Les racines de plu&ienrs espèces de ce genre peuvent fournir 
une couleur rougeàtre; mais le principe colorant n'est autant 
développé dans aucune comme dans la partie corticale de la 
racine du grémil des teinturiers, plus connu sous le nom vul- 
gaire d'orcanette. Celtt partie, qui est d'un rouge de sang , 
est employée dans la teinture de petit teint; mais son usage 
est très-borné en France , parce que la couleur qu'elle donne 
aux étoffes n'est point brillante, et qu'elle est peu solide. Les 
distillateurs et les confiseurs s'en servent pour colorer en rose 
certaines licjueurs de table et diverses sucreries; les pharma- 
ciens l'emploient aussi pour donner la couleur à l'onguent 
rosat. On ne cultive pas ce grémil d'une manière particulière; 
les gens de la campagne ramassent les racines de la plante 
sauvage , dans les endroits où elle croît naturellement , et 
cela suffit pour fournir la petite quantité nécessaire au com- 
merce. En Turquie, et dans les autres pays où les arts ne 
sont pas perfectionnés , on en fait un usage beaucoup plus 
considérable. 

Grémil oriental : Lithospermum orientale , Willd. , Spec, i , 
p. 753; Anchusa orientalis , Linn. , Spec. , igi ; Buglossumorien- 
tale Jlore luteo , Tournef. , Coroll. 6 ; Dill. Elth. , i , p. 6o , 
t. S2. Sa tige est herbacée, droite, haute d'un pied et plus , 
rameuse, hérissée de poils, ainsi que toute la plante, garnie 
de feuilles sessiles , oblongues; celles des rameaux florifères 
sont ovales-oblongues. Ses fleurs sont jaunes, portées sur de 
courts pédoncules, disposées tout le long des rameaux en épis 
lâches et très-alongés : les calices sont moitié plus courts que 
les corolles; mais ils prennent un peu d'accroissement après 
la floraison, et ils contiennent chacun quatre graines grisâtres, 
hossues et ridées. Cette plante croit dans le Levant et aux îles 
d'Hières ; elle est annuelle. ( L. D.) 

GRÉMIL D'ALLEMAGNE (iBot.) , nom vulgaire de la stel- 
laire passerine. (L. D.) 

GREMIILLE, Acerina. {IchtIvyoL) M. Cuvier, aux dépens 
des persèquesdeLinnaeusetdes holocentres de M. de Lacépède, 
a établi, sous ce nom, un genre de poissons qui appartient 
à la cinquième tribu de sa famille des perches et à lu familie 



358 GRE 

des acanthopomes de M. Duméril. Ce genre est reconnoîs- 

sable aux caractères suivons : 

Bouche peu fendue; dents en velaurs ; tète absolument alépidots 
et creusée de fossettes superficielles : bord du préoperculc armé de 
huit ou dix petites épines ou crochets; une épine pointue à V oper- 
cule , et une autre à l'os de l'épaule ; bord des écailles, dentelé. 

Les espèces que l'on connoit dans ce genre, habitent les 
eaux douces. Celle qui lui sert de type est : 

La Gremille caujoxNiÈRE : Acerina cernua; Perça cernua , 
Liiin.; Holocenlrus post , Lacépède. Corps et queue alongés et 
visqueux; tête déprimée: palais et gosier garnis de dents 
petites et pointues; mâchoires égales; teinte générale d'un 
}aune verdàlre ou doré-, un grand nombre de petites taches 
noires : taille de sept à onze pouces environ. 

Ce poisson, connu vulgairement sous les noms de perche 
goujonnicrc ou de petite perche, habite les contrées septen- 
irioiiciîes de l'Europe, et choisit pour retraite les rivières ou 
les lacs dont le fond est de glaise ou de sable, et dont les eaux 
sont pures et limpides. Il est surtout très-comnum en Prusse, 
et parvient à de plus grandes dimensions dans les lacs voisins 
de Frenzlow , que partout ailleurs. 

Cf'lte gremitle se nourrit de vers, d'insectes aquatiques et 
de très-jeunes ;poissons; fréquemment elle devient la proie 
du brochet, de la perche, de la lote, de l'anguille et des 
griinds oiseaux d'eau. 

Au printemps, elle quitte les lacs pour remonter dans les 
rivières, au séjour der.quelles elle préfère de nouveau celui 
di's lacs lorsque l'hiver approche. C'est aussi pendant le prin- 
temps qu'elle fraye , déposant ses œufs sur le sable ou sur les 
pierres au fond de l'eau. Ces œufs, sont petits et d'un blanc 
mêlé de jaune. Bloch en a compté soixante et quinze mille 
six cents dans na ovaire qui pesoit environ un gros. 

f,a chair de la gremille goujonnière est tendre, d'une sa- 
veur agréable, et facile à digérer; elle devient même exquise 
<!ans certaines eaux, comme dans les lacs Golis et Wandelif?, 
en Allemagne , et vers l'embouchure de l'Eure , dans le dépar- 
tement de la Seine-Inférieure, en France. 

On prend le poisson dont nous parlons à l'hameçon et au 
filet, mais plus particulièrement au trémail. C'est principale- 



GRE 559 

ment pendant l'hiver, lorsqu'il habite les lacs, qu'on le pêche 
îivec le plus de succès, surtout si la surface cie l'eau est geiée. 
Il est fl'iu! leurs préféré à beaucoup d'autres par les personnes 
qui désirent peupler un étang convenablement : en Vy ren- 
fermant, on n'y introduit pas un ennemi dévastateur, et i'i>n. 
choisit, pour le transporter des lacs ou des rivières, le prin- 
temps ou l'automne. Lorsqu'il n'a point été trop fatigué par 
la manière dont on l'a pêche, il perd difficilement la vie, et, 
durant l'hiver, on peut le faire parvenir vivant à d'assea 
grandes distances, sans qu'un froid violent sullisc pour le faire 
périr. 

La Grkmîlle ackrine : Acerina vulgaris ; Perça acerina , Gi;I- 
denst. ; Holocealrus acerina, Lacép. Tête alongée , màchoirts 
égales. 

On trouve ce poisson, qui a de grands rapports avec le 
précédent, dans la mer Noire, et, pendant l'été, dans les 
grands fleuves qui y ont Inur embouchure. Son norri ru«se est 
hahir , et l'on peut consulter à son sujet Guldensteedt. (Noi^. 
Comment. Pelropol. , xix , xi, pag. 4f>7. ) 

La Gremjllk, Scnr.ArrzER : Acerina Schrœtser ; Perça Schrcctser, 
Gracl. ; Holocentrus Schrœtser , Lacépède. Màchoiresupérieure 
un peu avancée; corps et queue alongés; deux orifices à chaque 
narine ; écailles grandes . dures et dentelées; teinte générale 
jaunâtre; trois raies longit»;dina]es et noires de chaque côté 
du corps; nageoires bleuàtrts: taille de douze à quinzepouces 
enviroo. 

On pêche ce poisson dans le Danube, et dans les rivièrns 
qui mêlent leurs eaux à celles de ce grand fleuve; sa chair esfc 
blanche , ferme et d'une saveur agréable. 

Il se nourrit de vers, d'insectes et de très-petits poissons. 
Il fraye dans le printemps, cherche les eaux limpides, et 
perd diflicilement la vie. Par les inondations du fleuve et des 
rivières qu'il habite, il est quelquefois transporté dans des Iac& 
assez éloignés , dont le séjour ne paroit point lui nuire. 
Bloch l'a figuré, tab. 332, fig. r. (H. C.) 
GREMILLET(/;oi.), nom vulgaire du myosotis. (L.D.) 
GREMILLET. {Icthjol.) Voyez Gremille. ( H. C.) 
GRENADE. [Bot.) C'est le fruit du grenadier. ([,.D.) 
GRENADIER {Bot.}, Punica, Linn. Gease de plantes de 



30O (;KE 

ïicosandrie monogynie de Liniiœus , et de la famille des my rtéps 
de Jussieu , dont les caractères essentiels sont : Un calice mo- 
Dophylle , turbiné, persistant, épais , partagé, à son bord , en 
cinq découpures; cinq pétales ovales-arrondis, ouverts, insérés 
sur le calice; des élarnines nombreuses, à filamcns également 
attachés sur le calice et plus courts que lui; un ovaire infé- 
rieur, à style simple et à stigmate en tête ; une baie arrondie , 
à écorce coriace , couronnée par les découpures du calice , et 
partagée par une cloison transversale , en deux cellules , 
dont la supérieure plus grande , elle-même divisée en sept à 
neuf loges, l'inférieure plus petite et à trois ou quatre loges: 
chacune de ces loges contient des graines anguleuses, nom- 
breuses , enveloppées d'un arille pulpeux. 

Les grenadiers sont des arbrisseaux à feuilles simples, op- 
posées , rarement alternes , et à fleurs presque sessiles , solitaires 
ou rassemblées deux à cinq ensemble au sommet des rameaux : 
on n'en connoît que deux espèces. Le nom latin de ce genre lui 
vient, selon les uns, du latin puniceus , rouge, à cause de la 
couleur de ses fleurs -.selon d'autres, de ce que le grenadier est 
originaire des environs de Carthage , et que les Romains don- 
noient le nom de punicus k ce qui venoit de ce pays, d'oîi la 
grenade fut appelée par eux malus punica. On a aussi nommé 
cet arbre granatum , d'où s'est formé le nomfrançois grenadier, 
parce que le fruit est rempli d'une grande quantité de grains. 

Grenadier commun : vulgairement Balaustier ; Punica grana- 
iiim, Linn., Spec, 676;Duham., nouv. édit., 4, p. 44, t. 11 
et 1 1 bis. Cet arbrisseau , dans l'état sauvage , forme un buisson 
épais, épineux , qui n'a pas plus de huit à dix pieds de haut ; 
lorsqu'il est cultivé et taillé avec soin , il peut ^ dans le midi de 
l'Europe, s' élever au double de cette hauteur. Ses rameaux sont 
menus, anguleux, garnis de feuilles opposées, lancéolées, en- 
tières , glabres , rougeàtres dans leur jeunesse , ensuite d'un vert 
luisant, portées sur des pétioles courts. Ses fleurs sont d'un 
rouge éclatant, assez grandes, presque sessiles : il leur succède 
des fruits de la grosseur d'une noix ordinaire dans la plante 
sauvage . et du volume d'une grosse pomme dans quelques va- 
rjétés cuUivéts. Ces fruits sont remplis d'une multitude de pe- 
titsgrains serres, brilians, rouges, pulpeux, etd'unesaveurplus 
ou inoius acide. Le grenadier passe pour être originaire du 



GRE ôfn 

nord de V Afrique {Inlerior Afrlca... circaCarthaginem punicum 
malum cognomine sibi vindicat, Plin. , lib, i3 , eap. 19 ) , d'où les 
Romains ie transportèrent probablement ea Italie, au temps 
des guerres puniques. Aujourd'hui cet arbrisseau est natu- 
ralisé dans une grande partie de TEurope méridionale , et on 
le trouve à l'état sauvage en Espagne, en Portugal, en Italie , 
en Provence et en Languedoc; il croit aussi dans le Levant. 
11 fleurit en juin, juillet et août. 

La belle couleur des fleurs du grenadier, et la qualité ra- 
fraîchissante de la pulpe que contiennent ses fruits, l'ont fait 
cultiver depuis long-temps, et par suite des soins qu'on lui a 
donnés il a produit des variétés remarquables, soit sous le 
rapport de la beauté des fleurs, soit sous celui de la saveur et 
de la qualité des fruits. Pline , qui ne parle que de cfs der- 
nières variétés, en cite six', dont la plus remarquable est celle 
qu'il appelle apyrène (apyrenum) , parce que ses grains sont 
uniquement composés de pulpe, et qu'ils n'ont point de 
noyau ; les autres sont les grenades qu'il appelle, d'après leur 
saveur, douces, acres, mêlées, aigres et vineuses. 

Aujourd'hui , soit que depuis dix-huit siècles on ait négligé 
la multiplication des variétés dont parle le naturaliste latin , 
soit que, placés plus au nord dans un climat où le grenadier à 
fruit réussit mal, nous n'en coanoissioiis pas bien toutes les 
variétés qui peuvent être cultivées dans les parties méridio- 
nales de l'Europe , toujours est-il que nous paroissons posséder 
en ce genre beaucoup moins que les anciens ; car M. Bosc , dans 
le Nouveau Cours d'Agriculture , n'en cite que trois variétés , 
qui sont le grenadier à fruits acides , celui à fruits doux et 
acides en même temps , et le troisième , celui à fruits doux. Il 
est malheureux que nous ayons surtout perdu la grenade apy- 
rène de Pline, bien préférable à toutes les autres variétés qui . 
selon nous , n'offrent quepeu de jouissance comme fruits , quelle 
que puisse être leur saveur agréable , à cause de la multitude 
de graines osseuses qu'on ne peut avaler avec leur pulpe. 

Quant aux variétés cultivées maintenant pour les fleurs, 
nous sommes plus riches que les anciens : nous avons le gre- 
nadier à très-grandes fleurs simples ou doubles, le grenadier 
à Heurs semi-doubles , le grenadier à fleurs complètement 
doubks, ie grenadier à îlcurs blanchi-^ doubles, le grenadier 



369 GRE 

à fleurs jaunes, le grenadier à feuilles et à fleurs panachées de 
jaune , et entin le grenadier prolifère. 

Dajis le nord de la France le grenadier se cultive rarement 
rn pleine terre , parce qu'il faut ie mettre au nxidi en espalier, 
et avoir encore la précaution de le couvrir pendant les lortes 
,','elées, et qu'avec tout ceia les fruits des variétés qu'on plante 
ailleurs ,sous ce rapport, sont toujours mauvais. D'.iprès cela, 
on ne donne communément des soins qti'aux variétés à fleurs, 
dont plusieurs sont encore plus délicates. Pour les conserver 
plus facilement, oîi les plante en pot ou en caisse, quand les 
pieds commencent à devenir grands : on en orne, pendant la 
belle saison , certaines places dans les jardins , et on les rentre 
pendant l'hiver dans l'orangerie , dont on ne 1rs sort . au prin- 
temps , que lorsqu'on ne craint plus les gelées. Cependant, 
moins délicats que les orangers, les grenadiers peuvent être 
exposés à l'air huit à dix jours plus tôt que ces derniers , c'est- 
à-dire, dans les derniers jours d'avril, ou dans les premiers du. 
mois suivant selon la température. 

Les grenadiers en pot ou en caisse doÏA'ent êire plantes dans 
une terre substantielle , dans laquelle la terre franche entre au 
moins pour moitié; celle qu'on donne ordinairement aux oran- 
gers leur convient bien. Comme ils poussent beaucoup de ra- 
cines, ils usent promptement leur terre, et II faut avoir soin 
delà changer, selon la grandeur des vases dans lesquels ils sont 
plantes , tous les ans pour les petits , et tous les trois à quatre 
ans pour les plus grands. En été ils exigent des arrosemen* 
fréquens et aboudans ; si on les néglige sous ce rapport , ils ne 
donnent que peu de fleurs, ou elles tombent avant de s'épa- 
jiouir. Ce n'est qu'en ayant très-exactement le soin de tailler 
}is grenadiers en caisse , qu'on parvient à les élever sur une 
Sf ule tige et à leur former une tête régulière. Le temps le plus 
favorable pour les tailler est la fin de Thlver ou le commen- 
cement du printemps, avant qu'ils aient poussé de nouvelle» 
fouilles. Naturellement ils poussent de leurs racines une multi- 
tude de rejets qu'il faut leur retrancher toutes les fois qu'on 
les voit se multiplier-, autrement, ils ne formeroient que des 
buissons. Ces arbres vivent long-temps: on croit que plusieurs 
de ceux de rorangerie- de Versailles ont deux à trois cents ans; 
tt iJy en a un, dans le jardin du Luxembourg, qu'cnappclie- 



GRE 365 

le grenadier de Henri IV, sans<loute parce qrril pxîstoît déjà 
du temps de ce prince dans l'un de ses jardins. Dans leur vieil- 
lesse ils sont snjefs à se carier et à devenir diftVirmes -, mais 
cela ne les empêche pas de se charger, chaque été , d'une grande 
quantité de fleurs. 

Les grenadiers à fruit peuvent se multiplier de graines, do 
boutures et de marcottes; ceux à fleurs doubles ne peuvent 
l'être que par les deux derniers moyens, dont celui des tna?- 
cottes est le plus ordinairement employé, parce qu'il réusiit 
avec une extrême facilité. 

Dans le midi de la France et de l'Europe, où le grenadier 
vif en pleine terre , ses variétés à fruits bons à manger sont 
cultivées pour le produit, et l'espèce sauvage, qui est plus 
épineuse, sert souvent pour faire des haies qui sont de bonne 
défense , et qui ont l'avantage de n'être point attaquées par la 
dent des animaux herbivores , tandis qu'ils dévorent la plupart 
des autres. 

La pulpe des grenades est rafraîchissante et légèrement a«- 
Iringente. Leur écorce est connue dans les pharmacies sous le 
nom de mallcorium, nom qui vient, selon Pline, de ce qu'elle 
peut servira tanneries cuirs, et, selon d'autres, de ce qu'elle 
ressemble à du cuir par son épaisseur et sa consistance ; elle 
est tonique et astringente ; on l'emploie en médecine dans 
les flux de ventre , les hémorrhagies , les fleurs blanches. 
En poudre elle se donne d'un demi- gros à un gros; et en 
décoction depuis une demi-once jusqu'à une once pour une 
pinte d'eau. De cette dernière manière on en fait des garga- 
rismes pour remédier , dans certaines angines , au relâche- 
ment de la luette et des amA^gdales. Les anciens employoient 
cette écorce pour tanner les cuirs ; et , sur les côtes de Barba* 
rie, on s'en sert pour teindre les maroquins en jaune. 

Dans les pays où les grenades sont communes, on prépare, 
avec le suc que leur pulpe renferme , de l'eau et du sucre ou 
du miel , une boisson agréable, rafraîchissante, et qui convient 
dans les fièvres putrides, bilieuses et dans les maladies inflain- 
maloires en général. Les pharmaciens font aussi , avec ce suc, 
un sirop qu'on emploie dans les mêmes circonstances. Les fleurs 
connues sons le nom de balaustes ont à peu près les mê^t(^s 
propriétés que l'écorcc des fruits : les anciens s'en servoiciJtî 



S64 GRE 

pour la teinture des draps , et la couleur qu'elle donnoitportoit 
le nom de balaustin. M. Desfontaines a vu faire de l'encre d'un 
très-beau rouge avec la fleur de grenade macérée dans de 
l'eau, en y ajoutant un peu d'alun. 

Dans rjnde, le docteur Buchanan a employé, avec un grand 
succès, l'écorce fraîche de la racine de grenadier contre le 
tœnia ou ver solitaire , en en faisant prendre la décoction de 
liuit onces dans trois pintes d'eau, par verres que le malade 
huvoit le plus près possible les uns des autres. 

Dans les pays chauds, les fruits du grenadier acquièrent 
quelquefois un volume énorme. On dit qu'au Pérou on a vu 
une grenade aussi grosse qu'un baril, et que les Espagnols la 
iirent porfcr comme uue rareté à la procession du Saint- 
Sacrement. Chez les Juifs, le grand-prêtre portoit, comme 
ornemcns, au bas de ses habits pontificaux, des figures de 
grenades. Dans un temple de l'île d'Eubée, on voyoit ancien- 
nement une célèbre statue de Junon , composée d'or et d'i- 
voire , et qui avoit une grenade dans une main et un sceptre 
dans l'autre. Sur les médailles antiques , Proserpine a pour 
.symbole une grenade, parce que Gérés obtint de Jupiter que 
sa fille , enlevée par Pluton , lui fût rendue, à condition qu'elle 
ii"eût encore rien mangé chez le roi des Enfers ; mais il se 
trouva qu'elle avoit mangé trois grains de grenade : 

Rapta tribus, disit, solvit jejunia granis, 
Punica quœ leuto cortice poma tegunt. 

OviD., Fast. IV. , vers 607. 

GnENADiER NAIN ; Punicu uaria , Linn. , Spec. , 676, Cette 
espèce n'a pas de caractères bien prononcés; elle diffère seu- 
lement du grenadier commun parce qu'elle s'élève beaucoup 
moins ; parce que ses feuilles sont plus courtes , plus étroites , 
presque linéaires, et parce que ses fleurs sont plus petites, et 
ses fruits à peine de la grosseur d'une aveline. Elle est origi- 
naire des Antilies et de la Guiane, où les habilans en font 
des haies pour enclore leurs jardins. Elle se cultive comme 
le grenadier à fleurs doubles ; mais elle est plus délicate , et il 
lui faut plus de chaleur. (L. D.) 

GRENADIER {Iduhjol.) , nom sous lequel M. Cuvicr a 



GRE ' 365 

désigné le gen^e Lépidolèpre de M. Risso. Voyez ce met. 
(H.C.) 

GRENADIER. {Ornith.) Le gros-bec orix porte ce nom dans 
Edwards. (Ch. D.) 

GREl\ADILLE, Passijlora. [Bot.) Genre de plantes dicoty- 
lédones , à fleurs polypétalées , de la famille des passiflorées^ 
de la gynandrie pentandrie de Linnseus, offrant pour caractère 
essentiel : Un calice très-étalé, coloré, à dix divisions, cinq 
intérieures en forme de pétales (considérées comme corolle 
par quelques auteurs) ; elles manquent quelquefois. Une cou- 
ronne intérieure attachée à la base du calice , composée d'un 
grand nombre de filets : cinq étamines; les filamens réunis à 
la base autour du style ; les anthères mobiles, oblongnes, in- 
clinées ; un ovaire supérieur, pédicellé, surmonté de trois 
styles en massue , terminés chacun par un stigmate en tête. 
Le fruit est une baie pédicellée, uniloculaire, contenant des 
semences nombreuses, arillées, attachées à trois placentas 
adhérens à la paroi interne du fruit ; l'embryon eutouré d'uu 
périsperme charnu. 

Ce genre est remarquable par les belles fleurs que pro- 
duisent la plupart des espèces, par leur forme singulière, 
très-gracieuse ; par les fruits, dont plusieurs sont bons à man- 
ger, acidulés, rafraîohissans et agréables au goût. Il comprend 
un grand nombre de plantes grimpantes, sarmenteuses , mu- 
nies de vrilles et de feuilles alternes, simples ou lobées; les 
fleurs sont axiliaires, pédonculées. 

Il est à regretter qu'on ne puisse cultiver en Europe qu'un 
très-petit nombre d'espèces de ce beau genre. La seule qui 
puisse exister en pleine terre dans nos climats, quand on 
a soin de la placer rà une exposition favorable , est la grenadille 
à fleurs bleues; encore faut-il qu'elle soit abritée des vents du 
nord, et couverte de paillassons dans les hivers rigoureux. 
On la propage de drageons, de boutures et de graines. 

« Les grenadilles, dit M. Desfontaines, ont été ainsi nom- 
mées, parce que leurs fruits ont quelque ressemblance avec 
celui de la grenade. On les a aussi appelées anciennement 
fleurs de la passion, parce qu'on avoit cru reconnoître daîîs 
le passijlora incarnata , la première qui ait été vue en Etirope , 
quelque analogie avec les instnimens de la passion : ainsi , psr 



SC6 GTiË 

f^xemple, les feuîUes, qui sont terminées par trois poinJeSj 
î eprésentoiciit la lance; les vrilles, le fcuet; les trois styles , 
les clous, et les filamens du calice tachetés de rouge et dis- 
jtosés circulairement , étaient l'emblème de la couronne 
d'épines. *^ 

Les espèces renfermées dans ce genre sont très-nombreuses; 
nous nous bornerons à en citer les plus remarquables, d'après 
les sous-divisions établies sur la l'orme de leurs feuilles. 

* Feuilles entières, non lobées. 

Grenadille a feuilles ^DEN•rELÉES : Passijlora scrratifolia , 
hinn., Spec. et Aman. acad. , ij fig. i ; Mart. , Cent., tab. 36; 
Jacq. , Hor^ , tab. lo. Plante de Surinam et de la Guiane , 
dont la lige est grimpante, sarmenteuse, ligneuse à sa base , 
liaute de cinq pieds et plus; ses rameaux grêles, chargés de 
poils courts; ses feuilles pétiolées, ovales ^oblongues, aiguës, 
un peu velues en dessous, longues de deux à trois pouces; les 
pétioles velus, chargés de quelques tubercules; les stipules 
subulées-, les vrilles simples, axillaires; les fleurs blanchâtres; 
leur couronne frangée, rouge ou purpurine à sa base; les 
iilamens des étamines aplatis, parsemés de points d'un brun 
rouge vers leur sommet; le stigmate échancré, verdàtre. On 
la cultive au Jardin du Roi. 

Grenadille cuivkée : Passijlora cuprœa , hinn., Amccn. acad., 5, 
fig. 5;Dillen., E/fJi., tab. ]38, fig. i65; Mart., Cent., t. 07; 
Catesb. , Carol. , tab. 90. Sa tige est grêle, persistante ; Ses 
feuilles roides, glabres, ovales, trinervées; les fleurs d'un 
pourpre cuivreux, les divisions intérieures longues, un peu 
étroites ; la couronne courte, couleur de safran; les baies eu 
iorme d'olive, d'un pourpre obscur, avec des taches pliis 
pâles. Celte plante croit dans les iles de la Providence et de 
Bahama, 

GiiENADiLLE A FEUILLES DE TILLEUL ; PassiJlora lUicefoUa, Linn. , 
Amœn. acad. , 1 , pag. 219 , fig. 4. Ses tiges se divisent en ra- 
meaux grêles, surmenteux : les feuilles sont glabres, en 
cœur, un peu grandes, très-entières, réticulées, aiguës; 
les fleurs rouges, solitaires, munies d'un involucre à trois 
foiioles ; la couronne d'un beau rouge cramoisi , avec un 
anneau biauc très-remarquable j le fruit globuleux ; assez 



GRE oh 

gros, panaché de rouge et de jauae à l'extérieur, d'un goût 
agréable. Cette espèce croit au Pérou, daus les environs de 
Liuia. 

Grenadille ÉCAaLATE ; Passijlora coccima , Aubl., Guian., 
tab. 324. Espèce observée dans la Guiane, dont les tiges sont 
grimpanl's; les feuilles en cœur, glabres, dentées, d'un vert 
jaunâtre; les pétioles glanduleux; les fleurs d'un rouge écla- 
tant , inunits d'un involucre à trois folioles ; les divisions exté- 
rieures du calice jaunâtres en dehors, rouges en dedans; lu 
couronne de couleur orangée. Le fruit est une baie jaune, 
dont la pulpe est douce, gélatineuse, bonne à manger. Le 
passijlora guazumœfolia, Juss. , Ann. Mus. , 2 , tab. 3c) , iig. 1 , 
a de très-grands rapports avec cette espèce : mais ses lleurs 
sont blanches; ses feuilles ovales-oblongues; les lanières de la 
couronne de moitié plus courtes que le calice. 

Gkenadili.e a gros fruits : Passijlora maliformis , Linn. , 
Aniœn. acad, , 1, pag. 220, fig. 5 ; Pium. , Amer., 67 , tab. 02 ; 
Petiv., Gazonh. , tab. 114, fig. 3. Cette espèce , distinguée par- 
sou fruit, est originaire de Pile de Saint-Domingue: on la 
cultive dans les serres, au Jardin du Roi. Il seroit d'autant 
plus intéressant de pouvoir l'acclimater, du moins dans les^ 
contrées méridionales de l'Europe , que ses fruits renferuient 
une pulpe douce , bonne à manger. Les habitans de Saint- 
Domingue les servent sur les tables , et font des tabatières avec 
son écorce. 

Sa tige est herbacée, triangulaire, grimpante, haute de 
quinze à vingt pieds ; ses feuilles sont grandes , oblongues , 
en cœur, glabres, aiguës, d'un beau vert, longues d'environ 
six pouces, sur trois de large-, les stipules ovales, lancéo- 
lées. Les fleurs sont fort élégantes, munies à leur base d'un 
ample involucre à trois folioles rougeàtres, traversées par 
des lignes d'un rouge plus vif; le fruit globuleux, de la 
grosseur d'une pomme, déprimé et un peu enfoncé à son 
sommet, de couleur jaune, recouvert d'une écorce épaisse, 
coriace. 

Grenadille quadrangulatre :Passi/lora quadrangularis, Linn. j 
Jacq. , Amer. , tab. 1 45 , et Icon. Brit. , tab. 1118 ; Bot. Magaz. , 
tab. 2041. Très-belle espèce, rapprochée de la précédente, 
distinguée par ses tiges quadranguiaires , glabres, persistantes/ 



568 GRE 

presque ailées sur leurs angles; ses feuillessont moins loîiguesî 
l'involucre des fleurs beaucoup plus court que le calice, cette 
fleur est odorante; les filets de la couronne sont agréablement 
mouchetés ou panachés. Ses fruits d'un vert jaunâtre, d'une 
odeur agréable , plus gros qu'un œuf d'oie : ils renferment 
une pulpe de couleur aqueuse, douce, acidulé, savoureuse, 
légèrement odorante, contenue avec les semences dans une 
membrane particulière qu'on peut séparer facilement de 
l'écorce. Elle croit dans les Antilles; elle est très -propre à 
former des berceaux, qu'elle orne de ses belles fleurs. Elle 
a, au rapport de Jacquin , l'inconvénient , ainsi que la sui- 
rante , de servir de retraite à des serpens vénéneux qui y 
viennent épier leur proie. Ses fruits se servent sur les tables , 
et y sont très-estimés. 

Grenadille a feuilles de laurier : Passi/lora laurifolia , Linn. , 
Aman, acad., fig. 6; Jacq. , Amer., Icon. pict., tab. 210 ; 
Plum. , Amer., tab. 80; Pluk. , Almag. , tab. 211, fig. 3 ; 
Merian , Surin. .^ tab. 21 ; vulgairement Pomme de liane. Ses 
tiges sont ligneuses , grimpantes, et s'élèvent très-haut; ses 
rameaux sont herbacés; ses feuilles ovales-oblongues, un peu 
aiguës; les fleurs mélangées de blanc, de pourpre et de violet, 
fort odorantes, d'un aspect agréable; les trois folioles de l'in- 
volucre aussi grandes que la fleur, vertes, ovales, concaves, 
dentées; le fruit, de la grosseur d'un œuf de poule, jaune , 
odorant, contenant une pulpe très-suave, un peu acide. Il est 
rafraîchissant, étanche la soif, rétablit l'appétit ; on le donno 
dans les fièvres. Cette plante croît dans l'Amérique méridio- 
nale. On la cultive au Jardin du Roi , ainsi que la précédente 
et la suivante. 

Grenadille ailée ; Passijlora alata , Ait., Hort. Kew. , 5 , 
pag. 3o6. Elle se rapproche du passi/lora quadrangularis. Ses 
tiges sont tétragones , ailéessur leurs angles; les feuilles ovales- 
oblongues, presque en cœur : les pétioles munis de quatre 
glandes; les stipules courbées en faucille, mucronées et deii- 
tées; les fleurs petites, accompagnées d'un involucre à troik 
folioles. Cette plante croît dans les Indes orientales. 

Grekadille a longs pédoncules : Passijlora longipes , Juss. , 
Ann. Mus., 6 , tab. 38, fig. i. Plante de la Nouvelle-Grenade, 
parfaitement glabre, à feuilles ovales- lancéolées, longues de 



GRE 56^ 

trois pouces-, quatre glandes sur les pétioles; les stipules lan- 
céolées, obliques à leur base; les vrilles un peu plus longues 
que les stipules. Les fleurs sont d'un rose pâle; les divisions 
intérieures du calice plus courtes; la couronne à lanières 
nombreuses, disposées sur trois rangs; les folioles de l'invo- 
lucre lancéolées , plus courtes que le calice. 

Grenadillb a lanières : Passiflora ligularis , Juss. , Ann. 
Mus., 6,pag. ii3,tab. 40. Espèce du Pérou, remarquable par 
des lanières placées sur les pétioles au lieu de glandes, par 
l'aplatissement de ses rameaux, par ses grandes feuilles en 
cœur; les fleurs sont larges de trois pouces; les fruits, de 
la grosseur d'une orange, bons à manger, d'une saveur 
agréable- 

* * Feuilles à deux lohes. 

Grenadillle a fruits rouges : Passiflora rubra, Plum., Spec.^ 6 ; 
Burm. , ^jner., tab. 108, fig. 2 ; Barrel.', Ois. Prff/I, 1, Titul.^ 
fig. 1. Arhrisseau de Saint-Domingue, cultivé au Jardin du 
Roi , à tiges pubescentes , triangulaires, souvent pourprées , 
garnies de grandes feuilles à deux lobes, munies en dessus de 
poils très courts, en dessous d'un duvet un peu cotonneux ; 
point de glandes sur les pétioles; les stipules petites, subulées; 
les fleurs blanches; les fruits oblongs , aigus à leurs deux 
bouts, hexagones et rougeàtres , remplis de semences noi- 
râtres qu'enveloppe un arille très-blanc. 

Grenadille biflore : Passiflora biflora , Lamk. , Encycl. 
Martyn., Dec. 5, tab. 62 ; Passiflora lunata ^ Smith, Icon. 
pict.^ tab. 1, et Cavan. , Diss., 10, tab. 288. Cette plante, 
originaire des Antilles, a des tiges glabres, à cinq angles, 
munies de feuilles glabres, à deux lobes oblongs , divergens, 
presque en croissant, longues de quatre pouces; les pédoncule» 
géminés, axillaires; les fleurs blanches, petites; leur couronne 
jaunâtre. On la cultive au Jardin du Roi. 

Grenadille a lobes tronqués : Passiflora normalis , Linn., 
Aman.; Brown , Jam. , 528 ; Cqanenepilli seu contraicrva , 
Hernand. , Mex. , 3oi, Icon. Ses feuilles se rapprochent de 
celles de ï aristolochia biloba : elles sont échancrées à leur 
base, divisées en deux lobes très-divergens, linéaires, obtus, 
très ponctués eu dessous, offrant dans leur milieu un petit 
19. 24 



Syo GRE 

lobe peu saillant, mucroné; les pétioles sont dépourvus de 
glandes. Cette espèce croît dans l'Amérique méridionale : on 
la cultive au Jardin dn Roi. 

Grenadille bilobke j Passiflora hilohafa , Juss. , Ann. Mus., 6 , 
tab. 37,fig. 2. Ses tiges sont grêles, légèrement anguleuses; 
ses feuilles petites , arrondies à leur base , à deux lobes obtus , 
divergens; point de glandes; les pédoncules géminés, axil- 
laires, très-courts, un peu écailleux; les fleurs petites, à 
peine larges de quatre lignes ; le calice à cinq divisions -, point 
de couronne apparente. Cette plante croît à Saint-Domingue. 

Grenadille du Mexique ; Passijlora mexicaaa , Juss., 1. r, , 
tab. 38, fig. a. Cette espèce a beaucoup d'affinité avec les 
pct&si/Iora hilobala et normalis ; mais les lobes de ses feuilles sont 
beaucoup plus alongés, plus divergens, ponctués en dessous; 
les stipules linéaires; les pédoncules axillaircs, géminés, plus 
longs que les pétioles; point de calice interne; Textérieur à 
cinq divisions ; les lanières de la corolle disposées sur ua 
seul rang: le fruit de la grosseur d'un pois. Cette plante croît 
au Mexique, près d'Acapulco, 

Grenadille tubkrecse ; Passiflora tuherosa, Jacq. , hJort. 
Schœnbr. , 4, tab. 496. Ses racines sont composées de rami- 
fications tubéreuses, presque fusiformes, de l'épaisseur du 
petit doigt. Ses tiges sont anguleuses, grimpantes, ligneuses 
à leur base-, les deux lobes des feuilles alongés, un peu aigus; 
deux glandes blanchâtres à la base de la nervure, d'autres 
plus petites sur le disque-, les stipules lancéolées; les pédon- 
cules géminés , longs d'un pouce ; les divisions du calice 
oblongues, obtuses; les intérieures pâles, brunes à leur base; 
les rayons de la co-jronne courts, blanchâtres, de couleup 
pourpre à leur base. Cette plante croit dans l'Amérique mé- 
ridionale : on la cultive au Jardin du Roi. 

Grenadille perfoliée : Pussijlora perfoliata, Linn., Aincrn-,; 
Sloan , Jam. , tab. 142 , fîg. 5,4; Tzina canatlapatli , Hernand., 
Mex., p. 40 5. Ses tiges se divisent en longssarmensrougeàtres, 
cylindriques, garnis de feuilles semblables à celles duchèvre- 
leuiUe, glabres, divisées en deux lobes , très-ouverts, aigus. 
Les ileurssont purpurines; leur pédoncule long d'un poucre. 
Crlto plante croît dans les bois pierreux, au Mexique et à la 
Jauiiài-jur. 



GRE 571 

GrENADILle Capsulaire : Passiflora capsularis , Linn. ; Plutn. , 
Amer., 68, tab. 83; Petiv., Gazoph., tab. ii3, fig, 1, et 
tab. 118, fig. 9. Cette espèce, très-voisine du passi/lora.rubra, 
avec laquelle on paroît l'avoir confondue, du moins dans la 
citation des " synonymes , s'en distingue par ses tiges cylin- 
driques et ses Heurs d'un rouge clair : son fruit est hexagone, 
rougeàtre dans sa maturité, moins alongé, moins pointu au. 
sommet. Elle croît à la Guiane, à Saint-Domingue et à la 
Martinique. 

Grenadille chauve-souris : Passiflora vespertilio , Linn., 
Amœn.; Dill. , Elth., tab. iSy , fig. 164. Plante de l'Amérique, 
remarquable par ses feuilles faites enferme d'ailes de chauve- 
souris, dont les sarmens sont striés, cylindriques, d'un rouge 
brun ; ses feuilles à deux grands lobes divergens , entiers , 
aigus, avec deux glandes purpurines à leur base; les'ileurs 
blanches , de grandeur moyenne; les filamens de la couronne 
aussi longs que les divisions internes du caUce : ces fleurs s'é- 
panouissent le soir, et se ferment le matin vers les huit ou 
neuf heures. 

"*** Feuilles à trois lohes. 

Grenadille ponctuée : Passiflora punctaia, Linn.; Feuill. , 
Pérou, 1, pag. 718, tab. 11. Plante du Pérou, cultivée au 
Jardin du Roi. Ses tiges sont légèrement anguleuses , glabres, 
garnies de feuilles plus larges que longues, d'abord obscuré- 
ment trilobées, presque à deux lobes dans leur entier déve- 
loppement, glabres., ponctuées en dessous, dépourvues de 
glandes; les pédoncules solitaires, axillaires ; point d'invo- 
lucre; les divisions intérieures du calice blanchâtres, plus 
courtes que les extérieures-, la couronne jaune et frangée, 
mélangée d'un peu de violet. 

Grenadille jaune : Passiflora lutea, Linn.; Moris., P,ist., 2, 
pag. 7 , §. 1, tab. 2, fig. 5; Munt,, tab. 161 ; Jacq. , Icon. 
rar., 2, n.° 22. Cette plante est remarquable par ses fleurs, 
assez semblables à celles de Phépalique. Ses tigis sont grêles , 
foibles, herbacées, pubescentes vers leur sommet, les feuilles 
minces, en cœur à leur base, à tro's lobes égaux, point glan- 
duleuses : les fleurs folit.n'res ou géminées, petites, d'un vert 
jaunâtre. Cette plante croit dans la Virginie : on la cultive au 



573 . GRE 

Jardin du Roi. Comme ses racines sont vivaces , elle peuÉ 
subsister en pleine terre quand les hivers ne sont pas trop 
rigoureux ; elle ne perd que ses tiges. 

Grenadil(.b fongueuse : Passijlora suherosa , Linn. ; Plum. , 
Amer., 70, tab. 84; Pluk. , Almag., tab. 210, fig. 4; Jacq. , 
Hort. , tab. 20. Cette espèce a ses tiges couvertes inférieure- 
ment d'une écorce blanchâtre, épaisse, crevassée, semblable 
à celle du liège : ses feuilles luisantes, d'un vert foncé 
en dessus, trilobées ; le lobe du milieu beaucoup plus 
grand; les pétioles garnis de deux glandes; les fleurs petites, 
sans calice interne , d'un vert blanchâtre , avec une teinte de 
violet dans leur centre-, les baies petites, d'un pourpre violet 
dans leur maturité : elle croit aux Antilles ; on la cultive au 
Jardin du Roi. 

Grf.nadille soyeuse : Passijlora holosericea , Linn. , Amœn. , 1, 
ûg. i5 : Mart. , CenLur., tab. 64. Cette plante, originaire de la 
Vera-Cruz , est couverte, sur toutes ses parties, d'un duvet 
court , cotonneux, presquesoyeux. Ses tiges sont cylindriques, 
ligneuses à leur base; les feuilles ovales, à trois lobes obtus; 
les latéraux très-courts , souvent munis à leur base d'une petite 
dent aiguë, réfléchie; le pétiole muni de deux glandes-, les 
pédoncules géminés, chargés de deux ou trois fleurs sans in- 
volucre, de couleur blanche; leur frange d'un pourpre violet 
à la base, jaune en son bord. 

Grenadille fétide : Passijlora fœtida, Linn.: Herm. , Parad., 
tab. lyS; Petiv. , Gazoph. , tab. ii3, fig. 4; ?lum. , Amer. , 
tab. 86. Cette espèce est remarquable par le grand involucre 
de ses fleurs; elle est velue, presque cotonneuse, àpoilsrous- 
sàtres, la plupart terminés par une glande, répandant une odeur 
désagréable. Les feuilles sont velues à leurs deux faces, en 
cœur à leur base, à trois lobes aigus; point de glandes -.les 
pédoncules solitaires, uniflores; les fleurs blanches; leur cou- 
ronne frangée, purpurine ou violette. Elle croît dans TAmé- 
rique méridionale. 

Grenadille incarnate : Passijlora incarnata, Linn.; Moris., 
Hist., 2., §. 1 , tab. 1, fig. 9; Muni., tab. 160; Jacq., Icon . 
rar., i,tab. 187. Cette plante est connue depuis long-temps : 
elle a été découverte au Pérou , dans le Mexique et au Brésil. 
On la cultive au Jardin du Roi. Ses tiges sont glabres, me- 



GRE ?75 

nues, cylindriques et grimpantes; ses feuilles à trois lobes 
aigus , dentés à leurs bords; les stipules petites et subulées; 
les pédoncules solitaires, portant une fleur large de deux 
pouces, très-belle, d'une odeur agréable; les découpures de 
son calice blanches en dedans, oblongues et rnucronées ; la 
couronne frangée, de couleur purpurine au centre , d'un 
violet pâle à la circonférence , avec un cercle de pourpre noir 
en sa partie moyenne ; les styles et les filamens ponctués ; 
l'ovaire globuleux et pubescent. Ses fruits sont de la grosseur 
d'une pomme ordinaire , d'un jaune pâle, orangé, remplis 
d'une pulpe douce , et de semences oblongues et rudes. 

Grenaditxe peltée : Passijlora peltata , Willd. ; CaA^an. , 
Diss., lo, tab. 274; Pluk. , Almag. , tab. 210, fig. 4. Plante 
des Antilles, dont les tiges sont glabres , rameuses ; les feuilles 
en forme de bouclier, à trois lobes profonds, lancéolés, di- 
■vergens; deux glandes sur leur pétiole; les stipules sétacées ; 
les fleurs solitaires, axillaires ; le calice extérieur plus long 
que l'intérieur, renfermant une triple couronne; le fruit vio- 
let , de la forme d'une olive, trés-recherché par les oiseaux 
et les fourmis. 

Grenadille ciLiéE : Possijlora ciliata, WiHd. , Spec; Bot. 
Magaz.^ tab. 288. Ses fleurs sontde la grandeur et de la cou- 
leur de celles du passijlora incarnata. Leur involucre est com- 
posé de trois folioles deux fois ailées, subulées,- les filamens 
delà couronne sont blancs, d'un violet foncé à leur base et à 
leur sommet; les feuilles glabres, en cœur, à trois lobes 
oblongs, acuminés , sans glandes^ les stipules étroites, pinna- 
tilides. Cette plante croît à la Jamaïque. 

**** Feuilles à plus de trois Laies. 

Grenadille a fleubs bleues : Passijlora cœrulea^ Linn. , Spec; 
Duham., Arb.^ tab. 107; Cavan., Diss., tab. 246; Sabb. ,. 
Hort. , 4, tab. 70. Cette belle espèce est aujourd'hui cultivée 
presque partout en Europe; elle garnit les berceaux, les ton- 
nelles , les terrasses; elle masque la nudité des murs; elle 
réjouit la vue par la beauté de ses fleurs , qui , à la vérité, n-e 
durent qu'un jour, mais se succèdent journellement depuis 
les premiers jours de juillet jusqu'aux premiers froids de l'au- 
tomne , qui les empêchent d'éclore. Ses tiges sont grimpantes, 



574 GRE 

et peuvent s'élever jusqu'à vizigt pieds de hauteur, pourv-tf 
qu'elles aient un soutien. Les feuilles sont glabres, palmées, 
assez grandes , à cinq ou sept digitations-ovales-oblongues ; Ie& 
pétioles chargés de deux glandes; les pédoncules solitaires, 
axillaires, portant une très-belle fleur, au moins de trois 
jouces de diamètre. Les divisions de son calice sont verdâtres. 
en dehors, blanches en dedans; la couronne frangée, bleue 
vers Textréniité des filaniens, purpurine au centre vers labase, 
et un cercle blanc dans sa partie moyenne. Le fruit est d'un 
jaune rougeâlre ou orangé, de la grosseur d'un abricot. Cette 
plante est originaire du Brésil. 

Grenadille filamenteuse ; Passl/lora Jilamentosa , Cavan. , 
Diss., lo, tab. 29/4. Cette espèce, originaire des Antilles et 
mltivée au Jardin du Roi, est très-rapprochée de la précé- 
dente : elle en dififère par les lobes de ses feuilles acuminées, 
dentées en scie; par ses stipules lancéolées et dentées -, par les 
iilamens de sa couronne , beaucoup plus longs que les divisions 
du calice in téi'ieur. 

Grenadille a lobes dentelés : Pa.'sijlora serrata , Linr. , 
Amœn., 1 , fig. 21; Plum. , Amer., tab. 79; Petiv. , Gazoph. , 
lab. 114, fig. 2. Ses feuilles'sont palmées, <à lobes dentés ; les 
pétioles chargés de quelquesglandes ; les pédoncules solitaires, 
soutenant une grande fleur panachée de blanc et de violet, 
munie d'un involucre à trois folio.! es ovales, blanchâtres. Le 
fruit est lisse , de la grosseur d'une orange : la pulpe blanche, 
mucilagineuse, enveloppant des semences noirâtres. Cette 
plante croît à la Martinique. 

Grenadillea feuilles PÉDiÀiRFs -.Pass'floTa'pedafa, Linn., Am., 
fig. 22; Plum. , y^mer. , tab. 81.; Petiv., Gazoph. , tab. 114, 
fig. 4. Ses tiges sont anguleuses: ses feuilles divisées jusqu'à 
leur base en six ou sept folioles lancéolées, inégales, dentées , 
d'un beau vert; les fleurs grandes, très-belles, munies d'un 
involucre à tro;s folioles dentées et comme frangées à leurs 
bords: les tilefs de la èouronne tortueux , frangés, teints d'un 
rni?ge foncé, avec deux ou trois cercles blancs, d'un beau 
violet à leur extrémité ; le fruit de la grosseur d'une pomme 
médiocre; son écorce marbrée , d'un vert clair. Cette espèce 
croi't à Saint-Domingue. 

GaBNADiiiE A FLEDHS VRILLEES; Passijlord cirrhiflora ; Juss. ^ 



GRE 37» 

An». Mus. Par., (S, tab. 41 , fig. 1. Cette plante est remar- 
quable par ses fleurs et ses vrilles réunies sur le même pëilon- 
cule , et par deux petites écailles qui remplacent l'involucrti. 
par ses feuilles, composées de sept folioles pédicellées, blan- 
châtres en dessous, munies de deux dents à leurbase, et de deux 
glandes au-dessus du renflement du pétiole. Les fleurs sont 
solitaires; leur couronne composée de trois rangs de lanières 
inégales, variées de blanc, de jaune et de rouge.Le fruit est de l;i 
grosseur d'une paire uniloculaire , s'ouvrant en trois valves. 
Cette plante croît dans les forêts de la Guiane. Son fruit esfe 
d'une saveur désagréable, très-dangereux pour les poules et 
les cochons qui en mangent. 

GftENADiLLE A FEUILLES GLAUQUES ; Passijlora glauca j PI. 
jEqum., i , tab. as. Ses tiges s'élèvent à une très- grande hau- 
teur; ses rameaux sont étalés , de couleur cendrée ; ses feuilles 
très-grandes ,oblongues , lancéolées , d'un vert tendre en dessus, 
glauques en dessous , munies de petites glandes dans l'aisselle 
des veines : il n'y a point de vrilles. Les fleurs sont blanches, 
axillaires; les pédoncules dichotomes ; les divisions du calice 
oblongues, obtuses j la couronne composée d'un triple rang 
de lanières; l'exférieur plus grand , à lanières cylindriques, 
blanches à leur base, jaunes dans leur moitié supérieure; 
les deux autres à petites lanières nombreuses. Cette plante 
croît dans l'Amérique méridionale. Elle doit être rapportée 
à la première division , ainsi que le passijlora emarginata , PL 
A!!.quin,, 1, tab. 25, très-voisine de celle-ci, distinguée par ses 
trois style* divergens, même à leur base, au lieu d'être réunis. 
Il est encore beaucoup d'autres espèces de grenadilles, ht 
plupart moins connues, quelques unes cultivées dans les jar- 
dins de botanique , mais où elles n'ont pas encore donné de 
fleurs. Plusieurs autres se trouveront dans les genres Muruclia 
cITacsonia. Voyez ces mot*. (Poxr.) 

GRENADIN. (Ornith.) L'oiseau d'Afrique que Buffon a 
décrit et figuré sous ce nom, est le fringilla granatina, Gmeh 
et Lath. ( Ch. D. ) 

GRENAILLE, Chondrus. ( ConchyL ) M. G. Cuvier, Règr;»^ 
anim., t. II, p. 408, a cru devoir séparer des maillots , pz/f a dt- 
Praparnaud, quelques très-petites espèces qui n'en difïerent 
ïéellement que parce que leur forme est plus ovoide , et dort 



57S GRE 

Touverlure peut être bordée de dents ou de lames placée» 
plus profondément : ce sont les pupa avena , Jrumentum , cinc' 
rea , polyodon et quadridens de Draparnaud. Voyez Maillot. 
(DeB.) 

GRENAT. (Mm.) Le nom de cette pierre rappelle invo- 
lontairement la couleur rouge, dont les difierentes teintes 
caractérisent ses principales variétés ; elle semble lui appartenir 
de droit, comme le vert à l'émeraude, le rose au rubis, le 
jaune à lu topaze, etc. 

Les grenats se trouvent en cristaux sphéroïdaux polié- 
driques, dont la surface ne présente jamais moins de douze 
facettes; quand les arêtes de ces cristaux s'cmoussent par l'effet 
d'une cristallisation incomplète ou par suite du frottement , 
ils s'approchent de plus en plus de la forme granulaire , qui, 
dit-on , a suggéré le nom de grenat. 

Cette pierre est plus dure que le quarz , puisqu'elle le raie ; 
elle étincelle vivement sous le choc de l'acier; sa cassure est 
ordinairement vitreuse, quelquefois conchoïde, et rarement 
lamelleuse. Elle fond au chalumeau en un émail noir et terne, 
ce qui la distingue nettement du zircon hyacinthe , du spinelle 
»ubis et du corindon rouge, qui sont infusibles, et avecles- 
^uels on le confond rarement, même quand ils sont polis et 
taillés. La forme primitive du grenat est le dodécaèdre à plans 
rhombes, divisible en rhomboïdes, dont les angles plans sont 
de 109° 28' 16" et 7o°3i'44". Les molécules soustractives, ou 
celles qui composent les rangées décroissantes qui donnent 
naissance aux variétés de formes , sont donc rhomboïdales 
aussi. Sa pesanteur spécifique varie de 3,55 à 4,25. 

La couleur dominante des grenats est le rouge, comme on 
l'a déjà dit; mais il s'en trouve aussi de jaunes, de verts , de 
Jioirs, etc. : néanmoins la figure granulaire, le volume moyen 
d'un pois et la couleur rouge plus ou moins foncée , com- 
posent àpeu près lesignalement à l'aide duquel on reconnoîtra 
toujours les grenats bruts répandus en grand nombre dans le 
commerce. Quant aux substances avec lesquelles on peut les 
confondre dans l'état naturel, il n'y a guère que le zircon , 
lamphigène, l'idocrase et l'aplôme : or, les deux premières 
sont infusiblos; l'idocrase a un aspect luisant, voisin du reQef 
gras, et se fond en un verre brillant, tandis que le grenat u 



GRE 377 

l'aspect vitreux et produit ua éaiail noir à la fusion. L'aplônie 
est heureusemeat assez rare, car elle ne se distingue que par 
les stries qu'on remarque dans le sens de la petite diagonale 
des faces rhomboïdales de ses cristaux dodécaèdres. 

La silice et l'alumine sont les deux seuls principes constans 
qui se trouvent dans toutes les analyses des différentes espèces 
de grenats; la chaux ou la magnésie s'y joignent aussi, mais 
on les y voit manquer assez souvent. Quant aux oxides de fer , 
de manganèse, etc., ou peut, à juste titre, les considérer 
comme des principes colorans, et par conséquent accidentels. 
On peut donc aussi présumer que la silice et l'alumine sont 
les seuls principes essentiels à l'espèce , puisque ce sont les 
seuls qu'on retrouve dans toutes les variétés qui ont été ana- 
lysées, et que la chaux et la magnésie peuvent manquer sans 
que la substance en soit moins un grenat minéralogiquement. 
Il paroît, d'ailleurs, que la chaux qu'on y trouve provient 
souvent de leur gangue calcaire, et que la magnésie peut 
appartenir aux roches talqueuses et serpentineuses qui con- 
tiennent si souvent les différentes variétés du grenat. Cette 
variation dans les principes constituans de cette pierre a fait 
pensera démembrer l'espèce pour en composer trois autres, 
dont l'une renfermeroit les grenats qui n'ont donné que de 
l'alumine et de la silice, et porteroit le nom à' almandin ; 
l'autre, ceux où l'on auroit reconnu de la chaux, et qui seroit 
nommée mélanite- et la troisième , enfin , renfermeroit les 
grenats magnésiens, et seroit désignée sous le nom de pyrop. 
Telles sont les innovations proposées par M. Karstein; mais je 
pense, avec M. Haiiy, que ces changemens sont au moins 
prématurés, et que si notre espèce grenat , telle qu'elle est 
aujourd'hui, renferme une ou plusieurs substances qui lui 
sont étrangères, il faut attendre , pour ne point augmenter 
la confusion , que de nouvelles analyses et de nouvelles obser- 
vations soient venues confirmer ces soupçons, qui ne sont 
réellement fondés que sur des caractères extérieurs qui n'ont 
point force décisive» 

Le peu de constance, non seulement dans les principes 
constitutifs, mais encore dans leurs proportions, joint à la 
foruie primitive de cette substance, qui est malheureusement 
l'une des trois/ormes limites , laisseront long-temps encore une 



578 GRE 

sorte de vague sur celte espèce niiaéraîe. On va pouvoir en 
juger par le peu daeeord qui règne dans les analyses dcsprin- 
cipales variétés de cette substance, qui sont cependant le fruit 
des travaux de nos plus habiles chimistes.- 

Analyse du grenat noble (Grenat syrien, ou almandin de 
Karstein ; Edler granat, W.) par Klaproth : 

Silice , 35,75 ; alumine, 27,20 j oxide de fer , 3G,o : oxide de 
manganèse, o,25: perte, 0,75. 

Analyse du grenat rouge du pic d"Erès-Lids aux Pyrénées , 
par Vauquelin : 

Silice, 53,0; alumine, 20,0; oxide de fer, 17,0; carbonate 
de chaux provenant évidemment de sa gangue calcaire , 14,0 ; 
perte, 3,3. 

Analyse du grenat mélanite , ou grenat noir de Frascati , par 
Klaproth : 

Silice, 35,5; alumine, 6,0; chaux, 52,5; oxide de fer, 
a5,5 ; oxide de manganèse, 0,4; perte, o,55. Si la gangue 
de ce grenat est calcaire comme celle du précédent, on 
pourroit lui attribuer cette quantité énorme de chaux. Elle 
cit en effet calcaire à la somme (Breislak). 

Analj'se du grenat commun oUvktre de Sibérie, par Klaproth: 

Silice, 44,0; alumine, 8,5 ; chaux, 33,5; oxide de fer^ 12,0 ; 
oxide de manganèse et pêne, 2,0. 

Analyse du grenat colophonite, parSiraon : 

Silice, 35,0; alumine, i5,0; chaux, 29,0; magnésie , 6,5; 
oxide de fer, 7,5; oxide de manganèse , 4,7 5 f oxide de titane, 
o,5; eau, 1,0; perte, 0,75.. 

Analyse du grenat pjrop , ou de Bohème, par Klaproth : 

Silice, 4O5O; alumine, 28,3; magnésie, 10,0, chaux, 3,5; 
oxide de fer, 1 6,5; oxide de manganèse , o, 25 ; perte , i,25. 

Dans une analyse postérieure à celle-ci, Klaproth a trouvé- 
dans ce grenat de l'acide chromique, comme dansle spinelle 
rubis (i). 

Si l'on fait abstraction des quantités extraordinaires de chaux 
et de magnésie qui sont visiblement dues aux gangues calcaires, 
on serpenlineuses , on voit que ces analyses s'accordent sen-^ 
siblement pour la nature des principes constituans, mais non», 

(0 Klaproth et Wolff, Dici. de Chimie. 



GRE S79 

pour les quantités. Il seroit donc possible qu'il se fût glissé 
parmi ces grenats bruns ou olivâtres quelques variétés d'a- 
plâme dont les cristaux ne présenteroient point ces stries par- 
ticulières qu'on remarque sur les facettes des aplômes de 
Sibérie, et qui ne sont au reste que le produit d'une cristalli- 
sation imparfaite, dont nous avons nombre d'exemples dan* 
d'autres substances et dans le grenat lui-même. Je n'entends pai 
réunir ces deux espèces : les formes primitives les séparent 
assez nettement, puisqu'il paroit certain que. le cube sert de* 
noyau àl'aplôme; mais je crois qu'il seroit possible que l'on eût 
admis des apîômts parmi les grenats, puisque les caractères 
minéralogiques sont, à très-peu de chose près, les mêmes, et 
que la forme des cristaux dodécaèdres à plans rhombes est 
aussi celle des grenats primitifs. L'analyse enfin présente la 
silice et l'alumine comme celles des grenats, avec cette seult.' 
différence que l'alumine l'emporte en quantité sur la silice. 
M. de Bournon, en faisant observer que le grenat est une des 
substances miaérales qui sont les plus sujettes à renfermer, 
interposées dans leur masse, des matières étrangères à l.i 
leur, cite des cristaux de grenat vert du Bannat, qui, étant 
cassés, laissent apercevoir 'acilement à l'œil nu un grand 
nombre de parties de fer oxidulé^ rtnf"ermées dans leur subs- 
tance , sans que leur cristallisation ait été altérée en rien, 
ainsi qu'un groupe de cristaux de lA même substance quipré- 
sentent dans leur fracture des parcelles de chaux carbonalée 
lamellaire (1). Si ces parties de fer et de chaux eussent été 
plusalténué<'s, ajoute ce savant mùiéraloglsfc, et telles qu'elles 
ne pussent plus être aperçues, le grenat qui les auroît contenuts 
eût bien certainement donné à ran;;lyse une dose plus consi- 
dérable lie chaux ou de for que celle qui peut faire partie 
composante essentielle de l'espèce ou du grenat pur. Ces ob- 
servations viennent donc à l'appui «le ce que nou; avons dit 
au corEmencemenl de cet article, qu'il ne falîoit point se hâter 
de morceler cette espèce pour en composer d'autres qui ne 
-se-poient pas beaucoup mieux caractérisées. 

Les principales variétés de forme du grenat sont : 

1.° G. primUif : le dodécaèdre à plans rhombes. Primitif 

(i) Pe EourBcn, C>TiL. dv Cae. ru Tt.oi, p. 41. 



T'So GRE 

alongé. Six des rhombes très-alongés changent le dodécaèdre 
en un prisme hexaèdre , terminé à chaque extrémité par troit 
plans rhomboïdaux. Cette sous-variété présente exactement la 
figure des loges de cire construites par les abeilles, qui offrent, 
comme on le sait, le plus de capacité possible sous le mini- 
mum de surface. Il existe un très-beau cristal, devenu ainsi 
prismatoïde, dans le cabinet particulier du Roi: il vient delà 
IVouvelle-Calédonie (i). 

2.° G. trapézoïdal, qui offre l'assemblage de vingt -quatre 
trapézoïdes égaux et semblables, et dont le signe représentatif 

est? • 

n 

0." G. émarginé : c'est le primitif, dont les arêtes sont rem- 
placées par des facettes hexagonales alongées, d'où il résulte un 
solide à trente-six faces, dont douze appartiennent au noyau 
et sont rhoraboïdales, et vingt-quatre à la troncature de ces 
arêtes. 

Son signe représentatif est , 

Pn 

Cette variété, en se surchargeant de nouvelles facettes 
additionnelles, donne naissance à plusieurs autres combinai- 
sons qui se compliquent toujours davantage, mais où l'on re- 
connoît souvent les rudimens des faces du noyau. Le grenat 
sphéroïdal provient de ces variétés surchargées, que le plus 
léger fi'ottement arrondit. Le grenat amorphe se trouve en 
petites masses ou en fragmens irréguliers, soit errans, soit 
engagés dans des rochers de différente nature. 

Les variétés de couleurs sont ici beaucoup plus variées et 
beaucoup plus importantes à connoître , puisque ce sont elles 
qui ont reçu différens noms dans le commerce, et qu'elles 
tiennent un certain rang parmi les pierres précieuses. On re- 
marque surtout: 

1.* Grenat noble { Edler Granat , Werner ^ Almandin , 

(i) Une tranche d'un grenat de cette forme, coupée perpendiculaire- 
ment aux pans du prisme, polie sur ses deux faces, et placée entre l'œil et 
la lumière d'une bougie, présente k Tinstant une étoile brillante à six 
rayons, aboutissant chacun aux angles de la plaq^ue hexagonale (Haùy). 



GRE or>i 

Karstein; Grenat syrien de quelques naturalistes). Sa teliilc( t,t 
le rouge cramoisi , légèrement nuancé de bleu -. il est transpa- 
rent et a beaucoup d'éclat. Lorsque sa belle couleur acquiert 
une teinte pourprée, il prend le nom de grenat syrien dans le 
commerce, augmente infiniment de valeur, et approche de 
celle d'un saphir bleu du même poids. Les plus beaux se 
trouvent aux environs de la ville de Syrian, au Pégu. 

a.° Grenat pjrop (Grenat de Bohème, ou hyacinthe, la 
belle des lapidaires). Il est d'un rouge coquelicot, quelquefois 
nuancé d'orangé. On le trouve très-rarement en cristaux: il 
se présente ordinairement en fragmens anguleux, dont la 
cassure est parfaitement conchoïde : il est beaucoup moins 
estimé que le précédent. 

5." Grenat commun {Gemeiner Granat, Werner). Nous réu- 
nissons sous cette dénomination les grenats verts, bruns , 
oranges, jaunes, etc., qui sont opaques, dont la cassure est 
raboteuse et dont l'aspect est légèrement luisant : on remarque 
aussi qu'ils sont un peu moins durs que les précédentes varié- 
tés. Plusieurs grenats communs ont reçu des noms particuliers. 
C'est ainsi que l'on a nommé colophonite ceux qui sont d'un 
rouge orangé; dont la surface et surtout la cassure présentent 
l'aspect particulier de la résine nommée colophane ; que l'on 
a nommé grenat d'étain ceux qui accompagnent ce minerai et 
qui sont bruns comme lui; que ceux qui sont orangés ont été ap- 
pelés h. yacinf/ic du Dessentis, les jaunes succiniles ontopazolithe.':^ 
les verts grossularia, etc. S'il existe réellement quelque subs- 
tance étrangère à l'espèce du grenat, ce doit être dans ce 
groupe qu'il faut chercher à les découvrir. 

4.° Grenat mélanite. Cette variété est remarquable par sa 
couleur noire et la netteté de ses cristaux , qui présentent 
souvent les variétés émarginée et primitive j elle n'est point 
transparente. 

S.'' Grenat inanganésié ( Braunsteinkiesel). Il est d'un brun 
d'hyacinthe très-foncé, à peine translucide sur les bords. On 
trouve cette variété en cristaux à vingt-quatre facettes trapé- 
zoïdales. Essayé au chalumeau , ce grenat communique au 
verre de borax une couleur violette qui se développe davantage; 
par une addition de nitre. Cette couleurest due au manganèse 
queKlaproth y a reconnu' dans la proportion de 35 pour 100, 



382 GllÈ 

Ce singulier grenat, qui présente fous les caractères dercspécé^ 
il été décrit sous le nom de manganèse granaliforme, et se trouve 
dans la forêt de Spessart, près d'Aschaffenbourg en Franconie , 
où il fait partie d'un granité. 

M. de Bournon pense que la substance nommée KaneUtein , 
que l'on trouve à Ceilan sous la forme de masses ou de gros 
grains irréguliers, doit être réunie au grenat; mais M. Haiiy 
croit y avoir reconnu des joints naturels qui indiqueroient un 
noyau contraire à cette réunion. Du reste , les autres caractères 
minéralogiques, réunis aux produits de l'analyse, sont bien 
faits pour excuser cette erreur, si c'en est une-, car ils sont 
moins différens que ceux de plusieurs variétés bien reconnues 
pour appartenir à cette espèce. Le kanelstein est d'un beau 
jaune mordoré-, il reçoit un poli très-brillant, et produit des 
pierres très-volumineuses. Telles sont celles qui font partie 
de la collection particulière du Roi. (Voyez Kanelstein.) 

Plusieurs minéralogistes ont décrit séparément une variété 
de grenat surchargée de fer et en partie décomposée; mais 
nous avons vu, en citant diverses analyses, que le grenat 
noble renferme plus du tiers de son poids d'oxide de fer, 
que le grenat mélanite en contient un quart, etc. Il paroît 
donc que cet oxide a une grande affinité pour cette pierre, et 
qu'il peut s'interposer entre ses molécules sans nuire à sa 
transparence ; aussi quelques grenats transparcnssont attirables 
à l'aimant, et plusieurs autres agissent sur l'aiguille à l'aide 
du double magnétisme : moyeu ingénieux que l'on doit à 
M. Haiiy, et dont il sera parlé en détail à l'article que nous 
consacrerons au magnétisme des minéraux. (Voyez Magnktisms 
DES Minéraux.) 

Il e&t encore une substance que l'analyse et quelques carac- 
tères minéralogiques sembleroient devoir rapprocher du gre- 
nat , je veux parler de Vallochroïïe; mais, comme aucun mi- 
néralogiste n'a effectué cette réunion, et que cette subs- 
tance en masse est plutôt une roche composée qu'une subs- 
tance minérale pure, je ne solliciterai point sa place au 
nombre des variétés du grenat. 

GisiiMENT. Les grenats sont très-répandus dans la nature; 
iHiiS leur substance ne forme point, comme le quarz, le 
l'e]sp»ih,i:ti:j des couches ou même des filons i>roprementdits;il 



GRE 335 

sonl toujours flissëminés en cristaux on en grains arrondis dans 
des roches calcaires, serpentineuses, micacées ou talqueuses; 
et, quelque nombreux qu'ils soient, on reconnoît toujours 
parfaitement la substance qui leur sert de pâte. 

M. Brongniart distingue quatre sortes de terrains, ou for- 
mations, dans lesquels on rencontre le grenat. 

i.°Dans les terrains de cristallisation, il entre comme parties 
additionnelles dans la composition des roches qui constituent 
ces terrains, tise trouve aussi dans les filons qui les traversent 
ou dans les fissures qui s'y rattachent. Il faudroit citer la plupart 
des roches primitives , si l'on vouloit indiquer toutes celles où 
l'on trouve le grenat ; mais , parmi celles où il est le plus abon- 
dant et le plus commun, on remarque le gneiss, la diabase, 
le trapp , l'amphibole et surtout la serpentine, le talc, le 
stéaschiste et le micaschiste. 

2.** Dans les pierres ou masses qui constituent les couches de 
terrains de sédiment, telle que la chaax carbonatée compacte, 
du pic d'Erès-Lids, dans les Pyrénées, ces grenats sont noirs , 
reuges ou blancs. Les noirs sont engagés dans la partie la plus 
rembrunie de la roche, et les blancs dans la partie blanclu'. 
Cette observation de M. Ramond vient encore à l'appui de ce* 
que l'on a dit plus haut, en parlant de la faculté qu'ont les 
grenats de se laisser pénétrer par la matière qui leur sert i\c 
gangue. Enfin , l'on en cite aussi dans le jaspe, le grès , et dans 
quelques schistes. 

On pense que les grenats des terrains de sédiment existoient 
avant la formation des roches qui les contiennent, ei l'on ap- 
porte pour toute preuve à l'appui de cette idée, la facilité et 
la netteté avec lesquelles ces corps cristallisés se détachent de 
leur gangue. Je ne puis partager cette opinion, puisqu'il ré- 
sulte de l'observation de M. Ramond que les grenats d'Erès- 
Lids participent de la couleur des différentes parties de la 
roche calcaire dans lesquelles ils sont contenus : j'ajouterai 
même que la régularité parfaite de ces grenats, la pureté de 
leurs angles et de leurs arêtes, annoncent des cristaux formés 
au milieu d'une substance pâteuse , et que l'on a produit depuis 
long-temps des cristallisations artificielles analogues à celles-ci, 
qui, s'étant opérées au milieu d'une pàteàrglîeuse, se sont fait 
remarquer par leur grande perfection. 



JS4 GRE 

S.'Dansdei terrains d'alluvion formés aux dépens déroches 
préexistantes. Ici les grenats sont errans, isolés, et se présen- 
tent quelquefois en amas très-considérables : tel est le gisemen t 
du grenat noble de Bohême, et probablement de celui qu'on 
trouve au Pégu. Ceux de Bohême se recueillent près de Mé- 
ronitz et deTrziblitz, dans le cercle de Leutmerilz. Le terrain 
d'alluvion dans lequel ils sont disséminés à des profondeurs 
variables, est formé principalement de fragmens de serpen- 
tine et de basalte en boules réunies par une marne grise , 
au milieu de laquelle on trouve les grenats qu'on y recherche , 
associés à des zircons-hyacinthes, des péridols chrysolithes , 
des corindons-saphirs, des bérils-émeraudes, du quarz, du fer 
magnétique etméme des coquilles pétrifiées. ( Reuss.) Le gîte 
du granatillo, près Nijar, entre Almeria et le cap de Gatt en 
Espagne, quia été observé par M. Tondi, présente un rassem- 
blement de grenats si extraordinaire , que le sol en paroît en- 
tièrement composé; ils proviennent de la décomposition d'une 
diabase où ils sont primitivement engagés , et sont charriés et 
comme lotis parles torrcns qui traversent ce terrain meuble. 

4.° Les grenats enfin se trouventdansles terrains volcaniques 
incontestables; tels sont, entre autres, les grenats méîanites de 
la Somma; et surtout ceux de Fracasti; tels sont encore ceux 
qui présentent une belle couleur verte ou jaunâtre, qui pro- 
viennent aussi du Vésuve , etc. 

Il seroit impossible et fort inutile de citer toutes les localités 
des difîerentes variétés du grenat : il suffira de rappeler que le 
Pégu fournit les plus beaux grenats syriens; que la Bohème 
verse dans le commerce une quantité prodigieuse de grenats 
pyrops ;que les montagnes de la Styrie présentent les cristaux 
les plus volumineux , c'est-à-dire ceux qui approchent de la 
grosseur d'une orangt ; que l'on en trouve au Kamtschatka qui 
sontd'un assez beau vert; que ceux de la Suède sont d'un vert 
sombre au centre, et d'un rouge foncé à l'extérieur; et qu'enfin 
c'est une des substances les plus communes parmi celles qui ne 
»e présentent qu'en grains ou en cristaux, sans jamais former 
de masses. 

Usages. On sait que les beaux grenats sont recherchés par 
les lapidaires et parles joailliers; mais, si l'on en excepte ceux 
qui sont d'un certain volume et qui sont doués d'une belle 



GRE 385 

teinte pourprée, ct's pierres sont, en général, «l'une (rès- 
foible valeur. On les perce , on les polit en Bohème et à Fri- 
bourg en Brisgaw, et l'on en compose des colliers, des cha- 
pelets et des bracelets: cette branche de commerce est assez 
considérable en Allemagne pour occuper un grand nombre 
d'ouvriers ; on assure que l'on pulvérise les grenats qui sont trop 
petits, et que cette poudre sert à polir les autres: on les 
perce avec un foret terminé par un très-petit diamant. 

Les lapidaires sont généralement dans l'usage de chever et 
de doubler les grenats. Far la première opération ils creusent 
le centre de la pierre pour diminuer son épaisseur et afFoiblir 
la trop grande intensité de sa couleur; par l'autre, ils aug- 
mentent son éclat en appliquant un paillon d'argent sur 
leur face inférieure. Les anciens ont connu nos principales 
variétés de grenat ; tels étoient leur ruhis carthaginois et leur 
escarboucle qui brilloit, soit disant, dans Fobscurité comme un 
charbon. On a beaucoup gravé sur cette pierre, qui n'est pas 
d'une très-grande dureté , et qui se trouve facilement d'un cer- 
tain volume. La belle tête du chien syrius, gravée par le cé- 
lèbre artiste Cali, et qui est si connue des gens de l'art et 
des amateurs par son fini précieux et son grand relief, est gravée 
sur un très-beau grenat. Elle se voit dans la Collection des 
pierres de la Bibliothèque royale. 

La quantité énorme de fer oxidé que certains grenats con- 
tiennent , leur abondance dans certains gites, et la facilité 
avec laquelle ils entrent en fusion, les ont fait employer en 
place de castine dans le traitemejit de quelques minerais de 
fer avec d'autant plus d'avantage , que la fontese trouvoit aug- 
mentée de la quantité du métal contenue dans le fondant. 
(Brard.) 

GRENAT. ( Ornith.) Cette espèce de colibri est le trochilus 
auratus, Gmel. , et le Li-ocliilus granalinus , Lath. ( Ch. D.) 

GRENAT BLANC. [Min.) Flusieurs minéralogistes ont dé- 
signé l'amphigène sous le nom de grenat blanc. Voyez Amfhi- 
GENE. (Brard. ) 

GRENATITE. [Min.) On a donné ce nom à une substance 

brune et cristallisée qui avoit été trouvée dans la vallée 

de Piora, près.du Saint-Gothard , et qui ressemble assez bien , 

au premier aspect, à certaines variétés de grenat commuiii. 

ly. 2 5 



856 GRE 

Un examen plus suivi a fait reconnoître dans ce minerai une' 
belle variété de la staurotidc. (Voyez Staurotide CfaKKATiTE.) 
Daubenton avoit appliqué le même nom de grenatite à notre 
amphigene, qui, à la couleur près, rappelle assez bien aussi 
l'aspect et la figure du grenat. Voyez Amphigène. (Brard.) 

GRENESIEINNE {Bot.), nom François de Vamarjilis samiensis, 
Voyz Am A Ry 1,1,1s. (J. ) 

GRENOUILLARD. (Ornith.) On a donné, f. V, pag. 463 
de ce Di< îionnaire , la description de cet oiseau de proie, 
qui est un busard , huteo ranivorus , et falco ran'worus, Daud. 
(Ch.D.) 

GRENOUILLE. {Conchjl.) Quelquefois on donne dans le 
cannnerce des coquilles cette dénomination au slromb. lenti- 
ginorus, Linn., plus connu sous celle de tête de serpent. (DeB.) 

GPiENOUILLE, Rana. (Erpëtol.) Genre de reptiles de la* 
famille des batraciens anoures, et rcconnoissable aux carac- 
tères su i vans : 

Pattes dfi derrière très-longues , très-fortes et toujours parfaite- 
ment palmées ; peaulisse; une rangée de petites dents fines tout au- 
tour de la mâchoire supérieure ; une seconde rangée transversale 
et interrompue au milieu du palais; point de glandes sur le cou; 
une langue visible ; point de pelotes visqueuses au bout des doigts, 
qui sont au nombre de quatre en devant, et de cinq en arrière. 

A l'aide de ces noies et du tableau que nous avons présenté 
à l'article Anoures (Supplément du second volume), on distin- 
guera aisément les grenouilles des crapauds, qui ont des glandes 
sur le cou et les paites de derrière de la longueur du corp.s 
seulement; des rainettes, qui ont des pelottes au bout des 
doigts ; et des pipas, qui sont entièrement dépourvus delangue, 
et ont tous les doigts libres. Au reste, il faut l'avouer, les gre- 
nouilles ont de grands rapports avec les crapauds. Linna-us 
avoit réuni ces animaux eu un seul genre, et son exemple a été 
suivi par la plupart des erpétologistes systématiques. Quelques 
grenouilles, en effet, ont les pattes postérieures raccourcies, 
d'autres ont le corps couvert de tubercules ; l'absence des pa- 
rotides nous paroit donc jusqu'à présent le seul caractère 
distiiictif sur lequel on puisse réellement compter. (Voyez 
Anoures, Latracie.ns, Crapaud , EnpÉTOi.ociB , Pipa et Rainette.) 

C'est à l'Anglois Bradley que l'on doit la première idée de 



ORË 387 

la séparation des crapauds et des grenouilles en deux genre 
distincts. Laurenti, après lui, a soutenu la même théorie, 
mais sans beaucoup de succès. M. de Laccpèdeet M. Diiméril 
ont mieux établi les caractères du genre. M. Schneider a adopté 
à peu près les principes de ces auteurs, ajoutant seulement 
que, dans les crapauds , le pouce des pattes de devant est écarté 
des autres doigts , et l'index fort court. ( Hist. amphihioruni nat. , 
fasc. 1 , pag. 177.) Au reste , tous les naturalistes de nos jours 
ont admis cette division du genre iîa«a de Linnasus, et elle est 
comme consacrée par les ouvrages de Daudin, de MM. Alexandre 
Brongniart , Latreille et Cuvier. 

Le mot rafia est depuis très-long-teraps connu dans la langue 
latine , comme le prouve ce vers des Géorgiques de Virgile : 

Et veterera in limo ranae ceciiiêre querelaru. 

Il correspond à l'expression grecque ^oCJùx^oç, laquelle a servi 
à la formation du mot batraciens , qui, dans le vocabulaire er- 
pétologique François, désigne Tordre des reptiles auquel ap- 
partiennent le crapaud, la grenouille, les salamandres, etc^ 
La grenouille est donc le prototype de cette grande division 
des reptiles, et les naturalistes ont eu soin de nous l'indiquer 
dans la dénomination même qu'ils ont choisie en cette occasion . 
Quoi qu'il en soit,l'éfymologie de ces divers molsmesemble 
assez incertaine. Isidore veut que rana dérive de garruUtas , à 
cause du bruit que font les grenouilles sur le bord des eaux. 
Aldrovandi pense que i^Pjpûp^^oç est une sorte d'onomatopée, 
ou qu'il fait connoître la rudesse du croassement de ces am~ 
maux {lîoriv Tpa;)(^i7at,v è;^uv). Pour ce qui est du François gre- 
nouille , il paroit probable que ce mot est encore formé par 
onomatopée véritable. 

Nous avons vu à l'article Crapaud que, dans tous les temps 
et dans tous les lieux , les reptiles qui portent ce nom ont été 
un objet de dégoût et même d'horreur : c'est un malheur pour 
les grenouilles que leur ressemblance avec ces animaux qui ont 
été proscrits avec une sorte de fureur. Souvent on les confond 
dans la même disgrâce, et, dans l'esprit du vulgaire, elles 
sont loin d'occuper la place que la nature leur a accordée 
parmi les êtres de l'univers; et cependant, aussi agréables par 
leur conforma lion, que distinguées par leurs qualités, et iu- 

25, 



S8S GRE 

léressantes par les phénomènes de leur développement, sou- 
■ vent parées de couleurs brillantes , et plutôt utiles que nui- 
sibles à l'homme , elles méritent de fixer l'attention des ob- 
servateurs, et d'exercer le talent des naturalistes. Nous allons 
signaler aux lecteurs , dans l'histoire de ces innocens reptiles, 
une foule de faits curieux. 

A. Organisation des grenouilles. 

Les détails anatomiques que nous avons déjà présentés aux 
articles Anoures, Batraciens et Crapaud , nous forcent à n'of- 
i'rir ici que les résultats suivans , afin d'éviter toute espèce de 
répétition inutile. 

1." Organes de la locomoLion ^ squelette et muscles. 

Le crâne est presque prisnialique, aplati en dessus , et élargi 
par derrière: il est moins arrondi que dans le crapaud. 

Les os frontaux sont en rectangle alongé, et remplissent 
l'intervalle des orbites. 

Comme dans le crapaud , à l'exception de la symphyse du 
menton et des os inter-maxillaires, qui sont libres de toutes 
parts, tous les os du crâne et de la face sont totalement sou- 
dés chez les individus adultes. 

La tête est articulée par deux condyles sur un atlas peu 
mobile. 

Les vertèbres sont au nombre de dix en tout : les huit qui 
sont étendus de la nuque au bassin, sont pourvues d'assez 
longues apophyses transverses, qui, dans la dernière, s'é- 
tendent jusqu'aux os. des isles. 

Le sacrum est long, pointu, comprimé. 
Il n'y a point de coccyx. 

Les os coxaux sont réunis en une seule pièce dans les sujets 
adultes; leur portion iliaque est très-alongée; les pubis et les 
ischions, courts et soudés en une seule pièce solide , forment 
une crête plus ou moins arrondie à l'endroit de leur sym- 
physe. Il n'existe point de trou sous-pubien. 
On n'aperçoit aucune trace de côtes. 

Le sternum forme en devant un appendice cartilagineux, 
terminé par un disque qui se trouve placé sous le larynx .- il 
reçoit ensuite les clavicules; puis il s'élargit, et se termine 



GRE 539 

enfin par un autre disque placé au-dessous de l'abdomen , et 
servant à l'attache de muscles. 

Les os de la fourchette et les clavicules sont de chaque côté 
intimement unis d'une part au sternum, et , de l'autre à l'omo- 
plate, qui est brisée comme dans le crapaud. 

L'os du bras n'offre aucune particularité notable. 
L'os unique de l'avant-bras s'articule, par une tête concave, 
sur une grosse tubérosité ronde du bas de l'humérus entre ses 
deux condyles. A la partie inférieure de cet os, qui est élar- 
gie , on observe un sillon de chaque côté. 

Le carpe est formé de huit os, sur trois rangs, composés, 
le premier de deux, le second de trois, et le troisième de 
trois aussi. Il n'y a point d'os hors de rang. 

Les doigts de la patte antérieure sont au lïombre de quatre. 
Le plus grand os de la seconde rangée du carpe porte un 
rudiment de pouce à deux articles. Les deux doigts quisuivent 
ont chacun deux phalanges, et les deux autres chacun trois. 

Le fémur est dépourvu de trochanters : la pièce osseuse qui 
le suit, et qui est particulière aU squelette des anoures, est 
beaucoup plus longue ici qu'elle ne l'est dans le crapaud. C'est 
à tort que la plupart des anatomistes l'ont considérée comme 
représentant les deux os de la jambe. 

Ceux-ci , comme chez le crapaud, m'ont semblé séparés 
dans toute leur longueur. Quelques anatomistes, en considé- 
ration de ce qu'ils forment la troisième articulation du membre 
pelvien , les regardent comme étant l'astragale et le calca- 
neum. 

Le tarse est composé de quatre os, dont le dernier repré- 
sente un crochet. 

Il y a cinq os du métatarse. 

Les doigts de la patte postérieure sont au nombre de cinq. 
Le poace, placé en dedans, n'a qu'une phalange-, les deux 
doigts qui le suivent en ont, l'un deux et l'autre trois; celui 
qui vient après en a quatre , et le dernier trois. 

Les muscles de la grenouille, très- forts, très-irritables, très- 
sensibles à l'action du galvanisme, sont entièrement analogues 
à ceux du crapaud. Nous ne nous en occuperons donc point 
ici d'une manière suivie. Nous ne parlerons que de ceux des 
membres abdominaux, parce qu'ils sont mieux caractérisés , tt 



Sgo GRE 

ont des fonctions plus importantes à remplir dans la grenouille- 
que dans le cmpaud. 

Il n'existe qu'un seul muscle fessier, le moyen. 11 descend 
de la partie alongée qui remplace l'ilium, el se fixe au-dessous 
de la tête du fémur. 

Le pyramidal vient directement de la pointe du sacrum, et 
s'attache vers le tiers supérieur du fémur. 

Les jumeaux et l'obturateur interne, le grand et le petit 
psoas n'existent point. 

Le carré de la cuisse est alongé : il vient de la symphyse 
postérieure de l'ischion , et s'attache au côté interne du fémur» 
vers son tiers supérieur. 

L'iliaque est fort alongé. 

Le pectine descend jusque vers la moitié du fémur. 

Les troisadducleurs ont des attaches analoguesd celles qu'ils, 
ont chez l'homme. 

On observe un obturateur externe , malgré l'absence du 
trou sous-pubien : il vient de la symphyse du pubis, et se* 
fibres s'insèrent sur la capsule articulaire. 

La cuisse de la grenouille est arrondie comme celle de 
l'homme; les muscles de sa jambe sont très-prononcés. Ils. 
oflrent quelques particularités. 

Le triceps fémoral, entre autres, n'est formé que de deux 
portions bien distinctes. 

Le droit antérieur manque. 

Le biceps crural n'a qu'un seul ventre : il vient de la partie 
postérieure intérieure de Tilium , et descend en avant et en 
dehors. 

Le demi-tendineux est formé de deux ventres, dont l'un 
s'attache à la symphyse du pubis , et l'autre à celle de l'is- 
chion. 

Le demi-aponévrotique est comme dans l'homme. 

Le couturier est couché directement au-devant de 1* cuissejj^ 
et ne se contourne point. 

Il n'y a point de poplité. 

Le gastrocnémien n'a qu'un seul ventre, mais il s'insère par. 
un petit tendon isolé au bord externe de la crête du tibia, ou 
plutôt de l'os qui suit le fémur. Son tendon de terminaison 
5 épanouit sous le pied pour former l'aponévrose plantaire. 



GRE 591 

2.° Organes des sensations. 

La sensibilité générale des grenouilles paroit devoir êïre 
assez obtuse, ellesperdent difEcilementla vie par des blessures 
iiiOnie très-graves. On peut leur arracher le cœur et les en- 
tniilles sans les tuer immédiatement. Mais leur force de con- 
tractililé organique apparente, ou d'irritabilité hallérienne , 
est extrêmement grande ; le cœur se contracte et se dilate 
long-temps après la mort de l'animal, et même lorsqu'il a été 
extrait de son corps et séparé des autres organes. 

Les os du nez et les os inter-maxillaires sont très-courts , et 
plus larges que longs , ce qui arrondit eu devant la face des 
grenouilles. 

La cavité du crâne est fort étroite , et l'encéphale d'un très- 
petit volume. 

Les hémisphères du cerveau sont alongés et étroits : les 
couches optiques sont grandes et creusées d'un ventricule très- 
marqué. Leur volume surpasse celui des hémisphères céré- 
braux. 

Le cervelet est disposé comme celui du crapaud. 

La face inférieure du cerveau est presque unie. 

Il n'y a point de pont de Varoli. 

Les nerfs olfactifs proviennent de l'extrémité antérieure 
des hémisphères cérébraux: le trou par oîx ils sortent du crâne 
est double. Le tube des fosses nasales est représenté par un 
simple trou, et il n'existe dans les parois du crâne, ou dans 
l'épaisseur des os de la face, auc\ine cavité que l^n puisse 
comparer aux sinus de l'homme et des mammifères. On ne 
trouve à l'intérieur de ces fosses que quelques lubeTcules au 
lieu des lames saillantes qui garnissent celles des autres ani- 
maux. La membrane pituitaire est colorée par un rets de 
vaisseaux noirâtres. Les narines sont tubuleuses. 

Les orbites ne sont séparées des fosses temporales que par 
une branche osseuse incomplète. Leur base est dirigée vers 
le ciel; les trous optiques sont fort écartés; un grand muscle 
en entonnoir embrasse le nerf optique, et se partage vers le 
globe de l'œil en trois portions seulement. Deux autres muscles , 
l'un abaisseur et l'antre oblique, servent encore aux mouvc- 
luens de l'œiL Les paupières soni; au nombre de trois^et toutes 



3^2 GUE 

trois horizontales. La paupière supérieure n'est qu'une saillie 
de la peau; l'inférieure est plus mobile; la troisième, qui se 
meut de bas en haut, est plus souvent en action que les autres. 
Elle est très-transparente. Le muscle de cette troisième pau- 
pière bride tellement le choanoide , qu'il est tiraillé lorsque 
ce dernier se gonfle, et voilà pourqtioi, dans la grenouille, 
la troisième paupière s'élève lorsque l'œil s'abaisse. Le grand 
oblique n'existe point. Deux petites glandes noirâtres , logées 
dans l'orbite, paroissent remplacer la glatide lacrymale. Les 
procès ciliaires sont en petit nombre. La pupille est rhom- 
bofdale. L'axe du crj'stalliu esta son diamètre comme 7 : 8. 

La conformation de l'oreille des grenouilles est la même 
que dans les Crapauds. ( Vo3'ez ce mot.) Gautier a observé 
que la cavité du tympan est traversée par une espèce de corde 
qui la sépare en deux parties égales , et peut tendre , à la vo- 
lonté de l'animal , et à des degrés différens , la membrane qui 
ferme cette cavité, et qui est apparente en dehors, lisse et 
ovale. Comme dans les crapauds également, la caisse commu- 
nique immédiatement avec l'arrière-bouche par un grand trou 
que Ton peut apercevoir en ouvrant simplement la bouche. 

Ce que nous avons dit aussi de la structure de la peau do 
ces derniers, est parfaitement applicable aux animaux dont 
nous faisons actuellement l'histoire. Seulement on n'observe 
point chez ceux-ci les glandes cutanées plus ou moins grosses, 
dont nous avons signalé l'existence dans les autres. 

L'épiderme est une sorte d'épithélion muqueux, qui tombe 
par lambeaux à plusieurs époques de l'année. 

En examinant au microscope la couche de la peau que re- 
couvre l'épiderme , elle paroit composée de globules qu'on 
peut séparer les uns des autres, et qui semblent être les glan- 
dulcs où se prépare l'humeur amère et visqueuse qui abreuve 
continuellement la surface du corps dans les animaux qui 
nous occupent. 

C'est au tissu muqueux cutané que sont dues les couleurs 
variées dont est décorée la surface du corps des grenouilles. 

Le chorion est d'un tissu très-serré et très-dense ; et , de même 
que dans les crapauds, il n'est intimementuni au tissu cellulaire 
que dans quelques points déterminés, au pourtour de la bouclio, 
dans la ligne médiane du corps, aux aisselles et aux aines. 



^- ^'""'^ ^''' GRE . 3y3 

On doit à l'académicien Mëry des détails assez curieux sur 
la peau de la grenouille. Il résulte de ses observations que 
cette peau semble recouvrir quatre cavités séparées les unes 
des autres par des membranes très-déliées, unies d'un côté 
aux tégumens, et de l'autre aux muscles du corps. Ces quatre 
cavités correspondent au dos, à l'abdomen et aux flancs. La 
peau de la cuisse n'est point non plus attachée à ses muscles, 
si ce n'est dans les plis des articulations , et elle forme deux 
espèces de sacs, l'un en devant, etl'autre en arrière. La même 
chose a lieu pour celle des jambes. (CoUect. académiq. , part, 
franc., t. i, pag. 114.) 

Il n'y a point de muscle peaussier général : on observe seu- 
lement quelques fibres charnues sous la gorge; ces fibres des- 
cendent du pourtour de la mâchoire inférieure, et vont se 
perdre dans le tissu cellulaire qui unit la peau à l'origine de 
la poitrine. 

La peau est constamment lubréfiée par une sérosité vis- 
queuse et abondante. 

La langue est entièrement charnue, et ne diffère de celle 
du crapaud qu'en ce que sa pointe est bifurquée : elle est 
composée en grande partie d'une masse glanduleuse, épaisse, 
formée d'une foule de petits tuyaux réunis par leur base , et 
séparés en manière de papilles veloutées à la surface de l'or- 
Jgane. 

3.° Organes de la digestion. 

La mâchoire inférieure forme un arc très-ouvert , composé 
de six pièces , dont les deux moyennes sont moins épaisses 
que les autres. Cette mâchoire est seule mobile. On n'observe 
point déminence pour l'attache du muscle digastrique, comm c 
on en voit dans quelques autres reptiles, et en particulier 
dans le crocodile et les tortues. L'apophyse coronoïde n'existe 
point non plus. 

La mâchoire supérieure est seule armée de dents. Celles-ci, 
au nombre de quarante environ de chaque côté, dont huit 
inter-maxillaires, sont grêles, pointues, fines et serrées. 

Le cartilage hyoïde forme une large plaque à peu près 
carrée, appliquée immédiatement aux parois inférieures du 
palais et de l'arrière-bouclie. Ses cornes antérieures partent 



5^4 GRE 

de ses angles du même côté, s'étendent en avant, s'élargissent 
avant de se courber en arrière, puis se portent vers l'angle 
de la niàchoire, et se recourbent de bas en haut au-dev.uit 
de cet angle, pour aller se fixer à la partie postérieure du 
crâne. Les cornes postérieures sont droites, fortes , osseuses , 
non soudées à la plaque , avec les angles postérieurs de la- 
quelle elles sont articulées. Le larynx est placé entre elles. 

Il existe un muscle mylo-liyoïdien , qui remplit l'écarte- 
mcnt considérable des branches de la mâchoire inférieure; ses 
•fibres sont étendues transversalement d'une de cesbranches à 
l'autre. 

Le musple sterno-hyoïdieo se prolonge jusqu'à la partie la 
plus reculée de la face interne du sternum. Plusieurs de ses. 
fibres s'épar ouïssent sur la plèvre." en avant, il se divise en plu- 
sieurs languettes, dont une va se fixer par un tendon grêle 
aux cornes antérieures de l'os hyoïde. 

Le muscle omo-hyoïdien est long et grêle-, il vient de la 
grande corne inférieure de l'os hyoïde , et va s'insérer sous 
le col de l'omoplate. 

L'analogue du stylo-hyoïdien vient de la partie postérieure 
de la tête derrière l'oreille. Dans la grenouille ocellée, il se 
divise en deux portions, tandis qu'il en a trois dans la gre- 
nouille commune. 

Le génio-hyoïdien se divise postérieurement en deux por- 
tions : l'externe, plus courte, s'insère au-dessus du bord de 
la plaque hyoïde-, l'interne se prolonge sur les cornes posté- 
rieures , et fournit une gaîne au muscle hyo-gloss2. Le sterno- 
hyoïdien passe entre ces deux portions pour se fixer à la 
plaque. 

Les muscles eéralo-maxilliens qu'on observe dans les sau- 
riens, les chéloniens et les ophidiens, ne se retrouvent plu» 
chez les grenouilles. 

Il n'y a point d'épiglolte. 

D'après la disposition que nous venons d'indiquer, il est 
évident que l'os hyoïde, au moyen des muscles qui le sou- 
lèvent, peut , dans la grenouille , contribuer à la déglutition. 
La plaque hyoïde, qui supporte les larges parois del'arrièrc- 
bouchc et du palais, n'est mise en mouvement parles muscles 
ttiylo-hyoïdicns et stylo-hyoïdiens, que pour soulever ces pa- 



GRE 595 

rois et les appliquer à la voûte du palais. Il existe de plus 
ici un muscle qui vient des parties postérieures et supérieures 
de la tête, au-devant du stylo-hyoïdien; d'abord étroit, ce 
muscle s'élargit à mesure qu'il se porte en avant et en bas, 
et recouvre la portion de l'arrière-bouche qui fait saillie en 
arrière. Il se prolonge jusqu'au bord de la plaque hyoïde : ses 
fibres adhérent en partie à la membrane de l'arrière-bouche, 
sur laquelle elles sont couchées , et doivent appliquer cette 
membrane à la paroi opposée, et soulever la plaque hyoïde. 

Cet appareil musculeux et osseux contribue également a 
l'inspiration de l'air , qui se fait par une sorte de déglutition, 
tandis que l'expiration est la suite de l'adion des muscles de 
l'abdomen. Aussi , quand on ouvre le ventre d'une grenouille, 
les poumons se dilatent sans pouvoir s'affaisser, et l'asphyxie 
est la conséquence de l'ouverture prolongée delà bouche chez 
cet animal. 

L'œsophage, l'estomac et les infestins des grenouilles sont 
les mêmes que ceux des crapauds. Seulement, dans plusieurs 
pspèces, le rectum est plus ou moins conique ou pyriforme. 

L'ouverture de l'anus est placée à l'extrémité du dos , et 
par conséquent au-dessus de l'animal : disposition singulière 
qui tient à celle du bassin, dont le second détroit regarde en 
haut. Cette partie n'a qu'un sphincter pour tout muscle. 

4.' Organes de la circulation. 

Ils ressemblent en tout à ceux du Cbapaud. ( Voyez ce mot. ) 
Il résulte des observations soignées qui nous ont été transmisra 
parSwammerdam , Roësel, Malpighi, Laurenti , Spallanzani, 
Gautier, que le cœur n'a qu'un seul ventricule, lequel reçoit 
et chasse alternativement le sang par le moyen de deux sou- 
papes, 

.5.* Organes de la respiration. 

Tout ce que nous avons dit de ces organes à roccasion du 
crapaud, s'applique parfaitement à la grenouille. Celle-ci 
respire la bouche fermée : ses poumons se remplissent d'air^ 
par les narines; et l'occlusion de la bouche, suivant la re^ 
marque de Herholdt, fait l'office du diaphragme qui lui manque^ 
Aussi meurt-çlle faute de pouvoir respirer, lorsqu'on lui ticii,' ^^ 



596 GRE 

bouche forcément ouverte pendant quelque temps , ainsi que 
Tout prouvé les expériences des professeurs Herholdt et Rafn , 
de Copenhague, expériences qui ont été répétées, au nom 
de la Société philomathique de Paris, par MM. Cuvier et Du- 
méril, deux de ses membres. 

6." Organes de la voix. 

Le larynx est formé inférieurement par une plaque trans- 
versale imince , portant à droite et à gauche un grand an- 
neau , origine de chacune des bronches, en sorte qu'il n'y a 
point de tronc de la trachée-artère. Sur le devant de cette 
plaque s'articulent deux pièces ovales, convexes en dehors, 
concaves en dedans, et qu'on peut très-bien comparer à deux 
espèces de timbales. Sur le bord inférieur de chacune est 
tendue en dedans une membrane qui coupe à angle droit 
la direction de l'air; le bord de cette membrane se redresse 
et forme le ruban vocal qui se trouve ainsi plus libre que 
dans aucun autre animal. Plus haut , est l'ouverture du ventri- 
cule de la glotte, qui occupe toute la concavité des cartilages 
ovales, dont le bord supérieur constitue le bord dé la glotte 
proprement dite. 

Vicq-d'Azyr croyoit que les ventricules du larynx commu- 
niquoîent avec les bronches par leur fond ; mais cette opi- 
nion est erronée , ainsi que l'a déjà remarqué M. Cuvier. 

Les grenouilles mâles ont , de plus , deux sacs qui s'ouvrent 
chacun par un petit trou dans le fond de la bouche sur les 
côtés. Passant au-dessous de l'arc de la mâchoire inférieure , 
ces deux sacs, lorsqu'ils sont gonflés, font saillir la peau de 
chaque côté sous l'oreille, et s'enflent quand l'animal crie. 

On observe dans le larynx des grenouilles un muscle de 
chaque côté, pour écarter les deux cartilages ovales, et un 
transverse en avant, qui leur est commun, et qui les rap- 
proche. 

7." Organes des sécrétions. 

Le foie est grand et bilobé. 

Dans plusieurs espèces, les conduits hépatique et cystique 
s'ouvrent isolément dans l'intestin. 

Le pancréas est disposé comme dans le crapaud. Il en est 
de même de la rate. 



GRE hi 

Les reins sont ovales , alongés , aplatis , non divisés en lo- 
bules. Ils sont très-rapprochés l'un de l'autre. 

La vessie urinaire , ou du moins l'organe qu'on a regardé 
comme tel, a son fond divisé en deux cornes. Townson nous 
paroitavec raison regarder ce réservoir membraneux comme 
destiné à conserver l'eau qui a été absorbée par la peau : ce 
qui sembleroit venir à l'appui de cette opinion, c'est que les 
uretèresvont aboutir directement k la fin de l'intestin rectum. 

L'abdomen des grenouilles renferme encore, comme celui 
des crapauds , des organes particuliers , que beaucoup d'a- 
natomistes croient les analogues des capsules surrénales, mais 
que Swammerdam et Roësel considèrent comme des parties 
accessoires aux testicules dans les mâles, et aux ovaires dans 
les femelles. Ces organes sont bien plus prononcés dans les 
têtards que dans les grenouilles adultes. M. Cuvier même les 
a trouvés assez minces et grêles dans des grenouilles femelles 
qui n'avoient pas encore pondu leurs œufs, quoique Roësel 
dise que ces organes croissent avec ceux de la génération. Il 
est probable que ce sont des espèces d'épiploons. ( Voyez 
Crapaud et Têtard. ) 

8.° Organes de la génération. 

Nous n'avons rien à ajouter à ce qui en a été dit à l'occa- 
sion du crapaud, si ce n'est que dans la grenouille femelle , 
les oviductes se terminent par une dilatation que l'on a im- 
proprement appelée matrice, et qui s'ouvre dans le cloaque. 

Dans les vieux mâles , les testicules ont à peu près le vo- 
lume d'un haricot: ils sont plus ou moins arrondis, et quel- 
quefois même en forme de croissant ; leur teinte est jaune. 

Les œufs de grenouilles, fraîchement pondus, sont globu- 
leux, noirs d'un côté, blanchâtres de l'autre : ils sont placés 
au centre d'une masse glaireuse et transparente , qui doit 
servir à la nourriture de l'embryon. Cette matière est ren- 
fermée dans deux enveloppes membraneuses qui représentent 
la coque des œufs des oiseaux. Ces œufs enflent beaucoup 
dans l'eau après avoir été pondus. Les expériences de Spal- 
lanzani ont prouvé qu'ils pouvoient supporter jusqu'à trente- 
cinq degrés de chaleur sans éprouver aucune altération, et 
sans cesser d'être féconds. 



3cj8 GRÉ 

En sortant de l'œuf, les grenouilles n'ont ni pattes ni na- 
geoires : leur forme est très-singulière, et leur organi.sation 
bien différente de ce qu'elle doit être par !a suite; elles portent 
alors le nom de têtards. Dans l'article que nous consacrerons à 
ceux-ci, nous exposerons les particularités qui les distinguent, 
et nous prions le lecteur d'y avoir recours. 

B. Mœurs et habitudes des grenouilles en général. 

Les grenouilles se nourrissent de larves d'insectes aqua- 
tiques, de vers, de petits mollusques, de mouches, et choi- 
sissent toujours une proie vivante et en mouvement : tout ani- 
mal mort ou immobile est épargné par elles ; pour s'emparer 
de cette proie , elles restent fixes et sans mouvement avec une 
patience admirable, la guettant jusqu'à ce qu'elles la croient 
assez proche d'elles ; alors elles fondent dessus avec la rapidité 
de l'éclair, en tirant la langue pour l'attraper, à l'aide du fluide 
visqueux qui enduit cet organe. Cette humeur la retient pen- 
dant que les deux pointes de la bifurcation de la langue 
semblent l'entortiller. Une fois que la proie est ainsi saisie , 
elle est bientôt avalée , parce que , dit Daudin , les grenouilles 
l'enfoncent avec promptitude dans leur œsophage, avec les 
pouces de leurs pattes antérieures. Cependant quelquefois 
cette gloutonnerie est punie. Roësel présenta une guêpe à une 
grenouille qu'il élevoit ; le reptile l'avala , mais aussitôt il se 
débattit, et parvint heureusement à la revomir avec de grands 
efforts , mais sans doute après en avoir été piqué. 

En raison du genre de nourriture des grenouilles, le rédac- 
teur du Journal économique pour le mois de juillet iG5i , 
voudroit , avec quelque apparence de raison , que l'on ne per^- 
sécutàt point les grenouilles dans les jardins. Elles s'y rendent 
utiles, en effet, en détruisant une immense quantité de ces 
petits limaçons qui font un tort si grand aux jeunesplantes de 
toute espèce. 

Suivant Daudin, elles avalent aussi le frai des poissons d'eau 
douce, lorsqu'il vient nager trop près d'elles. 

Robert Townson a fait des expériences très -curieuses sur 
Ja faculté qu'ont les grenouilles d'absorber l'eau par la surface 
de lour corps. Il s'est assuré que ces animaux, au lieu déboire 
i'eau par la bouche , l'absorbent par le seul moyen de leur 



GRE §99 

|)caû; et qu'au lieu de la rendre parruréire, ils la rendent 
par la transpiration. Si l'on pose des grenouilles vivantes sur 
du papier mouillé , au bout d"unc heure et demie leur poids 
est doublé : c'est au moins ce qui résulte des observations de 
R. To^vnson et de Daudin. 

On trouve ordinairement ces reptiles sur la terre dans les 
lieux humides, parmi l'herbe des prés, sur le bord des fon- 
taines dans lesquelles ils s'élancent et plongent en lançant un 
peu d'eau par l'anus. Ils nagent bien et sans peine à l'aide 
de leurs pattes postérieures, dont les doigts sont réunis par 
une membrane; mais rarement ils se soutiennent entre deux 
eaux ; presque toujours on les voit au fond ou à la surface, 
et constamment, lorsqu'il fait beau, sur les bords. 

'Les grenouilles, lorsqu'elles sont en repos à terre, portent 
la tête haute, et alors leurs jambes de derrière sont repliées 
deux fois sur elles-mêmes , formant un angle de quarante-cing 
degrés avec la longueur de leur corps. 

Ces mêmes membres , munis de muscles puissans, et qui 
servent à les maintenir à la surface du liquide élément, leur 
donnent la faculté de s'élancer dans l'air à des distances con- 
sidérables. Il n'est personne qui n'ait vu les sauts, souvent de 
plusieurs pieds , que les grenouilles font à l'approche d'un 
danger réel ou imaginaire même , car elles sont très-timides. 

Leur marche consiste en une série de petits sauts rappro-» 
chés les uns des autres. Cette marche, du reste, paroit être 
pénible, parcequ'ellesnepeuventmouvoir que leurs membres 
antérieurs, et qu'elles sont presque obligées de traîner après 
elles ceux de derrière. 

Lorsqu'on les saisit par ceux-ci , leur tronc se redresse et 
se fléchit alternativement avec la plus grande rapidité, et 
telle est la force de leurs mouvemens que le plus souvent on 
est forcé de les laisser échapper: la matière gluante qui lu- 
bréfie leur peau , aide d'ailleurs alors les pattes à glisser entre 
les doigts. 

Ce n'est que pendant l'été que les grenouilles animent de 
leurs sauts vifs et légers les rives de nos ruisseaux, ou sil- 
lonnent en nageant la surface des canaux tranquilles, et celle 
des étangs. Fréquemment, à la suite des pluies chaudes de la 
lieile saison, ellesse répandent dana les campagnes, etseuibleui 



pressées les unes contre les autres dans des endroits où l'on 
n'en apercevoit point auparavant. C'est ce pliénomène qui a 
fait croire à l'existence de pluies de grenouilles , préjugé 
ancien et encore accrédité dans beaucoup de provinces. C'est 
ainsi qu'Elien raconte qu'allant de Naples à Pouzzoles , il ob- 
serva une pluie de cette nature [lib. ii , cap. 56). Aristote 
avoit noté ce fait , et même il semble faire de ces grenouilles 
qui paroissent subitement , une espèce particulière sous le 
nom de S'ioTrfjiiç, c'est-à-dire envoyée de Jupiter. 

Ces pluies de grenouilles, dont plusieurs autres auteurs en- 
core font mention, ont causé un grand embarras à ceux qui, 
regardant le phénomène comme réel, ont ;Voulu en expli- 
quer la cause. Cardan , dans son livre de Suhtilitate , avoit dit 
quec'éloient les grands vents qui emportoient les grenouilles 
de dessus les montagnes, et les faisoient tomber dans les 
plaines ; que le vent pouvoit enlever aussi des œufs de gre- 
nouilles , qui s'ouvroicnt enl'air; mais Scaliger (Erercif. 325 
ad Card. ) a démontré l'impossibilité de cette dernière cause ; 
car, dit-il , le premier produit de l'œuf de la grenouille est 
•un têtard et non une grenouille parfaite. D'ailleurs, si ces gre- 
nouilles ont. été engendrées dans les nues avec la pluie qui 
les amène, si même, par la vertu de celle-ci, elles se sont 
formées instantanément de la poussière qu'elle humecte, com- 
ment rendra-t-on raison des alimens qu'elles ont dans leur 
estomac , des excrémens qui remplissent leurs intestins ? Il 
faut donc croire , avec Redi, que leur naissance est antérieure 
à leur apparition; observation que ce savant italien a déve- 
loppée avec beaucoup de talent, mais dont l'honneur appar- 
tient primitivement au disciple d'Aristote ,Théophraste , qui 
vivoit sous le règne du premier Ptolémée , roi d'Egypte, et 
qui a écrit un Traité sur les animaux qui paroissent subitement , 
TTiù] T&f aSpoov (pitivofxivcùv f&)«f . Il demeure donc prouvé que 
la pluie les arrache seulement à la retraite où elles s'étoient 
tenues cachées. 

Les grenouilles font entendre un cri particulier très-sonore, 
auquel les François ont donné le nom de croassement ou de 
toassement , et qu'Aristophane a cherché à imiter par les con- 
sonnances inharmoniques brehehehex-coax , coax. C'est parti- 
culièremcut lor» des temps de pluie, et dans les jours chauds, 



GRE i|bt 

aiix heures où l'ardeur du soleil ne se fait pas sentir^ le soir et 
îe matin que les grenouilles aiment à coasser -. le bruit qu'elles 
font alors devient quelquefois insupportable. Aussi , pendant 
ia durée du régime féodal , et quand tous les châteaux étoient 
entourée de fossés pleins d'eau , étoit-il , en beaucoupde lieux , 
•rdonné aux vilains de battre , matin et soir, l'eau de tes 
fossés , afin d'empêcher les grenouilles de troubler le sommeil 
du seigneur ou de sa femme. 

Ce sont principalement les mâles qui coassent ; leur voix 
est beaucoup plus forte, à cause des deux sacs qu'ils portent 
sur les côtés du cou, et qui se dilatent quand l'animal crie» 
Nous avons parlé de ces sacs dans l'article précédent. Quant à 
lafemelîe, ellene fait que gonflersa gorge, etneproduitqu'une 
sorte de grognement assez foible. 

L'amour, chez les grenouilles , a aussi son accent propre : c'est 
Tin son sourd et comme plaintif, nommé ololo ou ololjgo par 
les Latins, d'après les Grecs , parce que la prononciation de 
ce mot imite le cri dont il s'agit. Comme celui-ci est propre 
aux mâles, les anciens les ont nommés otoljzontes. C'est au 
printemps qu'ils crient ainsi en cherchant leurs femelles 
pour s'accoupler. 

Enfin , ces animaux, quand on les saisit avec la main, ou qu'on 
les retient avec le pied, poussent un sifflement court et aigu. 

Aristote dit qu'à Cyrène , ville bâtie sur la côte d'Afrique, 
il n'y avoit anciennement pas de grenouilles croassantes {HisU 
anim., lib. viii , c. 28 ). Pline, après avoir raconté le même 
fait, avec cette circonstance qu'onyavoit porté du continent 
des grenouilles qui croassoient et qui s'y perpétuoient, ajoute 
que , de son temps encore, celles de l'île de Serpho , l'une des 
Cyclades, restoient muettes, et que si on les transportoit de 
cette île ailleurs , elles croassoient. Mais Tournefort assure 
qu'aujourd'hui les grenouilles de Sériphos, l'ancienne Serpho, 
ne sont pas plus muettes que celles des autres contrées (Voyage 
dans le Levant, t. 1 , p. i85). 

Linnœus et quelques autres naturalistes ont prétendu aussi 
que la grenouille rousse d'Europe n'avoit point de voix : cela 
est vrai lorsqu'elle est hors de l'eau ; mais Daudin certifie qu'au 
pi-irilemps elle jette quelques cris étouffés en se tenant au fond 
des mares. 



A02 GRE 

Dès que la saison des chaleurs est passée, et que l'atma- 
sphère se refroidit, les grenouilles cessent de se livrer à leur 
voracité naturelle, et ne mangent plus : lorsque le froid de- 
vient plus considérable, elles chercheat à se garantir de se» 
rigueurs en s'enfonçant dans la vase des eaux profondes , dans 
les trous des fontaines, et même quelquefois dans la terre. 
La quantité de celles qui se réunissent ainsi dans un même 
lieu , est souvent si considérable qu'elles couvrent le sol de 
l'épaisseur d'un pied , et qu'on en peut prendre des milliers 
en quelques instans. Elles s'entrelacent avec d'autant plus de 
force les unes dans les autres , qu'il fait plus froid ; ce qui sem- 
bleroit indiquer qu'elles trouvent dans leur rapprochement 
une augmentation de chaleur. 

Dans son Voyage à la Mer glaciale de l'Amérique, Hearne 
dit qu'il a trouvé maintes fois sous la mousse des grenouilles 
gelées, dont on pouvoit briser les pattes sans qu'elles don- 
nassent aucun signe de vie, et qui repreuoient le mouvement 
si on les exposoit à une douce chaleur. 

Les reptiles dont nous parlons passent ainsi l'hiver dans un 
état d'engourdissement profond. Malpighi pense que, pendant 
ce temps de retraite , ils sont nourris par une matière grais- 
seuse renfermée dans le tronc de la veine-porte : cette opi- 
nion est erronée; la graisse destinée à l'alimentation dans ce 
cas est contenue dans des espèces d'épiploons particuliers , 
dont 'nous avons donné une description détaillée à l'article 
Ckapaud. 

Mais cet état de torpeur, comparable à la mort, se dissipe 
en un moment, dès que les premiers jours du printemps 
commencent à luire. Aux premiers rayons du soleil, les gre- 
nouilles s'agitent déjà dans nos fontaines et nos marais, et 
ressentent le besoin de s'unir. Avant la fin des gelées même, 
on en trouve quelquefois d'accouplées au fond des eaux douces. 
Le moment de l'amour est annoncé dans les mâles par une 
verrue noire, papilleuse , qui croît aux pieds de devant: en 
même temps leur ventre se gonfle ; on trouve, en l'ouvrant , 
une masse de gelée blanche dans celui du mâle, et de grains 
noirs enveloppés de mucosité dans celui delà femelle. 

Si l'amour est prompt dans ses atteintes chez ces reptiles , il 
est lent dans ses effets j l'accouplement dure plusieurs jours , 



GR.E 4o5 

et quelquefois même quiuz.e ou vingt. Bartholin ne Ta vu iinir 
qu'au quarantième jour. Danscetaccouplement, le mâlemonte 
sur le dos de la femelle, passe ses jambes antérieures sous les 
aisselles de celle-ci, et les alonge sous son thorax de manière 
à en croiser les doigts. Il la lient ainsi étroitement serrée 
sous lui, nageant avec elle, de manière à ce que la partie 
postérieure de son propre corps déborde un peu celui de la 
femelle. Ses pattes grossissent beaucoup , deviennent roides 
et courbes , et il n'est plus en son pouvoir de se séparer de 
sa femelle. On a, dit-on, en pareille circonstance coupé la 
tête à un mâle sans qu'il ait cessé de remplir sa destination , 
c'est-à-dire de féconder les œufs; mais si on lui enlève les 
caroncules de ses pouces, il ne peut plus se maintenir en 
position, comme l'a observé Roësel. 

Toujours l'accouplement qui n'a lieu qu'une fois par an, se 
termine par la sortie des œufs du corps de la femelle. Au mo- 
ment même de cette sortie , ils sont arrosés par la liqueur 
fécondante du mâle. Quelques heures après que l'opération 
est terminée, le mâle se sépare de sa femelle; et, au bout 
d'un à deux Jours, ses pattes ont repris leur souplesse habi- 
tuelle. 

Constamment les œufs des grenouilles sont abandonnés dans 
les eaux, et flottent à leur surface, tandi» que ceux de la 
plupart des crapauds sont déposés sur la bourbe. Ils sont liés 
en chapelet les uns aux autres. 

Leuwenhoëck, Gautier, Roësel, Spallanzani, Daudin et 
beaucoup d'autres auteurs ont été témoins de toutes les cir- 
constances de l'accouplement des grenouilles. Tous ont vu le 
sperme sortir de l'anus du mâle, et se sont assurés que les 
callosités des pouces antérieurs ne servent aux mâles qu'à favo- 
riser le passage des œufs dans les oviductes de la femelle. Com- 
ment donc un ancien professeur de Leipsick , Frédéric Ment- 
zius,a-t-il pu débiter de sang froid , sur l'usage de ces pouces, 
un conte vraiment absurde? Il a prétendu en effet que, pen- 
dant l'accouplement , la liqueur séminale sortoit des caron- 
cules qui garnissent les pouces, entroit dans la poitrine de la 
femelle, et parvenoiî aux ovaires par une voie inconnue. 

Arisîote a aussi eu tort d'avancer qu'il y avoit une intro- 
missioa de la part du mâle dans les organes de la femelle. Il 

3£. 



404 GîlE 

n'existe point de verge , et cette intromission est impossiblffi 

Mais ces erreurs sont bien pardonnables, en comparaisoa 
des fables ridicules répétées par Pline et par Cardan, sur la 
reproduction des grenouilles. Ces auteurs prétendent que 
tous les six mois elles se fondent en une sorte de limon , et 
qu'au printemps elles renaissent d'elles-mêmes dans les eaux. 

Nous ne Suivrons point ici l'œuf dans les diverses périodes 
de son développement; nous n'examinerons point les diffé- 
rentes métamorphoses que le germe qui en sort subit avant 
de devenir grenouille. Cette matière intéressante se trouve 
traitée naturellement aux articles Reptiles et Têtard. 

Les grenouilles sont extrêmement multipliées. Rarement 
Taccouplemeut a lieu chez elles sans fécondation : Daudin n'a 
observé ce fait qu'une fols sur onze-, dans cette circonstance , 
le mâle, après de violens efforts, troubla l'eau où il étoit 
par une abondante émission de semence, et se sépara presque 
aussitôt de sa femelle. 

En outre, chaque femelle pond annuellement de six cents 
à douze cents œufs. Swammerdam , en effet, en a compté 
onze cents (BIbl. nat. ) , et Guénaud de Montbeillard jusqu'à 
treize cents dans une seule grenouille (Histoire des Oiseaux, 
tom. XIII ) , et celle-ci peut vivre un grand nombre d'an- 
nées lorsqu'elle est assez heureuse pour échapper à la dent ou 
au bec de ses ennemis. 

Ces ennemis sont fort nombreux: quantité de quadrupèdes^ 
d'oiseaux, de reptiles, de poissons vivent habituellement aux 
dépens des grenouilles : les couleuvres , les brochets, les vau- 
tours, les cigognes en détruisent un grand nombre ; sans ce» 
dernières spécialement l'Egypte en seroit couverte. I/homrne 
même, dans quelques contrées, les recherche comme un ali- 
ment sain et agréable ; et elles n'ont d'autre moyen de défense 
que le fluide qu'elles lancent par l'anus, et qui n'écarte que 
bien peu ceux qui les approchent avec des intentions hostiles. 

Selon quelques auteurs , Roè'sel en particulier, pendant 
l'été les grenouilles muent tous les huit jours; mais à chaque 
mue elles ne perdent que leur épiderme uniquement. Daudin 
a souvent observé qu'elles changent de couleur et se rem- 
brunissent lorsqu'elles sont effrayées, comme quand elles se 
titruvent eu présence d'uue couleuvre. 



GRE 2to5 

Les grenouilles ne peuvent se reproduire qu'à la troisième 
ou quatrième année de leur existence. Il est probable qu'elles 
doivent vivre fort long-temps; mais on ne sait rien de bien 
positif à cet égard. 

On a trouvé des grenouilles vivantes dans des eaux ther- 
males qui surpassoient le trente-cinquième degré de chaleur 
du thermomètre de Réaumur. Spalîanzani cite pour exempte 
le témoignage d'un de ses amis , qui en a vu de vivantes dans 
les bains de Pise, quoiqu'elles y soient exposées à une tempé- 
rature de 37°+o I^* 

C. Usages des grenouilles en général. 

Nous avons déjà compté l'homme parmi les ennemis dei 
grenouilles , qui fournissent des mets à sa table dans certains 
pays; car, dans quelques autres, comme en Angleterre, ou 
les a en horreur. 

En France, on en fait une grande consommation , et on les 
pêche de plusieurs manières , ou avec des lignes et des trubles, 
commepour les poissons, ou à l'aide d'un râteau qui les amène 
avec la vase sur le bord des ruisseaux. Quelquefois on va à 
leur recherche pendant la nuit et avec des flambeaux dont la 
lumière les attire. 

C'est en automne , au moment où elles viennent de se plon- 
ger dans les eaux où elles doivent passer l'hiver, que leur 
chair est surtout recherchée , parce qu'alors elle est plus 
grasse et d'une saveur plus délicate. Néanmoins on en mange 
une plus grande quantité au printemps qu'en toute autre sai- 
son ; c'est l'époque où il est plus facile de les prendre. 

On cite des endroits où l'on met en réserve des grenouilles 
dans des jardins garnis de pièces d'eau, et clos de murs, pour 
pouvoir en vendre en tout temps aux amateurs. Il y a une 
centaine d'années qu'elles étoient fort à la mode à Paris; un 
Auvergnat, nommé Simon, fit une fortune considérable en 
engraissant dans un faubourg de cette ville celles qu'il faisoit 
ramasser dans son pays. Aujourd'hui nous en mangeons beau- 
coup moins; mais on en trouve pourtant constamment dans 
nos marchés. Ceux des villes d'Italie en sont couverts pendant 
i;ine partie de l'année. 

I*es Romains paroissent avoir fait p€u d'usage de cet ali- 



4o6 GRE 

ment. Galien n'en parle point flans scsouvrages ; l(^s médecins 
du moyen âge se sont , pour la plupart , opposés à sou intro- 
duction, et lui ont attribué des propriétés délétères. Aetius et 
Jean Rodriguez de Casteîlobranco , que nous nommons si im- 
proprement Arnatus Lusitanus , se sont surtout prononcés dans 
ce sens. D'autres ont voulu établir une distinction des gre- 
nouilles en vénéneuses et en innocentes; et, parmi eux, nous 
devons compter Matthioli et le célèbre Ulysse Aldrovandi. 
Ce dernier indique même, d'après un certain Scappius , un 
grand nombre de préparations culinaires délicates, dont les 
grenouilles font la base; mais nous aimons mieux renvoyer le 
iecteur curieux à son ouvrage, que de donner ici une idée 
tronquée de ces divers mets, pour lesquels l'art des cuisiniers- 
semble avoir épuisé ses finesses. 

Au seizième siècle, les grenouilles étoient servies sur les 
meilleures tables. Champier se plaint de ce goût qu'il regarde 
comme bizarre. Il paroit pourtant que ce n'éfoit pas une cou- 
tume bien ancienne, puisqu'en i55o, l'auteur des Devis sur 
lavigne^ dit qu'il se rioit de Perdix quand on lui apporta des 
grenouilles en façon de poulletz fricassez ; et que, trente ans plus 
tard, Palissy, dans^ son Traité des Pierres , s'exprime ainsi : 
Et de tnon temps j^ai veu qu''il sefust trouvé bien peu dliommes qu i 
eussent voulu manger ni tortues ni grenouilles. 

En Allemagne, on mange toutes les parties de ces animaux , 
la peau et les intestins exceptés; en France on se borne aux 
membres postérieurs , qu'on accommode au vin comme le 
poisson, ou à la sauce blanche ; quelquefois on les fait frire ; 
on les met même à la broche. 

Les cuisiniers ne sont point les seuls qui aient su mettre 
à profit la chair des grenouilles pour le bien-être de l'homme. 
Les médecins ont depuis long-temps su tirer parti de ces rep- 
tiles dans le traitement des maladies. On prépare avec eux 
des bouillons rafraîchissans, humectans, analeptiques et anti- 
scorbutiques , que l'on ordonne dans les phlegmasies aiguës de 
la poitrine, dans la phthisie 'pulmonaire, dans les entérites, 
dans les maladies cutanées. 

Mais si ces bouillons sont réellement de quelque utilité 
dans Us cas que nous venons de spécifier, à combien de sot- 
tise* de la part d'un grand nombre de médecins, les gre- 



GRE 407 

nouilles n'ont-elles pas donné occasion P Qui peut voir sans 
honte Timothée faire appliquer soir et matin des grenouilles 
fendues sur les reins des hydropiques, pour attirer au dehors 
la sérosité épanchée dans leur abdomen ? 

Commentcroire,avecDioscoride,que lachair de grenouille, 
cuite avec du sel et de l'huile , soit l'antidote du venin des 
serpens, ou, avec Arnould, que le cœur de cet animal, pris 
chaque matin en guise de pilule, ait pu guérir une fistule de 
l'épigastrc, qui, avoit résisté à beaucoup d'autres remèdes? 

Qui ne rougit pas en apprenant qu'on a recommandé contre 
Tépilepsie le foie de grenouille, calciné au four sur une feuille 
de chou entre deux plats, et avalé dans de l'eau de pivoine P 

N'oublions pas cependant de dire que le frai de grenouille 
peut être employé avec quelque avantage dans les inflamma- 
tions extérieures , comme émoUient et adoucissant. Il s'est 
montré utile contre l'érythème , les ophthalmies aiguës, etc. 

On trouvoit aussi anciennement , dans les officines des phar- 
maciens, une huile de grenouilles dont l'usage esta peu prés 
généralement abandonné aujourd'hui. On connoît également 
un emplâtre de grenouilles dont on doit la composition au 
chirurgien Jean de Vigo. 

D. Des dii'erses espèces de grenouilles, 

Klein, qui a séparé les grenouilles des crapauds, en a dé- 
crit quelques espèces étrangères, de même que Seba et Ca- 
tesby. Linnaeus n'en a que peu étendu le catalogue, compa- 
rativement à ce qu'ont fait les modernes. M. Latreille a fait 
connoître une douzaine de véritables grenouilles dans son 
Histoire naturelle des Reptiles, et feu Daudin en a porté le 
nombre au moins au double. 

Nous allons jeter un coup d'oeil sur les espèces les plus re- 
marquables du genre. 

La Grenouille COMMUNE ou VERTE, Rana esculenta , Linnœus. 
D'un beau vert tacheté de noir ; trois raies jaunes sur le dos ; 
ventre jaunâtre , ponctué de brun ; trois bandes noires en tra- 
vers des bras, des jambes, des cuisses et des tarses. 

La ièie de la grenouille commune est triangulaire ; son nez 
un peu pointu ; sa bouche très-fendue ; ses yeux sont saillans, 
et leur iris est d'un beau jaune doré. 



4o8 CRE 

Le corps est alongé, marqué ovr} pli saillant longitudinal, 
comme cuivré , sur les côtés du dos ; les lianes sont corn-» 
primés. 

La peau est parsemée de petits tubercules, principalement 
sur le dos et sur les flancs ; elle est seulement granulée sous 
l'abdomen et les cuisses. 

Les doigts des pieds antérieurs sont libres et séparés-, ceux 
des postérieurs sont demi-palmés. 

Cette espèce est longue de deux à trois pouces , sans 
compter les pattes postérieures. On la trouve assez abondam- 
ment dans les eaux stagnantes de toute l'Europe et de l'Asie v. 
elle va rarement à terre, et ne s'écarte jamais des rivages ; 
immobile à fleur d'eau , ou posée sur quelque plante aqua- 
tique, elle fait entendre en été un coassement des plus im- 
portuns. 

Elle répand ses œufs en paquets dans les mares. 

Ses cuisses sont très-recherçhées des amateurs de la bonne 
chère: on en fait une consommation considérable à Vienne, 
çù on les engraisse dans des grenouillères ou piscines cons- 
truites exprès. 

On en prend souvent, dans les grandes chaleurs de l'été, 
avec une ligne amorcée d'un petit morceau d'écarlate , auquel 
on impi'ime des mouvemens qui lui donnent l'apparence d'un 
être vivant. 

Cette espèce présente plusieurs variétés que Daudin a in- 
diquées avec soin : l'une d'elles a servi à Spallanzani , dans 
sts expériences sur la génération. Elle a le dos d'un vert uni- 
forme , et elle habite les rivières et les fossés de la Lombar- 
die. Une autre a le bord des lèvres noir, des taches noires, 
arrondies sur les flancs, par des taches sur le dos, et le ventre 
entièrement blanc. Van Ernest l'a observée en Hollande. Une 
troisième est d'un vert sombre avec des bandes transversales 
brunâtres sur les membres; elle a été trouvée par Daudin. 
aux environs deBeauvais. Une quatrième habite la Provence, 
et se distingue par son ventre roussâtre. 

La Grenocillb rousse : Rana temporaria , Unnéeus ; Rana^ 
muta, Laurent! ; la Muette , Daubenton, Rousse ou brune, ou 
verdàtre en dessus; une bande noire triangulaire partant de 
Ta-'il , et passant sur Toireille; ventre blanc, tacheté de brun. 



GRE '409 

La grenouille rousse a le nez un peu obtus; ses yeux, un 
peu saillans, ont un iris d'un jaune <loré ; le milieu du dos est 
légèrement bossu, La peau, presque lisse, a quelques petite 
tubercules sur le dos, et est granulée sous l'abdomen e<t les 
cuisses. 11 y a trois bandes transversales foncées sur les bras , 
les cuisses, les jambes et les tarses. 

Les doigts des pattes antérieures sont libres ; ceux des pos- 
térieures , palmés. 

On trouve assez communément cette espèce dans toute 
l'Europe, et l'on ne sauroit la confondre avec la précédente 
dont elle difiFére par les couleurs et par les habitudes. Elle 
préfère les lieux boisés et montagneux , et recherche les prés 
et les jardins pendant la belle saison. On la rencontre le plus 
ordinairement à terre dans ce moment de l'année, et, tandis 
que la grenouille commune abandonne rarement le sein des 
eaux dormantes, il faut chercher celle-ci parmi les buissons 
et les plantes à hautes tiges, et loin des rivages. 

Quelques auteurs l'ont appelée la muette, parce qu'elle ne 
coasse point ; cependant, lorsqu'elle est accouplée, ou qu'on 
la tourmente, elle fait entendre une sorte de grognement. 

Daudin, à la vérité, a observé qu'elle coasse, mais seule-. 
ipnent au fond des eaux, ce qui est le contraire des autresr 
espèces. 

Elle a aussi la faculté de lancer par Tanus une liqueur acre 
et bien plus abondante que celle de la grenouille commune. 

Aux approches de l'hiver, elle se retire dans les fontaines 
et les étangs d'eau pure : elle ne va que par nécessité abso- 
lue dans les mares et les étangs bourbeux ; elle ne s'enfonce 
point dans la vase comme la précédente : aussi en prend -on 
beaucoup durant l'hiver, en faisant des trous à la glaee. 

Elle ne fait sa ponte qu'après la précédente, et le déve- 
loppement de son têtard est plus lent. 

C'est celte espèce qu'on mange le plus communément dans 
le centre de la France. Les cuisses en sont aussi bonnes à man- 
ger en fricassée que celles de la grenouille verte. 

Cojnme la précédente elle offre plusieurs variétés que l'on 
rencontre assez habituellement aux environs de Paris. 

La Grenouille ponctuée ; Rana punctata, Daudin. Cendrée , 
parsemée de points verts en dessus, avec des bandes traps- 



4^o GRE 

verses sur les pieds, dont tous les doigts sont sépares au moins 
jusqu'à la moitié de leur longueur; point de tachenoire der- 
rière les yeux , point de pli sur les flancs; taille d'un pouce 
environ. 

Cette petite grenouille a le corps svelte et couvert d'un 
grand nombre de verrues vertes , à centre plus foncé. 

Elle a été décrite, pour la première fois, par Daudin qui 
î'avoit reçue de notre estimable collaborateur, M. Defrance. 
Assez rare en France, sa patrie, on la trouve cependant 
quelquefois aux environs de Paris, de Montpellier et de 
Beauvais. Dans un voyage que je fis à Nantes avec M. le pro- 
fesseur Duméril , mon excellent maître, nous en avons pris 
un individu dans le jardin botanique de cette ville. 

Daudin assure que cette espèce est susceptible de changer 
de couleur quand on l'effraie. Il croit que , comme la gre- 
nouille rousse, elle peut aussi faire entendre des coassemens 
lorsqu'elle est au fond des eaux. 

La Grenouille plissée ; Rana plicata , Daudin. Brune en des- 
sus, grise en dessous et sur les flancs ; deux plis sur chaque 
flanc; quatre points bruns sous la poitrine et les bras : doigts 
des pieds de devant séparés ; ceux des pieds de derrière à 
peine demi-palmés ; corps élancé ; tête triangulaire , obtuse , 
un peu aplatie ; dos, flancs et partie postérieure du ventre 
granuleux , ou même tuberculeux ; taille d'un pouce environ. 

Cette grenouille habite dans les provinces les plus méri- 
dionales de la France. On la trouve souvent auprès de Mont- 
pellier. 

La Grenouille criarde: Rana clamitans , Bosc ; Rana cla- 
mata, Daudin. D'un cendré obscur parsemé de points noirs 
en dessus; ventre et dessous des membres d'un blanc argenté, 
tacheté de brun principalement sur les côtés -, lèvre supérieure 
verte; pieds postérieurs palmés; tête obtuse; irisdoré; dessus 
du corps légèrement tuberculeux ; des bandes ti'ansversales , 
brunes et à peine distinctes sur les membres; taille de deux 
pouces. 

Cette espèce a été trouvée par M. Bosc dans les eaux douces 
de la Caroline, aux environs de Charlestown. Sa nuance ob- 
scure la fait ressembler à un crapaud; mais on l'en distingue 
bientôt à l'extrême vivacité de ses mouvemens ; c'est la plus 



GRE 4'i 

vive des grenouilles coiinues , et il est frès-difficile de la re- 
prendre quand Une fois on l'a laissé échapper. 

Elle coasse continuellement d'une manière insupportable : 
elle ne s'éloigne guère des rivages; et, quand on va pour la 
saisir, elle s'élance dans les eaux en jetant un cri aigu. 

La Grenouille galonnée: Rana typhonia , Daudin ; Rana 
virginiana , Laurentij Rana marginata, Linnaeus; Banafusca, 
Schneider. Cendrée ou rougeàtre , avec de petites tache* 
brunes, et cinq ou trois lignes longitudinales d'un blanc jau- 
nâtre sur le dos ; ventre blanchâtre ; tête triangulaire , un 
peu comprimée sur les cotée , avec la mâchoire supérieure 
plus longue; yeux saillans ; une vessie vocale grisâtre, ex- 
tensible, sous chaque côt.é de la mâchoire inférieure, et pro- 
longée jusqu'au-dessus des bras dans le mâle. 

Les flancs sont munis de quelques verrues. 

Tous les doigts sont minces, séparés et munis d'un petit tu- 
bercule sous chaque articulation des phalanges, 

La femelle n'a point de vessie vocale. 

Cette grenouille, de la taille de deux pouces environ , 
ressemble assez bien pour la forme à la grenouille commune. 
Elle habite les eaux douces et les prés de Surinam et de 
Cayenne, où très-souvent elle devient la proie desserperis. 

La Grenouille ROSÉt; ; Rana rnhella , Daudin. Couleur de 
rouille en dessus, avec trois lignes noirâtres longitudinales 
sur le dos, et une tache triangulaire blanchâtre sur le front; 
une tache d'un rouge foncé sur le tympan; pattes postérieures 
légèrement palmées. Taille de quinze lignes. 

Il existe, dans les Galeries du Muséum d'Histoire naturelle 
de Paris, un individu de cette espèce de grenouille , dont on 
ignore la patrie. Daudin lui a donné le nom françois de gre- 
nouille Tougette. 

La Grenouille tachetée ; Rana maeulata, Daudin. Grise , 
avec un carré d'un vert clair sur la tête; une tache verte , 
ronde sur chaque épaule; ventre blanchâtre marqué de lignes 
noirâtres; dos d'un brun rougeàtre-, une ligne jaunâtre sur 
les flancs. Cette grenouille , longue d'un pouce, a la tête assez 
grosse; le nez pointu; les yeux saillans ; la forme de la gre- 
nouille ponctuée. 

Elle a été trouvée par Maugé, sous des feuilles humides , 



41^ GRE 

dans les montagnes de l'ile de Porto-Ricco, l'une des Antilles, 
et décrite par Daudin pour la première fois. 

La Grenouille -TAUREAU; Rana taurina , Cuvier.- Rana pi- 
piens^ Linnœus, Daudin; la Mwgissarate, Daubenton, Lacépède^ 
Dos d'un vert sombre, marbré de noirâtre, et parcouru dans 
sa partie moyenne par une ligne longitudinale jaune; ventre 
d'un gris blanchâtre, parsemé de taches noirâtres; (tympan 
très-large, brunâtre, entouré d'un cercle jaunâtre, un peu 
cuivreux. 

Cette grenouille est une des plus grandes espèces du genre; 
large de trois à quatre pouces , elle en a six ou huit de lon- 
gueur, sans y comprendre les pattes ; lorsqu'on mesure celles-ci 
étendues, la longueur totale peut être de dix-huit pouces. 

Elle habite l'Amérique septentrionale, et surtout la Caro- 
line; elle est un peu plus rare dans la Virginie. 

Dans cette dernière contrée, elle se tient souvent à l'entrée 
de son trou qui est placé près de l'eau de quelque fontaine ^ 
où elle se précipite dès qu'elle entend quelqu'un s'approcher. 

Les habitansde la Virginie appellent cette grenouille bull- 
frog^ c'est-à-dire grenouille-taureau, et n'osent point la 
tuer, parce qu'ils prétendent qu'elle sert à purifier l'eau Qu- 
elle vit. En Pensylvanie, on lui donne le nom de'shad-frog ^ 
ou de grenouille alose , parce qu'elle paroît en même tempi 
que les aloses dans le printemps. 

Catesby afîirme qu'elle imite très-bien le mugissement d'un 
taureau, et avec plus de force lorsqu'elle est au fond de l'eau. 
Pendant les soirées d'été et les temps secs , elle fait beaucoup 
de bruit. Elle est très-friande des jeunes canards et des oi- 
sons qu'elle avale en entier. Selon le voyageur Bartram, elle 
va chasser loin de sa retraite, et elle abonde dans les rivières, 
les marais et les lacs des régions méridionales. 

Comme, au reste, elle est d'une voracité proportionnée à 
sa grosseur, il est rare d'en trouver plus d'un couple dans? 
chaque mare. 

Elle est extrêmement dilïïcile à prendre. Ce n'est guère 
que la nuit, lorsqu'elle s'écaïte un peu de sa retraite, que le 
hasard peut en procurer quelqu'individu. 

Lorsqu'elle est sur un terrain uni , elle fait des sauts de- 
tix h huit pieds. 



GRE 4iâ 

ïl paroît que la grenouille mutfissante a été confondue par 
!a plupart des naturalistes avec les ^grenouilles ocellée , criarde 
tt grognante , sans doute à cause du nom anglo-américain, 
bull-frog, qui leur est commun à toutes. Peut-être aussi faut-il, 
avecDaudin , rapporter ici provisoirement la grenouille cloche 
des Etats-Unis d'Amérique, dont a parlé le voyageur Ijartram. 
Sa voix ressemble exactement au son d'une de ces clochettes 
qu'on met au cou des vaches. Elle coasse ordinairement par 
bandes, dont l'une commence et l'autre réponde Le son se ré- 
pète ensuite de troupe en troupe , jusqu'à une grande dis- 
tance pendant quelques minutes ; il s'élève et diminue sui- 
vant l'intensité du vent qui l'apporte ; il cesse ensuite presque 
tout-à-fait, ouseprolonge dans le lointain par d'autres troupes 
^ui répondent aux premières; il se renouvelle de moment 
en moment , et lorsqu'on y est accoutumé, on ne le trouve 
point sans quelque harmonie , quoique d'abord il paroisse 
importun et désagréable aux étrangers. 

La Grenouille grognante ; Raha grunniens, Daudin. Grande, 
bleuâtre, brune ou rougeàtre , avec des taches ou des points 
oblongs et jaunes derrière les yeux ; pattes postérieures lar- 
gement palmées. 

Ce batracien est au moins de la taille de l'espèce précé» 
dente. Daudin pense qu'il a été vu par Bartram dans la Flo- 
ride et dans la Caroline, dans les marais humides , sur les 
bords des lacs et des grandes rivières, où il fait entendre 
une voix forte et déplaisante , assez semblable au grognement 
d'un porc, mais moins retentissante que celle de la grenouille 
mugissante. 

Les Anglois appellent &«W-:/''og cette énorme grenouille, que 
nos colons des Antilles désignent improprement par le nom 
de crapaud. On la retrouve dans la plupart des îles des Indes 
occidentales, où elle a été observée avec beaucoup de soiu 
par M. le chevalier Moreau de Jonnès , et la dénomination 
de crapaud lui a été donnée , parce que , dans ces îles, elle 
habite les lieux ombragés et humides ^ comme nos crapauds 
de France , et non pas les eaux stagnantes comme nos gre- 
nouilles. 

Elle ne sort de son repaire que la nuit. Sa force est telle 
qu'elle franchit, en sautant, un mur de cinq pieds de hauU 



4^4 GRE 

La saison sèche lui donne beaucoup de torpeur; mais elle re-> 
prend sa vivacité avec la saison des pluies. 

On l'élève en domesticité aux Antilles pour l'usage de la 
table; elle devient assez familière; sa chair est blanche et 
délicate ; on la prépare en fricassée de poulet , et deux gre- 
nouilles grognantes suffisent pour composer un bon plat. 

Le Romain en a parlé, dans l'Encyclopédie de Diderot, sous 
le nom de crapaud des Antilles. 

La Grenodille ocellée: Rana ocellata, Linnaeus; Rana pen- 
tadactj'la , Gmelin. D'un brun rougeàtre en dessus avec des 
taches rondes, brunes, ocellées de jaunâtre, et irrégulières, 
sur les flancs et les cuisses; ventre blanchâtre. 

Un petit pli part de l'œil, et se prolonge au-dessus de chaque 
flanc. 

Les pattes antérieures ont quatre doigts séparés et un callus 
près du petit doigt; les postérieures sont demi-palmées. Tous 
les doigts sont munis en outre en dessous d'une petite callo- 
sité sous chaque articulation des phalanges. 

Les yeux et les tympans sont disposés comme dans la gre- 
nouille mugissante. 

On trouve la grenouille ocellée dans la Floride et dans 
quelques contrées de l'Amérique méridionale. Elle a été 
confondue par plusieurs naturalistes avec la mugissante, à la- 
quelle elle ne le cède point en volume , ayant de six à huit 
pouces de longueur, sans y comprendre les pattes. 

La Grenouille piaulante : Jlana halecina , Kalm, Daudin ; 
Rana pipiens, Schneider, Gmelin-, Grenouille pitpit, Bonnaterre. 
Corps vert en dessus avec des taches brunes ocellées de jaune 
sur le dos ; ventre blanc ; yeux saillans à iris d'un jaune doré ; 
tympans d'un doré éclatant; une ligne blanche entre chaque 
oeil etle nez; une ligne longitudinale jaune au-dessus de chaque 
flanc. 

Cette espèce ressemble beaucoup à la grenouille commune-, 
mais elle est plus petite, son corps ayant rarement plus de 
deux pouces de long, et son museau est bien plus pointu. 

Elle est ibrt commune en Caroline, où elle fatigue par ses 
continuels coassemens, et où l'on prétend qu'elle annonce les 
pluies lorsqu'elle fait entendre , pendant les nuits du prin- 
temps, ses cris qui imitent des ])ipemens. Elle va rarement k 



GRE 4^? 

terre , où elle fait des sauts rapides qui peuvent avoir de 
quinze à dix-huit pieds d'étendue. Ses mœurs sont du reste 
celles de la grenouille commune, ainsi que s'en est assuré 
M. Bosc dans son pays natal. 

La Grenouille tigrée; Rana tigerina, Daudin. D'un gris 
brun en dessus, avec une ligne longitudinale jaune, allant du 
nezàTanus-, des taches brunâtres, tigrées et bordées de jaune 
sur les membres, avec le derrière des cuisses jaune tigré. 
Taille de cinq pouces, non compris les pattes, dont les posté- 
rieures sont palmées. 

La tête de cette grenouille est aplatie, alongée; son museau 
est pointu, ses yeux sont peu saillans. 

Cette belle espèce a été envoyée par le naturaliste Macé, 
du Bengale au Muséum d'Histoire naturelle de Paris. 

La Jackie : Rana paradoxa, Linnaeus; Proteus raninus , Lau- 
rent! : Daudin, pi. xxii et xxiii. Verdâtre, tachetée de brun 5 
des lignes irrégulières brunes le long des cuisses et des jambes. 

La jackie, qui a de deux à trois pouces de longueur, res- 
semble beaucoup à la grenouille rousse ; mais elle est plus 
lisse et sans plis. On la trouve à Surinam et dans d'autres con- 
trées de l'Amérique méridionale, comme Cayenne. 

De toutes les espèces du genre , c'est celle dont le têtard 
grandit le plus avant sa métamorphose complète. La perte 
d'une énorme queue et des enveloppes du corps fait même 
que l'animal adulte a moins de volume que le têtard, ce qui 
a induit en erreur mademoiselle Mérian , Seba et quelques 
autres anciens observateurs, qui ont cru que la jackie passait 
de l'état de grenouille à celui de têtard, et qu'elle se trans- 
formoit ensuite en poisson. Cette erreur, qui fut long-temps 
consacrée , est aujourd'hui complètement réfutée. 

La Grenouille arunco; Rana arunco , Gmelin. Des verrues 
sur tout le corps ; tous les pieds palmés. 

Cette espèce est plus grande que la grenouille rousse, dont, 
au reste, elle a la couleur. 

EUevitdansleseauxdu Chili, où elle a été découverte par Mo- 
lina. Les habitans d'Arunco la nomment genco , selon cet auteur. 
La Grenouille thaul: Rana thaul , Molina , Schneider, 
Daudin ; Rana lutea, Gmelin. Peau jaune, couverte de ver- 
rues; tous les pieds demi-palin<:'s. 



4î5 GrilË 

Cette espèce est nommée thaul par les habitans d'Arunco ) 
selon Molina, qui l'a trouvée dans les eaux du Chili. Elle est 
beaucoup plus petite que Ja grenouille commune ; mais elle 
a une l'orme presque semblable. 

M. Schneider soupçonne qu'elle est indiquée dans la Cûl- 
lection d'Houttuyn, u.° 120, sous le nom de grenouille papil- 
leuse. (H. C.) 

GRENOUILLE DE MER ( Jc?i//f>oL) , un des noms vul- 
gaires de la Baudroie , lophius piscatorius. Voyez ce mot. 
(H.C.) 

GRENOUILLE PÊCHEUSE {Ichlhyol.) , un des noms vuU 
gairesdelaBAroROiB. Voyez ce mot. [H. C.) 

GRENOUILLER. (Ic/iZ/yo/. ) Poisson du genre Batrachoïde 
de M. de Lacépède. Feu Daudin en a donné l'histoire dans le 
quatrième volume de ce Dictionnaire. C'est le blennius raninus 
de Linnaeus. Voyez Batrachoïde. (H. C.) 

GRENOUILLETTE. (iJof.) Ce nom a été donné à plusieurs 
espèces de renoncules, et particulièrement à la renoncule 
acre, à la renoncule tubéreuse, à la ficaire et à la morène» 
(L.D.) 

GRENOUILLETTE (Ërpét.) , nom vulgaire de la raine verte. 
Voyez Raine. ( H. C. ) 

GRENOUILLETTE {ConckyL), mom marchand du murex 
Syrinus de Linnœus, et dont M. Denys de Montfort a fait son 
genre Apollon. (Voyez ce mot, Suppl. dusecond vol., p. io5.) 
On le donne aussi quelquefois à une autre coquille , fort 
rapprochée de la précédente, que M. Denys de Montfort ai 
établie en genre, sous la dénomination de Bujfo , Crapaud. 
Voyez ces mots , Suppl. , tom. 5 , et Ranelle , nom que M. de 
Lamarcka donné depuis à ce genre. (De B.) 

GRENOUILLETTE AQUATIQUE. {Bot.) C'est la renoncule 
scélérate. (L. D.) 

GRENY. (Ornith.) Suivant Gesner et Aldrovande, les Alle- 
œandsuies environs du lac de Constance appellentainsi le héroa 
commun , scolopax arcuata , Linu. ( Ch. D. ) 

GREOU. (Bot.) On donne, dans quelques cantons, ce nom 
au houx. ( L. D. ) 

GRÈQUE. {Erpét.) Voyez Grecque. (H. C.) 

GRÈS. (Mai.) L'on a réuni pendant long-temps, sous la 



dénomination générale de grès, une foule de roches que l'on 
^n sépare soigneusement aujourd'hui, llsuflisoit qu'une pierre 
fût composée de grains de quelque nature que ce fût, que 
ces grains fussent homogènes ou dissemblables, qu'ils fussent 
réunis par cohérence ou par un ciment, rien n'empêchoit de 
1-es ranger au nombre des grès : aussi avions-nous des grès 
micacés , des grès calcaires, des grès schisteux, des grès gra- 
nitoïdes, des grès des houillères, etc. L'on a conservé le nom 
de grès, parce qu'il est reçu depuis long-temps , et qu'il n'offre 
aucune idée contraire à la nature des pierres qu'il désigne; mais 
on a diminué le nombre de ses variétés, afin que l'espèce ne 
comprît plus que des substances essentiellement semblables. 

Maintenant, la pierre à laquelle on donne ce nom, ej>t 
composée de très-petits grains de quarz agglutinés par 
i»n ciment le plus souvent invisible; elle jouit donc de tous 
les caractères du quarz pur , excepté sa cassure, qui n'a plus 
l'aspect vitreux, à cause^de l'arrangement particulier des mo- 
lécules ou des grains dont cette roche est essentiellement 
composée. Cette cassure, toujours grenue, devient quelque- 
fois écailleuse, luisante, et même conchoide. Je ferai re- 
marquer, d'après M. Menard de la Groye, que les grès qui 
jouissent de cette cassure presque vitreuse, présentent un 
ciment quarzeux très-sensible à la loupe, et qui rend les grains 
excessivement adhérens les uns avec les autres. La dureté du 
grès est la même que celle du quarz : il est vrai que le peu 
de cohésion empêche quelques variétés d'étinceler sous le 
choc de l'acier, maison reconnoît leur dureté en les frottant 
sur le verre, qu'ils dépolissent; et, comme leur poussière 
ïi'attaque point lebéril, ce caractère très-simple suffit pour 
empêcher que l'on ne confonde l'émeril avec les grés propre- 
ment dits, puisque cette substance, infiniment plus dure 
qu'eux, attaque tous les corps, excepté le diamant. 

Le grès, réduit aux roches ci-dessus désignées, présente 
encore un grand nombre de variétés qui passent de l'une a 
l'autre par des nuances insensibles ; et ces mêmes variétés 
se fondent, pour ainsi dire, dans le quarz ferrugineux, le 
silex corné, et surtout dans le psammite, qui est l'ancien 
grès des houillères. Voici les principales de ces variétés ; 

i". GpvÈs LCSXE.É {Qauri-SaiidîUiii). Ce gris a le tissu très- 
19 ^7 



4t8 GPxE 

serré, et présente évidemment une sorte de pâte et de ciment 
de nature quarzeuse , comme les grains qu'il réunit; il est 
translucide, et l'on reconnoît facilement dans son intérieur 
la texture grenue qui le distingue du quarz ordinaire , dont 
il se rapproche d'ailleurs infiniment. 

Cette variété forme des bancs minces de deux à trois déci- 
mètres d'épaisseur, engagés dans le sable blanc qui termine la 
colline de Montmorency près Paris ; ces plaquettes de grès, 
qui sont d'un gris cendré, nuancé de zones parallèles plus 
foncées, présentent un phénomène assez remarquable. M. Gi- 
let-Lauuiont s'est aperçu qu'en donnant un violent coup de 
marleau sur l'une des grandes faces de ces plaques de grès, 
}l s'en détachoit souvent un cône très-évasé , mais très-régu- 
lier, et à surface fort unie. J'attribue ce singulier produit à 
l'action du choc sur une substance excessivement dure et ho- 
mogène ; je pense que cette force se propage en divergeant, 
à partir du point de contact du marteau avec la pierre, 
que c'est encore en divergeant que le choc produit la cas- 
sure, et que, si cet effet n'est pas toujours sensible à la vue, 
comme dans le cas du grès lustré, on doit l'attribuer à la 
nature plus o!i moins dense des substances; je dirai même 
qu'à l'exception des minéraux lamelleux il seroit peut-être im- 
possible de briser les corps en les frappant, si le choc n'avoit 
pas la propriété de diverger, comme la lumière, la chaleur, 
l'électricité. Le grès qui nous occupe n'est point d'ailleurs le 
seul corps qui rende la divergence du choc sensible à l'oeil : 
les étoiles du verre qui a été frappé avec une certaine pré- 
caution; les ondulations que l'on remarque à la surface de 
certains pavés de grès qui vont toujours en augmentant de 
diamètre en partant du point où ils ont été frappés ; la cassure 
du verre en masse, de l'émail surtout, du calcaire compacte ou 
lithographique ; celle du quarz amorphe , et beaucoup d'autres 
substances naturelles ou artificielles , offrent des rayons diver- 
gensqui se réunissent au point où le coup a été donné. Enfin, 
je crois que la cassure conchofde est encore le produit du 
choc divergent, et qu'il ne seroit peut-être pas impossible 
d'en calculer rigoureusement la marche ; c'est ce que je 
développerai ailleurs, en rapportant une série d'expérience? 
que j'ai déjà commencées. 



GRE 419 

ïl parotl que le grès lustré n'appartient pas seulement aux 
terrains tertiaires, puisqu'on le cite dans la formation trap- 
péenne, ainsi qu'eu couches verticales, aux environs de 
Cherbourg. 

a." Grès blanc (Pf^eisser Sandstein). La cohérence des grains 
de cette variété est plus ou moins considérable ; tantôt ce 
grès est assez solide pour servir à paver les rues et les grandes 
routes ; tantôt il s'égrène sous les doigts, et passe même à l'état 
de sable mobile. Sa couleur dominante est le gris blanchâtre ; 
mais on remarque souvent à son intérieur des espèces de 
noyaux noirs qui sont d'une dureté et d'une ténacité exces- 
sives ; d'autres fois la surface est coloriée par des zones ferru- 
gineuses roussâtres ou brunes, quelquefois par des dentrites 
grossières, ou des bandes noires, etc. Tels sont les grés de Fon- 
tainebleau , de Lonjumeau, d'Onis près Pontoise, etc. , qui sont 
exploités pour l'entretien du pavé de Paris et des routes qui 
y aboutissent. On aura une idée de l'importance de ces ex- 
ploitations, quand on saura que, pour la réparation du pavé 
delà capitale seulement, il faut chaque année 5oo, 000 pièces 
de pavé neuf. C'est dans la carrière de Fontainebleau seule- 
ment que l'on trouve le grès cristallisé rhomboïdal. 

Les meules qui servent à aiguiser les outils, et que l'on 
exploite aux environs de Langres, appartiennent au grès 
blanc. Il existe aussi des grès très-làches en apparence dans leur 
contexture, et qui , étant employés dans les bâtisses hydrau- 
liques , deviennent très-durs et très-solides ; telle est la va- 
riété qu'on exploite près Pontoise, pour la construction du 
soubassement des moulins de la ville et des environs. 

3.° Grès BIGARRÉ (Bunter Sandstein). Ce grès se rapproche 
beaucoup du précédent; mais il en diffère par son gisement 
et par les couleurs vives et variées qu'il présente, non seule- 
ment à sa surface, mais encore dans toute son épaisseur. Ces 
teintes de rouge , de jaune , de lie-de-vin sont disposées par 
iônes droites, sinueuses ou contournées ; il est souvent fendillé 
dans tous les sens, et renferme assez communément des masses 
d'argile en forme d'ellipsoïdes aplatis. La Thuringe et le pays 
de Magdebourg abondent en grès bigarrés ou panachés. 

4." Grès rouge. Le grain de cette variété, dont la couleur 
ruuge ressemble assez à celle de la brique, est généralement 

27. 



420 GRE 

un peu grossier : cependant il est plus solide que son aspect 
ne l'annonce ; car on s'en sert avec succès , non seulement à 
la construction ordinaire, mais aussi pour la sculpture et 
l'architecture. Ce grès, qui doit sa couleur à Toxide de fer, 
est souvent lié par 'un gluten argilo-ferrugineux , ce qui 
commence à l'éloigner de nos grès proprement dits, et le 
rapproche des psanimites, surtout quand il s'y joint quelques 
paillettes de mica. Les grès rouges de Trêves, de Saarbruck, 
et ceux qui constituent la partie des Vosges qui se dirige 
vers le nord , appartiennent à cette rariété ; celui de Kai- 
serslautern, dont on fait les meules des moulins à tailler les 
agates d'Oberstein , est également un grès rouge assez pur. 
On regarde le grès rouge comme le plus ancien ; mais, dans 
bien des cas, il passe visiblement au psammite, qui n"est plus 
«ne roche simple, mais une roche composée. Les mineurs du 
pays de Mansfeld et de plusieurs autres parties de l'Alle- 
magne lui donnent le nom de fond stérile rouge ( Rolhes 
todt liegendes), parce qu'il se trouve immédiatement au-dessous 
des schistes marno-bitumineux, métallifères, qui font l'objet 
de leur exploitation. 

5.° Gf.Ès FLEXIBLE. Cette variété est très-remarquable par 
sa grande flexibilité, qui permet de soulever les plaques de 
ee grès par l'une de leurs extrémités, sans que l'autre, sur 
laquelle on tient la main , éprouve le plus petit dérangement. 
Si l'on élève une de ces espèces de planches de grès en la 
saisissant par les deux extrémités opposées, elle se courbe 
au milieu, comme le fait une feuille de carton mince, etc. 
On a attribué cette singulière propriété, qui n'avoit encore 
été remarquée que dans les plaques de marbre légèrement 
échauffées à plusieurs reprises, à la présence d'une infinité 
de paillettes de mica que l'on croyoit voir briller dans une 
situation horizontale, et dont le grès paroissoit entièrement 
pénétré. Mais un examen plus attentif a démontré, ainsi que 
l'analyse chimique, que ce grès ne renferme pas un atome de 
mica , et que les parties brillantes qui avoient été prises pour 
telles, ne sont que des grains de quarz aplatis et alongés , 
qui, par leur engrènement, contribuent à lui donner la. 
flexibilité dont il jouit. On pourroit soupçonner que la cha- 
leur du Brésil où il se trouve , lui a communiqué en partie 



GRE '42t 

cette même flexibilité, puisque, je le répète, on parvient 
à donner de la souplesse à des plaques minces de marbre 
blanc , en les exposant à la chaleur douce d'un bain de sable. 
11 faudroit, il est vrai, pour que cela fût ainsi, que le grès 
tlexible de Villa-Rica se trouvât à la surface du sol, ce que 
nous ignorons jusqu'à présent. 

Klaproth a fait l'analyse de cette variété qui est d'un assez 
beau blanc à l'intérieur et d'un jaune de rouille à la surface , 
et il y a trouvé 96,60 de silice, 0,25 d^alumine, et o.oS 
d'oxide de fer. Le grès flexible étoit très-recherché par les 
amateurs de curiosités, et la plus petite plaque s'en vendoit 
souvent un prix très-élevé; mais on commence à revenir de 
celte merveille, comme de tant d'autres; et, depuis que nos 
communications avec le Brésil sont devenues fréquentes, on 
se procure facilement cette variété de grès avec une foule 
d'autres minéraux d'un tout autre intérêt pour la science. 
r,es grès aventurinés, que l'on taille en plaques ou en vases 
d'ornement, doivent peut-être aussi les points brillans qui les 
font rechercher, à des grains de quarz qui rédéchissent la lu- 
mière à la manière du mica ; ils se rapprocherolent alors in- 
finiment de Taventurine, qui est ua quarg hyalin fendillé 
ou m,icacé. 

6." Grès filtrant. Le tissu lâche de ce grès, qui est as^.cz 
pur, lui permet de laisser lîltrer l'eau; il s'oppose néan- 
moins à ce que le plus petit corps étranger l'accompac;nc ,- 
d'où il suit que ce grès est employé avec d'autres pierres 
pour clarifier l'eau destinée aux usages domestiffues. On en 
trouve en Saxe, en Bohème, près de Baden; sur les côtes du 
Mexique , aux îles Canaries, et surtout entre Saint-Scbas.iica 
et Guctaria, dans le Guipuscoa, en Espagne. Ici il est employé 
à fabriquer des croix, des tombeaux et des sain(s larmoyans. 
On évidoit la tête de ces statues , on la remplissoit d'eau à 
certains jours de fête; elle sortoit en gouttes à travers les 
orbites : le saint pleuroit, et Ton crioit au miracle. 

Telles sont les principales variétés du grès proprement dit , 
considéré comme pierre homogène, et non comme rochfr 
mélangée. 

Giiement. Les minéralogistes allemands distinguent dans 
îcs roches qu'ils nomment agglomérats, et qui comprennen^i 



/." ' GRE 

les grès, trois époques principales de formation. La plus an- 
cienne est celle du grès rouge, qui est inférieur à tous les 
autres, et qui recouvre immédiatement le psammite ou grau- 
xvacke; on dit même que le grès rouge est quelquefois appli- 
qué sur les roches primitives. Il contient, au reste, comme les 
psammites avec lesquels il a la plus grande analogie, des 
couches de houille et quelques minerais. J'ai récemment ob- 
servé, au village de Châtre, près Terrasson , département de 
laDordogne, un grès rouge très-voisin des psammites qui est 
piqué d'une infinité de points noirs dus à des pyrites micros- 
copiques, et qui présente de grandes places blanches où les 
points sont très-apparens. Il fait partie du terrain houillerde 
la vallée de la Vezère et des vallons circonvoisins qui y dé- 
bouchent, et je présume, sans en avoir encore la preuve, 
qu'il s'appuie sur le schiste talqueux verdàtre et primitif qui 
en est peu éloigné. 

La seconde formation est celle des grès bigarrés qui con- 
tiennent quelquefois des masses d'argile ellipsoïdes, et même 
du minerai de fer globuleux, comme à Garden, prèsNebra, 
. pays de Weimar. 

Quant au grés blanc, et à toutes les variétés qui s'y rap- 
portent, elles appartiennent aux derniers sédimens ou aux 
terrains tertiaires, analogues à ceux des environs de Paris; 
aussi renferment-ils souvent des empreintes végétales , des 
coquilles fossiles encore calcaires, ou seulementleurs noyaux 
ou leur moule en creux. Les grès d'Onis, près Pontoise, ofifrent 
le premier fait, ainsi que ceux des environs de Sarlat , et les 
grès rouilles du sommet de Montmartre, présentent le second. 
Ces grès sont quelquefois pénétrés de matière calcaire, au 
point qu'ils présentent des reflets lamelleux, et que leurs 
cavités offrent des cristaux calcaires groupés ou isolés, qui 
sont plus ou moins mélangés de sables siliceux. Ce fait, assez 
rare, ne se présente guère que dans les carrières de la forêt 
de Fontainebleau, et à Clausenbourg, en Transylvanie. 

Les grès les plus anciens, je veux dire les grès rouges et les 
grès bigarrés, forment des couches plus ou moins étendues qui 
suivent Pinclinaison et tous les accidens des autres couches 
qui constituent la formation dont ils font partie. C'est ainsi 
que Pon en cite en couches horizontales, contournées ou veir-^ 



GRE 423 

tîcales, que l'on en connott qui sont comme Lrisées et boule- 
versées, etc. Ils composent quelquefois des monticules entiers, 
occupent le sommet des montagnes, donnent naissance à des 
escarpemens assez élevés, ou constituent, en se décomposant, 
des mamelons arrondis, dont la surface entièrement sablon- 
neuse provient, à ce qu'il paroît , de l'altération du grès par 
l'action de l'air, et des météores. 

Les grès blancs de F.ontainebleau sont disposés en très-grands 
blocs isolés, qui sont entourés de sable quarzeux, et qui s'y 
fondent pour ainsi dire par des nuances insensibles de désagré- 
gation, en sorte qu'ils forment des espèces de couches ou d'as- 
sises qui ne sont interrompues que par le sable mouvant : 
d'autres fois ces bancs sont séparés par des lits de ce sablon 
d'une finesse extrême, et présentent des cavités assez spa- 
cieuses qui sont remplies en tout ou en partie par du grès 
pulvérulent ou encore par ce même sable. On voit donc que 
le grès et le sablon ont une commune origine, et que l'un ne 
diffère de l'autre que par l'état solide ou mobile de ses par- 
ties constituantes. Ici les avis sont partagés : les uns veulent 
que tous les grès soient composés du détritus de roches quar- 
«euses préexistantes, qu'un gluten plus ou moins apparent 
âuroit solidifié ; d'autres, et c'est le plus petit nombre, 
admettent que les grés purement quarzeux sont le produit 
d'une cristallisation troublée, analogue à celle quia déposé la 
pierre calcaire, grenue ou dolomie. Là, comme dans toutes 
les questions géologiques, il faut bien se garder de généraliser-, 
mais j'avoue qu'il me paroît difficile d'admettre que les sables 
mouvans qui couvrent une partie du sol de l'Afrique, ainsi 
que ceux de Fontainebleau, et les grès qui s'y rencontrent, 
soient leproduit d'une alluvion quelconque: on ne conçoit pas 
facilement comment ces détritus , si l'on veut les appeler ainsi, 
Se trouveroient d'une uniformité aussi constante pour leur vo- 
lume, commentilsseroient d'une aussi parfaite homogénéité, et 
comment ils nescroient ni suivis ni précédés par des débris 
plus grossiers. Voilà ce que l'on trouve dans tous les terrains 
d'alluvions bien caractérisés, et ce qui n'existe point dans la 
formation des grès homogènes dont il est ici question. On cite 
à l'appui de cette opinion, qui est émise par M. Voigt , et 
partagée par MM. d'Aubuissoo et Patrin, qu'il existe des sables 



4U GRE 

qnarzeux dont chaque grain est 1111 cristal. Si ces exempicss* 
inultiplioient, ils seroient décisifs; mais jusqu'à présent ilssont 
peu nombreux. Si nous comparons les cristallisations de nos 
Jaboratoires, que nous troublons à dessein (par exemple, dans 
Il fabrication du sel d'Epsom du commerce), il est certain que 
.1 on cstporté à croire à cemode déformation pour les sables, 
et par suite pour les grès : car la solidiBcation n'est qu'une obr 
jection très-secondaire , en comparaison de la formation du 
sable. Il existe des difficultés assez grandes à surmonter dans 
l'une et l'autre hypothèse : il faut donc attendre de nouvelles 
données pour se décider, et pour chercher à résoudre le pro- 
blème d'une manière absolue. 

Les usages des grès sont extrêmement variés \ on les emploie 
tour à tour pour bâtir ou paver les villes.^ pour tailler une 
foule de meules à aiguiser les outils de fer ou à moudre les 
grains et le vernis des faïences, pour dresser la grosse bijou- 
terie. Mayence, et la plupart des villes de la rive gauche 
du Rhin, ainsi que plusieurs monumens remarquables , sonÇ 
Lâtis en grès rouge; Paris et toutes les villes voisines sont pa- 
vées en grès blanc; nos bornes, qui remplacent les colonnes 
rnilliaires des anciens, sont également en grès. Les carrières des 
environs deLangres, qui sont ouvertes sur des bancs de grès , 
produisent les. meilleures meules que l'on connoisse pour l'usage 
<ies taillandiers et des couteliers, et c'est encore à l'aide de 
meules de grès que l'on façonne les agathes d'Allemagne , 
que l'on taille les vases de cristal, que l'on fait la pointe. 
des aiguilles, etc. On n'a point encore expliqué l'explosion 
que font quelquefois ces meules tournantes de grès, dont les 
éclafssont lancés au loin. (Brard.) 

GKESIL. {Ornith.) D'après le Nouveau Dictionnaire d'His- 
toire naturelle, ce nom est vulgairement donné, dans le dé- 
partement de l'Aude, au proyer, einberiza miliaria , Linn. 
(Ch.D.) 

GRE'^SET (Erpétol.) , un des noms vulgaires de la raine. 
verte. (H. C. > 

GRESSLING (IclithyoL), un des noms allemands du Goujon. 
Voyez ce mot. (H. Ç.) 

GKESSORtPÈDE. (Ornith.) Ce terme, qui signifie pieds, 
marcheurs , s'applique aux oiseaux dpnt les trois doigts anté- 



GRE 4a8 

rieurs, en partie réunis, forment une plante de pied, comme 
chez les calaos , les guêpiers. (Ch. D.) 

GREUBE. {Min.) C'est le nom d'une matière calcaire tii- 
feuse, pulvérulente, dont on se sert à Genève pour conserver 
aux tables et aux boiseries de sapin la couleur blanche jau- 
riâtre qui est naturelle à ce bois. Cette substance, que Ton 
apporte de la montagne à la ville, contribue beaucoup à la 
propreté de l'intérieur des maisons les plus modestes. On l'em- 
ploie avec l'eau et un tampon de linge. (Brard.) 

GREUL (Mamm.), un des noms qu'on donne quelquefois 
au loir. (F. C.) 

GREUNLING. {Ornith.) L'oiseau auquel, suivant Schwenk- 
feld et Rzaczinski, les Prussiens donnent ce nom,estle verdier, 
green-finck des Anglois , et Griinfinck des Allemands , loxia 
çhloris , Linn. (Ch. D.) 

GRÉVIERou GREU VIER , Grwifl. {Bot.) Genre de plantes 
dicotylédones, à fleurs complètes, polypétalées, régulières, de- 
là famille des tiliacées, de la. polj andrie monogynie de Lin- 
iiœus, dont le caractère essentiel consiste dans un calice 
charnu, à cinq folioles, coloré intérieurement; cinq pétales 
alternes avec les folioles du calice ; quelques unes munies 
d'une écaille à leur base interne ; des étamines nombreuses , 
attach ées, ainsi que les pétales, à un pivot central qui soutient 
l'ovaire; un style simple ; un stigmate à quatre divisions. Le 
fruit consiste en une baie presque sèche, à quatre lobes, divi- 
sée intérieurement en quatre loges renfermant chacune ua 
noyau à deux loges inonospermes. 

Ce genre a été consacré par Linna*us à la mémoire du célèbre 
Grew , botaniste anglois, auteur d'un savant traité sur l'ana- 
tomie des plantes. Il comprend des arbres et des arbrisseaux 
exotiques, à feuilles simples et alternes , à fleurs axillaires et 
terminales; les pédoncules munis d'une, de deux ou de trois 
iîcurs, quelquefois presque paniculés. Les espèces nombreuses 
gui le composent ont déterminé cà le diviser en deux sections , 
0'après le nombre des nervures qui se trouvent à la base des 
feuilles. 

* Feuilles à trois nervures à Irur base, 
Çrévier d'Occidekt : Grcn^-ia occîdenlalis , Linn.; Lamk., lUt 



4s« GRE 

gf(2.., tab, 467,65. 1 ; Commel., HorL, i,tab. 85; ?luk., Almag., 
tab. 237, fig. 1 ; Diiham., Arb., 1, lab. 108. Arbrisseau élégant 
etrameux, qui s'élève à la hauteur de dix à douze pieds, dont 
les rameaux sont longs, diffus, irréguliers ; les jeunes pousses 
chargées de poils courts, fasciciilées ; les feuilles ovales, un peu 
rhomboïdales, glabres, crénelées; les pédoncules unitlores, 
quelqueFois biflores, axillaires, presque terminaux ; les fleurs 
nombreuse^, en étoile, d'une belle couleur violette ; les fo- 
lioles du calice étroites, velues en dehors; les pétales linéaires, 
un peu échancrés à leur sommet, munis à leur base d'écaillés 
très-velues. Le fruit est glabre, à quatre lobes, presque comm« 
celui du fuisain. 

Cet arbrisseau, originaire du cap de Bonne- Espérance , est 
cultivé depuis long-temps au Jardin du Roi. On le propage de 
marcottes et de graines qui mûrissent en automne, que l'on 
sème dans des terrines, sur couche, dans une terre substan- 
tielle ou d'oranger. Il lui faut, dans l'été, des arrosemens fré- 
quens et du soleil. 11 passe l'hiver dans l'orangerie, où il le faut 
placer dès les premiers froids. Ses fleurs s'épanouissent en juin , 
et se succèdent pendant plusieurs mois : ses marcottes se font 
au printemps, et ses graines se sèment aussitôt qu'elles sont 
cueillies. 

Grbvier d'Orient : Grewia orientalis, Linn. , Spec; Lamk. , 
Ill.gen., tab. 467,fig. 2 ;Ga2rt., tab. 106; Pluk., Alm., iah. 5oj 
fig. 4; Paï-paroca , seu Conradi , Rheed. , Malab., 5, tab. 26. 
Arbrisseau des Indes orientales, à rameaux cylindriques, velus 
vers leur sommet dans leur jeunesse, distingué du précédent 
par ses feuilles plus grandes et jtlus alongées, ovales-oblongues , 
un peu obtuses , crénelées à leur contour, chargées à leurs 
deux faces, particulièrement en dessous, de pointsuombreux, 
surmontés de poils fascicules, ouverts en étoile. Les pé- 
doncules sont velus, axillaires, chargés d'une , quelquefois de 
deux ou trois fleurs; leur calice velu; les pétales obtus ; le 
fruit un peu arrondi, aplati en dessus, télragone et pileux. 
Le grewia pilosa, Lamk. , Encycl. , ne paroît être qu'une va- 
riété de cette espèce, dont les pédoncules plus ramifiés sont 
chargés d'un plus grand nombre de fleurs. 

Grévier d'Asie: Grewia asiatica , Linn., Mant., 122 ; Son- 
nerai , If in., a, tab. i38; vulgairement le Falsé. Cet arbrisseau 



GRE 4ï7 

esi très-remarquable par ses feuilles' semblaMcs a celles du 
noisetier; elles sont grandes, arrondies, dentées, légèrement 
cotonneuses, et cendrées en dessous; on y observe assez sou- 
vent plutôt cinq nervures que trois : les stipules linéaires, su- 
bulées; les pédoncules velus, chargés de plusieurs fleurs, dont 
le calice esta cinq folioles oblongues, cotonneuses en dehors, 
colorées en dedans; les pétales plus courts, munis d'une écaille 
à leur base ; l'ovaire velu ; le fruit arrondi , d'un rouge foncé, 
à deux loges, renfermant deux noyaux. Cette plante croît dans 
les Indes orientales. M. Sonnerat dit qu'on la cultive à Pondi- 
chéry, dans les jardins; que ses baies sont rafraîchissantes, 
d'une saveur aigrelette assez agréable. 

Grévier A FEUILLES BECHARME: Grcivla carpinifolia,?!il. Beauv., 
FI. d'Oware, i, tab. 5o; Jnss., Ann. Mus., 4, tab. 5i. Arbris- 
seau découvert par M. de Beauvois, dans le royaume d'Oware, 
dont les tiges sont glabres, les rameaux droits, garnis de feuilles 
ovales en cœur, aigué's, dentées en scie, rudes en dessous; 
les pédoncules courts, munis de deux ou trois fleurs ; les folioles 
du calice glabres, aigut?s ; les pétales linéaires, obtus; les fruits 
lisses, globuleux, de la grosseur d'un pois. 

Grévier A FEUILLES deguazuma; Grzwia guazumœfolia, Juss., 
Ann., 1. c, tab. 48, fig. 3. Ses tiges sont droites ; ses feuilles 
alternes, ovales-oblongues, acuminées, glabres en dessus, to- 
menteuses en dessous, dentées et crénelées; les créneluresin - 
férieures glanduleuses ; les pédoncules chargés de deux ou trois 
fleurs; les folioles du calice longues, étroites, obtuses; les 
étamines une fois plus courtes. Cette plante croit à Java. 

Grévier tomenïeux ; Grewia tomentosa, Juss., 1. c. tab. 49 , 
fig. 1. Arbrisseau de Java , à feuilles ovales-lancéolées, tomen- 
teuses à leurs deux faces, longues de cinq pouces, inégale- 
ment dentées; les péioncules courts, chargés de plusieurs 
fleurs ; le calice de la longueur des étamines, long d'environ 
trois lignes; les pétales très-courts. 

Grévier hérissé •.Greiviahirsuta,Vah\,Sjmh.,^, pag.34; Juss., 
1. c, pag. 89. Cette plante se distingue de la précédente par ses 
feuilles très-molles, lancéolées, acuminées, plus étroites à un de 
leurs côtés, velues à leurs deux faces, inégalement dentées er^ 
scie; les pédoncules axilluires, soutenant trois fleurs sessiles j^ 
les pétales courts et ciliés. Elle croit dans les Indes orientales. 



^'^f5 CxRE 

Grévier \-Er.otJïÉ : Grcivia vclutina , Vahl, Sjmb. , i, pag. 3S; 
Chadara velutina, Forsk. , Mgypt, , pag. 106. Arbrisseau de l'A- 
rabie-Heureuse, dont les feuilles sont molles, ovales, à dente- 
lures fines et obtuses, revêtues en dessous d'un duvet léger et 
blanchàtreiles pédoncules axillaires , souvent réunis trois par 
trois, munis chacun de trois ileurs. Le fruit est un dfupe noi- 
râtre à quatre loges; les semences glabres, planes, ovales. 

Grévier en arbre : Grewia arborea, Lamk., Encycl. ; Grewia 
excelsa^ Vahl, Symb., I. c. ; Chadara arborea, Forsk. , /Egypt. , 
3o5. Grand arbre des montagnes de l'Yémen , que les Arabes 
nomment seerah. Ses rameaux sont cylindriques, couverts de 
poils glanduleux à leur sommet; ses feuilles ovales en cœur, 
obliques à leur base, cptonneuses et blanchâtres en dessous, 
dentées à leur contour; les pédoncules simples ou bifides; les. 
calices cotonneux en dehors, jaunes en dedans j les pétales 
jaunes, orbiculaires, munis à leur base d'une écaille verte, cam- 
panulée. Le fruit est globuleux, de la grosseur d'une cerise, 
d'un jaune roussàtre, contenant une pulpe ferme et charnue. 
L.Ç grewia verrticosa , Juss,, ne paroît l'tre qu'une variété de 
cette espèce , à feuilles un peu sinuées à leur contour, rudes 
et comme verruqueusesjtomenteuses en dessous; les pédoncules 
solitaires, à une seule fleup, rarement deux. Elle croit à Java. 
Grévier chadar : Greivia chadara, Lamk., Encycl.; Grewia 
popiilifolia , Vahl , Sjmb., 1. c. ; Chadara tenax , Forsk. , /Egypt., 
pag. io5. Arbrisseau que dans l'Arabie, son lieu natal , les uns 
nomment ch.a(if2r, d'autres nalba^ Les feuilles, en très-petit 
nombre, sont situées au sommet des rameaux, pétiolécs, ar- 
rondies en forme de rein ; les pédoncules terminaux , uniflores , 
quelquefois foliacés, épaissis à leur sommet; les folioles du 
calice linéaires, blanchâtres en dedans ; les pétales courts et 
biancs;àleur base une écaille orbiculairc , velue à son bord ; 
le fruit coriace, contenant deux noyaux biloculaires et di- 
spermcs. 

Grévier a feuilles luisantes ; Grewia nitida, Jnss., Annal. , 
1. c, tab. 47, fig. 2. Arbrisseau de la Chine , cultivé au Jardin 
du Roi. Ses tiges sont glabres -, ses rameaux cylindriques; les 
feuilles glabres, ovales- oblongues , crénelées, d'un vert gai 
et luisant, longues de deux ponces; les pédoncules courfs et 
$alitaires, soutenant une ou deux fleurs assez grandes; les io-. 



iîoles du calice ovales-aiguës; les pétales plus courts que le 
calice, ovales, obtus; les étamines de la longueur des pétales^ 

Gkévibr glandvlevx] Grewia glanduiosa,V-dhl, Svmb. , i,p. 54. 
Ses rameaux sont rudes, garnis de ieuilles médiocrement pétio- 
lées, lisses: glabres, ovales-lancéolées, acuminécs, munies, de 
cliaque côté de leur base, de trois à cinq crénelures rapprochées 
et glanduleuses : les pétioles courts; les fleurs axiilaires , soli- 
taires , presque sessiles. Cette plante croît dans l'île Maurice. 
Le grcwialœyigata, Vahl , 1. c, est très-rapproché de cette es- 
pèce; il s en distingue par ses feuilles plus longues, entières 
à leur base, point glanduleuses-, les pédoncules plus longs, à 
trois fleurs. Il crgît dans les Indes orientales. 

Grévier mallocoque : Grewiarnallococca , Linn. fils, StippL; 
Mallococca crcnata^ Forst. , Gen. , tab. og. Espèce découverte 
par Forster^ dans les îles de la Société et des Amis. Ses feuilles 
sont en cœur, ovales-oblongues, crénelées, un peu après aii 
toucher; les pédoncules axiilaires j chargés de trois fleurs; les 
pétales trois fois plus courts que le calice. Le fruit est un drupe 
velu, aplati en dessus, à quatre lobes globuleux, à quatre 
loges renfermant chacune un noyau. 

Grévier jaunâtre; Grewiajlavescens, Juss. , Ann., 1. c. Plante 
des Indes orientales, dont les feuilles sont avales-oblongues, 
aiguës, un peu anguleusesvers leur sommet, obtuses , longues 
de deux pouces, inégalement dentées en scie, parsemées à 
leurs deux faces de poils en étoile ; les pédoncules presque 
solitaires, souvent à trois fleurs; les folioles du calice étroites, 
aioagécs-, les pétales jaunes, un peu plus courts que le calice. 

Grévier a feuilles molles 5 Gren'ia mollis , Juss., Ann., 1. c. 
Arbrisseau du Sénégal, distingué par ses feuilles molles, ovales- 
lanccolées, tomenteuses en dessous, longues de trois pouces, 
dentées en scie ; les pédoncules presque solitaires, piesque à 
tiois fleurs; les folioles du calice longues , étroites; les pétales 
une fois plnscourts ; l'ovaire velu à sa base. 
• Grévier A gros fruits : Grewia megalocarpa, Juss., Ann., 
1, C; Pal. Beauv., FI. d'Oware, lab. 102. Espèce découvertepar 
M. de Beauvois dans le royaume d'Ouare , distinguée par la 
grosseur de ses fruits : ses feuilles sont lisses, aîongées , dentées 
en scie , acuminées, longues d'environ un pouce et demi; Us 
j,)édonc'ules solitaires à uue, deux, quelquefois trois fleurs; 'e 



43o GRE 

fruit glabre, à quatre lobes, bon à manger. Le même auteur 
en a découvert une autre espèce, dans les mêmes contrées, qu'il 
a figurée dans sa Flore d'Oware, tab. 108, sous le nom de Gre- 
wia puhescens. Ses tiges sont ligneuses-, elles se divisent en ra- 
meaux dans une direction presque horizontale : les Veuilles 
ovales-lancéolées, obtuses, glabres en dessus, molles et cou- 
vertes en dessous d'un duvet doux et soyeux , très-finement 
denticulées, acuminées à leur sommet; les fleurs terminales; les 
pédoncules chargés de deux ou trois fleurs pédicellées. 

Grbvier a feuilles acuminées-, Grewia acuminala ,Juss., 1. C. , 
tab. 48 , fig. 2. Cette plante croît à l'île de Java. Elle se pré- 
sente sous la forme d'un arbrisseau garni de feuilles ovales- 
oblongues, crénelées, acuminées, glabres à leurs deux laces . 
arrondies à leur base, longues de trois pouces ; les pédoncules 
géminés, chargés de deux ou trois fleurs; les folioles du calice 
longues d'un pouce; les pétales, ainsi que lesétamines, quatre 
fois plus courts; l'ovaire tomenteux. 

*'*■ Feuilles à cinq nervures à leur base» 

Grévier a fruits velus; Grewia eriocarpa, Juss. , Ann. , 1. c. 
Cette espèce, originaire de Java, ressemble aux grewia par 
son port; elle s'en écarte par le défaut d'écaillés à sa corolle , 
et probablement de pivot sous les étamines. Ses feuilles sont 
ovales, assez semblables à celles du noisetier, longues de trois 
pouces, à dentelures obtuses, lornenteuses en dessous, à cinq 
nervures ; les pédoncules axillaires, réunis d'un à trois, sou- 
vent terminés par trois fleurs ;lecalice petit; les pétales courts, 
très-étroits; l'ovaire blanchâtre, laineux, à peine pédicellé. 

Grévier A FEUILLES RONDES ; Grcwa rofi/ndi/o/fa , Juss., 1. c. 
Ses feuilles ressemblent à celles du betula pumila; elles sont ar- 
rondies, crénelées, tomenteuses et blanchâtres, à cinq ner- 
vures ; deux ou trois pédoncules réunis dans l'aisselle des 
feuilles, portant de deux à cinq petites fleurs; les folioles du 
calice presque de la longueur des étamines; l'ovaire tomenteux 
et blanchâtre. Cette espèce croît au Coromandel. 

Grévier a feuilles de tilleul ; Grewia tiliœfolia, VahhSjmh., 
1, pag. 55. Plante des Indes orientales, qui a de grands rap- 
ports avec le grewia asiatica. Elle en diffère par ses feuillf's, 
une fois plus grandes, à dentelures obtuses, en scie; elles sont 



GRE h^^x 

•frondies, échancrées en cœur à leur base, glabres à leurs 
deux faces :les stipules à demi en cœur, et non subulées ; les 
pédoncules une fois plus courts que les pétioles, axillaires , 
nombreux et dichotomes; les fleurs petites. 

Grbvier a feuilles d'arbousier; Grewia arhulifolia, Jiiss. , 
Ann.,I. c. Cette espèce diffère de la précédente par ses feuilles 
un peu rudes , élargies, échancrées en cœur, anguleuses, et 
sinuées vers leur sommet; les pédoncules une fois plus courts 
que les pétioles, réunis au nombre de deux ou trois dans l'ais- 
selle des feuilles , chargés de trois fleurs : les fruits sont glabres, 
de la grosseur d'une cerise. Cette plante croît dans les Indes 
orientales. ( Poir.) 

GRÉVILLÉE, Grevillea. {Bot.) Genre de plantes dicotylé- 
dones, à fleurs incomplètes, de la famille des protéacées , de 
la tétrandrie monogjnie de Linnaeus, très-rapproché des em- 
hothrium, dont le caractère essentiel consiste dans une corolle 
(calice) à quatre découpures irrégulières , renfermant cha- 
cune, dansla cavité de leur sommet, une étamine ; une glande 
placée sous le pistil; un ovaire à deux ovules; le stigmate 
oblique et comprimé. Le fruit consiste en un follicule unilo- 
culaire, renfermant dans son centre deux semences bordée* 
ou légèrement ailées à leur sommet. 

Ce genre, très-foiblement distingué des embothrium, a été 
établi par M. Robert Brown, pour des arbres ou arbrisseaux 
originaires de la Nouvelle-Hollande , d'un port assez élégant. 
Les feuilles sont alternes, entières et pinnatifides ; les fleur» 
disposées en épis, en grappes, en corymbes ou presque 
fasciculées : elles n'ont point d'involucre. Les pédoncules 
sont géminés, rarement au-delà de deux, munis d'une brac- 
tée à leur base. La corolle est souvent de couleur rouge, 
quelquefois jaune, insérée obliquement dans quelques espèces. 
Les follicules sont, i."les uns coriaces, ovales, couronnés par 
le style entier, renfermant des semences environnées d'un 
léger rebord ou médiocrement ailées à leursommet; 2.° d'autres 
follicules sont ligneux, presque orbiculaires, offrant l'appa- 
rence de deux valves, mucronées par la base persistante du 
style. Ces semences sont ailées à leur contour. 

M. Brown a divisé ce genre, nombreux en espèces , en deux 
grandes sections , d'après le caractère du fruit : il y entre 



h^i GÎIÉ 

plusieurs espèces, placées d'abord parmi les emlothriùm,- ei 
le genre Lysanthe de Knight et Salisbury, 

§. I. Follicules coriaces , couronnée par le stjle et le stigmate com- 
primés; semences ovales , à hordure étroite , ou légèrement ailées 
à leur sommet. 

A. LissosTVLis. Toutes les feuilles entières; quelques unes re-> 
courbées à leurs lords, ou bien ayant l'apparence d'avoir trois 
nervures; les Jleurs Jasciculées , ou en grappes courtes; le style 
glabre; les follicules sans côtes saillantes. 

Grévillée SOYEUSE : GrevUleasericea, Rob.Bro\vn, Nov.Holl., i , 
pag. 376 , et Trans. Linii. , vol. 10 , pag. 169 ; Embothrium seri- 
ceum, Smith, Nov.HolL, 20, tab.9; Andr., Bot. Repos., tab. 100, 
Bot. Mag., tab. 862 ; Embothrium cj'tisoides , Cav. , le. rar. , 4, 
tab. 5t.i6., fig. 2 ; Ljsanthe sericea et cytisifolia, Knight et Salisb.^ 
Prot., pag. 1 18 et 119. Ai'brisseau découvert au port Jackson, 
dans la JSouvelle-Hollaniie, qui s'élève à la hauteur de six ou 
sept pieds, sur une tige droite, garnie de rameaux alternes, 
et de feuilles sesslles, ternées, ovales-lancéolées, très-entières, 
roulées à leurs bords, soyeuses en dessous, blanchâtres et 
cendrées en dessus. Les fleurs sont disposées en une grapjie 
courte, solitaire, terminale; la corolle petite; les pétales li- 
néaires, couverts en dehors d'un duvet blanchâtre, un peu 
rougeâtres en dedans et velus vers la base; l'ovaire pédicellé: 
les follicules glabres, ovales-oblongs ; les semences surui'- niées 
d'une aile courte et munies à leur base d'une glande globu- 
leuse. 

Glévillée des RIVAGES; GrevUlea riparta , Brown, 1. c. Ses ra- 
meaux sont garnis de feuilles linéaires, alongécs, très-lisses, 
réfléchies à leurs bords; la corolle garnie en dedans de poils 
touffus; l'ovaire pédicellé; le style glabre au sommet; le pédi- 
cellé plus long que l'ovaire. Dans le grevillea parvijlora , Brown, 
1. c. , les rameaux sont presque glabres; les feuilles linéaiies- 
subulées, lisses et réfléchies à leurs bords ; les fleurs petites , 
ferrugineuses en dehors, un peu barbues en dedans; le pistil 
long de deux lignes; l'ovaire soutenu par un pédicellé court. 

Chevillée a feuilles de genévrier; Grevillea juniperina. Ar- 
brisseau de la Nouvelle -Hollande, dont les rameaux sont 
cylindriques et velus; les feuilles fasciculécsj subuiccs, étalées , 



GRE 433 

léflécliies à leurs bords; les fleurs disposées en grappes, cha^ 
cune d'elles pédicellée; les ovaires pédicellés; les pistils lon-Jà 
d'un demi-pouce, ht grevillea australis, Brovvn, 1. c, a ses ra- 
meaux tomenteux et cyliiKlriques ; ses feuilles lancéolées, su- 
Inilées, à peine recourbées ci leurs bords, parsemées en dessus 
d'un duvet caduc, soyeuses en dessous. 

Grévillée A FEUILLES AL'DEs; Grcvillea afpcra ,Bro\\'n, I. c. Ses 
feuilles sont oblongucs, linéaires, obtuses, un peu niucronées 
àleur sommet, rudes et ponctuées à leur face sup^ineure , ar- 
gentées en dessous; les fleurs disposées en grappes courtes 
recourbées; le style très-court; le stigmate en limaçon. Dans le 
grevillea concinna^\.c., Br., les fleurs sont nombreuses, disposées 
en grappes unilatérales et recourbées; la corolle légèrement 
soyeuse; l'ovaire lanugineux; le style très-glabre, beaucoup 
plus long que la corolle ; les feuilles lisses, droites , linéaires. 

B. Ptychnocarpa. Toutes les feuilles entières; les Jleurs fascicu- 
lées ou disposées en grappes courtes; les Jleurs supérieures plus pré- 
coces ; l' Qu'aire presque sessile; le style hérissé ou tomenteux- les 
follicules à côtes presque saillantes. 

Grévillée des iMONTAGNES ; GrcvUlca tnonlana, Br., 1. c. Plante de 
la Nouveile-Hollande, dont les rameaux sont couverts d'un 
duvet tomenteux, fortement couché, garnis de feuilles lan~ 
céolées, aiguës , un peu lisses en dessus, soyeuses en dessous; 
les fleurs géminées; les pédoncules glabres, presque de la lon- 
gueur de la corolle: celle-ci presque nue; le pistil liérisséi 
Dans le grevillea arenaria, Brown, 1. c. , oa' Irsanthe cana . 
Salisb., les feuillt^s sont oblongues, obtuses, un peu mucro- 
nées; les fleurs disposées en grappes recourbées; les pistils to- 
menteux. 

Grévillée acuminée; Grevillea acuminala, Brown, Le, Cette 
espèce a des rameaux pubescens; des feuilles lancéolées, légè- 
rement acuminées, mucrônées, rudes et ponctuées en dessus, 
tomenteuses et de couleur cendrée en dessous ; les fleurs dispo- 
sées en grappes peu garnies, dressées, puis courbées; la co- 
rolle couverte d'un duvet caduc; le pistil hérissé. Dans le 
grevillea cinerea, L c, les feuilles sont elliptiques ou en 
ovale renversé, un peu rudes en dessus , couvertes en dessous 
d'un duvet cendré; les pédoncules et la corolle lanugineux. 

Grévjllée iiucRONàE: Greyill:!! miicronulata , Brown, 1. c; 



i^Z!^ (VRE 

Lisanthe podalyrifûlicc , Saliib. , Prnt. 117. Ses rameaux sont 
garnis de feuilles en ovale renversé, obtuses, légèrement mu- 
cronées, rudes et luisantes en dessus, médiocrement soyeuses 
en dessous; les fleurs disposées en grappes courtes-, la corolle 
parsemée de poils couchés, pubescens; le pistil hérissé. On 
distingue le grevillea haveri à ses feuilles oblongues, obtuses, 
glabres , lisses , à leurs deux faces ; les pédoncules et la corolle 
très-glabres. 

C. Eriostvus. Toutes les feuilles entières; les fleurs fasciculées y 
presque en ombelle; le pistil laineux, pédicellé ; les follicules sans 
côtes. 

Grévillée a feuilles de buis : Grevillea buxifolia, Brown, l.c. ; 
Embothrium buxifolium, Smith., Noi'. HolL, tab. 10; Andr., Bot, 
repos. , tab. a 18 ; Embothrium. genianthum, Cav., 7c. rar. 4, 
tab. 387; Sljiurus buxifolia, Salisb., Prot. 11 5. Cette espèce 
a des rameaux velus, garnis de feuilles nombreuses, ovales- 
elliptiques, rudes et ponctuées en dessus, tomenteuses en 
dessous , terminées par une petite pointe ; les fleurs sont nom- 
breuses, disposées en une ombelle solitaire , terminale ; la 
corolle rougeàlre, tomenteuse; le pistil velu; le stigmate or- 
biculaire , muni d'un appendice recourbé ; les follicules ovales, 
rétrécies à leurs deux extrémités, velues, contenant deux se- 
mences comprimées. 

Grévillée d'Occident; Grevillea occidentalis , Brown , l.c. 
Arbrisseau à feuilles lancéolées, rudes et ponctuées en dessus, 
soyeuses en dessous; les fleurs réunies en fascicules axillaires 
et terminaux; la corolle, ainsi que le style, couverts d'une 
laine cendrée, étalée, le stigmate sans appendice. Le grevillea 
sphacelata , Brown , 1. c , en diffère par ses feuilles oblongues , 
moins rudes; la corolle tomenteuse et ferrugineuse en dehors, 
lanugineuse et cendrée, ainsi que le style, en dedans. Dans 
le grevillea phy lie oides y Brown , 1. c.*, les feuilles sont linéaires- 
lancéolées, cendrées et pubescentes en dessous-, le stigmate 
ovale, appendiculé. 

D. Plagiopoga. Grappes en thyrse ; pédicellé de Vovaire grossi 
par Le sommet oblique du pédoncule, sur lequel sont insérées deux 
folioles , Vune en dessus de l'autre. 

Grévillée de Good; Grevillea Goodii, Brown, 1. c. Ses tiges 
sont couchées, garnies de feuilles très-entières, oblongues, 



GRE ,35 

ondulées, veinées, glabres à leuis deux faces; lis fleurs dis- 
posées en grappes alongées, pédoncii'.ées. Dans le greyillea v^- 
nusta, Brown, 1. c. , les feuilles sont pinnatifides ou trifides, 
quelquefois entières, soyeuses en dessous ; les grappes droites; 
la corolle très-glabre; le style fortement hérisse. 

E. Grevilli A. Grappes en forme de tlvyrse ; feuilles pinnati' 
fdes , rarement entières. 

Gréviixée de Drvander, Grevillea Dryanderi , Brown, 1. c. 
Cette plante a des tiges étalées . chargées de feuilles ailées, 
soyeuses en dessous: les folioles linéaires, alongées-, les fleurs 
disposéesen grappes pédonculées, très-longues, étendues;laco- 
roUe insérée obliquement, très-glabre, ainsi que le pistil. Dan i 
le grevillea pungeus, Brown, l.c.,les feuilles sont pinnati- 
fides, glabres en dessus, arg^entées en dessous; les découpure.^ 
linéaires, subulées , mucronées et piquantes : les grappes 
brisées. 

Gbévillée a feuilles d'asplenium ; Grevillea asplenifolia , Brown , 
1. c. Ses tiges sont garnies de feuilles linéaires, alongées , pin- 
natifides, incisées ou très-entières, tomenteuses en dessous ; 
les fleurs disposées en grappes trois fois plus courtes que Its 
feuilles; la corolle pubescente ; le style glabre. Dans le gre» 
villca Bancksii, Brown, 1. c, les feuilles sont pinnatifides , 
soyeuses en dessous; leurs découpures oblongues, lancéolées ; 
les grappes droites, égales ; la corolle tomenteuse ; l'ovair.? 
sess'ûe. Le grevillea chrjsodendrum, Bro\^n^ 1. C , se distingue 
par ses feuilles une ou deux fois pinnatifides ; leurs découpurt s 
étroites, alongées, linéaires-, les grappes cylindriques; les 
fleurs à demi verticillées; la corolle tomenteuse, persistante à 
sa base ; l'ovaire presque sessile. 

§.11. Cycloptera. Follicules ligneuses , presque arrondies^ mu- 
cronées par la hase du style; semences entourées d'une aile 
ne. 



Grbvillée HÉLIOSPERME; GrevUlea heliosperma, Brown, 1. c. 
Espèce dont les tiges sont chargées de feuilles glabres , une ou 
presque deux fois ailées; les folioles oblongues, linéaires; lesin- 
férieures pétiolées; les fleurs disposéesen grappes droites, ra»- 
mitiées; la corolle et le pistil très-glabres. Dans le grevillea, 
rrfrac'a, Bfoxvn , I. c. , ?es feuilles sont soyeuses eu dessous ; la 

a8. 



■0^ GRt 

corolle Soyeuse, le pistil glabre, ht grevillea ceratophjlla,'Erowti, 
1. c, a les feuilles bi-tritides ou entières, soyeuses et nerveuses; 
en dessous: les découpures linéaires, alangées ; les follicules 
ovales, très-glabres. 

GrtÉviLLKE A FEUILLES DE MIMOSA; Gi-c^Hlea mimosoid^s, lîrown, 
1. c. Cette plante a des feuilles planes, entières, ijerveuses, 
enslformes, alternes sur des rameaux glabres; ses follicules 
sont visqueuses, en ovale renversé. Da?is le grev^fZ/ea poljitachia, 
Brown, 1. c, les fleurs sont disposées en grappes alternes, 
terminales, composées de plusieurs épis ; Ls feuilles entières ; 
le stigmate oblique et concave. 

Grévii.[,ée stkiée; Grevilleà striata, Brown, 1. c. Ses feuiMcs 
sont roides, linéaires, ensiformes, très-entières, soyeuses en 
dessous, et traversées par plusieurs nervures; les fleurs dis- 
posées en grappes alternes, terminales : les pistils à peine longs 
d'un d( rai-pouce; les stigmates verticaux, coniques et dépri- 
més. Lv grcvillea larca, Brown, I.c., a des feuilles cylindriques, 
Ir&s-iongues et pendantes*; le stigmate tétragone, tronqué, 
pyramidal. Dans le g^e^•i7/ca gibbosa, Brown, I.c, les feuilles 
sont oblongues, lancéolées, très-entières, nn peu pubescenfes, 
veinées, aune seule nervure; les grappes alongées; le stigmate' 
conique ; les follicules épais , relevés en bosses. C'est le gre- 
villea glaitca de Knight et Salisbury, Prot. 121. Toutes ces 
plantes sont originaires de la Nouvelle-Hollande. (Poir.) 

GREY. (Ornilk.) Voyez Gadwal. (Ch. D.) 

GREYLAG (Ornilh.) , nom anglois de l'oie sauvage, aims 
anser, Linn. (Ch. D.) 

GREYLING {IchthyoL) , un des noms anglois du Gotjjon.' 
Voyez ce mot. (H. C) 

GRIAIBE. (Ornith.) Les Savoyards donnent ce nom et ce«^ 
]ai de grèie au goéland varié ou grisard , larus nce^'ius, LicJii. 
(Ch.D. ) 

GllIANEAU {Ornith.), nom. vulgaire du petit tétras, on 
coq de bruyère à queue fourchue, fefmo fefr/x. Linn. On l'écrit 
aussi s^ianot. ( Ch.D.) 

GRI AS. {Bol.) La plante , citée sous ce nom par Apulée , est , 
selon Dodoens, l'espèce de passerage nommée lepidium ibei-is, 
Jjinnrpus a appliqué ce nom à un genre différent ayant quelque 
afiinitc avec la famille des guttiferes. (.L) 



GRI 457 

GRTAS. ( Bot. ) Genre <1e plantes dicotylédones, à fleurs com- 
plètes, polypétalées , régulières, de la Ainiille des gnttifères, 
de la poljuiidrie monogjnie de Linnseus , offrant pour carac- 
tère essentiel : Un calice d'une seule pièce , découpé en quatre 
segnicns; quatre pétales ; un grand nombre d'étamines, insé- 
rées sur le réceptacle; les anthères arrondies ; un ovaire supé- 
rieur, enfoncé dans le calice; point de style ; un stigmate 
épais, tétragone. Le fruit est un drupe uniloculaire, conte- 
nant un noyau à huit sillons, 

GiuAS CAULiFLORE : Gria$ cauli/lora , Linn.j Sloane, Jam., 2, 
tab. 217, fig. 1, 2. Arbre de l'Amérique méridionale, qui 
ç'élève à la hauteur de vingt pieds sur un tronc simple, droit, 
garni, à son sommet seulement, de longues feuilles, simples, 
éparses, presque scssiles, oblongues, lancéolées, longues de 
deux ou trois pieds sur six pouces de large, glabres , vertes et 
luisantes , très-entières. Les fleurs naissent sur le tronc , à deux 
ou trois pieds au-dessous du sommet de l'arbre, niédiocre- 
nient pédonculées, solitaires ou réunies {(lusieurs ensemble: 
leur caiiçe est eu forme de coupe ; la corolle d'un jaune pale ; 
les pétales coriaces, arrondis, concaves; les fîlamens des éta- 
minessétacés, plus longs que la corolle^ Le fruit est trèsrgros, 
globuleux, acuminé à la hase et au sommet. Ce fruit se 
nomme à la Jamaïque poire d'anchois. Les Espagnols de l'AmT- 
rique les font mariner pourles envoyer en présent enEspagne, 
QÙ on les mange comme des mangues. Ou prétend qu'on les 
présente aussi dans les desserts. (Poir.) 

GRIAT, L'oiseau qu'on appelle ainsi à Turin est une petite 
inaubcche, ( Çh. D.) 

GRIB. ( Bot.) Selon Pallas, c'est le nom de Vagaricus campes- 
iris, Linn., ou champignon de couche, àMourom, enKussie. 
(Lem.) 

GRIBOURI, Crjptoçephalus (Entom.) , nom'donnépar Geof- 
froy à un genre d'insectes coléoptères, tétramérés, ou à 
quatre articles à tous les tarses, à antennes filiformes, grenues,, 
non portées sur un bec, ou de la famille des phytophages, 
autrement dilshei'bivores. 

Ce terme de gribouri est une dénomin>^tion vulgaire don- 
née en France par les cultivateurs et par les enfans à l'une des. 
fs^îèces, com^irise primitiveoieut dans ce genre, q_ui attaque 



43S GRI 

la vigne, et que l'on nomme encore coupc-bourjeon , pique- 
brot, bêche ou lisette. Kugellan les en a depuis séparées sous 
le nom cI'Eumolpe. Voyez ce mot. 

Quant au mot latin imaginé par Geoffroy , il est emprunté 
des mots grecs KpvTrJov, occultum , cachée , et de y.s(pci7^yi ^ caput, 
lêfe. En effet, le caractère du genre Cryptocéphale consiste 
dans la forme du corselet hémisphérique, qui imite le dos 
Tohdd'un bossu , et sous lequel la tête de l'insecte est en par- 
tie cachée. 

Les gribouris, rangés d'abord par Linnseus avec les chry- 
.^omèles, furent séparés de ce genre par Geoffroy, ainsi que 
les criocères, les galéruques, les altises et les lupères. De- 
puis, il a paru nécessaire aux naturalistes de conserver ce 
genre qui a été subdivisé cependant en clythres, en eumolpcs 
et en colapsides. 

Le corps des gribouris est h' peu près arrondi , court et 
étroit, comme tronqué en devant, parce que la tête est ca- 
chée dans le corselet, dans une situation verticale; le cor- 
selet est comme rebordé, et les élytres sont très-convexes, 
très-dures et très-polies, ou comme grésillées. Les antennes 
sont en fil, à peu près de la longueur du corps, insérées au- 
dessus des yeux, mais distantes l'une de l'autre-, des quatre ar- 
ticles qui forment les tarses, l'avant -dernier est élargi et 
comme à deux lobes. 

Il résulte de ces caractères que, par la forme des antennes 
»jui sont de même grosseur de la racine au sommet , les gri- 
bouris diffèrent des chrysomèles, descassides, des hélodes et 
des érotylesi que par leur corselet, qui est rebordé, c'est-à- 
dire, qui offre une ligne saillante comme recourbée en des- 
sous, à peu près comme le seroit une légère plaque de métal, 
ces insectes diffèrent des criocères , des alurnes, des hispes 
et des donacies ; que par la forme de ce corselet, qui n*est 
])oint déprimé, mais au contraire très-convexe, ils s'éloignent 
des lapères , des galéruques et des alutises .- restent donc les 
rumolpcs, les colapsides et les clythres. La forme des antennes 
les distingue : dans les eumolpes, les articles sont nn peu en 
cône aplati, ou au moins les derniers sont presque triangu- 
laires : dans les clytres , ces derniers articles sont aussi en 
triangle: maislcur plus grande largeur s'éterd d'un seul cAté^ 



3e sorte qu'ils sont comme dentelés -, enfin ils ne différent des 
colapsides que par la forme de leurs palpes. 

Comme , par une inadvertance que nous avons peine à nous 
expliquer, Tarticle Clythre a été omis dans ce Dictionnaire , 
nous allons y suppléer ici en faisant une étude de ce genre, 
comme une division de celui des gribouris, ainsi que le fait 
Geoffroy. 

Le genre Cljlhre a été établi par Laicharting dans son cata- 
logue des insectes du Tyrol , publié à Zurich en 1784; mais 
il avoit déjà été fait par Geoffroy sous le nom de mélolonthe. 
Quoique, par la manière dont ce nom est écrit, il soit évi- 
dent qu'il est tiré du grec ,nous en ignorons l'étymologie. Les 
antennes, composées de onze articles, dont les derniers sont 
en scie, présentent leur caractère principal. Les mâles ont 
dans quelques espèces les pâtes de devant très-alongées , et 
Ton sait en particulier que dans l'espèce que Linnaeus a nom- 
mée longimane , la larve se file une sorte de sac soyeux , velu, 
en cône, qu'elle traîne avec elle. Les mœui's des gribouris et 
des clythres sont absolument les mêmes que celles des chry- 
somèles. 

Les principales espèces du genre Clythre sont les suivantes , 
parmi celles du pays que nous habitons : 

Clythre long-pied , Clythra longipcs. Il est d'un noir obscur 
avec les élytres pâles, sur lesquelles on voit trois taches noires; 
les pâtes antérieures sont plus longues. 

Il est figuré par Schœffer, dans ses Insectes de Ratisbonne, 
pi. 6,fig. 3. 

On le trouve sur le coudrier ■• il y a une espèce tfès-voi- 
sine, à peu près semblable, excepté qu'elle est bîjjuàtre, qui 
a été décrite par Fabricius , d'après Allioni, sous le nom de 
tripuncfata. 

Clytiirè QUAïRE-roiNTS, Clythra qudtuor puïictata. Geoffroy l'a 
figuré sous le n.° 4 de la planche 5, tom. 1, mais il Fa décrit 
sous le nom de mélolonthe quadrille à corselet noir : son corps 
est noir , ses élytres rouges , avec quatre taches noires en tout. 

Schall a décrit la larve qui se construit un fourreau lisse , 
tronqué en devant. 

Geoffroy Fa trouvé sur le pruuelier, et Schgeffer sur le 
coudrier. 



44Q GRl 

Clytiire TRois-DF.NTS, Cij'lliru liidcntata. C'est la mélqlonthe 
Risette de GeoITroy. 

Elle est d'un bleu cuivré ; les élytres sont d'un rouge pâle, 
avec un point noir sur la base externe correspondante à l'é-, 
paule; elle a beaucoup de rapport avec l'espèce figurée dans 
la Faune d'Allemagne, de Panzer, sous le nom dliumeralis. 

Clytre A OREILLES, Clytlira aiirita. Noire; une tache jaune de. 
chaque côté du corselet; jambes paies: elle est figurée sous ce 
ïiom par Panzer. 

Clythre longimane , Clythra longimana. Elle est d'un 
brun cuivreux; ses élytres sont pâles, avec un point noir à la, 
l,)ase. 

C'est une petite espèce que Ton prend communément en 
fauchant au filet sur les trèfles sauvages. 

Clyïhre bleue , Clj'thra cœrulea. GeoITroy l'a décrite sous le 
îiom de mélolonthe bleuctte. 

Elle est bleue; le corselet et les pâtes sont roux. 

Clythre de Scopoli , Clj'tlira scopolina. Panzer Fa figurée d'a- 
près Schneider. 

Elle est noire; son corselet est roux sans taches; les élytres 
plus pâles, portant deux bandes irrégulières d'un bleu cui- 
vreux. C'est une petite espèce. 

Clythre eucéphale , C[ylhra hucephala. Elle est d'un bleu 
cuivreux; sa bouche, les bords de son corselet et ses pâtes 
sont rougeàtres. 

On la trouve sur le vulnéraire (anthjlUs vulneraria). 

Il y a au moins douze autres espèces connues dans ce genre 
parmi celles de notre pays, et une vingtaine d'autres étran- 
gères, telles que la moMsfrweuse de Cayenne, qui est d'un beau 
Lieu cuivreux, et dont les élytres et le corselet offrent des 
lignes élevées de tubercules irréguliers; ïa plissés de la Caro- 
line, semblable à peu près à la précédente, mais dont la 
couleur est obscure; la mantelée (palliata) des Indes orien- 
tales, d'une couleur noire, à élytres pâles, dilatées, mar- 
quées de deux points et d'une bande noire. 

Le genre Gribouri proprement dit, ou les espèces à an- 
tennes simples en fil, et trèsrlongues, comprend entre autre& 
les suivantes : 

Grieocbi deux-points, Cr)'p/ocrp?icZus lipunctatus. Il est figuré 



GRl 44 V 

par Geoffroy sous le nom de grilionri ronge, strié, à poinîs 
npirs , pi. 4, fig. 3 , g. h. i. k, , et par Panzer. 

Il est d'un noir luisant; ses éiytres sont rouges, à stries loi -.. 
giludinales, bordées de noir, avec deux taches : l'une grayde 
et ronde au tiers postérieur ; l'autre petite , alongée à la base 
externe ou scàpulaire. 

Gribouri FOR.rE-ccEVii,Cryptocep}iaIus cordiger. Panzer, dans 
sa Faune d'Allemagne, l'a figuré, cahier xiir, pi. 6. 

Il est noir; son corselet est bordé de jaune pâle , avec une 
tache en cœur de même teinte au milieu. Les éiytres sont 
rcugcs, avec deux points noirs sur chaque. Il y a deux es- 
pèces voisines décrites parFa!)ricius , l'une d'après Schneider, 
qui a quatre points noirs sur chaque élytre ; c'est le gribouri 
variable; l'autre est le varié, qui n'est peut-être qu'une modi- 
fication de sexe. 

Le Gribouri du noisetier, CrjptocepJialus coryli. Il est noir-, 
le corselet et les éiytres sont pâles, excepté vers la suture 
qui est noire. . . 

Le Gribouri soyeux, Cryptoeephalus sericcus. C'est le velours, 
ycrt de Geoffroy, tom. i, pag, :>53, n." 5. 

Il est d'un beau vert, brillant et soyeux; le corselet esfc 
pointillé ; les antennes et les tarses sont noirs-, les éiytres sont 
grésillées et très-brillantes. Il est commun sur les fleurs coiït-î 
posées; on dit qu'il vit sur le saule. Une variété décrite et 
figurée par Panzer sous le nom de nilens , a les pâtes, Li 
bouche et la base des antennes d'un Jaune paie. 

Le Gribouri de Moreus, Crjptocephalus Moraei, Linn. C'est 
le gribouri à deux taches jaunes de Geoffroy. 

Il est noir 5 le devant de la tête , quelques parties du bord 
du corselet, et deux grandes taches externes sur les éiytres, 
sçiit jaunâtres. 

Il y a au moins vingt espèces connues en France, et Fa- 
br'icius, en décrit quatre-vingts. (CD.) 

GRIBY [Bot. ] , nom russe du champignon de couche, ag.i- 
r'ciis ediilis , Bull. ( Lem. ) 

GRICHUN (^Manim, ), nom du chevreuil chez les Burats^ 
(F.C.) 

GPiIEL , Grielum. ( Bot.) Genre de plantes dicotylédones, 
à Ueufs complètes, polypétaléeS;^ de la famille des géraiàces^ 



%\^ GRl 

de la monadel})hie décaiidrie de Liniiaeus, olFrant pour carac- 
tère essentiel : Un calice à cinq divisions profondes; cinq pé- 
tales; dixétamines presque libres; les filamens persistans; cinq 
glandes autour du pistil; cinq ovaires, dépourvus de styles; 
les stigmates verruqueux. Le fruit consiste en cinq péricarpes 
monospermes. 

liaiBL A FEUILLES xMENTjÉS : GrîeluTii tenuifoUum, Linn. ; Lamk. , 
Jll. gen., tab 388, fig. i ' Burm., Afr., tab. 53. Soui-arbrisseau 
d'ACrique , dont la racine est longue , simple , un peu fibreuse ; 
les tiges courtes, rameuses, étalées sur la terre; les feuilles 
allcrnes, ailées, à folioles menues, presque capillaires; les pé- 
doncules simples , chargés d'une grande fleur jaunâtre; le ca- 
lice à cinq divisions profondes, lancéolées; la corolle une fois 
plus grande que le calice, ouverte ; les pétales ovoïdes, ré- 
îi'écis a leur base ; les filamens égaux, moins grands que les 
pétales ; les anthères ovales, pblongu es; cinq glandes oblongues 
autour du pistil; les ovaires aigus, plus courts que les éta- 
mnes. Le fruit est dur, alongé, aigu, composé de cinq cap- 
sules monospermes. 

On trouve, dans Gaertner, de Semin., tab. 56, sous le nom 
de grielum laciniatum, la description d'un fruit qui diffère de 
l'espèce précédente. Les divisions du calice sont plus courtes, 
un peu plus larges; les pétales plus obtus, moins rétrécis en 
onglet et plus courts. Le fruit est une capsule formée par le 
calice durci, orbiculaire , comprimée, à cinq ou dix loges, 
renfermant chacune une semence. ( Poir. ) 

GRIEL. {Ornitli. ) Suivant Gesner et Aldrovande, ce nom ou 
celui de /rieZ est donné, dans quelques endroits de l'Allemagne, 
à l'œdicnèmc, charadrius adicnemus , Linn. , vulgairement 
Grand pluvier ou Courlis de terre. ( Ch. D. ) 

GRIFFARD. ( Ornith.) L'aigle auquel M. Levaillant a donné 
ce nom, est le falco armigerde Shaw. (Ch.D.) 

GRIFFE [petite.] {Bot.) Le docteur Paulet ( Tr. , ch. a, 
p. 472) désigne ainsi un petit champignon, figuré planche 8, 
ii<ï. 3, du Botanicon Parisiense de Vaillant. Cette figure est 
relie du clavariapeniciUafa, Bull., tab. 448, f. 3. Selon Paulet, 
«-.e champignon seroit aussi le clavaria laciniata^ SchaefF., 
fuT)g., tab. 2g 1. 

La petite griffe n'a guère plus de deux poucts de hauteur ; 



GRl 445 

elle cstgliihre, alongcy a son sommet: elle se divise en sept à 
tîix filamens simples , recourbés ou droits, qui lui donnent la 
forme à peu près d'un pied d'oiseau ou d'un pinceau. Elle est 
jaune clair ou orangée, quelquefois rouge. Elle croit sur le 
bois mort. (Lem.) 

GRIFFE DE CHAT. (Bot.) Dans les Antilles, on nomme 
ainsi unehi^none , bignoniaunguis cati, qui se cramponne aux 
arbres par ses vrilles. ( J.) 

GRIFFE DU DIABLE. (Conchjl.) Dénomination que le» 
marchands d'histoire naturelle emploient quelquefois pour 
désigner le strombe goutteux , strombus chiragra ,Linn. (DeB.) 

GRIFFÉ DE LOUP. (Bot.) C'est la même plante que le 
pied de loup ou lycopode. (J.) 

GRIFFES. (Bot.) On donne ce nom à des racine^ très-courtes 
et dures, au moyen desquelles certaines plantes (lierre, bigno- 
nia radicans , etc.) se cramponnent le long des corps qui leur 
servent d'appui. On donne aussi vulgairement le nom de griffes 
aux racines de la renoncule des jardins. (Mass.) 

GRIFFET. {Ornitli.) Les ongl